• jeu 12.07.2001
  • 20:00

    Cet été, le foyer et le couloir du Nova auront aussi un air d’ailleurs. Marie-Paule Stockaert y exposera ses photographies du Mali. Elles portent la trace de sa recherche et de sa rencontre avec l’autre. Portraits noir et blanc, photo-montages en forme de carnet d’esquisses, compositions plus abstraites, ou encore photographies ’documentaires’,Š l’exposition de Marie-Paule entraîne dans son voyage tout en laissant la porte ouverte à notre imaginationŠ Dans la salle du fond, le troisième numéro du recueil "Lieu-dit" sera exposé. Il propose les délires et réflexions créatrices de nombreux artistes sur un lieu : l’autoroute. "Lieu-dit" est un recueil collectif où chacun est invité à proposer une création avec une technique de son choix : dessins, bande-dessinées, collages et autres mise-en-pages graphiques. Chaque dimanche à 20h30, vous pourrez aussi écouter un bout-à-bout sonore d’Anne Grèzes de 42’, en 9 conversations passagères et 3 intermèdes chantés, d’après la trame de l’autoroute E19.
  • 21:00

    Pour son film "Tabu" tourné en Polynésie, Murnau aurait souhaité que la bande son soit composée de musiques traditionnelles enregistrées sur l’île. Mais les studios à Hollywood lui imposèrent une musique occidentale dans le gout del’époque. 70 ans (et quelques mois) après la sortie de "Tabu", le Nova va (presque) réaliser le voeu de Murnau ... 1# Suman Sarkar & Pather Rose (12/07) De passage en Belgique, Suman Sarkar et Pather Rose ont accepté de jouer une improvisation musicale sur "Tabu". Depuis plus de 10 ans, Suman Sarkar donne des concerts de Raga. Il a produit un album de Fusion avec un organiste allemand ainsi qu"un album de jazz qui lui a valu un certain succès sur la scène expérimentale. Il sera accompagné de Pather Rose, joueur de Sitar. Jouer en "live-soundtrack" est une première expérience pour eux. La performance sera précédée d"une courte introduction sur le Raga. 2# Dvari & les réfugiés polysoniques (02/08) Pour le "PleinOPENair" en août 1999, ils avaient monté au pied levé un Grass Orchestra de circonstance : un ensemble musical improvisant sur le film "Grass". Aujourd"hui, Jo Claesen, Beatrix Fise, Katagiri Mamaro (...)
    + Tabu
    Murnau & Flaherty, 1930, US, 16mm, st ang, 84'
  • ven 13.07.2001
  • 20:00

    Nicolas Humbert & Werner Penzel, 1995, CH, 35mn, vo st fr, 80'
    Déjà présenté lors de la fête berbère en décembre dernier, le ciné-poême de Humbert et Penzel (mis en musique par Fred Frith) est de retour au Nova pour quelques séances supplémentaires. "Middle of the moment" est un voyage en compagnie des nomades touaregs, des artistes du cirque O et du poète-vagabond Robert Lax. Leur vie sans attaches et dépouillée du superflu fait d’eux les êtres humains les plus centrés sur eux-mêmes. Ce retour à l’essentiel les rend aussi plus sensibles aux bruissements du monde. Pour traduire ce rapport à eux-mêmes et au monde, à la beauté éphémère du Moment, les réalisateurs ont créé un film d’une poésie rare. "Nous n’avons pas seulement cherché à comprendre les formes traditionnelles ou nouvelles de la vie nomade. C’était également la quête du vocabulaire poétique du cinéma, avec toutes les possibilités d’improvisation qu’il procure : un processus d’invention, la quête d’un mode de vie dans lequel les découvertes demeurent possibles ; c’est ce que le cinéma devrait également être." N. Humbert & W. Penzel, cité par Mathieu Delvaux dans son mémoire "CineNomad, en quête de temps mort".
  • 22:00

    Annick Leroy, 1999, BE, 16mm, vo fr & nl , 87'
    Les cours d’eau ne connaissant ni frontières ni obstacles, Annick Leroy fait du long Danube le personnage principal de ce documentaire-voyage. De sa source à l’embouchure dans la Mer Noire, la cinéaste nous emmène dans une longue dérive visuelle et sensorielle. Le film débute en Allemagne de l’Est avant de traverser l’Autriche, la Slovaquie, la Hongrie, la Bulgarie et la Roumanie, s’échappant toujours plus vers l’Est. Dès les premières images, le film nous berce avec la lenteur que seule la dérive d’un faible courant entraîne. Ainsi au rythme de longs déplacements dans les plaines, forêts et montagnes bordant le fleuve, Annick Leroy se fait le guide des flots et des rives, de la lumière et des ombres, du temps et du moment, de tout ce qui marque et subjugue cette dérive. Posant ses rames de temps à autre, au gré de ses rencontres, la cinéaste fait entendre des témoignages historiques, philosophiques ou même anodins, jalonnant le film de subtils panneaux directionnels. Car elle ne s’embarrasse point de repéres géographiques (nulle indication du pays traversé). Au terme de ce parcours filmique, les images, que l’on ne peut retenir, voguent et se (...)
  • 24:00

