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mer 05.03.2014
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L’Étrange couleur des larmes de ton corps
Bruno Forzani et Hélène Cattet, forts du succès de leur précédent film, "Amer", nous reviennent avec ce thriller énigmatique et cauchemardesque. Ils creusent ici les sillons qui les obsèdent, proposant un cinéma fait d’expérimentations formelles, de sensations, baignées par le cinéma italien des années 1970. Dan, homme d’affaires danois, vit avec sa femme Edwige dans un appartement Art Nouveau à Bruxelles. Alors qu’il rentre d’un voyage, Edwige est introuvable. Il doit fouiller à la fois son appartement et sa psyché, qui vont s’avérer tous deux plus labyrinthiques et moins familiers que prévu, tant pour lui que pour le spectateur. C’est à cette expérience sensorielle claustrophobe, menaçante, soutenue par une bande son au diapason d’une angoisse intérieure tenace, que nous vous invitons en ouverture du festival. En présence de l’équipe du film. -
jeu 06.03.2014
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The Belladonna of Sadness
Gisaburo Sugii était le directeur de l’animation de cet anime japonais "pinku", basé sur le livre "La Sorcière" écrit en 1862. Jules Michelet y décrit, avec une sympathie peu commune pour l’époque, les femmes qui entretenaient certaines croyances païennes à l’époque de la chasse aux sorcières du Moyen-Âge. L’histoire tourne autour du couple formé par Jean et Jeanne. Ils comptent se marier et demandent au comte l’autorisation d’officialiser leur union, mais celui-ci exige de faire valoir son droit de cuissage et ainsi déflorer la future mariée. Le couple ne parvient pas à surmonter l’événement traumatisant. Désemparée, Jeanne conclut un pacte avec le diable... Une imagerie psychédélique influencée par l’Art Nouveau, accompagnée d’une bande son jazz-rock, forment un délire halluciné, hyper-violent, et empli de sexualité décrite sans fioriture. -
Camille 2000
Le jeune bourgeois Armand et la séduisante et débauchée Marguerite fréquentent les mêmes soirées décadentes à Rome. Ses amis le préviennent : mieux vaut ne pas se frotter à elle. Entretenue par un riche baron, elle croque la vie à pleines dents, s’adonne à la drogue et collectionne les jeunes amants. Mais Armand et Marguerite sont irrésistiblement attirés l’un vers l’autre... Cette adaptation érotisée de "La Dame aux camélias" d’Alexandre Dumas est dotée d’une photographie somptueuse et d’une bande originale euro-jazz entraînante, de Piero Piccioni. Tourné en 1969, le film se déroule en l’an 2000, ce qui lui donne un côté anticipation pop-art désuet, où les meubles gonflables sont à la mode. Le rôle tragique de la sulfureuse Marguerite est confié à la belle comédienne française Danièle Gaubert qui, après avoir charmé Armand, ne manquera pas d’attraper le public dans ses filets. -
ven 07.03.2014
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Les rencontres d’après minuit
Un jeune couple immortel et leur gouvernante travestie préparent une orgie sexuelle à laquelle sont conviés la chienne, la star, l’étalon (joué par Éric Cantona !) et l’adolescent (Alain-Fabien Delon). S’ensuit une nuit en huis-clos où les confidences sont de mise. Approche théâtrale, utilisation de flash-backs, de décors et éclairages stylisés, utilisation d’acteurs cultes (ou leurs fantômes...) rendent hommage aux années 70. Ce projet, entre film d’auteur et romantisme fantastique, fait penser à Jean Rollin dont on retrouve le goût pour l’artifice froid. La musique de M83 (d’Anthony Gonzales, frère du réalisateur), elle aussi nostalgique et fragile, colle parfaitement à l’ambiance et aux ambitions du film. On pense aussi un peu au "Rocky Horror Picture Show", à travers les scènes finales de cet ovni dont l’incongruité dans le paysage cinématographique français actuel n’a pas manqué de faire son effet. -
