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jeu 03.12.2020
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A Sea Change
"A Sea Change" nous immerge dans un internat d’Ostende où vivent une centaines de garçons âgés de 6 à 16 ans. L’école IBIS existe depuis 1906, sa vocation première était d’accueillir les orphelins qui avaient perdu leur père en mer. Aujourd’hui, elle offre une formation maritime à des enfants provenant de familles en difficultés. Comment apprend-on à devenir marin-pêcheur ? La mer se lit d’abord sur des cartes, elle se vit ensuite dans des simulateurs aux allures de jeux vidéo, elle s’incarne aussi à travers les récits du journal de bord d’anciens marins, car peu importe l’époque et la technologie, lire la mer est une affaire de sensibilité aux éléments qui la côtoient. Il faut être à l’écoute face à l’immensité. Nina de Vroom impose son regard dans cet univers qui mêle l’obsolète au questionnement écologique. Elle capte subtilement la poétique du devenir de ces gamins profondément liés aux états (changeants) de la mer, un indomptable vent de liberté. Une cinéaste à ne pas perdre de (longue) vue… -
Days of Cannibalism
Pendant quatre ans, Teboho Edkins, filme, au Lesotho (où il a vécu une partie de son enfance), la rencontre entre commerçants chinois et une communauté d’éleveurs de bétail. On y découvre le quotidien de ce bouleversement social, économique et culturel. Il nous emmène au plus profond des existences d’individus qui subissent les effets de la globalisation effrénée, vivant l’aliénation et la perte de repères, qu’ils soient basotho ou chinois. Cette immersion dans une réalité peu connue, et peu filmée, dénonce la transformation de ce territoire montagneux situé à 1000 mètres d’altitude, devenu le terrain d’une rencontre globalisée, où s’écrit aujourd’hui l’histoire entre la Chine et l’Afrique. Par moments, le réalisateur va jusqu’à spéculer sur la réalité de cette rencontre, dans une forme de mise en scène westernisante, montée avec ses propres personnages, entre réalité et fiction , montrant la violence latente qui menace d’exploser... Encore un témoignage des conséquences immédiates d’une structure économique, celle du capitalisme (cannibalisme ?), qui déstabilise les sociétés pourtant si profondément ancrées dans leurs cultures et leurs mythologies. -
ven 04.12.2020
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Black Lives Matter en perspective historique
Pap Ndiaye est professeur d’histoire à Sciences Po (Paris). Ses domaines d’intérêt sont l’histoire et la sociologie des Afro-Américains et des personnes d’ascendance africaine en France. Avec Patrick Lozès, Ndiaye a co-fondé le Comité d’Action pour la Promotion de la Diversité en France. Il est notamment l’auteur de "La condition noire : Essai sur une minorité française" édité chez Calmann-Lévy. Le discours de Ndiaye mettra davantage en évidence les développements locaux récents de ces questions pressantes, en tenant compte de leur lien avec les États-Unis, ainsi que de leurs propres dynamiques contextuelles et trajectoires historiques. -
Onipa
ONIPA ou “humain” en langue Akan, parlée par l’ethnie Ashanti au Ghana, est un duo londonien né d’une collaboration de longue date entre Tom Excell, chef d’orchestre, guitariste et compositeur du combo jazz/afrobeat Nubiyan Twist, et K.O.G, alias Kweku of Ghana, officiant également dans le groupe KOG and the Zongo Brigade. Mêlant rythmes et influences africaines au sens large, souvent entourés d’un groupe sur scène, c’est en duo qu’ils viendront perpétuer la tradition du festival, plate forme des musiques hybrides et d’ouverture à des imaginaires africains tournés vers des futurs stimulants. Cette soirée musicale dans cette période (post ?)covid assurera tout de même une ambiance dystopique de bon aloi. -
sam 05.12.2020
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Matata
Une femme, puis une figure d’ange mi-homme mi-femme, errent dans un univers imaginaire. Ils échappent du passé, traversent le présent, se meuvent au futur. Sans dialogue, doté d’une bande son puissante qui s’inspire des quatre éléments naturels, il nous guide sur la voie possible de la transformation des esprits.• Havemos de Voltar• Afetos de betao -
Ar condicionado
