• jeu 08.09.2016
  • 19:00

    "La guerre est finie" est aussi prétexte à une exposition collective dans le bunker résistant du bar du Nova. Avec des artistes parfois connus, parfois inconnus comme le soldat, choisis par nos entrailles "novatiennes". Le "plus jamais ça", qui ne s’arrête pourtant pas, la machine de guerre mise en place depuis l’aube des temps ; de nos dirigeants aux dirigés, des traumatismes qui ne cessent d’exister. De lourdeur et de légèreté sera constitué ce consommé d’esthétique autour de la guerre ainsi soit-elle jamais achevée. Comme une habitude de l’humanité pour des siècles et des siècles... Peut-on espérer qu’un jour plus jamais ? Gravures, collages, installations, dessins, sculptures, broderies,... autant de médiums ouvrant les sillons d’une anti-guerre programmée pour cette rentrée 2016 au cinéma Nova. Vernissage : 08.09 > 19:00 Expo : 08.09 > 23.10.2016 (aux heures d’ouverture du Nova > voir grille horaire)
  • 20:00

    Craig Atkinson, 2016, HD, vo st non sous-titré, 73'
    Depuis que l’armée américaine est active au Moyen Orient, on observe une militarisation inquiétante des forces de l’ordre aux Etats-Unis… A tel point qu’au détour d’une rue, on se croirait à Falloujah ! C’est ce que dévoile avec acuité "Do Not Resist", premier documentaire d’un chef opérateur indépendant, aguerri aux tournages engagés. Démarrant sur l’encadrement des manifestations à Ferguson dans le Missouri suite au décès de Michaël Brown (jeune afro-américain tué le 9 août 2014 par la police locale), "Do Not Resist" chemine à travers le pays de l’Oncle Sam au cœur du système policier. On y apprend notamment que le gouvernement fédéral a mis en place un programme facilitant le rachat de véhicules blindés de l’armée, endettant toujours plus de paisibles municipalités. Et malgré une société civile critique, dont des vétérans de la guerre en Irak, la machine sécuritaire est en route, les policiers semblant adhérer aux nouvelles technologies du marché. Conférences, symposiums, entraînements et interventions démonstratives jalonnent le film, jusqu’à une vision glaciale d’une société gérée en sous traitance par le secteur privé. A l’heure où tout (...)
  • 22:00 Performance

    Vernissage
    Découvert en première mondiale lors du festival Chairs Fraîches de Galerie E2 aux abattoirs d’Anderlecht, ABBAts est de retour pour un set guérilla dans l’abri atomique du Nova. Avec Serena aux percussions métalliques et Lucius Quatre Yeux à la console à bruits, ABBAts malmène des extraits d’ondes hertziennes captées on ne sait d’où, dans un tohu-bohu mécanique jouissif. Un duo tonifiant pour clôturer le vernissage de l’expo, et qui, pour l’anecdote, s’est rencontré au Nova fin 2015 lors de "Transmission : Industrial Music", une programmation dont Lucius, tel le Jean-Jacques Rousseau de la musique industrielle, était l’un des instigateurs.
  • ven 09.09.2016
  • 20:00

    Michael Powell & Emeric Pressburger, 1943, DCP, vo st fr, 164'
    On n’insistera pas sur l’immense maîtrise et le talent bien connus de Michael Powell et Emeric Pressburger. Leur insolence est par contre moins notoire. Alors quand le Ministère de l’information britannique découvre leur prochaine production, après leur époustouflant et culotté film de propagande "49ème parallèle", l’ex-commanditaire ne s’attend pas à une provocation pareille, ni à un film d’une telle ampleur. Au point que Churchill en personne tenta d’empêcher la production et la sortie de "Colonel Blimp" ! A travers une histoire d’amour pour la même femme sous différentes incarnations (toutes jouées par Deborah Kerr) et une histoire d’amitié indéfectible entre un officier anglais (inspiré du Colonel Blimp des années 30 du caricaturiste David Low) et un officier allemand, les deux cinéastes nous proposent une analyse de l’attitude de l’Angleterre dans ses guerres coloniales et les deux guerres mondiales... Et ce en 1943 ! Et si ce long métrage où pas un coup de feu n’est tiré, a toute sa place dans cette programmation, c’est que tout se joue après une guerre... et donc avant une autre. Les scènes les plus marquantes étant celles où Anton Walbrook (...)
  • sam 10.09.2016
    Tables d'hôtes 18:30
  • 16:00

    Abbas Fahdel, 2015, DCP, vo st fr & ang, 160'
    Irak, 2003. Tandis que l’Amérique de Georges W. Bush se prépare à la guerre, que les bombes, les soldats, les tractations diplomatiques sont en marche, à Bagdad, la vie suit son cours. Dans la famille d’Abbas Fahdel, on a l’habitude de la guerre. Il y a eu celle contre l’Iran, puis celle contre le Koweït qui a valu de nombreuses années d’embargos, de misères et de famines à l’Irak. Alors on s’organise. Dans le jardin, on creuse un puit ; l’eau pourrait venir à manquer. On colmate les vitres que les bombardements font exploser. On achète des couches au cas où des gaz meurtriers se répandent dans la ville. On prépare les examens de fin d’année tout en se demandant s’ils auront lieu... A la télévision, Saddam Hussein discoure et se pavane. Les manifestations dans le monde entier contre l’invasion américaine défilent. Une famille entière, une ville, un pays, attend le feu, les bombes, la mort. "Homeland" se divise en deux parties. La première est celle d’un quotidien sous le signe de cette guerre annoncée. Dans la famille du réalisateur qui la filme, on se livre en toute confiance. Longs travellings, larges plans-séquences, plans fixes suspendus aux (...)
  • 19:30

    Abbas Fahdel, 2015, DCP, vo st fr & ang, 174'
    Lire "Homeland : Irak année zéro – Partie 1 Avant la chute"
  • dim 11.09.2016
    Tables d'hôtes 19:00
  • 16:00

    Rencontre autour des images réalisées par quelques nouveaux arrivants en Belgique
    Depuis plus d’un an, Cinemaximiliaan organise des séances de cinéma pour et avec les réfugiés récemment arrivés en Belgique. Autour du médium cinéma, les rencontres sont riches et porteuses d’échanges et de désirs. L’association proposera au Nova une sélection d’images tournées par quelques personnes nouvellement arrivées d’Irak en Belgique qui sera projetée en présence de leurs auteurs et du réalisateur d’ "Homeland : Irak année zéro", Abbas Fahdel, invité à en débattre avec les autres participants. Rushes non montés, moments de vies captés à l’arraché, ces images brutes, séquences de quelques minutes tournées par différentes personnes, témoignent d’un présent, ouvrent une fenêtre sur le monde, un monde en l’occurrence déchiré par des frontières politiques et géographiques. Cette séance, en forme de "work in progress", se veut un moment de rencontres, de discussions, d’échanges autour de ces images offertes comme en contrepoint au chef-d’œuvre du réalisateur irakien, qui aura présenté son film la veille. Les images ne seront pas sous-titrées et les échanges se feront dans les langues d’origine. Mais ils seront résumés en direct dans la mesure du possible.
  • 20:00

    Laura Poitras, 2006, video, vo st ang, 90'
    Trois ans après les attentats à New-York, un an après l’invasion de l’Irak par la coalition menée par les Etats-Unis, Laura Poitras se lance dans un projet aussi ambitieux que dangereux. Pendant huit mois, seule, sans équipe de tournage, elle documente la vie des irakiens sous l’occupation américaine, alors que les premières élections “démocratiques” de janvier 2005 se préparent. La figure centrale du film est le docteur Riyahd, un irakien sunnite qui, à part prodiguer des soins et des conseils, œuvre avec passion pour l’établissement de la démocratie en Irak, et se porte candidat aux futures élections. Son regard sur l’occupation américaine est très critique, alors qu’autour de lui le chaos est absolu. Avec “My Country, My Country” Laura Poitras s’inscrit dans la droite lignée du “cinéma vérité”. Le sujet qu’elle aborde est des plus épineux. Car au-delà de la chronique d’une page de l’histoire récente de l’Irak, c’est de la légitimité d’une démocratie imposée par la force et par les armes dont il est avant tout question.
  • 22:00

