• mer 07.03.2018
  • 19:00 Ouverture

    Coralie Fargeat, 2017, FR, DCP, vo st fr & nl, 108'
    On ouvre Offscreen cette année avec la partie de chasse annuelle de trois hommes propres sur eux, partis pomper un brin d’adrénaline et de virilité dans le désert marocain. Sauf que cette année, l’un d’entre eux embarque sa maîtresse et que tout dérape définitivement quand, après avoir subi un viol, elle revient arme à la main et balance la tête de l’un des trois lurons au pied de cette fine équipe. Pas fort compréhensif, son amant se détourne d’elle et participe au renouveau de la chasse annuelle des deux survivants : elle est désormais la proie des armes. Nouvelle manière de revisiter le "rape and revenge", "Revenge" se focalise sur l’impressionnante persévérance de son héroïne qui, à l’image de personnages des films de Nicolas Winding Refn, préserve son sang-froid en toute circonstance pour réaliser son plan - survivre et finalement, vivre ! Le paysage désolé du désert marocain joliment mis en image par Robrecht Heyvaert, le scénario dépourvu de tout artifice et la détermination sans faille des personnages font de ce film endiablé une quête de représailles quasi spirituelle.
  • 21:30 Ouverture

    Coralie Fargeat, 2017, FR, DCP, vo st fr & nl, 108'
    On ouvre Offscreen cette année avec la partie de chasse annuelle de trois hommes propres sur eux, partis pomper un brin d’adrénaline et de virilité dans le désert marocain. Sauf que cette année, l’un d’entre eux embarque sa maîtresse et que tout dérape définitivement quand, après avoir subi un viol, elle revient arme à la main et balance la tête de l’un des trois lurons au pied de cette fine équipe. Pas fort compréhensif, son amant se détourne d’elle et participe au renouveau de la chasse annuelle des deux survivants : elle est désormais la proie des armes. Nouvelle manière de revisiter le "rape and revenge", "Revenge" se focalise sur l’impressionnante persévérance de son héroïne qui, à l’image de personnages des films de Nicolas Winding Refn, préserve son sang-froid en toute circonstance pour réaliser son plan - survivre et finalement, vivre ! Le paysage désolé du désert marocain joliment mis en image par Robrecht Heyvaert, le scénario dépourvu de tout artifice et la détermination sans faille des personnages font de ce film endiablé une quête de représailles quasi spirituelle.
  • jeu 08.03.2018
  • 19:30

    Steven Ellison (aka Flying Lotus), 2017, US, DCP, vo st fr, 94'
    Los Angeles, dans un future proche ; un tremblement de terre dézingue la ville et ravage sur son chemin une centrale nucléaire. À moins que ce ne soit une usine chimique ? Quoiqu’il en soit, un herpès purulent s’est emparé des corps et l’absurde, de l’écran. Golems poilus à tête d’écran affalés devant leur télévision ; Geek short court et cartable d’écolier en quête de l’anus-point de sauvegarde ; George Clinton en chirurgien vaudou ou encore une réceptionniste poupée gonflable se côtoient dans cette extase visuelle improbable bourrée d’incrustations vidéos, de maquillage répugnant et de folie scatophile. Pour son premier essai cinématographique, le musicien électro Flying Lotus nous balance un film d’horreur(es) déconcertant. Il y recycle une énergie puisée en partie chez Takeshi Miike pour, de son propre aveu, l’importer dans le cinéma d’exploitation noir américain. ""Kuso", un film ? Pas certain mais une expérience visuelle marquante et instantanément culte à vivre au cinéma !
  • 21:30

    La polizia incrimina la legge assolve
    Enzo G. Castellari, 1973, IT, 35mm, vt ang st fr & nl, 100'
    L’un des poliziottesci de Castellari les plus réputés, pourtant rarement visible en salle et en pellicule. Le film est inspiré de "Bullit", ce qui explique le titre français "Un témoin à abattre", et par "French Connection" ce qui donne son titre anglais "The Marseille Connection ". La mise en scène est plus nerveuse que celle de Peter Yates, mais on retrouve bien Fernando Rey, comme dans le film de Friedkin. Franco Nero y campe un policier tenace, tentant de démasquer un Fernando Rey repeint en paisible jardinier, bien que gangster notoire. Lorsque sa fille est assassinée, Nero radicalise sérieusement ses méthodes. La violence et le style de Castellari permirent au film un succès certain qui lança véritablement le poliziottesco internationalement, et en précisa les codes avec ses poursuites, ses valeurs familiales, ses héros flics/justiciers réacs au grand coeur. Première apparition officielle à l’écran de Massimo Vanni !
  • ven 09.03.2018
  • 19:30

    David Lowery, 2017, US, DCP, vo st fr & nl, 87'
    Comment réinventer le film de fantômes ? Dans "A Ghost Story", David Lowery nous propose un retour aux sources : le drap blanc percé de deux trous. Décédé dans un accident de la route, l’homme interprété par Casey Affleck se relève de la morgue couvert d’un drap blanc. Il est libre de ses mouvements mais personne ne le voit et, à vrai dire, il ne semble pas tenté par le terrorisme fantomatique. Sa seule envie est de retourner dans ses pénates et de retrouver celle qu’il aime. Sauf qu’elle ne le perçoit pas et lui se retrouve réduit à une impuissance ambiguë face à la détresse de la femme incarnée par Rooney Mara. Quand elle parvient à reprendre le cours de son existence, lui reste figé à hanter les mille vies de ce qui un jour fut sa demeure dans l’espoir de parvenir à lire ce mystérieux mot qu’elle glissa entre deux briques. "A Ghost Story" invoque la figure de l’âme en peine pour dépeindre une délicate méditation sur le deuil et le travail du temps. Une réalisation au budget restreint qui fut entre autre récompensé lors des festivals de Fantasia, Sitges ou encore Deauville.
  • 21:30

