• jeu 12.01.2012
  • 19:00 Expo

    Photos : Ian Dykmans / Dessins : Bonom
    "À la belle époque du capitalisme sauvage, où la télévision à remplacé le feu, où même l’art est marchandise spéculative, Bonom, le peintre en bâtiment, est l’artiste "le plus en vue" de la capitale, il s’invite à exposer partout... Chaque graffiti aperçu est une découverte qui flatte notre curiosité, et on ne peut s’empêcher de penser à lui, seul dans la nuit, ayant le courage de transgresser le délit vandale en acte poétique." Le photographe Ian Dykmans nous présente ainsi Bonom, qu’il suit et photographie en action depuis des années. Ses prises de vues sont réalisées en complicité avec lui, la prise de risque est partagée. Un dialogue se crée entre les deux créateurs, entre les pratiques et leurs temporalités. L’un prépare ses croquis avant l’acte, l’autre révélera l’action de retour dans son labo. L’un esquisse son graff alors que l’autre compose sa photo. Les contraintes du dessin de voltige et celles du cadre et de la lumière se confrontent. Le photographe joue le jeu de l’acrobate et le dessinateur prend la pose. Clic... la photo immortalise cet instant où les deux disciplines se rencontrent. Il revient ensuite à Ian de révéler ces jeux (...)
  • 20:00

    Valérie Berteau & Philippe Witjes, 2011, BE, video, sans dial, 65'
    Valérie Berteau et Philippe Witjes forment un couple dans la vie. Elle travaille dans le cinéma, lui dans la cuisine. En 2004, lors d’un voyage effectué pour le tournage d’un documentaire sur la musique classique indienne et pakistanaise, ils visitent le Temple d’Or d’Amritsar dans le Nord de l’Inde. Ils furent immédiatement fascinés par la cuisine communautaire de ce temple de la religion Sikh : des centaines de volontaires, femmes et hommes, y préparent chaque jour près de 100.000 repas qui sont offerts gratuitement à tous les visiteurs, quelle que soit leur religion. Munis d’une petite caméra, ils revinrent de leur voyage avec un court métrage intitulé "Golden Kitchen". Ils décidèrent de retourner dans la plus grande cuisine d’Amritsar, pour y tourner un film plus long. Le résultat nous offre à voir l’essence et l’atmosphère de ce lieu fascinant, le film se focalisant sur l’incroyable chorégraphie spontanée de ces nombreuses mains philanthropes... On en ressort avec des envies de partage... et de nourriture. Comme il se doit, la projection sera suivie d’un repas.
  • ven 13.01.2012
  • 20:00

    Serge Bourguignon, 1962, FR, 35mm, vo fr , 110'
    C’est le début des années 60 et Serge Bourguignon propose un film bien éloigné de la Nouvelle vague, alors envahissante dans le cinéma français. Des cadres posés, un noir et blanc soigné, un film très écrit, des personnages de bonne volonté. Le personnage germano-français nommé Pierre (joué par Hardy Krüger, le capitaine Potzdorf de "Barry Lyndon"), revient de la guerre du Vietnam où il a tué une petite fille par accident, alors qu’il était pilote d’avion. Amnésique, il erre dans Ville d’Avray, petite ville moyenâgeuse près de Paris, chère à Boris Vian. Quand il n’est pas chez son amie, on peut le trouver chez un sculpteur aux idées libérales qui l’aide à se reconstruire, ou à la gare où il observe les voyageurs. C’est là qu’il rencontre une petite fille que son père abandonne dans un orphelinat catholique. Ces deux êtres perdus se lient d’amitié et entretiennent une relation dominicale ambiguë qui ne tarde pas à choquer la population locale. Une ambiance féérique et angoissante, des expérimentations audacieuses, pour un mélo français étonnant et bien mené accompagné par la musique de Maurice Jarre ; quelque part entre Franju, Erice et King Kong. Des dimanches dont on se souvient.
  • 22:00

    Oi tembelides tis eforis koiladas
    Nikos Panayotopoulos, 1978, GR, 35mm, vo st fr, 118'
    À la mort de son aïeul, un homme hérite avec ses trois fils d’une maison de vacances familiale, perdue dans la campagne grecque. Ils décident de s’y installer pour y mener l’existence la plus tranquille qui soit et y cultiver la paresse et la fainéantise. Dans cette magnifique grande maison, la vie tourne au ralenti et les quatre hommes passent leur temps à dormir. Le moindre effort est considéré comme un déshonneur familial. Quand l’un des frères décide de se marier, il rencontre le refus de sa famille, considérant qu’une femme viendrait rompre leur tranquilité. Quand le plus jeune des frères veut quitter la maison pour travailler, il a le droit à la même obstination familiale : hors de question pour eux qu’il quitte les lieux et sa tranquilité. La bonne à tout faire, incluse dans l’héritage, s’occupe de tout, des tâches ménagères aux volontés sexuelles de ces fainéants. Le silence et le tic-tac des horloges résonnent tout au long du film, suivant les personnages au bout de l’ennui. Fable évidente et subtile, ce très beau film met en lumière l’état de nos sociétés occidentales productivistes et tellement pressées.
  • sam 14.01.2012
  • 19:00

    Matt Porterfield, 2006, US, 16mm, vo st fr, 65'
    On retrouve beaucoup de "Putty Hill" dans "Hamilton", le premier film de Matt Porterfield. Dans l’un comme dans l’autre, il choisit pour titre le nom d’un quartier déshérité de la banlieue nord de Baltimore, sa ville natale. Porterfield filme ce qui lui est familier, ses deux longs métrages sentent le vécu et respirent l’authenticité. Si "Putty Hill" introduisait une dimension fictionnelle dans un documentaire (ou l’inverse), "Hamilton" tient de la pure fiction, même si on soupçonne les acteurs amateurs d’avoir des vies proches de celles qu’ils incarnent à l’écran. On suit Lena et Joe le temps d’un paisible week-end d’été. À peine sortis de l’adolescence, ils viennent d’avoir un bébé et doivent faire face à leurs responsabilités. Comme dans "Putty Hill", l’action fondatrice est déjà passée quand le film commence. On est de retour dans la normalité, dans le quotidien qui fait suite à un événement (une mort, une naissance). Plutôt que de raconter une histoire, le film fait vivre un moment, une situation, des personnages. Porterfield filme avec soin et prend le temps de faire ressortir beaucoup d’émotions de ses images et de ses ambiances sonores. Peu (...)
  • 21:00

