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jeu 10.05.2018
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Microboutiek
La Microboutiek est un point de diffusion de livres, CD, fanzines, DVD, K7 et autres objets de micro-édition. Vous pouvez autant y découvrir des choses rares que venir y déposer vos créations, la Microboutiek est alimentée par son propre public. N’hésitez pas ! -
Samandal & Co
Samandal (la salamandre) est un collectif libanais d’auteur.e.s de bande dessinée, créé en 2007, dont les membres actifs actuels sont Lena Merhej (Marseille), Joseph Kaï (Beyrouth), Raphaëlle Macaron (Paris) et Barrack Rima (Bruxelles). Samandal publie depuis dix ans autant des auteur.e.s du Liban que d’ailleurs dans un magazine protéiforme et trilingue (arabe, français, anglais). La Microboutiek du Nova leur a donné carte blanche pour une expo collective dans le foyer du Nova, dont le vernissage du 10 mai prendra la forme d’un micro-evening, lui-même faisant office d’ouverture de notre focus Lebanon : Days of Tomorrow. Cette soirée se tiendra en présence de Barrack et Joseph, ainsi que de Fdz (Beyrouth), cinéaste invité qui se trouve être aussi l’un des 5 fondateur.e.s de Samandal ! A côté d’un drink offert et d’amuses-bouches libanais, vous pourrez assister gracieusement à la séance de "Beirut Kamikaze" (en présence du réalisateur), et à la compilation #1 de courts-métrages libanais (dont l’ingénieux film de Fdz, "Last Days of the Man of Tomorrow"). Vous serez ensuite conviés à participer à une performance interactive de Samandal au foyer, pour (...) -
Samandal exhibit & more
Samandal strip remix Le collectif libanais Samandal (cfr micro-evening) mettra en lumière les quatre derniers numéros de leur magazine, devenu annuel, dans un long "strip remix", aux détails agrandis. Une exploration de la généalogie entre auteur.e.s qui tisse parallèles et échos entre leurs langages visuels et raconte les relations esthétiques qui les rapprochent. Beyrouth la trilogie (drawings, Barrack Rima) Barrack expose des planches originales de son livre en trois épisodes, publié en 2017 chez Alifbata. Il nous invite à le suivre dans le labyrinthe de la ville, rongée par les promoteurs immobiliers et envahie par les déchets… The Land of Milk and Honey (video installation, Barrack Rima & Isabelle Nouzha) Une animation désopilante sous forme de collage et "work in progress". Premier épisode : la Catapulte Lebanese alternative musical scene & Concerts you’ve missed (Posters, Joseph Kaï & Raphaëlle Macaron) Joseph et Raphaëlle proposent deux belles séries d’affiches en stencil couleur sur la scène libanaise de musique alternative, et des concerts que vous avez sans doute manqués… -
Beirut Kamikaze
Le documentaire de Christophe Karabache fait partie des films les plus anciens de ce panorama, où la plupart des productions datent de ces cinq dernières années. Mais s’il ouvre et referme ce programme, c’est qu’il porte en lui les prémices de toutes ces crises à répétition dont sa matière même se fait l’écho. Portrait en forme de dézinguage d’une ville sous toutes ses plus vilaines blessures, le film amalgame lieux dévastés, pauvreté, crasse et misère humaine, parcelles de corps et de mondes pour dénoncer tous les faux semblants de son pays - et du monde moderne d’aujourd’hui. Film-trash, film-tract, fait de convulsions, de cris de colère, d’éclats de violences, "Beirut Kamikaze" s’empare de son sujet pour y mordre à pleines dents et construire sa beauté lyrique depuis l’âpreté rugueuse de la vie purulente qui en jaillit. Réalisateur atypique, Karabache dégaine sa caméra plus vite que son ombre et multiplie pamphlets et brûlots autoproduits... Des films lancés à toute vitesse sur la route d’un cinéma brutal et vivant. -
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ven 11.05.2018
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La Vallée
Sur une route de montagne, un homme se relève d’un accident de voiture. Un peu plus loin, un véhicule est en panne. Encore sous le choc, il aide ses occupants à le réparer. Le groupe l’emmène avec lui dans une ferme barricadée de la vallée de la Bekaa. Mais qui est cet homme devenu amnésique ? Que se passe-t-il dans cette ferme ? Deuxième partie d’un triptyque à venir après "La Montagne" et avant "La Rivière", "La Vallée", sorte de "Théorème" libanais, enferme son personnage sorti de nulle part dans une espèce de huis clos mystérieux où le danger rôde, imminent. Mais s’il y échappe sans cesse, tel un ange - ou plutôt un fantôme - sa lente descente aux enfers n’a ni goût ni odeur. La vie semble ici, dans ce décor intemporel, déjà l’antichambre de la mort, un purgatoire désolé et sans issue. Avec son sixième long métrage, Ghassan Salhab ("Beyrouth fantôme", "Terra incognita", "Le dernier homme") réalise un film d’une grande beauté formelle, hypnotique et mystérieux, sur ce pays qu’il ne cesse de scruter à la recherche d’un sens, cette terre aride et indifférente, comme le ciel bleu, immense et aveuglant. -
sam 12.05.2018
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La cité de l’indicible peur
Adapté de Jean Ray, dialogué par Queneau, monté par Marguerite Renoir, photographié par Eugen Schüftan (célèbre pour ses collaborations avec Fritz Lang, Max Ophüls, Franju, Douglas Sirk...), interprété par Bourvil, Francis Blanche, Raymond Rouleau, Jacques Dufilho, Jean-Louis Barrault, Jean Poiret (un casting de rêve donc), sans oublier la musique géniale de Gérard Calvi (Ah, les belles bacchantes !, les premiers dessins animés d’Astérix, les films de Pierre Tchernia), il n’en faudra pas plus pour vous convaincre de venir voir le chef d’œuvre de Jean-Pierre Mocky, emblématique de sa première période. Farce jubilatoire, peuplée de bons mots, de personnages absurdes et inoubliables, entre cinéma français de papa et épisode foutraque de Scoubidou, voilà une direction qu’aurait pu prendre un certain cinéma français, et que Mocky emprunta lui-même en partie, avant d’aller se perdre gaiement sur d’autres sentiers. L’occasion est magnifique d’aller dans le Cantal en compagnie de Bourvil, à la recherche d’un malfaiteur (« ivrogne frileux, chauve ou portant perruque »), échappé de justesse à la peine capitale après une panne de guillotine, dans une (...) -