Score
Elvira et Jack forment un couple heureux, ils n’hésitent pas à partager leur lit lors de séances d’échangisme. Ils en font un jeu et gardent le compte de leurs conquêtes respectives. Pour pimenter leur train de vie libertin, ils jettent leur dévolu sur deux tourtereaux aux allures puritaines. Avant de donner une tournure franchement pornographique à sa carrière sous le pseudonyme de Henry Paris, Radley Metzger explore dans ce film la frontière entre l’érotique soft et hard, et joue avec la frontière homo-hétéro, bousculant les genres. Grâce à des touches d’humour, il réussit qui plus est à créer un subtil équilibre entre drame et comédie. Il transpose brillamment au grand écran ce qui était à l’origine une pièce de théâtre – avec Sylvester Stallone ! – et agrémente ses mouvements de caméra élégants d’un casting plein de charme, comprenant notamment l’actrice culte Lynn Lowry ("The Crazies", "I Drink Your Blood"), qui nous dévoile tous ses atouts ! -
The Private Afternoons of Pamela Mann
Un homme d’affaires engage un détective privé pour enquêter sur les escapades sexuelles de sa compagne libidineuse. Le premier film pornographique hard de Radley Metzger. Une comédie de mœurs intelligente et caustique, où les bonnes mœurs sont justement mises à mal ! Au début des années 70, "Deep Throat" annonçait le début de l’ère porno-chic. Une époque où il était de bon ton pour les couples "ouverts d’esprit" de se rendre au cinéma pour s’y offrir un film porno. Contrairement à bon nombre de ses confrères pornographes, Metzger est avant tout un cinéaste dans l’âme. Grâce à son montage soigné et son scénario plein d’esprit, le film détonne par rapport aux productions bon marché de l’époque. Pas étonnant qu’il ait fait un carton. -
sam 08.03.2014
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Masterclass
Les films porno ont souvent la réputation d’être réalisés à la chaîne, bâclés, bon marché. Mais les œuvres de Radley Metzger, caractérisées par des cadres somptueux et une photographie lumineuse, montrent qu’il existe des exceptions. Apprenez, en compagnie du maître du cinéma érotique artistique, comment fixer sur pellicule une scène de nu sous tous les angles. Une masterclass chaude comme la braise... -
The Lickerish Quartet
Ce chef-d’œuvre de Radley Metzger est une fantaisie érotique surréaliste, une histoire aux multiples facettes oscillant entre réalité et illusion. Une famille d’aristocrates tombe sous le charme de la jolie blonde, actrice du film porno noir et blanc qu’ils viennent de projeter dans leur salon. Ils se rendent à une fête foraine et tombent nez à nez avec celle qu’ils pensent être l’actrice du film. Obnubilés, ils l’invitent dans leur villa sur la côte italienne. La belle blonde les séduit un à un et assouvit leurs fantasmes les plus secrets. Un film visuellement épatant, dont le thème rejoint ceux de classiques tels que "L’Année dernière à Marienbad" et "8 ½", avec des scènes dénudées en prime. Ce récit intime est enrichi par la musique exaltante de Stelvio Cipriani, qui nous livre ici ses plus belles compositions. -
Why Don’t You Play in Hell ?