A Luanda, les climatiseurs tombent en panne un à un, avant de tomber, littéralement. Nuisances et dangers, ils sont le symbole d’une ville en décrépitude où dans certains quartiers, les habitants créent une communauté peuplant ces vieux bâtiments où se mêlent vétusté et anticipation dystopique. Matacedo, gardien, concierge, homme à tout faire digne, est chargé par son patron de faire fonctionner cette clim’ à tout prix, sans se soucier de la situation. Il se résigne à faire confiance à l’étrange magasin de réparation en tous genre du quartier, bien que Zezinha employée de ménage, le qualifie de trou noir d’où les choses ne reviennent jamais... Fradique et le collectif Generation 80 ont réalisé ce film, mandaté par le festival de Rotterdam pour un petit budget, prévu pour être un court et devenu un long. Venu de la même scène artistique que Kiluanji Kia Henda, dont les projets partagent le même chef op et une esthétique proche, ce film prolongera parfaitement cette soirée en grande partie consacrée à la capitale angolaise. -
dim 06.12.2020
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En ce jour de la Saint Nicolas, le Nova s’enveloppera dans des odeurs de pain d’épice et vin chaud, et vous réservera un programme 100% expérimental. Saint Nicolas défiera le Covid et nous apportera deux performances venant tout droit de France et d’Autriche. Et puisqu’on aime se faire plaisir, attendez-vous à ce qu’il y ait l’une ou l’autre “mignardise” en plus…
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jeu 10.12.2020
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Open Screen
Depuis le début du cinéma Nova, l’Open Screen vous invite à venir montrer librement vos films sur grand écran. Que ce soit votre première œuvre cinématographique ou le fruit de longues années d’expérience, tous les films proposés seront projetés, quels que soient leur genre et format, à la condition de ne pas dépasser 15 minutes. Déjà 23 ans et 11 mois que cette opportunité existe et est accessible gratuitement, pour un public souvent nombreux qu’il ne tient qu’à vous de surprendre ! Alors n’hésitez plus, et envoyez vos films accompagnés d’une fiche technique au moins une semaine à l’avance. Films à envoyer à : openscreen@nova-cinema.org -
ven 11.12.2020
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Behind the Computer Screen | ONLINE
Les courts-métrages de cette séance ont un point commun : ils mettent à jour ce que certaines images en ligne tentent de cacher. Par exemple, ces femmes qui se filment en train de nettoyer avec enthousiasme leur intérieur dans “Clean with Me (After Dark)” : sont-elles si heureuses de leur condition ? Pour le reste de la séance, les films nous proposeront de voir : le consumérisme par le biais d’une séance d’ASMR sur cuisse de poulet, notre soif de catastrophe encapsulée dans les caméras de surveillance, un enfant syrien blessé combler le besoin d’icône des médias, le droit à l’image d’un viking technophile ou encore la société de contrôle que prépare Google Street-View. Pour terminer, Emmanuel van der Auwera mêlera tous les types d’images connectées, pour poser un regard panoptique sur la mort d’un chien policier, et constater qu’on n’y voit rien.• Love Goes Through the Stomach• Technoviking ///// 20 Years• Nunca é noite no mapa• ... -
Faire un film en utilisant les flux numériques : enjeux techniques, juridiques et éthiques | ONLINE
Au-delà des questions habituelles que posent tous les films de réemploi, les films qui réutilisent des images prises sur Internet et des interfaces numériques font face à des problèmes qui leur sont spécifiques : Internet est une zone de flou, autant en ce qui concerne l’extraction de données que le droit d’auteur, ou le caractère public de ce qui est publié. Productrice, juriste, historien et cinéastes discutent ensemble pour identifier les questions concrètes que se posent, ou que devraient se poser, les différentes personnes impliquées dans la fabrication de tels films. -
Les survivants + Labo | ONLINE
Après la projection de son film "Les Survivants", où il rencontre et discute avec des joueurs à l’intérieur du jeu en ligne "Players Unknown Battlegrounds", Nicolas Bailleul propose de nous ouvrir son laboratoire. Sur sa table de travail se mêlent ses travaux passés - allant d’un casting sur Chat Roulette à une performance sur Twitch -, son projet de film “dehors en ligne” - qui a pour point de départ une rencontre faite dans "Les Survivants" - et sa recherche universitaire sur la chambre comme lieu de consommation et de création. Entre ses disques durs remplis de captures d’écran et ses carnets de note, il nous donnera à voir le processus créatif, de l’errance sur la toile à la construction d’un récit. -
