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jeu 21.02.2008
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Événements "off" et expos
Rien n’est plus "freaky" et 3-D que la réalité elle-même ! L’Offscreen Film Fest vous permettra donc de rencontrer une solide portion de freaks contemporains en chair, en os, en poils de barbe (avec ou sans femme) et en poitrines plus fournies qu’à l’habitude, dans tous les sens du terme... Entrez dans un monde où l’on ne s’embarrasse pas d’un membre en plus ou en moins. La curiosité sera votre guide. On vous proposera peut-être un massage industriel. On vous lira peut-être l’avenir dans un kilo de tripes. Qui sait ? Pendant cette première édition de l’Offscreen Film Fest, l’asbl gantoise CirQ transformera le cinéma Nova en "sideshow" pur sang. VroemVroem vous dévoilera des freaks en bocal et Johan Vandermaat présentera sa vitrine de symbioses phyto-animales. Ce cabinet des curiosités est ouvert au public de manière permanente à partir du jeudi 21 février à 19 heures. Au programme encore, performances de circonstances avant certains films, DJ-sets et autres réjouissances. Ne manquez pas Kuriakin, magicien-freak, qui introduira le film "Sick" avec un show "piquant", la performance musicale de Mademoiselle Jean avant le film "Spider Baby" de Jack (...) -
The Island
Un jeune marin russe, nerveux et angoissé, trahit son capitaine : forcé par les nazis, il l’abbat pour sauver sa peau. Après avoir dérivé, il est receuilli par des moines sur une île. Anatoli, devenu vieux est un "starets", homme saint et guérisseur. Il vit dans cette communauté monacale orthodoxe, isolé sur un archipel glacé. Retirés du monde et de la Russie soviétique des 80’s, les moines ne savent plus quoi penser de ce "fol de christ" qui vit sur un tas de charbon, ne respecte pas les rêgles monastiques et conseille les gens de manière bien étrange. Le dernier film de Pavel Lounguine ("Taxie blues", "Luna Park", ...) traite de la culpabilité et de la rédemption, dans une certaine tradition russe. Le temps suspendu, la beauté froide des images, la mise en scène fluide et pertinente, le poids des situations, l’humour particulier, l’aspect romanesque... tout fait de ce film, à la frontière entre mystique et fantastique, un grand film, ici proposé en ouverture du festival. -
Police Beat
"Police Beat" est un film difficile à décrire... C’est d’ailleurs sûrement pour ça qu’il est dans cette sélection ! Robinson Devor invente un genre de cinéma nouveau, tant par son aspect formel que par ses choix narratifs. On y découvre un jeune policier américain d’origine africaine qui patrouille en VTT à Seattle. Il tente de trouver sa place dans ce pays qu’il sert et défend mais où il se sent étranger. Sa situation sentimentale aussi lui paraît intime et étrangère à la fois. Pas facile de gérer tout ça entre plusieurs missions professionnelles bizarres et dérangeantes, elles aussi faisant écho à ses propres démons ou dépassant son entendement. Il y a un aspect documentaire dans la manière de traiter les évènements criminels tirés de faits réels. Et à la fois cette ambiance cotoneuse, ce sentiment de bien-être liè aux superbes images, à la musique apaisante dont celle de la voix intérieure et étrangère du policier, aux ralentis (pas kitsch, une gageure !) et au montage discret et pertinent. Ne pas manquer aussi son dernier film, "Zoo", dans notre module "Manimal" ! -
ven 22.02.2008
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Zoo
Ce documentaire impressionnant enquête sur la mort d’un père de famille de Seattle qui décéda en 2005 d’une hémorragie interne suite à des relations intimes avec un pur-sang arabe. Suite à l’écho médiatique local et national autour de ce fait divers, une loi contre la zoophilie fut votée dans l’Etat de Washington. Malgré son sujet polémique, "Zoo" est tout sauf explicite ou racoleur. Le sensationnel facile en est banni. Robinson Devor, le réalisateur prometteur de "Police Beat" (à voir dans les first (off)screenings), opte pour une cinématographie stylée — presque sublime — dans laquelle l’affection envers les animaux est centrale. Une réflexion profonde sur la nature, l’aliénation humaine et le caractère subjectif et temporel de notre moralité. "Zoo" est une perle à ne pas rater tant sa beauté et sa profondeur sont saisissantes. -