    Laura Poitras, 2010, video, vo st ang, 90'
    L’idée première pour ce deuxième volet post 9/11, était de suivre le retour à la maison d’un prisonnier de Guantánamo Bay. Laura Poitras démarre ainsi ses recherches au Yemen, pays d’origine de nombreux détenus de la prison américaine. Elle y rencontre la famille de Salim Hamdan, chauffeur d’Oussama bin Laden et premier prisonnier à être jugé par la commission militaire de Guantánamo. Mais aussi Abu Jandal, ex-garde du corps du chef d’Al-Qaïda. C’est finalement lui qui devient le fil conducteur du film. Personnage complexe, aux nombreuses zones d’ombre, Abu Jandal ne se définit pourtant pas comme un révolutionnaire violent ou un partisan des attentats. Cependant, même éloigné du terrorisme, il continue à croire aux objectifs d’Al-Qaïda. Charismatique, il affiche une ambiguïté déroutante, alors que la présence de Salim Hamdan, emprisonné et jugé à Guantánamo au moment du tournage, hante le film. Des lettres écrites à la famille ponctuent "The Oath" ("le serment") qui, construit comme un thriller politique, nous dévoile de façon surprenante des pans cachés de la guerre lancée par les USA au terrorisme. Mais aussi le côté trouble de ce “diable” qu’elle veut combattre.
  • jeu 15.09.2016
  • 20:00 Prima Nova

    Gogolplex, 2016, DCP, vo st ang, 95'
    Chasse, sélection, retouche, drague et publication, en cinq mots comme autant d’épisodes, le quotidien desdits rats est dépeint dans cette série d’instantanés captés par les découvreurs de Claude Silver, le collectif bruxellois Gogolplex. Depuis cinq ans, ils suivent et racontent la lutte menée par les objectifs embusqués, pour le meilleur cliché de fesses bronzantes et d’autres poses de Diva. Le paparazzi ainsi poursuivi expose ses méthodes et déploie sa philosophie de la chasse alors que d’épisodes en épisodes la technique s’affine, les téléphones intelligents prolifèrent et la frénésie de la course à l’image devient telle que notre chasseur observe, incrédule, les nouvelles gloires plus ou moins éphémères. Collé au mitrailleur, Gogolplex parvient à créer ce contre-point fascinant qui révèle les pratiques de ces photographes, mais aussi déshabille les maîtres(ses) de la pose et démystifie de son pas de côté les paillettes nues de la parade amoureuse.
  • ven 16.09.2016
  • 20:00

    Des hommes et de la guerre
    Laurent Bécue-Renard, 2014, DCP, vo ang st fr, 142'
    En 2008, un vétéran de la guerre du Vietnam décide de créer un centre consacré à la réhabilitation et la réinsertion d’anciens combattants, le Pathway Home en Californie. Les vétérans qui y sont accueillis souffrent tous de STPT (PTSD en anglais), “stress de trouble post traumatique”, terme générique sous lequel on regroupe des syndromes éprouvés suite à un traumatisme violent et profond. Comme justement des traumatismes vécus dans le cours d’une guerre. Des fêlures psychologiques que généralement on accepte dans le cas de civils, mais plus difficilement pour des soldats ayant commis des horreurs meurtrières. Pendant cinq ans, de 2008 à 2013, Laurent Bécue-Renard va partager le parcours d’une douzaine de vétérans des guerres d’Afghanistan et d’Irak accueillis au Pathway Home. Ils y suivent une thérapie de groupe qui peut-être leur permettra de retrouver un semblant de vie normale. Car rongés par le remord, par la honte, par une culpabilité sans fin, ces hommes sont des écorchés vifs. Avec énormément de patience on leur apprend à raconter l’indicible, à se libérer par la parole. C’est d’ailleurs cette dernière qui est le centre névralgique de “Of (...)
  • sam 17.09.2016
    Tables d'hôtes 19:00
  • 17:00 Film + débat

    Sophie Metrich & Julien Milanesi, 2016, DCP, vo, 82'
    Il en est du projet de méga-prison comme il en est d’autres grands projets portés à bout de bras par les pouvoirs publics. Pour tous ceux-ci, la société civile a du mal à discerner l’intérêt général rencontré par ces infrastructures hors norme, au coût démesuré. On pense bien sûr à des projets très connus, tels l’aéroport de Notre Dame des Landes ou le barrage du Sivens, mais d’autres sont moins connus, tels le projet d’autoroute A65 Langon-Pau ou le projet ferroviaire LGV du Sud Ouest, qui questionnent l’usage d’utilité publique et démocratique des territoires. Qu’est-ce que l’intérêt général ? Qui le définit ? Sur quels fondements ? Habiter un territoire donne-t-il des droits sur son devenir ? A travers trois projets concrets, le documentaire creuse la (non)légitimité de leur conception et donne corps aux témoignages de ceux touchés dans leur quotidien par ces méga-structures.
  • 20:00 Film + débat

    Catherine Rechard, 2011, DCP, vo, 54'
    Le déplacement des prisons, depuis le cœur de la ville vers la périphérie, relève d’un vaste mouvement qui n’est pas sans poser question sur le quotidien des détenus. Dans ce documentaire, ces derniers évoquent face caméra leurs conditions de vie, leurs attentes et leurs angoisses, avant et après le déménagement de la prison de Rennes (400 places), vers un nouveau Centre Pénitentiaire de 690 places construit en périphérie. A Rennes, l’établissement est surpeuplé et vétuste mais implanté au cœur de la ville, les détenus voient depuis leurs fenêtres "des habitations, les gens qui partent au travail" … A Vezin, situé en périphérie, les détenus ont la possibilité d’être seuls, bénéficient de douches en cellule, ont accès à des unités de vie familiale. Mais de leurs fenêtres, ils aperçoivent désormais "du béton, des grillages". Et se plaignent d’une atomisation des relations sociales…
  • 22:00 Concert

    Pour prolonger la soirée en musique nous avons fait appel à nos amis du groupe bruxellois Glü. Ils nous avaient déjà rendu visite en 2014 lors du PleinOPENair à Haren, pour partager avec nous leurs pulsations transes et drum’n’bass contre le projet de prison. Glü offre toujours une ouverture, un arc-en-ciel dans la noirceur de son ciel musical. Laissons-nous emporter par le gig pour percer la noirceur du monde carcéral !
  • dim 18.09.2016
  • 18:00

    Abbas Fahdel, 2015, DCP, vo st fr & ang, 160'
    Irak, 2003. Tandis que l’Amérique de Georges W. Bush se prépare à la guerre, que les bombes, les soldats, les tractations diplomatiques sont en marche, à Bagdad, la vie suit son cours. Dans la famille d’Abbas Fahdel, on a l’habitude de la guerre. Il y a eu celle contre l’Iran, puis celle contre le Koweït qui a valu de nombreuses années d’embargos, de misères et de famines à l’Irak. Alors on s’organise. Dans le jardin, on creuse un puit ; l’eau pourrait venir à manquer. On colmate les vitres que les bombardements font exploser. On achète des couches au cas où des gaz meurtriers se répandent dans la ville. On prépare les examens de fin d’année tout en se demandant s’ils auront lieu... A la télévision, Saddam Hussein discoure et se pavane. Les manifestations dans le monde entier contre l’invasion américaine défilent. Une famille entière, une ville, un pays, attend le feu, les bombes, la mort. "Homeland" se divise en deux parties. La première est celle d’un quotidien sous le signe de cette guerre annoncée. Dans la famille du réalisateur qui la filme, on se livre en toute confiance. Longs travellings, larges plans-séquences, plans fixes suspendus aux (...)
  • 21:00

