-
jeu 09.04.2026
-
Suburban Fury
Sara Jane Moore est le personnage et la narratrice de ce curieux film lui permettant de raconter l’histoire plus vraie que nature de son incroyable vie d’agent double au service du FBI... et de sa tentative d’assassinat du président Gerald Ford en 1975. Elle accepte de participer à la seule condition d’être la seule personne interrogée. Commence alors une relation ludique et tendue entre elle et le réalisateur pour prendre le contrôle du récit. Dans les années 70, alors mère célibataire banlieusarde blanche, elle infiltre les Black Panthers et des groupes de gauche radicale en commençant par espionner Popeye Jackson et la Symbionese Liberation Army, après l’enlèvement de Patty Hearst, fille d’un célèbre magnat de la presse. Elle dit opérer pour le FBI sous la tutelle du mystérieux Bertram Worthington. Nouvelle collaboration avec le chef opérateur Sean Kirby et l’écrivain Charles Mudede à partir d’images d’archives d’une qualité exceptionnelle et d’une multitude d’éléments de mise en scène ingénieux, Robinson Devor signe un thriller documentaire d’une puissance et d’une ambiguïté redoutables. Un grand film paranoïaque, thermomètre éclatant de l’état (...) -
ven 10.04.2026
- Bolex!
-
Bolex in the sea
Dans le bar, Boris Belay nous propose une petite histoire de la Bolex à travers différents modèles issus de sa collection, le tout accompagné de documents de travail inédits de Rose Lowder, ainsi que de deux films et des photos d’Anita Conti, en lien avec la programmation "Histoires de pêches". Exposition du 09.04 -> 07.06 VERNISSAGE 10.04 > 18:30 -
-
-
sam 11.04.2026
- Bolex!
-
Maison de l’argentique (MaArge)
En 2024, la Maison de l’argentique a été crée en rassemblant les adeptes du cinéma en pellicule, pour mutualiser les savoirs, échanger outils et techniques ou tout simplement se connaître et partager des sensibilités cinématographiques singulières. Sans véritable toit, cette maison se ballade au fil des envies et énergies de ceux qui l’ont rêvé comme un lieu de rencontre ouvert et à réinventer continuellement. Pour notre plus grand plaisir, c’est au Nova qu’elle a élu domicile cette fois. Boris Belay, un de ses co-fondateur, nous propose un atelier pratique de démontage de la Bolex. Il est un des derniers en Belgique à pouvoir réparer cet outil légendaire qu’il connait sur le bout des doigts. Suivant les spécificités de chaque modèle, il propose régulièrement à des cinéastes de les accompagner dans leur choix de caméra et de leur fournir l’outil qui sera le plus adapté à leur pratique. Apportez votre caméra si elle a besoin d’un soin particulier ou venez en simple curieux, cet après-midi-atelier autour de la Bolex promet d’être riche. -
Anatomie d’une caméra
Conférence manipulée à deux voix et quatre mains de Boris Belay et Vincent Sorrel autour de la conception de la caméra Bolex H 16 : il s’agit d’explorer la conception de l’outil pour mieux envisager les spécificités de son utilisation par rapport à d’autres appareils. Sur la table, les caméras amenées par Boris et des archives de la société Bolex apportées par Vincent ainsi qu’un document filmé qui explore l’anatomie de la caméra depuis ses origines, l’Autociné conçue par Boolski. Pourquoi cette caméra "amateur", conçue entre 1931 et 1935, est-elle encore utilisée aujourd’hui dans des écoles de cinéma ou par les cinéastes les plus expérimentateurs ? -
Des films, une caméra
L’originalité de cette proposition est de présenter, en relation avec les films, la caméra avec laquelle ils ont été tourné pour mieux envisager les liens entre l’expressivité de l’outil et celles des oeuvres. Et si la Bolex H 16, véritable boîte à rythmes visuels, était conçue comme un instrument de musique mécanique ? Pour répondre à cette question, Vincent Sorrel nous fera voyager à travers les films et les archives du fabricant jusqu’au plateau de Sainte-Croix, dans le Jura suisse, où était implantée la société Paillard S.A., afin d’explorer le paysage de cette invention.+ Notes on Circus+ On the Other Side of the Spoon -
Bolex Voto
Des courts métrages contemporains pour voir ce que la Bolex produit comme forme de cinéma aujourd’hui.• The Water Was Here• Les films du Dés-apparaître - #3 - ... Dans sa toile est un lac• Über das Taubenproblem• ... -
dim 12.04.2026
- Bolex!
-
Guy Sherwin
Les débuts de la London Film-Makers’ Co-op sont marqués par une vague de films qui s’inscrivent dans le courant structuraliste, qui mettait l’accent sur la matérialité du film et sur son processus de fabrication. Effets spéciaux réalisés au tirage, superpositions, manipulations de couleurs, boucles... de nombreux films du début des années 1970 révèlent les actions directes réalisées sur la pellicule, transformée en véritable "medium plastique". Le travail sur la perception spatiale et temporelle du spectateur était également central, visant souvent à rompre avec la simple réception passive du cinéma. Parmi les nombreux artistes qui ont fréquentés la LFMC dans les années 1970, Guy Sherwin en est une des figures les plus emblématiques. Son cinéma allie la recherche formelle à une dimension profondément personnelle, explorant les mécanismes de projection et de manipulation du film tout en offrant des instantanés singuliers de la vie domestique ou du monde qui l’entoure. La Bolex étant une de ses caméras fétiches, nous ne pouvions manquer de l’inviter.• Camden Road Station• Clock & Train• Night Train• ... -
Women Got the Bolex
À partir des années 1980, la London Film-Makers’ Co-op voit s’opérer un retour vers des formes de cinéma plus figuratives, en partie en réaction au cinéma structuraliste de la décennie précédente. On observe également un nombre croissant de femmes qui s’emparent de la caméra pour réaliser des œuvres personnelles, parfois poétiques, ou des films liés à des questions culturelles. Ce mouvement prend encore davantage d’ampleur dans les années 1990, avec des films qui marquent une période d’épanouissement d’un cinéma qui se conjugue désormais aussi au féminin. La London Film-Makers’ Co-op a joué un rôle particulièrement important en facilitant des formes d’expérimentation diverses, qui n’auraient pas pu se développer avec une telle ampleur au sein de structures cinématographiques traditionnelles. En compagnie de Vicky Smith, réalisatrice de films expérimentaux depuis plus de 30 ans et membre très engagée de la LFMC, où elle a animé de nombreux ateliers, nous reviendrons sur le rôle qu’a joué la caméra Bolex dans ce cinéma au féminin.• Shapes• Rounds• Eerie• ... -
jeu 16.04.2026
-
Out of the Picture