sam 12.12.2020
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Hijacking meme | ONLINE
Pour cette séance, le cinéma s’empare de nos pratiques quotidiennes ou virales d’Internet. Nos apéros skype du confinement deviennent un mariage virtuel, les adolescents qui se filment en train de réagir à une vidéo violente finissent par composer un polar du hors-champ, les caméras de surveillance sont transférées sur pellicule 35mm, pour une expérience contemplative, et les nombreuses images de martyrs syriens se transforment en une tragédie grecque. Comme un ultime pied-de-nez, Emilie Brout et Maxime Marion remettent en scène les séquences marquantes de l’Histoire du cinéma dans Google Earth. Entre hacking et détournement situationniste, le cinéma joue avec le réseau pour mieux le mettre à distance.• Elements• Google Earth Movie• Achille n’est pas mort• ... -
Figures de styles numériques : que devient le cinéma au contact d’internet ? | ONLINE
Internet a popularisé des modèles esthétiques : talking heads devant la webcam, caméra grand angle attachée sur la tête, point de vue surplombant de la caméra de surveillance ou encore superpositions d’images et de textes. Cette nouvelle rhétorique audiovisuelle limite autant qu’elle ouvre de nouvelles perspectives : comment la mise en scène cinématographique s’empare-t-elle de ces nouvelles figures de style ? -
Il n’y aura plus de nuit | ONLINE
Il n’y aura dans ce film que les images que les armées américaine ou française enregistrent depuis leurs hélicoptères à l’aide d’une caméra infrarouge, plutôt faite pour viser que pour filmer. Comment distinguer ce que l’œil perçoit à travers un viseur de ce qu’il perçoit sans ? Comment habituer son œil à voir à travers une caméra qui défie la nuit ? Éléonore Weber nous emmène dans ces images récupérées en compagnie de Pierre V, pilote d’hélicoptère de l’armée française. Ensemble, ils les décortiquent. Pierre les justifie parfois, ou les condamne de temps en temps. Il résume en disant : « la guerre pourrait être racontée intégralement dans l’œil du viseur, rien ne manquerait (…) mais ce serait faux ». A la manière de Farocki, Eleonore Weber signe ici un film important à l’heure où les flux numériques servent aussi, et peut-être même avant tout, à faire la guerre. -
DJ Alg0 | REPORTÉ
Si le Covid est clément et les décrets gouvernementaux encourageants, nous nous permettrons d’esquisser quelques pas de danse pour clôturer ces deux jours de rencontre. L’algorithme de YouTube prend les platines pour la soirée : on tire une musique de départ au hasard, et on laisse le site de partage de vidéos choisir la suite. Entre hits mondiaux et bizarreries de la lecture automatique, les GAFAM mettent l’ambiance. -
dim 13.12.2020
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Insurrection du verbe aimer
Voyage dans l’univers poétique de l’écrivain Sony Labou Tansi, "Insurrection du verbe aimer" se fraie un chemin avec ceux qui portent sa parole. A Brazzaville, un festival de théâtre se déploie dans les rues pour tenir tête à la dictature en cours. En exil à Paris, l’homme de théâtre Dieudonné Niangouna erre et travaille, habité par les mots du poète congolais. A Ouagadougou, la révolution du peuple, comme un horizon de possible réalisé, fait basculer l’inamovible dictature. Partout, la poésie, à la fois puissance d’envoûtement magique des mots et résistance inaliénable des corps vivants, dissémine la révolte qu’elle appelle et fomente. Anthropologue de formation, Julie Peghini réalise un premier long métrage lyrique et audacieux non seulement sur la poésie et la résistance mais plus encore sur le théâtre, cet art politique par excellence, à la fois populaire et sacré, cet art de la parole incarnée, celle qui fait advenir les mondes communs. -
Congo Lucha
