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mer 06.03.2013
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Berberian Sound Studio
1976 : un ingénieur du son timide (interprété à merveille par Toby Jones) quitte son Angleterre natale pour travailler sur un film d’horreur à petit budget du genre giallo, dans un studio de post-production italien. Il y mixe des hurlements horrifiants et des effets sonores grotesques. Mais la violence à l’écran et l’ambiance lugubre font virer les enregistrements au cauchemar. Depuis "Blow Out" de Brian De Palma, l’ingénieur du son - d’ordinaire discret - n’avait pas joué de rôle aussi central que dans ce film. Cet hommage ingénieux au giallo italien est un chef-d’œuvre claustrophobe qui fait la révérence au meilleur de Dario Argento et Mario Bava. Ce second long métrage de Strickland ("Katalin Varga") tire également son inspiration de David Lynch, des premiers films de Polanski ou de "Barton Fink", des frères Coen. Le réalisateur, lui-même musicien, avait d’abord l’intention de faire un film sur les compositeurs et artistes d’avant-garde qui réalisaient les bandes originales des gialli ; le titre est d’ailleurs un clin d’œil à la chanteuse avant-gardiste Cathy Berberian. Au lieu d’en faire étalage, Strickland a préféré suggérer habilement le (...) -
jeu 07.03.2013
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Microboutiek
La Microboutiek, madame, est un point de diffusion de livres, CD, fanzines, DVD, K7 et autres objets de micro-édition. Vous pouvez autant y découvrir des choses rares que venir y déposer vos créations, la Microboutiek est alimentée par son propre public. N’hésitez pas ! -
Martha Colburn
Réalisatrice, artiste multimédia et professeure en cinéma d’animation, Martha Colburn, née en 1971 aux États-Unis, rendra visite au festival avec ses travaux les plus récents et mènera un atelier destiné aux étudiants en animation du RITS. Elle a réalisé une bonne quarantaine de films d’animation en super 8 et 16 mm, "des tableaux mouvants" dans lesquels elle crée un univers sombre, qui fait la part belle aux mythologies iconographiques, perversités et autres ambiances étranges. Les animations – une sorte de mélange déjanté entre Jérôme Bosch, Max Fleischer et les Monty Python – ont un style de montage heurté. Ce sont des films expérimentaux fabriqués à partir de matériaux de récupération, coupures de presse et dessins coloriés à la main. Les thèmes récurrents sont le sexe, la violence, le fétichisme et la mort. Récemment, le travail de Martha Colburn a pris une tournure politique en abordant les aspects moins glorieux de la société américaine. Les Indiens se transforment en soldats, Ben Laden en sorcière, ce qui permet à l’auteure de critiquer de manière ludique l’iconographie politique et son endoctrinement.• Asthma• Cats Amore• Big Bug Attack• ... -
Thundercrack !
Véritable manifeste du cinéma Underground américain, "Thundercrack !" propose dans un noir et blanc brut, une véritable orgie trash. Dans une maison isolée au milieu de la prairie, un orage de cinéma éclate alors qu’on sonne à la porte. Mme Gert Hammond, fortement alcoolisée et débraillée, met du temps à retrouver un air décent, ce qui échoue manifestement. Au cours de la soirée, il lui faudra pourtant accueillir toutes sortes de visiteurs étranges... Sur un scénario et des dialogues des Kuchar et Mark Ellinger, Curt McDowell propose des images imprégnées d’outrances et de mauvais goût liées par une narration déroutante et un rythme lancinant. La nonchalance du traitement tranche avec les outrances sexuelles et les transgressions en tout genre, divisant d’emblée les spectateurs. C’est d’ailleurs l’une des caractéristiques du genre : reconnaître les siens en utilisant des codes spécifiques. Prenant comme principe l’excès de tout poil, le film fouille tous les recoins du fantasme et du cauchemar n’hésitant pas à mettre en scène des animaux, des fruits, et un tas d’autres éléments organiques dans une ode à la dépravation où rien n’échappe à la (...) -
ven 08.03.2013
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Trash from Hell