    Film hallucinant, par le non moins halluciné réalisateur d’"Easy Rider", "The Last Movie" est aussi un film maudit puisque retiré de l’affiche dès sa sortie par Universal Pictures, et ce pendant près de trente ans ! Sans oublier que Dennis Hopper mettra dix ans à s’en remettreŠ Pour en résumer l’intrigue principale, disons qu’une équipe hollywoodienne tourne un western dans un village aux confins du Péru, lorsque, suite à la mort de l’acteur principal, le tournage est interrompu. C"est alors que les autochtones du coin, fascinés par ce qu’ils ont vu, réalisent leur propre film tel un rituel païen sans comprendre que tout cela était factice. Un film au montage éclaté, où l’on croise des personnalités telles que Samuel Fuller (jouant son propre rôle), Kris Kristofferson (qui en a composé aussi la musique), Peter FondaŠ et l’incontournable Dennis Hopper, alias Kansas, cascadeur de films dégoûté de ses compatriotes, mais qui, restant sur place parmis les indigènes, connaîtra un véritable calvaire. Une épopée cinématographique disjonctée, faisant penser de loin à celles d’Herzog, et basculant carrément en home movie. Une mise en abîme audacieuse, qui a (...)
  • sam 14.07.2001
  • 20:00

    C’est le journal intime d’une jeune-femme partie en Guinée pour réaliser un rêve d’enfant. Elle raconte son arrivée à Conakry, ses premières rencontres, son installation, ses ballades sur le front de mer, ses bars favoris ... Elle fait le récit des menus évènements de la vie quotidienne qu’elle observe avec détachement : le bureau de poste ouvert et pourtant fermé, le boy qui s’achète des vêtements avec l’argent des courses, la petite fille à l’odeur d’oçéan, ... Dès les premières images, on est saisi par la nostalgie et par le charme des films de vacances : plages bercées par les vagues, timbres kitschs sur les enveloppes avec en prime le vélouté du super 8, les couleurs saturées. Et puis, il y a le commentaire, un commentaire qui, au début, surprend par son côté abrupt et tranchant mais qui, très vite, laisse entrevoir toute la tendresse que la cinéaste porte au monde qui l’entoure. Il est jalonné de petites touches d’humour naïf et caustique à la fois. Parlant des habitants, elle les trouve "pas agressifs ni pots de colle pour un sou, mais sans le sou justement". Franssou Prenant qui a également réalisé "Paris, mon petit corps est bien las de (...)
  • 21:00

    Thierry Knauff, 1995, BE, 35mm, vo st fr & nl, 55'
    Quelque part dans la forêt équatoriale à l’est du Cameroun vit une communauté de pygmées. Nulle trace de civilisation occidentale. La vie y est restée traditionnelle : les Baka construisent des huttes en branchages, chassent avec des flêches empoisonnées, pratiquent le chant polyphonique, et les anciens racontent aux enfants les récits légendaires que les enfants reprennent en choeur. "Baka" est un peu l’archétype d’un peuple en harmonie avec la nature. C’est une Afrique préservée, une Afrique originelle, aux "antipodes" des images auxquels le téléspectateur a droit au journal télévisé. Avec "Baka", Thierry Knauff a soigneusement évité un des écueils du documentaire : l’explication. D’emblée, il admet le mystère d’une culture qui lui est définitivement étrangère. Les dialogues ne sont pas traduits... mais on écoute d’autant mieux la mélodie des mots. Les rituels ne sont pas commentés ... mais on entrevoit un monde invisible. Les images et les sons ont été travaillés avec un soin minutieux pour restituer toute la "beauté" qui émane de la culture Baka. A travers elle, le réalisateur nous invite à nous ouvrir aux valeurs qui lui ont donné naissance.
  • 22:00

    Henri-François Imbert, 1999, FR, 35mm, vo fr , 80'
    Doulaye Danioko était l’ ami de son père. Henri-François n’était alors qu’un gamin de 5 ans, fasciné par ses récits de chasse au lion. Un jour, Doulaye est parti et n’ a plus donné de nouvelles. Bien des années plus tard, le réalisateur entreprend un long voyage pour retrouver sa trace. Il débarque à Bamako avec quelques renseignements périmés. Commence alors une incroyable enquête à travers tout le Mali. Le film poursuit deux mouvements opposés : l’un tourné vers la perte d’une amitié et l’autre vers de possibles retrouvailles. La matière même du film exprime cette dualité : alternance d’images super 8 et video, passage du son direct à la voix-off. Au cours de ce voyage dans l’espace et dans le temps, le réalisateur partage avec nous ses réflexions intimes. Comme pour son précédent film ("Sur la plage de Belfast"), l’enquête menée par le réalisateur n’est qu’un prétexte à se projeter dans le monde, à briser les barrières qui nous sépare de l’autre, à partir à sa rencontre. Filmeur et filmés vont construire ensemble une nouvelle réalité où l’humanité de chacun et l’ imaginaire collectif vont pouvoir se révêler. Les films de Henri-François Imbert (...)
  • dim 15.07.2001
  • 20:00

    Nicolas Rey, 2001, FR, 16mm, 180'
    Un cinévoyage au pays qui n’existe plus, un impossible périple rectiligne jusque Magadan, le nouveau film de Nicolas Rey est filmé en super 8 au moyen de pellicules soviétiques aux couleurs délavées, prolongées d’écrans noirs quand l’image vient à manquer et sonorisées à l’aide d’un simple dictaphone, des impressions de voyageur prises sur le vif et les bruits de fond. Du journal filmé au documentaire, le voyage et le film tiennent au refrain d’une chanson et au souvenir d’un grand-père, au defi d’y aller, d’avancer, de manger et de dormir dans un pays où tout semble s’être arrêté : un guichet de gare kafkaïen pour obtenir un billet de Siberien, un manège abandonné à Tchernobyl, une rue boueuse d’un village de bagnards, un pétrolier rouillé sur la Lena, et finalement une vieille Lada qui roule ... Nicolas Rey ne s’appelle pas ainsi en hommage au célèbre cinéaste américain (c’est lui qui avait un pseudo), il n’est même pas le fils du cinéaste expérimental français Georges Rey (inoubliable vache qui rumine). Il persiste à bricoler des films depuis 1993, et passe l’essentiel de ses journées à L’Abominable, un atelier collectif de développement et (...)
  • jeu 19.07.2001
  • 21:00

