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mer 07.03.2012
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Keyhole
Ulysses Pick (Jason Patric), un gangster autoritaire, se cache avec sa bande et des otages dans une vieille maison, encerclée par la police. Ulysses a longtemps cherché cette maison, qu’il reconnait à peine malgré qu’elle fut sienne. Hantée par les souvenirs du passé, chaque pièce de la demeure abrite un secret. Accompagné par Denny, une jeune femme aveugle noyée et revenue étrangement à la vie, et son fiancé Manners, Ulysses va commencer une longue quête, une odyssée dans les profondeurs de ses souvenirs. Parcourant chaque pièce de sa maison, une par une, il passe de souvenir en souvenir, jusqu’à atteindre la chambre à coucher où est enfermée sa femme, Hyacinth (Isabella Rosselini). Film au noir et blanc soigné (qui évoque souvent le cinéma muet), aux atmosphères surprenantes et à l’approche surréaliste, "Keyhole" est un nouveau film ‘vintage’ de Guy Maddin ! Tout comme ses deux précédents longs métrages ("Brand Upon the Brain !", "My Winnipeg"), le " souvenir " en est le thème central. Maddin mêle le genre ‘maison hantée’ avec un mélodrame de gangster tout droit sorti des années 30, et nous livre une quête mystérieuse qui lève peu à peu ses secrets.+ Maska -
jeu 08.03.2012
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Suzan Pitt
Le travail de Suzan Pitt consiste pour une bonne part en animation traditionnelle qu’elle complète souvent avec toutes les techniques d’animation imaginables, ce qui lui permet d’explorer les frontières de cette forme artistique. Son goût de l’expérimentation et son background de peintre font que son travail est quasi-exclusivement visible dans les galeries d’art et les musées. Au début des années ’80, le public a enfin l’opportunité de découvrir sur grand écran ses animations non-conventionnelles : le court métrage “Asparagus”, un tableau surréaliste portant sur la sexualité féminine, tourne durant deux ans dans le circuit américain des midnight movies en avant-programme du “Eraserhead” de David Lynch (1979). Cela lui vaut une certaine notoriété auprès des amateurs de films cultes. Nous présenterons une sélection de courts métrages, en présence de Suzan Pitt, parmi lesquels “Asparagus”, “Joy Street” (1995), “El Doctor” (2006) et son tout nouveau film “Visitation” (2011). Suzan Pitt donne cours dans la section Animation Expérimentale du California Institute of the Arts. C’est donc tout naturellement que nous lui avons proposé d’animer un workshop (...)+ Asparagus+ El Doctor+ Joy Street+ Visitation -
The Changeling
Peter Russell, illustre pianiste et compositeur, perd sa femme et sa jeune fille dans un accident insolite. En voulant restructurer sa vie, il accepte un poste de professeur à Seattle et s’isole complètement dans une majestueuse demeure victorienne, afin de se dévouer à la relance de sa carrière musicale. Néanmoins, ses plans sont rapidement perturbés par d’étranges phénomènes au sein de la maison : des fenêtres se brisent, le piano résonne sans avoir été touché, des portes claquent... Des séances avec un médium révèlent une présence inattendue dont les desseins l’emporteront sur la paix que Russell était venu chercher. Inspiré par une histoire survenue au Colorado pendant les années 60 et complètement porté par un George C. Scott en pleine forme, ce film sombre et atmosphérique promet plus que les "cheap thrills" des maisons hantées, même si la vision d’une chaise roulante suscitera plus qu’un léger malaise… -
ven 09.03.2012
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House
Oshare (ce qui signifie "élégant" ou "à la mode") va passer ses grandes vacances chez sa tante. Elle est accompagnée par six amies d’école : Fanta, à l’imagination débordante, Kung-Fu, la spécialiste des arts martiaux, Prof, la geek du groupe, Mac, obsédée par la nourriture, Melody, la musicienne et Sweetie, toujours gentille et joyeuse. Ces jeunes insouciantes sont loin de soupçonner que la tante est en réalité morte et sa maison hantée. Une fois sur place, nos sept héroïnes devront faire face aux mauvais esprits, à un chat domestique démoniaque et un piano terriblement assoiffé de sang. Lorsque le studio Toho confie la réalisation de "House" à Nobuhiko Obayashi, les producteurs misaient gros sur la popularité des films d’horreur tels que "Jaws". Leur stupéfaction fut grande lorsque Obayashi revint avec ce que l’on pourrait décrire comme un épisode de Scooby-Doo réalisé par Mario Bava. Obayashi, exercé aux délires visuels dans sa carrière de réalisateur publicitaire, s’est inspiré des rêves de sa fille de sept ans et a livré un film qui, aujourd’hui encore, est aussi original, surprenant, grotesque et hallucinogène qu’à l’époque de sa sortie en 1977.+ Eenzaam huisje -