Le programmateur et collectionneur de films américain Jack Stevenson fouille dans ses archives 16mm pour en extraire les exemples les plus obscurs et déjantés du cinéma trash. Le programme comprend deux films found footage réalisés par Jack Stevenson lui-même ("War Movie" et "2069 : A Space Odyssey", classé XXX), des bandes annonces de films de Maria Montez, la "high camp Queen of Technicolor" des années 40, des extraits du film homosexuel hardcore "Get That Sailor", sur des matelots solitaires de la marine américaine et bien d’autres surprises. Vous voilà avertis : ce spectacle sera tellement crasseux qu’il vous collera à la peau encore longtemps. Horrible, amusant et inoubliable. -
Supervixens
Le nom de Russ Meyer évoque immédiatement une chose : des gros seins. Et pour cause ! Dans son meilleur film, "Supervixens", Russ Meyer comble pleinement les attentes des amateurs de nénés avec un casting de six plantureuses créatures. Un film destiné à divertir : dynamique, fascinant, choquant et particulièrement hilarant. Une attaque cinglante contre le féminisme et un achèvement du machisme masculin dans un film qui déforme la morale sexuelle. On y retrouve des flics et des bandits, des femmes sexuellement offensives, des rednecks, des vétérans invalides, des épouses infidèles, des hommes impuissants, du sport de chambre, des orgasmes sans fin et des poursuites en voiture, sans oublier l’obsession des seins vs. fellation. Le tout au rythme étourdissant de Russ Meyer, dont la caméra recherche les angles les plus étranges pour immortaliser ces magnifiques poitrines. Le drame fortement pimenté, les dialogues tranchants et la sexualité débridée en font le film camp le plus poilant de tous les temps. Avec des gros nichons, l’a-t-on précisé ? -
Deadly Weapons
Chesty Morgan a des seins à vous mettre mal à l’aise. Le mot "énorme" ne suffirait pas à décrire leur taille. Ils sont gigantesques. Monumentaux. En été, une famille moyenne pourrait s’y abriter du soleil. En hiver, ils pourraient skier dessus. C’est uniquement grâce à ses deux freaks of nature que Chesty Morgan a pu s’offrir une carrière cinématographique. La strip-teaseuse a été repérée par la réalisatrice de films trash Doris Wishman, qui l’a propulsée au rang d’actrice fétiche, malgré son manque criant de talent de comédienne. Dans "Deadly Weapons", elle joue le rôle de Crystal, la fiancée d’un mafioso. Lorsqu’il se fait assassiner, Crystal se lance à la poursuite des meurtriers et fait de ses seins des armes fatales. Elle attire les hommes dans son lit et les étouffe entre ses attributs, desquels ils tentent désespérément de s’extirper. Ajoutez à ce spectacle unique le jeu médiocre de Chesty Morgan et l’approche cinématographique très personnelle de Doris Wishman et vous obtiendrez un résultat tout à fait loufoque. Seeing is believing ! -
sam 09.03.2013
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Kuchar Brothers I
Milieu des années 60 : les premières productions 16mm de George et Mike remportent un succès auprès d’un public plus large et de la scène underground new-yorkaise d’Andy Warhol et de Kenneth Anger. Durée totale : 81’+ Sins of the Fleshapoids+ Hold Me While I’m Naked+ The Craven Sluck -
Errors of the Human Body
Geoff Burton, un célèbre généticien américain, déménage en Allemagne après l’effondrement de son mariage afin de continuer des recherches sur une maladie mystérieuse qui aurait tué son nouveau-né. Ses études étant résolument controversées, des conflits surgissent entre lui et ses collègues, dont une ancienne assistante qui semble vouloir l’aider, et l’ex jaloux de celle-ci qui voit Burton comme un rival scientifique. Une méfiance débordant sur la paranoïa s’installe lentement chez Burton qui le mènera à devenir par inadvertance le cobaye de ses propres recherches, subissant par la suite des effets qui l’obligeront à revivre les aspects les plus affreux de sa tragédie personnelle. L’australien Eron Sheean réalise ce thriller élégant qui, néanmoins, ne va pas sans rappeler les débuts de Cronenberg dans un contexte encore plus froid et stérile, où les émotions telles que la culpabilité et la rancœur sont incarnées d’une manière curieuse et inattendue. -