    Il cittadino si ribella
    Enzo G. Castellari, 1974, IT, 35mm, vt ang , 105'
    Franco Nero donne ici une véritable épaisseur à ce film, pour le coup vraiment réac, typique du genre justicier 70/80’s. Il sort la même année que le premier "Death Wish" avec Charles Bronson, et trois ans après "Les Chiens de paille". Un citoyen sans histoire se retrouve au milieu d’un holp up, devient otage lors de la fuite des malfrats, est malmené puis abandonné. Traumatisé, il est enragé par la prise en main assez molle de la police. Bien que consolé par sa petite amie (Barbara Bach !) qui lui conseille de s’en tenir là, il décide de mener peu à peu l’enquête. Mais ne sachant pas comment s’y prendre, sa gaucherie le conduit bientôt à prendre d’autres coups... L’originalité tient ici à la froideur, voire même à une tendance "réaliste" du traitement, qui n’exclut pas des fantaisies de mise en scène comme l’anthologique scène de corrida entre une Ford Mustang et Franco Nero piéton, ou une fusillade finale pas piquée des hannetons. Avec entre autres, Massimo Vanni.
  • 23:30

    L’ultimo squalo
    Enzo G. Castellari, 1981, IT, 35mm, vo st ang, 88'
    Forcément, à force de succédanés, de jouer avec les lignes, on finit par en franchir une. "La Mort au large", copie éhontée des "Dents de la Mer" I et II, fut interdite pour plagiat aux États-Unis. Tant pis pour le public américain, ainsi privé d’un spectacle effarant et jouissif. Les personnages, du loup de mer bourru au politicien véreux (interprété par Joshua Sinclair en grande forme) refusant de fermer la plage, sont vraiment la copie conforme de l’illustre film de Spielberg. Et que dire de cet étrange plan aux contours flous où un jeune homme sérénade une jeune fille sur la plage avant un dézoom d’anthologie qui passe par les trous d’un barbecue, saucisses en amorce, s’achevant dans un mouvement de grue ascendant, découvrant la plage peuplée de jeunes insouciants. Ou ce panoramique de la même plage, passant par un stand de glace vintage, qui s’échoue sur un Jukebox humain barbu. Massimo Vanni est là, bien sûr, sous le pseudonyme de Max Vanders. Seuls verront tout cela celles et ceux qui survivront à la scène d’ouverture, démonstration virtuose de planche à voile 80’s, à mourir de rire.
  • sam 10.03.2018
    Microboutiek 17:00
  • 17:30

    Rainer Sarnet, 2017, EE, DCP, vo st fr & nl, 114'
    Dans un village païen d’Estonie où les loups-garous, la peste et les esprits errent, le soucis central des habitants est de survivre aux hivers rigoureux. Sans aucun tabou. Ils se volent les uns les autres, dérobent des biens à leur seigneur allemand et même au Diable quand l’occasion se présente. Tout est valable pour survivre ! Pour les aider, les villageois ont pour habitude de se tourner vers d’énigmatiques créatures filiformes faites de bois et de métal. Au milieu de ce chaos, une jeune fermière désespérée tombe amoureuse d’un citadin. Adapté du best-seller de l’auteur estonien Andrus Kivirähk, "Rehepapp", "November" plonge le spectateur dans une atmosphère magico-réaliste dont seuls les réalisateurs d’Europe de l’Est sont capables. Filmé dans un noir et blanc somptueux, inspiré du folklore estonien comme de la mythologie chrétienne, cet opus de Rainer Sarnet propose une échappée à la fois poétique, effrayante et drôle. "November" est le film envoyé aux Oscar par l’Estonie.
  • 19:30

    Enzo G. Castellari, 1976, IT, HD, vo ang , 105'
    A son retour de la guerre de Sécession, Keoma (Franco Nero), enfant indien, retrouve le village adoptif de son enfance ravagé par la peste et sous la domination d’une milice à la solde d’un riche propriétaire. Ce dernier a recruté les trois fils de son père de substitution, qui le haïssent. Chant du cygne du Western spaghetti à l’ambiance crépusculaire, "Keoma" ("Django rides again" en anglais) rappelle parfois le film de Corbuci. Et s’il débute lui aussi par une irritante chanson, il s’épanouit grâce aux effets parfois 70’s ludiques : ralentis, zooms éhontés, caméra à l’épaule, éclairage et traitement sonore. Castellari s’amuse aussi avec des scènes à gimmick, comme celle de la séance de tir avec le père retrouvé, ou la célèbre "the price of 4 bullets" avec les 4 doigts en amorce. Outre la performance torse nu et capillairement riche de Nero, on retrouve le toujours impeccable Woody Strode ("Il était une fois dans l’Ouest"), William Berger ("Faccia a Faccia"). Joshua Sinclair co-écrit les dialogues et campe l’un des fils maléfiques, tandis que Massimo Vanni se balade dans un coin.
  • 21:30

    1990 : I guerrieri del Bronx
    Enzo G. Castellari, 1982, IT, 35mm, vt ang st fr & nl, 92'
    Le titre nous aide à déceler quel est ici le sujet de démarquage. Soit un mix entre "The Warriors", "Mad Max", et "Escape from New York". C’est un "classique" post-apocalyptique italien (on les reconnaît à la présence obligatoire de Fred Williamson et/ou George Eastman), où Castellari s’amuse à soigner ses extérieurs et à styliser les scènes. Ici l’une des toutes premières, où l’on découvre le gang et les rivages du Bronx, Manhattan et ses ponts en arrières plans, au rythme d’un batteur d’époque, avec un découpage "cool". Encore une fois, Joshua Sainclair, Massimo Vanni, Angelo Ragusa jouent les utilités avec brio, autour d’un Mark Gregory à la dégaine adéquate. Stephanie Geronami Goodwin, réalisatrice de seconde équipe sur le prochain "Keoma Rises" (2018), y débute même en tant qu’actrice. Une énième variation autour de l’individu, du groupe, de la société, des corporations, qui s’avère très divertissante et marqua suffisamment les esprits pour que la bande embarque pour une suite, visible cette année dans notre sélection à la Cinémathèque.
  • dim 11.03.2018
  • 17:30

