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jeu 12.04.2001
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VERNISSAGE EXPO
C’est rare de voir Boris Lehman sans une caméra photo ! Et ce serait d’ailleurs surprenant que vous ne l’ayez pas croisé quelque part à Bruxelles ou, globe-trotter comme il est, autre part dans le monde. Pour qui le connaît ou a entendu parler de lui une question se pose : combien de photos-portraits se cachent dans ses boîtes (parallèlement au mystère de ses kilomètres de péllicule-cinéma) ; des milliers, ça c’est certain, mais combien ?! C’est promis, il en sortira quelques-unes et, sait-on jamais, peut-être bien que d’autres émergerons au cours de ces quatre semaines... -
MAN
Un mot de trois lettres pour un duo entre basse et claviers, tout en finesses. Une musique gracieuse et épurée, faite de climats subtiles. Atmosphère ! Est-ce que j’ai une tête d’atmosphère ? Originaire de Nantes (France), MAN délivre une musique imagée, idéale pour développer l’imaginaire cinématographique de l’auditeur... Et justement, le duo accompagnera les films d’un troisième larron. En la personne de Pierrick Sorrin. Vidéaste qui pratique l’auto-filmage, entre exhibitionnisme et voyeurisme, Sorrin jette un regard impertinent, ironique et cynique sur la condition humaine. Le traitement évoque incontestablement le cinéma burlesque. -
ven 13.04.2001
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PUNISHMENT PARK
1970. Le conflit au Vietnam s’aggrave. Nixon a décidé le bombardement du Cambodge. Aux Etats-Unis et partout dans le monde, la protestation est unanime. Nixon décrète l’état d’urgence et, c’est le présupposé du film, met en application une loi de 1950, "le McCarran Act", autorisant le gouvernement fédéral à placer en détention toute personne "susceptible de mettre en péril la sécurité intérieure". Dans une zone désertique de la Californie, non loin des tentes où siège le tribunal civil chargé d’instruire le procès du groupe 638, les membres du groupe 637 se retrouvent dans le Bear Mountain National Punishment Park et découvrent les règles du "jeu" auquel ils vont devoir participer pour avoir choisi cette alternative plutôt que d’être incarcérés dans un pénitencier. Ils s’entendent promettre la liberté s’ils parviennent à échapper aux forces de police lancées à leur poursuite, et à atteindre dans les trois jours un drapeau américain planté dans les montagnes, 80 km plus loin. A la différence de beaucoup de films politiques populaires, "Punishment Park" ne propose pas de spécimens élégants de héros ou d’héroïnes avec lesquels le public pourrait (...) -
BELL DIAMOND
Dans la ville de Butte, au Montana, existait dans le passé une industrie développée autour du site minier de "Bell Diamond". Une fois celui-ci fermé, la ville fut laissée à son propre sort, tombant ainsi dans la déchéance et y englouttant par le même biais sa population. L’histoire n’est pas nouvelle, direz-vous... Mais réappropriée par Jon Jost l’histoire de Butte avec son ciel nuageux, ses usines abandonnées, ses vieilles citernes devient tout d’un coup pretexte pour une clairvoyante métaphore. Métaphore d’une certaine histoire de la classe ouvrière américaine, comme des états d’âmes de celle-ci. Des visages gris, tendus, pas particulièrement attractifs ; Jost tourna le film avec des "nonacteurs" de la région, qui lui donnèrent l’occasion de faire un film vraiment beau, pour son aspect visuel mais surtout pour la sensibilité des portraits humains dépeints. "Bell Diamond" n’est pas un documentaire ; c’est un film de fiction, avec donc une histoire, qu’ on peut vous amorcer en quelques lignes : Jeff, vétéran du Vietnam, se fait larguer par sa femme, frustrée, entre autre du fait de ne pas pouvoir avoir d’enfant avec lui ; un jour elle revient... (...) -
CONTES IMMORAUX
` Premier film érotique de Borowcyk, son "manifeste contre l’indécence de la censure", ces Contes Immoraux sont une sorte de livret subversif sur l’amour à travers les siècles. Le premier, "La Marée" (d’après Mandiargues) nous conte l’éducation buccale de Julie sur les mystères des marées par son cousin André (joué par le débutant Fabrice Luchini !) ; le second, "Thérèse philosophe" (basé sur un fait divers du XIX siècle), l’onanisme mystico-charnel d’une jeune fille bourgeoise ; le troisième, "Ezsébet Bathory", une évocation de la fin de la sanglante comtesse hongroise en 1610 ; et enfin, "Lucrezia Borgia" et ses relations incestueuses d’avec son frère, le cardinal César Borgia, et son père, le pape Alexandre VI. Ce qui frappe d’abord dans ce film, c’est les différences de ton employés, allant d’une splendeur extatique à une caricature burlesque, mais toujours avec ce goût du cérémonial et du sarcasme, sans nuire en rien à un hymne à la beauté du sexe féminin. En effet, le cinéma de Boro tient beaucoup par ces instants privilégiés où la caméra libertine devient un véritable pinceau dont le détail sensuel n’a plus de secret. -
sam 14.04.2001
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MAGNUM BEGYNASIUM BRUXELLENSE
Tourné sur une période de deux ans, "Magnum Begynasium Bruxellense" est une chronique filmée de la vie des résidants du quartier du Beguinage à Bruxelles. Structuré en une trentaine de chapitres un peu comme si ceux-ci faisaient partie d’un grand puzzle plus qu’un documentaire il est une sorte d’aventure allégorique sur toutes les petites choses qui peuvent faire la vie d’un quartier, sur le temps qui passe, sur la langueur qui peut entourer les êtres et les choses, sur leur mort. Sans interviews ou commentaires, et en dehors d’une narration classique, le récit semblerait plutôt se construire au fil d’un montage qui joue avec la juxtaposition, ou l’enchaînement ou encore l’opposition des plans et des séquences. En traversant le mouvement temporel d’une journée fictive, le film se déploie ainsi entre réalité et métaphore, voire même imaginaire. Au moment de sa sortie "Magnum Begynasium Bruxellense" reçu un accueil presque impensable aujourd’hui pour un film qui n’est pas de fiction, les recensions allant des quotidiens de l’époque au "TéléMoustique" (qui lui consacra trois pages !) et même au "Vlan" ! Il reste en tout cas un (...) -
