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jeu 10.09.2015
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expo
Collectif d’amoureux de la matière sensible, le LABO ne se limite évidemment pas aux uniques Jen Debauche et son cyclope. Depuis 2005, le LABO accueille des plasticiens et cinéastes aux univers singuliers et protéiformes. Pour cette rentrée, notre bar sera envahi par des tirages inédits de photogrammes des bobines laborantines et autres installations visuelles qui, toutes, feront vivre la pellicule sous des formes sans cesse en mutation. Pour lancer cette rentrée, le vernissage sera le moment privilégié pour découvrir des projections et boucles qui, fragiles, ne pourront malheureusement pas s’exhiber tout au long de la programmation. Une rentrée à ne pas manquer ! -
L’oeil du cyclope
"L’œil du cyclope" s’ouvre comme une blessure entre la nuit du cosmique et celle de l’infiniment petit. Lumière, image de l’éveil de la conscience humaine. Conscience du spectateur comme du solitaire personnage principal. La lumière comme force primitive et opérante du film. "L’oeil du Cyclope", avec une grande maîtrise des bases radicales de la fabrication d’un film, évoque le cinéma du théâtre d’ombres et de la lanterne magique, en étant ponctué de mises en abîmes des caractères primitifs du cinéma : lumière, défilement, mouvement mécanique et circulaire. Le film suit la marche d’un unique personnage à travers bois, montagnes, cavernes et déserts. Il pourrait, si on le veux bien, représenter un archétype humain universel, et sa marche, le déroulement d’une existence. Chaque escalade, plongée, passage souterrain prend une aura symbolique. Aura renforcée par le caractère froid mais intime de l’image cinématographique, nous rappelant que notre vie n’est qu’une étincelle dans la nuit.+ Topologie du vide -
ven 11.09.2015
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Ich seh Ich seh
La mère des jumeaux Lukas et Elias rentre d’un séjour à l’hôpital, le visage entièrement couvert de bandages. Les frères redoutent qu’un inconnu se cache derrière ce masque blanc. Le comportement froid et distant de la mère ne fait qu’augmenter leurs soupçons. Qui peut donc bien être cet imposteur ? La réalisatrice Veronika Franz est l’épouse d’Ulrich Seidl et co-scénariste de la plupart de ses films. Avec Severin Fiala, elle signe un film d’horreur psychologique stylé qui s’est forgé une solide réputation dans le circuit des festivals. Il fait partie de ces films dont une seule scène suffit à faire comprendre à quel point l’œuvre est exceptionnelle. Dans “Ich Seh, Ich Seh”, il s’agit de la scène où les trois protagonistes jouent à “Qui suis-je ?”, et que la mère ne parvient pas à deviner sa propre identité. La tension est habilement maintenue tout au long du récit dans ce film inquiétant, qui nous tient en haleine jusqu’au point d’orgue final. -
Angst
Un jeune sociopathe est libéré de prison. Seule sa voix aliénée nous accompagne dans son expédition meurtrière. Lorsqu’il tombe sur une maison isolée, il y tisse sa toile en attendant le retour des habitants. C’est alors que ses ardeurs sadiques bridées des années durant atteignent leur apogée, dans une éruption de sévices et de viols. Même si notre fascination morbide pour les tueurs en série psychopathes est souvent transposée sur grand écran, nous préférons tout de même garder une distance de sécurité. Dans les slashers, les meurtriers sont généralement dépeints de façon caricaturale comme des individus sans cœur ni âme, alors que les thrillers tels que “Se7en” et le “Silence des agneaux” les présentent comme des génies aux pulsions meurtrières et au charisme outranciers. Il n’en est rien dans cette étude de mœurs ultra-réaliste qui plonge le spectateur dans l’esprit agité d’un psychopathe sadique. La caméra nous entraîne dans une valse envoûtante et fébrile à travers les atrocités perpétrées, nous empêchant d’en détourner le regard. Ce film est à la fois une expérience visuelle extrêmement pénible, et un chef d’œuvre unique à part entière. -
sam 12.09.2015
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Meine keine Familie
C’est en 1970 que Otto Muehl, co-fondateur et figure de proue du mouvement des actionnistes viennois, fonde la commune qui prendra le nom de Friedrichshof. Au-delà des aspects artistiques, celle-ci deviendra internationalement connue pour la radicalité de sa philosophie. Elle existera pendant pratiquement vingt ans, atteignant par moments 600 habitants, provenant de toute l’Europe, promouvant une utopie de vie extrême : collectivité des biens et du travail, sexualité libre et libérée, refus du couple, éducation collective des enfants... Vers la fin des années ’80 Muehl sera traîné en justice. Ce sera la fin de la commune de Friedrichshof, qui avait viré à des pratiques plutôt douteuses... Depuis le tout début, tous les instants de la commune furent filmés ou du moins documentés. "Mein keine Familie" naît de l’incroyable voyage que fait Paul-Julien Robert dans ces archives. Né dans la commune de Friedrichshof, le réalisateur y avait passé ses douze premières années... Le film, composé de beaucoup d’images d’archives mais aussi de divers témoignages et d’interviews de la mère du réalisateur, est une longue quête, hors du commun, pour savoir qui est (...) -
Im Keller
Dans la cave... les Autrichiens satisfont leurs désirs les plus profonds et vivent leurs obsessions sans retenue : dépoussiérer des articles nazis, jouer au train électrique ou avec des poupées plus vraies que nature, ou encore pratiquer des actes sadomasochistes. Ces troglodytes ordinaires se font filmer par Ulrich Seidl lors de leurs occupations, et parlent librement de leurs peurs et de leurs désirs. Dans un style qui lui est propre, confrontant mais empathique, il aboli la frontière entre enregistrement passif et mise en scène et livre des tableaux vivants humains, intimes et glauques. Selon Seidl, "la cave est le symbole de l’inconscient autrichien. C’est un lieu d’obscurité, un lieu de peur, un lieu de gouffres humains". Drôle et triste, cet essai cinématographique restera dans la tête des spectateurs. -
Ulrich Seidl : A Director at Work
Le documentaire de Constantin Wulff sur ce cinéaste complexe et exceptionnel qu’est Seidl est composé d’entretiens courts et laconiques avec lui, ses acteurs et sa femme et co scénariste Veronika Franz. Il nous permet de comprendre où se situent les fascinations de Seidl : dans l’obscurité, derrière les façades irréprochables que la plupart d’entre nous ont érigées. Wulff nous invite sur le tournage des films de Seidl, une première et un aperçu dans son travail d’autant plus unique. Nous découvrons ainsi le cinéaste au travail lors des enregistrements de "Im keller" et lors des répétitions pour la pièce de théâtre "Böse Buben / Fiese Männer" : tranquille et concentré, mais également sévère et précis. Seidl sait exactement ce qu’il veut et il stylise la réalité si fortement que la frontière entre fiction et documentaire devient floue. Acteurs ou vrais personnages, Seidl leur demande d’explorer leurs frontières intérieures et de les repousser. Ensemble, ils entreprennent une quête vers les désirs et les obsessions les plus profonds qui restent bien souvent occultés. -
dim 13.09.2015
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Wienfilm 1896 – 1976
Ernst Schmidt Jr est certainement un des noms erronément peu connus du cinéma autrichien. Réalisateur aussi prolifique que protéiforme, décédé malheureusement trop jeune, Ernst Schmidt Jr décida vers la moitié des années 70 de demander à plusieurs artistes et réalisateurs de la scène avant-gardiste autrichienne de l’époque de collaborer à un film collectif sur Vienne. Le résultat est le moins que l’on puisse dire étonnant. "Wienfilm 1896-1976" est une surprenante anthologie cinématographique qui croque le portrait de Vienne, tout en retraçant l’histoire du cinéma depuis ses origines jusqu’à 1976, date de réalisation du film. Au travers d’un remarquable travail de montage, mélangeant aussi bien des images d’archive que des séquences tournées spécialement pour le film, cette œuvre collective propose une relecture critique de l’histoire de Vienne, de sa civilisation et de son histoire politique. Non sans beaucoup d’humour et d’inventivité, il en dénonce aussi ses comportements vieux-jeu et ses clichés qui ont la peau dure. -
Hundstage
