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jeu 12.05.2022
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Microboutiek
La Microboutiek propose de manière régulière une sélection de sa collection de micro-éditions (livres, CD, Vinyles, fanzines, DVD, etc) en vente dans le bar. Stand de diffusion alternatif d’une scène indépendante bruxelloise mais pas que, la Microboutiek est alimentée par son propre public et s’enrichit au gré des événements organisés par le Nova. La collection entière est inventoriée sur le site de la Microboutiek. Dans le cadre de la programmation "Screenshot", nous mettrons en lumière l’ouvrage "Quand le cinéma affronte les flux numériques" fraichement sorti de l’imprimerie. Le 12 juin, la Microboutiek soutiendra également la programmation du week-end consacrée aux violences policières et aux révoltes populaires. Enfin, notre stand se joindra également au festival SNAP en promouvant des œuvres liées au travail du sexe. -
Captures d’écran
Il y a trois ans, à une table du bar du Nova, nous discutions de cette nouvelle envie de programmation. Une fois de plus - ce n’est pas toujours le cas - nous avions le sentiment de défricher une pratique cinématographique peu prise en considération sur la place publique jusque là, sinon au cœur d’universités et de festivals. Nous nous sommes dit qu’il y avait de la place pour lancer un projet éditorial mené par certains d’entre nous. Au même moment, nous programmions un événement pour célébrer les 50 ans d’activités des éditeurs Yellow Now et la rencontre s’est faite ! Contributions extérieures, tables rondes de spécialistes et entrevue peuplent le livre. Aussi, une filmographie, la plus complète possible, accompagne l’ouvrage pour trouver son chemin dans cette pratique particulière. Double bonus, les films disponibles gratuitement et légalement en ligne sont annoncés comme tel ! Le livre est désormais en vente au bar du Nova. -
Séance d’ouverture
Deux ans et demi de recherche pour plus de deux cents films vus ! En ce jeudi 12 mai, la séance d’ouverture s’annonce comme la tentative d’extraire la quintessence de cette masse d’images. À l’inverse des autres compilations, celle-ci ne dispose pas de thème précis sinon celui de l’exploration d’un dispositif étonnant mais des plus pertinents quand il s’agit de témoigner de la vie en ligne. Un condensé de courts incontournables comme “Nunca e noite no mapa”, l’imparable dissection des logiques de cartographie totale selon Google ou “Fragmants”, l’une des mosaïques anti-consuméristes du duo de réalisatrices Neozoon. Cette séance fera aussi la part belle aux partages face caméra d’adolescents avec d’une part "True Colors", un film israélien dont les tutos maquillage camouflent les crevasses de la société israélienne ; d’autre part, "Need Ideas !?!PLZ !!" est un condensé d’appels à l’aide : s’exhiber sur Internet, certes, semble fondamental, mais que montrer sinon son visage ? Regard distant de rencontres en ligne avec "Face à face dans la nuit", expérimentation visuelle à partir d’images de caméras de surveillance avec "Elements" (en 35mm) et enfin (...)+ Need Ideas !?!PLZ !!+ See Forever+ Nunca é noite no mapa+ A Date with an Enfield+ Elements+ Face à face dans la nuit+ True Colors+ Fragmants -
Opening Night with DJ Algo
DJ Algo, c’est vous, nous et les GAFAM qui s’allient pour que nos coeurs de pixels dansent. D’un côté les algorithmes de YouTube tentent de décoder les goûts de la foule. De l’autre, nos algorithmes cuisinés maison : une chanson de départ choisie au hasard dans un chapeau et, pour enchaîner, on clique sur celle que nous propose Internet en s’interdisant de passer deux fois le même artiste. Toutes les demie-heure, c’est le Great Reset : on vide les cookies, et on retire dans le chapeau. Le bar du Nova va vibrer toute la nuit au sons de bizarreries musicales et de tubes mondiaux. -
ven 13.05.2022
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Enquête sur internet
Une légende tenace suggère que, sur Internet, on trouve des réponses à chacune de nos questions. Certains réalisateurs en ont fait leur terrain de création en observant les traces numériques laissées par les enquêteurs ; en jouant eux-mêmes aux inspecteurs en herbe quand ils n’en font pas la source première du dévoilement de faits importants depuis leurs laboratoires numériques. Cette séance dédiée à l’enquête sur Internet démarre avec l’étonnant "Watching the Detectives" de Chris Kennedy. Suite à l’attentat à la bombe du marathon de Boston de 2013, des internautes équipés de bout de ficelles et du programme Paint se lancent dans une chasse à l’homme – arabe de préférence – pour débusquer le ou les poseurs de bombe. Chris Kennedy a kinescopé en 16mm les photos trafiquées et textes échangés sur Reddit. On poursuit avec le travail d’investigation du groupe d’artistes, d’ingénieurs et de militants Forensic Architecture. En traitant une banque d’images par un algorithme de leur création, le groupe est parvenu, avec "The Battle of Ilovaisk", à déjouer les mensonges d’Etat russes lors de la première étape, en 2014, de la guerre dans l’est de l’Ukraine. (...)+ Watching the Detectives+ The Battle of Ilovaisk+ Internet Story+ Michaelsoft Binbows Isn’t What You Think It Is -
Coming Out
Denis Parrot rassemble des vidéos de Coming Out, trouvées sur Internet, où des gens se filment en train d’annoncer leur homosexualité ou leur transexualité. Ils s’affirment devant leurs proches, leur famille, ou simplement pour un potentiel spectateur, comme un message envoyé sur le réseau sans véritable destinataire apparent. De prime abord, toutes les vidéos relèvent de la sphère privée, mais le montage de Denis Parrot révèle le sens de leur mise en ligne : elles ne sont pas des aveux adressés aux parents mais des affirmations lancées pour les autres, ceux qui ont honte, ceux qui ont peur. A partir des spécificités de chacun, le film fabrique une communauté politique et protectrice.+ Testaments Chapter 1-3 -
Spree
Kurt est un perdant du monde numérique : chauffeur VTC sur l’application Spree, il enchaîne les vidéos et story qui atteignent difficilement la dizaine de vues. Pour enfin augmenter son audience, il prépare une soirée spéciale : filmé dans sa voiture par plusieurs caméras diffusées en direct sur Internet, Kurt assassine tous ses passagers les uns après les autres. Nous sommes témoins de sa folie meurtrière comme un internaute spectateur du live, avec interface et commentaires. Eugene Kotlyarenko avait commencé sa carrière par deux films en capture d’écran ("0’s &1’s" et "Skydiver") : après des films plus classiques, il revient aux images d’Internet pour une fiction gore et moqueuse, critique de l’usage des réseaux, et fortement inspirée d’Elliot Rodger, considéré comme le premier meurtrier de la mouvance incel, Célibataires Involontaires.+ Women on Tik Tok -
sam 14.05.2022
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Il n’y aura plus de nuit
Les images qui prêtent leurs formes à ce film n’ont pas été filmées par la cinéaste elle-même, mais par des caméras thermiques depuis des hélicoptères militaires. La technologie dite “thermique” n’enlève rien à la froideur des images, dans lesquelles des humains sont abattus de sang-froid par des soldats les survolant depuis leurs hélicoptères. Les voix des soldats commentent en direct ces images, mais celles-ci, au lieu d’apporter un peu de chaleur humaine, sont aussi distantes par rapport à leurs actes que la distance physique qui les sépare du sol. De leur point de vue, que l’on est amené à partager, c’est comme s’il agissait d’un simple jeu vidéo. La caméra thermique de l’hélicoptère est dirigée par les mouvements de tête du soldat-pilote, et le viseur du canon-mitrailleur s’aligne à l’objectif de celle-ci. Celui qui voit est donc celui qui tue. De quoi interroger quand on apprend qu’il est difficile pour ces soldats de distinguer, à travers leurs caméras thermiques, un paysan qui porte un râteau sur l’épaule d’un combattant avec une kalachnikov. Pour ponctuer ces moments pleins de dureté, Éléonore Weber rapporte le témoignage de Pierre V., un (...)+ A Death in Mali : Requiem for Empire -
Monkey, Ostrich and Grave
2014, ville de Lugansk. Au coeur de la guerre civile de l’est de l’Ukraine, Gennady Gorin partage sur YouTube ses bons plans bouffe, son amour de la cassette audio du petit prince de Saint Exupéry et sa rencontre avec deux extra-terrestres. Face à sa webcam , il nous assure que depuis cette rencontre, il maîtrise le feu, peut l’attiser et il tient à nous le montrer. Dehors, les hommes tombent sous les balles aux arrêts de bus et l’écran de cinéma vomit le sang de ces corps éteints. Après "No Place for Fools" que nous avions programmé en 2016 lors des échos du festival documentaire tchèque de Ji.hlava, Oleg Mavromatti soumet une nouvelle épreuve cinématographique. Ce portrait par webcam interposée d’un homme martyrisé par la guerre est une charge aussi puissante que viscérale contre les atrocités subies par les riverains de conflits qui ne les concernent pas.+ Forever Bro -
dim 15.05.2022
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Thomas est amoureux
Thomas est agoraphobe et ne sort plus de chez lui depuis 8 ans. L’écran de son ordinateur est devenu son unique moyen de communication avec l’extérieur. Il a confié la gestion de sa vie à la Globale, une société d’assurances qui veille sur son confort matériel et psychologique.Mais Thomas se sent plus seul que jamais depuis que sa partenaire virtuelle, Clara, ne lui suffit plus. Son assureur lui propose les services d’une prostituée pour handicapés et son psychologue l’inscrit de force sur un club de rencontre virtuel. Entièrement en caméra subjective ce film Belge brillamment kitch est historiquement la première fiction de ce genre. Tombé aujourd’hui dans l’oubli, ce film ovni va réapparaitre sur l’écran du Nova, 21 ans après son Grand Prix au Festival International du Film Fantastique de Gérardmer.+ Pix -
Present. Perfect.
