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jeu 08.04.2004
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QBICO NIGHT
E. Pinotti (listening to Kawabata"s CD-R box) : "Wow ! Why not start a unique record label... Vinyls only !?" – Kawabata : "OK, no problem" – E. Pinotti : "I can pay you with that and the other" – Kawabata : "OK, no problem" – E. Pinotti : "I"ll print 300 copies" – Kawabata : "OK, no problem" The rest is my-story-his-story-yr-story" "A fearless label for the fearless listener" : ainsi se présente le micro-label milanais Qbico. Micro-label ? Petit, donc ? Comme tant de ces structures amoureuses que sont nos labels chéris, le micro-label milanais Qbico est un label petit par ses moyens, par le nombre de ses sorties, par le tirage de ses disques. Mais un GRAND LABEL par son enthousiasme, son énergie, sa personnalité. Ce fut la disponibilité de Makoto Kawabata d"Acid Mother Temple qui permit à Emmanuele Pinotti et Roberto Castelli de tirer la première salve d"un label combinant, à l"image de leurs propres désirs un certain psychédélisme radical et le free jazz (Arthur Doyle, Hamid Drake, Andrew Barker). ARTHUR DOYLE Ce saxophoniste, flûtiste, voice-o-phoniste, vocaliste post-aylerien est littéralement adulé par Thurston Moore de (...) -
ven 09.04.2004
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Quatre jours à Ocoee
Que l"action dure quatre jours et se déroule dans une station balnéaire de Floride, il faudra le croire : c"est dans un atelier sans lumière du jour, hors du temps et du monde, que sont filmés sept ou huit travailleurs et leurs relations amicales et professionnelles. Ici, l"atelier est un studio et les deux objets manufacturés, produits en parallèle, seront un disque et un film. S"y affairent : un ingénieur du son, un producteur, le pianiste Tony Hymas, le saxophoniste Sam Rivers, une cadreuse, un perchman et la cinéaste Pascale Ferran ("Petits arrangements avec les morts"). Faisant fi d"une triple méconnaissance (du jazz, de l"anglais, du documentaire), refusant voix off et interviews, les deux femmes avec leur deux lourdingues caméras obsolètes captent avec une finesse extra-ordinaire les ondes, tant positives que négatives, qui passent entre deux musiciens "séparés par l"image quand ils jouent, réunis dans l"image quand ils se réécoutent" (d"après J-L Comolli) -
JAMIE LIDELL
Le choc "Muddlin Gear". L"album de Jamie Lidell sorti sur le label Warp en 2000, massacre à la tronçonneuse d"effets et d"éditions digitales, collages groove, soul spontanée, scritpt au crayon gras musicalŠIl y a même un karaoké sur un morceau du Sun Ra Arkestra. Jamie Lidell c"est aussi un grand chanteur, diva, r"n"b soul, il apparaît sur beaucoup de projets, comme Super_Collider avec Cristian Vogel, ou encore avec le fameux Matthew Herbert Big Band au coté d"Arto Lindsay, Dani Sicliano, Mara Carlyle, Shingai Shoniwa ou Mouse on Mars. Le "peer-to-peer" ça fait pas peur à Jamie, un fichier wav, un cd, cd-r, ou mp3 n"arrivent pas à la semelle d"une bonne performance live. Un concert, c"est physique et Jamie il se gène pas. + "Space is the Place" - John Coney, USA 1974, DVD http://www.halles.be -
Mystery Mr. Ra
Tout au long de ce film, Franck Cassenti court pour attraper le mythe de Sun Ra soleil pendant que Ra lui délivre des transes multi-orgasmiques sur scène autour de son thème fétiche du moment : Nuclear War ! Invocations et prières bourrées de dorures angéliques et de capes de super héros. Faut pas sous-estimer Sun Ra et son Arkestra dans les Œ80, ça pétait des flammes cosmiquesŠ Ce film nous offre des interviews d"une longueur inhabituelle avec Herman "Sonny" Blount et en bonus un interlude avec monsieur Archie Shepp de passage à Paris. "Nuclear war, it"s a motherfucker/ If they push that button, your ass gotta go" -
Magic Sun
Filmé en 1966 sur le toit et dans les entrailles du QG new-yorkais de Sun Ra et de son Arkestra par le compositeur minimaliste américain Phill Niblock, le court métrage associe une "bande-image" de gros plans solarisés (hommage étymologique au Dieu Soleil ?) montés dans la caméra et une bande-son très frénétique. Diadèmes, tiares, bijoux, instruments, mains, taches : les gros plans sont ici poussés tellement loin qu"ils confinent à la macrophotographie et que, par le crescendo dans l"abstraction, ils privilégient une jouissance sensorielle du mystère de Mister Ra plutôt que toute tentative de documentation cartésienne du rituel. A l"époque, le film était souvent projeté lors des concerts du groupeŠ -
sam 10.04.2004
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Denis A. Charles, an Interrupted Conversation
Ce qui est clair avec Denis A. Charles, c"est que c"est bon de le voir jouer, quasiment assis sur sa caisse claire. Il joue totalement en dehors de l"excès, l"air de rien, mais ses coups tamponnent pas possible, précis et hypnotiques. Bref c"est un grand batteur avec une sacrée personnalité. La question est : pourquoi est-il si peu connu ? Parce qu"à entendre Steve Lacy, Archie Shepp ou encore Frank Lowe dans ce documentaire, ce gars c"était de la balle rythmique ! Il est peut-être passé à côté de quelque chose dans les Œ60-"70 quand beaucoup de musiciens free noirs americains sont venus en Europe, où ils avaient plus de reconnaisance et de thunes que s"ils restaient plantés aux U.S.A. Jeter dans l"eau des petits, des gros cailloux, des vélos ou des chaussures avec nos corps composés de 75% d"eau, cela donnerait d"aussi belles formes que le duo de Denis avec Susie Ibarra visible dans ce documentaire. -
Off the Road