An.Ash Smolar s’intéresse aux grandes absentes de l’histoire de l’architecture. À travers archives, témoignages et animation, son film retrace le parcours d’architectes femmes dont le travail a été invisibilisé, parfois attribué à d’autres. L’un des fils conducteurs est l’histoire de Denise Scott Brown : en 1991, le Pritzker Prize est attribué à Robert Venturi seul, alors que leurs projets étaient menés conjointement — un cas emblématique de l’effacement des femmes dans la discipline. Le titre renvoie à une scène révélatrice : lors d’une conférence, un photographe demande à Scott Brown de sortir du cadre pour la photo, sans comprendre qu’elle est architecte. Le film revient aussi sur la villa E-1027 d’Eileen Gray, dont les murs furent recouverts de fresques par Le Corbusier sans son accord. Il rappelle combien les femmes ont façonné nos villes, bâtiments et manières d’habiter, et invite à réécrire l’histoire de l’architecture, cette fois avec tout le monde dans le cadre. -
ven 17.04.2026
- Nourrir Bruxelles
-
Nourrir Bruxelles
Dans le cadre de la sixième édition de Nourrir Bruxelles, festival sur les enjeux de la transition alimentaire, sociale et écologique en région bruxelloise, le Nova accueille une séance-rencontre autour d’un documentaire sur les difficultés de transmission des fermes familiales et de la culture paysanne locale dans un marché globalisé qui privilégie l’industrie agro-alimentaire et les grandes exploitations agricoles. Cette soirée clôturera aussi la journée internationale des luttes paysannes au cours de laquelle associations, militant·es et paysan·nes d’ici et ailleurs - notamment de Philippine, du Brésil et du mouvement La Via Campesina -, se réuniront dans le quartier européen pour dénoncer les accords de libre-échange, dont celui UE-Mercosur en passe de ratification. Outre la discussion, la convivialité sera de mise dès 18h30 dans le foyer-bar du Nova avec une table d’hôtes des Gastrosophes dont la cuisine conjugue circularité et solidarité. -
Il a plu sur le grand paysage
À la suite de la crise du lait de 2009 où le monde paysan s’est soulevé face à des mesures européennes menaçant toujours plus sa survie, le documentaire "Il a plu sur le grand paysage" part à la rencontre d’agriculteurs-éleveurs du pays de Herve, à l’est de la Belgique, terre natale du réalisateur qui interrogeait déjà son avenir en 1981 au travers sa fiction "Le Grand paysage d’Alexis Droeven". Neuf hommes et femmes, bien informés sur ces politiques délétères, se succèdent face caméra, expliquant leur amour du métier, l’évolution de leurs fermes au fil des générations jusqu’à l’impasse des possibilités d’avenir imposées par une mondialisation où l’humain disparait. Filmé en 35mm avec beauté et sensibilité, tout en laissant la parole et une émotion bouleversante s’exprimer, "Il a plu sur le grand paysage" est une véritable ode à une culture paysanne en train de disparaître, terminant sur un appel à résister face à une crise bien plus large touchant l’ensemble de la société. -
sam 18.04.2026
-
Suburban Fury
Sara Jane Moore est le personnage et la narratrice de ce curieux film lui permettant de raconter l’histoire plus vraie que nature de son incroyable vie d’agent double au service du FBI... et de sa tentative d’assassinat du président Gerald Ford en 1975. Elle accepte de participer à la seule condition d’être la seule personne interrogée. Commence alors une relation ludique et tendue entre elle et le réalisateur pour prendre le contrôle du récit. Dans les années 70, alors mère célibataire banlieusarde blanche, elle infiltre les Black Panthers et des groupes de gauche radicale en commençant par espionner Popeye Jackson et la Symbionese Liberation Army, après l’enlèvement de Patty Hearst, fille d’un célèbre magnat de la presse. Elle dit opérer pour le FBI sous la tutelle du mystérieux Bertram Worthington. Nouvelle collaboration avec le chef opérateur Sean Kirby et l’écrivain Charles Mudede à partir d’images d’archives d’une qualité exceptionnelle et d’une multitude d’éléments de mise en scène ingénieux, Robinson Devor signe un thriller documentaire d’une puissance et d’une ambiguïté redoutables. Un grand film paranoïaque, thermomètre éclatant de l’état (...) -
Mermaid Legend
Migiwa et Keisuke forment un couple de pêcheurs d’huîtres, vivant dans un port de campagne à l’aube de profonds bouleversements : la construction d’un parc d’attraction est annoncée. Une nuit, alors que Keisuke, le mari, fume son spleen à bord de son bateau, il est témoin d’un assassinat en pleine mer ; quelques jours plus tard, c’est son corps qui est perforé et c’est à Migiwa, la plongeuse au destin de sirène, qu’il revient de se faire justice en incarnant la rage d’une société fracassée sur l’autel du mépris, du béton et du nucléaire. Deux ans après la programmation Offscreen 2024 autour de la Director’s Company et de Hasegawa Kazuhiko, voici enfin le premier long métrage produit par la Director’s Company et bloqué à l’époque par des soucis de droits. Dans "Mermaid Legend", Ikeda Toshiaru, le réalisateur, conjugue ce drame intime et social aux codes du film de genre – effusion de sang, érotisme malsain et scène de fin époustouflante — pour souligner tout l’effroi et la colère de voir des traditions irrémédiablement attaquées par des projets industriels insolents, qu’ils prennent la forme d’un parc à thème ou, plus certainement, d’une centrale nucléaire. -
dim 19.04.2026
-
Kaye Mortley, 50 ans de radio sans question
Nous avons l’immense plaisir d’accueillir Kaye Mortley pour parcourir avec elle 50 ans de radio, d’écoute et de sons. Née en Australie en 1943, elle a travaillé pour la BBC et France Culture et reçu de nombreux prix (Italia, Europa, Futura, Scam). Elle a spécialement composé pour cette soirée une suite d’extraits de ses œuvres, des années 70 à aujourd’hui, dont certains inédits. Elle évoquera son parcours, l’évolution de la radio, son rapport au son et pourquoi elle n’a décidément jamais aimé poser des questions à ses protagonistes. Kaye Mortley s’est toujours consacrée au documentaire radiophonique avec une approche poétique et singulière du son. "Mes émissions n’analysent rien. Elles ne font pas état d’une situation ou d’un événement. Elles racontent rarement ce qui peut s’appeler une ’histoire’... Elles cherchent à dire ce que seul le son sait dire. Mes documentaires proposent "un réel" composé de sons bousculés, dé-placés, dé-rangés, dé-formés mais jamais transformés." -
Vautier-Lehman
René Vautier et Boris Lehman ont utilisé la Bolex même si ce n’était pas la seule caméra qui a croisé leur parcours de cinéaste. C’est l’occasion de montrer des courts métrages rarement vu en Belgique d’un Vautier toujours aussi engagé dans son combat anticolonialiste et de voir des films de Boris Lehman d’avant qu’il soit lui-même.• Marins d’eau douce• Le Centre et la classe• Histoire d’un déménagement• ... -
jeu 23.04.2026
-
Open Screen
Depuis le début du Cinéma Nova, l’Open Screen vous invite à venir montrer librement vos films sur grand écran à un public souvent nombreux qu’il ne tient qu’à vous de surprendre ! Que ce soit votre première œuvre cinématographique ou le fruit de longues années d’expérience, tous les films proposés seront projetés, quels que soient leur genre et format, à la condition de ne pas dépasser 15 minutes. Envoyez vos films accompagnés d’une fiche technique au moins une semaine à l’avance. – > openscreen@nova-cinema.org -