Enfin ! Après quelques films décevants, nous désespérions de voir Sion Sono de retour en bonne forme. C’est chose faite avec ce film de yakuza ultra violent, où la caméra fait preuve d’un dynamisme saisissant. Elle tente de capter au vol ce flot d’action, mené d’une main ferme par l’un des enfants terribles du cinéma japonais contemporain. Tout se passe autour de Muto et d’Ikegami, deux gangsters qui se détestent : l’un tente de réaliser le rêve de sa femme en cherchant un rôle de cinéma pour sa fille, l’autre est amoureux de cette dernière. Un réalisateur indépendant décide de la prendre comme actrice principale de son film. Évidemment, rien ne se passe comme prévu… Comme à son habitude, Sion Sono combine divers éléments de série B pour concocter sa recette personnelle. Il rend hommage, entre autre, à Bruce Lee, en s’approchant du "Kill Bill" de Tarantino tout en lui apportant une réponse orientale. Un film hautement divertissant, drôle et sanguinolent à souhait. -
Oaïstern
Depuis 2012, le collectif marseillais Oaïstern fait revivre un pan oublié du cinéma populaire du début du XXe siècle : le western "baguetti", les premiers westerns européens. L’intrépide Français Jean "Joë" Hamman découvre le Wild West Show de Buffalo Bill lors d’un voyage aux États-Unis et rentre au pays les yeux pleins d’images - les mêmes qui marquent le monde entier et fondent le mythe du Far West décliné jusqu’à aujourd’hui à toutes les sauces... On est bien loin des préoccupations quotidiennes des vrais gardiens de vaches, mais peu importe, le monde veut du spectacle et Hamman ne pense plus qu’à devenir cowboy. Le cinéma est un terrain de jeu tout trouvé. Avec les costumes ramenés de ses voyages, les grands paysages de Camargue comme décor et les taureaux en guise de bison, Joë monte dès 1907 une quantité de petits films, dont certains tournés par Jean Durand, grand cinéaste de la Gaumont : "Pendaison à Jefferson City", "Le railway de la mort", "Cent Dollars mort ou vif"... Toujours accompagné de son fidèle destrier Pieds-Blancs, Hamman met en scène les plus folles poursuites et invente au passage la cascade à cheval (réalisée sans trucage, (...) -
dim 09.03.2014
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Consuming Spirits
Gentian Violet, Earl Grey et Victor Blue habitent une petite ville de l’Amérique profonde. Leurs vies modestes sont liées par leur travail au journal local, mais aussi par des liens profonds et une histoire tragique qui se dévoilera au fil du film. Le récit est mélancolique, guidé par l’écoute d’une émission radio et porté par une musique déchirante. Mais, comme dans la vie, il y a des touches d’humour et de beauté dans ce petit monde plutôt laid. "Consuming Spirits" est un film d’animation unique et impressionnant. Écrit, dessiné, animé, filmé, monté et sonorisé artisanalement pendant 15 ans, il surprend par son unité et sa cohérence. Sa longue gestation a même certainement contribué à sa richesse, il regorge de détails et d’inventions. Malgré le mélange de techniques (dessin, animation en papiers découpés, maquettes et figurines en stop motion), la forme se fait vite oublier. Chris Sullivan compose avant tout une histoire très touchante, en partie autobiographique, et livre une belle démonstration de méticulosité et d’acharnement ! -
The Image
Lors d’une soirée parisienne, l’écrivain Jean croise une de ses anciennes amies, Claire, une dame mystérieuse qui entretient une relation lesbienne et sadomasochiste avec Anne. La jeune femme se plie docilement aux quatre volontés de sa maîtresse. Intrigué, Jean se pose en spectateur de cette relation charnelle, et un triangle amoureux se forme. Ensemble, ils transcendent les notions classiques de la sexualité. Mais les traitements infligés par Claire deviennent de plus en plus sadiques, alors que Jean aspire à une relation davantage portée sur la tendresse. Également connue sous le titre plus explicite "The Punishment of Anne" ou encore "L’esclave" en français, et souvent qualifiée de meilleur film érotique de tous les temps, cette adaptation sombre du roman "L’image" de Catherine Robbe-Grillet, n’a rien perdu de son aura transgressive. À noter que cette coproduction française fut, et reste, totalement interdite en France, la censure jugeant que ses qualités artistiques indéniables "rendent plus dangereuse encore cette apologie du sadisme et de la violence érotique". -