The Texas Chain Saw Massacre
Pour illustrer la maison abritant la famille, on aurait pu, dans un tout autre genre, projeter "Meet Me in St Louis", autre chef-d’œuvre, ou pour la famille dysfonctionnelle, "Spider Baby" (qui fut montré lors de la première édition d’Offscreen). On a préféré fournir une occasion de (re)voir sur grand écran cet inestimable joyau, tellement parfait qu’il transcende les classifications et les niches cinéphiles. Noyau incandescent de ce cinéma américain 70’s tellement porté aux nues aujourd’hui, il en possède tous les codes et les stigmates : cadres originaux et pertinents, musique expérimentale, travail global sur le son, filmé en 16mm, personnages à aspérités et non politiquement corrects, concentration du récit, peinture d’un monde hostile, déliquescence des liens sociaux. Le tournage en extérieur, la manière de filmer les victimes et les bourreaux, cette famille déglinguée si iconique associée à cette esthétique 70’s emplie de couleurs chaleureuses, font de ce massacre à la tronçonneuse un incontournable film de maison. -
Evil Dead II
Ashley "Ash" Williams, jeune et fringant gaillard, a bien l’intention de passer un weekend torride avec sa petite amie, Linda. Il décide de louer un chalet au milieu de la forêt, afin d’y trouver une complète intimité. Manque de chance, le chalet appartient en réalité au professeur Knowby, archéologue de renom. Si ce dernier et sa femme sont en apparence absents, Ash ne peut s’empêcher d’écouter son journal audio contenant de mystérieuses incantations provenant du Necronomicon, le célèbre livre des morts. Sans le savoir, notre ami Ash vient de réveiller un démon des anciens temps, s’empressant de se jeter sur l’âme de Linda. Heureusement, il reste des cartouches dans la carabine, sinon… il y a toujours la tronçonneuse dans l’établi ! Remake de "The Evil Dead" sorti six ans auparavant, ce second opus se veut plus décalé et humoristique. Il imposera Sam Raimi comme un réalisateur fort prometteur et Bruce Campbell comme un Dieu vivant sur les tapis moisis des studios du cinéma bis. -
sam 10.03.2012
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Keyhole
Ulysses Pick (Jason Patric), un gangster autoritaire, se cache avec sa bande et des otages dans une vieille maison, encerclée par la police. Ulysses a longtemps cherché cette maison, qu’il reconnait à peine malgré qu’elle fut sienne. Hantée par les souvenirs du passé, chaque pièce de la demeure abrite un secret. Accompagné par Denny, une jeune femme aveugle noyée et revenue étrangement à la vie, et son fiancé Manners, Ulysses va commencer une longue quête, une odyssée dans les profondeurs de ses souvenirs. Parcourant chaque pièce de sa maison, une par une, il passe de souvenir en souvenir, jusqu’à atteindre la chambre à coucher où est enfermée sa femme, Hyacinth (Isabella Rosselini). Film au noir et blanc soigné (qui évoque souvent le cinéma muet), aux atmosphères surprenantes et à l’approche surréaliste, "Keyhole" est un nouveau film ‘vintage’ de Guy Maddin ! Tout comme ses deux précédents longs métrages ("Brand Upon the Brain !", "My Winnipeg"), le " souvenir " en est le thème central. Maddin mêle le genre ‘maison hantée’ avec un mélodrame de gangster tout droit sorti des années 30, et nous livre une quête mystérieuse qui lève peu à peu ses secrets.+ Maska -
Microboutiek
Férus d’éditions rares faites de bric et de broc, de bouts de ficelles et de savoir-faire maison, venez fouiner dans la Microboutiek ! Lieu de dépôt accessible à tous, espace dédié aux arts "mineurs", collection d’éditions artisanales, visuelles, sonores, littéraires, graphiques, pressées, collées, dessinées, sérigraphiées, gravées, photocopiées, tournées-montées... ce point de diffusion mobile est alimenté par son propre public. -
The Haunting