    Abbas Fahdel, 2015, DCP, vo st fr & ang, 174'
    Lire "Homeland : Irak année zéro – Partie 1 Avant la chute"
  • jeu 22.09.2016
  • 20:00

    Abbas Fahdel, 2015, DCP, vo st fr & ang, 160'
    Irak, 2003. Tandis que l’Amérique de Georges W. Bush se prépare à la guerre, que les bombes, les soldats, les tractations diplomatiques sont en marche, à Bagdad, la vie suit son cours. Dans la famille d’Abbas Fahdel, on a l’habitude de la guerre. Il y a eu celle contre l’Iran, puis celle contre le Koweït qui a valu de nombreuses années d’embargos, de misères et de famines à l’Irak. Alors on s’organise. Dans le jardin, on creuse un puit ; l’eau pourrait venir à manquer. On colmate les vitres que les bombardements font exploser. On achète des couches au cas où des gaz meurtriers se répandent dans la ville. On prépare les examens de fin d’année tout en se demandant s’ils auront lieu... A la télévision, Saddam Hussein discoure et se pavane. Les manifestations dans le monde entier contre l’invasion américaine défilent. Une famille entière, une ville, un pays, attend le feu, les bombes, la mort. "Homeland" se divise en deux parties. La première est celle d’un quotidien sous le signe de cette guerre annoncée. Dans la famille du réalisateur qui la filme, on se livre en toute confiance. Longs travellings, larges plans-séquences, plans fixes suspendus aux (...)
  • ven 23.09.2016
    Tables d'hôtes 19:30 Microboutiek 19:30
  • 19:30

    La Microboutiek est un point de diffusion de livres, CD, fanzines, DVD, K7 et autres objets de micro-édition. Vous pouvez autant y découvrir des choses rares que venir y déposer vos créations, la Microboutiek est alimentée par son propre public. N’hésitez pas !
  • 20:00 Micro Evening

    Evènement récurrent et gratuit autour des micro-éditions mises en vente régulièrement par la Microboutiek du Nova, le Micro Evening de ce soir vous invite à découvrir Thin Consolation, un label belge singulier autour duquel gravite une bonne vingtaine de musiciens, pour la plupart bidouilleurs expérimentaux de beats électroniques, qui mélangent allègrement les genres comme le hip hop, la techno ou le jazz. Fondé à Bruxelles en 2005 par UNREzT, une bande d’amis qui organise des raves dès 1999 à Namur, Thin Consolation est devenu au fil des ans l’un des représentants confirmé de la scène belge électro. Rejetant tout business plan ou reconnaissance médiatique, le label tient à rester totalement indépendant, la musique étant produite avant tout pour le plaisir, sans contrainte marketing ou autre. Bref, un label à taille humaine comme la Microboutiek les aime ! A l’occasion de la sortie de la compilation anniversaire "SPENT", disponible en cassette magnéto customisée, Fred Aerden - l’un des fondateurs de Thin Consolation -, avec la complicité d’Antonin De Bemels - artiste plasticien associé au label et ancien VJ résident des soirées d’UNREzT à (...)
  • sam 24.09.2016
  • 20:00

    Craig Atkinson, 2016, HD, vo st non sous-titré, 73'
    Depuis que l’armée américaine est active au Moyen Orient, on observe une militarisation inquiétante des forces de l’ordre aux Etats-Unis… A tel point qu’au détour d’une rue, on se croirait à Falloujah ! C’est ce que dévoile avec acuité "Do Not Resist", premier documentaire d’un chef opérateur indépendant, aguerri aux tournages engagés. Démarrant sur l’encadrement des manifestations à Ferguson dans le Missouri suite au décès de Michaël Brown (jeune afro-américain tué le 9 août 2014 par la police locale), "Do Not Resist" chemine à travers le pays de l’Oncle Sam au cœur du système policier. On y apprend notamment que le gouvernement fédéral a mis en place un programme facilitant le rachat de véhicules blindés de l’armée, endettant toujours plus de paisibles municipalités. Et malgré une société civile critique, dont des vétérans de la guerre en Irak, la machine sécuritaire est en route, les policiers semblant adhérer aux nouvelles technologies du marché. Conférences, symposiums, entraînements et interventions démonstratives jalonnent le film, jusqu’à une vision glaciale d’une société gérée en sous traitance par le secteur privé. A l’heure où tout (...)
  • 22:00

    aka Dead of Night
    Bob Clark, 1974, 35mm > video hd, vo st non sous-titré, 88'
    Alors qu’une famille américaine type (ils ont un chien), apprend avec horreur que leur fils est tombé au Viêt Nam, on sonne à la porte, par une nuit d’orage... Incrédules mais transportés de bonheur, papa, maman et la jeune sœur (sauf le chien) accueillent le héros. Rapidement, le paternel suspecte un comportement étrange, ce que les femmes de la maison refusent de voir. Mais quand le héros commence à ne pas se comporter en bon américain avec le chien, au drive-in, à table, l’évidente horreur de sa nouvelle nature ne fait plus de doute. Pas encore aussi célèbre qu’aujourd’hui, la figure de zombie est encore celle, critique, de George Romero. Avec le recul, il apparaît étonnant que l’un des premiers films sur la guerre du Viêt Nam y fasse appel. Bob Clarck, alors en plein dans une série de films de genre étranges, sombrera quelques années plus tard dans le "teen movie" idiot, après avoir malmené de manière fort cinématographique l’Americana le plus insipide de l’époque.
  • dim 25.09.2016
  • 18:00

    John Huston, 1946, 35mm, vo st fr, 60'
    Si vous revenez de la guerre en proie aux cauchemars, que vous ne savez plus marcher ou qu’étrangement, vous vous mettez à pleurer pour un oui ou pour un non, pas de problèmes ! L’armée américaine vous a concocté un petit programme de remise en forme : quelques séances d’hypnoses, deux-trois discussions avec un psy, du sommeil et hop, hop, hop, vous revoilà d’aplomb pour repartir au combat, au base-ball ou au fin fond du Mississippi. Testé à Long Island, filmé en 1946 par John Huston alors mobilisé, "Let There Be Light" vous en donnera quelques petits exemples spectaculaires. Que la lumière soit, certes, mais surtout "Lève-toi et tais-toi ". Seulement, voilà, ça parle beaucoup dans ce documentaire. Ça pleure, ça souffre, ça se dit... L’horreur, l’effroi, la douleur ne sont jamais loin derrière l’optimisme enthousiaste de cette voix off un poil hystérique. Malgré une partie de base-ball mémorable, l’état Major fut si peu convaincu par l’efficacité propagandiste du film qu’il le retint dans ses tiroirs jusqu’en 1981.
  • 19:00

    Des hommes et de la guerre
    Laurent Bécue-Renard, 2014, DCP, vo ang st fr, 142'
    En 2008, un vétéran de la guerre du Vietnam décide de créer un centre consacré à la réhabilitation et la réinsertion d’anciens combattants, le Pathway Home en Californie. Les vétérans qui y sont accueillis souffrent tous de STPT (PTSD en anglais), “stress de trouble post traumatique”, terme générique sous lequel on regroupe des syndromes éprouvés suite à un traumatisme violent et profond. Comme justement des traumatismes vécus dans le cours d’une guerre. Des fêlures psychologiques que généralement on accepte dans le cas de civils, mais plus difficilement pour des soldats ayant commis des horreurs meurtrières. Pendant cinq ans, de 2008 à 2013, Laurent Bécue-Renard va partager le parcours d’une douzaine de vétérans des guerres d’Afghanistan et d’Irak accueillis au Pathway Home. Ils y suivent une thérapie de groupe qui peut-être leur permettra de retrouver un semblant de vie normale. Car rongés par le remord, par la honte, par une culpabilité sans fin, ces hommes sont des écorchés vifs. Avec énormément de patience on leur apprend à raconter l’indicible, à se libérer par la parole. C’est d’ailleurs cette dernière qui est le centre névralgique de “Of (...)
  • 22:00