Un mois d’août à Vienne. C’est la canicule annuelle, que l’on appelle plus communément "hundstage" (le jour des chiens). La banlieue viennoise grouille d’une humanité baignant dans une sueur malsaine. Les journées passent en se traînant en slip ou en bikini défraîchis, en attendant la tiédeur du soir où l’on se gave d’alcool, de sexe et de violence. Violence qui transpire par tous les pores des six personnages : une auto stoppeuse qui harcèle les conducteurs, un représentant de systèmes de sécurité en chasse derrière un casseur de voitures neuves, une institutrice nymphomane battue et humiliée par son amant, un vieux maniaque pervers... Seidl montre la vie dans ses replis les plus intimes et les plus fragiles. Il y a un scenario, mais les dialogues sont improvisés ; les acteurs jouent un rôle mais restent proches du leur dans la vie quotidienne. Ce film reste une fiction malgré qu’il soit d’un réalisme frappant. L’illusion du réel dans toute sa splendeur. -
Ich seh Ich seh
La mère des jumeaux Lukas et Elias rentre d’un séjour à l’hôpital, le visage entièrement couvert de bandages. Les frères redoutent qu’un inconnu se cache derrière ce masque blanc. Le comportement froid et distant de la mère ne fait qu’augmenter leurs soupçons. Qui peut donc bien être cet imposteur ? La réalisatrice Veronika Franz est l’épouse d’Ulrich Seidl et co-scénariste de la plupart de ses films. Avec Severin Fiala, elle signe un film d’horreur psychologique stylé qui s’est forgé une solide réputation dans le circuit des festivals. Il fait partie de ces films dont une seule scène suffit à faire comprendre à quel point l’œuvre est exceptionnelle. Dans “Ich Seh, Ich Seh”, il s’agit de la scène où les trois protagonistes jouent à “Qui suis-je ?”, et que la mère ne parvient pas à deviner sa propre identité. La tension est habilement maintenue tout au long du récit dans ce film inquiétant, qui nous tient en haleine jusqu’au point d’orgue final. -
jeu 17.09.2015
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Im Keller
Dans la cave... les Autrichiens satisfont leurs désirs les plus profonds et vivent leurs obsessions sans retenue : dépoussiérer des articles nazis, jouer au train électrique ou avec des poupées plus vraies que nature, ou encore pratiquer des actes sadomasochistes. Ces troglodytes ordinaires se font filmer par Ulrich Seidl lors de leurs occupations, et parlent librement de leurs peurs et de leurs désirs. Dans un style qui lui est propre, confrontant mais empathique, il aboli la frontière entre enregistrement passif et mise en scène et livre des tableaux vivants humains, intimes et glauques. Selon Seidl, "la cave est le symbole de l’inconscient autrichien. C’est un lieu d’obscurité, un lieu de peur, un lieu de gouffres humains". Drôle et triste, cet essai cinématographique restera dans la tête des spectateurs. -
Ulrich Seidl : A Director at Work
Le documentaire de Constantin Wulff sur ce cinéaste complexe et exceptionnel qu’est Seidl est composé d’entretiens courts et laconiques avec lui, ses acteurs et sa femme et co scénariste Veronika Franz. Il nous permet de comprendre où se situent les fascinations de Seidl : dans l’obscurité, derrière les façades irréprochables que la plupart d’entre nous ont érigées. Wulff nous invite sur le tournage des films de Seidl, une première et un aperçu dans son travail d’autant plus unique. Nous découvrons ainsi le cinéaste au travail lors des enregistrements de "Im keller" et lors des répétitions pour la pièce de théâtre "Böse Buben / Fiese Männer" : tranquille et concentré, mais également sévère et précis. Seidl sait exactement ce qu’il veut et il stylise la réalité si fortement que la frontière entre fiction et documentaire devient floue. Acteurs ou vrais personnages, Seidl leur demande d’explorer leurs frontières intérieures et de les repousser. Ensemble, ils entreprennent une quête vers les désirs et les obsessions les plus profonds qui restent bien souvent occultés. -
ven 18.09.2015
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Scotcheuses Part I
Tout commence lorsque quelques personnes, ayant déjà une pratique du super 8, proposent de faire un film lors d’une fête des mort ("Le bal des absent-es"), en ouvrant sa fabrication aux autres personnes présentes. L’expérience continue à Martres, avec des éleveurs en lutte ("Anomalies"). le groupe s’agrandit et fait à nouveau défiler la pellicule, de la caméra au projecteur – en passant par la scotcheuse pour le montage !• Bal des absent-es• Anomalies -
Les Scotcheuses ZAD Part Two
L’aventure se poursuit sur la zAD de Notre-Dame-Des-Landes, avec l’idée d’aller y tourner une fiction. Au travers d’un atelier de cinéma ouvert aux volontaires – pour (s’)apprendre à utiliser la caméra, à prendre des sons, à développer la pellicule, etc. – un film s’est créé, qui, à la nuit tombée du dixième jour, a illuminé le ciel de la zone ("Sème ton western"). Puis, avec l’envie de prendre plus de temps, nous avons passé un an, en se retrouvant régulièrement, à fabriquer une autre fiction ("No ouestern").• Sème ton Western• No ouestern -
Concert
Chaque étape de notre voyage est ponctuée par quelques notes de musique, un boeuf ou un concert des Chateignes-all-stars, et le bar du Nova ne sera pas épargné ! N’hésitez pas, approchez, dansez – et si vous avez un instrument : jouez avec nous ! -
sam 19.09.2015
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Atelier semaine du son
Dans le cadre de La Semaine du Son, Isabelle Sainte-Rose vous invite à (re)découvrir la salle du cinéma Nova, en la faisant "sonner". Ce sera l’occasion d’ en expérimenter les possibilités sonores particulières, et de créer une composition ouverte à l’écoute, au geste , à l’imagination ; à l’intellect et à l’affect de tous et de chacun. La musique sera enregistrée, et les participants recevront une copie de l’enregistrement. A partir de 7 ans. reservations@lasemaineduson.be http://lasemaineduson.be/ -
Angst
Un jeune sociopathe est libéré de prison. Seule sa voix aliénée nous accompagne dans son expédition meurtrière. Lorsqu’il tombe sur une maison isolée, il y tisse sa toile en attendant le retour des habitants. C’est alors que ses ardeurs sadiques bridées des années durant atteignent leur apogée, dans une éruption de sévices et de viols. Même si notre fascination morbide pour les tueurs en série psychopathes est souvent transposée sur grand écran, nous préférons tout de même garder une distance de sécurité. Dans les slashers, les meurtriers sont généralement dépeints de façon caricaturale comme des individus sans cœur ni âme, alors que les thrillers tels que “Se7en” et le “Silence des agneaux” les présentent comme des génies aux pulsions meurtrières et au charisme outranciers. Il n’en est rien dans cette étude de mœurs ultra-réaliste qui plonge le spectateur dans l’esprit agité d’un psychopathe sadique. La caméra nous entraîne dans une valse envoûtante et fébrile à travers les atrocités perpétrées, nous empêchant d’en détourner le regard. Ce film est à la fois une expérience visuelle extrêmement pénible, et un chef d’œuvre unique à part entière. -
Ich seh Ich seh
La mère des jumeaux Lukas et Elias rentre d’un séjour à l’hôpital, le visage entièrement couvert de bandages. Les frères redoutent qu’un inconnu se cache derrière ce masque blanc. Le comportement froid et distant de la mère ne fait qu’augmenter leurs soupçons. Qui peut donc bien être cet imposteur ? La réalisatrice Veronika Franz est l’épouse d’Ulrich Seidl et co-scénariste de la plupart de ses films. Avec Severin Fiala, elle signe un film d’horreur psychologique stylé qui s’est forgé une solide réputation dans le circuit des festivals. Il fait partie de ces films dont une seule scène suffit à faire comprendre à quel point l’œuvre est exceptionnelle. Dans “Ich Seh, Ich Seh”, il s’agit de la scène où les trois protagonistes jouent à “Qui suis-je ?”, et que la mère ne parvient pas à deviner sa propre identité. La tension est habilement maintenue tout au long du récit dans ce film inquiétant, qui nous tient en haleine jusqu’au point d’orgue final. -
Hundstage
Un mois d’août à Vienne. C’est la canicule annuelle, que l’on appelle plus communément "hundstage" (le jour des chiens). La banlieue viennoise grouille d’une humanité baignant dans une sueur malsaine. Les journées passent en se traînant en slip ou en bikini défraîchis, en attendant la tiédeur du soir où l’on se gave d’alcool, de sexe et de violence. Violence qui transpire par tous les pores des six personnages : une auto stoppeuse qui harcèle les conducteurs, un représentant de systèmes de sécurité en chasse derrière un casseur de voitures neuves, une institutrice nymphomane battue et humiliée par son amant, un vieux maniaque pervers... Seidl montre la vie dans ses replis les plus intimes et les plus fragiles. Il y a un scenario, mais les dialogues sont improvisés ; les acteurs jouent un rôle mais restent proches du leur dans la vie quotidienne. Ce film reste une fiction malgré qu’il soit d’un réalisme frappant. L’illusion du réel dans toute sa splendeur. -