    King
    Niles Atallah, 2017, CL, DCP, vo st fr & ang, 91'
    En 1858, Antoine de Tounens, avocat français illuminé, s’enfonce dans la nature sauvage de Patagonie pour fonder un État Mapuche et en devenir le roi. Revenant sur cet épisode oublié de l’histoire du Chili, Niles Atallah propose une exploration de la mémoire autant qu’une aventure cinématographique onirique, aux accents fantastiques. Si les faits sont authentiques, les détails de cette histoire sont flous et fragmentaires. Les versions sont multiples et les contradictions du personnage n’aident pas à dégager une vérité historique. Et c’est justement ces confusions, ces couches et ces mythes qui inspirent Atallah, cinéaste et artiste chilien dont on vous présentait il y quelques années les films "Lucía, Luis y el lobo", réalisés avec ses comparses Cristóbal León et Joaquín Cociña. Son film, en plus d’être un vrai travail de recherche, propose une expérience esthétique sur l’image et le son. La pellicule usée chimiquement et vieillie par enterrement reflète la dégradation de la mémoire, l’évanescence, mais permet aussi l’apparition de nouvelles formes, issues peut-être de la folie du personnage.
  • 19:30

    Bill Gun, 1973, US, 35mm, vo, 110'
    Film américain au casting exclusivement noir, "Ganja & Hess" n’est pourtant pas assimilable à la Blaxploitation. "Film d’auteur" esthétisant, mais film de genre incontestablement, il sortit plusieurs fois avec différents montages et titres pour tenter de séduire tel ou tel public, ce qui n’aboutit jamais réellement. Stylistiquement, son approche psycho-sociologisante du genre, l’alternance de scènes intenses et une certaine torpeur 70’s nonchalante pourrait faire penser à George Romero. On retrouve d’ailleurs Duane Jones, le héros de "Night of the Living Dead", en anthropologue classe, barbu et sexy, engagé dans une relation intense avec la veuve Ganja Meda (Marlen Clark, "Switchblade Sisters" et "Opération Dragon") de son assistant (Bill Gunn lui même). Relation perverse car George Meda avait auparavant, sans raison, poignardé Hess avec un poignard antique et maudit, avant de se suicider. La musique et la transe sont les autres éléments symboliques moteurs du film où chants africains, cérémonies religieuse protestantes (le sang du Christ...), et même Albert Ayler invoquent le déracinement, le syncrétisme et l’assimilation. Skipe Lee en (...)
  • 21:30

    George A. Romero, 1978, US, 35mm, vo st fr & nl, 95'
    Martin est un jeune homme peu ordinaire, sortant la nuit vêtu de noir, pour soutirer à ses victimes le sang dont il se nourrit. Vous avez-dit vampire ? Rien n’est moins sûr, malgré les fantasmes des religieux et de la vieille génération, qui en cette fin des années 1970 croit encore - de manière très partagée - aux démons et à la possession... Spécialiste du film d’horreur-métaphore sociale, Georges Romero, après avoir modernisé le mythe de la sorcière à la lumière du post-psychédélisme dans "Season of the Witch", revisite à nouveau les archétypes classiques en retournant le mythe du vampire. Évoquant davantage les serial killer fleurissant un peu partout aux Etats-unis à cette époque (l’arrestation du "fils de Sam" est contemporaine du tournage du film), le saigneur troque la noirceur gothique du XIXème siècle contre celle, plus froide et cynique, de son époque. A remarquer, un caméo du mythique réalisateur (décédé l’été dernier) en prêtre quelque peu sceptique, citant l’"Exorciste" !
  • mer 14.03.2018
  • 19:30

    Le 5 octobre 2017, notre très cher ami et collègue Wim Castermans est décédé à l’âge de 44 ans d’une tumeur cérébrale extrêmement agressive, qui n’avait été diagnostiquée que cinq mois auparavant. Une opération, un traitement de radiothérapie et de chimiothérapie et surtout un courage hors du commun et un moral d’acier n’ont pas eu raison de ce cancer. Le décès brutal de Wim fut un choc dévastateur pour sa compagne Vanessa, sa famille, ses amis, l’équipe du Cinéma Nova et celle du festival Offscreen. Wim a rejoint l’équipe d’Offscreen en 2010 en tant que bénévole et, à partir de 2014, en tant que salarié à temps plein à raison de trois mois par an. Il est rapidement devenu un pilier du festival, qui lui a permis de laisser libre cours à sa passion débridée pour les films de genre, les films cultes et les série B des quatre coins du monde, et de mettre à contribution sa connaissance pointue du cinéma. Cette passion ainsi que son dévouement, son enthousiasme, son perfectionnisme et son don pour l’écriture sont autant de qualités qui ont contribué à améliorer le festival, et sans lesquelles Offscreen ne serait pas ce qu’il est aujourd’hui. Le sourire (...)
  • 21:30

    Ricky Lau, 1985, HK, DCP, vo st fr & ang, 96'
    Avec "Mr. Vampire", nous vous présentons le jiangshi, le vampire chinois bondissant. L’idée ici est que la rigor mortis des membres des revenants est si raide, qu’ils ne peuvent plus se déplacer que par petits sauts en gardant les bras grands ouverts. Autre originalité : ces suceurs de Qi - ou souffle de vie - peuvent être contrôlés par des parchemins magiques chargés d’incantations taoïstes collées sur le front et, retenir notre respiration nous rend invisible à ces prédateurs bondissants. Enfin, si l’ail ne leur fait rien, le riz collant par contre est une arme redoutable... "Mr. Vampire" fut un tel succès lors de sa sortie Hong-Kongaise qu’il est à l’origine d’une franchise. Ricky Lau, le réalisateur de ce premier tome tourna lui-même pas moins de quatre épisodes de 1986 à 1992. Véritable folie mêlant kung-fu, film d’horreur et comédie, ce film emprunte autant à la tradition chinoise qu’au slapstick. Au menu : personnages loufoques, fantômes effrayants, moines combattants, armes magiques et autres têtes volantes !
  • jeu 15.03.2018
  • 19:30

