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jeu 21.11.2024
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Jean-Charles Hue & Tijuana
"Mon père m’a dit un jour lointain que seuls les montagnes et les enfants méritaient d’être photographiés. Il fit tout de même quelques exceptions pour ma mère qui parvint parfois avec succès à éclipser un coucher de soleil sur le Mont-Blanc. Ces quelques photos présentées sont donc des images au statut incertain, entre volonté de faire image (sans y parvenir tout à fait) et repérages pour un projet en cours ou simples notes… Certaines ont au moins le mérite à mes yeux de me rappeler quelques êtres chers où lieux tant aimés qui ont jalonné ma vie à Tijuana. Bon nombre ne sont déjà plus de ce monde. Finalement j’ai fait comme mon père ou plutôt je n’ai pas fait mieux… j’ai photographié (et surtout filmé) tout ce qui m’était cher." Jean-Charles Hue → Vernissage le 21 novembre à 19h. Gratuit -
The Soiled Doves of Tijuana
Yolanda, Clementina et Mimosa, prostituées et toxicos, errent dans les entrailles de Tijuana. Un enfer à ciel ouvert : c’est bien avec ces mots qu’on pourrait décrire le quotidien de ces âmes égarées. Et pourtant, il est peu probable que le spectateur ressorte de la salle avec cette seule impression, la raison tenant principalement dans le geste cinématographique de Jean-Charles Hue. En effet, son ambition ne réside pas uniquement dans la simple retranscription de la réalité de ces femmes mais aussi dans la récupération de leurs confessions et de leur traduction plastique. Par l’entremise du montage, de la surexposition ou encore de la mise au point, le cinéaste n’hésite pas à virer dans l’abstraction pour donner à voir les tourments ou la quête de lumière de ces madones clochardisées. En collant au plus près de leur corps, il dépasse l’image de la seule détresse pour creuser leur humanité et leur redonner un droit à la beauté. Comme Clementina, Hue prend au pied de la lettre la pensée de Deleuze selon laquelle "il faut délirer le réel" pour trouver la force de continuer à vivre. Un film comme il en sort rarement, à mi-chemin du gothique et du (...) -
ven 22.11.2024
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Mange tes morts
Jason, un gamin de 18 ans né de l’union entre un père yéniche et une mère gadjo, attend le retour de son frère Fred qui a pris 15 ans de prison. À peine vient-il de rentrer dans sa famille que Fred propose à Jason et Mickaël, le dernier frère, de se mettre à la recherche d’une cargaison de cuivres. Plus sombre que son prédécesseur, "Mange tes morts" s’en démarque aussi par le fait que Fred ressurgit, par la grâce du montage, comme un ange. Réalisme et miracle se télescopent et l’opposition entre mauvaise et bonne vie n’a plus lieu d’être. Plutôt absent de "la BM", le cinéaste injecte également dans une virée à plus de 300 km/h menacée par le mauvais œil un comique de situation où la merde et les anecdotes sexuelles occupent une place de choix. Constamment entre le poétique et le grossier, le profane et le sacré, une image puissante résume assez bien le projet de l’alchimiste Hue : le reflet d’une cathédrale dans une flaque d’eau. -
Carne Viva
Premier long-métrage de Jean-Charles Hue au Mexique et plus précisément à Tijuana, "Carne Viva" s’apparente avant tout à une tentative de brosser des vies, connectées entre elles par un étrange couteau qu’il glisse à chacun de ces personnages. Dans le quartier, on raconte que ce couteau, dont le manche a été sculpté dans l’os d’un chien, servait à sacrifier des chiens lors de messes noires. Le guérisseur affirme qu’il ignore si cet outil "magique" a des vertus bénéfiques ou maléfiques. Et c’est justement ce flou qui est entretenu tout au long du récit, cet objet tranchant étant tout à la fois capable d’exorciser les pensées étranges d’Yvòn, sauver Angel d’une agression sexuelle que de servir les desseins politiques du maire de la ville. Néanmoins, bien que la mort rôde en permanence, Hue parsème son film de moments d’absolu montrant avant tout des personnes désirant plus que tout vivre, à l’image de ce personnage inoubliable et incandescent de Dave. -
sam 23.11.2024
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Microboutiek
La Microboutiek propose de manière régulière une sélection de sa collection de micro-éditions (livres, CD, Vinyles, fanzines, DVD, etc) en vente dans le bar. Stand de diffusion alternatif d’une scène indépendante bruxelloise mais pas que, la Microboutiek est alimentée par son propre public et au gré des évènements organisés par le Nova. -
Attila Tralala & co