dim 20.09.2015
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L’oeil du cyclope
"L’œil du cyclope" s’ouvre comme une blessure entre la nuit du cosmique et celle de l’infiniment petit. Lumière, image de l’éveil de la conscience humaine. Conscience du spectateur comme du solitaire personnage principal. La lumière comme force primitive et opérante du film. "L’oeil du Cyclope", avec une grande maîtrise des bases radicales de la fabrication d’un film, évoque le cinéma du théâtre d’ombres et de la lanterne magique, en étant ponctué de mises en abîmes des caractères primitifs du cinéma : lumière, défilement, mouvement mécanique et circulaire. Le film suit la marche d’un unique personnage à travers bois, montagnes, cavernes et déserts. Il pourrait, si on le veux bien, représenter un archétype humain universel, et sa marche, le déroulement d’une existence. Chaque escalade, plongée, passage souterrain prend une aura symbolique. Aura renforcée par le caractère froid mais intime de l’image cinématographique, nous rappelant que notre vie n’est qu’une étincelle dans la nuit.+ Topologie du vide -
LABO en courts
Exhausteurs de sensations naturelles, les courts-métrages, clips, essais, extraits de films et mini-performances mises en place par les membres de l’équipe laborantine embelliront les seconde et troisième séances de "L’oeil du cyclope" et "Topologie du vide". Et par la même occasion, ils auront le bon goût de vous laisser voir une partie des images fixes du bar prendre vie ! Animations, films et clips déjantés, recherche sur la lumière, mix d’univers forts en sens et en émotions, autant d’objets cinématographiques qui donnent un avant-goût de ce qui a pu être conçu dans les murs du LABO. Deux compilations pour se perdre et se surprendre. Comme point de départ, la pellicule, ses expérimentations et manipulations... bonnes séances ! Encore en cours de rassemblement à l’heure du bouclage du programme, les compilations dévoileront leurs surprises foisonnantes aux soirs des projections. Et pour les plus curieux, tenez le site du Nova à l’œil, de nouvelles infos y naîtront ! -
Ich seh Ich seh
La mère des jumeaux Lukas et Elias rentre d’un séjour à l’hôpital, le visage entièrement couvert de bandages. Les frères redoutent qu’un inconnu se cache derrière ce masque blanc. Le comportement froid et distant de la mère ne fait qu’augmenter leurs soupçons. Qui peut donc bien être cet imposteur ? La réalisatrice Veronika Franz est l’épouse d’Ulrich Seidl et co-scénariste de la plupart de ses films. Avec Severin Fiala, elle signe un film d’horreur psychologique stylé qui s’est forgé une solide réputation dans le circuit des festivals. Il fait partie de ces films dont une seule scène suffit à faire comprendre à quel point l’œuvre est exceptionnelle. Dans “Ich Seh, Ich Seh”, il s’agit de la scène où les trois protagonistes jouent à “Qui suis-je ?”, et que la mère ne parvient pas à deviner sa propre identité. La tension est habilement maintenue tout au long du récit dans ce film inquiétant, qui nous tient en haleine jusqu’au point d’orgue final. -
jeu 24.09.2015
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Open Screen
Et revoilà le moment d’envoyer vos films au Nova. Nul doute que cet été ensoleillé vous aura stimulé. Vous aurez même peut être filmer l’ambiance Mad Max du piétonnier la nuit ! Que ça soit ça ou autre chose, nous attendons vos œuvres et vos travaux, vos essais, vos clips, vos sex tapes, bref, ce que vous voulez, du moment que ça fasse moins de 15 minutes et que ça soit envoyé une semaine à l’avance au 14 rue d’Arenberg, 1000 Bruxxel avec une fiche technique complète ! avec entre autres : Nothing, Eva Campos & Marta Kosieradzka, video, B, 2015, 5’21 Camisole Julien Merlin, animation, B, 2’ Madeleine, le tram s’est est allé video, B, 2015, 12’ Un chien qui chante, Quentin Papapietro, video, F, 2015, 12’ et des surprises..... -
ven 25.09.2015
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Velak Compilation #1
"Les neuf films choisis pour ce programme ont pour point commun le noir, la noirceur. Des chevauchées nocturnes un peu sinistres, des louvoiements d’une chambre obscure à une autre, des insectes répugnants coincés dans un coffrage, des ordures qui se déplacent dans des décombres abandonnés, un écran déchiré qui hurle, des images tremblantes, des voix fantomatiques, ... Pendant 58 minutes vous serez transportés dans un labyrinthe d’images et de sons qui fait éclater la frontière entre l’abstrait et le concret." Billy Roisz• Ground Control• Carte Noire• THE• ... -
Velak Perf #1
Tamara Wilhelm (diy electronics/video), Dieb13 (turntables/video), Billy Roisz (concept/e-bass/electronics/video) Inspiré de l’effet "idéomoteur" (un effet psychologique qui consiste en l’expérience de mouvements musculaires involontaires), la performance du trio Billy Roisz, Tamara Wilhelm et Dieb13 se construit, petit à petit, comme une "machinerie" éclectique, où les actions et réactions se font inconsciemment et aléatoirement. Sur scène, les trois artistes interagissent musicalement et physiquement, mais aussi visuellement à l’aide de trois sources de projection. Gommant toute frontière entre l’acte d’idéation, de composition et d’improvisation. http://wilhelm.klingt.org/ http://dieb13.klingt.org/ http://billyroisz.klingt.org/ Veronika Mayer (electronics) & Conny Zenk (visuals) L"une est compositrice et musicienne, l’autre est une artiste et performeuse multi-media. Veronika Mayer et Conny Zenk collaborent ensemble depuis quelques années. Leurs performances mélangent distorsions et sampling sonores à des flots visuels aux couleurs intenses, plongeant le spectateur dans une expérience totalement immersive. (...) -
sam 26.09.2015
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Velak Compilation #2
"Les films de cette compilation sont tous basés sur des images de mouvements physiques que l’on fait quotidiennement. En utilisant différents effets et techniques, comme des angles de vue inhabituels, des variations de vitesse, des filtres, des trucs de montage, le corps humain y est transformé jusqu’à un point où la réalité n’est (presque) plus reconnaissable et devient même sans importance. Les images finissent par dépeindre des mondes surréels, ironiques, érotiques ou encore fantomatiques. On se retrouve dans un espace "autre", "au-delà" des images, où les sens stimulent l’imagination". Brigitta Bödenauer• Weiß (White)• Fingerprint• Die Geburt der Venus• ... -
Velak Perf #2
Irene Pacini (visuals) & Caroline Profanter (electroacoustics) Irene Pacini, musicienne, artiste et performeuse multi-media, et Caroline Profanter, compositrice et musicienne, créent des performances où le geste, le son et le visuel interagissent avec l’univers de la musique électroacoustique. Dans une ambiance calfeutrée, et une mise en scène d’objets épars, elles embarqueront le spectateur dans une exploration, audio et visuelle, de l’élément "eau", dans toutes ses dimensions. http://cprofanter.klingt.org/ https://vimeo.com/user6017707 PRSZR (drums, gongs & electronics) & Brigitta Bödenauer (visuals) PRSZR (prononcez "pressure", en anglais !) est un duo composé de Rafal Iwanski (du groupe polonais HATI) et du musicien autrichien Pure, très connu aussi comme Dj. La musique composée par PRSZR mélange des sonorités féériques, mystérieuses, à des sons plus archaïques. Des compositions multi-rythmiques qui mixent sons de percussions et matières sonores générées à l’ordinateur. Une expérience hypnotique (ou cathartique) densifiée par les visuels en live de l’artiste Brigitta Bödenauer. http://musicwithmachines.org/prszr/ (...) -
dim 27.09.2015
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Im Keller
Dans la cave... les Autrichiens satisfont leurs désirs les plus profonds et vivent leurs obsessions sans retenue : dépoussiérer des articles nazis, jouer au train électrique ou avec des poupées plus vraies que nature, ou encore pratiquer des actes sadomasochistes. Ces troglodytes ordinaires se font filmer par Ulrich Seidl lors de leurs occupations, et parlent librement de leurs peurs et de leurs désirs. Dans un style qui lui est propre, confrontant mais empathique, il aboli la frontière entre enregistrement passif et mise en scène et livre des tableaux vivants humains, intimes et glauques. Selon Seidl, "la cave est le symbole de l’inconscient autrichien. C’est un lieu d’obscurité, un lieu de peur, un lieu de gouffres humains". Drôle et triste, cet essai cinématographique restera dans la tête des spectateurs. -