Une nuit à l’assemblée nationale
Michel Blanc, militant naturiste, à poil, "full frontal" pendant cette heure et demie, tente de tirer au clair une sombre histoire de corruption de légion d’honneur. Mocky fit reconstruire l’intérieur de l’Assemblée nationale en studio et invita la quasi intégralité de ses acteurs fétiches, plus quelques belles prises (Darry Cowl, Bernadette Lafont, Josiane Balasko, etc) dans ce film qui, sorti une année d’élection présidentielle, lui valut des ennuis et l’obligea à tourner dorénavant sous les radars (sauf pour "Ville à vendre" produit par Alain Sarde). Il faut dire que la scène de cauchemar dans l’hémicycle où tous les députés sont nus et se repentent de leurs errements, ne fut pas du goût de tous. Érotisme cru et politique sont encore une fois les deux mamelles du cinéma de Mocky. Une séance parfaite pour celles et ceux désireux de découvrir sur grand écran l’un de ses films "typiques", et une bonne préparation pour le délire du "Dossier Toroto" le lendemain… -
dim 13.05.2018
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Robin des mers
Armé de son courage et de sa perspicacité, le jeune Robin des mers se lance dans une véritable entreprise : retrouver du travail pour tous les chômeurs de son village, La Roche-sur-Mer. Robin croisera sur sa route des politiciens véreux (comme souvent dans les films de Mocky) mais aussi des foules en colère, un énarque en slip dans un arbre, des foules joyeuses, des chômeurs, des chevaux, des non-chômeurs, et des enfants. Un conte enivrant et plein d’humour (malheureusement trop méconnu dans la filmographie de Jean-Pierre Mocky) dans lequel se tisse un doux mélange entre le monde des adultes et celui des enfants. On pourrait presque dire qu’il s’agit d’un Mocky pour enfants, qui nous laisse le sentiment d’avoir vu un film rare et précieux, quelque part à la croisée entre le drame social, le western et la comédie. -
Solo
Vincent Cabral, cambrioleur se prétendant musicien, rentre en France après avoir ramassé un petit magot. A son retour il découvre que son jeune frère est à la tête d’un groupuscule révolutionnaire qui a massacré une bande de bourgeois lors d’une partouze. Il part à la poursuite de son frère avec l’espoir de le retrouver avant la police... "Solo" est le premier volume d’une trilogie informelle qui se continuera avec "L’Albatros" (1971) et "L’Ombre d’une chance" (1973). Ces trois films, uniques dans le parcours de Mocky, constituent un pan beaucoup plus noir, sec, nerveux de son univers. Alors que l’on fête l’anniversaire de Mai 68, "Solo", réalisé un an après les évènements, semble déjà sonner le glas de l’utopie révolutionnaire. La désillusion impreigne le film comme un mauvais liquide : les jeunes gens meurent, bêtement, dans des élans aussi désespérés qu’inutiles, les flics, ni bons ni mauvais, font juste leur travail. Et Vincent Cabral, le héros, interprété par Mocky lui même, parait regarder tout ce petit monde qui se fout en l’air sans trop pouvoir y faire grand chose. Un polar politique, violent et lumineux porté par la musique magnifique de Georges Moustaki. -
Dossier Toroto
Le professeur franco-Japonais Toroto, inventeur d’un sérum pour faire grossir des tomates et des lapins, engage un jeune apprenti qui n’a, pour ainsi dire, pas de bite. Quand le-dit apprenti ingurgite par inadvertance le-dit sérum, il se retrouve pourvu d’un membre gigantesque qui n’est pas sans provoquer certaines convoitises… Une « connerie », du propre aveu de Mocky, dans laquelle il dépeint une société viriliste et débile, s’égayant dans une course effrénée pour avoir « la plus grosse ». Fauchée, dégeu et foisonnante, cette farce underground (écrite, réalisée, jouée, produite, montée et diffusée par Mocky) dynamite les convenances dans un capharnaüm jouissif : des verges « hydre de l’herne » qui repoussent de plus belle dès qu’on les coupe, un scientifique germanique fan d’escalade et de sodomie, des coïts rythmés au son d’une trompette mérovingienne… Et la présence de Jean Abeillé, comédien fétiche de Mocky et de Luc Moullet, dans le rôle d’un professeur Tournesol japonais. -
jeu 17.05.2018
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Black Women in Afrofuturism
Chardine Taylor-Stone est une musicienne punk et militante LGBT anglaise, elle vit à Londres où elle est "Inclusion and Education officer" pour la Black Pride. Elle se définit comme productrice culturelle, très active sur les réseaux sociaux où elle n’oublie pas les enjeux sociaux des différents combats, loin d’un féminisme libéral complaisant. C’est aussi et surtout en tant que collaboratrice au British Film Institute, en charge de la mission "Africa Odissey", que nous l’invitons à présenter en anglais et à l’aide d’extraits vidéos : "Black Women in Afrofuturism"... ou comment les femmes noires se sont imaginées un futur au travers du cinéma, de la photographie, de la musique et de la littérature.+ Le royaume du Wax-And-I+ We Need Prayers : This One Went to Market+ Stll Borne+ The Golden Chain+ Ghost Diamond -
ven 18.05.2018
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Taste of Cement
Avec "Taste of Cement", le jeune réalisateur syrien Ziad Kalthoum signe un étrange film, une hallucination froide et cauchemardesque sur la ville de Beyrouth vu par ceux qui la construisent : les ouvriers venus du pays voisin détruit par la guerre : la Syrie. Servi par la caméra majestueuse de Talal Khoury, chef opérateur libanais ultra talentueux, le film de Kalthoum se développe autour d’une voix-off qui se raconte, entre rêves et souvenirs. Cette voix pourrait être celle de n’importe lequel de ces ouvriers que la caméra suit, dévoile, scrute sur l’immensité de ce paysage en devenir. Visages immobiles qui défilent, corps qui travaillent ou scrutent l’horizon, chaque homme ici perd un peu de son identité dans ce territoire de fantômes que cette ville béante avale et absorbe, cache et élimine, casse et lamine. Ville vue d’en haut, cadre qui sur-imprime des images de là-bas et de la guerre, caméra flottante au-dessus du monde... "Taste of Cement" est un essai douloureux et poignant, glacé et glaçant, sur cette condition humaine terrassante : l’exil. -
sam 19.05.2018