    Limonádový Joe aneb Konská opera
    Oldrich Lipský, 1964, CZ, 35mm, vo st ang, 99'
    Les années 60 sont sans conteste crépusculaires pour le western. Attaqué de toutes parts, dans son propre pays essentiellement où naissent les anti-westerns, revigoré mais désarticulé et ultra violent en Italie, il ne sera pas non plus épargné de l’autre côté du mur. Pro indien pour les Allemands de l’est, il sera burlesque pour la Nouvelle vague tchèque, plus drôle et moins snob que la française... Oldrich Lipský passe le genre à la moulinette, un peu comme à la manière d’un Vorlicek et des super-héros de "Who Killed Jessie" (projeté pour les 10 ans du Nova...). Utilisation de filtres, dessins sur la pellicule, burlesque appuyé, product placement absurde, ridiculisation de la virilité et du genre, musique détournée, morale douteuse, accélération des scènes d’action, critique de la société marchande, méchants trop méchants, une invention permanente et un rythme effréné participent d’un spectacle total hilarant. Les personnages, tous stéréotypés, sont poussés au bout leur logique et sont les véhicules internes qui font avancer le film, sans que les parties submergent le tout, dans une dynamique qui bouscule le spectateur consentant et amusé, (...)
  • dim 15.01.2012
  • 19:00

    L’heure des brasiers #1 : Néocolonialisme et violence
    Introduction géographique et historique de l’Argentine, ce premier volet est le plus novateur du point de vue du langage. Il constitue un dossier à charge contre le néocolonialisme des États-Unis et de l’Europe : dépendance de l’économie par rapport à l’étranger, oppression des travailleurs, répression des paysans sans terre, abrutissement économique et culturel d’un peuple anesthésié par sa propre misère...
  • 21:00

    L’heure des brasiers #2 : Chronique du péronisme / Chronique de la résistance
    Chronique du péronisme (mouvement de masse à la fois politique et syndical, qui joue un rôle majeur en Argentine depuis les années 1940) depuis ses origines et les espoirs qu’il souleva, jusqu’à sa dérive autoritaire puis au coup d’État militaire qui le chassa du pouvoir et isola ses combattants face à une répression systématique.
  • jeu 19.01.2012
  • 20:00

    Fabrizio Basano, 2010, BE, video, vo it st fr & nl, 52'
    La petite île italienne de Lampedusa est devenue un symbole : celui de la première terre européenne en venant de l’Afrique, du premier avant-poste de la "forteresse Europe", d’une terre où s’échouent des centaines de personnes entassées sur des embarcations de fortune, cherchant désespérément à rejoindre l’Europe au péril de leur vie. Mais c’est aussi un lieu de vie, la terre de quelques milliers d’habitants, et de ceux qui y sont en transit. La problématique est évidemment complexe et dépasse les rivages de Lampedusa. Fabrizio Basano a choisit pour son documentaire de ne pas faire une analyse politique mais de s’attacher plutôt à des témoignages de première ligne. Il rencontre ainsi un artiste travaillant à partir d’objets trouvés apportés par la mer, un immigré marocain, des habitants expliquant l’évolution de la situation depuis les années 1990 ou encore un vieil Italien installé en Tunisie qui amène un peu de recul historique sur la situation.
  • ven 20.01.2012
  • 20:00

    Oi tembelides tis eforis koiladas
    Nikos Panayotopoulos, 1978, GR, 35mm, vo st fr, 118'
    À la mort de son aïeul, un homme hérite avec ses trois fils d’une maison de vacances familiale, perdue dans la campagne grecque. Ils décident de s’y installer pour y mener l’existence la plus tranquille qui soit et y cultiver la paresse et la fainéantise. Dans cette magnifique grande maison, la vie tourne au ralenti et les quatre hommes passent leur temps à dormir. Le moindre effort est considéré comme un déshonneur familial. Quand l’un des frères décide de se marier, il rencontre le refus de sa famille, considérant qu’une femme viendrait rompre leur tranquilité. Quand le plus jeune des frères veut quitter la maison pour travailler, il a le droit à la même obstination familiale : hors de question pour eux qu’il quitte les lieux et sa tranquilité. La bonne à tout faire, incluse dans l’héritage, s’occupe de tout, des tâches ménagères aux volontés sexuelles de ces fainéants. Le silence et le tic-tac des horloges résonnent tout au long du film, suivant les personnages au bout de l’ennui. Fable évidente et subtile, ce très beau film met en lumière l’état de nos sociétés occidentales productivistes et tellement pressées.
  • 22:00

    Limonádový Joe aneb Konská opera
    Oldrich Lipský, 1964, CZ, 35mm, vo st ang, 99'
    Les années 60 sont sans conteste crépusculaires pour le western. Attaqué de toutes parts, dans son propre pays essentiellement où naissent les anti-westerns, revigoré mais désarticulé et ultra violent en Italie, il ne sera pas non plus épargné de l’autre côté du mur. Pro indien pour les Allemands de l’est, il sera burlesque pour la Nouvelle vague tchèque, plus drôle et moins snob que la française... Oldrich Lipský passe le genre à la moulinette, un peu comme à la manière d’un Vorlicek et des super-héros de "Who Killed Jessie" (projeté pour les 10 ans du Nova...). Utilisation de filtres, dessins sur la pellicule, burlesque appuyé, product placement absurde, ridiculisation de la virilité et du genre, musique détournée, morale douteuse, accélération des scènes d’action, critique de la société marchande, méchants trop méchants, une invention permanente et un rythme effréné participent d’un spectacle total hilarant. Les personnages, tous stéréotypés, sont poussés au bout leur logique et sont les véhicules internes qui font avancer le film, sans que les parties submergent le tout, dans une dynamique qui bouscule le spectateur consentant et amusé, (...)
  • sam 21.01.2012
  • 20:00