A part le piano, la contrebasse est à priori le plus "intransportable" des instruments clés du jazz. Si le nomadisme du contrebassiste a déjà donné de belles photos (William Parker photographié par Jacques Bisceglia arrivant chargé comme un baudet dans un festival ou Peter Kowald capturé par Nicole Aders trimbalant sa contrebasse en vélo), il vient aussi de générer un émouvant "road movie" musical. De mars à mai 2000, Laurence Petit-Jouvet a suivi de près Peter Kowald réalisant son rêve d"adolescent allemand des fifties : sillonner les Etats-Unis de Nashville à New York, de New Orleans à San Francisco à la recherche des sources de son art : la musique noire américaine. Même si un film ne peut donner qu"une image parcellaire d"une telle expédition, la cinéaste excelle dans la captation sensible de moments d"émotion et de rencontre, tant sur scène (aux côtés e.a. d"Hamid Drake, William Parker ou Fred Anderson... ) qu"au milieu de la réalité sociale des USA, dans un lieu d"accueil pour laissés pour compte, dans un centre d"archivage de la culture indienne ou aux cotés de blacks californiens luttant contre la "gentryfication" de leurs quartiersŠ -
Off the Road
A part le piano, la contrebasse est à priori le plus "intransportable" des instruments clés du jazz. Si le nomadisme du contrebassiste a déjà donné de belles photos (William Parker photographié par Jacques Bisceglia arrivant chargé comme un baudet dans un festival ou Peter Kowald capturé par Nicole Aders trimbalant sa contrebasse en vélo), il vient aussi de générer un émouvant "road movie" musical. De mars à mai 2000, Laurence Petit-Jouvet a suivi de près Peter Kowald réalisant son rêve d"adolescent allemand des fifties : sillonner les Etats-Unis de Nashville à New York, de New Orleans à San Francisco à la recherche des sources de son art : la musique noire américaine. Même si un film ne peut donner qu"une image parcellaire d"une telle expédition, la cinéaste excelle dans la captation sensible de moments d"émotion et de rencontre, tant sur scène (aux côtés e.a. d"Hamid Drake, William Parker ou Fred Anderson... ) qu"au milieu de la réalité sociale des USA, dans un lieu d"accueil pour laissés pour compte, dans un centre d"archivage de la culture indienne ou aux cotés de blacks californiens luttant contre la "gentryfication" de leurs quartiersŠ -
Rising Tones Cross
Double portrait de New-York et du "New Jazz" au milieu des années Œ80, ce film n"est clairement pas un reportage TV. Tourné en pellicule, il s"offre surtout, 110 minutes durant, le temps d"une réelle écoute. Une écoute de la parole dans les interviews avec le saxophoniste autodidacte Charles Gayle, le contrebassiste activiste William Parker et Peter Kowald, dont Ebba Jahn présente ici la version sédentaire de la recherche des "roots" (afro)américaines de sa musique. Trois voix pour aborder l"économie d"une musique, pour dire la (sur)vie de musiciens jamais riches, souvent pauvres, parfois obligés de taxer les amis, de faire la manche ou de fouiller les poubellesŠL"écoute de la musique aussi, avec de longs extraits d"une dizaine de concerts, une quarantaine de grands musiciens en action (v. ci-contre), culminant dans les performances de trois grands ensembles regroupés autour de William Parker, de Don Cherry et de Peter Brötzmann. -
Rising Tones Cross
Double portrait de New-York et du "New Jazz" au milieu des années Œ80, ce film n"est clairement pas un reportage TV. Tourné en pellicule, il s"offre surtout, 110 minutes durant, le temps d"une réelle écoute. Une écoute de la parole dans les interviews avec le saxophoniste autodidacte Charles Gayle, le contrebassiste activiste William Parker et Peter Kowald, dont Ebba Jahn présente ici la version sédentaire de la recherche des "roots" (afro)américaines de sa musique. Trois voix pour aborder l"économie d"une musique, pour dire la (sur)vie de musiciens jamais riches, souvent pauvres, parfois obligés de taxer les amis, de faire la manche ou de fouiller les poubellesŠL"écoute de la musique aussi, avec de longs extraits d"une dizaine de concerts, une quarantaine de grands musiciens en action (v. ci-contre), culminant dans les performances de trois grands ensembles regroupés autour de William Parker, de Don Cherry et de Peter Brötzmann. -
dim 11.04.2004
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Sound
Bien que Rahsaan Roland Kirk et John Cage ne se rencontrent physiquement à aucun moment du film, ces deux iconoclastes musiciens partagent une même vision des possibilités quasi illimitées de leur art. Kirk joue trois saxes en même temps, intègre des enregistrements de chants d"oiseaux, passe à la flûte, distille ses sifflements au public qu"il encourage à l"accompagner "in the key of W, please". Cage, de son côté, s"active aux préparatifs d"une ¦uvre musicale pour bicyclette, avec David Tudor et Merce Cuningham. Il entre en contact avec la musique de Kirk dans une chambre d"écho, pour conclure ses interrogations sur le son du silence dans un de ses lieux favoris : une chambre sans écho, d"où semble sourdre le tumulte de notre système nerveux en activité. >> 11/04 (18:00) avec "Ambitus" >> 17/04 (20:00) + bonus "Karel Appel, Componist" & "The Ornette Coleman Trio" -
Ambitus
"Dring !!!! Allo monsieur Ferrari ! Oui, bonjour. Nous cherchons désespérement votre film "Ambitus" pour un festival au Cinéma Nova à Bruxelles. Ah bon ! Vous ne l"avez jamais revu depuis sa réalisation en 1968 ?" Cette conversation avec Luc Ferrari , nous a encore plus boostéŠOn retrouve ce film, promis ! Mais où est passé ce sacré film, nos amis américains le cherchent aussi et tout s"embrouilleŠPlusieurs titres : "Ambitus" ? "Cecil Taylor à Paris" ? "Cecil Taylor ou la découverte du free jazz" ? Et puis - enchantement - on le retrouveŠSimplement pas à la bonne place, tout comme son auteur : Luc Ferrari, compositeur décalé qui bouscule les certitudes et culbute les interdits musicaux avec humour, intimité et sensualité. Ce qui irritera les gardiens de la musique "sérieuse"Š Un film pas à sa placeŠ Un auteur qui ne tient pas en place et Cecil Taylor, pianiste génial, poète, créateurs de flux sonores infinis, maître-physiologique des rythmes, danseur, magicien et mangeur de pamplemousses. Ce film produit par Pierre Schaeffer pour la série "Les grandes répétitions" nous montre Cecil Taylor avec son quatuor, dans un hôtel particulier donnant sur (...) -