The Opening of Misty Beethoven
Le jeune sexologue américain Dr. Seymour Love rencontre la prostituée de bas étage Misty Beethoven, occupée à donner un coup de main énergique à ses clients dans l’obscurité d’un cinéma porno parisien. Une fois rentré chez lui, il tente un pari avec son amie : transformer la tapineuse en déesse mondiale du sexe. Ils l’emmènent à New York et établissent un programme d’entraînement intensif. Misty se lance corps et âme dans sa formation et s’exerce sur des servantes et serviteurs bien disposés à rendre service. La photographie lumineuse du chef opérateur oscarisé Paul Glickman, les décors opulents, le bon jeu d’acteurs et le scénario peaufiné donnent à cette version porno et espiègle du mythe de Pygmalion sa place méritée de chef-d’œuvre de l’époque du porno-chic. -
jeu 13.03.2014
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Shortscreen
Offscreen a sélectionné, dans le cadre du programme Shortscreen et en collaboration avec Kortfilm.be, sept nouveaux courts métrages belges qui correspondent à l’esprit Offscreen : originaux, hors du commun, bizarres et surprenants. En présence des réalisateurs !• De Honger• Nothing Beside Remains• Franky’s Princess• ... -
The Miracle of Life
Une femme donne naissance à un bébé mort-né, mais transfère son amour maternel sur le placenta. La progéniture devra faire face à un environnement hostile. Réalisé par deux étudiants en cinéma, faisant preuve d’un excès de zèle pour leur travail de fin d’année. Dans la pure tradition du cinéma trash.+ Voisins -
ven 14.03.2014
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Psychomania
Tom Latham, jeune délinquant aux manières avenantes, est à la tête du gang de motards "Living Dead". Parés de casques en forme de tête de mort, les jeunes bikers s’appliquent à leur activité préférée : terroriser et maltraiter les honnêtes gens. Afin d’accéder à la vie éternelle, ils décident un jour de pactiser avec des forces occultes. Ces dernières leur promettent de revenir d’entre les morts s’ils se suicident en ayant foi en leur résurrection. Avec plus ou moins de succès, chacun des membres mettra fin à ses propres jours (de manière parfois plutôt originale) et les élus pourront à nouveau enfourcher leurs bécanes et semer la terreur… pour l’éternité ? Un film réalisé par Don Sharp, une ancienne tête connue de la Hammer. -
Horror Hospital
Un adolescent boutonneux, blasé par son inexistence dans une société consumériste, décide de fuir la vie citadine le temps d’un week-end. Il rejoint alors un regroupement de jeunes chevelus, en rase campagne. Lors de son voyage, il rencontre et s’éprend d’une jeune femme partie rendre visite à sa tante (qui travaille dans le château où se déroule l’événement). Tout semble se présenter pour le mieux pour ce pubère aux hormones florissantes, comme le duvet qui pare ses épaisses lèvres. C’est compter sans les desseins fascistes du Dr. Storm, propriétaire du château, et de ses expériences visant à repousser les limites physiques des êtres humains, ainsi que celles de la docilité à son égard. Le jeune couple semble parfait pour s’ajouter à sa liste de cobayes ! Ce film contient un nain et une voiture décapiteuse ! -
Killer’s Moon
"Plus on est de fous, plus on rit ! Et si on prenait un peu d’acide avec tout ça ?" Un bus scolaire rempli de jeunes étudiantes tombe malencontreusement en panne en pleine campagne. Constatant que les réparations n’auront lieu que le lendemain, elles décident alors de trouver refuge dans un vieux motel, situé à proximité, et d’y passer une bonne nuit. Bien évidement, c’est compter sans la présence peu opportune de quatre dangereux dégénérés, légèrement déboussolés par un traitement expérimental au LSD, et rôdant dans les parages après leur évasion d’un l’hôpital proche. Déconnectés par les psychotropes, la réalité n’est désormais pour eux qu’un rêve éveillé et leur chemin va bientôt croiser celui des jeunes femmes innocentes, prétexte idéal pour assouvir leurs pulsions perverses et macabres. -