    Si l’on excepte une pré-ouverture réveillonnesque sans sièges et sans chauffage au cœur de la froide nuit du Nouvel-an, c’est le 23 janvier 1997 que le Nova ouvrit véritablement ses portes au public. C’était il y a 15 ans, quasiment jour pour jour. On va célébrer ça ce samedi 21 janvier, en images un peu et en musique surtout, avec des ami-e-s qui vont nous faire notre fête : après un bon repas, LEM ouvrira le bal vers 21h, Lucile Desamory venue de Berlin nous projettera ses films vers 22h, Mouche Man passera à l’attaque vers 23h, Odessa s’est réservé les douze coups de minuit, et laissera ceux qui auront encore de l’énergie dans les mains de Mix-O-Matos, lequel revêtira vers 02h son plus beau costume pour terminer la nuit. Bon, on ne sait pas encore s’ils pousseront le bouchon jusqu’à passer le balai et faire la vaisselle aux petites heures du matin, mais nous en tout cas on va en profiter...
  • dim 22.01.2012
  • 19:00

    L’heure des brasiers #3 : Violence et libération
    Dédiée à l’argumentation idéologique, la dernière partie du triptyque se focalise sur les prises de conscience et les résistances populaires. Imprégnée de l’arrivée de "Che" Guevara dans l’univers des guérillas d’Amérique latine, elle prend la forme d’une exaltation aux luttes de résistance et de libération à travers toute l’Amérique latine.
  • 21:00

    Kahdeksan surmanluotia / Les huit balles meurtrières
    Mikko Niskanen, 1972, FI, 35mm, vo st fr, 145'
    Considéré comme l’un des fleurons du cinéma finlandais, ce film est pourtant très peu connu à l’étranger. "Les huit balles meurtrières" est à la base un téléfilm en quatre parties, d’une durée totale de plus de cinq heures et jamais traduit. La version que nous présentons en est un habile condensé de deux heures et demie fait pour le cinéma et est la seule qui ait été présentée, en de rares occasions, en dehors des frontières finlandaises. Ce film-fresque s’inspire d’un fait divers (un paysan tue quatre policiers venus l’arrêter) et dépeint la vie dure et tragique d’une famille rurale qui arrive difficilement à survivre. Bien qu’il s’agisse d’une fiction, Mikko Niskanen a construit son film et ses personnages sur base des entretiens qu’il a eu avec l’homme en question en prison. Le réalisateur incarne lui-même le rôle principal et réussi à transmettre, par son jeu et par sa manière de filmer, toute la profondeur du personnage. Il livre avec empathie le portrait nuancé d’un homme à bout, face à une société qui ne lui offre rien. Plongé dans la misère, les dettes, les frustrations, la violence, il trouve un peu de ressort dans sa distillerie (...)
  • jeu 26.01.2012
  • 20:00 Films-Performance

    Le collectif Négatif est un collectif de cinéastes français expérimentaux critique qui déteste ce qui est lisse. Leur cinéma se veut irrécupérable, illégal et pratique le détournement. (Pause)
    + D.J. Tupuduku
    François Rabet, 2005, FR, video, vo fr , 2'
    + Je me suis levé pour faire un film
    Boris Du Boullay, 2010, FR, 5'
    + Demain, j’arrête la drogue
    Yves-Marie Mahé, 2011, FR, video, vo fr , 2'
    + Karaoké
    Yves-Marie Mahé, 2011, FR, video, vo fr , 2'
    + Touche moi pas
    Yves-Marie Mahé, 2011, FR, video, vo fr , 2'
    + J’aime Bond
    Yves-Marie Mahé, 2011, FR, video, vo fr , 3'
    + Ferme ta gueule
    Yves-Marie Mahé, 2011, FR, video, vo fr , 2'
    + Relrap erdnetne suov ed edalam dner em aç
    Yves-Marie Mahé, 2010, FR, video, vo fr , 2'
    + Vivre vite
    Yves-Marie Mahé, 2008, FR, video, vo fr , 2'
    + La recherche de la vérité par la critique de textes et de documents
    Fabien Rennet, 2009, FR, video, vo fr , 5'
    + Soudain
    Vän Ta Minh, 2009, FR, video, vo fr , 1'
    + L’enquête du mystère impossible
    Christophe Fremiot, 2011, FR, video, vo fr , 11'
    + Lexique dyslexique
    Derek Woolfenden, 2012, FR, video, vo fr , 20'
    + Powerhouse
    Julien Bibard, 2009, FR, video, vo fr , 8'
    + Mozaure & Julien Bibard
    30'
  • ven 27.01.2012
  • 20:00 Conférence

    Albertin Ventadour, FR, vo fr , +-80'
    Albertin Ventadour est anthropologue et Maître de conférence au CNRPP de Toulouse. Ses investigations l’ont notamment mené chez les Torayas d’Indonésie, les Tupi-Guarani du Paraguay, et les paysans siffleurs de Roquecourbe dans le Tarn. Il nous convie ce soir à découvrir le résultat de ses dernières recherches, portant sur les 1001 subtilités de l’humour allemand. Ce dernier reste en effet largement méconnu dans nos contrées, malgré l’œuvre éclairée de grands humoristes tels que Grimmelshausen ou Leibniz. Contre toute attente, il y a donc bien un humour germain, proche du Baroque, qui sera rapporté pour la première fois au public belge. Basé sur une connaissance sérieuse du sujet traité, cet exposé sera néanmoins ludique, contribuant surtout à nous éclairer sur notre inestimable capacité à rire, tant des autres que de nous-mêmes. Alors, en ces temps moroses, n’hésitez pas à venir vous réjouir d’une tournée générale d’hilarité !
  • 22:00

    The Right Way
    Peter Fischli & David Weiss, 1983, CH, 16mm, vo st fr, 55'
    Artistes zurichois, Fischli & Weiss travaillent en duo depuis 1979 et créent une œuvre protéiforme basée sur le mécanisme du lieu commun. Dès les années 80, ils vont s’intéresser au cinéma et à la vidéo. "Der Rechte Weg" est leur deuxième film. Ils y jouent les rôles principaux : celui d’un rat fainéant et celui d’un ours bluffeur, deux animaux de même taille, dotés de la parole et qui vont entreprendre ensemble un voyage initiatique, une errance à travers les Alpes suisses. Au fil de ce périple guidé par leur seul instinct, ils vont traverser une série d’épreuves, de sentiments et d’émotions allant de la solidarité à la trahison, de l’amitié à la vengeance, de la puissance à la compassion, du crime au châtiment... S’amusant à brouiller nos repères, Fischli & Weiss s’attaquent ainsi avec philosophie et dérision à notre vie quotidienne, nos tabous et nos valeurs.
    + Der Lauf der Dinge
    Peter Fischli & David Weiss, 1987, CH, 16mm, sans dial, 30'
  • sam 28.01.2012
  • 19:00