Monangambee
Genet disait d"elle : "C"est une guerrière !". Cinéaste-griot venue du théâtre, c"est avec une caméra, alors que la guerre au Viêt-nam occupait tous les esprits, qu"elle donna une visibilité aux guerres de décoloni-sation africaines : Angola, Guinée Bissau, Guinée Française, Cap Vert... Son court métrage "Monangambee" aborde la torture par l"armée portugaise d"un sympathisant de la résistance angolaise. En fin de montage, Sarah Maldoror aborda les membres de l"Art Ensemble of Chicago à la fin d"un concert parisien et leur proposa de sonoriser son film. Le lendemain ils visionnèrent le film, furent convaincus et, dans la foulée, enregistrèrent leur première bande-son. Gratuitement. Comme évidence d"une solidarité afro-américaine. En présence de Sarah Maldoror. (bonus de Appunti per un orestiade africana) -
Appunti per un orestiade africana
Sans conteste LE film emblématique et le moment fort de notre programmation. Tourné en 1969, ce "Carnet de notes pour une Orestie africaine" est un objet cinématographique étonnant, à la fois fiction, documentaire et expérimental, bout d"essai et "work in progress". Un film sur un projet de film : repérer des lieux et des personnes, qui serviraient de décor et d"acteurs à une adaptation dans l"Afrique contemporaine de la tragédie d"Eschyle. Ce repérage est commenté par Pasolini lui-même en voix off, qui nous dit pourquoi il est pertinent d"adapter cette pièce cruciale de l"histoire de notre culture dans une Afrique fort peu exotique qui accéde à l"indépendance politique (sans faire l"économie des luttes intestines, comme on le constate avec les images documentaires des massacres au Biafra). Pasolini, dira de lui son compatriote Moravia, "sent l"Afrique noire avec la même sympathie poétique que celle avec laquelle il avait en son temps abordé le sous-prolétariat romain". Son propos est interrompu par deux moments d"une grande liberté narrative : d"abord par l"intervention, à Rome, d"étudiants africains qui visionnent et surtout commentent à leur tour (...) -
Lettre à mon ami Pol Cèbe
"La plus vertigineuse bande-son de toute l"histoire du cinéma" écrit Jean-Louis -Free Jazz/Black Power- Comolli. Un objet cinématographique non identifié prend son envol sur l"autoroute ! Entièrement filmé dans l"habitacle d"une auto au cours d"un voyage nocturne de Besançon à Lille un moment unique de cinéma improvisé : feu d"artifice, flash politico-poétiques par un collectif unique en son genre qui rassemblent des ouvriers et des techniciens de l"industrie cinématographique. » bonus de "Het witte kasteel" (11/04) & "Lucebert, tijd en afscheid" (16/04) -
Het witte kasteel
Depuis toujours, le courant passe entre l"¦il lucide de Johan et ses oreilles (free) jazz ! Non seulement ses collaborations-amitiés avec Breuker, Shepp, TchicaiŠ Non seulement ses musiques de films ou ses sujets ("Big Ben" sur Webster) mais c"est tout son système cinéma qui est travaillé par ses oreillesŠ L"impro-visation est indissociable de son écritureŠ Décadrage sismique, déstabilisation du spectateur, contrepoints et rythmeŠDans ce film, van der Keuken fait s"entrechoquer et superpose : une île espagnole devenue la proie de l"industrie touristique, un centre social dans le ghetto de Columbus, Ohio, et deux usines aux Pays-Bas, dont l"une occupée par les ouvriersŠ Le tout englobé par un montage dervish-tourneur autour de la Forteresse Blanche ! + BONUS !! » Lettre à mon ami Pol Cède -
jeu 15.04.2004
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Mingus
Contrebasse et contrepoids. Mingus. Personnalité incoutournable du "jazz" qu"il n"aime pas nommer ainsi. Pour lui, cette musique est tout sauf vulgaire : elle est fragile et puissante à la fois. Ce portrait est taillé à la mesure du musicien. Entre extraits de musique jouée dans un micro-club et des séquences "home made", chez lui, dans un bazar monstre, Mingus s"impose. Il nous raconte, la pipe à la bouche, l"accent retors, ce qui l"éprouve, notamment l"expulsion de son logement. L"apparition de sa compagne et la discrète présence de sa fille achèvent de peindre un fragment d"univers en soi. -
Big Ben
Le monde de Ben Webster est le monde du c¦ur, plein de tendresse et d"angoisse. Ben Webster, roi du saxophone ténor, était un homme à la fois généreux et fort, parfois violent, qui vivait le plus souvent en état de conflit avec lui-même ou avec le monde qui l"entourait. Le très beau portrait que Van der Keuken a réalisé du saxophoniste nous fait voir un homme qui apparemment se sent comme chez lui à Amsterdam (on l"entend même répondre en néerlandais à sa logeuse). Joyeusement chaotique, ce portrait en musique nous entraîne dans les rues de la cité aux côtés de Big Ben et reflète les qualités qui ont fait de lui l"un des sax ténor les plus respectés, à savoir la mélancolie, l"abandon aux longues phrases musicales et la belle noirceur du son. -
NOAH HOWARD QUARTET