ven 24.04.2026
-
Microboutiek
La Microboutiek propose de manière régulière une sélection de sa collection de micro-éditions (livres, CD, vinyles, fanzines, DVD, etc.) en vente dans le bar. Stand de diffusion alternative d’une scène indépendante bruxelloise et au-delà, la Microboutiek est alimentée par son propre public. - Oona Libens & Oker
-
Aspen Label Night
À l’occasion de cette soirée label, Oker, quatuor acoustique expérimental qui entremêle formes improvisées et composées, présente son troisième album, "Aerial", qui sort en avril chez Aspen Edities. Ce concert sera précédé d’une performance d’Oona Libens accompagnée par de musique live créée spécialement pour ses images.+ Strands of Lunar Light -
sam 25.04.2026
- Pêche / Visser
-
Voyage de documentation de Madame Anita Conti
En 1952, Anita Conti embarque pour six mois à bord d’un chalutier qui parcourt l’Atlantique Nord à la recherche de morues. Elle partage le quotidien éprouvant des marins lors de cette longue campagne. Munie de ses appareils photo et de sa caméra, elle documente les gestes du travail, la fatigue et la solidarité à bord. Ses carnets et ses images composent un récit sensible qui témoigne de l’immersion de la première femme océanographe française dans un milieu exclusivement masculin, où les corps des hommes sont mis à rude épreuve. Pour Conti, l’océanographie est une discipline ’’totale’’ : comprendre la mer, c’est aussi raconter celles et ceux qui en vivent. Après avoir monté une pièce sur les femmes océanographes, Louise Hemon nous propose un film dont l’approche sensible permet à Anita Conti elle-même de prendre du recul sur ses images.+ La Boucane -
Terre-Neuvas
Pendant près de cinq siècles, les Terre-Neuvas ont pris le large depuis l’Europe en direction des côtes du Canada pour pêcher la fameuse morue. Lors de ces campagnes de six à huit mois, à 4 000 km de chez eux, ces hommes travaillaient dans des conditions extrêmement dures, environ douze heures par jour, à bord de bateaux qui, au fil des années, étaient devenus de véritables usines flottantes. Ce film collectif, réalisé en 1992 par des étudiant·e·s de l’IDHEC (actuelle Fémis), nous fait revivre ces campagnes à travers des images d’archives amateur collectées pour l’occasion. Ce sont les pêcheurs eux-mêmes qui racontent leur quotidien avec des lettres et des témoignages. Afin de ne pas oublier ces hommes contraints de travailler à des cadences toujours plus rapides, dans un froid saisissant, avec la fatigue qui s’accumule et les dangers de l’océan.+ Vive la baleine -
dim 26.04.2026
- Pêche / Visser
-
Le Secret de Moby Dick
Samson est un baleineau qui apprend à se débrouiller dans l’océan au sein de son groupe de baleines. Dans l’immensité de l’océan, il commence à découvrir le goût de la liberté aux côtés de Sally, une autre baleine de son âge. Les dangers existent dans les profondeurs, mais c’est lorsqu’il faut remonter respirer à la surface que la menace est la plus grande : des monstres d’acier rôdent. Samson rêve de retrouver le vieux Moby Dick, cette baleine blanche légendaire qui, dit-on, pourrait les sauver. Il finit par s’éloigner de son groupe et part à l’aventure pour trouver des réponses. Pourquoi Moby Dick est-il resté invisible si longtemps ? Et pourquoi tarde-t-il à venir les sauver ? Cette libre adaptation du mythe est le premier long métrage du cinéaste danois Jannik Hastrup, qui s’était auparavant illustré par de nombreux courts métrages d’animation, dont le superbe ‘’Benny’s Bathtub’’, qui explorait déjà l’imaginaire des mondes aquatiques. -
À bord du cinéma
Dans ’’L’Homme d’Aran’’, en cette île du nord de l’Irlande exposée aux grands vents de toutes les tempêtes atlantiques, où seule la mer offrait à la communauté insulaire de pouvoir survivre, Flaherty filmait des marins perdus, submergés par des vagues déchaînées, sous les regards anxieux de leurs familles : rentreront-ils un jour ? Prendre le large, à bord de vielles barques, pour les besoins d’un film, pour rejouer une pêche ancestrale, quel qu’en soit le prix à payer, fut leur décision souveraine. Cinq ans auparavant, les goémoniers des îlots d’Ouessant avaient fait la même proposition à Epstein pour ’’Finis terrae’’, chef-d’œuvre du cinéma alors à peine sonore. A leur suite, Rossellini, de Seta, Perrault et Brault, entreprirent à leur tour d’orchestrer ce rapprochement entre mythes et matières (le vent, les lames, les récifs et l’écume) pour que vivent à l’écran les gens de mer. Critique itinérant, compagnon de route du Nova, professeur à l’Insas, mais avant tout conteur ’’en’’ cinéma, Patrick Leboutte nous propose de prendre l’air du large et de traverser avec lui cette histoire maritime du cinéma lors d’un échange entrecoupé d’extraits comme autant de bouteilles à la mer. -
Pour la suite du monde
Au moins 2, si pas 3 raisons ont attiré le cinéaste canadien Pierre Perrault sur l’Île-aux-Coudres au Québec : la langue, la pêche aux marsouins, et… l’amour. Mais ça, c’est une autre histoire. Toujours est-il que ce lieu le marquera à vie. Il y tournera son premier film ‘’Pour la suite du monde’’, puis ‘’Le Règne du jour’’ en 1967, et enfin ‘’Les Voitures d’eau’’ en 1968. Lorsqu’il se rend pour la première fois sur cette petite île de 101 m² , il découvre une communauté accueillante bien que fortement patriarcale. Leur langage et leurs gestes réveillent en lui tout un imaginaire mythique autour de la puissance de la mer, du règne animal et du culte des ancêtres. Accompagné de Michel Brault, Pierre Perrault propose alors aux habitant·e·s un pari fou : retranscrire pour un film la pêche au marsouin traditionnelle. Pionniers du cinéma direct, ils utilisent les caméras légères et le son synchrone pour nous faire voyager dans le temps, nous offrir un moyen de transmettre la parole mais surtout de rencontrer le véritable marsouin, personnage central évidemment ! -
sam 02.05.2026
-
Police Beat
Première incursion de Devor dans cette contrée docu/fiction qu’il arpente comme personne. On y suit un agent de police d’origine sénégalaise, récemment arrivé à Seattle où il patrouille à vélo. En voix off et en wolof, il décrit ce qu’il vit, ce qu’il ressent, nous emmenant dans ses missions et ses errances. Le décalage narratif mêlant les notions de familiarité, d’étrangeté, d’appartenance ou non, est ainsi partagé de manière immersive grâce aux superbes images de Sean Kirby et une mise en scène subtile d’une Americana vécue par un outsider. Les faits divers rencontrés sont tirés de vraies interventions menées par la Police de Seattle, parfaitement intégrées au récit écrit avec brio par Robinson Devor et l’écrivain zimbabwéen Charles Tonderai Mudede. -
Suburban Fury