    Départ : New Orleans. Arrivée : encore imprécisée. Plusieures haltes sont en tout cas prévues : il y en aura aux pays des Celtes, mais aussi dans quelques lieux champêtres pour un ou deux bals musettes. Ben et son banjo mèneront le rythme de cette balade, auquel s’uniront aussi d’autres joyeux lurons. jeudi 19/07 à partir de 22:00 (dans le café, gratuit)
  • ven 20.07.2001
  • 20:00

    Annick Leroy, 1999, BE, 16mm, vo fr & nl , 87'
    Les cours d’eau ne connaissant ni frontières ni obstacles, Annick Leroy fait du long Danube le personnage principal de ce documentaire-voyage. De sa source à l’embouchure dans la Mer Noire, la cinéaste nous emmène dans une longue dérive visuelle et sensorielle. Le film débute en Allemagne de l’Est avant de traverser l’Autriche, la Slovaquie, la Hongrie, la Bulgarie et la Roumanie, s’échappant toujours plus vers l’Est. Dès les premières images, le film nous berce avec la lenteur que seule la dérive d’un faible courant entraîne. Ainsi au rythme de longs déplacements dans les plaines, forêts et montagnes bordant le fleuve, Annick Leroy se fait le guide des flots et des rives, de la lumière et des ombres, du temps et du moment, de tout ce qui marque et subjugue cette dérive. Posant ses rames de temps à autre, au gré de ses rencontres, la cinéaste fait entendre des témoignages historiques, philosophiques ou même anodins, jalonnant le film de subtils panneaux directionnels. Car elle ne s’embarrasse point de repéres géographiques (nulle indication du pays traversé). Au terme de ce parcours filmique, les images, que l’on ne peut retenir, voguent et se (...)
  • 22:00

    Augenzeugen der Fremde Gustav Deutsch (Aut) et Mostafa Tabbou, 1993, 16mm, 33" En 600 plans de 3 secondes, réalisés en Afrique par Gustav Deutsch et en Europe par Mostafa Tabbou, le film compose une mosaïque de paysages, de situations, de gestes et de traversées. Chacun tourne ce qui le touche, le surprend, l’ attire. Les fragments qu’ils captent d’une réalité étrangère donnent à voir, comme des miroirs à peine perçeptibles, l’ image éclatée de notre monde toujours en devenir. Le cinéma de Gustav Deutsch consiste à classer les images, leur registre, leur forme, leur composition, mettant de côté leur contenu, leur histoire. Par cette recherche, Deutsch aboutit au constat que le cinéma est aussi un art mesurable, que l"on peut classer, cataloguer.
    + Edyta & Vincent Sorrel
    Philippe Lopez, 1999, FR, video, vo, 15'
    + _DEL__DEL__DEL_
    Didier Vockaert, 1999, BE, 16mm, 5'
  • 24:00

    Film hallucinant, par le non moins halluciné réalisateur d’"Easy Rider", "The Last Movie" est aussi un film maudit puisque retiré de l’affiche dès sa sortie par Universal Pictures, et ce pendant près de trente ans ! Sans oublier que Dennis Hopper mettra dix ans à s’en remettreŠ Pour en résumer l’intrigue principale, disons qu’une équipe hollywoodienne tourne un western dans un village aux confins du Péru, lorsque, suite à la mort de l’acteur principal, le tournage est interrompu. C"est alors que les autochtones du coin, fascinés par ce qu’ils ont vu, réalisent leur propre film tel un rituel païen sans comprendre que tout cela était factice. Un film au montage éclaté, où l’on croise des personnalités telles que Samuel Fuller (jouant son propre rôle), Kris Kristofferson (qui en a composé aussi la musique), Peter FondaŠ et l’incontournable Dennis Hopper, alias Kansas, cascadeur de films dégoûté de ses compatriotes, mais qui, restant sur place parmis les indigènes, connaîtra un véritable calvaire. Une épopée cinématographique disjonctée, faisant penser de loin à celles d’Herzog, et basculant carrément en home movie. Une mise en abîme audacieuse, qui a (...)
  • sam 21.07.2001
  • 20:00

    Wojciech Staron, 1998, PL, video, vo st fr, 58'
    A peine sortie de l’université, Malgorzata est envoyée en Sibérie pour enseigner le polonais dans une école. Son ami Wojciech - qui termine des études de cameraman - l’accompagne avec une petite caméra 16mm. Une fois sur place, ils vont de surprise en surprise. Rien n’est prévu : ni élèves, ni salaire. L’ ex-URSS est alors en pleine décomposition. Mais leur route croise un prêtre polonais qui les initie à la vie de la communauté. Dans le dénuement matériel, ils retrouvent le sens des vraies valeurs. "La leçon sibérienne" est le récit d’un voyage initiatique, d’une leçon de vie qui les aura marqué pour toujours. Filmé avec une simple Bolex à ressort, le film ne comporte pratiquement pas de sons synchrones. De cette contrainte technique, le réalisateur a su tirer parti pour donner aux images et aux sons une densité rare. Débarassée de toute redondance sonore, les images retrouvent la force expressive du cinéma muet. La bande son a été façonnée en studio avec une simple musique de piano et la voix de Malgorzata qui confie ses pensées et ses émotions à un journal intime. Pour son premier film en tant que réalisateur, Wojciech Staron a obtenu le Grand prix du Cinéma du Réel en 1999.
  • 21:00