Blood Feast
La Floride et ses riches retraités à la peau tannée, les chasseurs d’alligators et sa mentalité bien sudiste ne pouvait rester en dehors de l’aire de jeu du Camp. Herschell Gordon Lewis, assurément l’un des rois du mauvais goût, propose ici ce qui est considéré comme le premier film gore. Mal joué, dirigé lâchement, bizarrement équilibré, "Blood Feast" dépasse pourtant le facile second degré pour devenir un objet réellement captivant. Du pur film d’exploitation où rien n’est épargné : du racisme ordinaire avec un criminel fou égyptien (ce qui rappelle "La Momie"), à la rombière agaçante et aux ados idiots, libidineux et l’obligatoire scène de plage. Tout est mis en place pour que le slasher puisse exploser en tant que genre dix ans plus tard. De l’americana poisseuse qui prendra tout son sens dans "Two Thousands Maniacs !" tourné par Lewis en 1964. Le camp et le trash ne se limitent pas au film lui-même puisque le producteur faisait distribuer des sac à vomi à l’entrée des salles et allait même jusqu’à tenter de faire interdire le film dans certaines villes pour attirer l’attention. -
Bloodsucking Freaks
Chaque week-end, Sardu, un gringalet répugnant, met en scène un spectacle macabre dans une obscure petite salle de théâtre new-yorkaise. Une pièce grand-guignolesque dans laquelle il torture et achève des femmes nues. Les spectateurs n’ont pas conscience qu’il ne s’agit pas de fiction, mais d’un horrible massacre, qu’ils applaudissent poliment. Derrière les rideaux, les atrocités se poursuivent. Avec son assistant – un nain sadique muni d’un fouet – Sardu séquestre des femmes dans une cave. Il les traite comme des chiens, leur lance de la nourriture à travers les barreaux et en libère de temps à autres pour s’en servir comme table. Lors d’une représentation, Sardu s’éprend d’une belle ballerine, assise dans le public. Il l’enlève dans l’espoir de transformer cette beauté raffinée en esclave sexuelle servile. La vilenie perverse est à ce point grotesque qu’il est impossible de la prendre au sérieux. Il s’agit malgré tout d’un des films trash les plus décriés et controversés des années 70. -
dim 10.03.2013
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Kuchar Brothers II
Fin des années 60 et plus tard : Mike et George développent leurs thèmes originaux et prennent de nouvelles directions. Durée totale : 77’+ Color Me Shameless+ Rockflow+ Tales of the Bronx+ Mongreloid+ How to Chose a Wife -
John Waters
Le festival a le plaisir d’accueillir le réalisateur américain John Waters (°1946). Il se met dès l’adolescence à réaliser de petits films trash, bon marché, en super8, avec un club d’amis baptisé The Dreamlanders. Il doit sa percée à "Pink Flamingos", en 1972, un grand succès dans le circuit drive-in et grindhouse, suivi des non moins originaux "Female Trouble" (1974) et "Desperate Living" (1977), qui assoient définitivement le statut de John Waters, The Sultan of Sleaze, The Baron of Bad Taste ou encore The Pope of Trash. Son œuvre témoigne d’un irrespect malicieux, d’un penchant pour le grotesque et d’un amour pour l’americana. À partir de "Polyester" (1981), les films de John Waters passent de l’underground au mainstream sans perdre leur intégrité artistique. Le grand public découvre Waters avec "Hairspray" (1988) et "Cry-Baby" (1990). Son dernier film, "A Dirty Shame" (2004), est un retour aux racines : la culture underground des obsédés sexuels des banlieues de Baltimore dans les années 70. John Waters nous fera l’honneur de présenter cette double séance au Nova. La rencontre qui se déroulera entre les deux films sera modérée par Jack (...) -
jeu 14.03.2013
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The Final Member