Dans une partie reculée de la Nouvelle-Angleterre, complètement isolée du monde extérieur, on trouve Hill House, une demeure de 90 ans dont le passé est chargé de folie et de meurtre. L’anxieuse Eleanor Lance (une très forte Julie Harris) accepte l’invitation du Dr John Markway (Richard Johnson, que certains reconnaîtront de "Zombi 2" de Lucio Fulci) pour l’aider à mener des expériences sur les activités paranormales de Hill House. Sont également présents : Theodora, la médium, et Luk, futur propriétaire de l’immeuble et éternel sceptique. Peu de temps après leur arrivée, la maison commence à se manifester. Eleanor est particulièrement brillante comme point central d’attention... Tout au long de sa carrière, le réalisateur Robert Wise s’attaque avec succès à presque tous les genres, passant de la science-fiction ("The Day the Earth Stood Still") à la comédie musicale ("West Side Story"). "The Haunting" marque son retour au genre qui lança sa carrière dans les années 40 avec "The Curse of the Cat People". Inspiré par le classique de Shirley Jackson ("The Haunting of Hill House"), Wise s’appuie sur une atmosphère d’images en noir et blanc, aidé par (...)+ Outer Space -
Next of Kin
Dans un coin rural du sud de l’Australie, Linda (Jacki Kerin) hérite de la vaste propriété où elle a grandi. Une modeste maison de retraite se trouve sur le terrain. Pendant qu’elle s’y installe, elle découvre le journal de sa défunte mère qui y a consigné d’étranges évènements ayant eu lieu dans la maison. Paradoxalement, ces occurrences commencent à se répéter de façon identique, perturbant indéniablement les résidents. Avec l’aide de son petit ami Barney (le bavard John Jarratt), Linda se lance en quête d’un secret que sa mère aurait si précieusement gardé… Avec cette incursion dans la terreur familiale, Tony Williams met le suspense en scène par le biais de regards furtifs et de figures floues et sombres. Il fait partager avec brio le sentiment qu’a Linda d’être regardée par des yeux familiers. La bande son de Klaus Schulze complète ce thriller déstabilisant, où les agitations vécues par les personnages envahissent le spectateur jusqu’au bout des nerfs. Une perle rare de l’exploitation australienne à découvrir. -
Death Weekend
Ce film canadien réputé est vu par les amoureux du genre comme l’un des grands films "d’invasion de domicile". Il n’est toutefois pas tellement connu du grand public, sans doute parce qu’il n’est sorti qu’en VHS et n’est pas rediffusé en salle ou à la télévision. Le riche dentiste Harold invite Diane, un mannequin, pour un weekend dans sa maison de vacances isolée, où il organise une petite fête. Sur la route, il essaye de l’impressionner avec sa voiture de sport mais elle en a vu d’autres et lui demande si elle peut prendre le volant. Des jeunes chauffards excités prennent la présence de la femme derrière le volant comme un provocation et essayent de lui faire quitter la route. Elle donne un bon coup de gaz et après une poursuite frénétique, la bande se retrouve dans le fossé. Harold et sa belle arrivent à destination. Diane comprend qu’il n’y a pas l’ombre d’une fête dans la villa et que ce chaud lapin d’Harold avait prévu de la divertir tout seul. Elle doit se battre pour protéger son corps. Entre-temps, les quatre truands, enragés, ont retrouvé leur piste... -
dim 11.03.2012
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Cineketje
Une série de courts (principalement) muets pour enfants à partir de 6 ans.+ Elephants+ Paper Movie+ Varmints -
The Exterminating Angel
Après un dîner exclusif, le départ des invités se voit reporté jusqu’au matin. Par la suite, ils se retrouvent toujours dans l’incapacité de partir, comme "psychologiquement" pris au piège. Tout le personnel semble avoir quitté la demeure la veille au soir, et les invités sont désormais responsables de tout cet espace exquis. Très vite, après avoir gardé vivantes les bonnes manières, la faim et la soif se font sentir. Les petites querelles commencent alors à naître, cédant la place à l’hystérie générale, à la barbarie et en fin de compte, à une apparition vécue comme magique et un dénouement sacrificiel. Un étrange culte se forme alors. Fable absurde à son apogée, c’est un Buñuel en pleine forme qui prend à nouveau pour cible les valeurs catholiques et bourgeoises. -
Lady in a Cage