Au détour d"un chemin de promenade dans le Parc de Tervueren, peut-être croiserez-vous "le plus paradoxal des improvisateurs free" : Noah Howard. Originaire de La Nouvelle-Orléans, son enfance est bercée par le jazz et le gospel. Blues et spirituals exerceront une influence déterminante sur son jeu, y compris lorsqu"il rejoint les courants les plus avant-gardistes des années soixante et septante. Ses deux premiers LP chez ESP comptent parmi les jalons du mouvement "free". Sa musique exacerbe le blues, le pousse dans ses retranchements les plus extrêmes : SCHIZOPHRENIC BLUES. Il jouera au Nova avec son compagnon de longue date, Bobby Few, qui l"accompagnait déjà dans les Œ70, à l"époque du mythique quartet de Frank WrightŠ. Oui, oui c"était eux le morceau Chinnnaaaaa qui fait rêver notre ami Thurston, le jeune soniqueŠ Thème asiatique ravageur impulsé par des sax furibonds, des cris fougueux et des percusions franches. Wheeeooooooooowwwwww ! Noah Howard + Bobby Few + Harry Swift +Calyer Duncan -
ven 16.04.2004
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Denis A. Charles, an Interrupted Conversation
Ce qui est clair avec Denis A. Charles, c"est que c"est bon de le voir jouer, quasiment assis sur sa caisse claire. Il joue totalement en dehors de l"excès, l"air de rien, mais ses coups tamponnent pas possible, précis et hypnotiques. Bref c"est un grand batteur avec une sacrée personnalité. La question est : pourquoi est-il si peu connu ? Parce qu"à entendre Steve Lacy, Archie Shepp ou encore Frank Lowe dans ce documentaire, ce gars c"était de la balle rythmique ! Il est peut-être passé à côté de quelque chose dans les Œ60-"70 quand beaucoup de musiciens free noirs americains sont venus en Europe, où ils avaient plus de reconnaisance et de thunes que s"ils restaient plantés aux U.S.A. Jeter dans l"eau des petits, des gros cailloux, des vélos ou des chaussures avec nos corps composés de 75% d"eau, cela donnerait d"aussi belles formes que le duo de Denis avec Susie Ibarra visible dans ce documentaire. -
ven 16.04.2004
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Lucebert, tijd en afscheid
Lucebert, peut-être le plus important poète néerlandais et peintre lié au collectif d"avant-garde Cobra, a exercé une profonde influence sur van der Keuken. Le premier des trois films qu"il lui a consacré marque le début d"une collaboration, appelée à se prolonger, avec le saxophoniste (et chef d"orchestre) libertaire Willem Breuker. "Je l"ai rencontré à l"occasion d"un vernissage du batteur-graphiste Han Bennink, où il se produisait avec le trompettiste Ted Curson. Je lui ai proposé de composer la BO de mon film Lucebert, et nous n"avons plus cessé de travailler ensemble jusqu"en 1994" (VdK). Portrait de Lucebert donc, ce film en trois temps 1962, 1966 (pulsés par un montage free de chez free) et 1994 (ou comment célébrer la mort du poète en courant vers un lit !). +BONUS !! » Lettre à mon ami Pol Cède -
Lettre à mon ami Pol Cèbe
"La plus vertigineuse bande-son de toute l"histoire du cinéma" écrit Jean-Louis -Free Jazz/Black Power- Comolli. Un objet cinématographique non identifié prend son envol sur l"autoroute ! Entièrement filmé dans l"habitacle d"une auto au cours d"un voyage nocturne de Besançon à Lille un moment unique de cinéma improvisé : feu d"artifice, flash politico-poétiques par un collectif unique en son genre qui rassemblent des ouvriers et des techniciens de l"industrie cinématographique. » bonus de "Het witte kasteel" (11/04) & "Lucebert, tijd en afscheid" (16/04) -
Drei Brötzmannfilme
Trois courts métrages rares, tournés en 1963-64 par le plasticien Manfred Montwé en 8mm puis retravaillés récemment image par image. Décalage radical assumé par le cinéaste : deux de ces trois films a priori musicaux sont laissés muets. Les expectorations d"énergie vitale ne passent plus par notre ouïe mais par notre regard assailli d"une prolifération de taches comme autant de doubles croches projetées sur nos rétines. Le troisième film documente un happening Fluxus à Amsterdam en 1964. -
New York Eye and Ear Control
En basket on appelle ça une "dream team". La musique du second film du futur réalisateur de "Wavelength" et "La région centrale" réunit Albert Ayler, Don Cherry, Jon Tchicai, Roswell Rudd, Gary Peacock et Sunny Murray !! Via le disque sorti sur le cultissime label free jazz et free folk ESP, cette bande-son fut longtemps mieux connue que le film. Le cinéaste et pianiste - Michael Snow joue sur le décalage entre le rugissement du son et le déroulement paisible des images. La "Walking woman", silhouette à l"échelle 1:1 d"une femme, tantôt noire, tantôt blanche, figure clé du travail de l"artiste à l"époque et titre d"un morceau de Paul Bley déambule dans New York. Ancêtre involontaire des grapheurs et taggeurs à venir, Snow joue de la répétition d"un signe dans la ville, interrogeant les liens entre l"individu et la collectivité, entre la singularité et l"anonymatŠ -
Noi insistiamo
Montage de photographies retraçant l"histoire des luttes émancipatrices afro-américaines, le film est articulé sur l"enregistrement du célèbre "We Insist ! Freedom Now Suite" que Max Roach a composé à partir d"un poème d"Oscar Brown Jr, interprété par Abbey Lincoln et accompagné par le saxophone de Coleman Hawkins. -
Magic Sun
Filmé en 1966 sur le toit et dans les entrailles du QG new-yorkais de Sun Ra et de son Arkestra par le compositeur minimaliste américain Phill Niblock, le court métrage associe une "bande-image" de gros plans solarisés (hommage étymologique au Dieu Soleil ?) montés dans la caméra et une bande-son très frénétique. Diadèmes, tiares, bijoux, instruments, mains, taches : les gros plans sont ici poussés tellement loin qu"ils confinent à la macrophotographie et que, par le crescendo dans l"abstraction, ils privilégient une jouissance sensorielle du mystère de Mister Ra plutôt que toute tentative de documentation cartésienne du rituel. A l"époque, le film était souvent projeté lors des concerts du groupeŠ -
sam 17.04.2004
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The Ornette Coleman Trio