sam 15.03.2014
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Animation Maestro Gisaburo Sugii
La carrière de Gisaburo Sugii couvre toute la période de l’animation japonaise moderne. Dans ce portrait du vétéran de l’animation, nous découvrons comment l’industrie de l’animation japonaise s’est développée dans l’ombre de Disney, pour finalement devenir un phénomène culturel international. -
Night on the Galactic Railroad
Le jeune Giovanni n’a pas beaucoup l’occasion de profiter de son enfance. Son père ayant abandonné le foyer familial, il doit s’occuper seul de sa mère malade. En effectuant de petits travaux après l’école, il parvient à joindre les deux bouts. Alors que le village célèbre la fête des étoiles, il se repose au sommet d’une colline. Sortie de nulle part, une locomotive apparaît devant lui. Lui et son ami Campanella embarquent dans le train magique. Ils entament un voyage fantastique à travers la voie lactée. La nouvelle de Miyazawa Kenji avait déjà fait l’objet de plusieurs adaptations au cinéma, mais en transformant les personnages principaux en chats anthropomorphisés, Sugii réussit pour la première fois à en saisir l’ambiance surréaliste et féerique. Ce chef-d’œuvre est considéré comme l’un des plus grands classiques de l’animation japonaise, mais il est curieusement très peu connu en dehors du pays du soleil levant. -
Slave Girls
Après le succès de "One Million Years B.C.", la Hammer décide de réitérer avec un autre film préhistorique joué par de jolies actrices en peau de bête, "Slave Girls". David est fait prisonnier par une tribu qui l’accuse de blasphème. Échappant de peu à un destin funeste, il se retrouve projeté dans un monde d’un autre temps, gouverné et peuplé exclusivement par de jolies jeunes femmes aux cuisses… hum, on s’égare ! Donc, notre ami David se retrouve plongé dans un système politique féministe très complexe, où la société semble divisée en deux castes : les femmes aux cheveux bruns (menées par Martine Beswick, en reine tyrannique et libidineuse) et les blondes, dominées par les premières. Notre pauvre ami devra choisir entre une vie de plaisir charnel ou devenir ambassadeur d’un nouveau mouvement de révolte. -
Dr. Jekyll and Sister Hyde
Conscient de son déclin, la Hammer décide d’insérer un peu d’érotisme dans ses films afin de leur redonner un peu de piquant. C’est ainsi que naît cette énième adaptation du roman à succès de Stevenson, sur une variante plutôt hermaphrodite. Tout le monde connaît l’histoire : le timide Dr. Jekyll découvre au hasard de ses expériences un élixir dont les effets secondaires auront des conséquences plutôt désastreuses. Mais ici, point de monstre, l’alter ego laisse place à une belle jeune femme… fatale ! Et celle-ci s’apprête à nettoyer les bas-fonds de Londres de ses prostituées. Le scénario écrit par Brian Clemens (créateur de la série "Chapeau melon et bottes de cuirs") mixe ici habilement le roman originel et la légende de Jack l’Éventreur. -
dim 16.03.2014
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One Million Years B.C.
Nous vous proposons d’entamer un voyage nostalgique dans le temps ! Pour remonter à l’Âge d’Or du cinéma, assistez en ce dimanche après-midi aux projections ’Matinée’, pour tous les âges. Vous y aurez droit à de véritables ouvreuses, de l’animation, des tours de passe-passe et mêmes des chocolats glacés ! Au programme : des bandes-annonces et un film vintage des années 1960, en Deluxe Color ! En collaboration avec La Rétine de Plateau+ One Million Years B.C. -
The Tale of Genji
Le film le plus ambitieux de Sugii est une adaptation élégante d’une des œuvres majeures de la littérature classique japonaise : "Le Dit du Genji", considéré comme le premier roman du monde. Genji est un jeune aristocrate à la cour impériale. Il perd sa mère à l’âge de trois ans et grandit privé d’amour maternel. À l’âge adulte, il poursuit un idéal inaccessible en enchaînant les conquêtes amoureuses qui se concluent de manière tragique. Ses relations étant toutes vouées à l’échec, il semble ne pas pouvoir échapper au mauvais sort qui plane au-dessus de sa tête. Ce conte poétique est illustré par des gestes délicats et une symbolique subtile, pour aboutir sur un bouquet final puissant, composé d’images étourdissantes et de couleurs explosives. -