    C’est le journal intime d’une jeune-femme partie en Guinée pour réaliser un rêve d’enfant. Elle raconte son arrivée à Conakry, ses premières rencontres, son installation, ses ballades sur le front de mer, ses bars favoris ... Elle fait le récit des menus évènements de la vie quotidienne qu’elle observe avec détachement : le bureau de poste ouvert et pourtant fermé, le boy qui s’achète des vêtements avec l’argent des courses, la petite fille à l’odeur d’oçéan, ... Dès les premières images, on est saisi par la nostalgie et par le charme des films de vacances : plages bercées par les vagues, timbres kitschs sur les enveloppes avec en prime le vélouté du super 8, les couleurs saturées. Et puis, il y a le commentaire, un commentaire qui, au début, surprend par son côté abrupt et tranchant mais qui, très vite, laisse entrevoir toute la tendresse que la cinéaste porte au monde qui l’entoure. Il est jalonné de petites touches d’humour naïf et caustique à la fois. Parlant des habitants, elle les trouve "pas agressifs ni pots de colle pour un sou, mais sans le sou justement". Franssou Prenant qui a également réalisé "Paris, mon petit corps est bien las de (...)
  • 22:00

    Nicolas Humbert & Werner Penzel, 1995, CH, 35mn, vo st fr, 80'
    Déjà présenté lors de la fête berbère en décembre dernier, le ciné-poême de Humbert et Penzel (mis en musique par Fred Frith) est de retour au Nova pour quelques séances supplémentaires. "Middle of the moment" est un voyage en compagnie des nomades touaregs, des artistes du cirque O et du poète-vagabond Robert Lax. Leur vie sans attaches et dépouillée du superflu fait d’eux les êtres humains les plus centrés sur eux-mêmes. Ce retour à l’essentiel les rend aussi plus sensibles aux bruissements du monde. Pour traduire ce rapport à eux-mêmes et au monde, à la beauté éphémère du Moment, les réalisateurs ont créé un film d’une poésie rare. "Nous n’avons pas seulement cherché à comprendre les formes traditionnelles ou nouvelles de la vie nomade. C’était également la quête du vocabulaire poétique du cinéma, avec toutes les possibilités d’improvisation qu’il procure : un processus d’invention, la quête d’un mode de vie dans lequel les découvertes demeurent possibles ; c’est ce que le cinéma devrait également être." N. Humbert & W. Penzel, cité par Mathieu Delvaux dans son mémoire "CineNomad, en quête de temps mort".
  • dim 22.07.2001
  • 20:00

    Thierry Knauff, 1995, BE, 35mm, vo st fr & nl, 55'
    Quelque part dans la forêt équatoriale à l’est du Cameroun vit une communauté de pygmées. Nulle trace de civilisation occidentale. La vie y est restée traditionnelle : les Baka construisent des huttes en branchages, chassent avec des flêches empoisonnées, pratiquent le chant polyphonique, et les anciens racontent aux enfants les récits légendaires que les enfants reprennent en choeur. "Baka" est un peu l’archétype d’un peuple en harmonie avec la nature. C’est une Afrique préservée, une Afrique originelle, aux "antipodes" des images auxquels le téléspectateur a droit au journal télévisé. Avec "Baka", Thierry Knauff a soigneusement évité un des écueils du documentaire : l’explication. D’emblée, il admet le mystère d’une culture qui lui est définitivement étrangère. Les dialogues ne sont pas traduits... mais on écoute d’autant mieux la mélodie des mots. Les rituels ne sont pas commentés ... mais on entrevoit un monde invisible. Les images et les sons ont été travaillés avec un soin minutieux pour restituer toute la "beauté" qui émane de la culture Baka. A travers elle, le réalisateur nous invite à nous ouvrir aux valeurs qui lui ont donné naissance.
  • 21:00

    Alexander Sokurov, 1996, RU, video, vo st ang, 44'
    Un rivage lunaire, une île dans la brume, une lueur rassurante, un personnage fantômatique... et la voix de Sokurov qui murmure "Suis-je au paradis ?" En quelques plans, le film de Sokurov parvient à nous transporter dans un monde surnaturel et à établir un contact sensible avec le méta-physique. "Oriental Elegy" est le premier chapître d’une trilogie sur la culture orientale. A travers ce film, Sokurov tente de dévoîler l’âme japonaise. S’adressant à des gens simples mais d’une grande richesse spirituelle, il leur pose des questions aussi naïves et éternelles que "Qu’est ce que le bonheur ?" ou "Pourquoi les poèmes sont-ils tristes ?". Au terme de son incursion dans l’ au-delà, Sokurov se sent en communion avec ces êtres et songe à ne plus rentrer chez lui. Avec le concours de la télévision publique japonaise, les images video ont été retravaillées pour produire un effet proche de l’oeuvre picturale. Au niveau de la bande son aussi, l’attention extrême portée aux sons naturels donnent un relief particulier aux scènes qui composent le film. Les trois rencontres qui ponctuent ce film renouvellent le genre de l’interview, pour autant que ce mot (...)
  • 22:00

    Henri-François Imbert, 1999, FR, 35mm, vo fr , 80'
    Doulaye Danioko était l’ ami de son père. Henri-François n’était alors qu’un gamin de 5 ans, fasciné par ses récits de chasse au lion. Un jour, Doulaye est parti et n’ a plus donné de nouvelles. Bien des années plus tard, le réalisateur entreprend un long voyage pour retrouver sa trace. Il débarque à Bamako avec quelques renseignements périmés. Commence alors une incroyable enquête à travers tout le Mali. Le film poursuit deux mouvements opposés : l’un tourné vers la perte d’une amitié et l’autre vers de possibles retrouvailles. La matière même du film exprime cette dualité : alternance d’images super 8 et video, passage du son direct à la voix-off. Au cours de ce voyage dans l’espace et dans le temps, le réalisateur partage avec nous ses réflexions intimes. Comme pour son précédent film ("Sur la plage de Belfast"), l’enquête menée par le réalisateur n’est qu’un prétexte à se projeter dans le monde, à briser les barrières qui nous sépare de l’autre, à partir à sa rencontre. Filmeur et filmés vont construire ensemble une nouvelle réalité où l’humanité de chacun et l’ imaginaire collectif vont pouvoir se révêler. Les films de Henri-François Imbert (...)
  • jeu 26.07.2001
  • 21:00