Sara Jane Moore est le personnage et la narratrice de ce curieux film lui permettant de raconter l’histoire plus vraie que nature de son incroyable vie d’agent double au service du FBI... et de sa tentative d’assassinat du président Gerald Ford en 1975. Elle accepte de participer à la seule condition d’être la seule personne interrogée. Commence alors une relation ludique et tendue entre elle et le réalisateur pour prendre le contrôle du récit. Dans les années 70, alors mère célibataire banlieusarde blanche, elle infiltre les Black Panthers et des groupes de gauche radicale en commençant par espionner Popeye Jackson et la Symbionese Liberation Army, après l’enlèvement de Patty Hearst, fille d’un célèbre magnat de la presse. Elle dit opérer pour le FBI sous la tutelle du mystérieux Bertram Worthington. Nouvelle collaboration avec le chef opérateur Sean Kirby et l’écrivain Charles Mudede à partir d’images d’archives d’une qualité exceptionnelle et d’une multitude d’éléments de mise en scène ingénieux, Robinson Devor signe un thriller documentaire d’une puissance et d’une ambiguïté redoutables. Un grand film paranoïaque, thermomètre éclatant de l’état (...) -
dim 03.05.2026
-
Hole Foods : Ten Years of Buttermilk Films
Entre 2016 et 2025, les nasty chefs Ethan Folk et Ty Wardwell ont servi leur New Queer Cuisine à des publics du monde entier : un menu fixe de neuf plats pornographiques qui a débuté à Seattle avec "Breakfast in Bed" et s’est achevé à Berlin avec "The Cannoli Brothers". Dans cette tournée à travers les "neuf repas de la journée", les sensations horrifiques et merveilleuses se côtoient alors que nous découvrons les vastes possibilités du corps en tant qu’ustensile de cuisine regorgeant d’amour. Chacun des courts-métrages aura pour thème le nom d’un plat pornographique, y compris "Mes Chéris" et le nouveau "Breakfast in Bed : Uncut Director’s Cut : A Walk to Remember". Venez avec appétit ! -
Cérémonie de clôture
Ce n’est jamais facile d’arriver à la fin. Après un week-end de sexe non-stop et de fluides échangés sur le dancefloor, le Brussels Porn Film Festival se termine en beauté. Ne manquez pas le money shot le plus attendu de la saison : la soirée de clôture ! Dans un dernier moment de joie et de surprises, participez à la remise des prix du jury et du public, et découvrez les court-métrages primés par notre jury, composé de Yann Gonzalez, Mariska et Ophélie Joh. Et pour ne pas finir la bouche sèche de désir, profitez de l’occasion pour trinquer une dernière fois avant l’année prochaine ! -
jeu 07.05.2026
-
Réunion de famille
Une fête de communion dans une famille joyeuse se termine par un drame quand Jean-Claude, sur le chemin du retour, perd le contrôle de son véhicule. Ainsi, ce 18 juin 1987, décède le père de Jean qui n’a que trois ans. Un grand vide remplace la figure paternelle jusqu’au jour où Jean découvre, 35 ans plus tard, des films de famille. Avec de magnifiques monotypes fabriqués sous nos yeux par l’auteur de Réunion de famille, qui s’animent pour recréer les ambiances du passé, il mêle des images d’archives super 8 et raconte l’histoire de ce père absent que le film ressuscite. Jean Forest nous montre que l’on peut réparer les liens brisés par un accident et reconstruire une relation avec un mort. Le film a reçu le prix du meilleur court métrage documentaire au René du cinéma 2026.+ Les Derniers jours d’avril -
ven 08.05.2026
- Bolex!
-
Bolex vs. Krasnogorsk
Dans le matériel de prise de vue dont dispose l’Academic Film Center on retrouve une caméra Bolex qui, à l’époque de l’ex-Yougoslavie, devait être importée, mais aussi une autre caméra emblématique : la Krasnogorsk. De fabrication soviétique, cette caméra a été très populaire dans tous les pays de l’Est et est pour certains aspects comparable à la caméra Bolex. Il s’agit ici aussi d’une caméra à ressort, qui fonctionne avec une bobine de 30m (pour une durée d’environ 3 minutes), au design robuste et quand même bien plus lourde que la Bolex. Elle a souvent été utilisée pour des films à petit budget, tournés caméra à la main, souvent dans un style documentaire, comme par exemple par des réalisateurs de la Black Wave yougoslave. Nous vous proposons une brève immersion dans les archives de l’AFC, en compagnie de notre invité Milan Milosavljević qui nous a concocté un programme de films tournés avec la Bolex et la Krasnogorsk, ainsi qu’en bonus deux films tournés en Super8 et 8mm.• Krik / Scream• Samoglasnici / Vowels• Kuća / Home• ... -
Vukica Đilas – Home Movies, 1970s-1990s
Au début des années 1970, Vukica Đilas — une journaliste, critique de cinéma, artiste et activiste serbe - entreprend de filmer des moments choisis de sa vie personnelle. Cela se passe dans un contexte où très peu de femmes pouvaient réaliser des films. Pendant plus de vingt ans, elle documente non seulement des moments intimes et personnels, mais aussi des fragments de vie saisis au fil du temps dans le milieu culturel et social de Belgrade. Sa caméra se glisse dans divers événements marquants, de la venue de la réalisatrice Agnès Varda ou du musicien John Cage, à des rassemblements étudiants où on entrevoit par exemple une jeune Marina Abramović. Au total, 35 bobines (environ 120 minutes) ont été conservées et projetées intégralement à la cinémathèque yougoslave en 2006, après le décès de la réalisatrice. Près de dix ans plus tard, le réalisateur Slobodan Šijan en a sélectionné 18 pour créer ce film de 50 minutes. "Home Movies" retrace chronologiquement la vie de Vukica et révèle une évolution stylistique, passant de plans courts presque photographiques à des séquences plus longues, dans la ligne directe des "diary films"/ journaux filmés de (...) -
sam 09.05.2026
-
Voyage de documentation de Madame Anita Conti
En 1952, Anita Conti embarque pour six mois à bord d’un chalutier qui parcourt l’Atlantique Nord à la recherche de morues. Elle partage le quotidien éprouvant des marins lors de cette longue campagne. Munie de ses appareils photo et de sa caméra, elle documente les gestes du travail, la fatigue et la solidarité à bord. Ses carnets et ses images composent un récit sensible qui témoigne de l’immersion de la première femme océanographe française dans un milieu exclusivement masculin, où les corps des hommes sont mis à rude épreuve. Pour Conti, l’océanographie est une discipline ’’totale’’ : comprendre la mer, c’est aussi raconter celles et ceux qui en vivent. Après avoir monté une pièce sur les femmes océanographes, Louise Hemon nous propose un film dont l’approche sensible permet à Anita Conti elle-même de prendre du recul sur ses images.+ La Boucane -
Mermaid Legend