Her
À Los Angeles, dans un futur proche et surpeuplé, un homme un peu paumé (Joaquin Phoenix moustachu) entame une relation amoureuse avec son ordinateur (la voix envoûtante de Scarlett Johansson). Rapidement, homme et machine éprouvent des difficultés à assumer des sentiments et une relation pour lesquels ils ne sont pas programmés. Bien différent d’"Electric Dreams", dont le thème est proche, le nouveau film de Spike Jonze ("Being John Malkovich", "Adaptation") poursuit la recherche formelle de "Where the Wild Things Are". Un monde entre froideur et tendresse, présent jusque dans l’accoutrement des personnages, dans la musique d’Arcade Fire, ou encore dans le traitement de l’image aux tons pastel. Ce drame d’anticipation singulier est révélateur d’une société individualiste axée sur les relations par écrans interposés. Rooney Mara, Amy Adams, Kristen Wiig et Olivia Wilde complètent le casting de luxe de ce film élégant, qui ne se défile pas devant un sujet facilement casse-gueule. Normal : se fixer des missions impossibles est devenu la marque de fabrique de Spike Jonze. -
The Bed Sitting Room
Londres après la bombe. Dans le sillage confus de la Troisième Guerre mondiale, un "malentendu nucléaire" (d’une durée exacte de deux minutes et vingt-huit secondes, signature du traité de paix incluse) entraîne d’étranges mutations auprès des survivants. Ainsi, l’aristocrate Lord Fortnum attend sa transformation imminente en chambre-salon (d’où le titre). Ralph Richardson, Dudley Moore, Marty Feldman, Arthur Lowe et Spike Milligan : un chapelet de célébrités du petit et du grand écran britannique tente de se frayer un chemin dans un paysage façon "Mad Max", parmi les décombres, les champs de brisures de porcelaine, les escalators souterrains qui débouchent dans les airs et les cathédrales enfouies dans le sol. Richard Lester, réalisateur de "Petulia", "The Knack" et des films sur les Beatles "A Hard Days Night" et "Help !", nous offre un regard hautement décalé et déjanté sur une Angleterre post-apocalyptique, dans la veine de l’humour absurde britannique à la Monty Python. -
jeu 20.03.2014
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Clouds of Glory
Entre 1798 et 1812, l’écrin naturel de Lake District constituait un bouillon de culture pour les génies de la littérature. Leur figure centrale était le poète William Wordsworth, originaire de la région. Autour de lui s’est formé un cercle d’écrivains tels que Robert Southey, Samuel Coleridge et Thomas de Quincy. La première partie de cette mini-série en deux parties, intitulée "William and Dorothy", se concentre sur la sœur, muse et concubine de Wordsworth. L’action se situe dans le cadre merveilleux et romantique de Lake District, que Russell portait dans son cœur, tout comme John Ford chérissait Monument Valley. Cette première partie intimiste et bucolique détonne avec le feu d’artifice de "The Rime of the Ancient Marimer". La première scène s’ouvre sur une crise de rage de Coleridge (David Hemmings dans son meilleur rôle), poète accroc au laudanum, qui détruit sa bibliothèque à la recherche de sa prochaine dose. Cette séquence maniaque mène subtilement à l’adaptation de son poème le plus connu. Cette production télé légendaire a atteint le statut de "Saint Graal" auprès des adeptes de Ken Russell, étant donné qu’elle fut longtemps considérée (...) -
The Shout
Un récit fascinant, énigmatique et multidimensionnel sur le pensionnaire d’un asile psychiatrique (Alan Bates) qui, lors d’un séjour auprès d’une tribu d’aborigènes, a appris le secret du "cri" tueur. Lors d’un match de cricket opposant les pensionnaires de l’asile aux habitants du village, Alan Bates raconte en flash-backs sa relation avec le compositeur expérimental John Hurt et sa femme, Susannah York. Bates investit la demeure du couple, mais sa présence va s’avérer bien inquiétante… Adapté d’une nouvelle du fameux écrivain et poète anglais Robert Graves, le film rappelle par son ambiance étrange et ambiguë le travail du réalisateur britannique Nicolas Roeg. Il s’agit pourtant du réalisateur polonais Jerzy Skolimowski, connu pour ses films "Deep End" et "Moonlighting". Il parvient à transformer certaines figures emblématiques de l’Angleterre, comme le cricket et les cottages, en éléments irrationnels. -