    Au mois de mai nous vous annoncions : pas d’open screen avant septembre. Et puis voilà, nous décidons d’en avoir quand même un avant la rentrée. Mais attention : celui-ci sera au diapason estival, ce qui veut dire qu’il sera consacré à vos films de vacances et/ou de voyages, récents ou passés, exotiques et disjonctés, en super 8, 16mm ou vidéo, d’une durée de maximum quinze minutes. Tout le reste sera donc bel et bien censuré !
  • ven 27.07.2001
  • 20:00

    Augenzeugen der Fremde Gustav Deutsch (Aut) et Mostafa Tabbou, 1993, 16mm, 33" En 600 plans de 3 secondes, réalisés en Afrique par Gustav Deutsch et en Europe par Mostafa Tabbou, le film compose une mosaïque de paysages, de situations, de gestes et de traversées. Chacun tourne ce qui le touche, le surprend, l’ attire. Les fragments qu’ils captent d’une réalité étrangère donnent à voir, comme des miroirs à peine perçeptibles, l’ image éclatée de notre monde toujours en devenir. Le cinéma de Gustav Deutsch consiste à classer les images, leur registre, leur forme, leur composition, mettant de côté leur contenu, leur histoire. Par cette recherche, Deutsch aboutit au constat que le cinéma est aussi un art mesurable, que l"on peut classer, cataloguer.
    + Edyta & Vincent Sorrel
    Philippe Lopez, 1999, FR, video, vo, 15'
    + _DEL__DEL__DEL_
    Didier Vockaert, 1999, BE, 16mm, 5'
  • 22:00

    Nicolas Humbert & Werner Penzel, 1995, CH, 35mn, vo st fr, 80'
    Déjà présenté lors de la fête berbère en décembre dernier, le ciné-poême de Humbert et Penzel (mis en musique par Fred Frith) est de retour au Nova pour quelques séances supplémentaires. "Middle of the moment" est un voyage en compagnie des nomades touaregs, des artistes du cirque O et du poète-vagabond Robert Lax. Leur vie sans attaches et dépouillée du superflu fait d’eux les êtres humains les plus centrés sur eux-mêmes. Ce retour à l’essentiel les rend aussi plus sensibles aux bruissements du monde. Pour traduire ce rapport à eux-mêmes et au monde, à la beauté éphémère du Moment, les réalisateurs ont créé un film d’une poésie rare. "Nous n’avons pas seulement cherché à comprendre les formes traditionnelles ou nouvelles de la vie nomade. C’était également la quête du vocabulaire poétique du cinéma, avec toutes les possibilités d’improvisation qu’il procure : un processus d’invention, la quête d’un mode de vie dans lequel les découvertes demeurent possibles ; c’est ce que le cinéma devrait également être." N. Humbert & W. Penzel, cité par Mathieu Delvaux dans son mémoire "CineNomad, en quête de temps mort".
  • 24:00

    Film hallucinant, par le non moins halluciné réalisateur d’"Easy Rider", "The Last Movie" est aussi un film maudit puisque retiré de l’affiche dès sa sortie par Universal Pictures, et ce pendant près de trente ans ! Sans oublier que Dennis Hopper mettra dix ans à s’en remettreŠ Pour en résumer l’intrigue principale, disons qu’une équipe hollywoodienne tourne un western dans un village aux confins du Péru, lorsque, suite à la mort de l’acteur principal, le tournage est interrompu. C"est alors que les autochtones du coin, fascinés par ce qu’ils ont vu, réalisent leur propre film tel un rituel païen sans comprendre que tout cela était factice. Un film au montage éclaté, où l’on croise des personnalités telles que Samuel Fuller (jouant son propre rôle), Kris Kristofferson (qui en a composé aussi la musique), Peter FondaŠ et l’incontournable Dennis Hopper, alias Kansas, cascadeur de films dégoûté de ses compatriotes, mais qui, restant sur place parmis les indigènes, connaîtra un véritable calvaire. Une épopée cinématographique disjonctée, faisant penser de loin à celles d’Herzog, et basculant carrément en home movie. Une mise en abîme audacieuse, qui a (...)
  • sam 28.07.2001
  • 20:00

    Thierry Knauff, 1995, BE, 35mm, vo st fr & nl, 55'
    Quelque part dans la forêt équatoriale à l’est du Cameroun vit une communauté de pygmées. Nulle trace de civilisation occidentale. La vie y est restée traditionnelle : les Baka construisent des huttes en branchages, chassent avec des flêches empoisonnées, pratiquent le chant polyphonique, et les anciens racontent aux enfants les récits légendaires que les enfants reprennent en choeur. "Baka" est un peu l’archétype d’un peuple en harmonie avec la nature. C’est une Afrique préservée, une Afrique originelle, aux "antipodes" des images auxquels le téléspectateur a droit au journal télévisé. Avec "Baka", Thierry Knauff a soigneusement évité un des écueils du documentaire : l’explication. D’emblée, il admet le mystère d’une culture qui lui est définitivement étrangère. Les dialogues ne sont pas traduits... mais on écoute d’autant mieux la mélodie des mots. Les rituels ne sont pas commentés ... mais on entrevoit un monde invisible. Les images et les sons ont été travaillés avec un soin minutieux pour restituer toute la "beauté" qui émane de la culture Baka. A travers elle, le réalisateur nous invite à nous ouvrir aux valeurs qui lui ont donné naissance.
  • 21:00