Une femme entre deux âges vit avec son grand fils dans une maison californienne. Poète reconnue, elle vit dans un lotissement aisé. Chez elle, l’ascenseur inédit menant à l’étage, situé au milieu du salon, est assurément l’élément le plus prégnant de ce confort moderne, à l’intérieur duquel elle sera prise au piège suite à un dysfonctionnement électrique. L’ascenseur devient alors une véritable cage, réduisant à l’impuissance cette femme jusqu’alors omnipotente. Rapidement, un certain nombre d’individus pénètrent dans la maison et le film montre alors son vrai visage, celui d’un "home invasion" incroyablement sadique et pervers en regard des standards américains de l’époque. Olivia de Havilland, partenaire d’Erroll Flynn chez Curtiz et Walsh et amie/rivale de Vivien Leigh dans "Gone with the Wind" était une artiste courageuse dont l’attitude ouvrit des portes à de nombreuses autres actrices. Elle trouve ici un rôle en totale rupture avec ses grands succès, et porte sur ses épaules un film d’une force étonnante. James Caan en voyou violent assure également une forte présence, imposant un jeu physique et âpre. Une réelle découverte, un immanquable de ce module ! -
In a Glass Cage
Klaus, ex-médecin Nazi sujet à des pulsions sadiques, essaie de mettre fin à ses jours en sautant du toit de sa villa espagnole. Après l’échec de cette tentative, il se retrouve complètement paralysé et condamné à vivre enfermé dans un poumon d’acier. Un mystérieux et séduisant jeune homme, Angelo, apparaît soudainement et s’impose comme infirmier unique du convalescent, au grand chagrin de l’épouse de Klaus, mais pour le plaisir contenu de leur jeune fille, Rena. Les véritables intentions d’Angelo sont rapidement révélées, et font ressurgir le terrible passé de Klaus d’une façon aussi captivante qu’abominable. Un film d’invasion tant physique que psychologique, "In a Glass Cage" plonge le spectateur dans une atmosphère totalement dérangeante, non seulement à travers la terreur absolue infligée par le jeune Angelo, mais aussi par la séduction indéniablement exercée par celui-ci sur son patient et sa famille. -
jeu 15.03.2012
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The Dead Mountaineer Hotel
À la suite d’un mystérieux appel de détresse, l’inspecteur Glebsky se rend dans un hôtel perdu au milieu des montagnes. Sur place, on lui assure que rien d’anormal ne s’est produit. Sceptique et bloqué par l’obscurité et la neige, il décide de passer la nuit à l’hôtel. Il fait la connaissance de ses résidents, plus étranges les uns que les autres, et finit par confirmer son intuition de départ. Si le film prend au début la tournure d’une enquête en huis-clos à la Agatha Christie, on se rend compte progressivement, à l’instar du protagoniste, que la menace semble peser bien au-delà de l’hôtel… Écrit notamment par les frères Strougatski, auteurs du roman Stalker, "The Dead Mountaineer Hotel" est une perle rare, marquée par son ambiance presque psychédélique, ses partis pris de réalisation surprenants, ses jeux de lumières et sa bande son hors normes. Un véritable classique injustement méconnu, qui semblait enfoui toutes ces années au fin fond de montagnes obscures et enneigées… -
Shortscreen
Offscreen a opéré pour vous une sélection de courts métrages étranges et insolites de 2011. Les réalisateurs belges présentés viendront introduire leurs films en personne.• Oh Willy...• Las Palmas• The Trap• ... -
ven 16.03.2012
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Guilty of Romance
La jeune policière Kazuko est appelée pour enquêter sur une épouvantable scène de meurtre, où des mannequins apparemment banals cachent un crime macabre. Ses recherches l’amènent à découvrir l’histoire croisée de deux femmes : Izumi, épouse complaisante et effacée d’un célèbre écrivain cherchant une alternative à sa vie routinière, et Mitsuko, brillante professeure de littérature, cachant sa vie parallèle de femme de la nuit. La rencontre hasardeuse d’Izumi et Mitsuko entraîne une marée d’événements chaotiques et néfastes, où l’impact du sexe, de la violence et des jeux de pouvoir fermera progressivement toute issue. Au carrefour ensanglanté entre "Belle de Jour" et "Mulholland Drive", le réalisateur Sono Sion ("Cold Fish", "Love Exposure") révèle une réflexion sur l’identité, couplée à la sexualité, toutes deux montrées de manière impitoyable à travers ce thriller sombre et décalé. -
Totò Who Lived Twice