Impossible de parler du free jazz en faisant l"impasse sur un de ses plus importants fondateurs. En 1966, Ornette Coleman est à Paris pour écrire et enregistrer la BO d"un projet du Living Theater intitulé "Who"s Crazy ?" Dick Fontaine capte les trois journées de cette performance d"anthologie, qui a réuni, autour d"Ornette, Charles Moffett aux percussions et David Izenzon à la basse. "C"est une des meilleures performances de jazz filmées que j"ai jamais vue" (Martin Williams, Jazz Times). En présence de Dick Fontaine + BONUS !!! » Sound » Karel Appel, componist -
Karel Appel, componist
"Quand je travaille, il me faut aussi du bruit, du jazz, des cris" (Karel Appel). En 1961, le peintre CoBrA enregistre la bande-son pour un documentaire que lui consacre Jan Vrijman. Un autre cinéaste, le photographe Ed van der Elsken, filme une musique en train de naître. Appel triture un orgue électrique, agresse une batterie, hurle dans les micros, déclame un poème visionnaire puis maltraite les potentiomètres, balafre la bande magnétique. S"il n"est pas vraiment question ici de free jazz, on est bel et bien confronté à un exemple radical de musique brute et éruptive, émergeant quelque part au sein d"une généalogie cachée qui va de Schwitters et des dadaïstes des années vingt aux Boredoms des années nonante. A l"époque, la musique sortit en disque vinyle ultra limité sous le nom de "Musique barbare" : tout un programme ! -
Sound
Bien que Rahsaan Roland Kirk et John Cage ne se rencontrent physiquement à aucun moment du film, ces deux iconoclastes musiciens partagent une même vision des possibilités quasi illimitées de leur art. Kirk joue trois saxes en même temps, intègre des enregistrements de chants d"oiseaux, passe à la flûte, distille ses sifflements au public qu"il encourage à l"accompagner "in the key of W, please". Cage, de son côté, s"active aux préparatifs d"une ¦uvre musicale pour bicyclette, avec David Tudor et Merce Cuningham. Il entre en contact avec la musique de Kirk dans une chambre d"écho, pour conclure ses interrogations sur le son du silence dans un de ses lieux favoris : une chambre sans écho, d"où semble sourdre le tumulte de notre système nerveux en activité. >> 11/04 (18:00) avec "Ambitus" >> 17/04 (20:00) + bonus "Karel Appel, Componist" & "The Ornette Coleman Trio" -
PASS THE DUTCH BOX
La CRACKLE BOX est une sorte de petit piano à pouce - le sanza de Deckard dans Blade Runner - composé de plaquettes tactiles et d"un oscillateur. Celle-ci a été inventée par MICHEL WAISVISZ dans les Œ70. L"idée était de proposer une alternative aux synthés analogiques de l"époque. C"est les doigts, leurs positions et leurs pressions sur les plaques de cuivre ainsi que le corps entier du performer qui produit le contact et fait cracher au mini-speaker integré les sons CRACKLES. Amateur de ballades, ATTENTION ! C"est du "circuitbending", ça produit des sons style alarmes de voitures de luxe, pow pow disco d"insectes, basses mortelles à placer dans un bon "amen breakbeat". Le FAN CLUB ORCHESTRA avec plusieurs invités (Andrew & Emiko d"a&e, Jan St. Werner de Mouse On Mars) vont se lancer dans un CRACKLE SOUND SYSTEM improvisé et unique dans l"enceinte du Nova. A écouter, le superbe disque "Crackle" par Michel Waisvisz sur FMP/CLAXON dans les Œ70, c"est un disque étonnant, le seul "tout" éléctronique sur FMP. -
dim 18.04.2004
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Conference Techno Lezing
"Techno"s sudden shift of tempo and relentless war on familiarity makes it sound like free form jazz for the computer era" Stuart Cosgrove, 1988. (*) La techno ! The new dance sound of Detroit, vient de la ville de Berry Gordon et de la Motown. Mais c"est également à Detroit que Malice Green fut assassiné par la police lors d"émeutes raciales dont la ville porte encore les stigmates, c"est aussi là que General Motors fit la fortune de quelques cols BLANCS et remplit la gamelle de plusieurs familles noires. C"est dans ce contexte que J.ATKINS, D.MAY & K.SAUNDERSON façonnèrent une musique hybride, teintée de science-fiction, mais définie à l"époque comme le pendant électronique du free jazz. Detroit fut aussi la ville des combats d"Underground Resistance contre l"industrie du disque ou de Derrick May contre la jeunesse blanche et décadente. ET malgré la gloire et la reconnaissance, ses musiciens (NOIRS) souffrent encore, car jamais une musique afro-américaine n"aura été aussi radicale tout en restant à ce point éloignée de son public, de sa base. * from liner notes to Virgin"s compilation :Techno ! The new dance sound of Detroit. http://www.33rpm.be -
Public Housing
Au coeur du dispositif, la banlieue sud de Chicago et les locataires des logements sociaux de la cité Ida B. Wells (célèbre militante des questions raciale et sociale). Chicago, un des foyers du free, matrice de l"A.A.C.M. et de l"Art Ensemble of ChicagoŠ Puis - d"une génération à l"autre, les conditions des afro-américains se dégradent mais la pulsation réapparait sous d"autres atours - un des creusets de la techno-house. Chez Wiseman, la puissance de la parole et des gestes prime : aucune représentation spectaculaire ou misérable des drames qui se jouent, mais leur simple sugestion suffit (la gêne des policiers accompagnant un vieil homme expulsé pour insalubrité). De là, les multiples formes de résistances et d"engagements répondent manifestement à la résignation, à l"impuissance (la ténacité de la présidente du comité des habitants à reloger une jeune fille bientôt mère). La dernière séquence présente la subtilité d"un documentaire réussi, la réalité n"est ni noire, ni blanche : la cruauté des conditions d"existence est complice de la reconnaissance des humains par leur pairs. -
jeu 22.04.2004
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Off the Road