    Inside the mind of Wild Man Fischer
    Josh Rubin, 2005, US, video, vo, 86'
    "In the year of 1962, they threw me out of school". Wild Man Fischer nous a tristement quitté cette année, un peu avant l’été. Moins médiatique que Steve Jobs, il a pourtant changé la vie de ceux qui ont eu la chance d’entendre son incroyable musique. Sa formidable énergie, son "peps", qu’il communique à travers ses chansons improvisées a cappella qui semblent lui échapper, vient en grande partie de ses maladies. Il était maniaco-dépressif, paranoïaque et schizophrène. Mal perçu par sa famille, pris en charge de manière très chaotique dans un environnement austère et ignorant de la Californie 60’s, il trouve dans le mouvement freaks de 1968 ce qu’il croit être une caisse de résonance adéquate. Frank Zappa le découvre, lui produit un improbable double album avant de se brouiller avec lui : "Wild Man is really wild...". Ce film récent nous fait découvrir le parcours de cet homme hors norme, cet "outsider", rockstar avortée qui connut une seconde carrière avec "Go to Rhino Records" qui lança le label et en collaboration avec Barnes & Barnes, créateurs du mythique "Fish Heads". Josh Rubin a rencontré des proches de Larry "Wild Man" Fischer, des (...)
  • 21:00

    Serge Bourguignon, 1962, FR, 35mm, vo fr , 110'
    C’est le début des années 60 et Serge Bourguignon propose un film bien éloigné de la Nouvelle vague, alors envahissante dans le cinéma français. Des cadres posés, un noir et blanc soigné, un film très écrit, des personnages de bonne volonté. Le personnage germano-français nommé Pierre (joué par Hardy Krüger, le capitaine Potzdorf de "Barry Lyndon"), revient de la guerre du Vietnam où il a tué une petite fille par accident, alors qu’il était pilote d’avion. Amnésique, il erre dans Ville d’Avray, petite ville moyenâgeuse près de Paris, chère à Boris Vian. Quand il n’est pas chez son amie, on peut le trouver chez un sculpteur aux idées libérales qui l’aide à se reconstruire, ou à la gare où il observe les voyageurs. C’est là qu’il rencontre une petite fille que son père abandonne dans un orphelinat catholique. Ces deux êtres perdus se lient d’amitié et entretiennent une relation dominicale ambiguë qui ne tarde pas à choquer la population locale. Une ambiance féérique et angoissante, des expérimentations audacieuses, pour un mélo français étonnant et bien mené accompagné par la musique de Maurice Jarre ; quelque part entre Franju, Erice et King Kong. Des dimanches dont on se souvient.
  • dim 29.01.2012
  • 17:00

    L’heure des brasiers #1 : Néocolonialisme et violence
    Introduction géographique et historique de l’Argentine, ce premier volet est le plus novateur du point de vue du langage. Il constitue un dossier à charge contre le néocolonialisme des États-Unis et de l’Europe : dépendance de l’économie par rapport à l’étranger, oppression des travailleurs, répression des paysans sans terre, abrutissement économique et culturel d’un peuple anesthésié par sa propre misère...
  • 19:00

    L’heure des brasiers #2 : Chronique du péronisme / Chronique de la résistance
    Chronique du péronisme (mouvement de masse à la fois politique et syndical, qui joue un rôle majeur en Argentine depuis les années 1940) depuis ses origines et les espoirs qu’il souleva, jusqu’à sa dérive autoritaire puis au coup d’État militaire qui le chassa du pouvoir et isola ses combattants face à une répression systématique.
  • 21:00

    L’heure des brasiers #3 : Violence et libération
    Dédiée à l’argumentation idéologique, la dernière partie du triptyque se focalise sur les prises de conscience et les résistances populaires. Imprégnée de l’arrivée de "Che" Guevara dans l’univers des guérillas d’Amérique latine, elle prend la forme d’une exaltation aux luttes de résistance et de libération à travers toute l’Amérique latine.
  • jeu 02.02.2012
  • 19:00 Expo

    L’enseigne du Nova est sans doute l’un des objets les plus photographiés de Bruxelles (après le Manneken Pis). Sans le savoir, les touristes du monde entier qui se perdent rue d’Arenberg en cherchant la Grand-Place, connaissent donc le travail d’Eric Blésin. C’est lui qui a créé cette enseigne-sculpture en l’an 2000. C’est aussi lui qui a réalisé, il y a 5 ans, la peinture sur le volet d’entrée. Eric Blésin travaille essentiellement dans le domaine du cinéma d’animation en tant qu’animateur, décorateur ou réalisateur. Cette fois, ce n’est pas sur l’écran ni à l’entrée du Nova qu’il exposera, mais sur les murs du foyer où il présentera ses dernières sculptures, peintures et illustrations. Du 02 au 19.02. Vernissage : 02.02 > 19:00.
  • 20:00

    Les deux avant-premières de ce soir ont été respectivement réalisées par Carl Roosens et Bernard Mulliez, artistes polyvalents bruxellois accoutumés du Nova. De factures différentes, leurs films se rejoignent par une déambulation peu banale, une vision "brute" de l’art en acte, et un humour subtile…
    + Hommage aux artistes
    Carl Roosens, 2010, BE, video, vo fr st ang, 25'
    + Le passant fait son devoir
    Bernard Mulliez, 2012, BE, video, vo fr , 29'
  • ven 03.02.2012
  • 20:00 Film + Spoken Word