    Yotam Feldman, 2013, HD, vo st fr, 60'
    Jeune État d’obédience monothéiste hébraïque vend armes, stratégies et techniques militaires à tout groupement officiel en quête d’efficacité dans sa lutte armée contre toute forme de guérillas urbaines. Testées et approuvées sur le terrain, elles vous assureront un rendement maximal dans l’extermination de la population ennemie et un rapport pertes/profits des plus favorables. Pour de plus amples informations, contactez nos ministères militaire et commercial. Cette petite annonce paraît presque réaliste après la vision de "The Lab". Pour son premier film, le jeune Yotam Feldman colle au train d’experts en armement israélien, depuis le philosophe militaire, jusqu’aux entrepreneurs à succès, afin de mieux mettre à jour une dynamique commerciale de l’après-conflit des plus juteuse. Dépourvu de tout complexe, les acteurs de ce monde saignant dévoilent les rouages d’une exploitation de l’expérience de la guerre (contre les palestiniens), dans la création d’un modèle économique qui, loin de coûter à l’État israélien, se révèle une source de profit considérable et d’influence internationale centrale. Entre visite de foire internationale de l’armement ou (...)
  • jeu 29.09.2016
  • 20:00 Prima Nova

    Karim Ouelhaj, 2015, DCP, vo, 91'
    Ce n’est pas tous les jours que des fictions sont proposées en Prima Nova. Ce film, oscillant entre documentaire et mise en scène, n’en est d’ailleurs pas tout-à-fait une… Avec ce quatrième long métrage, le cinéaste liégeois Karim Ouelhaj poursuit son exploration nerveuse et fascinante des réalités parfois sombres des "parias", que notre société ne veut ni voir ni connaître. Cette fois, sous le regard d’un enfant au masque de gorille, c’est dans l’univers nocturne de la ville qu’il nous plonge, avec ses personnalités fragiles et crues. Lorsque son père frappe sa mère ivre, Romane appelle la police et s’enfuit. Seule et apeurée, elle erre dans les rues. Lucky, un éducateur et accompagnateur de vie part à sa recherche. Il rencontre Vladimir, un prostitué dégoûté par la morale et la décadence hypocrite l’entourant, qui trouve refuge au cœur de la nuit. Ensemble, ils continuent leur recherche en sillonnant les coins obscurs de la ville dans leur voiture, tout en évoquant leurs souvenirs en balayant le quotidien. Un film d’ambiances et de personnages.
  • ven 30.09.2016
  • 20:00

    aka Dead of Night
    Bob Clark, 1974, 35mm > video hd, vo st non sous-titré, 88'
    Alors qu’une famille américaine type (ils ont un chien), apprend avec horreur que leur fils est tombé au Viêt Nam, on sonne à la porte, par une nuit d’orage... Incrédules mais transportés de bonheur, papa, maman et la jeune sœur (sauf le chien) accueillent le héros. Rapidement, le paternel suspecte un comportement étrange, ce que les femmes de la maison refusent de voir. Mais quand le héros commence à ne pas se comporter en bon américain avec le chien, au drive-in, à table, l’évidente horreur de sa nouvelle nature ne fait plus de doute. Pas encore aussi célèbre qu’aujourd’hui, la figure de zombie est encore celle, critique, de George Romero. Avec le recul, il apparaît étonnant que l’un des premiers films sur la guerre du Viêt Nam y fasse appel. Bob Clarck, alors en plein dans une série de films de genre étranges, sombrera quelques années plus tard dans le "teen movie" idiot, après avoir malmené de manière fort cinématographique l’Americana le plus insipide de l’époque.
  • 22:00

    Craig Atkinson, 2016, HD, vo st non sous-titré, 73'
    Depuis que l’armée américaine est active au Moyen Orient, on observe une militarisation inquiétante des forces de l’ordre aux Etats-Unis… A tel point qu’au détour d’une rue, on se croirait à Falloujah ! C’est ce que dévoile avec acuité "Do Not Resist", premier documentaire d’un chef opérateur indépendant, aguerri aux tournages engagés. Démarrant sur l’encadrement des manifestations à Ferguson dans le Missouri suite au décès de Michaël Brown (jeune afro-américain tué le 9 août 2014 par la police locale), "Do Not Resist" chemine à travers le pays de l’Oncle Sam au cœur du système policier. On y apprend notamment que le gouvernement fédéral a mis en place un programme facilitant le rachat de véhicules blindés de l’armée, endettant toujours plus de paisibles municipalités. Et malgré une société civile critique, dont des vétérans de la guerre en Irak, la machine sécuritaire est en route, les policiers semblant adhérer aux nouvelles technologies du marché. Conférences, symposiums, entraînements et interventions démonstratives jalonnent le film, jusqu’à une vision glaciale d’une société gérée en sous traitance par le secteur privé. A l’heure où tout (...)
  • sam 01.10.2016
  • 18:00

    Des hommes et de la guerre
    Laurent Bécue-Renard, 2014, DCP, vo ang st fr, 142'
    En 2008, un vétéran de la guerre du Vietnam décide de créer un centre consacré à la réhabilitation et la réinsertion d’anciens combattants, le Pathway Home en Californie. Les vétérans qui y sont accueillis souffrent tous de STPT (PTSD en anglais), “stress de trouble post traumatique”, terme générique sous lequel on regroupe des syndromes éprouvés suite à un traumatisme violent et profond. Comme justement des traumatismes vécus dans le cours d’une guerre. Des fêlures psychologiques que généralement on accepte dans le cas de civils, mais plus difficilement pour des soldats ayant commis des horreurs meurtrières. Pendant cinq ans, de 2008 à 2013, Laurent Bécue-Renard va partager le parcours d’une douzaine de vétérans des guerres d’Afghanistan et d’Irak accueillis au Pathway Home. Ils y suivent une thérapie de groupe qui peut-être leur permettra de retrouver un semblant de vie normale. Car rongés par le remord, par la honte, par une culpabilité sans fin, ces hommes sont des écorchés vifs. Avec énormément de patience on leur apprend à raconter l’indicible, à se libérer par la parole. C’est d’ailleurs cette dernière qui est le centre névralgique de “Of (...)
  • 21:00

    Yotam Feldman, 2013, HD, vo st fr, 60'
    Jeune État d’obédience monothéiste hébraïque vend armes, stratégies et techniques militaires à tout groupement officiel en quête d’efficacité dans sa lutte armée contre toute forme de guérillas urbaines. Testées et approuvées sur le terrain, elles vous assureront un rendement maximal dans l’extermination de la population ennemie et un rapport pertes/profits des plus favorables. Pour de plus amples informations, contactez nos ministères militaire et commercial. Cette petite annonce paraît presque réaliste après la vision de "The Lab". Pour son premier film, le jeune Yotam Feldman colle au train d’experts en armement israélien, depuis le philosophe militaire, jusqu’aux entrepreneurs à succès, afin de mieux mettre à jour une dynamique commerciale de l’après-conflit des plus juteuse. Dépourvu de tout complexe, les acteurs de ce monde saignant dévoilent les rouages d’une exploitation de l’expérience de la guerre (contre les palestiniens), dans la création d’un modèle économique qui, loin de coûter à l’État israélien, se révèle une source de profit considérable et d’influence internationale centrale. Entre visite de foire internationale de l’armement ou (...)
  • 22:00

    aka Riders of the Storm
    Maurice Phillips, 1986, 35mm > video, vo st fr, 100'
    Info exclusive : la guerre n’est pas finie pour tout le monde ! N’ayant jamais vraiment atterri, le capitaine (Dennis Hopper) et ses hommes – spécialistes de l’information, ils sont de retour du Vietnam depuis dix ans quand même - , continuent à diffuser leur propre émission de télé-pirate en direct de leur vieux bombardier B29. La guerre par brouillage des ondes nationales se fait à gros coups de Jimmy Hendrix saturé, de machisme et de portraits crus et politiquement incorrects du American Way of Life. Cependant, l’heure de la retraite a peut-être sonné pour l’équipage, le fou d’électronique, le pilote perché à l’acide, le manchot en fauteuil roulant, le cuisinier black, l’étrange masseur vietnamien, et l’envoyé spécial en rocketman. Mais leur charismatique capitaine veut "one last mission". La cible : une candidate à la présidentielle au programme militariste, pour qui tous les coups bas médiatiques sont permis, dont une alliance contre nature avec des chrétiens... Épinglant le Reagan de l’époque, "The American Way" est un pur fantasme de vétérans psychédéliques, rendant à ces derniers, le temps d’un film ovni, force et dignité dans un grand rire.
  • dim 02.10.2016
  • 16:00