Attila Tralala, microlabel basé à Bruxelles, coproduit et distribue des disques en dilettante. Revendiquant l’héritage d’une certaine culture alternative, Attila Tralala privilégie les zones de convergence improbables, sans agenda ni site internet : présence de terrain, face à face, éclectisme assumé et tarifs populaires tant que possible. Depuis quelques années, la distro d’Attila Tralala vient parfois poser ses micro-pépites à côté de celles de notre Microboutiek. Il était temps de lui consacrer une "micro evening", prétexte à découvrir son héritage, ses engagements, son catalogue, dont un court-métrage qu’il a contribué à diffuser, et pas moins de 2 concerts de deux groupes qu’il soutient avec d’autres microlabels autant modestes que dynamiques ! -
Poule, renard, vipère
Marché de Château rouge à Paris. Des châteaux de carton. Des femmes inquiètes. Que fait la police ? → Un échange sur les coproductions entre micro-labels suivra la projection, entre Antonin d’Attila Tralala et Nicolas Grolleau, fanzinologue par intermittence, lui-même diffuseur de micro-éditions rompu aux collaborations souterraines tous azimuts à Bruxelles et ailleurs. -
Secte
Secte est un duo instrumental formé en 2018 à Bruxelles par David Costenaro (Vitas Guerulaitis, Tatoo Noise Act, Merdézuth...) et Gregory Duby (K-Branding, Jesus Is My Son, Zoho...). Secte pose les bases d’une torpeur raffinée à travers la relecture d’un progressive-rock mâtiné de résonances orientales : arpèges tortueux de guitare éthérée sur soubresauts cardiaques ralentis. Secte est à l’image de son monde, urbain en quête de solitude, léger mais complexe, beau mais mélancolique. Secte est aussi le nom de leur unique LP à ce jour, sorti sur vinyl en 2022 grâce à la complicité de sept micro-labels dont Attila Tralala. Secte de Secte -
Api Uiz
Groupe instrumental créé vers 1995 dans les caves bordelaises, Api Uiz s’illustre vite par une énergie débordante, "un charivari pseudo-funk et bossa-punk, aux accents de library music pour thriller frénétique". A l’instar de the Ex qui les ont très tôt soutenu, le groupe prône de suite son autonomie par l’appropriation des moyens de production, avec notamment la création d’un label, les "Potagers Natures", dont Api Uiz sera longtemps le fer de lance. L’osmose entre ses membres constitue leur première force collective, malgré d’inévitables frictions qui peuvent jalonner l’évolution d’un ensemble organique d’humains. Api Uiz regroupe aujourd’hui Jorge Vega à la batterie, Enrique Vega à la basse, Mehdi Beneitez à la guitare et Eric Martinez aux mécaniques électroniques. Leur double vinyl "SM" financé par plusieurs microlabels, restitue le travail de cette formation "4.0" qui sévit librement depuis un peu plus de deux ans. Enfin au Nova ! -
dim 24.11.2024
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C’est Gratos
S’ils avaient la parole, les animaux auraient beaucoup à dire sur nos relations avec eux. Par chance, Gratos, un chien rare et précieux qui n’a pas coûté un rond, est là pour nous raconter ses rapports complexes avec les humains en général et son compagnon Simon en particulier. Les relations de domination ou de soumission souvent rencontrées dans les spectacles avec des animaux sont traités de front avec subtilité, finesse, beaucoup d’intelligence et énormément d’humour. Mimétisme, parodie, inversion des rôles... Qui influence qui ? Impossible à démêler et c’est tant mieux. Une chose est sûre : tous deux ont le même coiffeur. Quand un clown-chien devient complice d’un clown-humain, rire, émotion et profondeur sont au rendez-vous.+ Nènè -
Toto & le cirque Chabri
Depuis 150 ans, les Chabri font vibrer le cirque. Clowneries, acrobaties, jonglage, magie... Cette famille composée d’artistes protéiformes porte une tradition circassienne depuis les origines du cirque belge, jusqu’à faire reconnaître en 2021 le cirque traditionnel comme Patrimoine culturel oral et immatériel par la Fédération Wallonie-Bruxelles. Une première mondiale ! Toto, 92 ans, toujours actif, sera mis à l’honneur lors de cette soirée. D’abord à travers le portrait qu’en a fait Piotr Osuszkiewicz dans son court-métrage "Toto Chabri L’Auguste". Ensuite par une sélection de films d’archives Super 8 dont l’asbl Peliskan a numérisé une partie des rushes. Alain (le fils) en Monsieur Loyal interviewera Toto (le père) et Nora (la tante), alors que Toly (l’oncle) en Maître de Cérémonie commentera chacune des archives en compagnie du clown Flat-Hat. Une plongée vivante dans la vie du cirque depuis ses débuts, l’itinérance, la rencontre d’artistes internationaux, l’exigence et la solidarité indispensables à la tenue d’un spectacle de qualité. À leur façon, films à l’appui, nos invités raconteront également les évolutions au fil du temps, la rencontre (...) -
jeu 28.11.2024
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Carne Viva