Rappelant certaines comédies italiennes irrévérencieuses, ce film mêle folklore local et sujets universels. On a l’impression d’être dans une fresque documentaire même si tout est irréel et que l’on s’aventure parfois du côté du fantastique. Au travers trois histoires, Ciprì et Maresco dépeignent la vie de village en Sicile. Avec ses airs de récit biblique et ses motifs religieux, croisés avec l’imagerie mafieuse, cette comédie satirique n’épargne personne. On a du mal à identifier l’idiot du village dans la galerie de personnages de ces tableaux. Si certains sont minables, si les obsessions et "péchés" des uns et des autres sont tournés en dérision et si la laideur est sublimée, ce n’est pourtant pas la moquerie qui l’emporte. On est dans une dimension abstraite, sans jugement, que les réalisateurs créent habilement avec une magnifique photographie noir et blanc, au point que la laideur ambiante contraste avec la beauté de l’image. Le film débute dans un cinéma où est projetée la scène mémorable de "L’oncle de Brooklyn" que la censure voulait faire interdire... Le ton est posé. Mais la censure s’attaquera plus durement encore à "Totò". Leonardo (...) -
sam 17.03.2012
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The Long Road Back from Hell
Dans ce documentaire fascinant et bien exécuté, Xavier Mendik, expert en cinéma culte, parle du contexte dans lequel "Cannibal Holocaust" a été créé. Le docu sera suivi d’une rencontre avec Deodato. -
Cannibal Holocaust
Animaux mutilés, tués, viols, empalements, villages brûlés, autant de scènes choquantes qui valent au film le plus célèbre de Deodato une réputation ultra sulfureuse. La musique culottée de Riz Ortolani, la moustache de Robert Kerman (acteur porno très présent dans les films cannibales), l’introduction du genre "found footage" et le discours anti-médias complètent les éléments d’un voyage au bout de l’enfer qui fit couler beaucoup d’encre avec, entre autre, des accusations de "snuff movie" bien naïves. "Cannibal Holocaust" et ses suiveurs représentent le dernier sursaut d’un certain cinéma italien qui joue sa dernière carte : être moins puritain que le cinéma américain. Une tentative d’aller au bout du concept du cinéma d’exploitation, en se servant d’une liberté de réalisation, discutable mais réelle, qui deviendra inconcevable quelques années plus tard. C’est aussi une exploitation de la veine "Rednecks", l’un de ses fleurons, véritable coup de pied dans la fourmilière hippie et son utopie rousseauiste. -
The Barbarians
À l’heure où les films post-apocalytiques fleurissent, on assiste parallèlement à l’éclosion de leur équivalent dans le passé, les films qualifiés de Sword and Sorcery. Ils mélangent donc combats à l’épée virils et éléments magiques qui, souvent, servent des scénarios légers... Succédanés de "Conan le Barbare", ils en reprennent l’univers, souvent le ton. Mais les budgets sont peu adaptés à l’ambition, même si les affiches font souvent rêver. L’on y retrouve des réalisateurs italiens tentant désespérément de suivre les standards américains, tels Antonio Margheriti ("Yor, the Hunter from the Future"), Lucio Fulci ("Conquest"), et même Umberto Lenzi ("Ironmaster"). Certains acteurs à la musculature avantageuse sont aussi spécialistes des deux genres comme George Eastman, présent dans "The Barbarians". Le film de Deodato arrive assez tard dans cette vague et assez logiquement, est celui qui verse le plus dans la parodie, ne nous offrant pas un, mais deux barbares, jumeaux costauds à l’humour désarmant. Jeunes filles en peau de bêtes ou quasi nues, monstres hilarants, épées gigantesques, odieux méchant (Richard Lynch), "The Barbarians" est un plaisir (...) -
The House on the Edge of the Park
Deodato réalise ici un "home invasion" froid et brutal, dans la pure veine des films d’exploitations. On y retrouve David Hess dans le rôle d’un psychopathe pervers sexuel, qui n’est pas sans rappeler son interprétation dans "Last House on the Left" de Wes Craven. Accompagné d’un simple d’esprit (Giovanni Radice, également connu pour avoir joué dans "City of the Living Dead" de Lucio Fulci), ils se voient invités dans une soirée mondaine et comptent bien mener la danse. Très vite, leurs hôtes comprendront qu’ils n’ont plus vraiment les choses en main… Malgré un synopsis peu original, le film se démarque par une réalisation imaginative - notamment aux niveaux des éclairages -, par sa violence crue, et pour son propos sur la vengeance pour le moins controversé, même pour un film d’exploitation. Deodato reçu par ailleurs beaucoup de critiques à l’époque, notamment pour son approche du viol, où la victime finit par prendre du plaisir à être agressée. Un "home invasion" dur, à voir si vous osez ! -