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Christelle Oyiri
Christelle Oyiri, DJ, productrice, sound designer et critique française, explore l’intersection entre la technologie, l’ethnomusicologie et les questions de représentation de la diaspora noire. Elle propose ici un projet pluridisciplinaire alliant DJing, vidéo et 3D où elle donne à voir et à entendre la nature hybride et inédite d’un style à la croisée entre la hard-tech belge et le coupé-décalé ivoirien. Ainsi, elle met en lumière le récit d’une histoire contemporaine immédiate volontairement oubliée : celle du Logobi, cette danse née au début des années 2000 dans les quartiers populaires d’Abidjan en Côte d’Ivoire (pays dont son père est originaire). Elle a ensuite pu séduire et fédérer la jeunesse afro-descendante française des quartiers populaires, en produisant son propre écosystème digital, son langage et même sa littérature à travers les "info-cybers". S’étonnant de l’absence de description du phénomène dans la presse française, elle mène elle-même l’enquête et s’aperçoit de la difficulté des acteurs/actrices de ce mouvement à le revendiquer, d’y voir une légitimité. -
MC Blak Odhiambo
Slammeur et rappeur ultra charismatique, Blak Odhiambo vit à Kibera, le gigantesque bidonville au sud de Nairobi, d’où émerge une bonne partie de l’énergie artistique de la capitale kenyan. Il abrite Masai Mbili, petit studio artistique co-fondé par Otieno Gomba, auteur de l’affiche du festival l’an passé, avec des artistes comme Kevo Stero, Greenman Muleh Mbillo, Kavochy, etc. Il puise son inspiration dans l’imaginaire du reggae, de la musique Kenyane, du Rap US, mais aussi dans les rencontres improbables au grès de ses errances urbaines. Il présentera au Nova son nouveau projet multimedia : Panthera Leo. Avide de rencontres musicales ultra diversifiées (les rappeurs Erko d’Allemagne, Alex Rotka de France, Moroko de Kibera, plusieurs DJs kenyans), nous profitons de sa venue exceptionnelle en Belgique où nous l’invitons pour deux semaines afin qu’il vienne poser son flow dans différents contextes. -
DJ Raph & Nita
Dj Raph présente en live son tout nouveau disque "Sacred Groves", sur le label allemand Noland, mélant field recordings de toute l’Afrique, provenant des archives sonores de l’UNESCO et musique électronique originale, composée et produite à Nairobi mais aussi à la Iwalewahaus de Bayreuth lors d’une résidence. Il construit ainsi, des ponts entre musique ancestrale, actuelle et future, en revenant à l’essence même de la musique de danse contemporaine. Il en résulte une musique organique emprunte de révérence, avec la volonté de s’éloigner des clichés de la World Music par ce retour aux sources. Pour cette tournée, il est accompagné de Nita, VJ viennoise avec qui il a partagé la résidence "Mash Up The Archive" à la Iwalewahaus d’où elle a tiré les éléments qu’elle utilise lors de ces animations vidéos lors de la performance. -
Dj Set
dJs Seb Rebel Up Pan African Music Jigüe (Cubalandz) Chrytsallmess (Christelle) -
dim 20.05.2018
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Géopolis : Histoire de la Syrie et du Liban en images
Géopolis organise avec l’Institut National de l’Audiovisuel français et l’Université de Nantes des projections commentées qui revisitent des moments de l’histoire internationale, nationale ou locale à l’aide de documents rares issus des archives de la télévision, ressource inépuisable pour interpréter les soubresauts du monde. Ce rendez-vous articulé autour de projections d’images d’archives commentées par Thierry Piel, maître de conférences à Nantes, revient sur l’histoire de la Syrie et du Liban et propose un décryptage de l’histoire de la région depuis 1920. -
Ours is a Country of Words
Nous ne pouvions parler des multiples crises du Liban sans aborder la plus ancienne, la plus gênante, la moins solvable. La crise des Palestiniens, réfugiés au Liban depuis 1948, et retranchés dans de nombreux camps à travers un pays voisin du leur. Ce docu-fiction, réalisé par le jeune belge Mathijs Poppe, met en scène un retour imaginaire de quelques personnages, dans un futur lointain, vers leur pays d’origine. En créant avec des habitants du camp de Chatila la fiction d’un retour possible, Poppe écrit en creux une histoire de la Palestine et des Palestiniens, leurs quotidiens qui se dévoilent sous nos yeux, mais aussi leurs rêves, leurs attentes qui n’ont pourtant pas de fin. Un film en forme de réparation qui remonte le cours de cette histoire douloureuse. Un film qui s’est écrit avec les habitants du camp de Chatila parce que "C’est précisément à travers les mots qu’ils utilisent, en tant qu’acteurs, pour parler de leur retour fictif que nous pouvons comprendre plus profondément ce que cela signifie pour eux de vivre en exil." -
Lost in Lebanon
La révolution syrienne a débuté en 2011. La répression sanglante du régime dictatorial de Bachar El Assad, et la guerre qui s’en est suivie, ont entraîné des centaines de milliers de morts. A ces êtres arrachés au monde des vivants, il faut ajouter les millions de personnes déplacées. A l’heure où certains en Belgique crient à l’invasion pour quelques milliers de Syriens arrivés chez nous, le Liban - pays dont la superficie couvre un peu plus du tiers de la Belgique - accueille plus d’un million de Syriens sur son territoire. Ce film nous entraîne à la rencontre de quelques-uns d’entre-eux, installés dans des camps de réfugiés ou au cœur de la capitale. Ils ont fui la répression ou un enrôlement forcé dans l’armée syrienne, d’autres ont simplement été obligés de partir, leur lieu de vie étant détruit... Une plongée dans ces parcours brutalement sortis de leur route, au sein d’existences placées en suspension, où le quotidien s’invente de plus en plus difficilement, cerné de toutes parts par une législation qui ne cesse de se durcir. -
jeu 24.05.2018
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Chacun sa bonne