En Chine, 2016 marque l’essor des livestreams avec plus de 400 millions d’usagers. En 2017, l’état central met en application une loi pour endiguer ce phénomène joyeusement incontrôlable. C’est qu’à travers ces micros chaînes de télévision, on revendique le droit d’exister et surtout, depuis les quatre coins du pays, des paroles rares s’élèvent animés du désir simple de s’exhiber et de vivre. À l’image de bon nombre des films de capture d’écrans, la réalisatrice s’est intéressée aux streamers de l’ombre, celles et ceux qui, bien que bénéficiant d’une poignée seulement de suiveurs, révèlent des pans invisibles de la vie sociale sur place. Une ouvrière textile discute de ses conditions de travail et de sa vie de jeune femme en passant des culottes à la chaîne, un danseur désynchronisé avec la musique se déhanche dans les rues les plus anonymes ou encore, par exemple, un homme nain aux membres atrophiés raconte son quotidien fait de mendicité, d’une grande maîtrise du cadre et d’une absence totale de misérabilisme. Plongée rare dans les entrailles de la Chine, "Present. Perfect." a gagné le grand prix du festival international du film de Rotterdam (IFFR) en 2019.+ Artist Looking at Camera -
jeu 19.05.2022
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Big in China, Georges and the Vision Machines
2019, Georges est rentré en France. Ses dernières années, il les a passées en Chine dans la désormais fameuse province de Wuhan. Il y enseignait l’anglais, y vivaient de petits boulots taillés sur mesure pour les blancs et, surtout, chaque jour, il alimentait sa chaîne YouTube de vidéos comme un journal intime partagé avec celles et ceux qui ont trouvé leur chemin jusqu’à la chaîne Georges Non Stop. Au début, c’est blagues potaches et conseils consommation. Pourtant, l’amour flou s’étiole et alors qu’il se croyait héritier de l’indépassable pensée des lumières et de l’universalité de ses valeurs, Georges déchante après plusieurs années passées en Chine. Entre réflexes paranoïaques et racisme mutuel, sa situation dégringole à la défaveur d’un désamour d’Etat pour le contenu de ses vidéos. Pendant deux ans, Dominic Gagnon aura ingurgité les plus de deux mille vidéos publiées par Georges pour concevoir ce portrait détonnant d’une personnalité qui, par delà sa confusion manifeste, sera le témoin involontaire de l’extension du domaine du contrôle de tout un chacun par les technologies numériques. Et tandis que Georges narre ses déboires, on se surprend à (...)+ Love Goes Through the Stomach -
Big Kiss Goodnight
2012, Joe Talk 100 est un homme en colère. À bord de sa voiture et face à sa caméra embarquée sur son pare-brise, il nous fait part de ses rages fondamentales contre “la cupidité des spéculateurs qui ne foutent rien” ou, par exemple, contre “ce putain d’Islam”. Encore, même si les jolies filles sont “pretty pretty pretty”, tout fout le camp à cause du gouvernement qui est coupable de la mort de millions d’enfants. Bref, Joe hurle. Pour son troisième film en Saved Footage, Dominic Gagnon conçoit son premier portrait en suivant une seule et unique chaîne YouTube. "Big Kiss Goodnight" est une nouvelle variation sur le thème des complotistes confus de droite dont il a synthétisé la parole dans ses deux premiers films de Saved Footage "RIP" et "Pieces of Love All to Hell". Le format coup de poing de l’heure de gueulante de Joe finit par laisser un étrange goût de familiarité avec le vociférant. Un drôle d’exercice de style qui annonce "Big in China. Georges and the Vision Machine".+ Call of the Wild -
ven 20.05.2022
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RIP in Pieces America
2008, des vidéastes amateurs partagent leurs bons plans pour faire face à la faillite à venir de l’état américain. Ils sont armés, adeptes du rationnement militaire et, surtout, ils nous annoncent tous qu’il détiennent (ou sont ?) la vérité. Visages masqués, voix trafiquées ou totalement à découvert, tous parlent du grand Autre à l’origine des dérives de notre époque : les Illuminatis, le nouvel ordre mondial ou encore l’asservissement par les médias. En bref, de la bouche de ces hommes s’exprime une paranoïa des plus communes qui se dissimulaient à l’époque dans les angles morts d’Internet. En effectuant un bout à bout de ces hommes face caméra, Dominic Gagnon rend visible la mise à jour d’une pensée issue des tréfonds de la psyché nord-américaine. Dix ans plus tard, le Trumpisme triomphait. " Soyez prévenus. Il y aura beaucoup de monde comme eux. " nous avertissait pourtant un homme dissimulé derrière ses lunettes noires.+ Buck Fever -
Hoax_Canular
2012, c’est la fin du monde. Dix ans plus tard, on est bien en peine d’apporter un quelconque crédit à cette assertion. Mais souvenez-vous de cette prophétie à vertu auto-réalisatrice : si le calendrier Maya qui était d’une dramatique précision, s’interrompt en 2012 de notre ère, ce ne peut être sans raison. Les adolescents y croyaient-ils ? Nulle ne le sait mais n’y a t-il pas de plus beau jeu que celui de se faire peur ? Alors oui, en 2012, des prêcheurs de l’apocalypse plus ou moins convaincus pullulaient sur les plateformes de partage vidéo. La catégorie d’âge est un cran en dessous de celle des survivalistes de “RIP” mais entre harangues, contre-vérités et armes brandies, on perçoit une filiation. Exercices physiques, souhaits pour les derniers jours avant la fin des temps et techniques de survie s’enchaînent face aux incontournable webcams de ces adolescents qui, dans le dos de leurs parents, jouent à la fin du monde. Puis, soyons de bons comptes, si l’adolescence meurt, autant que l’univers entier crève avec.+ Black to Back -
sam 21.05.2022
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Data
2005, Dominic Gagnon, sans le sou, accepte le premier travail qui se présente à lui. Il se surnomme désormais Bob le bricoleur et lance le collectif " au travail/at work ". Le projet est de faire de son lieu de travail un lieu d’expérimentation, de jeu et de résidence artistique. Le collectif accueille 200 personnes en 2010. "DATA" en est le manifeste. Des images de détournement de machines d’usine se succèdent aux interviews face caméra de témoignage. On y découvre, par exemple, le récit d’un livreur d’œuvres d’art qui, en chemin, les sortait de leurs emballages de cristal pour en immortaliser la présence sur des aires d’autoroute. Donne un outil à un homme et il jouera avec. Ce slogan condense l’un des aspects de ce film-manifeste qui en appelle aux ouvriers et employés à se jouer de leurs machines-usines et autres bureaux ouverts non pour se sentir bien mais pour dire merde, survivre et partager ces moments de joie et de détournement avec le monde.+ Parking Lot -
Going South
2015, Dominic Gagnon démarre une cartographie mentale toute personnelle avec "of the North". Pour la première fois, son film quitte les face caméra et se déploie dans des extérieures et des mises en scène amateurs plus fines. Objectif nord quoiqu’en y regardant de plus près, c’est autant en Artique (pôle nord) qu’en Antarctique (pôle sud) que son film nous emmène. C’est dans les tropiques que se loge son idée du sud. Le soleil, la détente mais aussi les tempêtes et le jeu. Going South, se dit dans le langage populaire d’une situation qui se détériore, qui perd le nord. Ce film kaléidoscopique alterne une série de portraits dont une mamie qui partage ses sessions d’un jeux vidéo paléolithique en ligne ou un homme qui nous parle de la théorie de la Terre plate avec des séquences de fêtes, de lourdes gueules de bois et de catastrophes. Un voyage au cœur des tropiques pour une expérience qui secoue, bref, le Sud !+ Several Interruptions -
Tomber vers le haut