    Abbas Fahdel, 2015, DCP, vo st fr & ang, 160'
    Irak, 2003. Tandis que l’Amérique de Georges W. Bush se prépare à la guerre, que les bombes, les soldats, les tractations diplomatiques sont en marche, à Bagdad, la vie suit son cours. Dans la famille d’Abbas Fahdel, on a l’habitude de la guerre. Il y a eu celle contre l’Iran, puis celle contre le Koweït qui a valu de nombreuses années d’embargos, de misères et de famines à l’Irak. Alors on s’organise. Dans le jardin, on creuse un puit ; l’eau pourrait venir à manquer. On colmate les vitres que les bombardements font exploser. On achète des couches au cas où des gaz meurtriers se répandent dans la ville. On prépare les examens de fin d’année tout en se demandant s’ils auront lieu... A la télévision, Saddam Hussein discoure et se pavane. Les manifestations dans le monde entier contre l’invasion américaine défilent. Une famille entière, une ville, un pays, attend le feu, les bombes, la mort. "Homeland" se divise en deux parties. La première est celle d’un quotidien sous le signe de cette guerre annoncée. Dans la famille du réalisateur qui la filme, on se livre en toute confiance. Longs travellings, larges plans-séquences, plans fixes suspendus aux (...)
  • 19:00

    Abbas Fahdel, 2015, DCP, vo st fr & ang, 174'
    Lire "Homeland : Irak année zéro – Partie 1 Avant la chute"
  • 22:00

    John Huston, 1946, 35mm, vo st fr, 60'
    Si vous revenez de la guerre en proie aux cauchemars, que vous ne savez plus marcher ou qu’étrangement, vous vous mettez à pleurer pour un oui ou pour un non, pas de problèmes ! L’armée américaine vous a concocté un petit programme de remise en forme : quelques séances d’hypnoses, deux-trois discussions avec un psy, du sommeil et hop, hop, hop, vous revoilà d’aplomb pour repartir au combat, au base-ball ou au fin fond du Mississippi. Testé à Long Island, filmé en 1946 par John Huston alors mobilisé, "Let There Be Light" vous en donnera quelques petits exemples spectaculaires. Que la lumière soit, certes, mais surtout "Lève-toi et tais-toi ". Seulement, voilà, ça parle beaucoup dans ce documentaire. Ça pleure, ça souffre, ça se dit... L’horreur, l’effroi, la douleur ne sont jamais loin derrière l’optimisme enthousiaste de cette voix off un poil hystérique. Malgré une partie de base-ball mémorable, l’état Major fut si peu convaincu par l’efficacité propagandiste du film qu’il le retint dans ses tiroirs jusqu’en 1981.
  • jeu 06.10.2016
  • 20:00

    Abbas Fahdel, 2015, DCP, vo st fr & ang, 174'
    Lire "Homeland : Irak année zéro – Partie 1 Avant la chute"
  • ven 07.10.2016
  • 20:00 Film

    Biyi Bandele, 2013, DCP, vo st fr, 113'
    "Half of a Yellow Sun" suit le destin, depuis le début des années 60 de deux sœurs jumelles aux caractères très différents, Olanna et Kainene. Si le film ne nous plonge pas immédiatement au cœur de la guerre du Biafra, c’est pour mieux cerner l’émergence et la brutalité du conflit au travers de différentes perceptions et sensibilités. 2014, le visa de censure n’arrivait pas et la sortie du film au Nigéria était sans cesse repoussée. Il n’en fallait pas plus pour susciter la curiosité des Nigérians et peut-être encore davantage celle de ceux de la diaspora. Difficile de comprendre en quoi pouvait poser problème un film sur le Biafra aujourd’hui, et pourtant... Le film était déjà attendu pour plusieurs raisons. Une alliance assez inédite entre Nollywood et Hollywood, un casting international (dont Chiwetel Ejiofor, tout droit sorti de "Twelve Years a Slave"), et donc un budget conséquent, rare pour un film africain. Surtout, il est l’adaptation du second roman de Chimamanda Ngozi Adichie, dont le troisième, "Americanah", venait de sortir. Succès de librairie, succès critique, une nouvelle voie du féminisme et des post-colonial studies, cette (...)
  • 22:00 Séance d’écoute

    THE RISE AND FALL OF NIGERIAN ROCK, 1972-1977
    Uchenna Ikonne, actif dénicheur des perles de la musique nigériane 60’s et 70’s (on lui doit, entre autres choses, la redécouverte de William Onyeabor) vient de publier deux livres et compilations sur la courte vie du rock nigérian entre 1972 et 1977. On ne pouvait pas passer à côté ! Il montre comment les groupes ont été, à leurs débuts, des figures emblématiques du conflit biafrais, à tel point que chaque compagnie militaire voulait un groupe attitré voyageant avec eux, leur attirant la sympathie des habitants des villes et villages traversés. Il démêle l’histoire complexe et foisonnante des transfuges, des déchirements et des heureuses combinaisons entre musiciens qui allaient, au sortir de la guerre, constituer le champ du rock nigérian. Histoire des labels bien sûr, mais aussi de la survivance d’un certain esprit qui s’incarne dans ces groupes d’un pays aux cicatrices encore douloureuses. Écoute de morceaux, extraits vidéos (avec entre autres Fela Kuti, Ginger Baker mais aussi de Paul McCartney venant enregistrer à Lagos), diaporama... Nous vous proposons une séance riche en musique endiablée à partir des livres d’Uchenna Ikonne, qui fera son (...)
  • sam 08.10.2016
    Microboutiek 19:30
  • 19:30

    La Microboutiek est un point de diffusion de livres, CD, fanzines, DVD, K7 et autres objets de micro-édition. Vous pouvez autant y découvrir des choses rares que venir y déposer vos créations, la Microboutiek est alimentée par son propre public. N’hésitez pas !
  • 20:00 Conférence

    Nous invitons Valérie Gorin, historienne, chercheuse au Centre d’enseignement et de recherche en action humanitaire de Genève, à présenter ses travaux. Cette session a pour objectif de revenir sur les enjeux fondamentaux qui naissent de la relation entre belligérants, médias et humanitaires pendant la guerre du Biafra. Alors que la famine qui en découle atteint son pic en été 1968, les journalistes occidentaux adhèrent à la rhétorique victimaire alors amorcée par le chef biafrais, le Colonel Ojukwu, qui met en place une véritable « machine médiatique » basée sur une propagande génocidaire. La session est construite sur deux types de documents. Le photojournalisme de guerre d’abord, qui vit son apogée dans les années 1960, exhibe les enfants affamés en effigie absolue de la souffrance, permettant de dépolitiser les enjeux complexes du conflit sécessioniste – à l’image des photographies de Gilles Caron ou des magazines d’actualités (Life, Le Nouvel Observateur). Des extraits audiovisuels de la Télévision Suisse Romande ensuite, issus de l’émission d’actualités politiques Carrefour. Les journalistes, amenés en avion par l’agence de relations (...)
  • 22:00 Séance d’écoute