ven 21.03.2014
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R100
Takafumi, terne vendeur, vit seul avec son fils alors que sa femme est depuis trois ans dans le coma. Pour pimenter son existence, il est secrètement membre d’un club SM, dont on ne peut résilier sa carte d’adhérent avant un an. Durant cette période, on promet des visites inopinées de dominatrices expérimentées et vêtues de cuir. Mais bientôt, celles-ci apparaissent aussi sur son lieu de travail et dans la rue, chacune ayant une spécialité bien particulière. Le harcèlement s’annonce corsé. Jouée par l’acteur principal d’"Ichi the Killer" et réalisée par l’auteur de "Symbol", cette comédie sulfureuse joue avec le code jusque dans son titre, traduisible par "Interdit aux moins de 100 ans" ! Nous vérifierons les cartes d’identités à l’entrée… -
Altered States
Le professeur Edward Jessup (William Hurt) tente de percer les mystères des consciences parallèles et de la schizophrénie. Il expérimente ses recherches sur sa propre personne, en s’enfermant durant des heures dans un bassin d’incubation. Un jour, il apprend qu’une tribu mexicaine, lors de rituels chamaniques, arrive à atteindre un nouvel état de perception. Il se rend sur place pour participer au rite annuel, durant ce rite il ingurgite une potion qui le fait entrer dans une transe psychédélique. Fasciné par cette découverte, il récupère un échantillon de la mixture afin d’en consommer durant ses séances de "recherche". Mais petit à petit, ses expérimentations mènent à des résultats des plus inquiétants et, malgré les avertissements de son équipe, Edward s’entête et poursuit son expérience. Sa quête initiatique le poussera vers les fondements de l’existence universelle ; Il n’en sortira pas intact. -
The Lair of the White Worm
Cette adaptation cinématographique amusante du roman d’horreur éponyme, signé Bram Stoker, est camp, idiote et folle. En un mot : du Ken Russell ! L’œuvre originelle sert de point de départ mais Russell semble moins préoccupé par une adaptation fidèle que par le bombardement des spectateurs avec des images chargées de symbolisme et d’érotisme, des séquences cauchemardesques barrées et... Hugh Grant. Un archéologue tombe sur un crâne de reptile géant alors qu’il fait des fouilles dans un village du nord de l’Angleterre. Suite à cette découverte, la bourgade est secouée par des événements étranges, qui impliquent pour la plupart une dame à l’haleine venimeuse qui se balade affublée d’une corne géante accrochée à son entrejambe... Pendant ce temps, le dernier descendant de la famille aristocratique locale - le sautillant Hugh Grant vêtu du kilt de circonstance - doit bien se rendre à l’évidence : la légende du dragon liée à sa famille depuis des générations n’est peut-être pas qu’une légende... -
sam 22.03.2014
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Computer Chess
1984. Une bande de geeks se retrouvent dans un hôtel miteux pour un tournoi d’échec électronique. Armés de leurs propres programmes, nous les voyons en discussion sur des mouvements d’échecs improbables et des PC antédiluviens, dans un esprit de compétition. Ils doivent partager l’hôtel avec une secte religieuse et des événements de plus en plus étranges. Tourné avec une caméra vidéo vintage, le film se présente d’abord comme un documentaire authentique avant de basculer, avec humour, dans l’absurde. Figure centrale du Mumblecore, Andrew Bujalski (réalisateur de "Funny Ha Ha") propose ici son film le plus improvisé, avec des acteurs non-professionnels, à partir d’un script de seulement huit pages. Le port de grosses lunettes sera donc de mise pour venir voir ce délire hypster à la fois austère et décontracté.+ Malody -
A Field in England