En Islande, il existe un musée unique : le musée phallologique, qui abrite une vaste collection de pénis, allant du minuscule pénis de hamster au phallus de baleine. Pourtant, il manque à la collection un spécimen crucial : le pénis humain. Le fondateur du musée, Sigurdur Hjartarson, ne songe plus qu’à trouver un donneur pour cette dernière pièce précieuse. Après des recherches éprouvantes, deux hommes offrent simultanément leurs trésors : un athlète islandais retraité et un américain dément qui a surnommé son pénis "Elmo". La course est lancée entre les donneurs pour obtenir la place d’honneur dans cette collection. Avec un sujet pareil on s’attend à un documentaire amusant, mais ce couple bizarre si passionné par leurs queues au point de vouloir partager cet amour avec le reste du monde fait de "The Final Member" un véritable délire. La tournure que prendront les choses ne peut être reçue qu’avec de l’incrédulité et des larmes aux yeux.+ The Centrifuge Brain Project -
Vampyres
Le film le plus connu de José Larraz. Très sanglant, plus explicite dans le gore et avec un fort contenu érotique, ce qui en fait un favori des aficionados du cinéma d’horreur. Un couple de vampires lesbiennes (Anulka et Marianne Morris, mémorables), vivant dans un manoir isolé dans la campagne, accueille des personnes égarées... Les futures victimes, hommes et femmes, sont fascinées par l’apparente liberté sexuelle de leurs hôtes, sans savoir qu’elles ne désirent qu’une chose : assouvir leur insatiable soif de sang frais. Cette parabole sur le désir, sa beauté, sa bestialité, a subi les foudres de la censure britannique de l’époque. Les censeurs n’ont pas vu que la véritable provocation de Larraz était de concevoir, dans son style unique, un film de vampires débarrassé de ses racines chrétiennes profondes, de toute tentative moralisatrice, plongeant dans les excès du cinéma de genre pour exprimer sa fascination pour la femme. Un cinéaste "féministe" du reste assez isolé dans la sexploitation anglaise... -
ven 15.03.2013
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Sadourni’s Butterflies
L’argentin Dario Nardi est spécialiste en films d’animation, mais depuis 1998 il travaille sur ce projet personnel, son premier long. Dans le prologue, l’esprit de Tod Browning est une présence indéniable. Tourné en superbe noir et blanc, le film met en scène le drame du nain de cirque Sadourni. Surprenant sa femme au lit avec un autre, il tue les deux amants. Après des années de prison, sa bonne conduite lui permet de sortir et il se réfugie dans un étrange hôtel. Sa quête de travail le mène au Club Fetish, où il double les films pornographiques aux côtes de la belle Alexia. Pendant ce temps, Sadourni rêve d’obtenir une forme physique normale. Il rencontre un médecin androgyne qui, par le biais d’une panoplie d’instruments de torture, garantit à Sadourni quelques centimètres de plus... Un film visuellement inventif qui allie l’expressionnisme de Murnau au surréalisme de Jodorowsky. En présence de Dario Nardi. -
Flash Gordon
Il est fascinant de voir à quel point les discussions sont passionnées lorsqu’on aborde les points communs, les différences voir les définitions du camp et du kitsch. Et Dieu sait si cette version culte de "Flash Gordon" ne vient pas éclaircir le débat. Ça serait pourtant le rôle de ce héros que les Français nomment Guy l’Éclair ! Le film est de toutes façons né sous le signe de l’embrouille et de l’emprunt : créé en comics par Alex Raymond, il avait pour mission première de contrer Buck Rogers. Puis il apparut en serial sous les traits de Buster Crabbe (le premier Tarzan/nageur olympique...) et émerveillait alors le jeune George Lucas. Ne pouvant acquérir les droits détenus par Alain Resnais (!) il développa "Star Wars", reprenant les effets du résumé de l’histoire qui défile au début de l’épisode. Vous suivez ? Bon. Suite aux succès de la Lucasserie, l’inéna(na)rrable Dino de Laurentiis produit cette adaptation tandis que Gil Gerard cabotine sous les traits de Buck Rogers à la télévision. Ici nous retrouvons Flash Gordon, entouré de Max von Sydow loin de Bergman, Timothy Dalton loin de James Bond, Ornella Muti loin d’être habillée. Ce beau monde (...) -
Queen of Outer Space