dim 18.03.2012
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Live Like a Cop, Die Like a Man
Ruggero Deodato a réalisé le néo polar "Live Like a Cop, Die Like a Man" à une époque où les films policiers détonants maintenaient les salles italiennes plus que pleines. Considéré par beaucoup comme un des meilleurs films du genre, il démarre en force avec une course poursuite, plus que légendaire, filmée sans autorisation en pleine heure de pointe à Rome. Deux jeunes acteurs - Ray Lovelock ("The Living Dead at the Manchester Morgue") et Marc Porel ("Don’t Torture a Duckling") - incarnent des ripoux véreux, machistes, sexistes et nihilistes, qui n’hésitent pas à user de leur droit de tuer, au nom de la loi. Au final : un duo kitschy comique et une série incessante de scènes d’action ridiculement ultra violentes. Pure fun ! -
The Uncle from Brooklyn
Deux mafiosi nains imposent la présence d’un étrange personnage à une famille dégénérée vivant dans la banlieue post-apocalyptique de Palerme. Si on leur pose des questions, ils n’ont qu’à dire qu’il s’agit de "leur oncle de Brooklyn". Ils n’en sauront pas plus. Les jours passent et l’oncle est toujours là, mutique et impassible... Cette comédie étrange met en scène une collection de personnages que l’on imaginerait écartés de n’importe quelle production habituelle et fait le portrait d’une société que les bien-pensants préfèrent ignorer. Le fait même de montrer le Sud de l’Italie, crade, déshérité et parfois sauvage, est un acte politique dans le paysage culturel où le Nord propre et riche se veut la seule identité italienne. "L’oncle de Brooklyn" était invisible depuis sa sortie controversée en 1995. Seule une version en VHS était sortie, sans sous-titre, ce qui limitait sa compréhension aux seuls adeptes du dialecte sicilien... Sans vraiment avoir été interdit, malgré des problèmes avec la censure à sa sortie, le film fut mis au placard par le producteur. La censure et les actions en justice frappant le film suivant de Ciprí et Maresco ne l’ont (...) -
The Haunting
Dans une partie reculée de la Nouvelle-Angleterre, complètement isolée du monde extérieur, on trouve Hill House, une demeure de 90 ans dont le passé est chargé de folie et de meurtre. L’anxieuse Eleanor Lance (une très forte Julie Harris) accepte l’invitation du Dr John Markway (Richard Johnson, que certains reconnaîtront de "Zombi 2" de Lucio Fulci) pour l’aider à mener des expériences sur les activités paranormales de Hill House. Sont également présents : Theodora, la médium, et Luk, futur propriétaire de l’immeuble et éternel sceptique. Peu de temps après leur arrivée, la maison commence à se manifester. Eleanor est particulièrement brillante comme point central d’attention... Tout au long de sa carrière, le réalisateur Robert Wise s’attaque avec succès à presque tous les genres, passant de la science-fiction ("The Day the Earth Stood Still") à la comédie musicale ("West Side Story"). "The Haunting" marque son retour au genre qui lança sa carrière dans les années 40 avec "The Curse of the Cat People". Inspiré par le classique de Shirley Jackson ("The Haunting of Hill House"), Wise s’appuie sur une atmosphère d’images en noir et blanc, aidé par (...)+ Outer Space -
jeu 22.03.2012
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Rome Armed to the Teeth
Une vague de crime frappe Rome. Un inspecteur de police über-moustachu, Tanzi (Maurizio Merli), règle le compte des criminels qui ont la malchance de croiser son chemin. À côté de lui, le Dirty Harry d’Eastwood passe pour une vieille tante. Tanzi attrape les voyous par la gourmette, leur crache des insultes à travers ses dents serrées et les tabasse allègrement. Il se fout de savoir si ce sont des gosses de riches qui s’ennuient ou des gamins des rues dans le besoin, ils y passent tous ! Mais c’est Tomas Milian, le meilleur acteur de genre du cinéma italien, qui vole la vedette en composant un personnage de gangster psychotique bossu qui mitraille à tout-va en poursuivant notre justicier moustachu. Avec l’approche directe de Lenzi et son montage tapageur, le genre poliziesco lui va comme un gant. Un chef-d’œuvre pulp, plein d’énergie, d’actions spectaculaires, de poursuites et de cascades folles, de personnages extravagants et surtout de moustaches bien taillées ! -