SURE FIRE
Deux des éléments récurrents dans la filmographie de Jost sont certainement sa critique de la "famille" en tant qu’institution qui modèle notre société et son refus farouche de toute forme d’autorité et de soumission. "Sure Fire" est pourtant dédicacé à son père, ex-colonnel de l’armée américaine, et l’on pourrait ainsi penser à une sorte de reconversion... Mais ce serait faire fausse piste que de croire ça. Car "Sure Fire" est un film dérangeant et noir qui plonge dans les viscères d’une famille moyenne transportée dans un drame causé par un père qui ne jure que par son fusil. Wes, un homme d’affaire agressif et égocentrique, est convaincu de pouvoir devenir "millionnaire" avec son business d’achat / revente de vieilles baraques dans le sud de l’Utah. Pris dans ce délire il ne se rend évidemment pas compte des états d’âmes des gens qui lui sont proches ; et un jour tout dérape, solidement... Avec ce film, produit par un producteur de Los Angeles, on aurait pu croire que Jost se rapprochait tout doucement d’Hollywood. Eh bien non ! -
dim 15.04.2001
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COMPILATION1
C’est la plus accessible des deux compilations présentées, mais qui requiert néanmoins un minimum de connaissance de l’anglais (ces court-métrages n’existant malheureusement pas en verison sous-titrées). C’est d’ailleurs la bonne occasion pour que vous testiez votre English ! -
WAR GAME
Une bombe nucléaire tombe dans le comté de Kent en Grande-Bretagne. C’est la panique. Des milliers de morts immédiates. La clarté insoutenable fait fondre les globes oculaires. On brûle les cadavres et on achève les blessés dans les rues. Les stocks de nourriture saine sont pris d’assaut par les pillards. On interviewe les survivants hébétés à qui la Protection Civile conseille d’emporter leur Livret de caisse d’épargne avant de rentrer dans les abris... Commande officielle de la BBC, ce stupéfiant "documentaire d’anticipation" sur le déclenchement de la guerre atomique, ressemble à une version filmée de "La Guerre des mondes" d’Orson Welles, construite à base de pseudo-images d’archives. Oscar du documentaire aux ÉtatsUnis et Grand prix du court métrage à la Mostra de Venise, "La bombe" fut interdit de diffusion télévisuelle dans le monde entier jusqu’en 1985. "J’ai réalisé "La Bombe" à une époque où le gouvernement anglais (et la BBC) faisait l’apologie de la force de dissuasion nucléaire. La propagande officielle assurait la population que les mesures prises par la Protection Civile en Grande-Bretagne permettraient au pays de pouvoir se relever (...) -
mer 18.04.2001
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ALL THE VERMEERS IN NEW YORK
New York, Manhattan, fin années quatrevingt. L’ambiance froide et surfaite du milieu des galeries d’art, des lofts "arty". Les tentatives naïves ou désespérées de survie dans un monde où règne l’argent. Mais aussi l’ambiance corrompue et glaciale du monde des finances. Dans la salle dédiée à "Vermeer" au Metropolitan Museum, loin de la frénésie de la ville, une jeune femme s’arrête devant un portrait. Un homme les regarde, la femme, le portrait. Une étrange sensation de ressemblance s’en dégage. L’homme en est épris. Il glisse un mot à la jeune femme car il veut la revoir. / Lui est courtier à Wall Street, elle est une actrice française, venue chercher du travail aux Etats-Unis. Une liaison commence. Mais d’une part il y a du simple opportunisme, de l’autre un fantasme désespéré... "All the Vermeers in New York" est peutêtre le film de Jon Jost qui aurait pu trouver une petite place dans un circuit de distribution... Plus conventionnel que d’autres à certains égards, l’histoire y reste néanmoins secondaire, "All the Vermeers in New York" étant avant tout l’évocation d’un lieu, d’un milieu, d’une période. Filmé en scope par Jost même, la beauté (...) -
A COMME ADRIENNE
Un soir d’il y a six ans Boris rencontre par hasard Adrienne chez un ami à qui il devait emprunter un smoking. Depuis, Boris et Adrienne sont devenus amis, des amis rares. Adrienne a découvert les films de Boris et s’est laissée emporter dans son cinéma. Boris lui s’est fait conquérir par l’énergie charismatique de cette femme de 78 ans, qui pendant quatorze ans a vécu en Iran où elle y a appris le persan et y a découvert et traduit des contes populaires. Ce film, Boris lui en fait cadeau. Mais le cadeau n’est pas que pour elle (!), car si "A comme Adrienne" est avant tout un portrait, il est aussi un récit, voire même un poème de la vie pour tout le monde. Décliné en sept "leçons" et quelques digressions (la leçon de natation, la leçon de conduite automobile, la leçon de cuisine, la leçon de couture, la leçon de botanique, la leçon de savoir-vivre, la leçon de cinéma), le film ne nous fait pas un récit de la vie d’Adrienne, mais nous amène plutôt à partager son art de la tradition orale et son plaisir à vivre les petits rituels du quotidien. On en arrive à se demander si la vie d’Adrienne n’est pas elle-même un conte. Boris le dit : il (...) -
jeu 19.04.2001
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COMPILATION1
C’est la plus accessible des deux compilations présentées, mais qui requiert néanmoins un minimum de connaissance de l’anglais (ces court-métrages n’existant malheureusement pas en verison sous-titrées). C’est d’ailleurs la bonne occasion pour que vous testiez votre English ! -