Microboutiek
La Microboutiek, damoiseau, est un point de diffusion de livres, CD, fanzines, DVD, K7 et autres objets de micro-édition. Vous pouvez autant y découvrir des choses rares que venir y déposer vos créations, la Microboutiek est alimentée par son propre public. N’hésitez pas ! -
Lame de fond
Rarement titre de film n’a autant fait sens. Un film dégageant une telle force émotionnelle à partir d’un projet formel visuel et sonore curieux, ludique et abouti où le sujet est personnel, angoissant, parfois rieur et qui explore à la foi la thématique si moderne du souvenir, de la confiance, et la maladie, tout en interrogeant le cinéma contemporain, c’est encore plus rare ! On y retrouve des constantes formelles du cinéma au début du récit : images en super 8, voix off, flou artistique entre docu et fiction, l ’utilisation pointue de la musique, mélange des techniques... Mais le film ne tarde pas à trouver sa voie et brouiller nos pistes, avec comme bouée ou fil rouge, la voix de la narratrice capable de nous submerger d’émotion, de nous retourner, d’inspirer une empathie marquée, puis de la méfiance, avant de nous emmener au large, déboussolés. Ce qui a commencé par une histoire de maison familiale que l’on doit vendre, les souvenirs qu’on y a enfermés, l’innocence, l’illusion de la famille comme cellule stable, prend vite un tour cauchemardesque dont il faut bien sortir.+ Lou Bëth Xayma -
Meine keine Familie
C’est en 1970 que Otto Muehl, co-fondateur et figure de proue du mouvement des actionnistes viennois, fonde la commune qui prendra le nom de Friedrichshof. Au-delà des aspects artistiques, celle-ci deviendra internationalement connue pour la radicalité de sa philosophie. Elle existera pendant pratiquement vingt ans, atteignant par moments 600 habitants, provenant de toute l’Europe, promouvant une utopie de vie extrême : collectivité des biens et du travail, sexualité libre et libérée, refus du couple, éducation collective des enfants... Vers la fin des années ’80 Muehl sera traîné en justice. Ce sera la fin de la commune de Friedrichshof, qui avait viré à des pratiques plutôt douteuses... Depuis le tout début, tous les instants de la commune furent filmés ou du moins documentés. "Mein keine Familie" naît de l’incroyable voyage que fait Paul-Julien Robert dans ces archives. Né dans la commune de Friedrichshof, le réalisateur y avait passé ses douze premières années... Le film, composé de beaucoup d’images d’archives mais aussi de divers témoignages et d’interviews de la mère du réalisateur, est une longue quête, hors du commun, pour savoir qui est (...) -
jeu 01.10.2015
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Faut savoir se contenter de beaucoup
Jean-Henri Meunier met en scène la rencontre de deux icônes de la subversion : Jean-Marc Rouillan (ancien membre d’Action Directe) et Noël Godin (entarteur et auteur entre autres de "L’Anthologie de la subversion carabinée"), qu’il entraîne sur des chemins de traverse. "Un film d’une liberté de ton assez ébouriffante (…), composé d’une matière opposée à tout système narratif étiqueté. J.H.M. ne donne rien à lire à personne et c’est sa force, sa résistance. Il écrit son film au jour le jour et sans papier, avec ses acteurs et sa caméra en guise de stylo. Par ailleurs c’est un cinéaste d’une très grande précision, comparable en cela à un tireur d’élite : un axe, une prise. (…) Certains puristes du ’jeu d’acteur’ feront la moue en écoutant la voix très haut perchée de Noël Godin confrontée au laconisme longuement travaillé dans les QHS par Jean-Marc Rouillan. Ils auront tort, obligatoirement tort, de se moquer du ravi de la crèche et de son compagnon de route revenu de tous les enfers." (Nan Aurousseau) -
ven 02.10.2015
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Mondo Pigalle
Une sélection de reportages d’époque évoquant les rues de Pigalle, le strip-tease et le cinéma porno dans le contexte des années 60 et 70, avec entre autres :• Lolo Pigalle• Enquête sur les films érotiques -
Le Sexe qui parle
réalisation & scénario Frédéric Lansac (Claude Mulot), premier assistant Michel Barny, avec Pénélope Lamour et Sylvia Bourdon. Fleuron de la filmographie du porno français, ce film emprunte le thème du mythique "Gorge Profonde" de Gerard Damiano. Joëlle, mariée à Eric, travaille dans le milieu publicitaire. Un couple bourgeois sans histoires. Mais soudain, après une soirée entre amis, son sexe commence à parler avec une voix criarde… Le caractère hors normes du "Sexe Qui Parle" réside d’abord dans ses qualités formelles : montage de Gérard Kikoïne, photographie signée Roger Fellous (qui fut opérateur chez Duvivier et Buñuel). Son intérêt réside également dans un intrigant mélange des genres. A la fois drame bourgeois, comédie paillarde à la lisière de la vulgarité, flirtant même avec le genre horrifico-fantastique, ce chef-d’œuvre remporta le Grand Prix du premier (et dernier) Festival du Film Pornographique organisé à Paris en août 1975. Ses séquences hard furent en outre transférées au format Super 8 et commercialisées en VPC par Eagle France sous les titres "Délire vaginal", "Les Branleuses en partouze", "Une queue pour deux lesbiennes"… -
Entrechattes
Scénario Gérard Kikoïne et Frédéric Lansac (Claude Mulot), premier assistant Michel Barny, avec Agnès Lemercier et Gilbert Servien. Une infirmière est engagée par la famille d’un milliardaire pour assassiner celui-ci en le faisant… mourir de plaisir. Mais elle s’éprend de sa victime et ne remplit pas son contrat. Ce film brillamment mis en scène et aux dialogues savamment ciselés constitue une des œuvres maîtresses du hard français. Ses deux scénaristes ont puisé leur inspiration dans des références prestigieuses, à commencer par "Théorème" de Pasolini qui met également en scène l’intrusion d’un étranger (ici une infirmière prénommée "Ange") dans une famille dont il séduit chaque membre. Le pitch de la nurse provoquant le décès de ses "patients" en leur procurant un ultime orgasme rappelle "L’Ange rouge" de Masamura. A travers l’amour synonyme de mort et l’ambivalence entre Eros et Thanatos, "Entrechattes" évoque aussi l’œuvre transgressive de George Bataille. -
sam 03.10.2015
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Ich seh Ich seh
La mère des jumeaux Lukas et Elias rentre d’un séjour à l’hôpital, le visage entièrement couvert de bandages. Les frères redoutent qu’un inconnu se cache derrière ce masque blanc. Le comportement froid et distant de la mère ne fait qu’augmenter leurs soupçons. Qui peut donc bien être cet imposteur ? La réalisatrice Veronika Franz est l’épouse d’Ulrich Seidl et co-scénariste de la plupart de ses films. Avec Severin Fiala, elle signe un film d’horreur psychologique stylé qui s’est forgé une solide réputation dans le circuit des festivals. Il fait partie de ces films dont une seule scène suffit à faire comprendre à quel point l’œuvre est exceptionnelle. Dans “Ich Seh, Ich Seh”, il s’agit de la scène où les trois protagonistes jouent à “Qui suis-je ?”, et que la mère ne parvient pas à deviner sa propre identité. La tension est habilement maintenue tout au long du récit dans ce film inquiétant, qui nous tient en haleine jusqu’au point d’orgue final. -
Ed Askew
Parmi les pépites de la fin des années soixante, certaines sont encore plus rare que d’autres, et c’est le cas de Ask the Unicorn, premier album d’Ed Askew sur ESP, label de free jazz et des Fugs ! Ed aussi vivait dans le New York agité d’alors. Rétrospectivement, on peut se dire que ce disque au songwriting assuré, à l’interprétation belle et fragile, ne dépare pas dans l’incroyable catalogue du label. La sensibilité fine et subtile d’Ed transpire dans son approche des instruments comme dans sa voix, elle aussi représentative de son époque. Et puis Ed continua à peindre et à enregistrer, plus rarement, et les critiques se détournèrent de lui. Alors que l’on retourne aujourd’hui toutes les pierres sixties, il est tout à fait logique que l’on s’attarde sur cette réelle pépite. Ça fait quelques années maintenant qu’Ed a retrouvé les chemins du studio et de la scène, entouré d’un groupe de jeunes New-Yorkais, donnant ça et là des concerts feutrés et malicieux. La salle du Nova se prêtera sans doute très bien à l’écoute et/ou à la découverte d’un Ed Askew toujours alerte. Peut être aussi l’occasion de découvrir le beau double album sorti récemment sur le label bruxellois Okraïna. -