A Beyrouth, Maher Abi Samra a posé sa caméra dans un bureau un peu particulier. A l’agence Al Raed que dirige Zein, on fait venir des femmes des Philippines, du Sri Lanka, d’Ethiopie, pour les placer dans des familles libanaises. Choisies sur catalogue, exploitées jusqu’au trognon, dépossédées de toute identité, elles se suicident de plus en plus souvent. La justice, la police, la publicité, participent tous activement à ce business de chair et de sang. Analysant minutieusement les maillons de cette chaîne qui fabrique cet esclavage moderne, Abi Samra prend le parti de ne pas quitter ce bureau et d’y filmer le quotidien. Le hors-champ du film se construit dès lors sur le mode tantôt ludique de la mise en scène, tantôt rêveur de l’introspection pour élargir cette question à toute la société libanaise. Sans concession, la force de "Chacun sa bonne" est de ne se désolidariser de personne, pour mieux dévoiler la violence d’un système global qui traverse chacun d’entre nous et nous transforme, lentement mais sûrement, en bourreau. -
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ven 25.05.2018
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Un faible degré d’originalité
Inventeur loufoque et volubile, Antoine Defoort crée des spectacles inclassables où fantaisie désinvolte et rigueur intellectuelle se mêlent avec bonheur. Il relève ici le défi de proposer une conférence sur le droit d’auteur aussi claire et rigoureuse que ludique et palpitante. Une frise chronologique dans l’espace, des boîtes en carton ou encore l’adaptation d’un dessin animé constituent quelques-uns des outils burlesques employés par l’artiste pour inviter les spectateurs à se questionner sur la rémunération des auteurs. Bondissant d’une idée à l’autre, Defoort et ses "invité(e)s" (Catherine Deneuve, Denis Diderot, Maurice Ravel…) nous font remonter le temps jusqu’au 18e siècle, puis le traversent jusqu’à la révolution numérique et l’arrivée d’internet. Un spectacle unique en son genre, qui regorge d’inventivité et vous fera jubiler. -
sam 26.05.2018
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Atelier enfant
Cette année Ernst Lubitsch et Reynaldo Hahn sont à l’honneur. En partant du film "La Poupée" de Lubitsch, Julie Michaud, scénographe, organise un atelier qui interrogera le décor de cinéma et de théâtre. Les personnages de "La poupée" évoluent dans des décors assumés comme tels : fonds peints, carton pâte, maquettes , un peu comme au théâtre ou au cabaret de la même époque. Nous construirons avec les enfants un décor sur ce principe, inspiré par l’univers de Reynaldo Hahn et du salon mondain du début du 20ème siècle. -
Microboutiek
La Microboutiek est un point de diffusion de livres, CD, fanzines, DVD, K7 et autres objets de micro-édition. Vous pouvez autant y découvrir des choses rares que venir y déposer vos créations, la Microboutiek est alimentée par son propre public. N’hésitez pas ! -
Concert Reynaldo Hahn
François Chamaraux est pianiste et accordéoniste. Il joue dans différentes formations, comme Les Taupes qui boivent du lait (fanfare klezmer et Balkans) et Bruxelles Aires Tango Orchestra. Par ailleurs, sa musique, souvent improvisée, accompagne d’autres arts, comme le théâtre, la danse classique et le cinéma muet (Cinémathèque de Bruxelles). Muriel Legrand est chanteuse et comédienne. Elle aime mélanger ces deux arts. Elle chante entre autre dans le trio a cappella Tibidi… François et Muriel interpréteront quelques morceaux de Reynaldo Hahn, dans un univers réalisé par les enfants lors de l’atelier décor. -
La poupée
Sous la pression d’un mariage qu’on lui impose alors que la gente féminine l’effraie, Lancelot décide d’épouser une poupée mécanique. Mais elle se casse ! Ni une, ni deux, voilà la fille du fabricant de la poupée qui prend sa place... Où jouer à la poupée, donc, débouche sur des situations cocasses et joliment érotiques. Sur cette trame adaptée d’un conte d’Hoffmann, "La poupée" est l’un des premiers films d’Ernst Lubitsch qui tourna d’abord beaucoup en Allemagne avant d’émigrer aux Etats-Unis en 1922. Après être passé par la prestigieuse troupe théâtrale de Max Reinhardt, Lubitsch devient rapidement une vedette du grand écran dans une série de comédies très populaires puis il passa à la mise en scène et à la réalisation avec le même succès. Esprit brillant et joyeusement irrévérencieux, il multipliera les comédies avec les plus grandes stars (Pola Negri, Paul Wegener, Emil Jannings d’abord puis Maurice Chevalier, Gary Cooper, Marlene Dietrich, James Stewart, Greta Garbo), dans des scénarios souvent abracadabrants, tous plus impertinents et drôles les uns que les autres, réalisant des satires pétillantes de son époque, délicieusement subversives (...) -
dim 27.05.2018
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Nous étions communistes
Parti en 1990 en France finir ses études de cinéma, Maher Abi Samra revient au Liban en 2004, alors que le pays est de nouveau au bord de la guerre civile. Engagé derrière et devant la caméra, il réunit ses anciens camarades de lutte contre Israël en 1982, juste avant la reprise en main du Liban par la Syrie. Au moment où l’histoire semble se répéter, il revisite avec eux le passé pour tenter de saisir ce qui alors a été cruellement mis en jeu d’eux-mêmes, de leurs espoirs et de leurs idéaux. Ensemble, ils ont cru être le dernier rempart contre le confessionnalisme mais la guerre civile s’est achevée par la reprise en main du pays tout entier par les forces confessionnelles. Entre amitié, tendresse et amertume, "Nous étions communistes" raconte la fin d’une utopie collective. Second film présenté dans ce panorama de Maher Abi Samra, "Nous étions communistes" y occupe une place importante, non seulement parce qu’il éclaire le présent du Liban (et plus largement, de notre époque, où le communautarisme semble devenir la norme politique), mais aussi parce qu’il entre en dialogue avec "A Feeling Greater than Love", qui revisite lui les luttes sociales pour s’interroger sur l’avenir. -
A Feeling Greater Than Love