    Des enjeux géo-stratégiques complexes, des problématiques post-coloniales, des tensions ethniques, la naissance de "l’action humanitaire" moderne, mais aussi l’adhésion intellectuelle et sentimentale du peuple Biafrais à un chef Charismatique, ambigu et fuyant : Chukwuemeka Odumegwu Ojukwu. Nous vous proposons d’entendre la voix chaude et séduisante du Général Ojukwu. Un discours d’un quart d’heure, comme on pouvait l’entendre à l’époque sur Radio Biafra.
    + The Encounter
    Tolu Ajayi, 2015, DCP, vo st fr, 22'
  • dim 09.10.2016
  • 17:00

    Laura Poitras, 2006, video, vo st ang, 90'
    Trois ans après les attentats à New-York, un an après l’invasion de l’Irak par la coalition menée par les Etats-Unis, Laura Poitras se lance dans un projet aussi ambitieux que dangereux. Pendant huit mois, seule, sans équipe de tournage, elle documente la vie des irakiens sous l’occupation américaine, alors que les premières élections “démocratiques” de janvier 2005 se préparent. La figure centrale du film est le docteur Riyahd, un irakien sunnite qui, à part prodiguer des soins et des conseils, œuvre avec passion pour l’établissement de la démocratie en Irak, et se porte candidat aux futures élections. Son regard sur l’occupation américaine est très critique, alors qu’autour de lui le chaos est absolu. Avec “My Country, My Country” Laura Poitras s’inscrit dans la droite lignée du “cinéma vérité”. Le sujet qu’elle aborde est des plus épineux. Car au-delà de la chronique d’une page de l’histoire récente de l’Irak, c’est de la légitimité d’une démocratie imposée par la force et par les armes dont il est avant tout question.
  • 19:00

    Laura Poitras, 2010, video, vo st ang, 90'
    L’idée première pour ce deuxième volet post 9/11, était de suivre le retour à la maison d’un prisonnier de Guantánamo Bay. Laura Poitras démarre ainsi ses recherches au Yemen, pays d’origine de nombreux détenus de la prison américaine. Elle y rencontre la famille de Salim Hamdan, chauffeur d’Oussama bin Laden et premier prisonnier à être jugé par la commission militaire de Guantánamo. Mais aussi Abu Jandal, ex-garde du corps du chef d’Al-Qaïda. C’est finalement lui qui devient le fil conducteur du film. Personnage complexe, aux nombreuses zones d’ombre, Abu Jandal ne se définit pourtant pas comme un révolutionnaire violent ou un partisan des attentats. Cependant, même éloigné du terrorisme, il continue à croire aux objectifs d’Al-Qaïda. Charismatique, il affiche une ambiguïté déroutante, alors que la présence de Salim Hamdan, emprisonné et jugé à Guantánamo au moment du tournage, hante le film. Des lettres écrites à la famille ponctuent "The Oath" ("le serment") qui, construit comme un thriller politique, nous dévoile de façon surprenante des pans cachés de la guerre lancée par les USA au terrorisme. Mais aussi le côté trouble de ce “diable” qu’elle veut combattre.
  • 21:00

    Laura Poitras, 2014, DCP, vo st fr, 114'
    Réalisé dans le plus grand secret, "Citizenfour" eu l’effet d’une bombe à sa sortie en 2015. Le sujet est exceptionnel et nous concerne tous. Deux ans plus tôt, Laura Poitras reçoit un message crypté d’un certain “Citizen four” (“Citoyen quatre”), qui propose de lui dévoiler des informations sensibles sur la NSA, l’agence de sécurité américaine. Rendez-vous est donné dans une chambre d’hôtel à Hong Kong, où Laura Poitras se rend accompagnée de Glenn Greenwald et Ewen MacAskill du journal The Guardian. Le trio se retrouve face à un certain Edward Snowden qui deviendra l’un des plus célèbres lanceurs d’alertes contemporains. Pendant quatre jours, il leur dévoilera comment la NSA a conçu le plus intrusif et pernicieux système de surveillance mondial, surnommé Tempora. Tous s’interrogent sur le moyen de dévoiler cette manne d’informations au reste du monde. Ce sera chose faite le quatrième jour, avec une annonce qui déclenchera une chasse à l’homme digne d’un livre de John le Carré. Et tout cela en direct devant la caméra de Laura Poitras ! Incroyable plaidoyer sur la nécessité de trouver un équilibre entre transparence et sécurité, “Citizenfour” doit absolument être vu !
  • jeu 13.10.2016
  • 20:00

    Des hommes et de la guerre
    Laurent Bécue-Renard, 2014, DCP, vo ang st fr, 142'
    En 2008, un vétéran de la guerre du Vietnam décide de créer un centre consacré à la réhabilitation et la réinsertion d’anciens combattants, le Pathway Home en Californie. Les vétérans qui y sont accueillis souffrent tous de STPT (PTSD en anglais), “stress de trouble post traumatique”, terme générique sous lequel on regroupe des syndromes éprouvés suite à un traumatisme violent et profond. Comme justement des traumatismes vécus dans le cours d’une guerre. Des fêlures psychologiques que généralement on accepte dans le cas de civils, mais plus difficilement pour des soldats ayant commis des horreurs meurtrières. Pendant cinq ans, de 2008 à 2013, Laurent Bécue-Renard va partager le parcours d’une douzaine de vétérans des guerres d’Afghanistan et d’Irak accueillis au Pathway Home. Ils y suivent une thérapie de groupe qui peut-être leur permettra de retrouver un semblant de vie normale. Car rongés par le remord, par la honte, par une culpabilité sans fin, ces hommes sont des écorchés vifs. Avec énormément de patience on leur apprend à raconter l’indicible, à se libérer par la parole. C’est d’ailleurs cette dernière qui est le centre névralgique de “Of (...)
  • ven 14.10.2016
  • 20:00 Live Soundtrack

    David Wark Griffith, 1915, 16mm > video, muet, st int en/NL, 193'
    Une guerre civile fondatrice des Etats-Unis modernes, une guerre où les questions d’esclavagisme et de racisme sont centrales. Et puis ce film, sorti en 1915, qui donne le ton pour le cinéma formel à venir. Mais un film au message hallucinant, l’un des pires de l’histoire du cinéma. Un film pro Klu Klux Klan (si si) qui raconte, d’après un roman, la difficile reconstruction du sud des États-Unis dévasté par la guerre de sécession. Ce sud est vu par le prisme de deux familles amies, qui s’affrontent sur les champs de bataille pour mieux encore se déchirer par la suite ; des histoires d’amours croisées (mettant en scène la légendaire Lilian Gish), dans la grande tradition épique... S’il ne suffit pas de dire que la guerre est finie, il l’est encore moins d’annoncer que les hommes sont égaux après avoir aboli l’esclavage. A sa manière, qui choqua déjà à l’époque, suscitant émeutes et boycott, mais aussi soutien et renaissance du Klan, le chef d’œuvre de Griffith se transforme en sacré grain de sable dans la machine à faire croire que l’art, la morale et le progrès marchent main dans la main. "Birth of a Nation" dérange et fascine toujours (...)
  • sam 15.10.2016
  • 18:00

    Craig Atkinson, 2016, HD, vo st non sous-titré, 73'
    Depuis que l’armée américaine est active au Moyen Orient, on observe une militarisation inquiétante des forces de l’ordre aux Etats-Unis… A tel point qu’au détour d’une rue, on se croirait à Falloujah ! C’est ce que dévoile avec acuité "Do Not Resist", premier documentaire d’un chef opérateur indépendant, aguerri aux tournages engagés. Démarrant sur l’encadrement des manifestations à Ferguson dans le Missouri suite au décès de Michaël Brown (jeune afro-américain tué le 9 août 2014 par la police locale), "Do Not Resist" chemine à travers le pays de l’Oncle Sam au cœur du système policier. On y apprend notamment que le gouvernement fédéral a mis en place un programme facilitant le rachat de véhicules blindés de l’armée, endettant toujours plus de paisibles municipalités. Et malgré une société civile critique, dont des vétérans de la guerre en Irak, la machine sécuritaire est en route, les policiers semblant adhérer aux nouvelles technologies du marché. Conférences, symposiums, entraînements et interventions démonstratives jalonnent le film, jusqu’à une vision glaciale d’une société gérée en sous traitance par le secteur privé. A l’heure où tout (...)
  • 20:00 Film + débat