Premier long-métrage de Jean-Charles Hue au Mexique et plus précisément à Tijuana, "Carne Viva" s’apparente avant tout à une tentative de brosser des vies, connectées entre elles par un étrange couteau qu’il glisse à chacun de ces personnages. Dans le quartier, on raconte que ce couteau, dont le manche a été sculpté dans l’os d’un chien, servait à sacrifier des chiens lors de messes noires. Le guérisseur affirme qu’il ignore si cet outil "magique" a des vertus bénéfiques ou maléfiques. Et c’est justement ce flou qui est entretenu tout au long du récit, cet objet tranchant étant tout à la fois capable d’exorciser les pensées étranges d’Yvòn, sauver Angel d’une agression sexuelle que de servir les desseins politiques du maire de la ville. Néanmoins, bien que la mort rôde en permanence, Hue parsème son film de moments d’absolu montrant avant tout des personnes désirant plus que tout vivre, à l’image de ce personnage inoubliable et incandescent de Dave. -
Artist of Fasting
"Artist of Fasting", c’est l’histoire d’un homme qui décide de ne plus se nourrir ; difficile pour autant de parler d’une grève de la faim, tant son acte ne relève pas d’une protestation particulière. Il est plutôt à considérer comme " un artiste de la faim ", titre de la nouvelle de Kafka dont Adachi tire avec ce film une adaptation satirique. Assis mutique dans une galerie marchande assez passante, cet homme décontenance tout ceux qui croise son chemin, et les médias s’empressent de faire de lui un phénomène médiatique. Monde du show-biz, institutions médicales, politiciens, yakuzas ou encore moines bouddhistes, tout le monde finit par se pencher sur son cas, que ce soit en soutien ou en critique, en incompréhension ou en admiration. L’énigme que représente cet homme est prétexte pour Adachi de parler de la société japonaise sous toutes ses coutures, à travers un film qui, bien que formellement moins radical que son précédent, fait preuve d’une originalité surprenante. -
ven 29.11.2024
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Revolution+1
Le 8 juillet 2022, l’ancien Premier ministre Japonais Abe Shinzo est abattu en pleine rue par un certain Yamagami Tetsuya. L’opinion publique est sous le choc. Dans l’urgence de porter un contre-discours, Adachi Masao met en chantier un film centré sur la vie du meurtrier. Tournage en deux semaines sans autorisation, budget d’environ 55 000 €, bande-son composée en deux heures... Un premier montage sera projeté le 26 septembre 2022, jour des funérailles nationales de Abe Shinzo. À mi-chemin entre fiction et documentaire, "Revolution+1" livre une version fantasmée du récit de Yamagami Tetsuya, marqué par des conditions de vie difficiles et une famille dysfonctionnelle. C’est également l’occasion pour le réalisateur de rebondir sur sa théorie des paysages utilisée dans "A.K.A. Serial Killer" et de poursuivre l’esthétique militante amorcée par "Prisoner/Terrorist". Et si ce geste n’était pas une vengeance isolée, mais un pas de plus vers une révolution mondiale ? -
A.K.A. Serial Killer
Partant d’un fait divers – Nagayama Norio, 19 ans, commet quatre meurtres sans explication apparente – Adachi et ses confrères réalisateurs et théoriciens du cinéma construisent un film-essai documentaire basé sur leur "théorie du paysage" : "Tous les paysages que nous voyons au quotidien, et surtout les beaux paysages reproduits sur cartes postales, sont fondamentalement liés à une figure du pouvoir dominant (...), c’est le Japon qui rend fou et criminel." Ce film consiste en une série de paysages que le jeune homme aurait pu voir pendant sa vie et qui l’auraient insidieusement influencé jusqu’à provoquer ses crimes. Adachi guide par instant le public en distillant quelques rares informations sur la vie de Nagayama et quelques clés pour appréhender ce road movie théorique, sans personnage. Passé il y a dix ans sur ce même écran (avril 2014), nous vous le reproposons en regard de son dernier film "Revolution +1" dans lequel il se réapproprie certaines pistes de travail élaborées à l’époque. -
sam 30.11.2024
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The Soiled Doves of Tijuana
Yolanda, Clementina et Mimosa, prostituées et toxicos, errent dans les entrailles de Tijuana. Un enfer à ciel ouvert : c’est bien avec ces mots qu’on pourrait décrire le quotidien de ces âmes égarées. Et pourtant, il est peu probable que le spectateur ressorte de la salle avec cette seule impression, la raison tenant principalement dans le geste cinématographique de Jean-Charles Hue. En effet, son ambition ne réside pas uniquement dans la simple retranscription de la réalité de ces femmes mais aussi dans la récupération de leurs confessions et de leur traduction plastique. Par l’entremise du montage, de la surexposition ou encore de la mise au point, le cinéaste n’hésite pas à virer dans l’abstraction pour donner à voir les tourments ou la quête de lumière de ces madones clochardisées. En collant au plus près de leur corps, il dépasse l’image de la seule détresse pour creuser leur humanité et leur redonner un droit à la beauté. Comme Clementina, Hue prend au pied de la lettre la pensée de Deleuze selon laquelle "il faut délirer le réel" pour trouver la force de continuer à vivre. Un film comme il en sort rarement, à mi-chemin du gothique et du (...) -