Migiwa et Keisuke forment un couple de pêcheurs d’huîtres, vivant dans un port de campagne à l’aube de profonds bouleversements : la construction d’un parc d’attraction est annoncée. Une nuit, alors que Keisuke, le mari, fume son spleen à bord de son bateau, il est témoin d’un assassinat en pleine mer ; quelques jours plus tard, c’est son corps qui est perforé et c’est à Migiwa, la plongeuse au destin de sirène, qu’il revient de se faire justice en incarnant la rage d’une société fracassée sur l’autel du mépris, du béton et du nucléaire. Deux ans après la programmation Offscreen 2024 autour de la Director’s Company et de Hasegawa Kazuhiko, voici enfin le premier long métrage produit par la Director’s Company et bloqué à l’époque par des soucis de droits. Dans "Mermaid Legend", Ikeda Toshiaru, le réalisateur, conjugue ce drame intime et social aux codes du film de genre – effusion de sang, érotisme malsain et scène de fin époustouflante — pour souligner tout l’effroi et la colère de voir des traditions irrémédiablement attaquées par des projets industriels insolents, qu’ils prennent la forme d’un parc à thème ou, plus certainement, d’une centrale nucléaire. -
dim 10.05.2026
-
Pow Wow
Robinson Devor propose avec "Pow Wow" une immersion dans la vallée désertique de Coachella en Californie. La caméra de Sean Kirby nous permet de découvrir alternativement des visages creusés et des paysages immaculés ou torturés par la main de générations de pionniers. On y découvre tout un monde fait de dominations, d’histoires cachées ou assumées, qui dessinent, au milieu d’un système d’irrigation indécent, le processus d’exploitation des terres et de son peuple. Une évocation frontale, subtile, élégante, sachant prendre le temps et la mesure de son récit, jusqu’aux scènes finales glaçantes, nous présentant puissamment un cas évident d’appropriation culturelle et territoriale. -
Vautier-Lehman
René Vautier et Boris Lehman ont utilisé la Bolex même si ce n’était pas la seule caméra qui a croisé leur parcours de cinéaste. C’est l’occasion de montrer des courts métrages rarement vu en Belgique d’un Vautier toujours aussi engagé dans son combat anticolonialiste et de voir des films de Boris Lehman d’avant qu’il soit lui-même.• Marins d’eau douce• Le Centre et la classe• Histoire d’un déménagement• ... -
jeu 14.05.2026
-
Sauf le passé
Comment raconter l’histoire à partir de la construction d’une mémoire commune ? Que peut-elle avoir de réellement commun lorsqu’elle découle d’une asymétrie originelle : la colonisation ? Comment s’appuyer sur le bâti et ce qu’il contient (le Musée royal d’Afrique centrale et ses pièces fixes, classées et inamovibles et d’autres mobiles, déplaçables, à archiver) ? Comment agencer ce tout pour rendre compte d’une version du récit qui fasse récit commun ? Et surtout, est-il nécessaire qu’il le soit ? En suivant des groupes de visiteurs et visiteuses du musée à Tervuren, Sanaz Azari essaye peut-être de répondre à toutes ces questions. Récoltant lors de ces moments de visite, leurs observations introspections et dialogues. Captant ainsi comment cela fut raconté et ce qui est et comment cela se raconte aujourd’hui, par les visiteurs et visiteuses mais aussi par les guides. Finalement, élément à priori mineur dans le film, des voix chuchotées dans le hors-champ rythment ces images, comme des échos de ce qu’on a jadis entendu mêlés à ce qu’on entend aujourd’hui, comme la résonance de l’inconscient collectif de cette page de l’histoire belge. -
ven 15.05.2026
-
Navigators
En décembre 1919, 249 syndicalistes anarchistes furent violemment expulsés des États-Unis. Ceux qui croyaient en un modèle social construit sur le principe : "à chacun selon ses besoins, de chacun selon ses capacités" embarquèrent sur le navire Buford pour une traversée chaotique dans des conditions précaires et insalubres. Parmi eux, Emma Goldman et Alexander Berkman, figures de proue du mouvement anarchiste communiste, documentèrent le voyage. Quelques années plus tard, l’ironie du sort a voulu que ce même paquebot serve de décor au film de Buster Keaton "The Navigator". Par un montage subtil en double écran, Noah Teichner nous plonge dans une aventure au jour le jour, d’Ellis Island jusqu’aux portes de la Russie. Les images de Buster Keaton s’entremêlent aux récits politiques des anarchistes d’Amérique, leur donnant une dimension historique qui les réactualise en un fascinant palimpseste cinématographique. Projeté en 35 mm, une expérience à ne pas manquer ! -
sam 16.05.2026
- IA & Cinema
-
Souvenirs d’un ami
Dans un texte publié il y a quelques années, Olivier Smolders raconte l’histoire d’un ami d’enfance rebelle et peu ordinaire. S’adressant à lui, il y évoque des souvenirs bien réels. Lorsqu’il a voulu porter ce texte à l’écran, le cinéaste a choisi de ne pas recourir à des images de sa jeunesse. Il s’est finalement tourné vers l’IA générative, qui a transformé le projet en un "film dans l’air du temps", fait d’images aléatoires, traversées de maladresses et d’hallucinations. Entre réel et fiction, et au-delà de ses qualités propres, cette expérience de cinéma a nourri l’écriture de "La Mélancolie des crevettes", un carnet de notes consacré à l’usage de l’IA que Smolders vient de publier et qu’il nous présentera ce soir. -
IA : Le trou noir philosophique
IA générative ou statistique : outil révolutionnaire de productivité, assistant de créativité, voire instrument d’émancipation ? C’est la partie visible de l’iceberg, brillante et bien marketée. Mais sous la surface de ce monde numérique se cachent impacts environnementaux, sociaux, économiques, politiques et philosophiques : épuisement des ressources, crise climatique, néo-colonialisme, exploitation, bulle économique, abrutissement, aliénation… Comprendre ces enjeux peut encore nous permettre de réorienter le cap. La créativité reste l’apanage de l’humain, seul capable d’innover en sciences, art et philosophie. À nous de reprendre collectivement la barre et de choisir notre avenir. Nicolas Dufresne, réalisateur et producteur de films d’animation, passionné de logiciels libres et animateur du podcast "La Fourmi dans la Coquille", partagera enquêtes et réflexions philosophiques sur sciences, techniques et métiers créatifs. -
dim 17.05.2026
-
Hold on to Her
La sortie récente de "L’Enfant bélier" au cinéma a suscité un vif débat sur l’affaire de Mawda Shawri, une fillette de deux ans abattue en 2018 par un policier belge lors d’un contrôle frontalier migratoire. Tandis que ce film de fiction a réécrit des pans entiers de ce drame provoqué par les politiques migratoires, nous avons choisi d’y revenir par le biais du documentaire. Dans "Hold on to Her", Robin Vanbesien filme une audience collective à Bruxelles, où plus de 40 personnes, avec ou sans papiers, lisent et commentent documents officiels, récits médiatiques et preuves, pour dépasser les versions officielles et questionner l’impunité et la déshumanisation inhérentes aux politiques d’État. Le film tisse témoignages, réflexions et plans contemplatifs de lieux banals tels que l’autoroute où Mawda est morte, créant une forme d’essai cinématographique sensible et politique. Un éclairage sur la solidarité citoyenne face à la violence d’État. Un espace collectif de mémoire, de deuil et de résistance. -
jeu 21.05.2026
-
L’Évangile de la révolution