Réalisatrice et journaliste, Marlène Rabaud a couvert les conflits qui ont ravagé la région de Goma, à l’est de Kinshasa. C’est là qu’a émergé La Lucha. Ce mouvement citoyen, apolitique et pacifiste, réclamait essentiellement en 2016 que les élections présidentielles promises, mais sans cesse repoussées, aient bel et bien lieu. Elle dresse le portrait de trois personnages : Luc, l’un des fondateurs du mouvement, Rebecca, activiste emprisonnée, et Espoir, lui aussi arrêté et torturé. En les suivant dans leurs tentatives diplomatiques et leurs actions pacifistes, Marlène Rabaud capte l’immense courage et l’énergie déterminée de jeunes gens prêts à tout pour leur pays. Prix Albert Londres 2019, "Congo Lucha" réussit ce très difficile pari du mi-chemin d’un certain cinéma documentaire : être à la juste distance tout en étant avec. -
Vhan Olsem Dombo
Venu de Brazzaville, Vhan Olsen Dombo est comédien, dramaturge, slameur et performeur. Mais aussi poète, écrivain, musicien… Après avoir travaillé avec différents metteurs en scène et joué dans plusieurs festivals, il a remporté le Grand Prix Afrique du Théâtre Francophone en 2013 en tant que comédien. Par la suite, il fonde et coordonne avec des étudiants, artistes et journalistes, le mouvement citoyen Ras-le-Bol. En 2015, il doit s’exiler au Cameroun. Théâtre et poésie ne font qu’un dans son travail, deux disciplines que le slam semble unir dans le même geste puissant et lyrique, entre colère et douceur. -
jeu 17.12.2020
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Société d’objets cartographiques
Le SOC se concentre sur de longues enquêtes issues de pratiques de terrain, en impliquant un réseau d’acteurs de différentes disciplines. Son objectif est de favoriser les échanges entre les arts, les sciences et l’architecture. À partir du manuel de cartographies potentielles "Terra Forma" (réalisé en collaboration avec Frédérique Aït-Touati aux éditions B42), cette séance propose de découvrir autrement notre Terre et offre un manifeste pour la fondation d’un nouvel imaginaire géographique et politique. Alexandra Arènes et Axelle Grégoire nous présentent leurs expériences de cartographies alternatives dans lesquelles l’intérieur se trouve projeté à l’extérieur, et où nos habitudes de nous repérer par rapport à notre "point de vue" sont déstabilisées par le repérage de divers "points de vie". -
Victoria
Dans le désert de la Californie du Sud se trouve une ville qui n’a jamais été achevée : California City. Élaborée dans les moindres détails, cette ville était censée être aussi grande que Los Angeles, mais elle est aujourd’hui déserte, inachevée et poussiéreuse. C’est un territoire propice aux plus grands rêves, aux personnes qui sont en quête d’une vie nouvelle et meilleure. Lashay T. Warren est l’une d’entre elles. Il a fui un passé tumultueux à L.A. pour prendre un nouveau départ... dans cette zone de rues désertes. Avec finesse mais aussi avec humour, il nous décrit son nouvel environnement. Il est toujours à la recherche d’un moyen d’échapper au passé et tente de se réinventer sans cesse, tout comme la ville qui sortira peut-être un jour de terre. "Victoria" est une promenade visuelle où la réalité et l’imaginaire se rencontrent et durant laquelle Lashay T. Warren, tel un pionnier contemporain, trace son propre chemin et laisse sa marque. -
ven 18.12.2020
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Brouillards toxiques
Le biologiste et philosophe des sciences Alexis Zimmer s’intéresse aux processus de contamination des corps et des paysages dans le contexte de l’Europe industrialisée. A la frontière entre histoire environnementale et sanitaire, il met en scène, comme dans son ouvrage "Brouillards toxiques. Vallée de la Meuse, 1930. Contre-enquête" (Zones sensibles, 2016), des acteurs aussi divers que le charbon, des "experts" des nuages toxiques, ainsi que les hommes et les bêtes qui en sont les victimes. Cette approche narrative de l’essai rend sensible au surgissement d’images, de discours instrumentalisés, de résistances et de savoirs populaires. Un passé dont nous sommes plus que jamais les dépositaires. -
Medusa - ANNULE
En 1913, l’entreprise Solvay installe en Italie, à Rosignano (qui deviendra quelques années plus tard Rosignano-Solvay) une usine de bicarbonate de soude. Pendant plus de 100 ans, les activités de la production de ce produit ont marqué, transformé, affecté les corps humains et non humains, les dunes, le sable, les nappes phréatiques, et les esprits des habitants. Au fur et à mesure des années, elles ont recouvert le lieu et ses habitants par une étrange couleur, intensément blanche, stérilisante, corrosive, oxydante et blanchissante. Aujourd’hui, nous voyons les traces et les empreintes de son action, sur tout le territoire. -