    Tutti i colori del buio
    Sergio Martino, 1972, IT, HD, vo st ang, 88'
    Fort du succès de "L’ étrange vice de Mrs Ward", Sergio Martino utilise à nouveau son casting de choc : Edwig Fenech, George Hilton et Ivan Rassimov. Cette fois-ci, Edwig Fenech joue le rôle de Jane. Elle vit à Londres et vient de perdre un enfant en gestation lors d’un accident de voiture. Des cauchemards récurrents, remplis de visions étranges, et invoquant un passé lui aussi d’une extrême violence, ne la lâchent plus. Elle se tourne bientôt vers l’analyse puis les messes noires, censées exorciser ses peurs. Dans cet environnement propice, peurs et réels menaces s’intensifient... Dans ce Giallo particulièrement psychédélique, Sergio Martino utilise tout à fond : la photo, les couleurs, l’exploration "camp" des milieux satanistes, le montage, les focales marrantes, et commande à Bruno Nicolai une bande son maximaliste où l’orientalisme de bazar jouissif joue pleinement son rôle. Le trip visuel immersif et extravagant de la sélection !
  • jeu 15.03.2018
  • 21:30

    S. Craig Zahler, 2017, US, DCP, vo st fr, 132'
    S. Craig Zahler ("Bone Tomawhawk") continue de visiter les genres avec respect, facétie, extrême violence grand guignolesque en exploitant un faux rythme stylistique qui lui appartient. On retrouve cette fois-ci un Vince Vaughn inédit, tout en tension, en américain paumé, marié à Jennifer Carpenter, vivant de trafics compliqués et foireux. La première partie prend le temps de camper ce personnage principal qui s’exprime en one liners sarcastiques, pince sans rire, une sorte de Bruce Willis 80’s au carré. Mais le milieu naturel du film est celui de la prison. L’une quasi réaliste où travaille comme gardien Mustafa Shakir (le brillant Big Mike de "The Deuce"), et l’autre, fantasme absolu, où sévit Don Johnson. Cerise sur le gâteau, Udo Kier y est impeccable ! P.S. : Son prochain film, aujourd’hui en post-production, ajoute Mel Gibson à ce casting et s’intitule "Dragged Across Concrete"...
  • ven 16.03.2018
  • 19:00

    Justin Benson & Aaron Moorhead, 2017, US, vo st fr, 111'
    En 2014, ils réalisaient le remarqué "Spring". Aujourd’hui, le duo de réalisateurs Justin Benson et Aaron Moorhead reviennent avec "The Endless", un film dans lequel ils s’octroient les premiers rôles. Ils y interprètent deux frères qui retournent vers la secte dans laquelle ils ont passé leur enfance et dont ils se sont enfuis. Visiblement, l’affront est passé et ils sont chaleureusement accueillis par les membres de la secte restés au bercail, dont le mode de vie semble les maintenir exceptionnellement jeunes. Bien vite, le frère aîné constate que quelque chose ne colle pas. Manifestement, des forces surnaturelles sont à l’œuvre... Avec ce film ambitieux, Justin Benson et Aaron Moorhead confirment leur réputation de cinéastes inventifs de la scène du cinéma américain indépendant, capables de merveilles avec des cacahuètes. Ce film parsemé de trouvailles recèle des mystères digne de Lovecraft. Science-fiction surprenante, "The Endless" peut aussi être perçu comme un héritier mumblecore de la série mythique "The Twilight Zone".
  • 21:30

    I corpi presentano tracce di violenza carnale
    Sergio Martino, 1973, IT, HD, vo it st fr & ang, 92'
    "Torso" résonne aujourd’hui bien curieusement, puisque tous les hommes y sont lubriques et d’éventuels agresseurs, tandis que les filles sont d’espiègles déesses de l’amour en perpétuelle demande charnelle. Moins psychédélique que d’autres Gialli de Martino, il est superbement photographié et, en whodunnit fort bien mené, apparaît comme précurseur des slashers à l’américaine. Son casting féminin, à tomber par terre, hypnotise personnages (Luc Merenda pas en reste) et spectateurs. Tout ce petit monde évolue dans un premier temps autour de l’université de Perugia (et son squat de zonards hilarants) avant que l’action ne se resserre dans un petit village et une villa, puis autour de la seule survivante, enfermée dans la maison. Après la ruche stimulante du début, la solitude de la reine semble aller de soi. L’atmosphère estivale, les remarques sexistes incessantes voire racistes (-tu as vu les cuisses de celle là ? -ouais, on croirait retrouver la source du Nil), les rapports hommes/femmes viciés, l’ambiance chaleureuse de Perugia, puis du village, décrivent une drôle d’Italie 70’s, décidément ambiguë.
  • 23:30

    2019 : Dopo la caduta di New York
    Sergio Martino, 1983, IT, 35mm, vt ang st fr & nl, 96'
    Sergio Martino réalise ici le "Star Crash" du film post-apocalypse. Un grand mélange des succès du genre, puisqu’on repense forcément à un "Mad Max" du pauvre avec des courses de voitures pas très impressionnantes, mais aussi à "Escape from New York" où Kurt Russell serait divisé en deux (un personnage a le bandeau, l’autre le cache œil). New York est en ruine, et un mercenaire, Parsifal (sic), est envoyé en mission par la machiavélique Fédération dans un Manhattan aux mains des sauvages Euraks, devenu ultra dangereux. Il doit y enlever la seule femme fertile survivante... Des motos, des voitures, de la testostérone, de la musique électro cheap post-Carpenter, des effets spéciaux vintage colorés, des décors osés, des extérieurs tournés bien loin de la Grosse Pomme, des costumes carnavalesque, des personnages dans tous les sens, et surtout, une troupe d’acteurs qui s’en donne à cœur joie, George Eastman en tête en inoubliable "Big Ape" . Évidemment divertissant, surtout en salle, en pellicule et en nocturne !
  • sam 17.03.2018
  • 13:30