2022, les prouesses technologiques de nos appareils numériques ne cessent de créer de nouvelles images amateurs impensables il y a une paire d’années seulement. Images de parachutistes équipés de Go Pro ou globes inattendus résultant de la mise à plat d’imagerie en 360° font intégralement partie de la matière du film en cours de réalisation de Gagnon où confinement et éclate aérienne se percutent. La version de dix minutes nous a réjouie ; nous avons hâte de découvrir la nouvelle en votre compagnie !+ One Minute to Zero -
Saved Night Party
2022 toujours, au bar, c’est la fête ! Curieux de voir le résultat de la captation d’images en 16mm pour le film "One Minute to Zero", nous avons demandé à Olivier Dutel d’embarquer les bobines avec lui. Elles seront là ! et, mieux, nous prolongerons l’esprit des Free Party du film avec des projection de boucles 16mm et un DJ set de Room Nocte, missionnaire du textured beat. Les lumières n’en finiront pas de nous éclater la rétine pour une nuit de camions néons et de flashs au son les plus pétant au coeur du bar du Nova. -
dim 22.05.2022
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Parning
Lina Mannheimer décide de faire un documentaire sur des vingtenaires, mais se fixe une règle : elle ne les rencontrera jamais. Elle aura accès à leurs réseaux sociaux, les interrogera par appel vidéo et récupérera les images qu’ils voudront bien filmer. Par un heureux hasard, deux jeunes se rencontrent, et le désir naît : le film passe de l’étude sociologique à l’histoire d’amour. Rarement l’intimité n’a été filmée avec une telle simplicité : issu d’une génération habituée à se mettre en scène et se documenter, le couple, à la fois filmeur et filmé, intègre la caméra dans leur marivaudage. Leur histoire emmène le film entre comédie romantique et chronique réaliste, dans cet entre-deux dont les aventures sont faites. Dans "Parning" (“s’accoupler”, en français), les envies vont et viennent, la complicité n’implique pas de se mettre en couple et l’amitié n’est pas un échec.+ I’m Not the Only One -
Havarie
En pleine mer Méditerranée, proche des côtes espagnoles, un rafiot usé est repéré par un paquebot de croisière. Les touristes entassés sur le pont observe de loin ce petit point qui se rapproche, un homme filme la scène. "Havarie" arrête le temps par le biais de cette vidéo de quelques minutes qui est ralentie à l’extrême pour atteindre les 93 minutes qu’il a fallut pour l’opération de sauvetage. Le temps de la prise de vue finit par rejoindre celui de l’observation réelle. Si nous somme hypnotisés par la lenteur du défilement des images nous sommes aussi submergés par les histoires qui composent un paysage sonore riche d’accents et de langues diverses. Des femmes et des hommes partagent leurs souvenirs et déplient le passé, le présent et l’avenir sans que l’on quitte des yeux ce radeau à la dérive. Des confessions d’amour, de guerre, d’exil, comme un éternel début qui éclaire l’Histoire. Un film d’une actualité et d’une force absolue, sur les destins de celles et ceux qui se croisent en Méditerranée.+ Les Antilopes -
Monkey, Ostrich and Grave
2014, ville de Lugansk. Au coeur de la guerre civile de l’est de l’Ukraine, Gennady Gorin partage sur YouTube ses bons plans bouffe, son amour de la cassette audio du petit prince de Saint Exupéry et sa rencontre avec deux extra-terrestres. Face à sa webcam , il nous assure que depuis cette rencontre, il maîtrise le feu, peut l’attiser et il tient à nous le montrer. Dehors, les hommes tombent sous les balles aux arrêts de bus et l’écran de cinéma vomit le sang de ces corps éteints. Après "No Place for Fools" que nous avions programmé en 2016 lors des échos du festival documentaire tchèque de Ji.hlava, Oleg Mavromatti soumet une nouvelle épreuve cinématographique. Ce portrait par webcam interposée d’un homme martyrisé par la guerre est une charge aussi puissante que viscérale contre les atrocités subies par les riverains de conflits qui ne les concernent pas.+ Forever Bro -
jeu 26.05.2022
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Des portes et des déserts
“Des portes et des déserts” est un documentaire qui raconte le voyage des migrants. Mais le film prend une forme poétique : s’il raconte la migration, c’est par les sensations qu’elle provoque, la peur, la foule et l’obscurité. Le film est aussi un récit mythique : plus qu’un voyage en particulier, il raconte l’Odyssée, que ce soit celle d’Ulysse, celle d’un peuple dans le désert, celle des hommes et femmes qui traversent la méditerranée. Loredana Bianconi retravaille des vidéos trouvées, décale notre regard vers des tableaux, filme des matières. Les images du film laissent un goût d’abstrait, mais restent toujours identifiables : de l’eau, trop d’eau, des grilles et barbelés, trop de grillages. Au son, des vagues de matières, elles aussi pures textures qui évoquent et invoquent ce que nous connaissons. “Des portes et des déserts” est un poème autant visuel et sonore que textuel : sur l’écran s’inscrit un texte en prose, phrase après phrase. Le film est construit en chapitre, chacun reprenant une étape du voyage, du départ aux interrogatoires. Mais la poésie casse la chronologie et fait sentir ce qui demeure impossible à montrer.+ The Migrating Image -
Big in China, Georges and the Vision Machines
2019, Georges est rentré en France. Ses dernières années, il les a passées en Chine dans la désormais fameuse province de Wuhan. Il y enseignait l’anglais, y vivaient de petits boulots taillés sur mesure pour les blancs et, surtout, chaque jour, il alimentait sa chaîne YouTube de vidéos comme un journal intime partagé avec celles et ceux qui ont trouvé leur chemin jusqu’à la chaîne Georges Non Stop. Au début, c’est blagues potaches et conseils consommation. Pourtant, l’amour flou s’étiole et alors qu’il se croyait héritier de l’indépassable pensée des lumières et de l’universalité de ses valeurs, Georges déchante après plusieurs années passées en Chine. Entre réflexes paranoïaques et racisme mutuel, sa situation dégringole à la défaveur d’un désamour d’Etat pour le contenu de ses vidéos. Pendant deux ans, Dominic Gagnon aura ingurgité les plus de deux mille vidéos publiées par Georges pour concevoir ce portrait détonnant d’une personnalité qui, par delà sa confusion manifeste, sera le témoin involontaire de l’extension du domaine du contrôle de tout un chacun par les technologies numériques. Et tandis que Georges narre ses déboires, on se surprend à (...)+ Love Goes Through the Stomach -
ven 27.05.2022
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Coming Out
Denis Parrot rassemble des vidéos de Coming Out, trouvées sur Internet, où des gens se filment en train d’annoncer leur homosexualité ou leur transexualité. Ils s’affirment devant leurs proches, leur famille, ou simplement pour un potentiel spectateur, comme un message envoyé sur le réseau sans véritable destinataire apparent. De prime abord, toutes les vidéos relèvent de la sphère privée, mais le montage de Denis Parrot révèle le sens de leur mise en ligne : elles ne sont pas des aveux adressés aux parents mais des affirmations lancées pour les autres, ceux qui ont honte, ceux qui ont peur. A partir des spécificités de chacun, le film fabrique une communauté politique et protectrice.+ Testaments Chapter 1-3 -
A Self-induced Hallucination
En 2009, à l’occasion d’un concours Photoshop autour du paranormal, Eric Knudsen invente Slender Man : un homme en costume noir, anormalement grand et fin, au visage blanc et vide, qui hante de vieilles photos d’enfants. Entre le croque-mitaine, la Mort et le pédophile, cette figure devient en quelques années le plus populaire des mème horrifiques. Comme un mythe collaboratif, le Slender Man est au centre de fanfiction, de plusieurs web-série, de jeux vidéos et d’un film hollywoodien. Il envahit le réel : en 2014, deux enfants poignardent une amie en son nom. Pour retracer l’histoire du monstre, le documentaire de Jane Schoenbrun adopte la forme qui a vu naître et grandir le Slender : un collage de sources diverses, toutes issues d’Internet.+ Transformers the Premake -