Dans l’Angleterre du XVIIe siècle, un groupe d’hurluberlus fuit la guerre civile alors que la bataille fait rage dans un champ. D’où le titre. Cherchant à se réfugier dans une taverne où la bière est servie fraîche, ils tombent rapidement sous la coupe d’un curieux alchimiste, décidé à les forcer à trouver un fabuleux trésor prétendument enterré dans ce champ. Une tambouille de champignons hallucinogènes va donner une tournure psychédélique à leurs pérégrinations. Le tout baigne dans un délire nonsensique british, où le bon mot fait mouche, où l’humour de camaraderie potache et les comportements anachroniques sont souvent de mise. Ben Wheatley, réalisateur de "Kill List", "Sightseers" et chef de file d’un certain cinéma anglais, propose ici un film où tout semble pouvoir se produire. Un film visuellement stimulant, tourné dans un noir et blanc décalé, rendant hommage au cinéma de genre de jadis, tout en s’affranchissant des courbettes par un style très personnel.+ The Missing Scarf -
Segundo de Chomón
II y a cent ans, le réalisateur espagnol Segundo de Chomón - génie du trucage, pionnier du cinéma fantasmagorique - réalisait une large série de brillants courts métrages (1905-1911). En 2012 Louislouis (BE), musicien/compositeur de musique post-belge, élève de Frédéric Rzewski, animateur de Funk Sinatra, mélomane curieux, et Truna (ES) luthier/musicien/compositeur de musique excentrique espagnole, collaborateur occasionnel, entre autre, de Pierre Bastien, décident de revisiter les films du grand rival de Méliès. Le résultat est une étonnante composition post-moderne, un astucieux collage de musique traditionnelle futuriste et électronico-préhistorique. Leur approche musicale alterne commentaire espiègle à la Chomón, danse endiablée et promenade onirique, collant ainsi parfaitement à l’esprit du cinéaste. Ne ratez donc pas l’occasion de voir à la fois des grenouilles géantes danser sur l’écran et de la musique enthousiasmante, ça n’arrive pas souvent ! -
dim 23.03.2014
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Cineketje
Vous voulez partager avec vos enfants vos souvenirs nostalgiques du petit écran, leur montrer "autre chose", ou simplement vous tordre de rire ? Alors ne ratez pas la séance de courts métrages d’animation britanniques de Cineketje. Au programme : quelques épisodes de la légendaire sérié télé britannique des années 70 "Roobarb & Custard", des courts métrages d’animation "Woolly Wolf" et "Woolly Town" de Vera Neubauer et enfin les derniers films stop-motion du studio d’animation britannique Second Home Studios. Pour les enfants de tous âges. -
Number 10 Blues
Un homme d’affaires japonais mène la vie détendue d’un expatrié à Saigon, en temps de guerre. Sa tranquillité est brusquée lorsqu’il tue un homme par accident. Se méfiant des aléas de la justice vietnamienne, il s’enfuit avec une belle chanteuse de boîte de nuit, sans se soucier ni des explosions ni des embrouilles qu’il laisse derrière lui… Réalisé en 1975, ce film a été tourné au Vietnam vers la fin de la guerre, d’où l’authenticité des coups de feu éclatant dans le fond sonore. Suite à la faillite de la société de production, le film à moitié inachevé est enterré... jusqu’à ce qu’il soit redécouvert, presque quarante ans plus tard, au Centre national du film au Japon. Il peut enfin être complété. Voici donc une plongée dans un autre temps, un film témoin et le résultat d’une belle lutte contre l’adversité. -
Blue Ruin
Quand nous découvrons Dwight, anti-héros de "Blue Ruin", il n’a plus rien à perdre : il dort dans une voiture miteuse, se lave dans des maisons abandonnées et limite son régime aux trouvailles des poubelles communales. On comprend que Dwight porte plus de bagages internes que ce que sa vie parcimonieuse laisse penser. Il est pris dans une spirale vertigineuse où le retour aux sources rime avec la vengeance… Le spectateur le suit dans ce film de genre intelligent et original, inscrit autant dans le genre du film de vengeance que dans celui de film indépendant américain. Ce long métrage réalisé par Jeremy Saulnier (réalisateur de "Murder Party", mais aussi chef op. attitré de Matt Porterfield, par exemple sur "Putty Hill") pu être complété grâce à une campagne de ’crowdfunding’ particulièrement réussie. Thriller intelligent et triomphant, "Blue Ruin" rafle plusieurs prix en 2013 - un futur classique à ne pas manquer.+ Astigmatismo