    Ce samedi 17 mars, nous organisons la première Micro Bourse au Cinéma de l’Offscreen ! Les équipes d’Offscreen et du Nova vous proposeront une vente de tout un arsenal d’objets de cinéma (dvd’s, affiches, livres, gadgets…) bloqué dans un coin du grenier. De 13h à 19h30 au foyer du Cinéma.
  • 13:30 Conférence

    The Land of Imitation ? The Curious Case of Italian Genre Cinema
    Dans les années 60 et 70, l’industrie cinématographique italienne s’est lancée dans les films d’exploitation, faisant primer la ressemblance à des block busters américains sur la qualité du scénario, ce qui leur donna la réputation de plagiats de piètre qualité. Ceux-ci ont toutefois acquis, au fil du temps, un statut de films cultes. Leur charme réside dans leur caractère extravagant et absurde, mais aussi dans leur photographie d’une étonnante beauté, leur inventivité, et ce malgré de médiocres budgets. Leur nombre est également considérable, avec une productivité record de plus de 250 films par an. Russ Hunter (“Italian Horror Cinema”) présentera un aperçu du cinéma de genre italien et de sa diversité. Alexia Kannas (“Deep Red”) examinera quant à elle les principales caractéristiques du giallo. Ensuite, Jamie Sexton (“Cult Cinema”) se penchera sur la contribution cruciale de deux compositeurs phares (Ennio Morricone et Bruno Nicolai). Enfin, Louis Bayman(“Italian Popular Cinema”) abordera le thème des poliziotteschi. Ces présentations seront suivies d’une table ronde sur le cinéma de genre italien avec le réalisateur Sergio Martino et Manlio (...)
  • 17:30

    Ian Lagarde, 2017, CA-CU, DCP, vo st ang, 85'
    Entouré de jungle et d’océan, l’hôtel est un vrai paradis touristique aux allures de palace colonial. L’accueil y est d’une chaleur toute contrôlée, la nourriture idéale – celle de tous lieux de villégiature – et les activités passionnantes : on y chante la fierté patriotique de chacun des voyageurs, l’aérobic détend petits et grands et on bronze. Puis un jour arrive Mike. Cet homme imposant, entre deux âges, marque instantanément les lieux de sa présence magnétique. Un jour, dix jours, dix mois (?) durant Mike erre paisiblement, écoute un poulpe géant lui parler de vie et de mort et, à tout heure, dévore goulûment tout ce que le buffet a à lui offrir sous les regards effarés de ses co-vacanciers. À moins que ce ne soit l’univers qu’il engloutit ? Coproduction Canado-Cubaine, "All You Can Eat Buddha" est l’un des films les plus surprenants de la sélection. Derrière cette réincarnation iconoclaste d’un Buddha en chemise à fleur se cache un film posé et acide qui confronte le désir commun de se vider la tête à l’aspiration cataclysmique d’un vide existentiel fascinant spectateurs et vacanciers.
  • 19:30

    Milano Trema
    Sergio Martino, 1973, IT, 35mm, vt ang , 104'
    L’occasion de voyager à travers différentes couches de la société milanaise 70’s déviante, en compagnie de Luc Merenda, beau gosse viril, parfaitement taillé pour le rôle. Il interprète ici un flic têtu, sorte de réponse au héros individualiste à la "Dirty Harry", qui devra mener son enquête de manière clandestine, reprenant une logique de malfrat. Ainsi, il va devenir lui même proxénète et faire du grabuge auprès de petites frappes, dans le but de se faire remarquer par les gros bonnets, qu’il pourra dès lors combattre pour venger son chef tué par la pègre. Si le film a du paraître trépidant à l’époque, force est de constater que c’est toujours le cas. En partie grâce à la présence et au dynamisme de Luc Merenda mais aussi par le métier évident de Martino, qui propose des scène maîtrisées et haletantes, telle l’initiale présentant l’évasion d’un prisonnier d’un train et sa courte cavale, ou les scènes avec des voitures... La photo du film, chaleureuse, ajoute un charme désuet au film, qui y gagne sans conteste.
  • 21:30

    Morte sospetta di una minorenne
    Sergio Martino, 1975, IT, HD, vo st ang, 98'
    Sans aucun doute l’ovni de la sélection Martino au Nova cette année ! Le film est une improbable mixture à base de Giallo,de poliziottesco et de comédie à l’italienne. Il débute par une longue séquence à la mise en scène très tenue, lors d’un bal de plein air où une jeune prostituée est coursée puis assassinée comme dans un pur Giallo. L’un des personnages de cette scène s’avère être un flic sous couverture, aux agissements étranges et peu orthodoxes. Claudio Cassinelli apporte son jeu physique, ambigu, emportant l’adhésion du spectateur à ses péripéties au ton si varié. Les fameuses courses poursuites, aux cascades improbables pas si loin de Benny Hill, ou les prostituées d’opérette lui courent derrière pour récupérer leurs sacs, nous rappellent que tout cela date d’un autre temps. Malgré ses farces, ses tiroirs, le film prend le temps de développer des personnages et les rapports entre eux, de manière d’autant plus étonnante si l’on a vu "Milano Trema" ou d’autres poliziottesci.
  • dim 18.03.2018
  • 17:30