A part le piano, la contrebasse est à priori le plus "intransportable" des instruments clés du jazz. Si le nomadisme du contrebassiste a déjà donné de belles photos (William Parker photographié par Jacques Bisceglia arrivant chargé comme un baudet dans un festival ou Peter Kowald capturé par Nicole Aders trimbalant sa contrebasse en vélo), il vient aussi de générer un émouvant "road movie" musical. De mars à mai 2000, Laurence Petit-Jouvet a suivi de près Peter Kowald réalisant son rêve d"adolescent allemand des fifties : sillonner les Etats-Unis de Nashville à New York, de New Orleans à San Francisco à la recherche des sources de son art : la musique noire américaine. Même si un film ne peut donner qu"une image parcellaire d"une telle expédition, la cinéaste excelle dans la captation sensible de moments d"émotion et de rencontre, tant sur scène (aux côtés e.a. d"Hamid Drake, William Parker ou Fred Anderson... ) qu"au milieu de la réalité sociale des USA, dans un lieu d"accueil pour laissés pour compte, dans un centre d"archivage de la culture indienne ou aux cotés de blacks californiens luttant contre la "gentryfication" de leurs quartiersŠ -
Off the Road
A part le piano, la contrebasse est à priori le plus "intransportable" des instruments clés du jazz. Si le nomadisme du contrebassiste a déjà donné de belles photos (William Parker photographié par Jacques Bisceglia arrivant chargé comme un baudet dans un festival ou Peter Kowald capturé par Nicole Aders trimbalant sa contrebasse en vélo), il vient aussi de générer un émouvant "road movie" musical. De mars à mai 2000, Laurence Petit-Jouvet a suivi de près Peter Kowald réalisant son rêve d"adolescent allemand des fifties : sillonner les Etats-Unis de Nashville à New York, de New Orleans à San Francisco à la recherche des sources de son art : la musique noire américaine. Même si un film ne peut donner qu"une image parcellaire d"une telle expédition, la cinéaste excelle dans la captation sensible de moments d"émotion et de rencontre, tant sur scène (aux côtés e.a. d"Hamid Drake, William Parker ou Fred Anderson... ) qu"au milieu de la réalité sociale des USA, dans un lieu d"accueil pour laissés pour compte, dans un centre d"archivage de la culture indienne ou aux cotés de blacks californiens luttant contre la "gentryfication" de leurs quartiersŠ -
Drei Brötzmannfilme
Trois courts métrages rares, tournés en 1963-64 par le plasticien Manfred Montwé en 8mm puis retravaillés récemment image par image. Décalage radical assumé par le cinéaste : deux de ces trois films a priori musicaux sont laissés muets. Les expectorations d"énergie vitale ne passent plus par notre ouïe mais par notre regard assailli d"une prolifération de taches comme autant de doubles croches projetées sur nos rétines. Le troisième film documente un happening Fluxus à Amsterdam en 1964. -
PETER BRÖTZMANN
"Peter Brötzmann is my favourite sax player !" Bill Clinton. Peter Brötzmann est un des plus grands souffleurs de l"histoire du jazz. Il offre aux saxophones des voyages d"une rare intensité. Homme-saxophone, il intitule son premier album "For Adolphe Sax" (BRÖ1/ FMP0080)Š Puis, en Mai Œ68, en octet, il enregistre "Machine Gun" (BRÖ2/FMP0090), véritable manifeste du free jazz européen, album d"une puissance inouïeŠ A cette époque, il devient aussi l"un des co-fondateurs du label Free Music Production (FMP) ce qui lui permet de sortir des albums en rafale, dont le sublime "Schwarzwaldfahrt" (FMP, 1077) enregistré en Œ77 dans la Forêt noire en duo avec Han Bennink, une communion envoûtante avec la natureŠ Il joue et enregistre ensuite avec Milford Graves, Andrew Cyrille, Cecil TaylorŠ En Œ93 en quartet, il rend hommage à Albert Ayler avec "Die Like a Dog" (FMP CD64) et fait lui-même un parallèle très émouvant entre sa musique et celle d"AylerŠ Symbiose ! En concert, P B souffle plus fort que le MaelströemŠ On raconte qu"à la sortie d"un concert de Brötzmann les mots "énergie", "violence" et "beauté" - honteux - ont voulu quitter le dictionnaire ! -
ven 23.04.2004
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Amiri Baraka’s Night
"Tous ces enfarinés chauves et binoclards qui claquent dans leurs doigtsŠet ne savent même pas ce qu"ils sont en train de faire. Ils disent : "J"adore Bessie Smith." Et ils ne comprennent même pas que Bessie Smith est en train de leur dire : "Embrassez mon gros cul noir !" Avant de parler d"amour, de souffrance de désir ou de tout ce qu"il est possible d"exprimer, elle dit, et de manière très claire : "Embrassez mon gros cul noir !" Et si vous ne savez pas ça, c"est parce que c"est vous qui êtes en train de l"embrasser" A. B. NOUS POUVONS ËTRE TOUT CE QUE NOUS VOULONS ! Voilà le cri strident d"Amiri Baraka (LeRoi Jones) qui n"a résolûment plus envie d"aller s"asseoir au fond des busŠ Ecrivain, Poète, Critique de Jazz, il sera d"ailleurs en première ligne sur tous les fronts et les feux des luttes BLACK et deviendra l"un des plus furieux animateurs du "free jazz". Il écrit en 1963 le fondamental "Blues People"* sous -titré "La musique noire dans l"Amérique Blanche" ayant pour ambition de rendre au peuple noir sa musique. Il créera également son propre label qu"il nome JIHAD (on n"oserait plusŠ) et enregistre ses poèmes avec Albert Ayler, Don (...) -
MIKE LADD