    Wojciech Staron, 1998, PL, video, vo st fr, 58'
    A peine sortie de l’université, Malgorzata est envoyée en Sibérie pour enseigner le polonais dans une école. Son ami Wojciech - qui termine des études de cameraman - l’accompagne avec une petite caméra 16mm. Une fois sur place, ils vont de surprise en surprise. Rien n’est prévu : ni élèves, ni salaire. L’ ex-URSS est alors en pleine décomposition. Mais leur route croise un prêtre polonais qui les initie à la vie de la communauté. Dans le dénuement matériel, ils retrouvent le sens des vraies valeurs. "La leçon sibérienne" est le récit d’un voyage initiatique, d’une leçon de vie qui les aura marqué pour toujours. Filmé avec une simple Bolex à ressort, le film ne comporte pratiquement pas de sons synchrones. De cette contrainte technique, le réalisateur a su tirer parti pour donner aux images et aux sons une densité rare. Débarassée de toute redondance sonore, les images retrouvent la force expressive du cinéma muet. La bande son a été façonnée en studio avec une simple musique de piano et la voix de Malgorzata qui confie ses pensées et ses émotions à un journal intime. Pour son premier film en tant que réalisateur, Wojciech Staron a obtenu le Grand prix du Cinéma du Réel en 1999.
  • 22:00

    Annick Leroy, 1999, BE, 16mm, vo fr & nl , 87'
    Les cours d’eau ne connaissant ni frontières ni obstacles, Annick Leroy fait du long Danube le personnage principal de ce documentaire-voyage. De sa source à l’embouchure dans la Mer Noire, la cinéaste nous emmène dans une longue dérive visuelle et sensorielle. Le film débute en Allemagne de l’Est avant de traverser l’Autriche, la Slovaquie, la Hongrie, la Bulgarie et la Roumanie, s’échappant toujours plus vers l’Est. Dès les premières images, le film nous berce avec la lenteur que seule la dérive d’un faible courant entraîne. Ainsi au rythme de longs déplacements dans les plaines, forêts et montagnes bordant le fleuve, Annick Leroy se fait le guide des flots et des rives, de la lumière et des ombres, du temps et du moment, de tout ce qui marque et subjugue cette dérive. Posant ses rames de temps à autre, au gré de ses rencontres, la cinéaste fait entendre des témoignages historiques, philosophiques ou même anodins, jalonnant le film de subtils panneaux directionnels. Car elle ne s’embarrasse point de repéres géographiques (nulle indication du pays traversé). Au terme de ce parcours filmique, les images, que l’on ne peut retenir, voguent et se (...)
  • dim 29.07.2001
  • 20:00

    Nicolas Rey, 2001, FR, 16mm, 180'
    Un cinévoyage au pays qui n’existe plus, un impossible périple rectiligne jusque Magadan, le nouveau film de Nicolas Rey est filmé en super 8 au moyen de pellicules soviétiques aux couleurs délavées, prolongées d’écrans noirs quand l’image vient à manquer et sonorisées à l’aide d’un simple dictaphone, des impressions de voyageur prises sur le vif et les bruits de fond. Du journal filmé au documentaire, le voyage et le film tiennent au refrain d’une chanson et au souvenir d’un grand-père, au defi d’y aller, d’avancer, de manger et de dormir dans un pays où tout semble s’être arrêté : un guichet de gare kafkaïen pour obtenir un billet de Siberien, un manège abandonné à Tchernobyl, une rue boueuse d’un village de bagnards, un pétrolier rouillé sur la Lena, et finalement une vieille Lada qui roule ... Nicolas Rey ne s’appelle pas ainsi en hommage au célèbre cinéaste américain (c’est lui qui avait un pseudo), il n’est même pas le fils du cinéaste expérimental français Georges Rey (inoubliable vache qui rumine). Il persiste à bricoler des films depuis 1993, et passe l’essentiel de ses journées à L’Abominable, un atelier collectif de développement et (...)
  • jeu 02.08.2001
  • 21:00

    Pour son film "Tabu" tourné en Polynésie, Murnau aurait souhaité que la bande son soit composée de musiques traditionnelles enregistrées sur l’île. Mais les studios à Hollywood lui imposèrent une musique occidentale dans le gout del’époque. 70 ans (et quelques mois) après la sortie de "Tabu", le Nova va (presque) réaliser le voeu de Murnau ... 1# Suman Sarkar & Pather Rose (12/07) De passage en Belgique, Suman Sarkar et Pather Rose ont accepté de jouer une improvisation musicale sur "Tabu". Depuis plus de 10 ans, Suman Sarkar donne des concerts de Raga. Il a produit un album de Fusion avec un organiste allemand ainsi qu"un album de jazz qui lui a valu un certain succès sur la scène expérimentale. Il sera accompagné de Pather Rose, joueur de Sitar. Jouer en "live-soundtrack" est une première expérience pour eux. La performance sera précédée d"une courte introduction sur le Raga. 2# Dvari & les réfugiés polysoniques (02/08) Pour le "PleinOPENair" en août 1999, ils avaient monté au pied levé un Grass Orchestra de circonstance : un ensemble musical improvisant sur le film "Grass". Aujourd"hui, Jo Claesen, Beatrix Fise, Katagiri Mamaro (...)
    + Tabu
    Murnau & Flaherty, 1930, US, 16mm, st ang, 84'
  • ven 03.08.2001
  • 20:00