    Lukas Feigelfeld, 2017, DCP, vo st ang, 102'
    Une paysanne des montagnes livrée à la solitude et au rejet d’une société malveillante devient une sorcière. Découpé en chapitres-saisons nommés radicalement en allemand et en runes, "Hagazussa" se déroule dans une lenteur cosmique soutenue par une musique de drones lourde et minimale. Entouré des visions de mort d’un prêtre offrant à l’héroïne le crane décoré de sa mère issu de l’ossuaire de l’église, des fantasmes grotesques du folklore local tel les krampus, et de puissants éléments terre-air-eau au milieu de grandioses paysages naturels, le récit de cette descente prend son temps, celui d’une expérience intérieure et d’un psychédélisme noir, évoquant le monde mental d’hommes et de femmes vivant en une époque que l’homme moderne a depuis longtemps oubliée.
  • dim 18.03.2018
  • 19:30

    Guillermo del Toro, 1994, MX, vo st ang, 92'
    Un antiquaire trouve dans le socle d’une vieille statue d’archange une étrange araignée mécanique. Il ignore pourtant que celle-ci est une invention alchimique, le Cronos, censé apporter la vie éternelle. Alors qu’un vieux milliardaire et son homme de main (l’acteur fétiche de Del Toro, Ron Perlman) prêts à l’acquérir à tout prix remontent la piste du Cronos, notre antiquaire se retrouve piqué par la machine. Provoquant une perpétuelle soif, le Cronos tant convoité va devenir pour lui un plaisir secret et une addiction puissante… Le premier film de Guillermo del Toro porte en germe, les composantes de sa filmographie : créativité folle adepte des machines, insectes et modifications corporelles ; place des enfants et leur imaginaire, et surtout un goût invétéré pour le fantastique. S’éloignant (comme plus tard dans "Blade II", aussi avec Ron Perlman) du mythe classique du vampire, il y ajoute ici celui de la pomme de la connaissance - le savoir alchimique et luciférien - et le prix de la jeunesse éternelle.
  • 21:30

    Abel Ferrara, 1995, US, 35mm, vo st fr & nl, 82'
    Après une agression étrange où elle est mordue sauvagement par une femme séduisante, une étudiante en philosophie est poussée sur les terrains obscurs de la pensée et de l’expérience. Devenue accro au sang humain, elle croise au détour de ses nuits urbaines des situations et des personnages nocturnes tel Christopher Walken en prédateur élitiste et lettré, attaquant sa victime en glosant sur Burrough, Sartre ou Baudelaire. À l’image du roman "Vampyr" (1921) de Hanns Heinz Ewers liant vampirisme, cynisme et inhumanité, le vampire de Ferrara actualise la vision de l’horreur humaine. Tourné en vingt jours à New York, cité-jungle déjà décor de "Driller Killer", "MS.45" ou "The King of New York", dans un noir et blanc aussi cru qu’esthétique, Ferrara explore toujours plus loin l’agressivité humaine en transposant à son tour une vision historique, politique, et philosophique du vampire : un aristocrate nietzschéen, qui, au vu de ce que coûte son "fix", se place par-delà le bien et le mal.
  • mer 21.03.2018
  • 19:00

    Offscreen a sélectionné, dans le cadre du programme Shortscreen et en collaboration avec Kortfilm.be, de nouveaux courts métrages belges qui correspondent à l’esprit Offscreen : originaux, hors du commun, bizarres et surprenants. En présence des réalisateurs !
    + Les îles
    Yann Gonzalez, 2017, DCP, vo, 23'
    + The Burden
    Niki Lindroth von Bahr, 2017, SE, 14'
    + Stacey and the Alien
    Nelson Polfliet, 2016, BE, 15'
    + Everything
    David O'Reily, 2017, US, 10'
    + Caducea
    Christophe Mavroudis, 2017, BE, 25'
  • mer 21.03.2018
  • 21:30

    Lucien Castaing-Taylor & Verena Paravel, 2017, US, DCP, vo ja st fr & ang, 90'
    Arrêté à Paris en 1981 pour le meurtre d’une étudiante qu’il aura aussi dépecée et mangée, Issei Sagawa sera extradé au Japon où il vit depuis en liberté. Plusieurs décennies plus tard, deux documentaristes (auteurs de "Leviathan") réalisent un portrait sans parti pris de cet homme qui, après quelques années de gloire télévisuelle et culinaire, vit tranquillement avec son frère adepte de l’auto-mutilation. Avec ses prises de vue arides et froides, les visages filmés de très près dans des blocs de silence font exploser chaque grincement ou bruit de lèvre de Sagawa, "Caniba" touche au fantasme de rentrer dans "l’esprit du tueur". Agréable ou non, ce plat servi froid avec une sincérité tranquille révèle le sombre et secret parfum de l’âme humaine.
  • jeu 22.03.2018
  • 19:30

    Armomurhaaja
    Teemu Nikki, 2017, FI, DCP, vo st fr & ang, 83'
    L’année passée, nous vous présentions la folle virée meurtrière du Samouraï Rauni, l’unique samouraï finlandais. Nous retournons cette année dans la Finlande profonde en compagnie d’un autre assassin : l’euthanasiste d’animaux clandestin Veijo. Moins cher et regardant que les centres hospitaliers, Veijo pervertit son amour réel des animaux en abrégeant leurs souffrances non sans pointer avec précision les moindres faiblesses de leurs maîtres ou, plus jouissif encore, de retourner contre les maîtres les comportements dégradants infligés à leurs bêtes. Un jour, au détour d’un regard canin, il range son arme et cache au maître, un crétin fascisant, que la bête gambade toujours sur terre. Ficelée dans un style grunge et série B des 70’s, "Euthanizer" est une satire sociale sur le respect de la vie animale, la vie de campagne et la mort dont le charisme dépasse l’âme misanthrope de Veijo.
  • jeu 22.03.2018
  • 21:30