Si une grande partie des films de ce panorama libanais sont sombres, graves ou désespérés, le premier long métrage de la jeune réalisatrice Mary Jirmanus Saba est porté par une vivacité, un humour et une finesse que rien ne semble pouvoir désespérer. Avec "A Feeling Greater Than Love", elle remonte le temps pour revenir sur les luttes sociales qui ont agité le Liban au début des années 1970, d’abord dans une usine de tabac puis dans une usine de chocolats. A travers un riche travail sur des images d’archives et des rencontres avec ceux qui portent aujourd’hui le souvenir de ces luttes, son film tente de sauver de l’oubli les prémices d’une révolution populaire, que la guerre civile a d’abord brusquement arrêtée avant de l’effacer de la mémoire collective. Grâce à de magnifiques personnages toujours vifs et en colère, grâce à l’héritage du cinéma militant des années 70, qu’elle cite pour mieux le réactualiser, son cinéma fabrique la mémoire bien vivante qui pourrait retrouver le fil de cette histoire perdue, dont tout l’enjeu est de reprendre le cours. -
jeu 31.05.2018
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Pile : Permis de démolir
Depuis des décennies, à Roubaix, le quartier du Pile se vide progressivement de ses habitants ; en attestent ses dizaines de maisons ouvrières murées par les pouvoirs publics. Elles sont dans l’attente du lancement d’un projet de rénovation dont l’objectif serait de "dédensifier" un quartier, peu adapté aux constructions modernes et aux objectifs de "mixité sociale" fixés par la mairie. Désireux de pouvoir être associés à la rénovation de leur quartier, de nombreux habitants se rendent comptent du peu de place qui leur est accordée. Ils décident alors de s’organiser, avec le soutien d’associations locales. Ce documentaire du collectif Hiatus suit leur lutte pendant plus de deux ans. Le film sera suivi d’une rencontre avec les réalisateurs et d’une présentation du livre "Sociologie de Lille" du collectif Degeyter. Celui-ci met en lumière la persistance de la division sociale et territoriale d’une agglomération, en pleine reconversion. La mutation tertiaire de la Métropole est loin d’avoir fait disparaître les inégalités sociales de l’ancien bassin industriel. La présentation sera suivie de commentaires de Mathieu Van Criekingen (IGEAT-ULB) sur les (...) -
ven 01.06.2018
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Sous la douche, le ciel
"Sous la douche, le ciel" suit durant 5 ans le parcours du combattant d’un groupe de citoyens voulant offrir un véritable service de sanitaires aux plus démunis de Bruxelles, DoucheFLUX, où ils puissent "se refaire une beauté et redresser la tête". D’emblée, ils savent qu’ils ne pourront compter que sur eux-mêmes, leurs paroles et leurs rêves, pour persuader à tous de l’urgence de leur projet, suite au constat d’immobilisme des politiques vis-à-vis des chiffres alarmants de la précarité. A la tête du collectif, Laurent d’Ursel, plasticien iconoclaste aux allures de Don Quichotte à bicyclette. On le suit dans ses démarches auprès de services administratifs obtus ou de potentiels investisseurs privés afin de trouver, acheter et rénover un bâtiment compatible à leur projet. Parallèlement, la parole des membres de cette association bigarrée s’enchaîne, mêlée à celle de personnes ayant comme seule demeure la rue et à qui les premiers veulent rendre la dignité… Documentaire témoin, "Sous la douche, le ciel" prend par moment des allures de film à suspense, les coups de théâtre s’y enchainent jusqu’à la création effective de DoucheFLUX en mars 2017. (...) -
De l’action à la professionnalisation
Situé au n°84 de la rue des Vétérinaires à Anderlecht, DoucheFLUX n’est pas qu’un bâtiment dévolu au mieux être des sans abris et des sans papiers. C’est aussi un laboratoire d’idées, un magazine de sensibilisation, une émission radio ("la voix de la rue" sur Radio Panik), etc. Cette propension à sortir de l’ombre les exclus de notre société est aussi l’une des raisons d’être de Chez nous - Bij ons, un espace de rencontre installé depuis 1998 au n°60 de la rue des Chartreux, dans le centre de Bruxelles, qui offre repas, détente et assistance. Chez nous - Bij ons est entre autre à l’origine du PispotFestival, où activités festives et réflexives visent à "ouvrir le champ des possibilités d’action aux plus défavorisés". La discussion se tournera sur les difficultés tant organisationnelles qu’institutionnelles rencontrées par ce genre de projets, une fois passée l’initiative citoyenne. Outre les écueils de la professionnalisation de leurs actions, les associations témoigneront de leur engagement à donner la parole aux exclus et à sortir de l’impasse purement gestionnaire de la grande pauvreté par des pouvoirs publics dont, paradoxalement, ces mêmes (...) -
sam 02.06.2018
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dim 03.06.2018
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La Vallée
Sur une route de montagne, un homme se relève d’un accident de voiture. Un peu plus loin, un véhicule est en panne. Encore sous le choc, il aide ses occupants à le réparer. Le groupe l’emmène avec lui dans une ferme barricadée de la vallée de la Bekaa. Mais qui est cet homme devenu amnésique ? Que se passe-t-il dans cette ferme ? Deuxième partie d’un triptyque à venir après "La Montagne" et avant "La Rivière", "La Vallée", sorte de "Théorème" libanais, enferme son personnage sorti de nulle part dans une espèce de huis clos mystérieux où le danger rôde, imminent. Mais s’il y échappe sans cesse, tel un ange - ou plutôt un fantôme - sa lente descente aux enfers n’a ni goût ni odeur. La vie semble ici, dans ce décor intemporel, déjà l’antichambre de la mort, un purgatoire désolé et sans issue. Avec son sixième long métrage, Ghassan Salhab ("Beyrouth fantôme", "Terra incognita", "Le dernier homme") réalise un film d’une grande beauté formelle, hypnotique et mystérieux, sur ce pays qu’il ne cesse de scruter à la recherche d’un sens, cette terre aride et indifférente, comme le ciel bleu, immense et aveuglant. -
Chacun sa bonne
A Beyrouth, Maher Abi Samra a posé sa caméra dans un bureau un peu particulier. A l’agence Al Raed que dirige Zein, on fait venir des femmes des Philippines, du Sri Lanka, d’Ethiopie, pour les placer dans des familles libanaises. Choisies sur catalogue, exploitées jusqu’au trognon, dépossédées de toute identité, elles se suicident de plus en plus souvent. La justice, la police, la publicité, participent tous activement à ce business de chair et de sang. Analysant minutieusement les maillons de cette chaîne qui fabrique cet esclavage moderne, Abi Samra prend le parti de ne pas quitter ce bureau et d’y filmer le quotidien. Le hors-champ du film se construit dès lors sur le mode tantôt ludique de la mise en scène, tantôt rêveur de l’introspection pour élargir cette question à toute la société libanaise. Sans concession, la force de "Chacun sa bonne" est de ne se désolidariser de personne, pour mieux dévoiler la violence d’un système global qui traverse chacun d’entre nous et nous transforme, lentement mais sûrement, en bourreau. -