Un petit groupe d’astronautes se retrouve sur Venus, peuplée de femmes en minijupes, avec à leur tête une cheftaine misandre car défigurée. Une menace nucléaire, des héros à la mâchoire carrée, bref, on est bien dans l’Amérique des années cinquante ! Et même si le scénario rappelle "Cat-Women of the Moon" (avec ici aussi une araignée géante !), le Technicolor et le Cinemacope nous prouvent qu’il s’agit bien de camp luxueux : Zsa Zsa Gabor assure le show et on réutilise sans vergogne les costumes de "Forbidden Planet" et autres décors de productions contemporaines. Un film de minuit vintage et fun où l’artificialité dispute aux clichés l’incroyable possibilité de son existence même. Peut être l’un des films ultimes pour convaincre une ingénue à un premier rendez-vous puisque que cette vérité éternelle sort de la bouche d’un personnage : "Women can’t be happy without men." Une occasion unique de se convaincre que le message des nanars n’est pas toujours subversif... -
sam 16.03.2013
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On Vampyres and Other Symptoms
La réalisatrice Celia Novis a côtoyé pendant 5 ans la silhouette énigmatique de José Ramón Larraz, et en a tiré un portrait fragmenté, esquissant au mieux l’homme dans sa complexité, dans le jeu de ses paradoxes. Solitaire et secret, mais recherchant le contact dès qu’il s’agit de (se) mettre en scène, franc-tireur et lucide, conteur et voyageur infatigable, José Larraz a vécu et épuisé de multiples vies professionnelles et sentimentales, et méritait bien d’être honoré de manière non conventionnelle, replacé au cœur de ses propres fictions. Le film de Celia Novis juxtapose extraits de films, séquences dessinées - juste retour des choses pour ce dessinateur prolifique - et images puisées dans sa vie récente, et éclaire le volet bruxellois de sa carrière, sur lequel planent les ombres de Josef von Sternberg et de Thomas Owen. Avec les voix - et les présences - des "Vampyres" Anulka et Marianne Morris. -
Branded to Kill
Jo Shishido est Goro Hanada, un tueur à gages chevronné avec une passion pour le riz bouillant. Après avoir raté son dernier job, commandité par l’énigmatique Misako, le bourreau devient lui-même la cible de ses collègues. La descente dans la folie d’Hanada constitue l’intrigue de cette histoire disjonctée, une incursion qui coûtera à Seijun Suzuki son poste chez Nikkatsu. Le studio, s’attendant au typique film yakuza, a été pris de court par la moquerie flagrante des conventions du genre, arrêtant effectivement la distribution du film. Néanmoins, "La marque du tueur" est reconnu comme un des piliers de la Nouvelle vague japonaise, inspirant par la suite des réalisateurs tels que Jim Jarmusch et Quentin Tarantino. -
Youth of the Beast
Le trentième film de Suzuki aura été celui de sa consécration. C’est dans ce film qu’il a pu déployer toute la flamboyance de son style. Un ex-flic au chômage déboule comme une furie dans le quartier général d’une bande de yakusa, balance les beignes à la volée et pointe son flingue sur le chef de gang, pour lui demander du travail. Impressionné par tant d’audace, celui-ci lui propose d’aller éliminer le chef d’une bande rivale. S’ensuit une descente brutale dans des bas-fonds remplis de gangsters, de dealers et de maquereaux, où Suzuki offre un véritable festin visuel tout en couleurs chatoyantes. Un remake du film, réalisé par John Woo, est prévu pour 2014, ne ratez donc pas cette chance de voir l’original ! -
The Coming of Sin
"Vampyres" est le dernier film que Larraz réalisa en Angleterre. Les possibilités de tournage s’amenuisaient, et il dut se résoudre à travailler en Espagne. S’ensuit une série de contes érotiques épinglant une société cadenassée par les tabous sexuels. De cette période post-Franco émerge un de ses films les plus étranges. Tourné avec un budget dérisoire et sans acteurs professionnels, "La visita del vicio", dans les mains de Larraz, devint un objet onirique étonnant, avec des scènes de cette beauté évidente et folle qui auraient pu plaire à Buñuel. "La visita del vicio" est l’histoire de deux femmes dont la relation amoureuse est menacée par l’arrivée d’un homme. Désirs, pulsions de mort et origines sociales opposées s’entremêlent comme des corps blessés jusqu’au soubresaut final... Présenté dans sa version uncut ! -
dim 17.03.2013
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Matinée !