François-Xavier Drouet ("L’Initiation", "La Chasse au Snark"...) explore un épisode trop peu connu de l’histoire politique et religieuse de l’Amérique latine. À partir des années 1960, face aux dictatures militaires et aux profondes inégalités héritées de la colonisation, des milliers de chrétiens — prêtres, religieux et militants — s’engagent aux côtés des paysans et des ouvriers. Inspirés par la théologie de la libération, ils voient dans le message évangélique un appel à transformer la société et à lutter pour la justice sociale. À travers archives, témoignages et récits personnels, le film retrace ces combats menés du Salvador au Brésil, du Nicaragua au Mexique, sans oublier le Vatican, qui s’opposera à ce mouvement. Il éclaire ainsi la rencontre entre foi et révolution et montre comment certains croyants ont voulu faire advenir, ici-bas, le Royaume de Dieu promis par l’Évangile. -
ven 22.05.2026
-
Suburban Fury
Sara Jane Moore est le personnage et la narratrice de ce curieux film lui permettant de raconter l’histoire plus vraie que nature de son incroyable vie d’agent double au service du FBI... et de sa tentative d’assassinat du président Gerald Ford en 1975. Elle accepte de participer à la seule condition d’être la seule personne interrogée. Commence alors une relation ludique et tendue entre elle et le réalisateur pour prendre le contrôle du récit. Dans les années 70, alors mère célibataire banlieusarde blanche, elle infiltre les Black Panthers et des groupes de gauche radicale en commençant par espionner Popeye Jackson et la Symbionese Liberation Army, après l’enlèvement de Patty Hearst, fille d’un célèbre magnat de la presse. Elle dit opérer pour le FBI sous la tutelle du mystérieux Bertram Worthington. Nouvelle collaboration avec le chef opérateur Sean Kirby et l’écrivain Charles Mudede à partir d’images d’archives d’une qualité exceptionnelle et d’une multitude d’éléments de mise en scène ingénieux, Robinson Devor signe un thriller documentaire d’une puissance et d’une ambiguïté redoutables. Un grand film paranoïaque, thermomètre éclatant de l’état (...) -
Mermaid Legend
Migiwa et Keisuke forment un couple de pêcheurs d’huîtres, vivant dans un port de campagne à l’aube de profonds bouleversements : la construction d’un parc d’attraction est annoncée. Une nuit, alors que Keisuke, le mari, fume son spleen à bord de son bateau, il est témoin d’un assassinat en pleine mer ; quelques jours plus tard, c’est son corps qui est perforé et c’est à Migiwa, la plongeuse au destin de sirène, qu’il revient de se faire justice en incarnant la rage d’une société fracassée sur l’autel du mépris, du béton et du nucléaire. Deux ans après la programmation Offscreen 2024 autour de la Director’s Company et de Hasegawa Kazuhiko, voici enfin le premier long métrage produit par la Director’s Company et bloqué à l’époque par des soucis de droits. Dans "Mermaid Legend", Ikeda Toshiaru, le réalisateur, conjugue ce drame intime et social aux codes du film de genre – effusion de sang, érotisme malsain et scène de fin époustouflante — pour souligner tout l’effroi et la colère de voir des traditions irrémédiablement attaquées par des projets industriels insolents, qu’ils prennent la forme d’un parc à thème ou, plus certainement, d’une centrale nucléaire. -
sam 23.05.2026
-
Voyage de documentation de Madame Anita Conti
En 1952, Anita Conti embarque pour six mois à bord d’un chalutier qui parcourt l’Atlantique Nord à la recherche de morues. Elle partage le quotidien éprouvant des marins lors de cette longue campagne. Munie de ses appareils photo et de sa caméra, elle documente les gestes du travail, la fatigue et la solidarité à bord. Ses carnets et ses images composent un récit sensible qui témoigne de l’immersion de la première femme océanographe française dans un milieu exclusivement masculin, où les corps des hommes sont mis à rude épreuve. Pour Conti, l’océanographie est une discipline ’’totale’’ : comprendre la mer, c’est aussi raconter celles et ceux qui en vivent. Après avoir monté une pièce sur les femmes océanographes, Louise Hemon nous propose un film dont l’approche sensible permet à Anita Conti elle-même de prendre du recul sur ses images.+ La Boucane -
Pow Wow
Robinson Devor propose avec "Pow Wow" une immersion dans la vallée désertique de Coachella en Californie. La caméra de Sean Kirby nous permet de découvrir alternativement des visages creusés et des paysages immaculés ou torturés par la main de générations de pionniers. On y découvre tout un monde fait de dominations, d’histoires cachées ou assumées, qui dessinent, au milieu d’un système d’irrigation indécent, le processus d’exploitation des terres et de son peuple. Une évocation frontale, subtile, élégante, sachant prendre le temps et la mesure de son récit, jusqu’aux scènes finales glaçantes, nous présentant puissamment un cas évident d’appropriation culturelle et territoriale. -
dim 24.05.2026
-
Le Secret de Moby Dick
Samson est un baleineau qui apprend à se débrouiller dans l’océan au sein de son groupe de baleines. Dans l’immensité de l’océan, il commence à découvrir le goût de la liberté aux côtés de Sally, une autre baleine de son âge. Les dangers existent dans les profondeurs, mais c’est lorsqu’il faut remonter respirer à la surface que la menace est la plus grande : des monstres d’acier rôdent. Samson rêve de retrouver le vieux Moby Dick, cette baleine blanche légendaire qui, dit-on, pourrait les sauver. Il finit par s’éloigner de son groupe et part à l’aventure pour trouver des réponses. Pourquoi Moby Dick est-il resté invisible si longtemps ? Et pourquoi tarde-t-il à venir les sauver ? Cette libre adaptation du mythe est le premier long métrage du cinéaste danois Jannik Hastrup, qui s’était auparavant illustré par de nombreux courts métrages d’animation, dont le superbe ‘’Benny’s Bathtub’’, qui explorait déjà l’imaginaire des mondes aquatiques. -
Moby Dick
Dans "Vive la Baleine" de Mario Ruspoli et Chris Marker, ils nous disent que l’on parle souvent de baleines alors que dans la plupart des cas de chasse ou de récit, il s’agit plutôt de rorquals et de cachalots chassés en masse en Islande, en Norvège ou au Japon. Il en va de même pour le célèbre roman de Herman Melville, Moby Dick, dont le héros éponyme est en réalité un cachalot. Il aura fallu deux ans à son auteur pour écrire cette histoire, inspiré d’un fait divers survenu en 1820. Après avoir reçu dix-neuf harpons, un immense cachalot albinos aurait causé la perte de trente hommes, de cinq baleinières et de quatorze canots. En 1956, John Huston entreprend l’adaptation de ce chef-d’œuvre de la littérature américaine. Pour ce faire, il s’entoure de Gregory Peck dans le rôle du capitaine Achab et de Richard Basehart dans celui du jeune marin Ismaël. À l’aide de maquettes et d’effets spéciaux inventifs, Huston parvient à remettre en scène une méthode de pêche vieille d’un siècle, mais aussi tous les tourments engendrés par la soif de vengeance envers cet animal mythique. -
Police Beat