    Jean-Stéphane Sauvaire, 2017, US, DCP, vo st fr & nl, 116'
    Plongée dans l’enfer d’une prison Thailandaise d’un boxeur-heroïnomane qui trouvera le salut sur le ring. Adapté de l’autobiographie du vrai Billy Moore, "A Prayer Before Dawn" a tout d’un incroyable conte existentiel et violent. On pense à "Midnight Express" mais ici tout va plus loin : drogue, viol, suicide, VIH inoculé de force... Seule la pratique du Muay Thai et la victoire au championnat inter-prisons au péril de sa vie peut apporter le salut au héro déchu, blanc et ne parlant pas la langue du pays. Mention spéciale à la galerie de taulards aux dents d’aciers et aux magnifiques et authentiques tatouages intégraux, achevant de faire de ce film une fresque grouillante de détails d’un univers de survie au réalisme forcené.
  • ven 23.03.2018
    Microboutiek 19:00
  • 19:30

    Govinda Van Maele, 2017, DE-BE-LU, DCP, vo st fr & ang, 107'
    Un vagabond allemand cherche du travail aux champs et se retrouve étrangement intégré à la communauté d’un petit village luxembourgeois. Ni rejeté ni accueilli, le taciturne personnage principal va se retrouver confronté à la rudesse des mœurs du village, à la relation avec son étrange amante, au passé qu’il fuit et doit lui-même cacher, et aux secrets du village. Parmi ces secrets, il plonge dans celui d’un homme disparu en laissant sa maison à l’abandon, qui semble avoir eu d’étranges relations avec les femmes du village. Il va peu à peu prendre sa place dans cette communauté. Premier long-métrage de son auteur et co-production belge, "Gutland" plonge avec réalisme, accompagné d’une part de fantastique, dans un labyrinthe de peurs sociales et de violences symboliques, de fantasmes sexuels et de mystères mortels. Une production aboutie et propre, qui filme avec intelligence la terre et le village sous nos latitudes, en y apportant l’excitation et le mystère d’un thriller contemporain.
  • 21:30

    Female Vampire
    Jess Franco, 1975, BE-FR, HD, vo fr , 96'
    Impensable de passer à côté de Jess Franco dans ce module Vampire déviant. Il y avait même l’embarras du choix, mais cette " Comtesse aux seins nus" semblait finalement évidente. C’est le premier rôle principal de Lina Romey, sa muse, sa femme, qui l’accompagnait lors de sa venue dans les premières années du festival. Le film fait aussi un peu partie du Nova puisqu’une peinture grand format, tiré d’une scène du film, hante notre couloir depuis longtemps. On y retrouve les obsessions (mot qui semble formé pour lui) du cinéaste lubrique ultra-prolifique (un méta Woody Allen sous plusieurs aspects donc...) à la grammaire cinématographique plus fournie que maîtrisée, avec ses prétentions littéraires, son amour des paysages du sud, etc. Les codes gothiques du vampire sont mollement présents mais bien dynamités par Franco puisque Lina Romey (Irina Karlstein) abuse hommes et femmes sur l’île de Madère, bien loin des Carpates. Sans dévoiler trop de la trame érotique du film, disons que Vampires Suck !, aurait pu être l’un des nombreux titres de ce "classique" Eurociné.
  • sam 24.03.2018
  • 15:00

    Bien que le festival Offscreen s’adresse aux " grands ", on consacre aussi une séance aux jeunes enfants, futurs cinéphiles, histoire de cultiver leur goût pour le cinéma. Cette année, la sélection de courts métrages est placée sous le signe de la différence. Comment s’intégrer et s’adapter au monde lorsqu’on ne s’y sent pas à sa place ? Comment surmonter ses différences ? Les histoires attendrissantes et rigolotes de personnages aussi variés qu’un écureuil qui vit le jour et qui rencontre une chauve-souris noctambule, qu’un enfant géant qui tente de venir en aide aux petits habitants d’une ville, qu’un carré qui vit dans un monde de ronds ou encore qu’un cupcake glucosé qui échoue sur une île peuplée de fruits et de légumes nous montrent que toute différence n’est qu’une question de point de vue. A l’issue de la séance, les parents peuvent répondre aux questionnements des enfants en entamer ensemble une réflexion sur la thématique.
  • 17:30

    Robert Mockler, 2017, US, DCP, vo st fr, 80'
    Prolongement de son corps, le Smartphone de Kiya est un instrument de torture et d’humiliation dont, curieuse et insensible, elle use et abuse pour attirer le Like sur sa chaîne vidéo. Ses images sont ensuite détournées, réutilisées, rejouées, bref la gloire du buzz. Même ses claques et remises en question, elle semble ne les vivre qu’à travers son écran. Puis un jour, dans sa quête incertaine de contact réel, elle semble entrer en empathie avec un de ces objets ludiques en la présence de Marshall (Larry Fessenden, réalisateur, scénariste et acteur de "Habit" à voir à la Cinematek) qui lui, séquestré, semble accepter ce jeu malsain... Film de son temps, "Like Me" dispose d’une direction artistique atypique qui mêle un naturalisme cru baigné de néons, à des instants psychédéliques où pots de peinture, bonbons acidulés et effets vidéos éclaboussent l’écran avec une créativité rare. Pour cette première réalisation, Robert Mockler mêle road movie, délire sado-masochiste et culture internet pour une cauchemardesque méditation sur la solitude numérique.
  • 19:00