Mexico Trips
Bien qu’ils ne se déroulent pas à Tijuana, les deux premiers courts-métrages n’en sont pas moins matriciels de l’œuvre tijuanaise à venir, "Emilio" pouvant être avant tout perçu comme une transmission d’une croyance, tandis que "Pitbull Carnaval", premier essai réalisé au Mexique, révèle à la fois ce mélange de tendresse et de cruauté cher au cinéaste ainsi qu’une "normalité de l’animalité" qui le fera tomber amoureux de ce pays. "Tijuana jarretelle", lui, fait se rencontrer abstraction érotique et conte sur l’antéchrist alors que "Topo y Wera" nous plonge dans la sublime mais tragique histoire d’amour entre deux déportés mexicain tentant de survivre grâce au vol à la tire et aux machines à sous.• Emilio• Pitbull Carnaval• Tijuana jarretelle, le diable• ... -
dim 01.12.2024
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Yéniches
Après avoir côtoyé sept ans la famille Dorkel, Hue décide de se saisir de sa caméra. À travers ses deux premières réalisations, il capte avec poésie une certaine marginalité, une manière différente d’être au monde. "Y a plus d’os" finit quant à lui par un tir de Fred Dorkel sur la caméra, provoquant un éclat de lumière qui envahit l’écran. Ou comment une épiphanie peut se produire au détour d’une soirée paisible qui bascule dans la violence la plus soudaine. Tout le cinéma de Hue en 5 minutes ? "L’œil de Fred" se distingue par son dispositif, un plan-séquence en plongée zénithale sur une table où le patriarche Dorkel nous conte la nuit où ils ont été pourchassés sur la route à coups de fusil. Enfin, dans le dernier court, un ange vient visiter Fred sous la forme d’un chien.• Quoi de neuf docteur ?• Perdonami Mama• Y a plus d’os• ... -
La BM du Seigneur
Fred, un colosse respecté par les siens, vit de la chourave et des vols de bagnole. En cela, il ne fait que perpétrer un mode de vie où les diverses combines plus ou moins illicites permettant de subsister. Une rencontre mystique va néanmoins tout changer et du jour au lendemain, Fred décide de se ranger des voitures. Pour conter cette histoire, Hue rue dans les brancards en nous offrant un western fordien au cœur des caravanes et des champs de la Picardie, le tout sur fond de quête de rédemption se heurtant à la loi sociale. Porté par des gueules communiquant dans un langage unique, son film, d’une grande force épique, élève l’imaginaire yéniche au rang de mythe. En somme, une véritable bouffée d’air frais dans un cinéma français engoncé dans son réductionnisme sociologique et esthétique. -
Mange tes morts
Jason, un gamin de 18 ans né de l’union entre un père yéniche et une mère gadjo, attend le retour de son frère Fred qui a pris 15 ans de prison. À peine vient-il de rentrer dans sa famille que Fred propose à Jason et Mickaël, le dernier frère, de se mettre à la recherche d’une cargaison de cuivres. Plus sombre que son prédécesseur, "Mange tes morts" s’en démarque aussi par le fait que Fred ressurgit, par la grâce du montage, comme un ange. Réalisme et miracle se télescopent et l’opposition entre mauvaise et bonne vie n’a plus lieu d’être. Plutôt absent de "la BM", le cinéaste injecte également dans une virée à plus de 300 km/h menacée par le mauvais œil un comique de situation où la merde et les anecdotes sexuelles occupent une place de choix. Constamment entre le poétique et le grossier, le profane et le sacré, une image puissante résume assez bien le projet de l’alchimiste Hue : le reflet d’une cathédrale dans une flaque d’eau. -
jeu 05.12.2024
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Faune, flore et fêtards pyrénéens
Le cinéaste Jean-Baptiste Alazard, le dessinateur-performeur Vincent Fortemps et la comédienne et chanteuse Léonor Manuel ont en commun d’avoir trouvé refuge dans un coin perdu des Pyrénées. Elle et ils nous en ramènent un film et un concert pour une soirée naturaliste dédiée à la fête et à son biotope en moyenne montagne ! -
Festa Major
Dans un petit village des Pyrénées, à l’approche du mois de septembre, se déroule la Festa Major. Un rituel qui se renouvelle chaque année depuis au moins 125 ans. Après sa trilogie de "La Tierce des paumés", précédemment projetée au Nova, Jean-Baptiste Alazard continue à filmer "la vie qu’on essaie de vivre en la traversant comme on marche dans un rêve"… cette fois en immersion dans ces quatre journées de tempête des sens et des couleurs, où lâcher prise collectif et inventions spontanées sont partagés sans différence d’âge, de sexe ou de condition sociale par les habitants du village et leurs invités venus des vallées environnantes et d’ailleurs. → Projection suivie d’une discussion avec Jean-Baptiste Alazard. -
Faunaflor