Taste of Cement
Avec "Taste of Cement", le jeune réalisateur syrien Ziad Kalthoum signe un étrange film, une hallucination froide et cauchemardesque sur la ville de Beyrouth vu par ceux qui la construisent : les ouvriers venus du pays voisin détruit par la guerre : la Syrie. Servi par la caméra majestueuse de Talal Khoury, chef opérateur libanais ultra talentueux, le film de Kalthoum se développe autour d’une voix-off qui se raconte, entre rêves et souvenirs. Cette voix pourrait être celle de n’importe lequel de ces ouvriers que la caméra suit, dévoile, scrute sur l’immensité de ce paysage en devenir. Visages immobiles qui défilent, corps qui travaillent ou scrutent l’horizon, chaque homme ici perd un peu de son identité dans ce territoire de fantômes que cette ville béante avale et absorbe, cache et élimine, casse et lamine. Ville vue d’en haut, cadre qui sur-imprime des images de là-bas et de la guerre, caméra flottante au-dessus du monde... "Taste of Cement" est un essai douloureux et poignant, glacé et glaçant, sur cette condition humaine terrassante : l’exil. -
jeu 07.06.2018
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La force des choses
Bernard Mulliez est un habitué du Nova. Issus d’une démarche artistique singulière, ses films se placent à la frontière du documentaire et de la performance. Avec "La force des choses", il s’attaque au portrait de famille, plus précisément à celui de son père, rentier d’un empire commercial à capital familial. L’exercice est donc périlleux, d’autant que son riche paternel, bien que sincère et auto-critique, n’est pas du genre à provoquer la moindre empathie auprès d’une audience qui n’est pas née comme lui "le cul dans le beurre". Bernard se propose cependant de cerner le mode d’emploi de ce représentant du capital, et rendre visibles les forces extérieures qui le traversent. A part une brève échappée à Ostende lors d’une célébration hallucinante de "la multiplication des petits pains" des 700 actionnaires familiaux, il suit le quotidien dérisoire d’un septuagénaire cloitré dans son domaine, dont seules les anecdotes de jeunesse semblent encore l’animer. Jusqu’à ce voyage caritatif dans des villages reculés du Burkina Faso, où ému, il pratique cette charité chrétienne qui soulage souvent la conscience des puissants. Les échanges avec les (...) -
ven 08.06.2018
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Nous étions communistes
Parti en 1990 en France finir ses études de cinéma, Maher Abi Samra revient au Liban en 2004, alors que le pays est de nouveau au bord de la guerre civile. Engagé derrière et devant la caméra, il réunit ses anciens camarades de lutte contre Israël en 1982, juste avant la reprise en main du Liban par la Syrie. Au moment où l’histoire semble se répéter, il revisite avec eux le passé pour tenter de saisir ce qui alors a été cruellement mis en jeu d’eux-mêmes, de leurs espoirs et de leurs idéaux. Ensemble, ils ont cru être le dernier rempart contre le confessionnalisme mais la guerre civile s’est achevée par la reprise en main du pays tout entier par les forces confessionnelles. Entre amitié, tendresse et amertume, "Nous étions communistes" raconte la fin d’une utopie collective. Second film présenté dans ce panorama de Maher Abi Samra, "Nous étions communistes" y occupe une place importante, non seulement parce qu’il éclaire le présent du Liban (et plus largement, de notre époque, où le communautarisme semble devenir la norme politique), mais aussi parce qu’il entre en dialogue avec "A Feeling Greater than Love", qui revisite lui les luttes sociales pour s’interroger sur l’avenir. -
A Feeling Greater Than Love
Si une grande partie des films de ce panorama libanais sont sombres, graves ou désespérés, le premier long métrage de la jeune réalisatrice Mary Jirmanus Saba est porté par une vivacité, un humour et une finesse que rien ne semble pouvoir désespérer. Avec "A Feeling Greater Than Love", elle remonte le temps pour revenir sur les luttes sociales qui ont agité le Liban au début des années 1970, d’abord dans une usine de tabac puis dans une usine de chocolats. A travers un riche travail sur des images d’archives et des rencontres avec ceux qui portent aujourd’hui le souvenir de ces luttes, son film tente de sauver de l’oubli les prémices d’une révolution populaire, que la guerre civile a d’abord brusquement arrêtée avant de l’effacer de la mémoire collective. Grâce à de magnifiques personnages toujours vifs et en colère, grâce à l’héritage du cinéma militant des années 70, qu’elle cite pour mieux le réactualiser, son cinéma fabrique la mémoire bien vivante qui pourrait retrouver le fil de cette histoire perdue, dont tout l’enjeu est de reprendre le cours. -
sam 09.06.2018
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Sous la douche, le ciel
"Sous la douche, le ciel" suit durant 5 ans le parcours du combattant d’un groupe de citoyens voulant offrir un véritable service de sanitaires aux plus démunis de Bruxelles, DoucheFLUX, où ils puissent "se refaire une beauté et redresser la tête". D’emblée, ils savent qu’ils ne pourront compter que sur eux-mêmes, leurs paroles et leurs rêves, pour persuader à tous de l’urgence de leur projet, suite au constat d’immobilisme des politiques vis-à-vis des chiffres alarmants de la précarité. A la tête du collectif, Laurent d’Ursel, plasticien iconoclaste aux allures de Don Quichotte à bicyclette. On le suit dans ses démarches auprès de services administratifs obtus ou de potentiels investisseurs privés afin de trouver, acheter et rénover un bâtiment compatible à leur projet. Parallèlement, la parole des membres de cette association bigarrée s’enchaîne, mêlée à celle de personnes ayant comme seule demeure la rue et à qui les premiers veulent rendre la dignité… Documentaire témoin, "Sous la douche, le ciel" prend par moment des allures de film à suspense, les coups de théâtre s’y enchainent jusqu’à la création effective de DoucheFLUX en mars 2017. (...) -