sam 28.05.2022
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52 Films Project
James Benning est principalement connu pour ses landscape films (ou films paysages), qui sont pour la plupart faits de successions de plans fixes à travers le temps, soit en un même lieu, soit en plusieurs lieux où le sujet est similaire. Cela donne des films méditatifs très beaux, aux titres souvent annonciateurs du nombre de plans qui les composent (“Ten Skies”, “13 Lakes”). Pour ces films-là, qu’il s’acharne à faire depuis plus de 40 ans, Benning utilise des images qui sont le fruit de sa propre composition, et c’est justement pourquoi nous n’en programmons pas ici. En revanche, depuis 2011 et sa “YouTube Trilogy”, Benning a emprunté un autre chemin pour faire ses films, un chemin qui nous intéresse ici tout particulièrement, celui d’Internet. Benning s’est rendu compte que sa caméra ne lui était plus essentielle, et qu’il pouvait faire tout ce qu’il voulait en s’appropriant des images du net. Très rapidement, il est devenu accro à cette pratique et s’est retrouvé à faire un film par semaine (d’où le titre de ce film fleuve). Après avoir découvert cette nouvelle manière de faire du cinéma, dont il est loin d’être un des précurseurs, Benning (...) -
dim 29.05.2022
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Sex Work Shorts
En partenariat avec le Berlin Porn Film Festival et le Bruxelles Porn Film Festival. Sélection de 6 courts-métrages dressant des portraits engagés de travailleurs.ses du sexe, exposant tour à tour leur analyse féministe et queer de leur activité, la fabrique des images pornographiques ou les dessous de leurs rapports aux clients.+ All of Me+ Vaginette Club+ A Cyborg Manifesto+ Rated X+ Hello Sir+ Les Collègues -
Microboutiek
La Microboutiek propose de manière régulière une sélection de sa collection de micro-éditions (livres, CD, Vinyles, fanzines, DVD, etc) en vente dans le bar. Stand de diffusion alternatif d’une scène indépendante bruxelloise mais pas que, la Microboutiek est alimentée par son propre public et s’enrichit au gré des événements organisés par le Nova. La collection entière est inventoriée sur le site de la Microboutiek. Dans le cadre de la programmation "Screenshot", nous mettrons en lumière l’ouvrage "Quand le cinéma affronte les flux numériques" fraichement sorti de l’imprimerie. Le 12 juin, la Microboutiek soutiendra également la programmation du week-end consacrée aux violences policières et aux révoltes populaires. Enfin, notre stand se joindra également au festival SNAP en promouvant des œuvres liées au travail du sexe. -
Représentations des travailleursses du sexe au cinéma
Comment analyser les représentations des travailleuses et travailleurs du sexe dans les films ? A travers les genres, les regards ou les contextes politiques, l’image de la prostituée revient perpétuellement dans les œuvres de fiction et de plus en plus dans les documentaires. Ce personnage, mis en opposition à l’épouse, symbolise tantôt une sexualité libérée, voire dangereuse, tantôt une personne vulnérable et dépendante. Le cinéma a transmis au public de nombreuses représentations, souvent malhonnêtes, qui marquent les imaginaires et finissent par influencer la politique. Sam Cockeye développe une émission tournée en stop motion traitant de cinéma et de sciences sociales sur la chaîne youtube Vidéodrome, décortique la façon dont se fabriquent ces constructions cinématographiques. -
Celluloid Bordello
Depuis l’aube du cinéma, les travailleurs du sexe ont servi de muses aux cinéastes et ont été des éléments essentiels du grand écran. Cependant, iels sont systématiquement utilisés comme caricatures, mis.es dans des situations où iels sont brutalisé.es, tué.es, parfois sauvé.es et presque toujours représenté.es comme s’il n’y avait pas de personnes concernées dans le public. Équilibrant aperçu historique, critiques et hommages, Celluloid Bordello donne la parole à de vraies dominateurs.ices, escortes, stars du porno, qui expliquent leurs rapports aux films, et de quelle façon la perpétuation des stéréotypes dans les médias affecte leur vie. -
jeu 02.06.2022
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Les Travailleurs cachés
Drôle et fantaisiste, De Schaduwwerkers est une fable existentielle, l’hisoire d’une jeune fille qui cherche à échapper au travail et à l’horizon morne d’une vie entièrement normée. Raconté par un pigeon qui ne vole pas, il s’avère aussi un vrai documentaire sur les pigeons et déploie toute une galerie de personnages inattendus, doucement décalés, que leur passion pour l’oiseau anime. A travers eux, le désir se communique et l’espace se creuse pour se rêver ailleurs. Ce cinéma là, qui se fiche bien de la bienséance des plans léchés, se déborde sans cesse dans ses essais, ses tentatives, ses petits détails qui l’envoie palpiter dans le hors champ où, comme ses personnages et ses oiseaux, il ne cesse de se projeter. Jusqu’à trouver le courage de prendre son envol. -
ven 03.06.2022
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Profile
"Profile" est un Screenlife movie, comme les appelle Timur Bekmambetov. Ce thriller s’inspire d’une histoire vraie : une journaliste utilise Internet pour infiltrer un réseau de recrutement de l’Etat Islamique. D’appels vidéos en messagerie instantanée, nous vivons les échanges entre Amy en Angleterre et Bilel en Syrie depuis l’ordinateur d’Amy. La journaliste se laisse autant séduire par son enquête que par le recruteur, au point de partager un peu trop d’informations. Laissant à d’obscurs réalisateurs la tâche de s’occuper des Screenlife movies pour adolescents, Bekmambetov s’est réservé, avec ce scénario, un film sérieux à réaliser. Il montre ainsi que, derrière l’homme d’affaires, demeure un bon cinéaste.+ Copier-Cloner -
A Self-induced Hallucination
En 2009, à l’occasion d’un concours Photoshop autour du paranormal, Eric Knudsen invente Slender Man : un homme en costume noir, anormalement grand et fin, au visage blanc et vide, qui hante de vieilles photos d’enfants. Entre le croque-mitaine, la Mort et le pédophile, cette figure devient en quelques années le plus populaire des mème horrifiques. Comme un mythe collaboratif, le Slender Man est au centre de fanfiction, de plusieurs web-série, de jeux vidéos et d’un film hollywoodien. Il envahit le réel : en 2014, deux enfants poignardent une amie en son nom. Pour retracer l’histoire du monstre, le documentaire de Jane Schoenbrun adopte la forme qui a vu naître et grandir le Slender : un collage de sources diverses, toutes issues d’Internet.+ Transformers the Premake -
Unfriended
Entre tradité et modernition, voici une séance de minuit connectée : "Unfriended" est un Screenlife movie d’horreur, produit par Bekmambetov. Calibré comme un produit pour les adolescents, c’est le premier franc succès du Box Office pour le genre “capture d’écran". Une bande de jeunes fait face au fantôme d’une élève harcelée qui s’est suicidée : sans surprise, le groupe va se faire méthodiquement décimer. Le scénario est convenu, mais comme toute l’action se déroule en un plan-séquence fixe sur le bureau d’un iMac, Gabriadze est obligé d’être inventif dans la mise en scène. Un fantôme qui se manifeste sous forme de bugs vidéos est sa plus belle trouvaille : il massacre visuellement les visages juvéniles avec un datamoshing que ne renierait pas le cinéma expérimental, avant de les défigurer en vrai.+ Teknoviking 20 years -
sam 04.06.2022
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Il n’y aura plus de nuit