Les créatures de Faunaflor se sont échappées des réserves du Muséum d’histoire naturelle. Laissons-nous envoûter par la transe venue des entrailles de l’auteur-compositeur Eddy Crampes, accordons notre savane intérieure à la basse de Vincent Fortemps, vrombissons dans un feu d’artifice d’effets au flow des mots savoureusement incarnés par Léonor Manuel. En les suivant, nous traverserons une nature fantasmée et luxuriante, une chanson française matinée d’électro, un bestiaire surréaliste à la rencontre des méduses avec le naturaliste Painlevé, ou entre les lignes de l’anthropologue Nastassja Martin. Délectons-nous de leurs parades ! -
ven 06.12.2024
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La BM du Seigneur
Fred, un colosse respecté par les siens, vit de la chourave et des vols de bagnole. En cela, il ne fait que perpétrer un mode de vie où les diverses combines plus ou moins illicites permettant de subsister. Une rencontre mystique va néanmoins tout changer et du jour au lendemain, Fred décide de se ranger des voitures. Pour conter cette histoire, Hue rue dans les brancards en nous offrant un western fordien au cœur des caravanes et des champs de la Picardie, le tout sur fond de quête de rédemption se heurtant à la loi sociale. Porté par des gueules communiquant dans un langage unique, son film, d’une grande force épique, élève l’imaginaire yéniche au rang de mythe. En somme, une véritable bouffée d’air frais dans un cinéma français engoncé dans son réductionnisme sociologique et esthétique. -
Christmas Evil
C’est le film de Noël préféré de John Waters ! Depuis qu’on le sait, la "hype" de l’unique film de Lewis Jackson a forcément gonflé. Quoique à revoir ce petit bijou bizarre, on le comprend aisément. "Christmas Evil" est porté par de vrais gueules, à commencer celle du personnage principal joué par Brandon Maggart (le père de Fiona Apple). Ça commence avec une scène de trauma d’enfance liée au Père Noël, tel un slasher (le film date de 1980, les débuts industriels du genre), pour basculer dans l’absurde (la chaîne de l’usine de jouets), ou emprunter des détours frankensteiniens (le méchant poursuivi par une foule avec des torches), ainsi de suite jusqu’à son final délirant. La critique d’une fête populaire transformée en prétexte marchand, la solitude et l’isolement dans les sociétés modernes, sont traités au cours de changements de ton, de personnages secondaires outrés, d’enchainements de scènes étonnantes qui provoquent rires et malaises. Un peu comme dans un film de John Waters ? Pas tout a fait, mais on voit bien ce qui lui plaît là dedans… -
sam 07.12.2024
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Les oubliés de la belle étoile
Dédé, Michel et Daniel sont tous les trois passés par le centre de "redressement" La Belle Étoile. Au cœur des montagnes de Savoie, cet établissement tenu par un Abbé, a vu bon nombre d’orphelins ou d’enfants de la DDAS défiler entre ses murs des années 1950 à 1970. Comme beaucoup d’autres enfants, Dédé, Michel et Daniel y ont été battus, humiliés, affamés, détruits… Soixante ans plus tard, c’est dans ces mêmes montagnes qu’ils se réunissent pour trouver la force de briser le silence. Malgré les récits glaçants, une très grande douceur émane de ce film où le fait d’être ensemble, de mettre des mots sur leurs histoires, de partager un repas ou une baignade apporte de la joie et du réconfort. Avec le regard complice de la réalisatrice Clémence Davigo, ils vont tenter, avec d’autres, de confronter l’Église catholique à sa responsabilité. -
dim 08.12.2024
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Une vie de chat
Dino est le chat de Zoé, une petite fille qui vit avec sa maman dans un appartement au cœur de Paris. La journée, Dino se dore la pilule au soleil, comme tous les chats, mais la nuit, il a une seconde vie. Lorsque tout le monde dort, il sort par la fenêtre de l’habitation familiale, grimpe sur les murets et brave les dangers de la ville. Il va rejoindre Nico, un cambrioleur qui maîtrise parfaitement l’art de la discrétion. Ensemble, ils parviennent à berner les vigiles et la police à leur trousse depuis un vol de bijoux important. L’histoire se complique lorsque la maman de Zoé, commissaire de police, se retrouve sur l’affaire. Ce polar pour enfants est le premier long-métrage d’Alain Gagnol. Un dessin animé qui impressionne par son animation 2D très colorée. Un régal pour les yeux de toute la famille ! -
The Soiled Doves of Tijuana