    Eugene Robinson, bonhomme un peu particulier, ancien bodybuilder, écrivain, journaliste, est souvent connu comme le chanteur toujours presque nu d’Oxbow ! Eugene varie les activités et les talents, autant apprécié pour sa musique que pour sa personnalité. Celle d’un philosophe américain "en mode vénère", un érudit aux idées originales et pas spécialement pacifiques. L’année passée, Eugene était spectateur du Festival Offscreen au Nova. Il a aimé l’endroit. Il nous fait le plaisir de revenir pour notre anniversaire avec un spoken word et un bon western sous le bras.
    + Rio Bravo
    Howard Hawks, 1959, US, 35mm, vo st fr & nl, 141'
  • sam 04.02.2012
  • 19:00

    Langues déliées
    Marlon Riggs, 1989, US, video, vo st fr, 55'
    "Des hommes noirs aimant des hommes est l’acte révolutionnaire, est-il dit dans ce chef-d’oeuvre réalisé en 1990 par le cinéaste, poète, et activiste afro-américain Marlon Riggs, mort du sida en 1994, et figure phare du new black queer cinema. Il y est question de l’appartenance à l’identité noire et à l’identité gaie et de la difficulté de se représenter dans une expérience qui est pensée comme contradictoire. "J’étais un homme invisible, je n’avais ni ombre, ni substance, ni place, ni histoire, ni reflet". Dans ce film à la beauté chorale et incantatoire, variation sur le thème du silence et de l’agir, les personnages se trouvent tous exilés d’eux-mêmes. Les récits qui s’entrecroisent, entremêlés à des poèmes d’Essex Hemphill, Steve Langley, Alan Miller, des chansons de Nina Simone ou de Roberta Flack, de performances rap issues des subcultures des ballrooms et du voguing, s’affranchissent du mutisme, tissant une communauté d’expérience et une communauté d’action" (Kantuta Quiros & Aliocha Imhoff, Le peuple qui manque). Réalisé pour la télévision, "Tongues Untied" a déclenché à l’époque de sa diffusion l’hystérie des gardiens de l’ordre moral (...)
  • 20:00 Courts métrages

    Un programme de courts métrages inventifs et décalés, autrement dit expérimentaux, tournés en super 8 par deux cinéastes allemands... qui seront avec nous pour cette séance exceptionnelle ! 7 films courts de Hans-Robert Franz (1994 - 2005) Films fabriqués quasi entièrement dans la caméra, image par image, faisant référence et hommage aux films de Paul Sharits. Pour chacun de ces films, Hans-Robert Franz invente un système arithmétique pour définir la suite des photogrammes et un dispositif technique qui lui permet de la réaliser. Il filme des images soit fabriqués par lui même (photos, dessins, peinture, pochoirs), soit trouvées ou collectionnées (photos de journaux, publicité, films pornos domestiques). Le son consiste en des enregistrements maintes fois superposés et se structure de manière à reprendre le rythme des images. 6 films courts de Peter Hoffmann & Co (1992-1996) Tous ces petits films, dont la plupart sont co-réalisés, marquent une époque de recherche très basique (de cinéma et d’environnement) : l’animation (la caméra comme mécanisme compteur), le champ/contre-champ (se filmer réciproquement), le travelling, les fondus (...)
    Zurückweisung der absurden Behauptungen der sowjetrevisionistischen Sozialimperialisten
    Hans-Robert Franz, 1994, DE, super8 > video, sans dial, 6'
    Zeitungspatrouille
    Hans-Robert Franz, 1994, DE, super8 > video, sans dial, 3'
    Versuch über die binomischen Formeln
    Hans-Robert Franz, 1996, DE, super8 > video, sans dial, 2'
    ...
  • dim 05.02.2012
  • 16:00 Cineketje

    Jean Tourane, 1956, FR, 35mm > video, vo, 65'
    C’est bientôt la fête dans le village des animaux. La joie règne, en particulier pour le petit canard poète Saturnin, nouvellement amoureux de Barbara, étoile du cirque forain. Mais tout cela n’est pas du goût de Géninoir, un redoutable singe aux équipements super diaboliques modernes, sur le point de voler la baguette magique protectrice… Hé oui, avant d’être star du petit écran, Saturnin fît ses débuts au cinéma ! Ecrit avec facétie par Louise de Vilmorin - romancière talentueuse courtisée par Antoine de Saint-Exupéry, André Malraux ou Orson Welles - et narré avec entrain par Robert Lamoureux, ce long métrage fut exclusivement réalisé avec de véritables animaux par Jean Tourane, auteur 10 ans plus tard de la série TV. Un anthropomorphisme délicieux, cocasse et inventif, parcourt ainsi les aventures de Saturnin l’intrépide, que les tout petits, comme certainement les grands, prendront plaisir à (re)découvrir. Et ce, d’autant plus que la séance est gratuite, anniversaire oblige ! À partir de 4 ans.
  • 17:00

    Kahdeksan surmanluotia / Les huit balles meurtrières
    Mikko Niskanen, 1972, FI, 35mm, vo st fr, 145'
    Considéré comme l’un des fleurons du cinéma finlandais, ce film est pourtant très peu connu à l’étranger. "Les huit balles meurtrières" est à la base un téléfilm en quatre parties, d’une durée totale de plus de cinq heures et jamais traduit. La version que nous présentons en est un habile condensé de deux heures et demie fait pour le cinéma et est la seule qui ait été présentée, en de rares occasions, en dehors des frontières finlandaises. Ce film-fresque s’inspire d’un fait divers (un paysan tue quatre policiers venus l’arrêter) et dépeint la vie dure et tragique d’une famille rurale qui arrive difficilement à survivre. Bien qu’il s’agisse d’une fiction, Mikko Niskanen a construit son film et ses personnages sur base des entretiens qu’il a eu avec l’homme en question en prison. Le réalisateur incarne lui-même le rôle principal et réussi à transmettre, par son jeu et par sa manière de filmer, toute la profondeur du personnage. Il livre avec empathie le portrait nuancé d’un homme à bout, face à une société qui ne lui offre rien. Plongé dans la misère, les dettes, les frustrations, la violence, il trouve un peu de ressort dans sa distillerie (...)
  • 21:00