    Annick Leroy, 1999, BE, 16mm, vo fr & nl , 87'
    Les cours d’eau ne connaissant ni frontières ni obstacles, Annick Leroy fait du long Danube le personnage principal de ce documentaire-voyage. De sa source à l’embouchure dans la Mer Noire, la cinéaste nous emmène dans une longue dérive visuelle et sensorielle. Le film débute en Allemagne de l’Est avant de traverser l’Autriche, la Slovaquie, la Hongrie, la Bulgarie et la Roumanie, s’échappant toujours plus vers l’Est. Dès les premières images, le film nous berce avec la lenteur que seule la dérive d’un faible courant entraîne. Ainsi au rythme de longs déplacements dans les plaines, forêts et montagnes bordant le fleuve, Annick Leroy se fait le guide des flots et des rives, de la lumière et des ombres, du temps et du moment, de tout ce qui marque et subjugue cette dérive. Posant ses rames de temps à autre, au gré de ses rencontres, la cinéaste fait entendre des témoignages historiques, philosophiques ou même anodins, jalonnant le film de subtils panneaux directionnels. Car elle ne s’embarrasse point de repéres géographiques (nulle indication du pays traversé). Au terme de ce parcours filmique, les images, que l’on ne peut retenir, voguent et se (...)
  • 22:00

    Augenzeugen der Fremde Gustav Deutsch (Aut) et Mostafa Tabbou, 1993, 16mm, 33" En 600 plans de 3 secondes, réalisés en Afrique par Gustav Deutsch et en Europe par Mostafa Tabbou, le film compose une mosaïque de paysages, de situations, de gestes et de traversées. Chacun tourne ce qui le touche, le surprend, l’ attire. Les fragments qu’ils captent d’une réalité étrangère donnent à voir, comme des miroirs à peine perçeptibles, l’ image éclatée de notre monde toujours en devenir. Le cinéma de Gustav Deutsch consiste à classer les images, leur registre, leur forme, leur composition, mettant de côté leur contenu, leur histoire. Par cette recherche, Deutsch aboutit au constat que le cinéma est aussi un art mesurable, que l"on peut classer, cataloguer.
    + Edyta & Vincent Sorrel
    Philippe Lopez, 1999, FR, video, vo, 15'
    + _DEL__DEL__DEL_
    Didier Vockaert, 1999, BE, 16mm, 5'
  • 24:00

    Film hallucinant, par le non moins halluciné réalisateur d’"Easy Rider", "The Last Movie" est aussi un film maudit puisque retiré de l’affiche dès sa sortie par Universal Pictures, et ce pendant près de trente ans ! Sans oublier que Dennis Hopper mettra dix ans à s’en remettreŠ Pour en résumer l’intrigue principale, disons qu’une équipe hollywoodienne tourne un western dans un village aux confins du Péru, lorsque, suite à la mort de l’acteur principal, le tournage est interrompu. C"est alors que les autochtones du coin, fascinés par ce qu’ils ont vu, réalisent leur propre film tel un rituel païen sans comprendre que tout cela était factice. Un film au montage éclaté, où l’on croise des personnalités telles que Samuel Fuller (jouant son propre rôle), Kris Kristofferson (qui en a composé aussi la musique), Peter FondaŠ et l’incontournable Dennis Hopper, alias Kansas, cascadeur de films dégoûté de ses compatriotes, mais qui, restant sur place parmis les indigènes, connaîtra un véritable calvaire. Une épopée cinématographique disjonctée, faisant penser de loin à celles d’Herzog, et basculant carrément en home movie. Une mise en abîme audacieuse, qui a (...)
  • sam 04.08.2001
  • 20:00

    C’est le journal intime d’une jeune-femme partie en Guinée pour réaliser un rêve d’enfant. Elle raconte son arrivée à Conakry, ses premières rencontres, son installation, ses ballades sur le front de mer, ses bars favoris ... Elle fait le récit des menus évènements de la vie quotidienne qu’elle observe avec détachement : le bureau de poste ouvert et pourtant fermé, le boy qui s’achète des vêtements avec l’argent des courses, la petite fille à l’odeur d’oçéan, ... Dès les premières images, on est saisi par la nostalgie et par le charme des films de vacances : plages bercées par les vagues, timbres kitschs sur les enveloppes avec en prime le vélouté du super 8, les couleurs saturées. Et puis, il y a le commentaire, un commentaire qui, au début, surprend par son côté abrupt et tranchant mais qui, très vite, laisse entrevoir toute la tendresse que la cinéaste porte au monde qui l’entoure. Il est jalonné de petites touches d’humour naïf et caustique à la fois. Parlant des habitants, elle les trouve "pas agressifs ni pots de colle pour un sou, mais sans le sou justement". Franssou Prenant qui a également réalisé "Paris, mon petit corps est bien las de (...)
  • 21:00

    Alexander Sokurov, 1996, RU, video, vo st ang, 44'
    Un rivage lunaire, une île dans la brume, une lueur rassurante, un personnage fantômatique... et la voix de Sokurov qui murmure "Suis-je au paradis ?" En quelques plans, le film de Sokurov parvient à nous transporter dans un monde surnaturel et à établir un contact sensible avec le méta-physique. "Oriental Elegy" est le premier chapître d’une trilogie sur la culture orientale. A travers ce film, Sokurov tente de dévoîler l’âme japonaise. S’adressant à des gens simples mais d’une grande richesse spirituelle, il leur pose des questions aussi naïves et éternelles que "Qu’est ce que le bonheur ?" ou "Pourquoi les poèmes sont-ils tristes ?". Au terme de son incursion dans l’ au-delà, Sokurov se sent en communion avec ces êtres et songe à ne plus rentrer chez lui. Avec le concours de la télévision publique japonaise, les images video ont été retravaillées pour produire un effet proche de l’oeuvre picturale. Au niveau de la bande son aussi, l’attention extrême portée aux sons naturels donnent un relief particulier aux scènes qui composent le film. Les trois rencontres qui ponctuent ce film renouvellent le genre de l’interview, pour autant que ce mot (...)
  • 22:00