Yolanda, Clementina et Mimosa, prostituées et toxicos, errent dans les entrailles de Tijuana. Un enfer à ciel ouvert : c’est bien avec ces mots qu’on pourrait décrire le quotidien de ces âmes égarées. Et pourtant, il est peu probable que le spectateur ressorte de la salle avec cette seule impression, la raison tenant principalement dans le geste cinématographique de Jean-Charles Hue. En effet, son ambition ne réside pas uniquement dans la simple retranscription de la réalité de ces femmes mais aussi dans la récupération de leurs confessions et de leur traduction plastique. Par l’entremise du montage, de la surexposition ou encore de la mise au point, le cinéaste n’hésite pas à virer dans l’abstraction pour donner à voir les tourments ou la quête de lumière de ces madones clochardisées. En collant au plus près de leur corps, il dépasse l’image de la seule détresse pour creuser leur humanité et leur redonner un droit à la beauté. Comme Clementina, Hue prend au pied de la lettre la pensée de Deleuze selon laquelle "il faut délirer le réel" pour trouver la force de continuer à vivre. Un film comme il en sort rarement, à mi-chemin du gothique et du (...) -
Microboutiek
La Microboutiek propose de manière régulière une sélection de sa collection de micro-éditions (livres, CD, Vinyles, fanzines, DVD, etc) en vente dans le bar. Stand de diffusion alternatif d’une scène indépendante bruxelloise mais pas que, la Microboutiek est alimentée par son propre public et au gré des évènements organisés par le Nova. -
Zadvengers
En Suisse romande, des militants et militantes écologistes occupent une colline pour lutter contre l’industriel Holcim qui veut transformer cette terre en ciment. Pour mener ce combat pacifique, tous·tes portent des masques de super-héros afin de rester anonyme. Ainsi, Hulk, Batman, Thor et Captain Anarchy tentent de créer un lieu utopiste dans lequel les normes sociales sont questionnées et où chacun·e peut trouver sa place. Mais ce lieu, ses habitantes et habitants sont grandement menacés par l’avancée des pelleteuses et la police qui prévoit de les évacuer. Le réalisateur Simon David se fait une petite place dans cette ZAD et documente toute l’énergie humaine déployée pour construire une alternative à nos modèles. Il porte un regard poétique sur la réalité du militantisme dans les zones à défendre. -
jeu 12.12.2024
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Open Screen
Depuis le début du cinéma Nova, l’Open Screen vous invite à venir montrer librement vos films sur grand écran. Que ce soit votre première œuvre cinématographique ou le fruit de longues années d’expérience, tous les films proposés seront projetés, quels que soient leur genre et format, à la condition de ne pas dépasser 15 minutes. Déjà 27 ans et 11 mois que cette opportunité existe et est accessible gratuitement, pour un public souvent nombreux qu’il ne tient qu’à vous de surprendre ! Alors n’hésitez plus, et envoyez vos films accompagnés d’une fiche technique au moins une semaine à l’avance. FILMS À ENVOYER À OPENSCREEN@NOVA-CINEMA.ORG Et déjà, on peut annoncer la projection du dernier court-métrage de Jan Vromman, cinéaste bien connu du Nova, en sa présence : UNE LIBÉRATION TEMPORAIRE DE BRUXELLES (Jan Vromman & Jannes Callens, BE, 2024, VOFRSTNL, 15’), un film joyeux sur la participation des habitants du centre de psychothérapie "La Devinière" à la Zinneke Parade. -
ven 13.12.2024
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Les oubliés de la belle étoile
Dédé, Michel et Daniel sont tous les trois passés par le centre de "redressement" La Belle Étoile. Au cœur des montagnes de Savoie, cet établissement tenu par un Abbé, a vu bon nombre d’orphelins ou d’enfants de la DDAS défiler entre ses murs des années 1950 à 1970. Comme beaucoup d’autres enfants, Dédé, Michel et Daniel y ont été battus, humiliés, affamés, détruits… Soixante ans plus tard, c’est dans ces mêmes montagnes qu’ils se réunissent pour trouver la force de briser le silence. Malgré les récits glaçants, une très grande douceur émane de ce film où le fait d’être ensemble, de mettre des mots sur leurs histoires, de partager un repas ou une baignade apporte de la joie et du réconfort. Avec le regard complice de la réalisatrice Clémence Davigo, ils vont tenter, avec d’autres, de confronter l’Église catholique à sa responsabilité. -
sam 14.12.2024
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Yéniches
Après avoir côtoyé sept ans la famille Dorkel, Hue décide de se saisir de sa caméra. À travers ses deux premières réalisations, il capte avec poésie une certaine marginalité, une manière différente d’être au monde. "Y a plus d’os" finit quant à lui par un tir de Fred Dorkel sur la caméra, provoquant un éclat de lumière qui envahit l’écran. Ou comment une épiphanie peut se produire au détour d’une soirée paisible qui bascule dans la violence la plus soudaine. Tout le cinéma de Hue en 5 minutes ? "L’œil de Fred" se distingue par son dispositif, un plan-séquence en plongée zénithale sur une table où le patriarche Dorkel nous conte la nuit où ils ont été pourchassés sur la route à coups de fusil. Enfin, dans le dernier court, un ange vient visiter Fred sous la forme d’un chien.• Quoi de neuf docteur ?• Perdonami Mama• Y a plus d’os• ... -
The Soiled Doves of Tijuana