UNCOMMON SENSES : PLAIN TALK AND COMMON SENSE
Film-essai sur l’Amérique, "Uncommon senses" est une oeuvre caustique et polémique, amusante et en même temps sinistre, qui fonce tout droit dans l’essence même de ce que sont les EtatsUnis ; aussi bien au niveau géographique (le film est une sorte de road-movie, mais sans réel but à atteindre) qu’au niveau idéologique (que pensent les Américains d’eux-mêmes et que pensent-ils des autres ?). Structuré en dix chapitres, avec un prologue et un épilogue, Jon Jost a voyagé pendant plus d’un an pour réaliser ce film qui dévoile comment les Etats-Unis construisent et "consomment" leur propre mythologie. Mais ne vous trompez pas ! Ce film est bien loin de s’inscrire dans une veine purement socio-réaliste... Extrêmement original dans sa forme et dans la virtuosité des techniques employées, "Uncommon senses" est un savant mélange d’images, de sons, de voix, de commentaires, de jeux de basculement entre subjectivité et objectivité. Etonnement captivant, certains n’auront pas manqué d’ y voir une version cinématographique du pamphlet "La désobéissance civile" de Thoreau. -
ven 20.04.2001
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PRIVILEGE
Steve Shorter est la nouvelle rock-star, l’idole des jeunes. Marionnette manipulée par les lobbies financiers et l’église en perte de vitesse, il devient un véritable objet de culte pour la nouvelle génération. Il incarne, en effet cette violence et la révolte de toute une jeunesse, et canalise ainsi celles des fans hystériques... Alors que "Privilege" commence de façon assez conventionnelle il se termine dans un paroxysme de flammes et de cris où se retrouvent associés cérémonial du Ku Klux Klan, fastes nazis de Nuremberg et nuits aux chandelles de Lourdes. Un prêtre avec une face à la Goebbels va jusqu’à faire hurler aux jeunes : "Nous nous soumettrons" ! Magistralement interprété, avec un style et une structure qui en font un plagiat de certaines productions télé de l’époque, "Privilege" est un réquisitoire définitif contre la manipulation totalitaire. "Avec `Privilege’, nous voulions montrer comment l’engagement et la détermination politiques des jeunes générations pouvaient être sapés par la religion, les média de masse, les jeux... Lorsque le film est sorti en Angleterre, les critiques ont tiré à boulets rouges dessus. "Privilege" était, (...) -
ANGEL CITY
Unique à beaucoup de points de vue, "Angel City" fait partie de ce registre de films impossible à décrire . Fascinant alliage de mystère à la "Chandler", de poésie urbaine (autour de Los Angeles), d’invective anti-capitaliste, de critique anti-hollywoodienne, et de surréalisme version Dada, il pourrait peut-être être décrit comme de la fiction-essai ou inversément de l’essai fictionnalisé au ton comico-absurde. Structuré en forme d’un compte à rebours, de 12 à 1, il nous conte l’histoire d’un cynique et excentrique détective privé, Frank Goya, engagé par le président d’un consortium international pour enquêter sur l’assassinat de sa femme, ex-modèle et aspirante actrice. Mais parallèlement à l’évolution de ce cas d’investigation bien d’autres choses se passent, qui deviennent autant de prétextes possibles pour Jost pour casser la fausse linéarité de l’histoire, qui de toute façon ne se retrouve pas à être une priorité dans le film. A l’époque de sa sortie on compara "Angel City" à Alphaville (on ne devrait d’ailleurs pas vous mettre ce genre de comparaison dans la tête ; mais `bon’, cela sert juste à vous donner une indication...). -
CONTES IMMORAUX
` Premier film érotique de Borowcyk, son "manifeste contre l’indécence de la censure", ces Contes Immoraux sont une sorte de livret subversif sur l’amour à travers les siècles. Le premier, "La Marée" (d’après Mandiargues) nous conte l’éducation buccale de Julie sur les mystères des marées par son cousin André (joué par le débutant Fabrice Luchini !) ; le second, "Thérèse philosophe" (basé sur un fait divers du XIX siècle), l’onanisme mystico-charnel d’une jeune fille bourgeoise ; le troisième, "Ezsébet Bathory", une évocation de la fin de la sanglante comtesse hongroise en 1610 ; et enfin, "Lucrezia Borgia" et ses relations incestueuses d’avec son frère, le cardinal César Borgia, et son père, le pape Alexandre VI. Ce qui frappe d’abord dans ce film, c’est les différences de ton employés, allant d’une splendeur extatique à une caricature burlesque, mais toujours avec ce goût du cérémonial et du sarcasme, sans nuire en rien à un hymne à la beauté du sexe féminin. En effet, le cinéma de Boro tient beaucoup par ces instants privilégiés où la caméra libertine devient un véritable pinceau dont le détail sensuel n’a plus de secret. -
sam 21.04.2001
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SURE FIRE
Deux des éléments récurrents dans la filmographie de Jost sont certainement sa critique de la "famille" en tant qu’institution qui modèle notre société et son refus farouche de toute forme d’autorité et de soumission. "Sure Fire" est pourtant dédicacé à son père, ex-colonnel de l’armée américaine, et l’on pourrait ainsi penser à une sorte de reconversion... Mais ce serait faire fausse piste que de croire ça. Car "Sure Fire" est un film dérangeant et noir qui plonge dans les viscères d’une famille moyenne transportée dans un drame causé par un père qui ne jure que par son fusil. Wes, un homme d’affaire agressif et égocentrique, est convaincu de pouvoir devenir "millionnaire" avec son business d’achat / revente de vieilles baraques dans le sud de l’Utah. Pris dans ce délire il ne se rend évidemment pas compte des états d’âmes des gens qui lui sont proches ; et un jour tout dérape, solidement... Avec ce film, produit par un producteur de Los Angeles, on aurait pu croire que Jost se rapprochait tout doucement d’Hollywood. Eh bien non ! -