sam 19.12.2020
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Les formes de vie
Depuis son ouvrage "Styles. Critique de nos formes de vie" (Gallimard, 2016), Marielle Macé invite à la construction critique d’une stylistique de l’existence. Cette démarche suppose de décrire, qualifier et considérer les formes de vie, pour définir ce à quoi l’on tient et ce qu’il faut défendre. Avec cette approche, le cinéma documentaire peut être perçu comme un précieux inventaire des formes de vie, comme un dispositif de mise en scène des cohabitations. Pour Marielle Macé, le cinéma documentaire serait ainsi le "plus contemporain des arts contemporains" "parce qu’il vise le présent, un présent vibrant d’histoires, de traces, d’anticipations et d’imaginations". -
Les entrelacs des vivants
Le chercheur et artiste Matthieu Duperrex pratique l’art de l’enquête avec une attention soutenue pour les entrelacs des vivants, dans des paysages où se trament des enjeux écologiques, industriels et politiques, humains et non humains. Cette étude des territoires suppose la mise en relief de "voix" hétéroclites qu’il convient de traduire par un travail sur les formes de narration. C’est ainsi que dans son ouvrage "Voyages en sol incertain. Enquête dans les deltas du Rhône et du Mississippi" (Wildproject, 2019), Matthieu Duperrex a écrit 31 récits placés sous le signe d’autant d’espèces animales et végétales, dans le but de proposer une manière de rendre compte de nos milieux de vie problématiques. -
Red Moon Tide
Le temps semble s’être arrêté dans un village de la côte galicienne. La nature et les animaux s’épanouissent librement. Les humains semblent paralysés, même si nous pouvons encore entendre leur voix : ils parlent de fantômes, de sorcières, de monstres. Trois femmes apparaissent, elles tentent de retrouver Rubio, un marin qui a récemment disparu dans la mer. Après son premier long métrage "Coast of Death", qui travaillait l’identité du territoire par son histoire, Lois Patino signe un film dans la continuité de son travail sur le paysage galicien, en le peuplant d’une série de mythes surgissant de l’océan. -
dim 20.12.2020
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Puissance du végétal et cinéma animiste
Teresa Castro (Université Sorbonne Nouvelle, Paris 3) s’est longtemps intéressée à la "pensée cartographique des images", soit aux atlas, vues aériennes et panoramas qui se donnent pour ambition de traduire une représentation du monde. Cet intérêt pour les formes filmiques de l’espace l’amène également à questionner la notion de "cinéma animiste", qui serait un cinéma attentif à "animer" des éléments (paysages, animaux et plantes) autrement considérés comme de simples éléments de décor. Elle a ainsi codirigé l’ouvrage "Puissance du végétal et cinéma animiste – La vitalité révélée par la technique" (les presses du réel, 2020) dans lequel les plantes sont envisagées comme des sujets cinématographiques à haute potentialité vitaliste. -
Pour une "polyphonie rythmique des échanges"
Notre époque serait confrontée à une "catastrophe de la résonance", où les choses, êtres et paysages seraient rendus muets suite à l’atrophie de nos attentions, imaginaires et dispositions à considérer l’altérité. Des pratiques aident à revivifier ce rapport au monde. Par l’entraînement de l’écoute qu’il suppose, l’enregistrement de terrain rend en effet sensible à toute une série de présences, mais aussi à des relations, des échanges et des conflits. Depuis la publication d’un ouvrage de synthèse à propos de la pratique du field recording, Alexandre Galand s’interroge sur l’apport de l’écoute et de l’enregistrement dans les "ruines du capitalisme". Son exposé sera agrémenté de diffusions d’extraits sonores. -
Back to 2069
Un jeune Athénien exilé sur l’île aride et militarisée de Lemnos se retrouve au cœur de deux complots tragiques qui hantent le territoire : l’un du passé – la trahison de l’Argonaute Filoktitis, l’autre du futur – la guerre dystopique du jeu vidéo Altis.+ Conversation with a Cactus