    Inside the mind of Wild Man Fischer
    Josh Rubin, 2005, US, video, vo, 86'
    "In the year of 1962, they threw me out of school". Wild Man Fischer nous a tristement quitté cette année, un peu avant l’été. Moins médiatique que Steve Jobs, il a pourtant changé la vie de ceux qui ont eu la chance d’entendre son incroyable musique. Sa formidable énergie, son "peps", qu’il communique à travers ses chansons improvisées a cappella qui semblent lui échapper, vient en grande partie de ses maladies. Il était maniaco-dépressif, paranoïaque et schizophrène. Mal perçu par sa famille, pris en charge de manière très chaotique dans un environnement austère et ignorant de la Californie 60’s, il trouve dans le mouvement freaks de 1968 ce qu’il croit être une caisse de résonance adéquate. Frank Zappa le découvre, lui produit un improbable double album avant de se brouiller avec lui : "Wild Man is really wild...". Ce film récent nous fait découvrir le parcours de cet homme hors norme, cet "outsider", rockstar avortée qui connut une seconde carrière avec "Go to Rhino Records" qui lança le label et en collaboration avec Barnes & Barnes, créateurs du mythique "Fish Heads". Josh Rubin a rencontré des proches de Larry "Wild Man" Fischer, des (...)
  • jeu 09.02.2012
  • 20:00

    Pierre Carles & Philippe Lespinasse, 2012, FR, video, vo fr , 91'
    Il y a le gentil et le méchant, Philippe Lespinasse et Pierre Carles ("Pas vu pas pris", "Volem rien foutre al païs"...), dans un tandem qui n’est pas toujours pacifique, entre "Easy Rider" (sans moto), "Delivrance" (sans violence), "Strip Tease" (sans Belgique) et... "Ushuaïa" (sans Nicolas Hulot). Nos deux pieds nickelés s’entendent comme larrons en foire, canotant sur les étangs entre Port-la-Nouvelle et Gruissan, en quête de petits métiers, de pêcheurs, chasseurs, et bidouilleurs. Croisant des personnages hauts en couleur, parfois même un peu à la limite, ils s’interrogent sur eux-mêmes et sur les limites de leur voyeurisme. S’ils ne perçoivent pas toujours les insuffisances de leur tournage, Roger Ikhlef, le chef-monteur, s’en occupe. Débarquant "à la grenade" dans le film, il prend un malin plaisir à en souligner les défauts et met tout le monde d’accord. Au fil de toutes ces rencontres, un monde se dessine, au bord du grand monde, plein de bruit et de fureur. Bricolé, bizarre, autosuffisant, et pas près de renoncer à ses espaces et à ses ressources, cet univers a bien du charme. Dans le fond, un lieu où les deux cinéastes songent peut-être à (...)
  • ven 10.02.2012
  • 20:00

    The Right Way
    Peter Fischli & David Weiss, 1983, CH, 16mm, vo st fr, 55'
    Artistes zurichois, Fischli & Weiss travaillent en duo depuis 1979 et créent une œuvre protéiforme basée sur le mécanisme du lieu commun. Dès les années 80, ils vont s’intéresser au cinéma et à la vidéo. "Der Rechte Weg" est leur deuxième film. Ils y jouent les rôles principaux : celui d’un rat fainéant et celui d’un ours bluffeur, deux animaux de même taille, dotés de la parole et qui vont entreprendre ensemble un voyage initiatique, une errance à travers les Alpes suisses. Au fil de ce périple guidé par leur seul instinct, ils vont traverser une série d’épreuves, de sentiments et d’émotions allant de la solidarité à la trahison, de l’amitié à la vengeance, de la puissance à la compassion, du crime au châtiment... S’amusant à brouiller nos repères, Fischli & Weiss s’attaquent ainsi avec philosophie et dérision à notre vie quotidienne, nos tabous et nos valeurs.
    + Der Lauf der Dinge
    Peter Fischli & David Weiss, 1987, CH, 16mm, sans dial, 30'
  • 22:00 Performance

    Un trio cinéma-lumière-son qui nous vient de Grenoble, où l’art de la performance cinétique est décidément bien vivant. Gaëlle Rouard et Christophe Cardoen scandent de concert, l’une des images argentiques, l’autre de la lumière, aux commandes d’une machine de sa fabrication qui hache le rayon mieux qu’un stroboscope. Et comme on parle de mettre en morceau : David Chiesa heurte et frictionne des cordes amplifiées... Une fiction qui tâte des origines et des chaos, les événements sonores assouvis de lumière pendant le lent travail de la transformation, des couleurs de lumières crues avalent l’image et quelques alpinistes. Le rythme s’accélère, les lumières et les sons s’épaississent, éblouissent, l’intrigue se fait insaisissable. Les personnages se débattent dans une matière plus dense, hypnotique... Sans kilowatts superflus, aux origines de l’art cinétique, avec du photon, de la chimie et du son...
    + Unter
    Gaëlle Rouard, 2011, FR, 16mm, sans dial, 25'
  • sam 11.02.2012
  • 19:00

    Masaaki Yuasa, 2004, JP, vo st fr & ang, 103'
    Nishi, jeune mangaka d’Osaka, sent que sa lâcheté va lui faire perdre son amour d’enfance, la belle Myon. Il faudra qu’un infâme yakusa l’envoie visiter Dieu pour que Nishi réalise qu’il n’a qu’une vie… Tiré d’un manga éponyme culte, et animé par le Studio 4°C - dont le fameux "Tekkonkinstreet" fût projeté au PleinOPENair 2008 -, "Mind Game" connut un succès festivalier fulgurant, mais paradoxalement aucune distribution en salle hors Japon ! Doté d’une bande son explosive et d’un graphisme époustouflant, le film contient plusieurs techniques d’animation qui s’entrechoquent, embarquant le spectateur dans un délire visuel halluciné où les trouvailles abondent, au point qu’un temps tout paraisse décousu. L’humour désopilant y est omniprésent, laissant néanmoins la place à des passages de pure poésie, sans omettre le développement de personnages complexes et attachants. Les emprunts populaires tels la baleine de Pinocchio ou le vieux Robinson Crusoé finissent par ajouter une aura mythologique à cette oeuvre singulière, hors norme. Et de comprendre la formule de l’animateur Bill Plympton, pour qui "Mind Game" est "le Citizen Kane de l’animation".
  • 21:00