    Henri-François Imbert, 1999, FR, 35mm, vo fr , 80'
    Doulaye Danioko était l’ ami de son père. Henri-François n’était alors qu’un gamin de 5 ans, fasciné par ses récits de chasse au lion. Un jour, Doulaye est parti et n’ a plus donné de nouvelles. Bien des années plus tard, le réalisateur entreprend un long voyage pour retrouver sa trace. Il débarque à Bamako avec quelques renseignements périmés. Commence alors une incroyable enquête à travers tout le Mali. Le film poursuit deux mouvements opposés : l’un tourné vers la perte d’une amitié et l’autre vers de possibles retrouvailles. La matière même du film exprime cette dualité : alternance d’images super 8 et video, passage du son direct à la voix-off. Au cours de ce voyage dans l’espace et dans le temps, le réalisateur partage avec nous ses réflexions intimes. Comme pour son précédent film ("Sur la plage de Belfast"), l’enquête menée par le réalisateur n’est qu’un prétexte à se projeter dans le monde, à briser les barrières qui nous sépare de l’autre, à partir à sa rencontre. Filmeur et filmés vont construire ensemble une nouvelle réalité où l’humanité de chacun et l’ imaginaire collectif vont pouvoir se révêler. Les films de Henri-François Imbert (...)
  • dim 05.08.2001
  • 20:00

    Wojciech Staron, 1998, PL, video, vo st fr, 58'
    A peine sortie de l’université, Malgorzata est envoyée en Sibérie pour enseigner le polonais dans une école. Son ami Wojciech - qui termine des études de cameraman - l’accompagne avec une petite caméra 16mm. Une fois sur place, ils vont de surprise en surprise. Rien n’est prévu : ni élèves, ni salaire. L’ ex-URSS est alors en pleine décomposition. Mais leur route croise un prêtre polonais qui les initie à la vie de la communauté. Dans le dénuement matériel, ils retrouvent le sens des vraies valeurs. "La leçon sibérienne" est le récit d’un voyage initiatique, d’une leçon de vie qui les aura marqué pour toujours. Filmé avec une simple Bolex à ressort, le film ne comporte pratiquement pas de sons synchrones. De cette contrainte technique, le réalisateur a su tirer parti pour donner aux images et aux sons une densité rare. Débarassée de toute redondance sonore, les images retrouvent la force expressive du cinéma muet. La bande son a été façonnée en studio avec une simple musique de piano et la voix de Malgorzata qui confie ses pensées et ses émotions à un journal intime. Pour son premier film en tant que réalisateur, Wojciech Staron a obtenu le Grand prix du Cinéma du Réel en 1999.
  • 21:00

    Thierry Knauff, 1995, BE, 35mm, vo st fr & nl, 55'
    Quelque part dans la forêt équatoriale à l’est du Cameroun vit une communauté de pygmées. Nulle trace de civilisation occidentale. La vie y est restée traditionnelle : les Baka construisent des huttes en branchages, chassent avec des flêches empoisonnées, pratiquent le chant polyphonique, et les anciens racontent aux enfants les récits légendaires que les enfants reprennent en choeur. "Baka" est un peu l’archétype d’un peuple en harmonie avec la nature. C’est une Afrique préservée, une Afrique originelle, aux "antipodes" des images auxquels le téléspectateur a droit au journal télévisé. Avec "Baka", Thierry Knauff a soigneusement évité un des écueils du documentaire : l’explication. D’emblée, il admet le mystère d’une culture qui lui est définitivement étrangère. Les dialogues ne sont pas traduits... mais on écoute d’autant mieux la mélodie des mots. Les rituels ne sont pas commentés ... mais on entrevoit un monde invisible. Les images et les sons ont été travaillés avec un soin minutieux pour restituer toute la "beauté" qui émane de la culture Baka. A travers elle, le réalisateur nous invite à nous ouvrir aux valeurs qui lui ont donné naissance.
  • 22:00

    Nicolas Humbert & Werner Penzel, 1995, CH, 35mn, vo st fr, 80'
    Déjà présenté lors de la fête berbère en décembre dernier, le ciné-poême de Humbert et Penzel (mis en musique par Fred Frith) est de retour au Nova pour quelques séances supplémentaires. "Middle of the moment" est un voyage en compagnie des nomades touaregs, des artistes du cirque O et du poète-vagabond Robert Lax. Leur vie sans attaches et dépouillée du superflu fait d’eux les êtres humains les plus centrés sur eux-mêmes. Ce retour à l’essentiel les rend aussi plus sensibles aux bruissements du monde. Pour traduire ce rapport à eux-mêmes et au monde, à la beauté éphémère du Moment, les réalisateurs ont créé un film d’une poésie rare. "Nous n’avons pas seulement cherché à comprendre les formes traditionnelles ou nouvelles de la vie nomade. C’était également la quête du vocabulaire poétique du cinéma, avec toutes les possibilités d’improvisation qu’il procure : un processus d’invention, la quête d’un mode de vie dans lequel les découvertes demeurent possibles ; c’est ce que le cinéma devrait également être." N. Humbert & W. Penzel, cité par Mathieu Delvaux dans son mémoire "CineNomad, en quête de temps mort".