dim 04.10.2015
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Meine keine Familie
C’est en 1970 que Otto Muehl, co-fondateur et figure de proue du mouvement des actionnistes viennois, fonde la commune qui prendra le nom de Friedrichshof. Au-delà des aspects artistiques, celle-ci deviendra internationalement connue pour la radicalité de sa philosophie. Elle existera pendant pratiquement vingt ans, atteignant par moments 600 habitants, provenant de toute l’Europe, promouvant une utopie de vie extrême : collectivité des biens et du travail, sexualité libre et libérée, refus du couple, éducation collective des enfants... Vers la fin des années ’80 Muehl sera traîné en justice. Ce sera la fin de la commune de Friedrichshof, qui avait viré à des pratiques plutôt douteuses... Depuis le tout début, tous les instants de la commune furent filmés ou du moins documentés. "Mein keine Familie" naît de l’incroyable voyage que fait Paul-Julien Robert dans ces archives. Né dans la commune de Friedrichshof, le réalisateur y avait passé ses douze premières années... Le film, composé de beaucoup d’images d’archives mais aussi de divers témoignages et d’interviews de la mère du réalisateur, est une longue quête, hors du commun, pour savoir qui est (...) -
Wiener Actionists
L’actionnisme viennois, porté par Günter Brus, Rudolf Schwarzkogler , Hermann Nitsch et Otto Muehl, a sans aucun doute été un des mouvements artistiques les plus radicaux du vingtième siècle. Il fit surface dans les années ’60, et malgré sa courte durée il marqua indéniablement les esprits. Les actionnistes utilisaient le corps humain comme matériau artistique, le confrontant aux situations les plus extrêmes. Un certain nombre de films furent tournés, mais à l’exception des films de Nitsch, la plupart n’avaient pas été réalisés pour documenter fidèlement leurs performances. La diversité de l’œuvre cinématographique des actionnistes se base sur les différentes approches artistiques de ses membres, ainsi que de leur nombreux amis et assistants impliqués dans les projets. Une figure centrale fut sans aucun doute le cinéaste expérimental Kurt Kren, un ami du mouvement, dont le langage cinématographique correspondait, surtout vers 1965, aux intentions des actionnistes. Mais c’est surtout dans l’œuvre de Otto Muehl qu’on comprend bien l’évolution de l’usage du film par rapport aux performances. On y observe un processus, comparable à celui dans sa (...) -
Wiener Brut
Vienne, mi-années 80. Une bande de jeunes punks anarchistes, de gays et lesbiennes, est gaiement installée dans un immeuble squatté du centre-ville, menant une vie libertine et certes un brin dépravée. Les autorités locales ne voient évidemment pas d’un bon œil l’insouciance de ces jeunes gens, surtout que dans la Graas Straße, la came et la "neige" circulent à gogo. Une travailleuse sociale est alors envoyée pour catéchiser cette jeunesse, mais c’est elle qui finira par rallier leur mode de vie. Jusqu’au jour où un des jeunes de la bande se fait engager comme domestique chez la princesse Maria Carolina. Cette dame en froufrous et fanfreluches et les jeunes punks anars ont un point en commun : ils se ravitaillent chez le même dealer..... Qui un jour se fait attraper par la police. La princesse et les punks s’unissent alors pour un même combat ! Vous l’aurez compris, l’histoire est haute en couleurs, et des plus improbables. C’est dans la façon de dépeindre, avec autodérision, la scène anarco-punk et gay viennoise de l’époque que réside l’intérêt du film. Ainsi que dans le regard impertinent qu’il pose sur la société conservatrice de l’époque. Le (...) -
jeu 08.10.2015
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Istmeño, le vent de la révolte
Agents blanchissants très peu soumis à la controverse sinon en ce qui concerne leur réel potentiel énergétique, les énergies renouvelables sont cette panacée de la politique du renouveau énergétique que nul n’oserait égratigner sous peine de passer pour plus fossile que le dernier des Ford. Pourtant, parfois, même la où le vent souffle, la production d’énergie sème la discorde. Dans l’isthme de Tehuantepec, territoires venteux d’un Mexique rural, l’arrivée de grosses entreprises énergétiques appâtées par la volonté de faire de la région le plus vaste parc éolien du continent, soulève les communautés non sur base d’un Nimby faiblement argumenté mais bien d’une combinaison de facteurs à même d’endommager durablement l’équilibre de leurs communautés pour mieux combler un besoin énergétique de cités éloignées. Immergé au cœur même des communautés résistantes, Aléssi Dell’Umbria témoigne des dangers portés par cette machinerie pour leur mode de vie et ensuite de l’organisation de la lutte jusqu’à la réorganisation militante en une société indépendante du contrôle de l’état central. Toujours en cours, la lutte sera commentée par le réalisateur présent pour cette projection. -
ven 09.10.2015
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Funny Games
Une famille d’apparence plutôt aisée se rend pour le week-end dans sa belle maison de campagne au bord du lac. Voici que deux jeunes hommes, bien habillés, en tenue de tennis, leur rendent visite sous prétexte de leur emprunter des oeufs. Très vite, la situation prend une tournure plutôt intattendue... Peter et Paul (mais qui par moments s’appellent Tom et Jerry) ont l’intention de faire passer un mauvais quart d’heure à la petite famille modèle. C’est un cauchemar qui commence... Avec "Funny Games", Michael Haneke nous avait livré, dans les années 90, un des films les plus radicaux et provocateurs sur le thème de la violence et de son usage au cinéma. Les scènes y sont quelques fois insoutenables. Pourtant, la violence n’est qu’à peine montrée, tout se passe essentiellement hors-champ. Présenté à Cannes, au moment de sa sortie, "Funny Games" ne fit pas l’unanimité. Mais au fil du temps il s’est révélé comme un des films qui ont le plus marqué le cinéma autrichien des vingt dernières années.+ Funny Games Ghost -
Angst
Un jeune sociopathe est libéré de prison. Seule sa voix aliénée nous accompagne dans son expédition meurtrière. Lorsqu’il tombe sur une maison isolée, il y tisse sa toile en attendant le retour des habitants. C’est alors que ses ardeurs sadiques bridées des années durant atteignent leur apogée, dans une éruption de sévices et de viols. Même si notre fascination morbide pour les tueurs en série psychopathes est souvent transposée sur grand écran, nous préférons tout de même garder une distance de sécurité. Dans les slashers, les meurtriers sont généralement dépeints de façon caricaturale comme des individus sans cœur ni âme, alors que les thrillers tels que “Se7en” et le “Silence des agneaux” les présentent comme des génies aux pulsions meurtrières et au charisme outranciers. Il n’en est rien dans cette étude de mœurs ultra-réaliste qui plonge le spectateur dans l’esprit agité d’un psychopathe sadique. La caméra nous entraîne dans une valse envoûtante et fébrile à travers les atrocités perpétrées, nous empêchant d’en détourner le regard. Ce film est à la fois une expérience visuelle extrêmement pénible, et un chef d’œuvre unique à part entière. -
sam 10.10.2015
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L’oeil du cyclope
"L’œil du cyclope" s’ouvre comme une blessure entre la nuit du cosmique et celle de l’infiniment petit. Lumière, image de l’éveil de la conscience humaine. Conscience du spectateur comme du solitaire personnage principal. La lumière comme force primitive et opérante du film. "L’oeil du Cyclope", avec une grande maîtrise des bases radicales de la fabrication d’un film, évoque le cinéma du théâtre d’ombres et de la lanterne magique, en étant ponctué de mises en abîmes des caractères primitifs du cinéma : lumière, défilement, mouvement mécanique et circulaire. Le film suit la marche d’un unique personnage à travers bois, montagnes, cavernes et déserts. Il pourrait, si on le veux bien, représenter un archétype humain universel, et sa marche, le déroulement d’une existence. Chaque escalade, plongée, passage souterrain prend une aura symbolique. Aura renforcée par le caractère froid mais intime de l’image cinématographique, nous rappelant que notre vie n’est qu’une étincelle dans la nuit.+ Topologie du vide -