Les images qui prêtent leurs formes à ce film n’ont pas été filmées par la cinéaste elle-même, mais par des caméras thermiques depuis des hélicoptères militaires. La technologie dite “thermique” n’enlève rien à la froideur des images, dans lesquelles des humains sont abattus de sang-froid par des soldats les survolant depuis leurs hélicoptères. Les voix des soldats commentent en direct ces images, mais celles-ci, au lieu d’apporter un peu de chaleur humaine, sont aussi distantes par rapport à leurs actes que la distance physique qui les sépare du sol. De leur point de vue, que l’on est amené à partager, c’est comme s’il agissait d’un simple jeu vidéo. La caméra thermique de l’hélicoptère est dirigée par les mouvements de tête du soldat-pilote, et le viseur du canon-mitrailleur s’aligne à l’objectif de celle-ci. Celui qui voit est donc celui qui tue. De quoi interroger quand on apprend qu’il est difficile pour ces soldats de distinguer, à travers leurs caméras thermiques, un paysan qui porte un râteau sur l’épaule d’un combattant avec une kalachnikov. Pour ponctuer ces moments pleins de dureté, Éléonore Weber rapporte le témoignage de Pierre V., un (...)+ A Death in Mali : Requiem for Empire -
Havarie
En pleine mer Méditerranée, proche des côtes espagnoles, un rafiot usé est repéré par un paquebot de croisière. Les touristes entassés sur le pont observe de loin ce petit point qui se rapproche, un homme filme la scène. "Havarie" arrête le temps par le biais de cette vidéo de quelques minutes qui est ralentie à l’extrême pour atteindre les 93 minutes qu’il a fallut pour l’opération de sauvetage. Le temps de la prise de vue finit par rejoindre celui de l’observation réelle. Si nous somme hypnotisés par la lenteur du défilement des images nous sommes aussi submergés par les histoires qui composent un paysage sonore riche d’accents et de langues diverses. Des femmes et des hommes partagent leurs souvenirs et déplient le passé, le présent et l’avenir sans que l’on quitte des yeux ce radeau à la dérive. Des confessions d’amour, de guerre, d’exil, comme un éternel début qui éclaire l’Histoire. Un film d’une actualité et d’une force absolue, sur les destins de celles et ceux qui se croisent en Méditerranée.+ Les Antilopes -
dim 05.06.2022
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Big in China, Georges and the Vision Machines
2019, Georges est rentré en France. Ses dernières années, il les a passées en Chine dans la désormais fameuse province de Wuhan. Il y enseignait l’anglais, y vivaient de petits boulots taillés sur mesure pour les blancs et, surtout, chaque jour, il alimentait sa chaîne YouTube de vidéos comme un journal intime partagé avec celles et ceux qui ont trouvé leur chemin jusqu’à la chaîne Georges Non Stop. Au début, c’est blagues potaches et conseils consommation. Pourtant, l’amour flou s’étiole et alors qu’il se croyait héritier de l’indépassable pensée des lumières et de l’universalité de ses valeurs, Georges déchante après plusieurs années passées en Chine. Entre réflexes paranoïaques et racisme mutuel, sa situation dégringole à la défaveur d’un désamour d’Etat pour le contenu de ses vidéos. Pendant deux ans, Dominic Gagnon aura ingurgité les plus de deux mille vidéos publiées par Georges pour concevoir ce portrait détonnant d’une personnalité qui, par delà sa confusion manifeste, sera le témoin involontaire de l’extension du domaine du contrôle de tout un chacun par les technologies numériques. Et tandis que Georges narre ses déboires, on se surprend à (...)+ Love Goes Through the Stomach -
The Story of Technoviking
En l’an 2000, Matthias Fritsch réalise "Kneecam#1". Sur cette vidéo qu’il publie en ligne sur son site Internet, on voit un grand homme musclé, torse nu, cheveux longs et barbe fournie. Cet homme rappelle à l’ordre fermement un festivalier saoul, puis se met à danser avec passion. Le plan est étonnant, tellement étonnant que, en 2006, il est repéré par d’autres internautes. La vidéo circule de mail en mail et devient virale : l’homme barbu est nommé “Technoviking” et se transforme en mème. Mais le danseur n’apprécie pas cette soudaine célébrité mondiale, et assigne en justice le filmeur pour avoir diffusé cette séquence sans son accord. Dans ce documentaire, Mathias Fritsch raconte comment ce mème a changé sa vie : il est tout à la fois l’auteur de la vidéo originale et la seule personne au monde à ne pas pouvoir diffuser l’image du Technoviking. Que deviennent droit d’auteur et droit à l’image sur Internet ?+ Unboxing Eden -
Spree
Kurt est un perdant du monde numérique : chauffeur VTC sur l’application Spree, il enchaîne les vidéos et story qui atteignent difficilement la dizaine de vues. Pour enfin augmenter son audience, il prépare une soirée spéciale : filmé dans sa voiture par plusieurs caméras diffusées en direct sur Internet, Kurt assassine tous ses passagers les uns après les autres. Nous sommes témoins de sa folie meurtrière comme un internaute spectateur du live, avec interface et commentaires. Eugene Kotlyarenko avait commencé sa carrière par deux films en capture d’écran ("0’s &1’s" et "Skydiver") : après des films plus classiques, il revient aux images d’Internet pour une fiction gore et moqueuse, critique de l’usage des réseaux, et fortement inspirée d’Elliot Rodger, considéré comme le premier meurtrier de la mouvance incel, Célibataires Involontaires.+ Women on Tik Tok -
jeu 09.06.2022
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Vie et mort d’Oscar Perez
Oscar Perez est un paramilitaire vénézuélien. Il est aussi instructeur de police et surtout, il s’exhibe sur Internet. Clip de sensibilisation, démonstration de force et saut en parachute avec un chien font partie de sa panoplie de séducteur en ligne. Puis un jour, il retourne sa veste et planifie un coup d’état contre le président Nicolas Maduro. Romain Champalaune compile une somme considérable de ses images qui retracent le parcours romanesque d’Oscar Perez jusque dans ses derniers instants.+ A Certain Amount of Clarity+ The Killing of Oscar Perez -
Il n’y aura plus de nuit
Les images qui prêtent leurs formes à ce film n’ont pas été filmées par la cinéaste elle-même, mais par des caméras thermiques depuis des hélicoptères militaires. La technologie dite “thermique” n’enlève rien à la froideur des images, dans lesquelles des humains sont abattus de sang-froid par des soldats les survolant depuis leurs hélicoptères. Les voix des soldats commentent en direct ces images, mais celles-ci, au lieu d’apporter un peu de chaleur humaine, sont aussi distantes par rapport à leurs actes que la distance physique qui les sépare du sol. De leur point de vue, que l’on est amené à partager, c’est comme s’il agissait d’un simple jeu vidéo. La caméra thermique de l’hélicoptère est dirigée par les mouvements de tête du soldat-pilote, et le viseur du canon-mitrailleur s’aligne à l’objectif de celle-ci. Celui qui voit est donc celui qui tue. De quoi interroger quand on apprend qu’il est difficile pour ces soldats de distinguer, à travers leurs caméras thermiques, un paysan qui porte un râteau sur l’épaule d’un combattant avec une kalachnikov. Pour ponctuer ces moments pleins de dureté, Éléonore Weber rapporte le témoignage de Pierre V., un (...)+ A Death in Mali : Requiem for Empire -
ven 10.06.2022
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Tous citoyens, artistes, experts et journalistes
Dans le programme de ce soir, les catégories que la logique capitaliste voudrait séparer se retrouvent mêlées sur les réseaux. Des Palestiniens, qu’ils soient photographes, fixers ou simples habitants, font les images que nous connaissons tous de la guerre ("When Things Occur"). Un collectif oscille entre les prétoires et les galeries d’art en utilisant les images en ligne comme preuve et indice (Cloud studies). Un simple citoyen décortique à l’extrême une image de violence policière et finit témoin au procès ("Frame 394"). Antoine Schirer, motion designer devenu journaliste vidéo, est invité pour nous éclairer sur ces pratiques, et nous présente une vidéo où une application de jogging révèle les adresses des militaires et leur situation sur le terrain (Réseaux sociaux : une faille dans l’armée)+ When Things Occur+ Cloud Studies+ Frame 394+ Gilets jaunes -