COMPILATION1
C’est la plus accessible des deux compilations présentées, mais qui requiert néanmoins un minimum de connaissance de l’anglais (ces court-métrages n’existant malheureusement pas en verison sous-titrées). C’est d’ailleurs la bonne occasion pour que vous testiez votre English ! -
MEETING JOHN SMITH
John Smith sera des nôtres pendant plusieurs jours (19-22 avril). Bonne occasion pour un peaufinage de votre anglais avec celui qui, par beaucoup, est considéré comme personifiant un vrai humour "British". Il aime les cafés, et les pubs, ou tout lieu qui peut privilégier les longues discussions... Une de ces longues discussions sera en tout cas peut-être plus `sérieuse’, car elle sera consacrée à son cinéma et ce qui satellite autours. Pour l’introduire il a promis de nous apporter une vidéo (pas annoncée dans le programme). Il y parle d’un bouton qu’il a sur le visage mais aussi, et surtout, de cinéma. Et très sérieusement ! -
COMPILATION 2
Compilation pour ceux qui sont au moins à un stade 2 de leur English ! (excepté pour le court-métrage "Lost Sounds" qi n’a pas de commentaire). Mais il y a aussi l’aspect visuel des films, et même juste ça vaut la peine d’être découvert ! -
dim 22.04.2001
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BABEL
("Lettres à mes amis restés en Belgique" ; 1ère partie d’un projet tétralogique) Bon, on le sait : Boris Lehman ne resortira pas d’ici tôt ce film de ses boîtes. Donc, préparez sac-à-dos et bottines de marches (on prévois les encas), on part pour une excursion dominicale ! Et le titre du film ne faisant pas de mystères, c’est bien vers le mythe biblique de Babel (version cinématographique et personnelle) que nous irons. D’ailleurs s’attaquer à vous introduire "Babel" (le film) c’est aussi s’attaquer à un mythe !! On a eu beau en entendre parler, on se demande quand même qui a réellement eu la chance de le voir ?! Nous, pas encore ! Et c’est pourquoi vous en parler, pour nous, c’est un peu difficile et préférons donc reprendre quelques notes/réflexions de qui en a déjà vécu l’expérience. "Cette première partie est centrée sur la vie quotidienne à Bruxelles d’un cinéaste qui prépare un film sur Babel, et rêve d’aller au Mexique sur les traces d’Antonin Artaud, chez les Indiens Tarahumaras. Sans domicile, il erre dans une ville qui semble lui appartenir, puis il finit par partir. Quand il revient, les choses et les gens ont changé (...)." (...) -
MEETING BORIS LEHMAN
Boris est partout et il sera partout ! Sur les murs et dans la salle (aï disent les projectionnistes !). Deux rendez-vous à ne pas manquer, car il en accompagnera les voyages, sont les projections de "Album 1" et "Babel". Mais pour les autres aussi sachez qu’il a bien vérifié son agenda : "oui" il sera là ! On va essayer de lui prévoire des milk-shakes parce que on sait qu’il adore ça... -
mer 25.04.2001
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BELL DIAMOND
Dans la ville de Butte, au Montana, existait dans le passé une industrie développée autour du site minier de "Bell Diamond". Une fois celui-ci fermé, la ville fut laissée à son propre sort, tombant ainsi dans la déchéance et y englouttant par le même biais sa population. L’histoire n’est pas nouvelle, direz-vous... Mais réappropriée par Jon Jost l’histoire de Butte avec son ciel nuageux, ses usines abandonnées, ses vieilles citernes devient tout d’un coup pretexte pour une clairvoyante métaphore. Métaphore d’une certaine histoire de la classe ouvrière américaine, comme des états d’âmes de celle-ci. Des visages gris, tendus, pas particulièrement attractifs ; Jost tourna le film avec des "nonacteurs" de la région, qui lui donnèrent l’occasion de faire un film vraiment beau, pour son aspect visuel mais surtout pour la sensibilité des portraits humains dépeints. "Bell Diamond" n’est pas un documentaire ; c’est un film de fiction, avec donc une histoire, qu’ on peut vous amorcer en quelques lignes : Jeff, vétéran du Vietnam, se fait larguer par sa femme, frustrée, entre autre du fait de ne pas pouvoir avoir d’enfant avec lui ; un jour elle revient... (...) -
PRIVILEGE
Steve Shorter est la nouvelle rock-star, l’idole des jeunes. Marionnette manipulée par les lobbies financiers et l’église en perte de vitesse, il devient un véritable objet de culte pour la nouvelle génération. Il incarne, en effet cette violence et la révolte de toute une jeunesse, et canalise ainsi celles des fans hystériques... Alors que "Privilege" commence de façon assez conventionnelle il se termine dans un paroxysme de flammes et de cris où se retrouvent associés cérémonial du Ku Klux Klan, fastes nazis de Nuremberg et nuits aux chandelles de Lourdes. Un prêtre avec une face à la Goebbels va jusqu’à faire hurler aux jeunes : "Nous nous soumettrons" ! Magistralement interprété, avec un style et une structure qui en font un plagiat de certaines productions télé de l’époque, "Privilege" est un réquisitoire définitif contre la manipulation totalitaire. "Avec `Privilege’, nous voulions montrer comment l’engagement et la détermination politiques des jeunes générations pouvaient être sapés par la religion, les média de masse, les jeux... Lorsque le film est sorti en Angleterre, les critiques ont tiré à boulets rouges dessus. "Privilege" était, (...) -
jeu 26.04.2001
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ANGEL CITY