Entamez un voyage nostalgique dans le temps lors d’une projection "Matinée" pour tous les âges, un dimanche après-midi présenté sous la forme d’une séance classique : Vous y aurez droit à de véritables ouvreuses, à de l’animation, des tours de passe-passe et des chocolats glacés ! Au programme : des bandes-annonces et un film vintage des années ’50 en CinemaScope et DeLuxe color ! En collaboration avec La Rétine de Plateau+ The Girl Can’t Help It -
Microboutiek
La Microboutiek, madame, est un point de diffusion de livres, CD, fanzines, DVD, K7 et autres objets de micro-édition. Vous pouvez autant y découvrir des choses rares que venir y déposer vos créations, la Microboutiek est alimentée par son propre public. N’hésitez pas ! -
Eega
Un jeune homme est assassiné par son rival en amour et revient dans le monde des vivants pour se venger. Ce n’est pourtant pas un film de vengeance avec fantômes sanguinaires mais un spectacle à part entière. En effet, le personnage principal se réincarne en mouche domestique qui torture son ennemi avec tous les moyens qui lui sont possibles sous sa nouvelle forme. Des bourdonnements incessants, des escapades dans le nez de son adversaire, de chatouillements nocturnes… les possibilités pour une mouche de s’en prendre à quelqu’un jusqu’à le rendre fou sont inépuisables. Et lorsque les insecticides et les tapettes à mouches font leur apparition, une véritable guerre se déclenche entre l’homme et la bestiole. Débordant d’originalité et de moments surprenants, "Eega" fut le plus grand succès du cinéma indien en 2012 : un spectacle ’Tollywood’ super amusant et complètement farfelu, avec une bonne dose de chants et danses et surtout beaucoup d’action ! -
Bullet Collector
Cette production russe, extrême dans son choix de sujet et traitement stylistique, dépeint la vie d’un adolescent qui cherche à s’affirmer dans son milieu sombre et hostile. Dans le monde fantastique qu’il se crée dans sa tête, il est fort, courageux, aimé, heureux. Mais sa réalité est autre : situation familiale néfaste, mère agressive et beau-père qui ne supporte pas de le voir. À l’école, il se fait tabasser en permanence par ses camarades de classe. Il est ensuite placé dans une maison de correction où la seule façon de survivre est d’être plus dur et brutalisant que les gardes et les internés. La ligne vie de rêve et réalité devient de plus en plus floue. Alexander Vartanov nous livre avec son premier film une image sinistre de l’adolescence, alternant des moments de fragilité et de rage, présentés de façon troublante et inoubliable. -
Glen or Glenda
Il serait vain d’essayer de résumer le film en quelques lignes. Et d’ailleurs, venir voir un film d’Ed Wood ne se décide pas à la lecture du synopsis. Quoique... Dans "Glen or Glenda", il tente didactiquement mais aussi métaphoriquement et surtout maladroitement de nous donner à voir ce que sont les travestis. Il interprète lui-même ce jeune homme qui aime à s’habiller en femme sans l’assumer totalement. Fan de Bela Lugosi, il réussit à le convaincre de jouer dans le film en lui donnant un rôle de savant fou/moraliste gothique et européen. Lugosi n’est plus au top de sa forme mais bien à celui de sa toxicomanie ce qui ne l’empêche pas d’interpréter, à sa façon, les bien étranges répliques concoctées par le plus célèbre des mauvais réalisateurs. Les fameux "Pull the Strings !" et les "Beware !" devenant "bevair" avec l’accent hongrois font partie des cuirs les plus célèbres du cinéma américain. Des stocks shots impromptus, des raccords improbables, une narration difficile à suivre, des surimpressions douteuses, du camp et du kitsch assurément mais surtout de l’audace ! -
jeu 21.03.2013
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I Am Divine