De l’"utilité publique" aux "commons"
CommonsJosaphat est une plate-forme indépendante d’habitants de quartier, de militants et d’associations visant à proposer des alternatives aux politiques urbanistiques actuelles de la Région bruxelloise, en particulier sur l’avenir de l’une de ses réserves foncières : les 24 hectares de friche de l’ancienne gare de formation Josaphat, à cheval sur Schaerbeek et Evere. Pour ce faire, ils développent une réflexion sur les biens communs dont l’origine remonte aux "commons" anglais, où la notion de communauté l’emportait sur l’individualité. Cela fait 4 ans que l’appel à idées a été lancée par CommonsJosaphat. Quelle a été la réaction des autorités qui n’a appelé à aucune concertation ? En quoi ces "commons" peuvent suppléer la notion d’"utilité publique" souvent galvaudée par des représentants du peuple de plus en plus asservis par le capital ? Véritable tentative de démocratie participative au niveau de tout un quartier, on se doute que les embûches sont légion… Le débat en parlera. En présence de Dominique Nalpas et Sophie Ghyselen de CommonsJosaphat. -
dim 10.06.2018
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Taste of Cement
Avec "Taste of Cement", le jeune réalisateur syrien Ziad Kalthoum signe un étrange film, une hallucination froide et cauchemardesque sur la ville de Beyrouth vu par ceux qui la construisent : les ouvriers venus du pays voisin détruit par la guerre : la Syrie. Servi par la caméra majestueuse de Talal Khoury, chef opérateur libanais ultra talentueux, le film de Kalthoum se développe autour d’une voix-off qui se raconte, entre rêves et souvenirs. Cette voix pourrait être celle de n’importe lequel de ces ouvriers que la caméra suit, dévoile, scrute sur l’immensité de ce paysage en devenir. Visages immobiles qui défilent, corps qui travaillent ou scrutent l’horizon, chaque homme ici perd un peu de son identité dans ce territoire de fantômes que cette ville béante avale et absorbe, cache et élimine, casse et lamine. Ville vue d’en haut, cadre qui sur-imprime des images de là-bas et de la guerre, caméra flottante au-dessus du monde... "Taste of Cement" est un essai douloureux et poignant, glacé et glaçant, sur cette condition humaine terrassante : l’exil. -
La Vallée
Sur une route de montagne, un homme se relève d’un accident de voiture. Un peu plus loin, un véhicule est en panne. Encore sous le choc, il aide ses occupants à le réparer. Le groupe l’emmène avec lui dans une ferme barricadée de la vallée de la Bekaa. Mais qui est cet homme devenu amnésique ? Que se passe-t-il dans cette ferme ? Deuxième partie d’un triptyque à venir après "La Montagne" et avant "La Rivière", "La Vallée", sorte de "Théorème" libanais, enferme son personnage sorti de nulle part dans une espèce de huis clos mystérieux où le danger rôde, imminent. Mais s’il y échappe sans cesse, tel un ange - ou plutôt un fantôme - sa lente descente aux enfers n’a ni goût ni odeur. La vie semble ici, dans ce décor intemporel, déjà l’antichambre de la mort, un purgatoire désolé et sans issue. Avec son sixième long métrage, Ghassan Salhab ("Beyrouth fantôme", "Terra incognita", "Le dernier homme") réalise un film d’une grande beauté formelle, hypnotique et mystérieux, sur ce pays qu’il ne cesse de scruter à la recherche d’un sens, cette terre aride et indifférente, comme le ciel bleu, immense et aveuglant. -
jeu 14.06.2018
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Open Screen
Depuis le début du cinéma Nova, l’Open Screen vous invite à venir montrer librement vos films sur grand écran. Que ce soit votre première œuvre cinématographique ou le fruit de longues années d’expérience, tous les films proposés, quelque soient leur genre et format, seront projetés à condition que leur durée ne dépasse 15 minutes. Vingt et un ans que cette opportunité existe et est accessible gratuitement pour un public souvent nombreux qu’il ne tient qu’à vous de surprendre ! Alors n’hésitez plus, et envoyez vos films accompagnés d’une fiche technique au moins une semaine à l’avance. -
ven 15.06.2018
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Chacun sa bonne
A Beyrouth, Maher Abi Samra a posé sa caméra dans un bureau un peu particulier. A l’agence Al Raed que dirige Zein, on fait venir des femmes des Philippines, du Sri Lanka, d’Ethiopie, pour les placer dans des familles libanaises. Choisies sur catalogue, exploitées jusqu’au trognon, dépossédées de toute identité, elles se suicident de plus en plus souvent. La justice, la police, la publicité, participent tous activement à ce business de chair et de sang. Analysant minutieusement les maillons de cette chaîne qui fabrique cet esclavage moderne, Abi Samra prend le parti de ne pas quitter ce bureau et d’y filmer le quotidien. Le hors-champ du film se construit dès lors sur le mode tantôt ludique de la mise en scène, tantôt rêveur de l’introspection pour élargir cette question à toute la société libanaise. Sans concession, la force de "Chacun sa bonne" est de ne se désolidariser de personne, pour mieux dévoiler la violence d’un système global qui traverse chacun d’entre nous et nous transforme, lentement mais sûrement, en bourreau. -
A Feeling Greater Than Love
Si une grande partie des films de ce panorama libanais sont sombres, graves ou désespérés, le premier long métrage de la jeune réalisatrice Mary Jirmanus Saba est porté par une vivacité, un humour et une finesse que rien ne semble pouvoir désespérer. Avec "A Feeling Greater Than Love", elle remonte le temps pour revenir sur les luttes sociales qui ont agité le Liban au début des années 1970, d’abord dans une usine de tabac puis dans une usine de chocolats. A travers un riche travail sur des images d’archives et des rencontres avec ceux qui portent aujourd’hui le souvenir de ces luttes, son film tente de sauver de l’oubli les prémices d’une révolution populaire, que la guerre civile a d’abord brusquement arrêtée avant de l’effacer de la mémoire collective. Grâce à de magnifiques personnages toujours vifs et en colère, grâce à l’héritage du cinéma militant des années 70, qu’elle cite pour mieux le réactualiser, son cinéma fabrique la mémoire bien vivante qui pourrait retrouver le fil de cette histoire perdue, dont tout l’enjeu est de reprendre le cours. -