Spasmo
Lors d’une fête, Robert Hoffman et Suzie Kendall n’ont d’yeux que l’un pour l’autre. Plus tard dans la nuit, ils batifolent dans une chambre de motel. Alors qu’Hoffman se recoiffe dans la salle de bain, un homme entre par la fenêtre et dégaine une arme à feu. Un coup de feu se perd dans la bagarre qui s’ensuit et le cambrioleur tombe raide mort. Le couple, paniqué, fuit. Quelques instants plus tard, Hoffman remarque qu’il a oublié son collier et retourne rapidement dans la chambre. Le cadavre a disparu... "Spasmo" est un giallo très bizarre avec une intrigue labyrinthique qui vous balade entre des bribes de conversations, des mannequins bringuebalants et de mystérieux harceleurs tapis dans l’ombre. Le spectateur se retrouve aussi perdu que le personnage principal. Un thriller paranoïaque mystérieux dans lequel tout le monde semble avoir deux visages. Lenzi démontre son habileté avec de belles images qui font un excellent usage du cadre large du techniscope et Morricone livre une bande son forte et pleine d’étranges mélodies dissonantes. -
ven 23.03.2012
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A Quiet Place in the Country
Un thriller psychologique troublant rejoint ici les rangs de notre module "Home Sweet Home". Franco Nero, célèbre pour son interprétation du cultissime Django, joue le rôle d’un artiste en caleçon ridicule, effectuant une performance ligoté dans une galerie. Désireux de fuir l’agitation de la ville, son anxiété, ses fantasmes et ses rêves de plus en plus pervers, il décide de louer avec sa maitresse une villa en pleine campagne. Dans un premier temps, il retrouve une inspiration pour peindre à nouveau, emplissant la vieille demeure italienne de gigantesques toiles colorées. Il finit par ressentir une présence en ces lieux. S’agirait-il du fantôme d’une nymphomane, décédée quelques années auparavant ? Les perceptions de Nero se troublent et il commence à tomber sous le charme de la dame... Son imagination lui joue-t-elle des tours ? Un film aux images colorées, hallucinant et perturbant du maître Elio Petri, accompagné d’une bande originale complètement décalée d’Ennio Morricone, qu’on ne présente plus. -
The Room
"The Room" n’est pas seulement un film, c’est avant tout un concept, un culte, une ode à la mégalomanie, analogie de la toute puissance créatrice dont Tommy Wiseau, mystique aux origines aussi sombres que l’abîme de ses pupilles, serait la divinité. Pour son premier long métrage, celui-ci occupe simultanément les rôles de producteur exécutif, scénariste, réalisateur et acteur, Wiseau tente ainsi de maitriser un univers qui finit fatalement par lui échapper. Le récit narre les enjeux sentimentaux de Lisa, jeune blonde écervelée qui semble vivre une relation parfaite avec l’homme parfait, le banquier au grand cœur que tout le monde admire, Johnny (Wiseau). Le cœur ayant ses raisons, Julia ne peut s’empêcher d’éprouver des sentiments à l’égard de Mike, le meilleur ami de Johnny. S’ensuit une série de péripéties mélodramatiques prenant place au sein même de l’appartement de Johnny ("home invasion" ?), pimentés par des dialogues sans queues ni tête dont la saveur et l’absurdité n’ont d’égal que la prestation des acteurs que l’on espère en roue libre. Un nanar pur jus, devenu culte à L.A., qui imposa Wiseau comme gourou du cinéma indépendant. Le film (...) -
Cannibal Ferox
"Interdit dans 31 pays", pouvait-on lire en grand sur les affiches. C’est Umberto Lenzi qui, avec "The Man from Deep River" en 1972, donna le coup d’envoi de la mode des films de cannibales italiens. Après le tacle gigantesque de Ruggero Deodato avec son "Cannibal Holocaust", Lenzi repassa à l’attaque pour tenter de regagner le titre de roi des cannibales - et comment ! L’hyper violent "Cannibal Ferox" est sans aucun doute le film le plus choquant et dégoûtant du genre. Une fois de plus, une troupe part en Amazonie à la recherche des mangeurs d’hommes. L’anthropologue qui dirige l’équipe ne croit pas qu’ils existent et pense être en mesure de réfuter le mythe. À la fin du film, alors qu’une foule affamée lui arrache la vie à coups de dents, elle est bien obligée de revoir sa théorie. En dépit de la sotte histoire et des dialogues idiots et hilarants, le film, avec son flot ininterrompu d’immondices, remuera l’estomac du spectateur le plus chevronné, qui se prendra même à détourner les yeux. Quelques grands moments : un pénis haché et savouré avec délice, une jeune dame tractée par des crochets plantés dans ses seins... De la saleté extrême ! (...) -