LABO en courts
Exhausteurs de sensations naturelles, les courts-métrages, clips, essais, extraits de films et mini-performances mises en place par les membres de l’équipe laborantine embelliront les seconde et troisième séances de "L’oeil du cyclope" et "Topologie du vide". Et par la même occasion, ils auront le bon goût de vous laisser voir une partie des images fixes du bar prendre vie ! Animations, films et clips déjantés, recherche sur la lumière, mix d’univers forts en sens et en émotions, autant d’objets cinématographiques qui donnent un avant-goût de ce qui a pu être conçu dans les murs du LABO. Deux compilations pour se perdre et se surprendre. Comme point de départ, la pellicule, ses expérimentations et manipulations... bonnes séances ! Encore en cours de rassemblement à l’heure du bouclage du programme, les compilations dévoileront leurs surprises foisonnantes aux soirs des projections. Et pour les plus curieux, tenez le site du Nova à l’œil, de nouvelles infos y naîtront ! -
Im Keller
Dans la cave... les Autrichiens satisfont leurs désirs les plus profonds et vivent leurs obsessions sans retenue : dépoussiérer des articles nazis, jouer au train électrique ou avec des poupées plus vraies que nature, ou encore pratiquer des actes sadomasochistes. Ces troglodytes ordinaires se font filmer par Ulrich Seidl lors de leurs occupations, et parlent librement de leurs peurs et de leurs désirs. Dans un style qui lui est propre, confrontant mais empathique, il aboli la frontière entre enregistrement passif et mise en scène et livre des tableaux vivants humains, intimes et glauques. Selon Seidl, "la cave est le symbole de l’inconscient autrichien. C’est un lieu d’obscurité, un lieu de peur, un lieu de gouffres humains". Drôle et triste, cet essai cinématographique restera dans la tête des spectateurs. -
dim 11.10.2015
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Lame de fond
Rarement titre de film n’a autant fait sens. Un film dégageant une telle force émotionnelle à partir d’un projet formel visuel et sonore curieux, ludique et abouti où le sujet est personnel, angoissant, parfois rieur et qui explore à la foi la thématique si moderne du souvenir, de la confiance, et la maladie, tout en interrogeant le cinéma contemporain, c’est encore plus rare ! On y retrouve des constantes formelles du cinéma au début du récit : images en super 8, voix off, flou artistique entre docu et fiction, l ’utilisation pointue de la musique, mélange des techniques... Mais le film ne tarde pas à trouver sa voie et brouiller nos pistes, avec comme bouée ou fil rouge, la voix de la narratrice capable de nous submerger d’émotion, de nous retourner, d’inspirer une empathie marquée, puis de la méfiance, avant de nous emmener au large, déboussolés. Ce qui a commencé par une histoire de maison familiale que l’on doit vendre, les souvenirs qu’on y a enfermés, l’innocence, l’illusion de la famille comme cellule stable, prend vite un tour cauchemardesque dont il faut bien sortir.+ Lou Bëth Xayma -
Einsvierzig + Der Ball
"Einsvierig", son premier court métrage est un "Ulrich Seidl" en miniature. Portrait bizarre et émouvant d’un nain d’1m40, Seidl le décrit comme un film sur un nain sans la sympathie hypocrite dans laquelle on tombe souvent dans les documentaires sur des handicapés. Il esquisse le portait d’un individu, une personnalité, quelqu’un avec qui l’on peut rire ou que l’on peut trouver ennuyeux, comme tout autre être humain. Dans "Der Ball", un documentaire réalisé pendant ses études, il s’intéresse au bal des écoliers de Horn (sans oublier de s’attarder sur les variations infinie de la danse des canards) et règle ses comptes avec l’ambiance étroite, mesquine et prude de sa ville natale et de ses habitants. L’école de cinéma, pas très impressionnée, se retira de la production et jettera Seidl à la porte. Le jeune Seidl gagnera sa croûte comme chauffeur, magasinier et rédacteur de télévision avant de pouvoir refaire un film sept ans plus tard. -
Hundstage
Un mois d’août à Vienne. C’est la canicule annuelle, que l’on appelle plus communément "hundstage" (le jour des chiens). La banlieue viennoise grouille d’une humanité baignant dans une sueur malsaine. Les journées passent en se traînant en slip ou en bikini défraîchis, en attendant la tiédeur du soir où l’on se gave d’alcool, de sexe et de violence. Violence qui transpire par tous les pores des six personnages : une auto stoppeuse qui harcèle les conducteurs, un représentant de systèmes de sécurité en chasse derrière un casseur de voitures neuves, une institutrice nymphomane battue et humiliée par son amant, un vieux maniaque pervers... Seidl montre la vie dans ses replis les plus intimes et les plus fragiles. Il y a un scenario, mais les dialogues sont improvisés ; les acteurs jouent un rôle mais restent proches du leur dans la vie quotidienne. Ce film reste une fiction malgré qu’il soit d’un réalisme frappant. L’illusion du réel dans toute sa splendeur. -
jeu 15.10.2015
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Les femmes de la Brukman
Depuis la fin des années 90, l’Argentine connaît une vague de récupérations d’entreprises sans précédent. Dans un contexte de crise économique où le taux de chômage ne cesse d’augmenter, des travailleurs et des travailleuses décident d’occuper leur usine afin de sauver leur emploi. Il existe aujourd’hui plus de 300 entreprises récupérées. L’usine textile pour l’habillement "Brukman" est devenue l’un des emblèmes des entreprises récupérées. Le 18 décembre 2001, pendant la crise financière argentine et à la veille des révoltes connues sous le nom de l’Argentinazo, les ouvrières occupent leur usine et continuent la production "sans patrons". Avec sa caméra, Isaac Isitan a suivi pendant plusieurs années le combat de ces femmes, ouvrières qui, sans expérience politique et syndicale préalable, se trouveront propulsées au centre d’un nouvel espace de lutte et d’autogestion. -
ven 16.10.2015
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AJC : atelier argentique
L’expérimentation et le nobudget sont deux maîtres mots des appels à projet de ’AJC ! (Atelier Jeunes Cinéastes). C’est une série de court-métrages éclectique, aux thèmes libres et navigant du documentaire intimiste à l’essai poétique, que propose cette fois-ci l’atelier pour cette avant-première des films de l’appel à projet 2013 sur support argentique.• There are no wrong choices• Eau Vive• Basja Underground• ... -
Ich seh Ich seh
La mère des jumeaux Lukas et Elias rentre d’un séjour à l’hôpital, le visage entièrement couvert de bandages. Les frères redoutent qu’un inconnu se cache derrière ce masque blanc. Le comportement froid et distant de la mère ne fait qu’augmenter leurs soupçons. Qui peut donc bien être cet imposteur ? La réalisatrice Veronika Franz est l’épouse d’Ulrich Seidl et co-scénariste de la plupart de ses films. Avec Severin Fiala, elle signe un film d’horreur psychologique stylé qui s’est forgé une solide réputation dans le circuit des festivals. Il fait partie de ces films dont une seule scène suffit à faire comprendre à quel point l’œuvre est exceptionnelle. Dans “Ich Seh, Ich Seh”, il s’agit de la scène où les trois protagonistes jouent à “Qui suis-je ?”, et que la mère ne parvient pas à deviner sa propre identité. La tension est habilement maintenue tout au long du récit dans ce film inquiétant, qui nous tient en haleine jusqu’au point d’orgue final. -
sam 17.10.2015
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Wiener Brut
Vienne, mi-années 80. Une bande de jeunes punks anarchistes, de gays et lesbiennes, est gaiement installée dans un immeuble squatté du centre-ville, menant une vie libertine et certes un brin dépravée. Les autorités locales ne voient évidemment pas d’un bon œil l’insouciance de ces jeunes gens, surtout que dans la Graas Straße, la came et la "neige" circulent à gogo. Une travailleuse sociale est alors envoyée pour catéchiser cette jeunesse, mais c’est elle qui finira par rallier leur mode de vie. Jusqu’au jour où un des jeunes de la bande se fait engager comme domestique chez la princesse Maria Carolina. Cette dame en froufrous et fanfreluches et les jeunes punks anars ont un point en commun : ils se ravitaillent chez le même dealer..... Qui un jour se fait attraper par la police. La princesse et les punks s’unissent alors pour un même combat ! Vous l’aurez compris, l’histoire est haute en couleurs, et des plus improbables. C’est dans la façon de dépeindre, avec autodérision, la scène anarco-punk et gay viennoise de l’époque que réside l’intérêt du film. Ainsi que dans le regard impertinent qu’il pose sur la société conservatrice de l’époque. Le (...) -