    L’ombre du vent / Windshade
    Frans van de Staak, 1986, NL, 16mm, vo nl st fr, 71'
    Au Nova, nous ignorions tout de Frans van de Staak, jusqu’à ce quinzième anniversaire qui fut l’occasion pour l’un de nos spectateurs d’attirer notre attention sur l’œuvre de ce fils de cordonnier d’Amsterdam devenu cinéaste sans concession... De fait, dix ans après sa disparition et malgré la reconnaissance de ses pairs (Jean-Marie Straub le considérait par exemple comme "le seul héritier de Dziga Vertov"), Frans van de Staak reste largement méconnu. Voici une première occasion de découvrir sa filmographie (une petite trentaine de films à son actif) avec "L’ombre du vent", que notre spectateur se souvient avoir vu "à une époque où je ne pouvais pas, où je n’étais pas encore capable d’apprécier certains films". "L’ombre du vent" a été réalisé selon la "méthode du domino" : chaque scène, à l’exception de la première, a été créée après le tournage de la précédente. Le scénario a été écrit au terme d’un an de tournage... Le cinéaste Johan van der Keuken a écrit à propos de ce film : "Je ne peux pas l’expliquer, mais dans ses moments les plus forts, Frans van de Staak est pour moi l’un des cinéastes qui s’approchent le plus de l’essence du cinéma. Non (...)
  • dim 12.02.2012
  • 19:00

    Joël Séria, 1973, FR, 35mm > video, vo, 90'
    Charlie, quadragénaire camelot au chômage volontaire, rencontre Guislaine et Josyane, deux filles espiègles de vingt ans qui le décide à reprendre la route des marchés provinciaux. La vie s’écoule joyeusement, jusqu’à la rencontre de Tony, vendeur ambulant de cathédrales de Chartres miniatures… Réalisé à la suite du transgressif "Mais ne nous délivrez pas du mal" qui dépeignait une rébellion adolescente contre l’hypocrisie d’un monde puritain, "Charlie et ses deux nénettes" change radicalement de ton. Espèce de road movie en forme d’ode à la liberté, où même un drame ne pourra perturber longtemps la légèreté ambiante, le film se regarde d’un bout à l’autre avec plaisir tant celui des acteurs est communicatif. Séria y dépeint notamment avec naturel son expérience de l’époque où, jeune comédien fauché, il travailla sur les marchés. Ce sera enfin la première rencontre du cinéaste avec Jean-Pierre Marielle, ici en sacré bonimenteur dont la gouaille rabelaisienne inspirera "Les Galettes de Pont-Aven" et son irrésistible représentant de commerce en Gauguin maudit par son utopie du cul parfait.
  • 21:00

    Joël Séria, 1976, FR, 35mm > video, vo, 115'
    Marie, jeune fille de 17 ans élevée par ses grand-parents, rencontre Claude, un riche châtelain qui tient une boutique de poupées. Séduit par sa fraîcheur et sa naïveté juvéniles, Claude la demande en mariage. Dès lors, il ne la regardera plus que comme un jouet... Avec "Marie-Poupée", Séria a pris autant de risque qu’avec "Mais ne nous délivrez pas du mal" dont la distribution en salle fût retardée par une censure archaïque. Doté d’un univers poético-érotique audacieux dans sa subversion, "Marie-Poupée" pouvait paraître difficile d’accès auprès du grand public. Et malgré un casting de qualité dont l’excellent André Dussolier en mari dévoyé, il déplu à sa sortie. Au point que Séria se cantonnera par la suite dans des comédies d’auteur afin d’obtenir des finances. Oeuvre singulière, tout en finesse dans la perversité sexuelle qu’elle suggère, "Marie-Poupée" est le film où Séria utilise le plus judicieusement le physique ingénu et la voix cristalline propres à Jeanne Goupil. Et d’arriver subrepticement à transformer cette "drôle" d’histoire de femme-poupée, en un pamphlet féministe dénonçant la phallocratie de notre société dite civilisée.
  • jeu 16.02.2012
  • 20:00

    Pour les 15 ans du Nova, l’Open Screen a choisi de simplement persévérer dans sa formule. Laquelle ? Celle qui consiste à envoyer vos films de 15 minutes maximum au 14 rue d’Arenberg à 1000 Bruxelles, une semaine avant la séance. Celle-ci est gratuite, sa qualité dépendant de vous puisque tous les films envoyés passent, sans censure aucune (à part celle, intérieure, qui vous empêche de réaliser ce dont vous rêvez. Mais là, on ne peut rien pour vous...). La pellicule et la vidéo sont acceptées ainsi que tous les formats "physiques", excepté le disque dur et autre clé usb s’il-vous-plaît ! Nous annonçons sur le site du Nova les films reçus réellement une semaine à l’avance… On vous attend de pied ferme pour une séance inoubliable. 15 minutes de .... Antoine Caramalli, Be, video, 2011, 15’ Sombres Histoires Beticiclopp, Be, video, 2011, 5’ Meanwhile they pumped Joseph David, F, video, 2011, 5’ Coma rue neuve Micha Pajocel, Be, video, 2011, 54’’ Ivy and the pretty king Nicky Miller, Be, video, 2011, 6’ An ordinary color Nicky Miller, Be, video, 2011, 6’ rue 888 Christoph Plauvert, 16 mm> video, 2011, 12’ Rafi Sandra (...)
  • ven 17.02.2012
  • 20:00

    L’ombre du vent / Windshade
    Frans van de Staak, 1986, NL, 16mm, vo nl st fr, 71'
    Au Nova, nous ignorions tout de Frans van de Staak, jusqu’à ce quinzième anniversaire qui fut l’occasion pour l’un de nos spectateurs d’attirer notre attention sur l’œuvre de ce fils de cordonnier d’Amsterdam devenu cinéaste sans concession... De fait, dix ans après sa disparition et malgré la reconnaissance de ses pairs (Jean-Marie Straub le considérait par exemple comme "le seul héritier de Dziga Vertov"), Frans van de Staak reste largement méconnu. Voici une première occasion de découvrir sa filmographie (une petite trentaine de films à son actif) avec "L’ombre du vent", que notre spectateur se souvient avoir vu "à une époque où je ne pouvais pas, où je n’étais pas encore capable d’apprécier certains films". "L’ombre du vent" a été réalisé selon la "méthode du domino" : chaque scène, à l’exception de la première, a été créée après le tournage de la précédente. Le scénario a été écrit au terme d’un an de tournage... Le cinéaste Johan van der Keuken a écrit à propos de ce film : "Je ne peux pas l’expliquer, mais dans ses moments les plus forts, Frans van de Staak est pour moi l’un des cinéastes qui s’approchent le plus de l’essence du cinéma. Non (...)
  • 22:00