sam 16.06.2018
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Beirut Kamikaze
Le documentaire de Christophe Karabache fait partie des films les plus anciens de ce panorama, où la plupart des productions datent de ces cinq dernières années. Mais s’il ouvre et referme ce programme, c’est qu’il porte en lui les prémices de toutes ces crises à répétition dont sa matière même se fait l’écho. Portrait en forme de dézinguage d’une ville sous toutes ses plus vilaines blessures, le film amalgame lieux dévastés, pauvreté, crasse et misère humaine, parcelles de corps et de mondes pour dénoncer tous les faux semblants de son pays - et du monde moderne d’aujourd’hui. Film-trash, film-tract, fait de convulsions, de cris de colère, d’éclats de violences, "Beirut Kamikaze" s’empare de son sujet pour y mordre à pleines dents et construire sa beauté lyrique depuis l’âpreté rugueuse de la vie purulente qui en jaillit. Réalisateur atypique, Karabache dégaine sa caméra plus vite que son ombre et multiplie pamphlets et brûlots autoproduits... Des films lancés à toute vitesse sur la route d’un cinéma brutal et vivant. -
Mawaran trio
Et à l’instant où j’ai vu ton pied sur le sable J’ai compris être fait de sable Et à l’instant où j’ai vu ta main sur mon corps J’ai compris être mon corps Mawaran est d’abord une voix libanaise, puissante, grave et chaude, formée dans la pure tradition arabo-andalouse du Moyen-Orient. Interprète de ses propres compositions dont les textes sont écrits en arabe classique, son art poétique est né dans les souterrains de la guerre et aura grandi dans l’exil. Mawaran a vécu sans papiers en Belgique de 2004 à 2005, où il a notamment croisé le Nova dont il côtoie l’équipe un temps. Naturalisé belge en 2009, il vit aujourd’hui en Ariège. Ce sera la première fois qu’il se produira en Belgique avec son projet acoustique La Yarana (Il ne nous voit pas), accompagné de Florent Rousset aux percussions arabes et Pierre Blanchut aux santours iraniens. Et de nous inviter à entendre les remous de l’âme humaine, de la caresse de l’intime au tumulte d’une transe débordante, où le chant crie l’impatience des corps en une quête libératoire ! -
dim 17.06.2018
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Sous la douche, le ciel
"Sous la douche, le ciel" suit durant 5 ans le parcours du combattant d’un groupe de citoyens voulant offrir un véritable service de sanitaires aux plus démunis de Bruxelles, DoucheFLUX, où ils puissent "se refaire une beauté et redresser la tête". D’emblée, ils savent qu’ils ne pourront compter que sur eux-mêmes, leurs paroles et leurs rêves, pour persuader à tous de l’urgence de leur projet, suite au constat d’immobilisme des politiques vis-à-vis des chiffres alarmants de la précarité. A la tête du collectif, Laurent d’Ursel, plasticien iconoclaste aux allures de Don Quichotte à bicyclette. On le suit dans ses démarches auprès de services administratifs obtus ou de potentiels investisseurs privés afin de trouver, acheter et rénover un bâtiment compatible à leur projet. Parallèlement, la parole des membres de cette association bigarrée s’enchaîne, mêlée à celle de personnes ayant comme seule demeure la rue et à qui les premiers veulent rendre la dignité… Documentaire témoin, "Sous la douche, le ciel" prend par moment des allures de film à suspense, les coups de théâtre s’y enchainent jusqu’à la création effective de DoucheFLUX en mars 2017. (...) -
Microboutiek
La Microboutiek est un point de diffusion de livres, CD, fanzines, DVD, K7 et autres objets de micro-édition. Vous pouvez autant y découvrir des choses rares que venir y déposer vos créations, la Microboutiek est alimentée par son propre public. N’hésitez pas ! -
La subvention, pour le meilleur ou pour le pire
Fin novembre 2017, la ministre de la culture de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Alda Greoli, dévoile les contrats-programmes 2018-2022 pour les Arts de la scène. Les nouveaux venus sont enthousiastes, des compagnies plus anciennes sont abasourdies, comme le Magic Land Théâtre qui se voit supprimer totalement son unique subvention. Au départ itinérante, cette troupe devenue célèbre avec la création de l’impertinente Malvira (marionnette de "Lollipop", une émission TV pour les enfants), s’implante en 1994 dans un entrepôt qu’ils transforment en café-théâtre, en plein "quartier chaud" de Schaerbeek. Véritable institution, le Magic Land Théâtre propose depuis 40 ans des spectacles populaires où le rire et l’absurde font la joie d’un public varié toujours important. Malgré 10.000 signataires d’une pétition en leur faveur, la ministre n’a pas revu sa décision... Fin décembre 2017, rebelote, cette fois pour le secteur audiovisuel : certains ateliers de production et salles de cinémas du centre ville bruxellois, dont le Nova, voient leurs subventions diminuées, tandis que le festival Filmer à tout prix perd l’entièreté de ses subventions (cfr notre (...) -
Daniel Hélin et ses Binamés
De mauvaises langues diront : "quoi, encore les René Binamé au Nova ?!". Elles auront tort, car bien que ce groupe mythique soit fort proche de notre cinéma, en vingt ans d’existence le Nova les a invités à peine trois fois ! Et encore, la deuxième était pour un concert sur le pouce durant le PleinOPENair, et la dernière pour un live soundtrack, certes mémorable, mais qui n’avait que peu à voir avec leur répertoire. D’autres nous reprocheront de n’avoir programmé Daniel Hélin qu’une seule fois pour ce même festival en plein air, mais jamais au Nova. Et là, ils auront raison, d’autant que ce troubadour saltimbanque est bien trop invisible ces dernières années en nos contrées. Mea culpa, Daniel… Il s’est depuis rappelé à nos bons souvenirs ! En prenant connaissance l’an dernier de l’association détonante de tous ces lascars, nous guettions l’opportunité d’enfin les (re)programmer au Nova… Daniel Hélin et ses Binamés clôtureront donc à leur manière festive un cycle de débats centrés sur les rapports citoyenneté-pouvoirs publics. Ils ne manqueront pas de dédier leur concert aux actions des premiers, et d’égratigner en chansons celles des seconds. En (...)