Inclassable et indéfinissable. MC, poète, militant, compositeur issu de la scène hip hop new-yorkaise, il démarre très jeune, pète des flammes, remporte la compétition de slam du mythique "Nyorican Poets Café" et est également batteur d"un groupe punk. C"est un conteur dans la lignée des griots contemporains tels Amiri Baraka et les Last Poets (il se produira d"ailleurs avec ces deux historiques figures afro-américaines). C"est un sacré créateur d"universŠ Il invente l"Afro-Punk et puis signe chez Big Dada une trilogie époustouflante qui prévoit une guérilla fatale au sein de la Black music : les INFESTICONS contre les MAJESTICONSŠ Entendez les rappeurs-guérriers-underground contre les rappeurs obnubilés par le fric et la beautéŠ Quoi que ce n"est jamais si simple chez Like MaddŠC"est à lui tout seul une armada de projets multiformes ou l"on retrouve : Saul Williams, Anti Pop Consortium, Company Flow, Cannibal Ox, Yo La Tengo etc. Cette fois-ci BARBA-TRUC il nous concocte un concert mêlant hip hop et expérimentations électroniques, le tout accompagné sur scène de son batteur/co-producteur Damali Young. Plus que quelques fois dormir !!! -
Somebody Blew up America
Une vidéo "amateur" de la lecture par Baraka du sulfureux poème : "Somebody Blew Up America" qu"il écrit quelques jours après le 11 septembre 2001. L"Amérique exige des excuses publiques et cela devient une affaire sur-médiatisée ! Le 10 février 2002, il déclare : I WILL NOT "APOLOGIZE", I WILL NOT "RESIGN !". -
sam 24.04.2004
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Karel Appel, componist
"Quand je travaille, il me faut aussi du bruit, du jazz, des cris" (Karel Appel). En 1961, le peintre CoBrA enregistre la bande-son pour un documentaire que lui consacre Jan Vrijman. Un autre cinéaste, le photographe Ed van der Elsken, filme une musique en train de naître. Appel triture un orgue électrique, agresse une batterie, hurle dans les micros, déclame un poème visionnaire puis maltraite les potentiomètres, balafre la bande magnétique. S"il n"est pas vraiment question ici de free jazz, on est bel et bien confronté à un exemple radical de musique brute et éruptive, émergeant quelque part au sein d"une généalogie cachée qui va de Schwitters et des dadaïstes des années vingt aux Boredoms des années nonante. A l"époque, la musique sortit en disque vinyle ultra limité sous le nom de "Musique barbare" : tout un programme ! -
Ambitus
"Dring !!!! Allo monsieur Ferrari ! Oui, bonjour. Nous cherchons désespérement votre film "Ambitus" pour un festival au Cinéma Nova à Bruxelles. Ah bon ! Vous ne l"avez jamais revu depuis sa réalisation en 1968 ?" Cette conversation avec Luc Ferrari , nous a encore plus boostéŠOn retrouve ce film, promis ! Mais où est passé ce sacré film, nos amis américains le cherchent aussi et tout s"embrouilleŠPlusieurs titres : "Ambitus" ? "Cecil Taylor à Paris" ? "Cecil Taylor ou la découverte du free jazz" ? Et puis - enchantement - on le retrouveŠSimplement pas à la bonne place, tout comme son auteur : Luc Ferrari, compositeur décalé qui bouscule les certitudes et culbute les interdits musicaux avec humour, intimité et sensualité. Ce qui irritera les gardiens de la musique "sérieuse"Š Un film pas à sa placeŠ Un auteur qui ne tient pas en place et Cecil Taylor, pianiste génial, poète, créateurs de flux sonores infinis, maître-physiologique des rythmes, danseur, magicien et mangeur de pamplemousses. Ce film produit par Pierre Schaeffer pour la série "Les grandes répétitions" nous montre Cecil Taylor avec son quatuor, dans un hôtel particulier donnant sur (...) -
LA CAUTION
LA CAUTION c"est un kit de survieŠC"est Hi-Tekk et Nikkfurie, deux frères, têtes pensantes d"origine marocaine qui vivent en banlieue à Noisy-le-sec et qui touchent à coup de flows organiques et de musiques hors normesŠ C"est un antidote contre les clichés, un délire qui nous parle de notre société qui nous rend littéralement malades, des "rues électriques" où on risque de croiser Philip K. Dick et de la "tiers-monde galaxie"Š LA CAUTION fait taire définitivement les théories qui pensent que le renouveau ne viendra pas des cités, ce qui sous-tend un mépris incroyable envers les classes populairesŠ C"est une alchimie puissante entre RUN DMC et EL-PŠLA CAUTION c"est un kit de survie dans l"univers hip hop français et pas seulement français d"ailleursŠ Pas seulement hip hop, d"ailleursŠ "LA CAUTION au mic, j"te dis qu"c"est royal, pour toi, tes aïeux, c"est de la concurrence déloyale"Š A écouter de toute urgence : "Asphalte Hurlante" sur leur propre label, Kerozen ! +CNN (Souterrain production) +DARKNESS (Marseille) http://www.halles.be -
Afrique 50
Documentaire semi-clandestin, tourné illégalement en 1949, interdit d"écran pour n"avoir pas respecté les desiderata de son commanditaire (tourner un film sur la vie du paysannat africain), "Afrique 50" n"a jamais obtenu de visa d"exploitation et, pire même, valut un an de prison ferme à son auteur. Considéré comme le premier film anticolonialiste, il porte une charge virulente contre le système colonial français, dénonçant les opérations de répression contre le mouvement de libération africain. (bonus de Appunti per un orestiade africana) -
Appunti per un orestiade africana
Sans conteste LE film emblématique et le moment fort de notre programmation. Tourné en 1969, ce "Carnet de notes pour une Orestie africaine" est un objet cinématographique étonnant, à la fois fiction, documentaire et expérimental, bout d"essai et "work in progress". Un film sur un projet de film : repérer des lieux et des personnes, qui serviraient de décor et d"acteurs à une adaptation dans l"Afrique contemporaine de la tragédie d"Eschyle. Ce repérage est commenté par Pasolini lui-même en voix off, qui nous dit pourquoi il est pertinent d"adapter cette pièce cruciale de l"histoire de notre culture dans une Afrique fort peu exotique qui accéde à l"indépendance politique (sans faire l"économie des luttes intestines, comme on le constate avec les images documentaires des massacres au Biafra). Pasolini, dira de lui son compatriote Moravia, "sent l"Afrique noire avec la même sympathie poétique que celle avec laquelle il avait en son temps abordé le sous-prolétariat romain". Son propos est interrompu par deux moments d"une grande liberté narrative : d"abord par l"intervention, à Rome, d"étudiants africains qui visionnent et surtout commentent à leur tour (...) -