Unique à beaucoup de points de vue, "Angel City" fait partie de ce registre de films impossible à décrire . Fascinant alliage de mystère à la "Chandler", de poésie urbaine (autour de Los Angeles), d’invective anti-capitaliste, de critique anti-hollywoodienne, et de surréalisme version Dada, il pourrait peut-être être décrit comme de la fiction-essai ou inversément de l’essai fictionnalisé au ton comico-absurde. Structuré en forme d’un compte à rebours, de 12 à 1, il nous conte l’histoire d’un cynique et excentrique détective privé, Frank Goya, engagé par le président d’un consortium international pour enquêter sur l’assassinat de sa femme, ex-modèle et aspirante actrice. Mais parallèlement à l’évolution de ce cas d’investigation bien d’autres choses se passent, qui deviennent autant de prétextes possibles pour Jost pour casser la fausse linéarité de l’histoire, qui de toute façon ne se retrouve pas à être une priorité dans le film. A l’époque de sa sortie on compara "Angel City" à Alphaville (on ne devrait d’ailleurs pas vous mettre ce genre de comparaison dans la tête ; mais `bon’, cela sert juste à vous donner une indication...). -
OPEN SCREEN
L’écran est à vous ; profitez-en ! Pas vraiment de règles et pas de censure. Une seule condition : pas plus de 15 min. Super8, 16mm, 35mm, vidéo VHS, UMatic, Béta, Digitale... (autre chose sur demande) C’est quand même mieux de téléphoner à l’avance, et sinon vous avez jusqu’à 20h... -
ven 27.04.2001
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POTO AND CABENGO
"Poto and Cabengo" est un documentaire sur deux fillettes jumelles et légèrement schizos, vivant à San Diego. Leur originalité tient à ce qu’elles ont inventé, pour communiquer entre elles, un langage que même les experts les plus avertis en psychiatrie infantile ont le plus grand mal à déchiffrer. Poto et Cabengo sont les surnoms qu’elles se donnent. Leurs mots sont comme des ondes, des bouts de phrases émetteurs d’un sens, pour elles évident, mais qu’il nous faut décoder. Mais l’effet d’étrangeté qui rend ce film si beau tient au fait que le langage de ces soeurs fait corps avec elles. (...) Gorin a eu l’intelligence de ne pas concevoir son film comme un des moyens de percer à jour ce bégaiement du langage. Il ne se met pas à la place des experts qui se penchent sur ce cas. Son problème est avant tout cinématographique : comment ne pas emprisonner les deux filles dans le cadre rigide d’un filmage classique, linéaire, d’une technique qui ne douterait pas d’elle-même ? D’où le fait que Gorin s’implique lui-même dans le film, narrateur par accident du cas Poto et Cabengo. Sa voix nasillarde et son accent un peu traînant de français fraîchement (...) -
TOUT VA BIEN
Elle (Jane Fonda) est américaine et réalise une enquête sur le patronat français. Lui (Yves Montand) est cinéaste. Il l’introduit auprès du directeur de l’usine Salumi. Une grève éclate. Ils sont tous trois séquestrés par les ouvriers. De violentes polémiques s’ensuivent. Elle et Lui sont libérés, mais leurs rapports ont maintenant changé. Ne pouvant se contenter d’un bonheur égoïste, ils vivront désormais en accord avec le mouvement de l’Histoire. Parmis les films co-réalisés par Gorin et Godard "Tout va bien" est certainement le plus connu. Réalisé suite à ceux faits sous la bannière du collectif "Dziga Vertov", il fut considéré comme indiquant un changement de cap vers un cinéma plus "commercial". Peut-être ! C’est vrai, il y a une histoire d’amour. Mais tout le monde aura surtout retenu sa critique sociale marxiste (et certains auront même dit qu’il n’y a pas meilleur film sur le sujet), aspect pas facilement "vendable" ! En tout cas "Tout va bien" pose une question pertinente : cela sert à quoi de faire un film révolutionnaire dans une société bourgeoise ? -
La bête
A la base, il n’existait qu’un court-métrage de "La Bête" devant s’insérer dans les "Contes Immoraux" mais écarté pour garantir la sortie du film. En effet, bien que son premier film érotique en ait choqué plus d’un, Borowczyk va ici plus loin dans sa fantasmagorie, la zoophilie y étant frontalement abordée non sans une pointe d’ironie appuyée. Démarrant par une saillie spectaculaire d’un étalon et d’une jument, le film commence très fort, et continuera à nous étonner par son développement mystérieux, agrémenté de disgressions fort vaudevillesques. Cela se passe dans un château où le fils d’un noble français ruiné doit se marier avec une jeune héritière, une américaine. Alors que les parents discutent intérêt, et que le fils inquiet et inquiétant se replie sur lui-même, la jeune fille ira de découverte en découverte, impressionnée par le climat licencieux des lieux. On ne vous en dit pas plus, excepté qu’elle rêvera par intermittance d’une certaine marquise... rêve qui ne manquera pas de frapper les imaginations et les désirs les plus refoulés ! Un film à la fois choquant, drôle et subtil, jouant encore sur ces détails et objets chers à Boro, et (...) -
sam 28.04.2001
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ALL THE VERMEERS IN NEW YORK
New York, Manhattan, fin années quatrevingt. L’ambiance froide et surfaite du milieu des galeries d’art, des lofts "arty". Les tentatives naïves ou désespérées de survie dans un monde où règne l’argent. Mais aussi l’ambiance corrompue et glaciale du monde des finances. Dans la salle dédiée à "Vermeer" au Metropolitan Museum, loin de la frénésie de la ville, une jeune femme s’arrête devant un portrait. Un homme les regarde, la femme, le portrait. Une étrange sensation de ressemblance s’en dégage. L’homme en est épris. Il glisse un mot à la jeune femme car il veut la revoir. / Lui est courtier à Wall Street, elle est une actrice française, venue chercher du travail aux Etats-Unis. Une liaison commence. Mais d’une part il y a du simple opportunisme, de l’autre un fantasme désespéré... "All the Vermeers in New York" est peutêtre le film de Jon Jost qui aurait pu trouver une petite place dans un circuit de distribution... Plus conventionnel que d’autres à certains égards, l’histoire y reste néanmoins secondaire, "All the Vermeers in New York" étant avant tout l’évocation d’un lieu, d’un milieu, d’une période. Filmé en scope par Jost même, la beauté (...) -