The Mask
Un jeune psychiatre, le Dr. Allen Barnes, reçoit d’un ancien patient un vieux masque indien. Quand il le met, il entre en transe, a des visions étranges qui deviennent violentes et terrifiantes, altérant la personnalité du scientifique jusqu’à le rendre fou. Ce film remarquable pour l’époque, en noir et blanc et en deux dimensions, est au moins aussi réussi pour ses ambiances irréelles que "Carnival of Souls" ! Cependant, il contient quelques scènes en 3-D, les visions, qui semblent sortir tout droit d’un cauchemar ! Et ce dans le pur esprit gimmick des débuts, puisque à chacun des passages de la 2-D à la 3-D, une voix apostrophe le public par ces mots comme provenant d’outre-tombe : "Put the mask on, now !". -
Creature from the Black Lagoon
Une expédition scientifique arrive en Amazonie et découvre une créature amphibie hostile aux humains, mais sensible aux charmes des humaines en bikini ! Capturée par les scientifiques, la chose réussi à se libérer mais revient pour kidnapper la magnifique Kay... Le film, originalement tourné en 3-D, était déjà très bien visionné en 2-D grâce à son rythme, aux moments de suspens et de kitsch bien dosés, aux images sous-marines très belles, ... On revisite le mythe de King Kong avec une créature plus féroce et revencharde que le grand singe. Son côté poisseux n’arrangeant rien. Si la 3-D est censé donner de la profondeur, le procédé ne peut que fonctionner à merveille pour ce film. Cette vraie réussite de Jack Arnold ("L’homme qui rétrécit") est d’ailleurs considéré comme l’un des fleurons du cinéma 3-D ! -
sam 23.02.2008
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Zoo
Ce documentaire impressionnant enquête sur la mort d’un père de famille de Seattle qui décéda en 2005 d’une hémorragie interne suite à des relations intimes avec un pur-sang arabe. Suite à l’écho médiatique local et national autour de ce fait divers, une loi contre la zoophilie fut votée dans l’Etat de Washington. Malgré son sujet polémique, "Zoo" est tout sauf explicite ou racoleur. Le sensationnel facile en est banni. Robinson Devor, le réalisateur prometteur de "Police Beat" (à voir dans les first (off)screenings), opte pour une cinématographie stylée — presque sublime — dans laquelle l’affection envers les animaux est centrale. Une réflexion profonde sur la nature, l’aliénation humaine et le caractère subjectif et temporel de notre moralité. "Zoo" est une perle à ne pas rater tant sa beauté et sa profondeur sont saisissantes. -
Police Beat
"Police Beat" est un film difficile à décrire... C’est d’ailleurs sûrement pour ça qu’il est dans cette sélection ! Robinson Devor invente un genre de cinéma nouveau, tant par son aspect formel que par ses choix narratifs. On y découvre un jeune policier américain d’origine africaine qui patrouille en VTT à Seattle. Il tente de trouver sa place dans ce pays qu’il sert et défend mais où il se sent étranger. Sa situation sentimentale aussi lui paraît intime et étrangère à la fois. Pas facile de gérer tout ça entre plusieurs missions professionnelles bizarres et dérangeantes, elles aussi faisant écho à ses propres démons ou dépassant son entendement. Il y a un aspect documentaire dans la manière de traiter les évènements criminels tirés de faits réels. Et à la fois cette ambiance cotoneuse, ce sentiment de bien-être liè aux superbes images, à la musique apaisante dont celle de la voix intérieure et étrangère du policier, aux ralentis (pas kitsch, une gageure !) et au montage discret et pertinent. Ne pas manquer aussi son dernier film, "Zoo", dans notre module "Manimal" ! -
House of Wax