Première incursion de Devor dans cette contrée docu/fiction qu’il arpente comme personne. On y suit un agent de police d’origine sénégalaise, récemment arrivé à Seattle où il patrouille à vélo. En voix off et en wolof, il décrit ce qu’il vit, ce qu’il ressent, nous emmenant dans ses missions et ses errances. Le décalage narratif mêlant les notions de familiarité, d’étrangeté, d’appartenance ou non, est ainsi partagé de manière immersive grâce aux superbes images de Sean Kirby et une mise en scène subtile d’une Americana vécue par un outsider. Les faits divers rencontrés sont tirés de vraies interventions menées par la Police de Seattle, parfaitement intégrées au récit écrit avec brio par Robinson Devor et l’écrivain zimbabwéen Charles Tonderai Mudede. -
jeu 28.05.2026
-
Souvent l’hiver se mutine
À partir d’un trésor d’archives audiovisuelles rares, Benoît Perraud fait revivre la mémoire du monde paysan traditionnel du Poitou-Charentes et de la Vendée. Il en résulte une fresque sensible et politique évoquant les saisons, les rituels et les gestes autour desquels s’organisait la vie rurale jusqu’au second tiers du XXᵉ siècle. Des images superbes, cristallines ou altérées, en noir et blanc ou en couleur, amateurs ou professionnelles, qui livrent leur poésie, transmettent l’archaïsme des situations et nous plongent dans leur familiarité tout en nous faisant sentir ce qui désormais nous en éloigne. "Souvent l’hiver se mutine" est aussi un film musical, où une émouvante sélection de chansons collectées (datant de 1946 à 1991) vient rythmer et souligner l’élan vital qui transpire inlassablement de toutes ces séquences. -
ven 29.05.2026
-
Liveness !? Act XVI
"Les concours sont pour les chevaux, pas pour les artistes" (Béla Bartók). Jouer contre, jouer avec, improviser, suivre des grilles, s’affranchir de la tonalité, bâtir un climax, jouer modal, improviser en groupe, lire une partition, prendre un solo chacun son tour, jouer ensemble, composer soi même, s’écouter ou non, jouer acoustique... il s’en pose des questions aux musiciens d’aujourd’hui ! Ce soir, ce n’est pas une conférence sans fin qui s’annonce mais une expérimentation musicale live jouée sur la retransmission en direct sur l’écran du Nova d’une institution musicale belge mondialement célèbre. Autour de cet exercice hautement codifié, nous invitons le saxophoniste Thomas Olbrechts qui invite à son tour quatre autres musiciens de la scène d’improvisation Bruxelloise : Joachim Devillé, Nicola Lancerotti, Filippo Gillono et Andrès Navarro, à faire dialoguer des approches de la musique bien différentes. Sans peur de rater le coup, se perdre dans le vide pour se retrouver sur des chemins inattendus. -
Moby Dick
Dans "Vive la Baleine" de Mario Ruspoli et Chris Marker, ils nous disent que l’on parle souvent de baleines alors que dans la plupart des cas de chasse ou de récit, il s’agit plutôt de rorquals et de cachalots chassés en masse en Islande, en Norvège ou au Japon. Il en va de même pour le célèbre roman de Herman Melville, Moby Dick, dont le héros éponyme est en réalité un cachalot. Il aura fallu deux ans à son auteur pour écrire cette histoire, inspiré d’un fait divers survenu en 1820. Après avoir reçu dix-neuf harpons, un immense cachalot albinos aurait causé la perte de trente hommes, de cinq baleinières et de quatorze canots. En 1956, John Huston entreprend l’adaptation de ce chef-d’œuvre de la littérature américaine. Pour ce faire, il s’entoure de Gregory Peck dans le rôle du capitaine Achab et de Richard Basehart dans celui du jeune marin Ismaël. À l’aide de maquettes et d’effets spéciaux inventifs, Huston parvient à remettre en scène une méthode de pêche vieille d’un siècle, mais aussi tous les tourments engendrés par la soif de vengeance envers cet animal mythique. -
sam 30.05.2026
- Olivier Bosson
-
Cyberattaques & bébés
Avec cette conférence‑performance qu’il décrit comme "une rhapsodie du genre industriel", Olivier Bosson part d’un constat étrange : dans son dossier de travail pour un film d’enquête sur l’industrie, tous les documents pertinents parlaient soit de cyberattaques, soit de bébés, ou des deux à la fois. Fasciné par ces coïncidences, Bosson se lance dans une course à travers ces histoires apparemment disparates pour voir ce qu’elles disent de notre manière de vivre au cœur de la société industrielle contemporaine. Anecdotes personnelles, faits divers, notes, images et réflexions tissent un récit polymorphe sur la numérisation, la vulnérabilité et la condition humaine dans le capitalisme industriel et technologique. "Cyberattaques & Bébés" est une exploration performative de nos peurs, de nos dépendances et de nos contradictions, nous invitant à repenser notre rapport aux machines, à la sécurité et à l’intime. -
La Chanson de Jérôme
Jérôme Laronze, éleveur de 36 ans, militant contre l’agro‑industrie, a été abattu par un gendarme le 20 mai 2017 après des mois de conflit avec l’administration de l’élevage. Olivier Bosson a enquêté sur la dynamique qui a conduit à cette tragédie rurale et sociale. Tourné sur les lieux du drame, en Saône‑et‑Loire, "La Chanson de Jérôme" prend une forme hybride entre documentaire et fiction. Des amis de l’éleveur, des voisins et habitants du village y incarnent les différents protagonistes de l’affaire — des paysans aux inspecteurs de la Direction départementale de la protection des populations, en passant par syndicalistes et avocats. Cette reconstitution collective est la grande force du film. Elle ne cherche pas l’objectivité froide mais une vérité vécue : mettre en lumière la violence des normes appliquées sans discernement et la solitude des petites communautés face au rouleau compresseur administratif. -
dim 31.05.2026
-
Tacet + Almanak
Au programme de cette dernière séance d’écoute avant l’été : deux fictions, l’une belge néerlandophone, l’autre allemande, toutes deux sous-titrées en français.+ Almanak+ Tacet (silence 2) -
Barking in the Dark
Marie Losier s’approche du mystère des Residents sans chercher à le résoudre. Depuis les années 1970, ce collectif américain avance masqué derrière ses célèbres têtes en forme d’yeux géants, cultivant anonymat, humour absurde et expérimentations musicales radicales. Plutôt qu’un documentaire explicatif, la cinéaste compose une dérive libre dans cet univers singulier. Guidée par Homer Flynn, leur manager et gardien de la mythologie du groupe, elle fouille archives, souvenirs, images rares et fragments d’histoires. Fidèle à son cinéma artisanal et joueur, tourné en pellicule, Losier transforme cette exploration en un film à la fois bricolé, tendre et malicieux. "Barking in the Dark" devient alors moins le portrait définitif d’un groupe que la traversée d’une légende underground — une célébration de l’étrangeté, de la liberté artistique et du plaisir de rester insaisissable. -
Felix in Wonderland