MEETING JEAN-PIERRE GORIN
Jean-Pierre Gorin nous aura causé des sueurs froides (il faut que vous le sachiez !). Invité au Nova avec la complicité de Jacques Déniel (ex-Rencontres Cinématographiques de Dunkerque), on découvre, au moment de partir dans l’aventure de la mise en page de ce programme, qu’il ne capte plus nos messages... Evident, il serait, apparemment, sur une île au Japon en train de tourner un re-make du "Mépris"... Il promet de nous apporter des rushes. -
6 EASY PIECES
Filmé sur une durée de trois ans, "6 Easy Pieces" est le résultat d’un montage dicté par la force "gravitationnelle" des images. Il est à prendre comme une sorte de commentaire sur l’impacte que peut avoir aujourd’hui une histoire de l’esthétique. Commençant par un point de vue sur ce que peut représenter l’image filmée en tant qu’archive de notre époque ( ce qui ne manquera pas de rappeler Godard), le film évolue en forme de chapitres qui ont pour sujets les différentes formes d’énergies (technologique, sociale, créative) qui ont influencé le cours de notre civilisation. Film non-narratif et elliptique, Jon Jost nous le propose comme étant le plus proche de ses investigations actuelles concernant les nouvelles formes de narration possible avec l’image digitale. -
dim 29.04.2001
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MY CRASY LIFE
"My Crasy Life" est à la base un documentaire réaliste qui a pour sujet des gangsters de la côte californienne. Desperados aux vies déchiquetées par la violence et les inégalités sociales, au fil des interviews on les découvre dans les rituels de leur quotidien, dans les différentes formes que peut avoir leur langage codé qui mélange jargon rap et argot américain. On a d’ailleurs droit à un solide cours de langue(!), où l’on apprend que c’est bien "crasy" avec un s' et pas unz’, et que l’on dira "gangbangers" plutôt que gangsters"... On comprend bien vite que ces "bangers" sont très probablement voués à l’emprisonnement ou à la mort, mais à mesure qu’on les suit dans leurs paroles on a aussi un singulier éclairage sur pourquoi ils adoptent certaines formes de violence, qui sont finalement celles qui peuvent embraser des villes américaines. "My Crasy Life" a la particularité de ne pas être qu’un documentaire s’inscrivant dans une veine réaliste ou "hyper-réaliste". Il comprend aussi une part de jeu fictionnel, matérialisé par une voix "hypertalk" qui le parcourt ou par des petites mises en scène qui se développent en même temps que le film s’avance (...) -
ALBUM 1
Avec des textes de William Burroughs, Boris Lehman, Henri Michaux. Avec Michel Berger au piano et Boris Lehman au micro. Boris Lehman filme et se fait filmer par 150 personnes, amis et autres, visités chez eux, rencontrés dans la rue pendant les mois de juillet et août 1974, à Bruxelles et dans les environs. "Film-découverte (découvrir les possibilités et les limites du super-8), film-journal (se promener partout avec une caméra dans les mains et se faire filmer), film brut (filmer sans préméditation ni acquit culturel) et démocratique (mettre la caméra dans les mains de gens qui n’ont jamais filmé), film de famille sans la famille, "Album 1" se feuillette comme un album (on peut arriver en cours de projection, partir avant la fin , rêver sur une image). Plus qu’un film, c’est un mouvement brownien à partir duquel quantité de films peuvent se développer et se concevoir.(...) Dans son exploration technique et esthétique, "Album 1" atteint le degré zéro du cinéma. Aussi y verra-t-on notamment une gare sans arrivée de train, l’entrée d’un directeur dans son usine, le repas de bébé, la lecture des tarots, l’arroseur non arrosé, et même un lion du (...) -
MEETING BORIS LEHMAN
Boris est partout et il sera partout ! Sur les murs et dans la salle (aï disent les projectionnistes !). Deux rendez-vous à ne pas manquer, car il en accompagnera les voyages, sont les projections de "Album 1" et "Babel". Mais pour les autres aussi sachez qu’il a bien vérifié son agenda : "oui" il sera là ! On va essayer de lui prévoire des milk-shakes parce que on sait qu’il adore ça... -
PUNISHMENT PARK
1970. Le conflit au Vietnam s’aggrave. Nixon a décidé le bombardement du Cambodge. Aux Etats-Unis et partout dans le monde, la protestation est unanime. Nixon décrète l’état d’urgence et, c’est le présupposé du film, met en application une loi de 1950, "le McCarran Act", autorisant le gouvernement fédéral à placer en détention toute personne "susceptible de mettre en péril la sécurité intérieure". Dans une zone désertique de la Californie, non loin des tentes où siège le tribunal civil chargé d’instruire le procès du groupe 638, les membres du groupe 637 se retrouvent dans le Bear Mountain National Punishment Park et découvrent les règles du "jeu" auquel ils vont devoir participer pour avoir choisi cette alternative plutôt que d’être incarcérés dans un pénitencier. Ils s’entendent promettre la liberté s’ils parviennent à échapper aux forces de police lancées à leur poursuite, et à atteindre dans les trois jours un drapeau américain planté dans les montagnes, 80 km plus loin. A la différence de beaucoup de films politiques populaires, "Punishment Park" ne propose pas de spécimens élégants de héros ou d’héroïnes avec lesquels le public pourrait (...) -
mer 02.05.2001
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ROUTINE PLEASURES