Yolanda, Clementina et Mimosa, prostituées et toxicos, errent dans les entrailles de Tijuana. Un enfer à ciel ouvert : c’est bien avec ces mots qu’on pourrait décrire le quotidien de ces âmes égarées. Et pourtant, il est peu probable que le spectateur ressorte de la salle avec cette seule impression, la raison tenant principalement dans le geste cinématographique de Jean-Charles Hue. En effet, son ambition ne réside pas uniquement dans la simple retranscription de la réalité de ces femmes mais aussi dans la récupération de leurs confessions et de leur traduction plastique. Par l’entremise du montage, de la surexposition ou encore de la mise au point, le cinéaste n’hésite pas à virer dans l’abstraction pour donner à voir les tourments ou la quête de lumière de ces madones clochardisées. En collant au plus près de leur corps, il dépasse l’image de la seule détresse pour creuser leur humanité et leur redonner un droit à la beauté. Comme Clementina, Hue prend au pied de la lettre la pensée de Deleuze selon laquelle "il faut délirer le réel" pour trouver la force de continuer à vivre. Un film comme il en sort rarement, à mi-chemin du gothique et du (...) -
dim 15.12.2024
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The Way Back
Août 2015. Le jeune musicien Hussein Rassim arrive à Bruxelles après avoir parcouru des milliers de kilomètres depuis l’Irak. Un an plus tard, il a obtenu sa carte de séjour et décide de refaire son voyage en sens inverse avec sa compagne Juliette Lacroix, musicienne elle aussi. De Bruxelles à Athènes, ce road-movie nous emmène dans le sillon du chemin migratoire d’Hussein et de milliers d’autres migrants. Pendant la projection, Juliette et Hussein joueront en live les parties musicales du film. → Projection suivie d’une discussion avec Maxime Jennes, Dimitri Petrovic, Juliette Lacroix & Hussein Rassim. -
Soirée de soutien Deux Euros Cinquante
Ce soir, on se retrouve pour soutenir Deux Euros Cinquante ! Ce mouvement citoyen s’est donné pour mission de permettre l’accès à la nourriture aux personnes exclues de nos systèmes de protection sociale. Depuis sa création en 2017, Deux Euros Cinquante a distribué plus de 150.000 repas aux réfugiés de Belgique grâce aux dons de ses milliers de membres. Le ticket d’entrée de cette soirée, qui sera reversé à l’association, donne accès à la projection à 18h et au concert à 20h30. Entre les deux, on pourra partager une table d’hôtes yéménite préparée par l’équipe de La Casa Tamam, un hébergement collectif bruxellois où Deux Euros Cinquante distribue régulièrement ses repas. -
Hussein Rassim & Juliette Lacroix
Hussein a appris le oud en jouant de la musique traditionnelle irakienne. Juliette s’est formée au violoncelle en France. Lors de leur rencontre à Bruxelles, leur seul langage commun était la musique. Des années plus tard, le duo ne cesse d’en jouer, mélangeant les inspirations d’Orient et d’Occident. -
jeu 19.12.2024
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Les oubliés de la belle étoile
Dédé, Michel et Daniel sont tous les trois passés par le centre de "redressement" La Belle Étoile. Au cœur des montagnes de Savoie, cet établissement tenu par un Abbé, a vu bon nombre d’orphelins ou d’enfants de la DDAS défiler entre ses murs des années 1950 à 1970. Comme beaucoup d’autres enfants, Dédé, Michel et Daniel y ont été battus, humiliés, affamés, détruits… Soixante ans plus tard, c’est dans ces mêmes montagnes qu’ils se réunissent pour trouver la force de briser le silence. Malgré les récits glaçants, une très grande douceur émane de ce film où le fait d’être ensemble, de mettre des mots sur leurs histoires, de partager un repas ou une baignade apporte de la joie et du réconfort. Avec le regard complice de la réalisatrice Clémence Davigo, ils vont tenter, avec d’autres, de confronter l’Église catholique à sa responsabilité. -
ven 20.12.2024
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The Soiled Doves of Tijuana
Yolanda, Clementina et Mimosa, prostituées et toxicos, errent dans les entrailles de Tijuana. Un enfer à ciel ouvert : c’est bien avec ces mots qu’on pourrait décrire le quotidien de ces âmes égarées. Et pourtant, il est peu probable que le spectateur ressorte de la salle avec cette seule impression, la raison tenant principalement dans le geste cinématographique de Jean-Charles Hue. En effet, son ambition ne réside pas uniquement dans la simple retranscription de la réalité de ces femmes mais aussi dans la récupération de leurs confessions et de leur traduction plastique. Par l’entremise du montage, de la surexposition ou encore de la mise au point, le cinéaste n’hésite pas à virer dans l’abstraction pour donner à voir les tourments ou la quête de lumière de ces madones clochardisées. En collant au plus près de leur corps, il dépasse l’image de la seule détresse pour creuser leur humanité et leur redonner un droit à la beauté. Comme Clementina, Hue prend au pied de la lettre la pensée de Deleuze selon laquelle "il faut délirer le réel" pour trouver la force de continuer à vivre. Un film comme il en sort rarement, à mi-chemin du gothique et du (...) -