Dire que l’on connaît Divine, ce serait comme prétendre que l’on a mesuré toutes les facettes d’une boule disco. Divine avait plusieurs visages : actrice, performeuse, chanteuse disco-punk, drag queen, muse. Mais Divine c’était aussi et avant tout Harris Glen Milstead. Ce documentaire kaléidoscopique découvre Glen alias Divine à travers les témoignages de ceux qui l’ont côtoyé, admiré, aimé mais aussi à travers de nombreux entretiens où sa sincérité apparaît sans fard. L’ensemble est ponctué d’extraits rares (notamment des premiers 8mm de Waters), les plus trashy-trashy (ses performances new-yorkaises) et les plus célèbres ("the dog poop scene"). Si la forme documentaire est ici classique, c’est que la personnalité complexe de Divine suffit à nous aspirer dans un tourbillon de succès, de doutes, de revanches et de réconciliations dont on ne peut sortir qu’attaché. Il-Elle est à la fois la forme et le fond, le masculin et le féminin, l’exubérance et la timidité, l’énergie pure et la douceur enrobante. Elle est Il, Il est Elle. Et le moins que l’on puisse dire c’est que tous deux manquent au cinéma et pas seulement au cinéma de John Waters. -
Short Screen
Offscreen et le magazine de court métrage Kortfilm.be ont fait une sélection des meilleurs courts métrages étranges et insolites de 2012. Les réalisateurs, y compris des talents belges, viendront présenter leurs films.+ The Importance of Sweet & Salt+ Dood van een Schaduw+ Natasha+ L’ère bête+ De Wake+ Perfect Drug+ Rumoer -
ven 22.03.2013
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Gate of Flesh
Dans une Tokyo d’après-guerre, les truands se livrent à des conflits territoriaux acharnés. Maya, une jeune fille famélique et abandonnée, s’intègre dans une bande de prostituées émancipées qui sont unies par un principe inéluctable : ne jamais coucher avec quelqu’un gratuitement, sous peine d’humiliation, torture et expulsion. Shintaro Ibuki, un ex-soldat défiant joué par le mythique Joe Shishido, infiltre la demeure des femmes et devient aussitôt une source de tension entre elles ainsi qu’une présence perturbante pour Maya, pour qui Shin incarne un bonheur longtemps perdu… Un superbe exemple des débuts du pinku, "La barrière de chair" met en scène une sensualité crue exaltée par la cinématographie hallucinante de Suzuki. Séance introduite par Jasper Sharp. -
Secret Chronicle : She Beast Market
Dans les quartiers glauques d’un Osaka écrasé par un soleil de plomb, Tome, tout comme sa mère, est une prostituée désinvolte qui passe de client en client sans état d’âme. Rien ne semble l’atteindre : ni ses disputes constantes avec sa mère qui l’accuse de lui voler des clients, ni l’appétit sexuel de son frère attardé mental, qu’elle satisfait d’ailleurs avec indifférence. Tant qu’elle n’a rien à perdre, elle se sent libre. Mais elle se rend bien compte que tout cela risque de changer un jour. Un chef-d’œuvre avant-gardiste du maître du "roman porno" Noboru Tanaka ("Watcher in the Attic"). La moiteur de l’été et la rudesse du monde dans lequel évolue Tome sont rendus dans une photo noir et blanc impressionnante. Un film à découvrir absolument sur grand écran ! Séance introduite par Jasper Sharp. -
World of Geisha
La chronique d’une maison de Geishas à l’aube de l’intervention japonaise en Sibérie en 1917. La maîtresse d’un bordel veille d’une main de fer à l’éducation de ses filles. Celles-ci doivent par exemple être capables de faire le ménage en tenant un œuf entre les fesses. L’une des premières règles de la maison est de ne jamais tomber amoureuse d’un client. Mais dès sa première passe, la jeune Sodeko tombe éperdument amoureuse... Un grand classique du genre "roman porno", mélangeant les scènes de sexe torride et le drame poignant. Grand admirateur du film, François Truffaut voyait des accents renoiriens dans cet "éloge de la beauté féminine et critique de la bêtise masculine". Séance introduite par Jasper Sharp. -
sam 23.03.2013
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Microboutiek
La Microboutiek, madame, est un point de diffusion de livres, CD, fanzines, DVD, K7 et autres objets de micro-édition. Vous pouvez autant y découvrir des choses rares que venir y déposer vos créations, la Microboutiek est alimentée par son propre public. N’hésitez pas ! -
The Warped Ones
Akira gagne sa vie en chapardant les portefeuilles des clients de sa fiancée prostituée. Jusqu’au jour où il se fait repérer par un journaliste qui le fait immédiatement envoyer en prison. À sa sortie, Akira est ivre de vengeance - pas seulement envers le journaliste mais envers la société toute entière. Le seul endroit où sa furie trouve un tant soit peu de répit est une boîte de jazz, décorée des posters de Dizzy Gillespie et de Thelonious Monk. Koreyoshi Kurahara offre ici la réponse japonaise au "À bout de souffle" de Godard, et réalise un classique de la Nouvelle vague japonaise : amoral, anarchique et nihiliste. Séance introduite par Jasper Sharp. -