Profile
"Profile" est un Screenlife movie, comme les appelle Timur Bekmambetov. Ce thriller s’inspire d’une histoire vraie : une journaliste utilise Internet pour infiltrer un réseau de recrutement de l’Etat Islamique. D’appels vidéos en messagerie instantanée, nous vivons les échanges entre Amy en Angleterre et Bilel en Syrie depuis l’ordinateur d’Amy. La journaliste se laisse autant séduire par son enquête que par le recruteur, au point de partager un peu trop d’informations. Laissant à d’obscurs réalisateurs la tâche de s’occuper des Screenlife movies pour adolescents, Bekmambetov s’est réservé, avec ce scénario, un film sérieux à réaliser. Il montre ainsi que, derrière l’homme d’affaires, demeure un bon cinéaste.+ Copier-Cloner -
sam 11.06.2022
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The Uprising : version déconstruite
Peter Snowdon le dit régulièrement : si il a conçu le film "The Uprising" à partir des images prises par les révoltés des printemps arabes, c’est avant tout pour que les spectateurs regardent ces vidéos dans le rouge du pixel. Pour ce faire, il lui a fallu les articuler et les remettre en scène pour, finalement, assumer une place d’auteur. C’était sans doute inévitable. N’empêche que l’une de ses frustrations est que, systématiquement, lors des projections de ce film considéré par certains comme l’un des chefs d’œuvre du cinéma de capture d’écran, c’est de son processus dont on parle, plutôt que des images elles-mêmes. Au lieu de projeter "The Uprising" pendant ce week-end, Peter Snowdon nous a donc proposé de revenir plutôt aux racines originelles de cette aventure, en projetant et en accompagnant une sélection des vidéos qu’il a découvert en direct en 2011 et dont il nous retracera l’histoire. Parmi elles, des vidéos tournées par des amis à lui, ou des amis d’amis. Les regarder pour ce qu’elles sont sera aussi l’occasion de reconstruire autrement un processus de création. -
Fragments d’une révolution
En 2009, suite à l’élection présidentielle, l’Iran se soulève. C’est le mouvement vert, que certains appellent “Révolution Twitter” tant les réseaux y ont joué un rôle prééminent. La réalisatrice de ce film est iranienne, mais elle habite en France. Elle reçoit depuis Téhéran les traces de la révolte : des vidéos, que ses amis lui envoient par mail, qui sont partagées sur des forums, qui sont postées sur YouTube. Le film retrace les différentes étapes du soulèvement populaire, mais raconte aussi la sensation de vivre cela par procuration, en craignant pour sa famille et pour ceux qui, illégalement, font sortir des images du pays. La réalisatrice ne se contente pas des vidéos reçues, elle filme l’écran de son ordinateur où les fichiers s’entassent ainsi que la France vue depuis sa fenêtre, autre écran, autre reflet. Après "The Uprising" déconstruit, la soirée continue autour des révoltes vécues à distance, et de l’ombre qu’elle projette sur notre quotidien. -
dim 12.06.2022
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Outils de l’enquête
Antoine Schirer est un motion designer devenu réalisateur et journaliste. Il utilise le design, l’imagerie 3D, des timelines et l’analyse d’image et de ses métadonnées pour réaliser des enquêtes audiovisuelles. Il collabore avec Médiapart, le Monde et la BBC. Au cours d’une séance interactive, il nous présentera les outils qu’il utilise en disséquant une de ses vidéos où les images tournées par des smartphones sont la matière de base pour mener une contre-investigation. Il sera accompagné par Émile Costard, réalisateur, qui a travaillé avec lui. -
Microboutiek
La Microboutiek propose de manière régulière une sélection de sa collection de micro-éditions (livres, CD, Vinyles, fanzines, DVD, etc) en vente dans le bar. Stand de diffusion alternatif d’une scène indépendante bruxelloise mais pas que, la Microboutiek est alimentée par son propre public et s’enrichit au gré des événements organisés par le Nova. La collection entière est inventoriée sur le site de la Microboutiek. Dans le cadre de la programmation "Screenshot", nous mettrons en lumière l’ouvrage "Quand le cinéma affronte les flux numériques" fraichement sorti de l’imprimerie. Le 12 juin, la Microboutiek soutiendra également la programmation du week-end consacrée aux violences policières et aux révoltes populaires. Enfin, notre stand se joindra également au festival SNAP en promouvant des œuvres liées au travail du sexe. -
Histoire d’une image de violence policière
Rencontre avec Matteo (militant JOC, possesseur d’un smartphone), Antoine Schirer (réalisateur et journaliste indépendant), Joke Callewaert (avocate) et le comité de soutien Justice pour Lamine Bangoura. Quels impacts une image peut-elle avoir sur le réel ? Pour éclairer cette question, chacun des intervenants reviendra sur son expérience. Ensemble, ils retraceront la vie des images de violence policière, celles filmées aux smartphones, celles des caméras de surveillances, celles des bodycams. De leur prise de vue à leur utilisation dans une procédure judiciaire, en passant par leur diffusion sur les réseaux sociaux et dans les enquêtes journalistiques, chaque étape a ses enjeux, tantôt concret comme le stockage des vidéos, tantôt légal comme le droit de filmer, tantôt sociologique, comme nos biais quand nous regardons une vidéo. A chaque étape ces images sont réinterprétées : c’est une guerre des récits qui se joue à travers elles. -
Le Rond-point de la colère
Au tout début des occupations de rond-point un peu partout en France il y en a sûrement une qui restera dans les anales, et non pas grâce à ce film mais parce que les gens qui l’ont filmé en parlent encore aujourd’hui. Une page de l’histoire des gilets jaunes retracée dans cette chronologie du rond-point d’Aimargues dans le Gard. Appels vidéo, lives Facebook, clips avec images de drone, les voix s’élèvent et appellent à rejoindre le mouvement. Dans la cacophonie organisationnelle des bords confondus, les palettes brûlent et les sommations s’enchaînent.+ Sedated Army Crazy Mirror -
jeu 16.06.2022
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Open Screen
Depuis le début du cinéma Nova, l’Open Screen vous invite à venir montrer librement vos films sur grand écran. Que ce soit votre première œuvre cinématographique ou le fruit de longues années d’expérience, tous les films proposés seront projetés, quels que soient leur genre et format, à la condition de ne pas dépasser 15 minutes. Vingt cinq ans que cette opportunité existe et est accessible gratuitement, pour un public souvent nombreux qu’il ne tient qu’à vous de surprendre ! Alors n’hésitez plus, et envoyez vos films accompagnés d’une fiche technique au moins une semaine à l’avance. -
ven 17.06.2022
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Sand and Blood
"Sand and Blood" propose à des réfugiés irakiens et syriens de regarder des vidéos de leur pays et de les commenter en voix-off. Avec les images pixelisées et les discours des protagonistes, le film retrace l’histoire de la région, depuis la chute de Saddam Hussein jusqu’à l’Etat Islamique, en passant par les manifestations syriennes et la guerre de Bachar el Assad contre son peuple. Fait lui aussi à partir d’images trouvées en ligne, "Sand and Blood" est l’extrême opposé de "The Uprising". Au romantisme de la révolte il oppose les soubassements géopolitiques des manifestations et les lendemains de guerre civile. Au lieu de vidéos utilisées sans contexte, les réfugiés situent chacune des images qu’ils connaissent bien. Loin du tourbillon de la révolte, Matthias Krepp et Angelika Spangel proposent un film net et précis. La soirée fait se regarder deux grands films dans les yeux. -
The Uprising