Christmas Evil
C’est le film de Noël préféré de John Waters ! Depuis qu’on le sait, la "hype" de l’unique film de Lewis Jackson a forcément gonflé. Quoique à revoir ce petit bijou bizarre, on le comprend aisément. "Christmas Evil" est porté par de vrais gueules, à commencer celle du personnage principal joué par Brandon Maggart (le père de Fiona Apple). Ça commence avec une scène de trauma d’enfance liée au Père Noël, tel un slasher (le film date de 1980, les débuts industriels du genre), pour basculer dans l’absurde (la chaîne de l’usine de jouets), ou emprunter des détours frankensteiniens (le méchant poursuivi par une foule avec des torches), ainsi de suite jusqu’à son final délirant. La critique d’une fête populaire transformée en prétexte marchand, la solitude et l’isolement dans les sociétés modernes, sont traités au cours de changements de ton, de personnages secondaires outrés, d’enchainements de scènes étonnantes qui provoquent rires et malaises. Un peu comme dans un film de John Waters ? Pas tout a fait, mais on voit bien ce qui lui plaît là dedans… -
sam 21.12.2024
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Mexico Trips
Bien qu’ils ne se déroulent pas à Tijuana, les deux premiers courts-métrages n’en sont pas moins matriciels de l’œuvre tijuanaise à venir, "Emilio" pouvant être avant tout perçu comme une transmission d’une croyance, tandis que "Pitbull Carnaval", premier essai réalisé au Mexique, révèle à la fois ce mélange de tendresse et de cruauté cher au cinéaste ainsi qu’une "normalité de l’animalité" qui le fera tomber amoureux de ce pays. "Tijuana jarretelle", lui, fait se rencontrer abstraction érotique et conte sur l’antéchrist alors que "Topo y Wera" nous plonge dans la sublime mais tragique histoire d’amour entre deux déportés mexicain tentant de survivre grâce au vol à la tire et aux machines à sous.• Emilio• Pitbull Carnaval• Tijuana jarretelle, le diable• ... -
Carne Viva
Premier long-métrage de Jean-Charles Hue au Mexique et plus précisément à Tijuana, "Carne Viva" s’apparente avant tout à une tentative de brosser des vies, connectées entre elles par un étrange couteau qu’il glisse à chacun de ces personnages. Dans le quartier, on raconte que ce couteau, dont le manche a été sculpté dans l’os d’un chien, servait à sacrifier des chiens lors de messes noires. Le guérisseur affirme qu’il ignore si cet outil "magique" a des vertus bénéfiques ou maléfiques. Et c’est justement ce flou qui est entretenu tout au long du récit, cet objet tranchant étant tout à la fois capable d’exorciser les pensées étranges d’Yvòn, sauver Angel d’une agression sexuelle que de servir les desseins politiques du maire de la ville. Néanmoins, bien que la mort rôde en permanence, Hue parsème son film de moments d’absolu montrant avant tout des personnes désirant plus que tout vivre, à l’image de ce personnage inoubliable et incandescent de Dave. -
dim 22.12.2024
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Mange tes morts
Jason, un gamin de 18 ans né de l’union entre un père yéniche et une mère gadjo, attend le retour de son frère Fred qui a pris 15 ans de prison. À peine vient-il de rentrer dans sa famille que Fred propose à Jason et Mickaël, le dernier frère, de se mettre à la recherche d’une cargaison de cuivres. Plus sombre que son prédécesseur, "Mange tes morts" s’en démarque aussi par le fait que Fred ressurgit, par la grâce du montage, comme un ange. Réalisme et miracle se télescopent et l’opposition entre mauvaise et bonne vie n’a plus lieu d’être. Plutôt absent de "la BM", le cinéaste injecte également dans une virée à plus de 300 km/h menacée par le mauvais œil un comique de situation où la merde et les anecdotes sexuelles occupent une place de choix. Constamment entre le poétique et le grossier, le profane et le sacré, une image puissante résume assez bien le projet de l’alchimiste Hue : le reflet d’une cathédrale dans une flaque d’eau. -
Les oubliés de la belle étoile
Dédé, Michel et Daniel sont tous les trois passés par le centre de "redressement" La Belle Étoile. Au cœur des montagnes de Savoie, cet établissement tenu par un Abbé, a vu bon nombre d’orphelins ou d’enfants de la DDAS défiler entre ses murs des années 1950 à 1970. Comme beaucoup d’autres enfants, Dédé, Michel et Daniel y ont été battus, humiliés, affamés, détruits… Soixante ans plus tard, c’est dans ces mêmes montagnes qu’ils se réunissent pour trouver la force de briser le silence. Malgré les récits glaçants, une très grande douceur émane de ce film où le fait d’être ensemble, de mettre des mots sur leurs histoires, de partager un repas ou une baignade apporte de la joie et du réconfort. Avec le regard complice de la réalisatrice Clémence Davigo, ils vont tenter, avec d’autres, de confronter l’Église catholique à sa responsabilité.