dim 25.04.2004
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Atelier Graphoui
Comment tenter de répondre à la question suivante : Mais que font les Ateliers Graphoui ici ? Euuhhh, mmhhŠ Le travail d’Aline Moens (qui n’a jamais déclaré sa passion pour le freeŠ ) au sein des Ateliers Graphoui est un extraordinnaire mélange d’improvisation-écriture et d’expression politique sur notre monde (colons/colonisés, exploiteurs/ exploités, intégrés/désintégrés)Š C’est là, entre les deux, que quelque chose se joue. Plus que tout, c’est la mise en place de dispositifs qui permettent une expérience ouverte, la croyance qu’il peut toujours se passer quelque chose, qu’il faut toujours être aux aguets pour capter les flux de vies, qui sont radicalement politiques. A coup d’inventivité et d’Energie-Aline, les enfants soi-disant défavorisés ne se laisseront pas enfermer dans le déterminisme qu’on leur prépare. On a dit qu’avec Albert Ayler le jazz retombe en enfance. Ici, c’est le cinéma tout entier qui retombe en enfance ! En présence d’Aline Moens + Première de "Corps d’Univers", une collaboration avec des musiciens jazz + compilation de films. -
J.Bisceglia
En avril, ne te découvre pas d"un fil ; ouais !, ouais !, mais présenter Jacques Bisceglia donne du fil à retordre. En mission hivernale, mon collègue et moi étions chargés de trouver cet homme dont nous savions qu"il exerce le métier de bouquiniste sur les quais de la Seine... Bredouilles ! Nous comprenons que c"est une activité saisonnière ; nous avions alors qu"un seul et dernier recours, le joindre par la voie du téléphone. Entre coup de fil et coup de filet, la déroute prévisible devint un enthousiasme chaud et partagé. L"homme en question est homme de terrain. Entre images (tournée avec Sun Ra et son Arkestra, le Festival Panafricain d"Alger, Amougies...) et sons (co-directeur des disques BYG-Actuel), il chemine, tambour battant - "la musique n"attend pas" -, l"oeil vigilant. "J"ai acheté mon premier disque d"Ornette Coleman en 1958. J"ai fait venir Don Cherry à Paris (1963, nous habitions chez ma mère), j"ai entendu le New York Contemporary Five (Copenhague, 1963), Albert Ayler Quartet (1964), j"ai programmé, pour leur premier passage en France, le Ornette Coleman Trio(1965), le Cecil Taylor Quartet (1966)...". Double dose pour le Nova : (...) -
Archie Shepp chez les Touaregs
Cerise sur le gâteau ! Ce petit film que nous avons traqué partoutŠ En 1969, le Festival panafricain d"Alger accueille ses petits-fils afro-américains, enragés de la "fire music"Š Ce voyage est vécu, par tous ces musiciens, comme un retour mythique vers l"Afrique Mère ! "WE HAVE CAME BACK ! JAZZ, JAZZ IS AFRICAN MUSIC"Š On ne sait pas grand-chose de ce filmŠ Mais grâce à la splendide pochette du disque Byg-Actuel : "Archie Shepp Live at Panafrican Festival" qui nous montre Shepp devant la mosquée Ketchoua en train de jouer du sax avec des musiciens touaregsŠ on peut commencer à rêver des plans réalisés par ce membre du Groupe Medved-kine pour ce filmŠ Inch"Allah... -
New York Eye and Ear Control
En basket on appelle ça une "dream team". La musique du second film du futur réalisateur de "Wavelength" et "La région centrale" réunit Albert Ayler, Don Cherry, Jon Tchicai, Roswell Rudd, Gary Peacock et Sunny Murray !! Via le disque sorti sur le cultissime label free jazz et free folk ESP, cette bande-son fut longtemps mieux connue que le film. Le cinéaste et pianiste - Michael Snow joue sur le décalage entre le rugissement du son et le déroulement paisible des images. La "Walking woman", silhouette à l"échelle 1:1 d"une femme, tantôt noire, tantôt blanche, figure clé du travail de l"artiste à l"époque et titre d"un morceau de Paul Bley déambule dans New York. Ancêtre involontaire des grapheurs et taggeurs à venir, Snow joue de la répétition d"un signe dans la ville, interrogeant les liens entre l"individu et la collectivité, entre la singularité et l"anonymatŠ -
Noi insistiamo
Montage de photographies retraçant l"histoire des luttes émancipatrices afro-américaines, le film est articulé sur l"enregistrement du célèbre "We Insist ! Freedom Now Suite" que Max Roach a composé à partir d"un poème d"Oscar Brown Jr, interprété par Abbey Lincoln et accompagné par le saxophone de Coleman Hawkins. -
Magic Sun
Filmé en 1966 sur le toit et dans les entrailles du QG new-yorkais de Sun Ra et de son Arkestra par le compositeur minimaliste américain Phill Niblock, le court métrage associe une "bande-image" de gros plans solarisés (hommage étymologique au Dieu Soleil ?) montés dans la caméra et une bande-son très frénétique. Diadèmes, tiares, bijoux, instruments, mains, taches : les gros plans sont ici poussés tellement loin qu"ils confinent à la macrophotographie et que, par le crescendo dans l"abstraction, ils privilégient une jouissance sensorielle du mystère de Mister Ra plutôt que toute tentative de documentation cartésienne du rituel. A l"époque, le film était souvent projeté lors des concerts du groupeŠ -
jeu 29.04.2004
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OPEN SCREEN
Comme chaque dernier jeudi du mois (enfin, on essaye) , l"écran du Nova vous est ouvert, petit(e)s veinard(e)s ! Apportez-nous ou envoyez-nous vos films au moins 5 jours avant la séance, sans quoi ils risquent d"être refusés. Sinon, pas de censure, excepté que ces films ne dépassent les 15 minutes ! (et ne soient pas du digibeta). L"entrée est gratuite. Et n"oublions pas les sonorités mixées par Mr Alain Bolle et la soupe maison qui vous acceuilleront au foyer !