En 2014, nous projetions "The Uprising" alors qu’il venait d’être primé au festival Ji.hlava, lors d’une séance aux discussions animées. Depuis, cette ode romantique aux Printemps Arabes, pensée autant comme un hommage aux amis de là-bas que comme une incitation à brûler notre ville, est devenue une pierre angulaire du cinéma de révolte et des films de capture d’écran. En 2020, encore, le New-York Times publiait un article sur le film pour le qualifier de "chef-d’œuvre du cinéma Iphone”. Il était impensable de faire cette programmation sans Peter Snowdon. Impensable, aussi, de projeter "The Uprising" tout seul, comme huit ans auparavant. Après sa version déconstruite (voir ci-contre) et accompagné par des films en écho, le film s’offre une séance de rattrapage pour ceux qui l’auraient raté et ceux qui l’ont oublié.+ October -
sam 18.06.2022
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Perchés
Les héros de "Perchés" et de "Rémy" se ressemblent. Dans "Perchés", un homme raconte sa vie aux conducteurs qui le prennent en stop : une dépression l’a mené dans un centre médico-psychologique où il a rencontré d’autres gens perchés. Le film voyage, au sens propre, entre une passion pour les voitures et les oiseaux, comme autant de symboles d’un rapport au monde particulier. Dans "Rémy", le héros s’isole volontairement dans la maison secondaire de ses parents. Lui aussi aspire au calme, parmi les bêtes, mais la dureté du monde, sous forme de dettes, le rattrape. Les deux héros ont l’air de filmer leur quotidien étrange avec humour et captent la bizarrerie de la société qui les a mis dans ce drôle d’état. Mais le générique de fin révèle le piège (attention spoiler) : les images ne sont pas celles de Rémy ni de l’autostoppeur, mais un ensemble de plans trouvées sur Internet. Le syndrome qui hante les personnages est bien plutôt celui du monde que celui d’un jeune homme aisé un peu perdu. Si la détresse qui traverse les films de Lillo peut paraître un peu cliché, c’est justement parce qu’elle est constituée d’une imagerie globale : ses films montrent (...)+ Rémy -
Pôle Nord
Guillaume Lillo vient présenter son premier film, d’ordinaire invisible. Ce court-métrage, réalisé durant ses études, est le laboratoire de la forme qu’il a ensuite développé dans ses deux autres œuvres, présentées plus tôt dans la soirée. Dans Pôle Nord, un garçon raconte sa famille, avec un frère parti en Syrie et une sœur partie sur L’île des quatre vérités, une émission de télé-réalité. Il regarde les images qui hantent les classes populaires françaises, des publicités de voiture aux VHS de l’enfance.+ Fraud -
dim 19.06.2022
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Viva Voz
“J’ai collecté des images et des sons pour mettre en lumière l’audace, l’impact, le poids et la légèreté incomparables des travaux poétiques, vocaux, sonores, musicaux de Margarida.” (Regina Guimarães)+ Portrait audacieux, Margarida Guia+ J’appelais l’écho à mon retour -
La Femme sans nom, l’histoire de Jeanne et Baudelaire
Ce film est devenu une double histoire de fantôme : le fantôme de Jeanne Duval, compagne de Baudelaire dénigrée par le monde de l’art, et le fantôme de Margarida Guia, dont la bande son, composée la dernière année de sa vie, hante littéralement le film. Sa voix — chants, souffle, soupirs, lectures — y est infiniment troublante.+ Fleur de feu -
Viva Dada
Le mouvement Dada est né en 1916 comme révolte iconoclaste face à la boucherie de la Première Guerre mondiale. Pour ce film, Margarida Guia a créé une bande son dans l’esprit des dadaïstes, qui ont pulvérisé les formes, mais aussi le langage.+ Thozée -
jeu 23.06.2022
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Par monts et villages
Une femme italienne, un homme grec, le Borinage, cette petite région du sud de la Belgique, ancien site minier. Ils n’ont pas de langue commune mais ils comprennent qu’ils s’aiment, qu’ils veulent vivre ensemble et avoir des enfants. Par Monts et Villages est une invitation au voyage dans le temps avec comme capitaine Nicolas Antoniadis le grand père de la réalisatrice. De ses 84 ans Nicolas nous propose de le suivre des terrils du Borinage à la mer d’Italie en passant par les montagnes de Grèce. Les paysages se parlent et dessinent une chronique endurante du passé, du présent et du futur de ces trois générations liées par des histoires et des valeurs communes.+ AOC -
Il n’y aura plus de nuit
Les images qui prêtent leurs formes à ce film n’ont pas été filmées par la cinéaste elle-même, mais par des caméras thermiques depuis des hélicoptères militaires. La technologie dite “thermique” n’enlève rien à la froideur des images, dans lesquelles des humains sont abattus de sang-froid par des soldats les survolant depuis leurs hélicoptères. Les voix des soldats commentent en direct ces images, mais celles-ci, au lieu d’apporter un peu de chaleur humaine, sont aussi distantes par rapport à leurs actes que la distance physique qui les sépare du sol. De leur point de vue, que l’on est amené à partager, c’est comme s’il agissait d’un simple jeu vidéo. La caméra thermique de l’hélicoptère est dirigée par les mouvements de tête du soldat-pilote, et le viseur du canon-mitrailleur s’aligne à l’objectif de celle-ci. Celui qui voit est donc celui qui tue. De quoi interroger quand on apprend qu’il est difficile pour ces soldats de distinguer, à travers leurs caméras thermiques, un paysan qui porte un râteau sur l’épaule d’un combattant avec une kalachnikov. Pour ponctuer ces moments pleins de dureté, Éléonore Weber rapporte le témoignage de Pierre V., un (...)+ A Death in Mali : Requiem for Empire -
ven 24.06.2022
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In My Room
La chambre comme lieu d’expression, par son importance, par sa densité narrative ou par la simple raison de son existence, ne devait pas être autre à l’ère de YouTube. "In My Room" nous fait pénétrer dans l’intimité consensuellement dévoilée de 6 adolescents occidentaux. Chaque récit unique et particulier, est relié aux autres par deux données : l’adolescence et la chambre. Que ce soit pour raconter sa transition de genre et de sexe, pour parler des injonctions à la beauté ou à l’appartenance normé de genre, ces adolescents racontent maquillage, musique, harcèlement, amour ou grossesse à partir de cet endroit de leur personne dans le temps et dans l’espace de leur chambre. Rendant visible et accessible un récit qui permet l’interaction du fait d’être partagé sur une plateforme en ligne.+ My Immortal Singers+ True Colors -
Parning
Lina Mannheimer décide de faire un documentaire sur des vingtenaires, mais se fixe une règle : elle ne les rencontrera jamais. Elle aura accès à leurs réseaux sociaux, les interrogera par appel vidéo et récupérera les images qu’ils voudront bien filmer. Par un heureux hasard, deux jeunes se rencontrent, et le désir naît : le film passe de l’étude sociologique à l’histoire d’amour. Rarement l’intimité n’a été filmée avec une telle simplicité : issu d’une génération habituée à se mettre en scène et se documenter, le couple, à la fois filmeur et filmé, intègre la caméra dans leur marivaudage. Leur histoire emmène le film entre comédie romantique et chronique réaliste, dans cet entre-deux dont les aventures sont faites. Dans "Parning" (“s’accoupler”, en français), les envies vont et viennent, la complicité n’implique pas de se mettre en couple et l’amitié n’est pas un échec.+ I’m Not the Only One -
sam 25.06.2022
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Comment les chatons mignons vont détruire l’humanité