A Colt Is My Passport
Tueur à gages professionnel, Jo Shishido est engagé par un clan de yakuza pour descendre le chef d’une bande rivale, ce dont il s’acquitte avec une froide efficacité. Mais il déclenchera du même coup une implacable chaîne d’événements lorsque son commanditaire le jettera en pâture à la famille de la victime assoiffée de vengeance. Traqué de toutes parts, il fera tout pour sauver sa peau. L’un des meilleurs films de yakuza des années soixante, "A Colt Is My Passport" est un polar stylé au noir et blanc somptueux et à la bande-son inspirée par le western-spaghetti. Une œuvre immanquable qui mélange les genres à la perfection. Séance introduite par Jasper Sharp. -
Rudderless
Igor et Ivan Buharov ("Slow Mirror") sont de retour avec une nouvelle odyssée en super 8. "Rudderless", inspiré du poème éponyme d’István Domonkos, utilise de superbes séquences qui n’ont d’autre logique que celle des rêves de ces artistes hongrois. De l’expérimentation jouissive, accompagnée en live par The Pastorz dans lequel officie la facétieuse fratrie. Les frères Buharovs sont une pépite du centre de l’Europe. Vivant à Budapest, ils ne sont pas frères et leur noms de baptêmes respectifs n’ont rien à voir avec Buharov. L’un a rencontré l’autre, racontant une histoire personnelle dans un bar. L’un a dit à l’autre : "tu mens, c’est l’histoire d’un ami à moi !" L’autre en a convenu en éclatant de rire. C’est sur ces bases qu’a commencé une folle aventure du cinéma expérimental hongrois qui se décline au fur et à mesure de courts, de moyens, de longs métrages ou au travers d’expositions déglinguées. Un cinéma onirique et viscéral plus vrillé que poseur (ouf !) où gueules, paysages et situations étranges voire incompréhensibles forment un univers unique prenant vie en pellicule, le plus souvent en super 8. Un travail sur la matière d’une liberté (...) -
dim 24.03.2013
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Cineketje
Une merveilleuse programmation vintage de films d’animation des années ’70 sans dialogue pour les tout-petits, qui pourront admirer le travail du maître canadien de l’animation Co Hoedeman, autrefois oscarisé pour son court métrage "Le château de sable". Le programme comprend également des petites perles de Frederic Back, Evelyn Lambart et Judith Klein.• Tchou-tchou• Le lion et la souris• Le chateau de sable• Le chateau de sable / The Sandcastle• ... -
Retaliation
Après huit années passées derrière les barreaux, Sumukawa tente de renouer avec son ancienne famille de yakuza. Il retrouve le chef de bande en train d’agoniser sur son lit de mort et le reste du clan se délite sous les assauts d’un gang rival cherchant à s’approprier leur territoire. Bien décidé à reprendre les rênes, Sumukawa se lance dans une ultime lutte de pouvoir. Cette chronique d’une impitoyable lutte des clans traitée sur le ton voyeuriste réserve un second rôle de choix à la superbe Meiko Kaji (la célèbre "Femme scorpion"). L’occasion unique de voir ce film rare, aux mouvements de caméra énergiques, aux brusques explosions de violence et au cynisme bien trempé, précurseur de l’œuvre d’un Kinji Fukasaku dans les années 70. -
Room 237
Ce documentaire brillant se penche sur les nombreuses théories formulées autour du film d’horreur énigmatique de Stanley Kubrick, "The Shining", sorti en 1980. Rodney Ascher a divisé son œuvre au montage subjectif en neuf segments : de la symbolique des boîtes de poudre culinaire en arrière-plan aux messages subliminaux dans les nuages. "The Shining" fait-il allusion à l’holocauste, au massacre des Indiens par les colons blancs, ou constitue-t-il l’aveu de Kubrick de sa contribution à la mise en scène de l’alunissage par la NASA ? Au public de juger quels messages cachés et théories tiennent la route. Le documentaire rend hommage à un chef-d’œuvre et laisse place aux postulats les plus inventifs. Cette visite guidée fascinante et obsédante à travers les interprétations les plus incongrues et timbrées du classique de Kubrick entraîne le spectateur dans un labyrinthe sans fin. Découvrez pourquoi certains nerds et fans sont restés coincés depuis plus de trente ans dans l’hôtel Overlook !