Français exilé en Californie, dans une petite ville, Del Mar, dont personne n’a entendu parler, le cinéaste songe à un moyen d’expliquer à ses amis français où il habite. "Pour marquer sa présence sur une carte, on trace X", réfléchit-il. Mais l’Amérique, pour une cinéphile français, c’est autant un pays rêvé (Monument Valley de Ford, les paysages indistriels et héroïques des films de Wellman, Hawks et Sturges des années trente) qu’un espace réel. C’est donc au croisement de deux imaginaires que Gorin a choisi de se situer. L’imaginaire d’un homme en qui il a découvert son cerveau jumeau, Manny Farber, cinéphile, critique de cinéma, peintre et professeur d’art qui a aidé son ami à dénicher un boulot "dans le même racket", c’est-à-dire un poste d’enseignant à San Diego. Et celui d’un groupe de types qui, tous les mardis soirs, délaissent femmes, enfants et responsabilités pour construire, fignoler et faire fonctionner un immense train électrique dans un hangar. Une vision de l’Amérique au microcosme, qui vaut bien tous les road-movies, mais aussi l’interrogation complexe et fascinante de l’itinéraire personnel du cinéaste. (Bérénice Reynaud) -
MEETING JON JOST
Jon Jost sera avec nous du 27 au 29 avril. Mais c’est le 28 que cela "se passera". D’un côté de l’Atlantique comme de l’autre, il est une des rares personnes à afficher un discours sur le "pourquoi" et le "comment" il est engagé dans un certain cinéma `indépendant’. Il y a les idées, il y a aussi une extrême lucidité sur ce que peut être le cinéma, techniquement ou technologiquement, à un moment donné. Il est probablement aussi celui qui pourrait faire tomber toute illusion sur les "arrières-cours" du cinéma. Ou peut-être d’un certain cinéma. C’est quoi l’indépendance dans le cinéma ?! -
jeu 03.05.2001
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WAR GAME
Une bombe nucléaire tombe dans le comté de Kent en Grande-Bretagne. C’est la panique. Des milliers de morts immédiates. La clarté insoutenable fait fondre les globes oculaires. On brûle les cadavres et on achève les blessés dans les rues. Les stocks de nourriture saine sont pris d’assaut par les pillards. On interviewe les survivants hébétés à qui la Protection Civile conseille d’emporter leur Livret de caisse d’épargne avant de rentrer dans les abris... Commande officielle de la BBC, ce stupéfiant "documentaire d’anticipation" sur le déclenchement de la guerre atomique, ressemble à une version filmée de "La Guerre des mondes" d’Orson Welles, construite à base de pseudo-images d’archives. Oscar du documentaire aux ÉtatsUnis et Grand prix du court métrage à la Mostra de Venise, "La bombe" fut interdit de diffusion télévisuelle dans le monde entier jusqu’en 1985. "J’ai réalisé "La Bombe" à une époque où le gouvernement anglais (et la BBC) faisait l’apologie de la force de dissuasion nucléaire. La propagande officielle assurait la population que les mesures prises par la Protection Civile en Grande-Bretagne permettraient au pays de pouvoir se relever (...) -
COUPLE, REGARDS, POSITIONS
Long-métrage de fiction, "Couple, regards, positions" est un film d’amour qui parle des tentatives de communication entre un homme et une femme. Sorte d’essai de cinéma alchimique, toute référence à la réalité y est éffacée et n’y restent que des signes, des gestes, des objets, des mots aux références tantôt surréalistes, tantôt cabalistiques, tantôt juives. Tourné entièrement sur fond noir, sans aucun décor, avec des jeux d’opposition noir/blanc, le moindre détail se retrouve soudainement à y avoir des proportions amplifiées, une paire de ciseaux pouvant par exemple avoir l’air d’un instrument de torture. Surgit d’ailleurs la question de l’ambiguité qui peut se receler dans une histoire d’amour :"on s’aime", "on se torture"... Ou peut-être que, finalement, derrière l’aspect torturé d’un rapport amoureux ne se cache qu’un jeu, comme pourraient le suggérer certaines images légères et ludiques ... A vous, d’ailleurs, de vous laisser aller à un jeu de miroir ! -
ven 04.05.2001
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A COMME ADRIENNE
Un soir d’il y a six ans Boris rencontre par hasard Adrienne chez un ami à qui il devait emprunter un smoking. Depuis, Boris et Adrienne sont devenus amis, des amis rares. Adrienne a découvert les films de Boris et s’est laissée emporter dans son cinéma. Boris lui s’est fait conquérir par l’énergie charismatique de cette femme de 78 ans, qui pendant quatorze ans a vécu en Iran où elle y a appris le persan et y a découvert et traduit des contes populaires. Ce film, Boris lui en fait cadeau. Mais le cadeau n’est pas que pour elle (!), car si "A comme Adrienne" est avant tout un portrait, il est aussi un récit, voire même un poème de la vie pour tout le monde. Décliné en sept "leçons" et quelques digressions (la leçon de natation, la leçon de conduite automobile, la leçon de cuisine, la leçon de couture, la leçon de botanique, la leçon de savoir-vivre, la leçon de cinéma), le film ne nous fait pas un récit de la vie d’Adrienne, mais nous amène plutôt à partager son art de la tradition orale et son plaisir à vivre les petits rituels du quotidien. On en arrive à se demander si la vie d’Adrienne n’est pas elle-même un conte. Boris le dit : il (...) -
POTO AND CABENGO
"Poto and Cabengo" est un documentaire sur deux fillettes jumelles et légèrement schizos, vivant à San Diego. Leur originalité tient à ce qu’elles ont inventé, pour communiquer entre elles, un langage que même les experts les plus avertis en psychiatrie infantile ont le plus grand mal à déchiffrer. Poto et Cabengo sont les surnoms qu’elles se donnent. Leurs mots sont comme des ondes, des bouts de phrases émetteurs d’un sens, pour elles évident, mais qu’il nous faut décoder. Mais l’effet d’étrangeté qui rend ce film si beau tient au fait que le langage de ces soeurs fait corps avec elles. (...) Gorin a eu l’intelligence de ne pas concevoir son film comme un des moyens de percer à jour ce bégaiement du langage. Il ne se met pas à la place des experts qui se penchent sur ce cas. Son problème est avant tout cinématographique : comment ne pas emprisonner les deux filles dans le cadre rigide d’un filmage classique, linéaire, d’une technique qui ne douterait pas d’elle-même ? D’où le fait que Gorin s’implique lui-même dans le film, narrateur par accident du cas Poto et Cabengo. Sa voix nasillarde et son accent un peu traînant de français fraîchement (...) -