Ça n’échappe plus à grand monde : loin de l’injonction à utiliser son matériel informatique plutôt que du papier pour préserver l’environnement, l’omniprésence gloutonne d’Internet est un gouffre sans fond en matière de consommation d’électricité. Certains aspects se discutent mais quand, au début de la pandémie, les grandes plateformes de streaming légales interdisent la HD pour cause d’encombrement de la bande passante, on perçoit quelque chose que la notion perverse de cloud - de nuage - interdit d’imaginer. Depuis quelques années, Maxime, novaïste et cinéaste, a pour projet de fabriquer un film sur la matérialité d’Internet avec la matière produite par Internet. C’est l’occasion et, pour la peine, il va très matériellement s’installer dans le bokaal à l’entrée du cinéma pendant les sept semaines de la programmation pour créer son film et, surtout, partager son processus de création avec les spectateurs, les passants et toute personne qui désire échanger avec lui. Le résultat de ce processus de création sera projeté lors de la soirée de clôture le samedi 25 juin. -
Total Neozoon
Les courts-métrages de Neozoon ont rythmé la programmation, disséminés dans les avant-programme durant les deux mois. Souvenez-vous : le duo d’artistes berlinoises moque les pratiques d’Internet en compilant des vidéos aussi bizarres que de l’ASMR sur barquette de poulet, écrasage de gâteau en talons aiguilles, caressage de sac en cuir et unboxing de gros serpents. Voici un moment qui s’adresse à tous ceux qui, assez logiquement, seraient tombés amoureux de leur style en se laissant surprendre au début d’une séance : nous repassons tous les courts de Neozoon projetés depuis deux mois, avec quelques vidéos en bonus. Mis bout-à-bout, il apparaît clairement que leur ton ironique sert un regard acerbe sur notre rapport à la consommation et, plus particulièrement, aux animaux que nous consommons en les caressant, en les chassant, en les mangeant. Pour cette soirée de clôture, allons jusqu’au bout du monde de Neozoon, dans les tréfonds du web et de notre animalité, là où les caniches tètent des blondes et où les adolescents miaulent et coassent.+ My BBY 8L3W+ Buck Fever+ Love Goes Through the Stomach+ Unboxing Eden+ Fragmants+ Shake Shake Shake+ Little Lower than Angels+ Call of the Wild -
Microboutiek
La Microboutiek propose de manière régulière une sélection de sa collection de micro-éditions (livres, CD, Vinyles, fanzines, DVD, etc) en vente dans le bar. Stand de diffusion alternatif d’une scène indépendante bruxelloise mais pas que, la Microboutiek est alimentée par son propre public et s’enrichit au gré des événements organisés par le Nova. La collection entière est inventoriée sur le site de la Microboutiek. Dans le cadre de la programmation "Screenshot", nous mettrons en lumière l’ouvrage "Quand le cinéma affronte les flux numériques" fraichement sorti de l’imprimerie. Le 12 juin, la Microboutiek soutiendra également la programmation du week-end consacrée aux violences policières et aux révoltes populaires. Enfin, notre stand se joindra également au festival SNAP en promouvant des œuvres liées au travail du sexe. -
Séance de clôture
FUUUUUUUCK ! Il y a une raison pour que la dernière soirée s’appelle la R@ge_qu1TTE night : nous voulions mettre le court-métrage qui lui donne son titre à la fin de chaque séance. Il mettra un point final à deux mois de flots de pixels dans un grand cri. STOOOOOOOP ! Tout s’arrête, tout quitte, tout se suspend ce soir. Dans "Six Years of Mondays", un homme diffuse chaque jour le passage du jour depuis sa fenêtre. NOOOOOOOOOOO ! Le mythe d’un Mickey joyeux se termine dans "Lost Episode", avec la légende urbaine d’un cartoon qui pousse au suicide. AAAAAAAAAAAAAARGH ! "Temps mort" pour un échange de bons procédés par téléphones interposés entre Mohamed Bourouissa et un prisonnier. IN DA CLUUUUUUUUB ! "50/50" reconstitue un chœur amateur sur une chanson de 50 Cent. AND I BREAK MY MONITOR ! Gabrielle Stemmer révèle le cauchemar de la condition féminine derrière les vidéos de "Clean with Me". Et partir avec la RAAAAAAGEEEEEE.+ Six Years of Mondays+ Lost Episode+ Temps mort+ Clean with Me (After Dark)+ R@ge_qU1TTE -
R@g3_Qu1TTe NIGHT
MEEEEERRDEEEE. DJ Logistique & Ludique vient foutre le bordel dans les enceintes pendant que Maxime dézingue les images qu’il a chopées à grands coups de filtres VLC. La R@g3 continue et nous termine, brise les pixels et brûle les GoogleCam : l’écran capturé est relâché. Ça va glitcher et guincher jusqu’au bout de la N8 dans le bar déééééé-cccoconn###ecté du Nova. -
dim 26.06.2022
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Il n’y aura plus de nuit
Les images qui prêtent leurs formes à ce film n’ont pas été filmées par la cinéaste elle-même, mais par des caméras thermiques depuis des hélicoptères militaires. La technologie dite “thermique” n’enlève rien à la froideur des images, dans lesquelles des humains sont abattus de sang-froid par des soldats les survolant depuis leurs hélicoptères. Les voix des soldats commentent en direct ces images, mais celles-ci, au lieu d’apporter un peu de chaleur humaine, sont aussi distantes par rapport à leurs actes que la distance physique qui les sépare du sol. De leur point de vue, que l’on est amené à partager, c’est comme s’il agissait d’un simple jeu vidéo. La caméra thermique de l’hélicoptère est dirigée par les mouvements de tête du soldat-pilote, et le viseur du canon-mitrailleur s’aligne à l’objectif de celle-ci. Celui qui voit est donc celui qui tue. De quoi interroger quand on apprend qu’il est difficile pour ces soldats de distinguer, à travers leurs caméras thermiques, un paysan qui porte un râteau sur l’épaule d’un combattant avec une kalachnikov. Pour ponctuer ces moments pleins de dureté, Éléonore Weber rapporte le témoignage de Pierre V., un (...)+ A Death in Mali : Requiem for Empire -
Big in China, Georges and the Vision Machines
2019, Georges est rentré en France. Ses dernières années, il les a passées en Chine dans la désormais fameuse province de Wuhan. Il y enseignait l’anglais, y vivaient de petits boulots taillés sur mesure pour les blancs et, surtout, chaque jour, il alimentait sa chaîne YouTube de vidéos comme un journal intime partagé avec celles et ceux qui ont trouvé leur chemin jusqu’à la chaîne Georges Non Stop. Au début, c’est blagues potaches et conseils consommation. Pourtant, l’amour flou s’étiole et alors qu’il se croyait héritier de l’indépassable pensée des lumières et de l’universalité de ses valeurs, Georges déchante après plusieurs années passées en Chine. Entre réflexes paranoïaques et racisme mutuel, sa situation dégringole à la défaveur d’un désamour d’Etat pour le contenu de ses vidéos. Pendant deux ans, Dominic Gagnon aura ingurgité les plus de deux mille vidéos publiées par Georges pour concevoir ce portrait détonnant d’une personnalité qui, par delà sa confusion manifeste, sera le témoin involontaire de l’extension du domaine du contrôle de tout un chacun par les technologies numériques. Et tandis que Georges narre ses déboires, on se surprend à (...)+ Love Goes Through the Stomach -
Present. Perfect.
En Chine, 2016 marque l’essor des livestreams avec plus de 400 millions d’usagers. En 2017, l’état central met en application une loi pour endiguer ce phénomène joyeusement incontrôlable. C’est qu’à travers ces micros chaînes de télévision, on revendique le droit d’exister et surtout, depuis les quatre coins du pays, des paroles rares s’élèvent animés du désir simple de s’exhiber et de vivre. À l’image de bon nombre des films de capture d’écrans, la réalisatrice s’est intéressée aux streamers de l’ombre, celles et ceux qui, bien que bénéficiant d’une poignée seulement de suiveurs, révèlent des pans invisibles de la vie sociale sur place. Une ouvrière textile discute de ses conditions de travail et de sa vie de jeune femme en passant des culottes à la chaîne, un danseur désynchronisé avec la musique se déhanche dans les rues les plus anonymes ou encore, par exemple, un homme nain aux membres atrophiés raconte son quotidien fait de mendicité, d’une grande maîtrise du cadre et d’une absence totale de misérabilisme. Plongée rare dans les entrailles de la Chine, "Present. Perfect." a gagné le grand prix du festival international du film de Rotterdam (IFFR) en 2019.+ Artist Looking at Camera