    Christophe Cupelin, 2014, HD, vo st fr, 90'
    "Capitaine Thomas Sankara" - refusé au Fespaco (Festival Panafricain du Cinéma de Ouagadougou) en 2013, dans un Burkina Faso encore dirigé par Blaise Compaoré – dresse, au travers d’extraits issus des médias locaux et d’autres images capturées en Super 8 en 1985, le portrait d’un homme anticonformiste et visionnaire, devenu aujourd’hui une icône de la jeunesse africaine, tel Lumumba. De 1983 à 1987, sous Sankara, le peuple burkinabé accomplit des avancées spectaculaires dans des domaines décisifs : émancipation des femmes, alphabétisation, reforestation, souveraineté alimentaire, maîtrise de l´eau et de l’agriculture. Impertinent, on le voit aux côtés de Fela Kuti, grattant sa guitare, mais aussi de Khadafi ou de Fidel Castro. L’air paternaliste, Mitterand avoue dans une séquence : "avec lui on ne dort pas en paix" ! L’approche emphatique et le montage assumé du réalisateur nous permettent de devenir si proche de Sankara que la fin du film nous laisse un sentiment soudain de tristesse, comme si nous avions oublié qu’il avait été assassiné il y a 29 ans... Dans un de ses derniers grand discours, à la conférence des pays de l’OUA en 1987, Thomas (...)
  • dim 16.10.2016
  • 17:00

    Yotam Feldman, 2013, HD, vo st fr, 60'
    Jeune État d’obédience monothéiste hébraïque vend armes, stratégies et techniques militaires à tout groupement officiel en quête d’efficacité dans sa lutte armée contre toute forme de guérillas urbaines. Testées et approuvées sur le terrain, elles vous assureront un rendement maximal dans l’extermination de la population ennemie et un rapport pertes/profits des plus favorables. Pour de plus amples informations, contactez nos ministères militaire et commercial. Cette petite annonce paraît presque réaliste après la vision de "The Lab". Pour son premier film, le jeune Yotam Feldman colle au train d’experts en armement israélien, depuis le philosophe militaire, jusqu’aux entrepreneurs à succès, afin de mieux mettre à jour une dynamique commerciale de l’après-conflit des plus juteuse. Dépourvu de tout complexe, les acteurs de ce monde saignant dévoilent les rouages d’une exploitation de l’expérience de la guerre (contre les palestiniens), dans la création d’un modèle économique qui, loin de coûter à l’État israélien, se révèle une source de profit considérable et d’influence internationale centrale. Entre visite de foire internationale de l’armement ou (...)
  • 18:00

    Abbas Fahdel, 2015, DCP, vo st fr & ang, 160'
    Irak, 2003. Tandis que l’Amérique de Georges W. Bush se prépare à la guerre, que les bombes, les soldats, les tractations diplomatiques sont en marche, à Bagdad, la vie suit son cours. Dans la famille d’Abbas Fahdel, on a l’habitude de la guerre. Il y a eu celle contre l’Iran, puis celle contre le Koweït qui a valu de nombreuses années d’embargos, de misères et de famines à l’Irak. Alors on s’organise. Dans le jardin, on creuse un puit ; l’eau pourrait venir à manquer. On colmate les vitres que les bombardements font exploser. On achète des couches au cas où des gaz meurtriers se répandent dans la ville. On prépare les examens de fin d’année tout en se demandant s’ils auront lieu... A la télévision, Saddam Hussein discoure et se pavane. Les manifestations dans le monde entier contre l’invasion américaine défilent. Une famille entière, une ville, un pays, attend le feu, les bombes, la mort. "Homeland" se divise en deux parties. La première est celle d’un quotidien sous le signe de cette guerre annoncée. Dans la famille du réalisateur qui la filme, on se livre en toute confiance. Longs travellings, larges plans-séquences, plans fixes suspendus aux (...)
  • 21:00

    Abbas Fahdel, 2015, DCP, vo st fr & ang, 174'
    Lire "Homeland : Irak année zéro – Partie 1 Avant la chute"
  • jeu 20.10.2016
  • 20:00

    S’ils ne dépassent les 15 minutes, aucune mine ne se placera sur la route de vos films vers notre écran en quête de malice. Invasion lunaire en plein pique-nique sur l’herbe ; babillements de vos engeances au pied de leurs premières vagues ; ou vols d’images princières pendant le défilé militaire. Toutes vos captations passeront au travers des mailles du filet ! Aucune censure ni sélection ne sont tolérées sinon que vos films doivent nous parvenir une semaine avant que la séance ne soit pleine comme un œuf. Ha oui ! Tous les formats sont acceptés depuis le Super 8 jusqu’au DCP en passant par la VHS. Faites-nous signe à temps si votre précieux film se loge dans un format rare et fragile. À vos envois ! Nova (Open Screen), 14 rue d’arenberg, 1000 Bruxelles. nova@nova-cinema.org, sujet : open screen avec entre autres : – ⁠ Sortir de l’ombre, de Jérôme Erhart -⁠ VO (fr) st EN – ⁠ UPIR -⁠ Laura Rembault -⁠ VO (fr) – ⁠ Démotivation -⁠ Thomas Michel -⁠ VO (fr) – ⁠ Drop -⁠ Annabella Salvalaio -⁠ muet – ⁠ Projet -⁠ Anne Annissa -⁠ fr -⁠ 7min30 – ⁠ L’Chaim l’chaim -⁠ Mikhail Bouchler -⁠ VO (fr)
  • ven 21.10.2016
    Microboutiek 19:30
  • 19:30

    La Microboutiek est un point de diffusion de livres, CD, fanzines, DVD, K7 et autres objets de micro-édition. Vous pouvez autant y découvrir des choses rares que venir y déposer vos créations, la Microboutiek est alimentée par son propre public. N’hésitez pas !
  • 20:00 Film

    Miron Zownir, 2015, DCP, vo st ang, 89'
    We accept you ! We accept you ! One of us ! One of us ! Tel pourrait-être le chant des "Freaks" de Tod Browning vous accueillant chaleureusement dans leurs rangs. Les freaks de Miron Zownir seraient plus enclin à vous violer, vous tuer et vous manger dans l’ordre de votre choix. Dans "Back To Nothing", second film de Zownir, une bande de bras cassés au tempérament emporté traîne son quotidien entre les murs ravagés d’usines déconfites parcourues de déments tatoués, d’idolâtres satanistes ou encore de brutes cannibales, tous bien souvent imbibés de substances hallucinogènes dures. Filmé dans un noir et blanc contrasté du plus bel effet, ce film est le reflet mouvant du travail photographique du réalisateur, emballé dans un humour noir irrévérencieux. "Back To Nothing" est aussi remarquable pour son casting de personnages curieux parmi lesquels nous retrouvons Rummelsnuff, présent durant la séance et qui nous promet de bouter le feu à la salle pour la seconde partie de soirée !
  • 22:00 Concert