    Ralph Bakshi, 1972, US, 35mm, vo st fr & nl, 78'
    En 1972, "Fritz The Cat" est le premier film d’animation classé X par la censure cinématographique américaine, ce qui ne l’a toutefois pas empêché de rapporter 190 millions de dollars. Le film suit les aventures des l’impertinent chat dans ses pérégrinations à la recherche d’une partie de jambes en l’air, mais aussi dans ses prises de position radicales qui finiront par le faire tomber entre les griffes d’une bande de motards fascistes. La classification X a contribué à la légende mais a occulté la véritable nature de l’animal. Le film n’a rien d’un porno plat, mais la satire rance, élaborée par Bakshi, autour des relations entre différentes races, de l’amour libre et de la politique d’égalité des chances a enterré les années ’60, à une époque où l’espoir d’un avenir meilleur avait sombré depuis longtemps dans un mélange de paranoïa, de cynisme, de violence et de débauche.
  • 21:30

    Ralph Bakshi, 1973, US, HD, vo, 77'
    Michael Corleone est un aspirant caricaturiste underground qui vit à Brooklyn avec sa mère juive et son père italien coureur de jupons qui reste sans voix lorsque son fils a une aventure avec une serveuse afro-américaine. Ce chef-d’œuvre autobiographique et satirique de Bakshi plonge dans un New-York sordide et délabré où l’on croise une flopée de personnages grossiers et excentriques : travestis, racistes, drogués, gangsters, fornicateurs et call-girls, tous trouvent leur place dans cette ode délicieusement vicieuse à la crasse urbaine. Le langage obscène sans vergogne des personnages est le précurseur historique de séries graveleuses telles que "Beavis And Butthead" et "South Park".
  • 23:00

    Charles Swenson, 1974, US, 35mm, vo, 75'
    Inspiré par le succès de “Fritz The Cat”, l’animateur Swenson a pu convaincre le producteur Roger Corman de le financer pour créer son propre film d’animation animale. Le résultat en est un artefact crasseux, étrange, original et comique digne des années septante. Le personnage principal, Willard Isenbaum, a des fantasmes érotiques avec sa nouvelles secrétaire, mais il est trop timide pour donner libre cours à ses désirs. Tout bascule lorsque Willard rencontre un canard ordurier qui l’introduit dans un monde fêlé de fêtards, de tentation et de sexe. Avec en fond sonore les chansons et les voix de Flo & Eddie (issus du groupe accompagnant Frank Zappa, Mothers of Invention), ce film culte classique psychédélique ressorti des tiroirs fait penser à un graffiti de toilettes, le tout sous forme de film d’animation d’un niveau supérieur.
  • 24:30

    Anthony Spinelli, 1972, US, 35mm, vo, 87'
    L’un des films de sexploitation les plus bizarres des années 70. Il s’agit d’une version live des "Bibles de Tijuana", des bandes dessinées pornographiques underground qui, des années trente aux années cinquante, racontaient des petites histoires très explicites et généralement comiques. Dans ce recueil de saynettes pornographiques dignes d’un vaudeville, les acteurs incarnent les comics les plus scabreux et dévergondés, arborant des masques en caoutchouc de personnages de dessins animés dans des décors faits à la main. On ne peut que rester bouche bée face à ces enchaînements d’obscénités surréelles et totalement folles. Vous reconnaîtrez éventuellement les corps nus de Cyndee Summers, Rick Cassidy et Nina Fause, entre autres. Le reste du casting et de l’équipe se dissimule derrière les pseudonymes d’Eric Von Letch, Miles Muff, Lance Hardon, Clara Clitt et Boris Kutchacockoff.
  • dim 25.03.2018
  • 19:00 Clôture

    Hmyz
    Jan Svankmajer, 2018, CZ, 35mm, vo st fr & ang, 98'
    Le cafard est en retard, le parasite endormi et Madame Larve est plus concernée par son tricot que par les instructions du metteur en scène. À l’évidence cette troupe de théâtre amateur n’est pas au bout de ses peines pour enfin mettre en scène leur version de "La vie des insectes", une pièce misanthrope des frères Karel et Josef Capek de 1922 où les insectes interprètent les comportements humains : égocentrisme, gourmandise, jalousie… "Insects" marque la clôture de ce festival mais surtout de la carrière d’un géant du cinéma d’animation mondial en la personne du tchèque Jan Svankmajer. À 84 ans, cet artiste surréaliste nous aura éblouis avec ses courts et longs métrages que sont, dans le désordre "Alice", "Surviving Life", "Faust" ou encore "Sileni" ("Les fous") pour n’en citer que quelques-uns. Au-delà de cette adaptation de la pièce des frères Capek, Svankmajer met en scènes ses propres procédés créatifs dans un geste qui, finalement, s’apparente aux dévoilements des secrets d’un magicien ou, plus humblement, à une transmission de ses connaissances. Depuis sa fondation, le Cinéma Nova a sorti chacun des films de Svankmajer, c’est un honneur de (...)
  • 21:30 Clôture

    Hmyz
    Jan Svankmajer, 2018, CZ, 35mm, vo st fr & ang, 98'
    Le cafard est en retard, le parasite endormi et Madame Larve est plus concernée par son tricot que par les instructions du metteur en scène. À l’évidence cette troupe de théâtre amateur n’est pas au bout de ses peines pour enfin mettre en scène leur version de "La vie des insectes", une pièce misanthrope des frères Karel et Josef Capek de 1922 où les insectes interprètent les comportements humains : égocentrisme, gourmandise, jalousie… "Insects" marque la clôture de ce festival mais surtout de la carrière d’un géant du cinéma d’animation mondial en la personne du tchèque Jan Svankmajer. À 84 ans, cet artiste surréaliste nous aura éblouis avec ses courts et longs métrages que sont, dans le désordre "Alice", "Surviving Life", "Faust" ou encore "Sileni" ("Les fous") pour n’en citer que quelques-uns. Au-delà de cette adaptation de la pièce des frères Capek, Svankmajer met en scènes ses propres procédés créatifs dans un geste qui, finalement, s’apparente aux dévoilements des secrets d’un magicien ou, plus humblement, à une transmission de ses connaissances. Depuis sa fondation, le Cinéma Nova a sorti chacun des films de Svankmajer, c’est un honneur de (...)