    Matt Porterfield, 2006, US, 16mm, vo st fr, 65'
    On retrouve beaucoup de "Putty Hill" dans "Hamilton", le premier film de Matt Porterfield. Dans l’un comme dans l’autre, il choisit pour titre le nom d’un quartier déshérité de la banlieue nord de Baltimore, sa ville natale. Porterfield filme ce qui lui est familier, ses deux longs métrages sentent le vécu et respirent l’authenticité. Si "Putty Hill" introduisait une dimension fictionnelle dans un documentaire (ou l’inverse), "Hamilton" tient de la pure fiction, même si on soupçonne les acteurs amateurs d’avoir des vies proches de celles qu’ils incarnent à l’écran. On suit Lena et Joe le temps d’un paisible week-end d’été. À peine sortis de l’adolescence, ils viennent d’avoir un bébé et doivent faire face à leurs responsabilités. Comme dans "Putty Hill", l’action fondatrice est déjà passée quand le film commence. On est de retour dans la normalité, dans le quotidien qui fait suite à un événement (une mort, une naissance). Plutôt que de raconter une histoire, le film fait vivre un moment, une situation, des personnages. Porterfield filme avec soin et prend le temps de faire ressortir beaucoup d’émotions de ses images et de ses ambiances sonores. Peu (...)
  • sam 18.02.2012
  • 19:00

    Dr Strange a tout prévu. Pour ce trip sonique et graphique, il nous envoie Herb Diamante, passeur funambule aux lèvres crépusculaires. Herb nous mènera sur le fil enchanteur parcourant les méandres de nos inconscients hallucinés. À chaque escale de ce voyage-kaléidoscope, il ouvrira la porte d’un nouvel univers sonore et visuel. Le périple sera long et vous serez chéris. Dès 19h, une table d’hôtes vous permettra de vous sustenter avant de prendre la route. Départ 20h précises. http://www.nova-cinema.org/spip.php?rubrique1584
  • dim 19.02.2012
  • 19:00

    Langues déliées
    Marlon Riggs, 1989, US, video, vo st fr, 55'
    "Des hommes noirs aimant des hommes est l’acte révolutionnaire, est-il dit dans ce chef-d’oeuvre réalisé en 1990 par le cinéaste, poète, et activiste afro-américain Marlon Riggs, mort du sida en 1994, et figure phare du new black queer cinema. Il y est question de l’appartenance à l’identité noire et à l’identité gaie et de la difficulté de se représenter dans une expérience qui est pensée comme contradictoire. "J’étais un homme invisible, je n’avais ni ombre, ni substance, ni place, ni histoire, ni reflet". Dans ce film à la beauté chorale et incantatoire, variation sur le thème du silence et de l’agir, les personnages se trouvent tous exilés d’eux-mêmes. Les récits qui s’entrecroisent, entremêlés à des poèmes d’Essex Hemphill, Steve Langley, Alan Miller, des chansons de Nina Simone ou de Roberta Flack, de performances rap issues des subcultures des ballrooms et du voguing, s’affranchissent du mutisme, tissant une communauté d’expérience et une communauté d’action" (Kantuta Quiros & Aliocha Imhoff, Le peuple qui manque). Réalisé pour la télévision, "Tongues Untied" a déclenché à l’époque de sa diffusion l’hystérie des gardiens de l’ordre moral (...)
  • 21:00

    Masaaki Yuasa, 2004, JP, vo st fr & ang, 103'
    Nishi, jeune mangaka d’Osaka, sent que sa lâcheté va lui faire perdre son amour d’enfance, la belle Myon. Il faudra qu’un infâme yakusa l’envoie visiter Dieu pour que Nishi réalise qu’il n’a qu’une vie… Tiré d’un manga éponyme culte, et animé par le Studio 4°C - dont le fameux "Tekkonkinstreet" fût projeté au PleinOPENair 2008 -, "Mind Game" connut un succès festivalier fulgurant, mais paradoxalement aucune distribution en salle hors Japon ! Doté d’une bande son explosive et d’un graphisme époustouflant, le film contient plusieurs techniques d’animation qui s’entrechoquent, embarquant le spectateur dans un délire visuel halluciné où les trouvailles abondent, au point qu’un temps tout paraisse décousu. L’humour désopilant y est omniprésent, laissant néanmoins la place à des passages de pure poésie, sans omettre le développement de personnages complexes et attachants. Les emprunts populaires tels la baleine de Pinocchio ou le vieux Robinson Crusoé finissent par ajouter une aura mythologique à cette oeuvre singulière, hors norme. Et de comprendre la formule de l’animateur Bill Plympton, pour qui "Mind Game" est "le Citizen Kane de l’animation".
  • sam 25.02.2012
  • 21:00 Live Soundtrack

    Dernière minute ! Marshall Allen (87 ans, leader du légendaire Sun Ra Arkestra) et quatre de ses acolytes rendront une visite surprise au Nova pour une soirée à ne pas manquer ! Celle-ci consistera en la projection de courts métrages expérimentaux et de films rares avec Sun Ra réalisés par James Harrar, et accompagnés en musique par : Marshall Allen : Sax, Casiotone, Steiner EVI James Harrar : Vocals, objects, films Eric Thielemans : Drums, objects Eric Desjeux : Trumpet, electronic objects Nicolas Esterlé : Modular synthesizer Picture Andrei Tarkovski blended with Sergei Parajdanov. Imagine saints and peacocks in artful mosaics, visceral imagery, fixed camera viewpoints and hallucinatory processed visions. Hear a superb ensemble play complex sounds that are passionate, driving, haunting, powerful and liberating, complete with artfully constructed chants to celebrate a legacy of light.