Wienfilm 1896 – 1976
Ernst Schmidt Jr est certainement un des noms erronément peu connus du cinéma autrichien. Réalisateur aussi prolifique que protéiforme, décédé malheureusement trop jeune, Ernst Schmidt Jr décida vers la moitié des années 70 de demander à plusieurs artistes et réalisateurs de la scène avant-gardiste autrichienne de l’époque de collaborer à un film collectif sur Vienne. Le résultat est le moins que l’on puisse dire étonnant. "Wienfilm 1896-1976" est une surprenante anthologie cinématographique qui croque le portrait de Vienne, tout en retraçant l’histoire du cinéma depuis ses origines jusqu’à 1976, date de réalisation du film. Au travers d’un remarquable travail de montage, mélangeant aussi bien des images d’archive que des séquences tournées spécialement pour le film, cette œuvre collective propose une relecture critique de l’histoire de Vienne, de sa civilisation et de son histoire politique. Non sans beaucoup d’humour et d’inventivité, il en dénonce aussi ses comportements vieux-jeu et ses clichés qui ont la peau dure. -
Lame de fond
Rarement titre de film n’a autant fait sens. Un film dégageant une telle force émotionnelle à partir d’un projet formel visuel et sonore curieux, ludique et abouti où le sujet est personnel, angoissant, parfois rieur et qui explore à la foi la thématique si moderne du souvenir, de la confiance, et la maladie, tout en interrogeant le cinéma contemporain, c’est encore plus rare ! On y retrouve des constantes formelles du cinéma au début du récit : images en super 8, voix off, flou artistique entre docu et fiction, l ’utilisation pointue de la musique, mélange des techniques... Mais le film ne tarde pas à trouver sa voie et brouiller nos pistes, avec comme bouée ou fil rouge, la voix de la narratrice capable de nous submerger d’émotion, de nous retourner, d’inspirer une empathie marquée, puis de la méfiance, avant de nous emmener au large, déboussolés. Ce qui a commencé par une histoire de maison familiale que l’on doit vendre, les souvenirs qu’on y a enfermés, l’innocence, l’illusion de la famille comme cellule stable, prend vite un tour cauchemardesque dont il faut bien sortir.+ Lou Bëth Xayma -
dim 18.10.2015
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Einsvierzig + Der Ball
"Einsvierig", son premier court métrage est un "Ulrich Seidl" en miniature. Portrait bizarre et émouvant d’un nain d’1m40, Seidl le décrit comme un film sur un nain sans la sympathie hypocrite dans laquelle on tombe souvent dans les documentaires sur des handicapés. Il esquisse le portait d’un individu, une personnalité, quelqu’un avec qui l’on peut rire ou que l’on peut trouver ennuyeux, comme tout autre être humain. Dans "Der Ball", un documentaire réalisé pendant ses études, il s’intéresse au bal des écoliers de Horn (sans oublier de s’attarder sur les variations infinie de la danse des canards) et règle ses comptes avec l’ambiance étroite, mesquine et prude de sa ville natale et de ses habitants. L’école de cinéma, pas très impressionnée, se retira de la production et jettera Seidl à la porte. Le jeune Seidl gagnera sa croûte comme chauffeur, magasinier et rédacteur de télévision avant de pouvoir refaire un film sept ans plus tard. -
Meine keine Familie
C’est en 1970 que Otto Muehl, co-fondateur et figure de proue du mouvement des actionnistes viennois, fonde la commune qui prendra le nom de Friedrichshof. Au-delà des aspects artistiques, celle-ci deviendra internationalement connue pour la radicalité de sa philosophie. Elle existera pendant pratiquement vingt ans, atteignant par moments 600 habitants, provenant de toute l’Europe, promouvant une utopie de vie extrême : collectivité des biens et du travail, sexualité libre et libérée, refus du couple, éducation collective des enfants... Vers la fin des années ’80 Muehl sera traîné en justice. Ce sera la fin de la commune de Friedrichshof, qui avait viré à des pratiques plutôt douteuses... Depuis le tout début, tous les instants de la commune furent filmés ou du moins documentés. "Mein keine Familie" naît de l’incroyable voyage que fait Paul-Julien Robert dans ces archives. Né dans la commune de Friedrichshof, le réalisateur y avait passé ses douze premières années... Le film, composé de beaucoup d’images d’archives mais aussi de divers témoignages et d’interviews de la mère du réalisateur, est une longue quête, hors du commun, pour savoir qui est (...) -
Im Keller
Dans la cave... les Autrichiens satisfont leurs désirs les plus profonds et vivent leurs obsessions sans retenue : dépoussiérer des articles nazis, jouer au train électrique ou avec des poupées plus vraies que nature, ou encore pratiquer des actes sadomasochistes. Ces troglodytes ordinaires se font filmer par Ulrich Seidl lors de leurs occupations, et parlent librement de leurs peurs et de leurs désirs. Dans un style qui lui est propre, confrontant mais empathique, il aboli la frontière entre enregistrement passif et mise en scène et livre des tableaux vivants humains, intimes et glauques. Selon Seidl, "la cave est le symbole de l’inconscient autrichien. C’est un lieu d’obscurité, un lieu de peur, un lieu de gouffres humains". Drôle et triste, cet essai cinématographique restera dans la tête des spectateurs. -
jeu 22.10.2015
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Soirée XP
Pas mal de choses se passent du côté du cinéma expérimental, avec un regain d’intérêt pour le genre qui se confirme de plus en plus. Mais de même, du côté de l’expérimentation musicale le fourmillement de projets est tout aussi intéressant. Et souvent des croisements ou des collaborations d’ailleurs se font entre les deux milieux. Ce programme XP sera ainsi l’occasion de faire une incursion dans la scène musicale expérimentale française, en allant à la rencontre de quelques-uns de ses nouveaux protagonistes, parmi ceux les plus interpellants. Utilisant de plus en plus un mélange d’instruments et appareils analogiques, électroniques et digitaux, voire des instruments faussement démodés, car anciens, ou carrément "archaïques", ces musiciens créent des environnements sonores ou des compositions musicales où l’héritage de sonorités du passé croisent celles appartenant à notre temps. La soirée que vous propose le Nova sera donc un long voyage dans la création musicale contemporaine qui prend source dans l’hexagone. Mais nous vous parlions aussi de cinéma, et le programme inclura donc aussi quelques films choisis dans un répertoire celui-là international. (...)• ... -
ven 23.10.2015
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Angst
Un jeune sociopathe est libéré de prison. Seule sa voix aliénée nous accompagne dans son expédition meurtrière. Lorsqu’il tombe sur une maison isolée, il y tisse sa toile en attendant le retour des habitants. C’est alors que ses ardeurs sadiques bridées des années durant atteignent leur apogée, dans une éruption de sévices et de viols. Même si notre fascination morbide pour les tueurs en série psychopathes est souvent transposée sur grand écran, nous préférons tout de même garder une distance de sécurité. Dans les slashers, les meurtriers sont généralement dépeints de façon caricaturale comme des individus sans cœur ni âme, alors que les thrillers tels que “Se7en” et le “Silence des agneaux” les présentent comme des génies aux pulsions meurtrières et au charisme outranciers. Il n’en est rien dans cette étude de mœurs ultra-réaliste qui plonge le spectateur dans l’esprit agité d’un psychopathe sadique. La caméra nous entraîne dans une valse envoûtante et fébrile à travers les atrocités perpétrées, nous empêchant d’en détourner le regard. Ce film est à la fois une expérience visuelle extrêmement pénible, et un chef d’œuvre unique à part entière. -
Wienfilm 1896 – 1976