    Plus de 100 kilos de pure gonflette, pour une bête de scène made in Germany ! Le capitaine Rummelsnuff vous invite à venir faire la fête sur son EBM musclée et ses chants de marins virils et romantiques. Des tubes comme une reprise très personnelle du "Mongoloïd" de DEVO, à apprécier dans l’ivresse de la fête. Ceux qui l’on vu à Bruxxel il y deux ans se souviendront de la joyeuse ambiance de barbecue-Bratwurst, tenant ses voisins encore inconnus peu avant par l’épaule en se balançant sur des chants de matelots. Tantôt ogre, chien, ou capitaine de bateau dans son bain, Rummelsnuff a le goût du cabaret dans une tradition punk très berlinoise. Avec une âme d’enfant ou un esprit rock n’roll, bien loin du bon goût dominant, Rummelsnuff ne laissera à coup sûr personne sur sa faim !
  • sam 22.10.2016
  • 19:00

    John Huston, 1946, 35mm, vo st fr, 60'
    Si vous revenez de la guerre en proie aux cauchemars, que vous ne savez plus marcher ou qu’étrangement, vous vous mettez à pleurer pour un oui ou pour un non, pas de problèmes ! L’armée américaine vous a concocté un petit programme de remise en forme : quelques séances d’hypnoses, deux-trois discussions avec un psy, du sommeil et hop, hop, hop, vous revoilà d’aplomb pour repartir au combat, au base-ball ou au fin fond du Mississippi. Testé à Long Island, filmé en 1946 par John Huston alors mobilisé, "Let There Be Light" vous en donnera quelques petits exemples spectaculaires. Que la lumière soit, certes, mais surtout "Lève-toi et tais-toi ". Seulement, voilà, ça parle beaucoup dans ce documentaire. Ça pleure, ça souffre, ça se dit... L’horreur, l’effroi, la douleur ne sont jamais loin derrière l’optimisme enthousiaste de cette voix off un poil hystérique. Malgré une partie de base-ball mémorable, l’état Major fut si peu convaincu par l’efficacité propagandiste du film qu’il le retint dans ses tiroirs jusqu’en 1981.
  • 20:00

    aka Riders of the Storm
    Maurice Phillips, 1986, 35mm > video, vo st fr, 100'
    Info exclusive : la guerre n’est pas finie pour tout le monde ! N’ayant jamais vraiment atterri, le capitaine (Dennis Hopper) et ses hommes – spécialistes de l’information, ils sont de retour du Vietnam depuis dix ans quand même - , continuent à diffuser leur propre émission de télé-pirate en direct de leur vieux bombardier B29. La guerre par brouillage des ondes nationales se fait à gros coups de Jimmy Hendrix saturé, de machisme et de portraits crus et politiquement incorrects du American Way of Life. Cependant, l’heure de la retraite a peut-être sonné pour l’équipage, le fou d’électronique, le pilote perché à l’acide, le manchot en fauteuil roulant, le cuisinier black, l’étrange masseur vietnamien, et l’envoyé spécial en rocketman. Mais leur charismatique capitaine veut "one last mission". La cible : une candidate à la présidentielle au programme militariste, pour qui tous les coups bas médiatiques sont permis, dont une alliance contre nature avec des chrétiens... Épinglant le Reagan de l’époque, "The American Way" est un pur fantasme de vétérans psychédéliques, rendant à ces derniers, le temps d’un film ovni, force et dignité dans un grand rire.
  • 22:00

    aka Dead of Night
    Bob Clark, 1974, 35mm > video hd, vo st non sous-titré, 88'
    Alors qu’une famille américaine type (ils ont un chien), apprend avec horreur que leur fils est tombé au Viêt Nam, on sonne à la porte, par une nuit d’orage... Incrédules mais transportés de bonheur, papa, maman et la jeune sœur (sauf le chien) accueillent le héros. Rapidement, le paternel suspecte un comportement étrange, ce que les femmes de la maison refusent de voir. Mais quand le héros commence à ne pas se comporter en bon américain avec le chien, au drive-in, à table, l’évidente horreur de sa nouvelle nature ne fait plus de doute. Pas encore aussi célèbre qu’aujourd’hui, la figure de zombie est encore celle, critique, de George Romero. Avec le recul, il apparaît étonnant que l’un des premiers films sur la guerre du Viêt Nam y fasse appel. Bob Clarck, alors en plein dans une série de films de genre étranges, sombrera quelques années plus tard dans le "teen movie" idiot, après avoir malmené de manière fort cinématographique l’Americana le plus insipide de l’époque.
  • dim 23.10.2016
  • 16:00

    Des hommes et de la guerre
    Laurent Bécue-Renard, 2014, DCP, vo ang st fr, 142'
    En 2008, un vétéran de la guerre du Vietnam décide de créer un centre consacré à la réhabilitation et la réinsertion d’anciens combattants, le Pathway Home en Californie. Les vétérans qui y sont accueillis souffrent tous de STPT (PTSD en anglais), “stress de trouble post traumatique”, terme générique sous lequel on regroupe des syndromes éprouvés suite à un traumatisme violent et profond. Comme justement des traumatismes vécus dans le cours d’une guerre. Des fêlures psychologiques que généralement on accepte dans le cas de civils, mais plus difficilement pour des soldats ayant commis des horreurs meurtrières. Pendant cinq ans, de 2008 à 2013, Laurent Bécue-Renard va partager le parcours d’une douzaine de vétérans des guerres d’Afghanistan et d’Irak accueillis au Pathway Home. Ils y suivent une thérapie de groupe qui peut-être leur permettra de retrouver un semblant de vie normale. Car rongés par le remord, par la honte, par une culpabilité sans fin, ces hommes sont des écorchés vifs. Avec énormément de patience on leur apprend à raconter l’indicible, à se libérer par la parole. C’est d’ailleurs cette dernière qui est le centre névralgique de “Of (...)
  • 19:00

    Craig Atkinson, 2016, HD, vo st non sous-titré, 73'
    Depuis que l’armée américaine est active au Moyen Orient, on observe une militarisation inquiétante des forces de l’ordre aux Etats-Unis… A tel point qu’au détour d’une rue, on se croirait à Falloujah ! C’est ce que dévoile avec acuité "Do Not Resist", premier documentaire d’un chef opérateur indépendant, aguerri aux tournages engagés. Démarrant sur l’encadrement des manifestations à Ferguson dans le Missouri suite au décès de Michaël Brown (jeune afro-américain tué le 9 août 2014 par la police locale), "Do Not Resist" chemine à travers le pays de l’Oncle Sam au cœur du système policier. On y apprend notamment que le gouvernement fédéral a mis en place un programme facilitant le rachat de véhicules blindés de l’armée, endettant toujours plus de paisibles municipalités. Et malgré une société civile critique, dont des vétérans de la guerre en Irak, la machine sécuritaire est en route, les policiers semblant adhérer aux nouvelles technologies du marché. Conférences, symposiums, entraînements et interventions démonstratives jalonnent le film, jusqu’à une vision glaciale d’une société gérée en sous traitance par le secteur privé. A l’heure où tout (...)
  • 21:00

    Michael Powell & Emeric Pressburger, 1943, DCP, vo st fr, 164'
    On n’insistera pas sur l’immense maîtrise et le talent bien connus de Michael Powell et Emeric Pressburger. Leur insolence est par contre moins notoire. Alors quand le Ministère de l’information britannique découvre leur prochaine production, après leur époustouflant et culotté film de propagande "49ème parallèle", l’ex-commanditaire ne s’attend pas à une provocation pareille, ni à un film d’une telle ampleur. Au point que Churchill en personne tenta d’empêcher la production et la sortie de "Colonel Blimp" ! A travers une histoire d’amour pour la même femme sous différentes incarnations (toutes jouées par Deborah Kerr) et une histoire d’amitié indéfectible entre un officier anglais (inspiré du Colonel Blimp des années 30 du caricaturiste David Low) et un officier allemand, les deux cinéastes nous proposent une analyse de l’attitude de l’Angleterre dans ses guerres coloniales et les deux guerres mondiales... Et ce en 1943 ! Et si ce long métrage où pas un coup de feu n’est tiré, a toute sa place dans cette programmation, c’est que tout se joue après une guerre... et donc avant une autre. Les scènes les plus marquantes étant celles où Anton Walbrook (...)