sam 24.03.2012
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David Wants to Fly
Lorsque le réalisateur David Sieveking se retrouve confronté à l’incapacité d’écrire un scénario, il tente de trouver l’inspiration dans la méditation transcendantale, suivant dans cette voie son idole David Lynch. Il s’inscrit dans un séminaire au prix exorbitant et essaye d’interviewer Lynch (aux cotés de Ringo Starr et Paul McCartney), qui explique comment la méditation peut augmenter sa créativité. David devient alors de plus en plus obsédé par la lévitation des mantras, la quelque peu obscure David Lynch Foundation et l’apprentissage du Maharishi Mahesh Yogi (hé oui, le même yogi chez qui les Beatles et leur potes hippies se sont rendus dans les années 60). Il finit par avoir de plus en plus de mal à concilier toutes ces recherches avec sa petite amie et leur relation, la rupture semble inévitable. Ce qui commence comme un banal documentaire auto-réflexif se transforme peu à peu en un conte hallucinatoire sur les sectes. Fans de David Lynch, accrochez-vous bien… -
Paranoia
Une riche veuve cherche le calme et se retire sur ses terres. Elle y reçoit la visite d’un jeune homme affable sur lequel, d’emblée, elle se jette voluptueusement – " Make me feel dirty – DIRTY ! ". Aussitôt s’empêtre-t-elle dans une toile d’intrigues, car dans sa solitude, elle est comme un oiseau face à un chat. "Orgasmo" fut le premier grand long métrage que l’inspection du film américain ait classé X – uniquement pour adultes - faisant du coup salle comble. Avec la superstar Caroll Baker à l’affiche, la promesse d’un étalage de chair nue attira les foules de curieux. Réalisé juste avant que Dario Argento ne marque le giallo de son empreinte avec "The Bird with the Crystal Plumage", et que le genre consacre le mystérieux meurtrier ganté de noir, il s’agit là d’un des meilleurs films de la première période giallo. Thriller psychologique stylé, plein de suspense, et drame surchauffé de la haute société décadente, "Paranoia" est un classique presque introuvable, donc profitez bien de cette aubaine ! -
Nightmare City
Dans le genre zombie trash, on aurait du mal à faire plus divertissant que le frénétique "Nightmare City", à déguster en sirotant une bière ! Lenzi nous prend à la gorge et nous bombarde d’horreur grotesque. Des hordes de zombies armés détournent un avion-cargo et se posent sur un aéroport militaire avant d’envahir la ville. Hugo Stiglitz, raide comme un balais, joue le personnage principal du reporter télé. Son manque de talent d’acteur renforce le sentiment de morne impuissance avec lequel il regarde, impassible, les zombies faisant irruption dans le studio en pleine émission d’aérobic, pour déchiqueter les tenues moulantes des danseuses et enfoncer leurs dents dans les poitrines découvertes... Avec leur air de s’être pris une explosion de choco à la face, rien ne les arrête, ces zombies en furie ! Pendant ce temps, on nous sert un vague sujet anti-nucléaire, mais ce n’est pas le souci principal du spectateur de ce classique devenu culte, grâce à son énergie débordante, et à sa fin totalement invraisemblable. -
dim 25.03.2012
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The Shining
Jack Torrence désire prendre le temps de se retirer avec sa femme et son fils doté de pouvoirs télépathiques, dans le but de terminer son roman. Pour ce faire, il accepte un poste de gardien dans le mystérieux hôtel Overlook, situé dans les montagnes du Colorado. Petit à petit, la solitude et l’angoisse de la page blanche deviennent insupportables. De plus, Jack semble avoir des visions du passé de l’hôtel ainsi que du fantôme de son prédécesseur. Il finit par perdre tous ses repères et sa femme l’agace, son attardé de gosse l’agace, tout l’agace, sauf l’hôtel Overlook. Comment ce huis-clos finira-t-il ? Qui ne connait pas "Shining" du légendaire Stanley Kubrick, adaptation géniale du roman éponyme de Stephen King (qui refusa de voir son nom figurer au générique) ? Si c’est le cas, plus d’excuse : voici l’occasion rêvée de (re)découvrir Jack Nicholson sur grand écran, plus exceptionnel que jamais, et dans une copie neuve, s’il-vous-plaît !