Quelle rencontre que celle de Marie Losier et de Felix Kubin ! Leur joie créatrice commune alliant expérimentation généreuse et facéties, l’un en musique, l’autre en image, fusionne de manière fluide et organique dans une danse à l’énergie contagieuse. Comme à son habitude, Marie Losier propose un portrait personnel des différentes facettes de l’artiste. On retrouve Felix en résidence, en création, chez lui, en concert, et bien sûr personnage consentant de mises en scènes prolongeant son univers. On en ressort en ayant l’impression d’avoir passé un moment intime avec lui, tout à sa pertinente légèreté, mais en en sachant plus sur son parcours, ses façons de travailler, sans toutefois que la magie ne s’estompe. Un vrai jardin plein de beauté ! -
jeu 04.06.2026
-
Open Screen
Depuis le début du Cinéma Nova, l’Open Screen vous invite à venir montrer librement vos films sur grand écran à un public souvent nombreux qu’il ne tient qu’à vous de surprendre ! Que ce soit votre première œuvre cinématographique ou le fruit de longues années d’expérience, tous les films proposés seront projetés, quels que soient leur genre et format, à la condition de ne pas dépasser 15 minutes. Envoyez vos films accompagnés d’une fiche technique au moins une semaine à l’avance. – > openscreen@nova-cinema.org -
ven 05.06.2026
-
Felix in Wonderland
Quelle rencontre que celle de Marie Losier et de Felix Kubin ! Leur joie créatrice commune alliant expérimentation généreuse et facéties, l’un en musique, l’autre en image, fusionne de manière fluide et organique dans une danse à l’énergie contagieuse. Comme à son habitude, Marie Losier propose un portrait personnel des différentes facettes de l’artiste. On retrouve Felix en résidence, en création, chez lui, en concert, et bien sûr personnage consentant de mises en scènes prolongeant son univers. On en ressort en ayant l’impression d’avoir passé un moment intime avec lui, tout à sa pertinente légèreté, mais en en sachant plus sur son parcours, ses façons de travailler, sans toutefois que la magie ne s’estompe. Un vrai jardin plein de beauté ! -
Barking in the Dark
Marie Losier s’approche du mystère des Residents sans chercher à le résoudre. Depuis les années 1970, ce collectif américain avance masqué derrière ses célèbres têtes en forme d’yeux géants, cultivant anonymat, humour absurde et expérimentations musicales radicales. Plutôt qu’un documentaire explicatif, la cinéaste compose une dérive libre dans cet univers singulier. Guidée par Homer Flynn, leur manager et gardien de la mythologie du groupe, elle fouille archives, souvenirs, images rares et fragments d’histoires. Fidèle à son cinéma artisanal et joueur, tourné en pellicule, Losier transforme cette exploration en un film à la fois bricolé, tendre et malicieux. "Barking in the Dark" devient alors moins le portrait définitif d’un groupe que la traversée d’une légende underground — une célébration de l’étrangeté, de la liberté artistique et du plaisir de rester insaisissable. -
Mermaid Legend
Migiwa et Keisuke forment un couple de pêcheurs d’huîtres, vivant dans un port de campagne à l’aube de profonds bouleversements : la construction d’un parc d’attraction est annoncée. Une nuit, alors que Keisuke, le mari, fume son spleen à bord de son bateau, il est témoin d’un assassinat en pleine mer ; quelques jours plus tard, c’est son corps qui est perforé et c’est à Migiwa, la plongeuse au destin de sirène, qu’il revient de se faire justice en incarnant la rage d’une société fracassée sur l’autel du mépris, du béton et du nucléaire. Deux ans après la programmation Offscreen 2024 autour de la Director’s Company et de Hasegawa Kazuhiko, voici enfin le premier long métrage produit par la Director’s Company et bloqué à l’époque par des soucis de droits. Dans "Mermaid Legend", Ikeda Toshiaru, le réalisateur, conjugue ce drame intime et social aux codes du film de genre – effusion de sang, érotisme malsain et scène de fin époustouflante — pour souligner tout l’effroi et la colère de voir des traditions irrémédiablement attaquées par des projets industriels insolents, qu’ils prennent la forme d’un parc à thème ou, plus certainement, d’une centrale nucléaire. -
sam 06.06.2026
-
Microboutiek
La Microboutiek propose de manière régulière une sélection de sa collection de micro-éditions (livres, CD, vinyles, fanzines, DVD, etc.) en vente dans le bar. Stand de diffusion alternative d’une scène indépendante bruxelloise et au-delà, la Microboutiek est alimentée par son propre public. -
Jan Kulka
Pour le plus grand plaisir des nerds de la projection en tous genres, Jan Kulka, artiste originaire de Prague nous présentera l’Archeoscope, appareil de projection analogique qu’il a lui-même conçu et qui permet la projection de tous les formats de pellicule existants et plus encore. Grâce à quatre systèmes d’optique distincts, l’Archeoscope permet de décortiquer pour mieux examiner les phénomènes lumineux et de perception qui composent le cinéma. Jan nous proposera une expérience cinématographique, nous invitant à repenser la tradition et les technologies de projections établies.• Patterns• FRACTURA• T,O,U,C,H,I,N,G• ... -
dim 07.06.2026
-
Suburban Fury
Sara Jane Moore est le personnage et la narratrice de ce curieux film lui permettant de raconter l’histoire plus vraie que nature de son incroyable vie d’agent double au service du FBI... et de sa tentative d’assassinat du président Gerald Ford en 1975. Elle accepte de participer à la seule condition d’être la seule personne interrogée. Commence alors une relation ludique et tendue entre elle et le réalisateur pour prendre le contrôle du récit. Dans les années 70, alors mère célibataire banlieusarde blanche, elle infiltre les Black Panthers et des groupes de gauche radicale en commençant par espionner Popeye Jackson et la Symbionese Liberation Army, après l’enlèvement de Patty Hearst, fille d’un célèbre magnat de la presse. Elle dit opérer pour le FBI sous la tutelle du mystérieux Bertram Worthington. Nouvelle collaboration avec le chef opérateur Sean Kirby et l’écrivain Charles Mudede à partir d’images d’archives d’une qualité exceptionnelle et d’une multitude d’éléments de mise en scène ingénieux, Robinson Devor signe un thriller documentaire d’une puissance et d’une ambiguïté redoutables. Un grand film paranoïaque, thermomètre éclatant de l’état (...) -
Voyage de documentation de Madame Anita Conti
En 1952, Anita Conti embarque pour six mois à bord d’un chalutier qui parcourt l’Atlantique Nord à la recherche de morues. Elle partage le quotidien éprouvant des marins lors de cette longue campagne. Munie de ses appareils photo et de sa caméra, elle documente les gestes du travail, la fatigue et la solidarité à bord. Ses carnets et ses images composent un récit sensible qui témoigne de l’immersion de la première femme océanographe française dans un milieu exclusivement masculin, où les corps des hommes sont mis à rude épreuve. Pour Conti, l’océanographie est une discipline ’’totale’’ : comprendre la mer, c’est aussi raconter celles et ceux qui en vivent. Après avoir monté une pièce sur les femmes océanographes, Louise Hemon nous propose un film dont l’approche sensible permet à Anita Conti elle-même de prendre du recul sur ses images.+ La Boucane