Ernst Schmidt Jr est certainement un des noms erronément peu connus du cinéma autrichien. Réalisateur aussi prolifique que protéiforme, décédé malheureusement trop jeune, Ernst Schmidt Jr décida vers la moitié des années 70 de demander à plusieurs artistes et réalisateurs de la scène avant-gardiste autrichienne de l’époque de collaborer à un film collectif sur Vienne. Le résultat est le moins que l’on puisse dire étonnant. "Wienfilm 1896-1976" est une surprenante anthologie cinématographique qui croque le portrait de Vienne, tout en retraçant l’histoire du cinéma depuis ses origines jusqu’à 1976, date de réalisation du film. Au travers d’un remarquable travail de montage, mélangeant aussi bien des images d’archive que des séquences tournées spécialement pour le film, cette œuvre collective propose une relecture critique de l’histoire de Vienne, de sa civilisation et de son histoire politique. Non sans beaucoup d’humour et d’inventivité, il en dénonce aussi ses comportements vieux-jeu et ses clichés qui ont la peau dure. -
sam 24.10.2015
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Lame de fond
Rarement titre de film n’a autant fait sens. Un film dégageant une telle force émotionnelle à partir d’un projet formel visuel et sonore curieux, ludique et abouti où le sujet est personnel, angoissant, parfois rieur et qui explore à la foi la thématique si moderne du souvenir, de la confiance, et la maladie, tout en interrogeant le cinéma contemporain, c’est encore plus rare ! On y retrouve des constantes formelles du cinéma au début du récit : images en super 8, voix off, flou artistique entre docu et fiction, l ’utilisation pointue de la musique, mélange des techniques... Mais le film ne tarde pas à trouver sa voie et brouiller nos pistes, avec comme bouée ou fil rouge, la voix de la narratrice capable de nous submerger d’émotion, de nous retourner, d’inspirer une empathie marquée, puis de la méfiance, avant de nous emmener au large, déboussolés. Ce qui a commencé par une histoire de maison familiale que l’on doit vendre, les souvenirs qu’on y a enfermés, l’innocence, l’illusion de la famille comme cellule stable, prend vite un tour cauchemardesque dont il faut bien sortir.+ Lou Bëth Xayma -
L’oeil du cyclope
"L’œil du cyclope" s’ouvre comme une blessure entre la nuit du cosmique et celle de l’infiniment petit. Lumière, image de l’éveil de la conscience humaine. Conscience du spectateur comme du solitaire personnage principal. La lumière comme force primitive et opérante du film. "L’oeil du Cyclope", avec une grande maîtrise des bases radicales de la fabrication d’un film, évoque le cinéma du théâtre d’ombres et de la lanterne magique, en étant ponctué de mises en abîmes des caractères primitifs du cinéma : lumière, défilement, mouvement mécanique et circulaire. Le film suit la marche d’un unique personnage à travers bois, montagnes, cavernes et déserts. Il pourrait, si on le veux bien, représenter un archétype humain universel, et sa marche, le déroulement d’une existence. Chaque escalade, plongée, passage souterrain prend une aura symbolique. Aura renforcée par le caractère froid mais intime de l’image cinématographique, nous rappelant que notre vie n’est qu’une étincelle dans la nuit.+ Topologie du vide -
TH‡ LΔ$Ŧ VØLŦ
TH‡ LΔ$Ŧ VØLŦ est un duo d’improvisation formé en 2010 à Bruxelles, basé depuis peu dans le sud de la France. Fa Cesario – ancien collaborateur de GOL, Erik Minkinen ou encore Seiji Murayama ; également actif dans le théâtre et actuellement en résidence au GMEM – et Sam Rushton – batteur, guitariste, songwriter et improvisateur électronique qui a entre autre travaillé avec Nico Mush et Tattoo Noise Act – utilisent des instruments électroniques modifiés (circuit bending) et des synthétiseurs modulaires (modules euroracks open source reprogrammés). Et de créer leur musique à partir d’un mélange d’improvisations et de covers aux accents noise xp et psychédéliques. Lors de l’enregistrement de leur premier album "WITCH WATERS", plusieurs instruments ont brûlés... Mais pas d’inquiétude pour autant ! Au Nova, la santé de nos extincteurs est LA priorité. -
dim 25.10.2015
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Usaginingen
Comme le nom de leur duo l’indique - Usaginingen, "humain lapin" -, ils sont japonais. Un homme et une femme : lui s’occupe du son, elle des images. Dans leurs performances audiovisuelles, ils réinventent le cinéma d’animation (et le cinéma tout court) à l’aide de machines qui semblent tout droit sorties du 19e siècle, tout en intégrant l’influence des grands expérimentateurs de la deuxième moitié du vingtième. Ils combinent les motifs abstraits et musicaux de Len Lye et Mc Laren, les obsessions gourmandes de Svankmajer, et peut-être aussi l’approche poétique de notre compatriote Jacques-Louis Nyst... Précisons ici que tout est fait en direct, sans aucunes séquences pré-enregistrées, en une minutieuse chorégraphie d’objets de diverses consistances (même liquide !), de papiers découpés et de multiples sources de lumière. Le tout manipulé par Emi au volant de son fameux banc-titre à tambour (comme dans machine à laver) et à pédales (comme dans vélocipède). La musique, improvisée par Shin, est tout aussi ludique et artisanale que les images. Et le résultat est un voyage sensoriel étonnant, pour tous les âges, sous le signe du lapin : espiègle et posé, (...) -
Ketje & xp
En pensant nos séances Cineketje, nous aimons parfois prouvé que les films expérimentaux ne sont pas juste destinés aux pointilleux cinéphiles. Pour accompagner le venue d’UsagiNingen, nous avons concocté un mini-panorama de courts métrages ludiques s’étalant des années 30 jusqu’à nos jours.• Colour Box• Lost and Found• Sid• ... -
Microboutiek
La Microboutiek, damoiseau, est un point de diffusion de livres, CD, fanzines, DVD, K7 et autres objets de micro-édition. Vous pouvez autant y découvrir des choses rares que venir y déposer vos créations, la Microboutiek est alimentée par son propre public. N’hésitez pas ! -
Ich seh Ich seh
La mère des jumeaux Lukas et Elias rentre d’un séjour à l’hôpital, le visage entièrement couvert de bandages. Les frères redoutent qu’un inconnu se cache derrière ce masque blanc. Le comportement froid et distant de la mère ne fait qu’augmenter leurs soupçons. Qui peut donc bien être cet imposteur ? La réalisatrice Veronika Franz est l’épouse d’Ulrich Seidl et co-scénariste de la plupart de ses films. Avec Severin Fiala, elle signe un film d’horreur psychologique stylé qui s’est forgé une solide réputation dans le circuit des festivals. Il fait partie de ces films dont une seule scène suffit à faire comprendre à quel point l’œuvre est exceptionnelle. Dans “Ich Seh, Ich Seh”, il s’agit de la scène où les trois protagonistes jouent à “Qui suis-je ?”, et que la mère ne parvient pas à deviner sa propre identité. La tension est habilement maintenue tout au long du récit dans ce film inquiétant, qui nous tient en haleine jusqu’au point d’orgue final. -
Wiener Brut
Vienne, mi-années 80. Une bande de jeunes punks anarchistes, de gays et lesbiennes, est gaiement installée dans un immeuble squatté du centre-ville, menant une vie libertine et certes un brin dépravée. Les autorités locales ne voient évidemment pas d’un bon œil l’insouciance de ces jeunes gens, surtout que dans la Graas Straße, la came et la "neige" circulent à gogo. Une travailleuse sociale est alors envoyée pour catéchiser cette jeunesse, mais c’est elle qui finira par rallier leur mode de vie. Jusqu’au jour où un des jeunes de la bande se fait engager comme domestique chez la princesse Maria Carolina. Cette dame en froufrous et fanfreluches et les jeunes punks anars ont un point en commun : ils se ravitaillent chez le même dealer..... Qui un jour se fait attraper par la police. La princesse et les punks s’unissent alors pour un même combat ! Vous l’aurez compris, l’histoire est haute en couleurs, et des plus improbables. C’est dans la façon de dépeindre, avec autodérision, la scène anarco-punk et gay viennoise de l’époque que réside l’intérêt du film. Ainsi que dans le regard impertinent qu’il pose sur la société conservatrice de l’époque. Le (...) -
Im Keller
Dans la cave... les Autrichiens satisfont leurs désirs les plus profonds et vivent leurs obsessions sans retenue : dépoussiérer des articles nazis, jouer au train électrique ou avec des poupées plus vraies que nature, ou encore pratiquer des actes sadomasochistes. Ces troglodytes ordinaires se font filmer par Ulrich Seidl lors de leurs occupations, et parlent librement de leurs peurs et de leurs désirs. Dans un style qui lui est propre, confrontant mais empathique, il aboli la frontière entre enregistrement passif et mise en scène et livre des tableaux vivants humains, intimes et glauques. Selon Seidl, "la cave est le symbole de l’inconscient autrichien. C’est un lieu d’obscurité, un lieu de peur, un lieu de gouffres humains". Drôle et triste, cet essai cinématographique restera dans la tête des spectateurs.