La bête
A la base, il n’existait qu’un court-métrage de "La Bête" devant s’insérer dans les "Contes Immoraux" mais écarté pour garantir la sortie du film. En effet, bien que son premier film érotique en ait choqué plus d’un, Borowczyk va ici plus loin dans sa fantasmagorie, la zoophilie y étant frontalement abordée non sans une pointe d’ironie appuyée. Démarrant par une saillie spectaculaire d’un étalon et d’une jument, le film commence très fort, et continuera à nous étonner par son développement mystérieux, agrémenté de disgressions fort vaudevillesques. Cela se passe dans un château où le fils d’un noble français ruiné doit se marier avec une jeune héritière, une américaine. Alors que les parents discutent intérêt, et que le fils inquiet et inquiétant se replie sur lui-même, la jeune fille ira de découverte en découverte, impressionnée par le climat licencieux des lieux. On ne vous en dit pas plus, excepté qu’elle rêvera par intermittance d’une certaine marquise... rêve qui ne manquera pas de frapper les imaginations et les désirs les plus refoulés ! Un film à la fois choquant, drôle et subtil, jouant encore sur ces détails et objets chers à Boro, et (...) -
sam 05.05.2001
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UNCOMMON SENSES : PLAIN TALK AND COMMON SENSE
Film-essai sur l’Amérique, "Uncommon senses" est une oeuvre caustique et polémique, amusante et en même temps sinistre, qui fonce tout droit dans l’essence même de ce que sont les EtatsUnis ; aussi bien au niveau géographique (le film est une sorte de road-movie, mais sans réel but à atteindre) qu’au niveau idéologique (que pensent les Américains d’eux-mêmes et que pensent-ils des autres ?). Structuré en dix chapitres, avec un prologue et un épilogue, Jon Jost a voyagé pendant plus d’un an pour réaliser ce film qui dévoile comment les Etats-Unis construisent et "consomment" leur propre mythologie. Mais ne vous trompez pas ! Ce film est bien loin de s’inscrire dans une veine purement socio-réaliste... Extrêmement original dans sa forme et dans la virtuosité des techniques employées, "Uncommon senses" est un savant mélange d’images, de sons, de voix, de commentaires, de jeux de basculement entre subjectivité et objectivité. Etonnement captivant, certains n’auront pas manqué d’ y voir une version cinématographique du pamphlet "La désobéissance civile" de Thoreau. -
MAGNUM BEGYNASIUM BRUXELLENSE
Tourné sur une période de deux ans, "Magnum Begynasium Bruxellense" est une chronique filmée de la vie des résidants du quartier du Beguinage à Bruxelles. Structuré en une trentaine de chapitres un peu comme si ceux-ci faisaient partie d’un grand puzzle plus qu’un documentaire il est une sorte d’aventure allégorique sur toutes les petites choses qui peuvent faire la vie d’un quartier, sur le temps qui passe, sur la langueur qui peut entourer les êtres et les choses, sur leur mort. Sans interviews ou commentaires, et en dehors d’une narration classique, le récit semblerait plutôt se construire au fil d’un montage qui joue avec la juxtaposition, ou l’enchaînement ou encore l’opposition des plans et des séquences. En traversant le mouvement temporel d’une journée fictive, le film se déploie ainsi entre réalité et métaphore, voire même imaginaire. Au moment de sa sortie "Magnum Begynasium Bruxellense" reçu un accueil presque impensable aujourd’hui pour un film qui n’est pas de fiction, les recensions allant des quotidiens de l’époque au "TéléMoustique" (qui lui consacra trois pages !) et même au "Vlan" ! Il reste en tout cas un (...) -
dim 06.05.2001
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LA COMMUNE
15 Peter Watkins a tourné "La Commune" (qui est peut-être son dernier film) dans les studios d’Armand Gatti à Montreuil, avec plus de deux cents comédiens, dont pour grande partie des non-professionnels. Fidèle à son style de narration, il nous propose une sorte de documentaire vivant, exaltant et tragique, sur ces journées de mars 1871 qui virent le petit peuple de Paris, pour la quatrième fois en moins d’un siècle, entreprendre une nouvelle révolution... Le film commence par un plan-séquence faisant découvrir le lieu du tournage après la dernière scène, informant que le film a été tourné pendant treize jours en plans-séquences, puis les acteurs se présentent et présentent leur personnage. Nous sommes à la fois en mars 1871 et aujourd’hui : "Nous vous demandons d’imaginer le 18 mars 1871", est-il signifié. Tout au long du film, par l’artifice, le public est sans cesse renvoyé à sa condition de spectateur, et donc à son sens critique. "J’espère, martèle Peter Watkins, que La Commune sera un outil d’apprentissage pouvant aider à disséquer et à mettre en cause les conventions du cinéma et de la télévision. Ainsi, les textes des cartons, les (...) -
DEBAT PETER WATKINS
Peter Watkins, qui devait être notre "guest", a dû annuler sa visite au Nova pour des raisons personnelles (il sera présent par le biais d’une interview vidéo). Ce sont donc plusieurs de ses compagnons de route dans son projet sur la Commune, qui seront présents pour une rencontre-débat. Il s’agit de Jean-Jacques Hoquard, membre de "La Parole Errante" (l’association d’Armand Gatti), d’Alain Dalotel, historien qui a travaillé pendant les deux années de préparation précédent la réalisation, et encore de plusieurs comédiens ayant participé au tournage du film. Depuis leur expérience de "La Commune", ces derniers sont regroupés au sein d’un collectif appelé "Rebond".