Le professeur Henry Jarrod (Vincent Price), cloué sur un fauteuil roulant, ouvre un musée de cire à New York. Il tue son associé, puis fait disparaître plusieurs corps de la morgue. Les statues sont de plus en plus ressemblantes, d’ailleurs Sue Allen croit reconnaître sous les traits de Jeanne D’Arc, son amie Cathy Gray récemment portée disparue... Et de comprendre que le scultpeur cherche un "modèle" pour réaliser sa Marie Antoinette... Rien à voir avec le ridicule remake avec Paris Hilton d’il y a quelques années. Il s’agit ici d’un film des fifties, lui-même remake du film de Michael Curtiz. Vincent Price y est remarquable. L’idée du personnage vivant au milieu des cadavres étant déjà assez terrifiante en soi, mais le film y ajoute (littéralement !) une dimension malsaine. Le procéde 3-D permet en effet une mise en abîme inquiétante. Le spectateur regarde un film où l’on regarde des figures de cire... Dans le film, ceux qui ont vu finissent mal, très mal... -
The Stewardesses
Triomphe cinématographique de la fin des années ’60, cette comédie sexploitation en 3-D nous entraîne dans les aventures érotiques d’une bande d’hôtesses de l’air. Trips LSD, anciens combattants du Vietnam, go-go girls, une maison hantée et... un meurtre, le tout servi avec une sauce musicale groovy et psychédelique. Le plus grand succès économique de l’histoire de la 3-D, dont un remake est déjà en préparation. Quand on vous disait qu’Hollywood était en mal d’inspiration... -
dim 24.02.2008
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Auch Zwerge haben klein angefangen
Souvent rapproché du "Freaks" de Tod Browning, "Les nains..." se présente comme une suite de saynètes chaotiques dont la succession semble n’obéir à aucune règle, exactement comme les étapes de la révolte des pensionnaires de cette étrange maison de redressement, qui mettent l’établissement sens dessus dessous, pendant que le directeur se barricade dans son bureau avec un des mutins en otage... Ses appels à la raison, au nom de la dignité et de l’hygiène de vie, n’apparaissent pas moins absurdes que les saccages et pillages auxquels se livrent les rebelles. Le goût d’Herzog pour les situations extrêmes et la folie absurde de personnages monstrueux transparaît ici. Tous les protagonistes sont joués par des nains, altération de la condition humaine permettant d’envisager au plus près les limites de l’humanité. Filmé caméra à l’épaule et en noir et blanc, cet apologue nihiliste, narquois et hilare, renvoie dos à dos les rêves avortés de libération des années soixante et ceux d’un retour au vieux monde disciplinaire alors en pleine décomposition. La censure allemande mit un an avant de se décider à en autoriser la distribution, le temps qu’il a sans (...) -
Revenge of the Shogun Women
Chine - 18ème siècle. Les pauvres campagnards sont terrorisés, volés, pillés et violés par nombreuses bandes de truands. Jusqu’au moment où ces voyoux se voient confrontés à une bande d’anges exterminatrices assez surprénante... Neuf nonnes se transforment en véritables "Kung Fu Babes" aux épées aigues... Avertissement : jamais dans l’histoire du cinéma, le public n’a vu se catapulter autant d’objets dangereux... dans sa direction ! Duck, you sucker ! -
Flesh for Frankenstein
"To know life, you have to fuck death in the gall-bladder." Ces paroles d’anthologie, que nous préférons ne pas traduire, sont sorties de la bouche de l’acteur allemand culte Udo Kier, avec l’accent gothique qu’on lui connaît en anglais. Celui-ci incarne un docteur Frankenstein passé à la moulinette de la Factory d’Andy Warhol et de son cinéaste le plus en verve, Paul Morrissey. Le baron humaniste du roman de Mary Shelley devient ici un Mengele écumant, flanqué d’un serviteur cauteleux (l’icône gay Joe Dallessandro), sa créature multi-cicatrisée, un monstre pathétique et priapique, et sa Lady Frankenstein, une bimbo sexy et nymphomane. Un fort peu savant cocktail d’inceste, de sadisme et d’hémoglobine en relief, délicieusement rehaussé d’érotisme "seventies" et d’humour noir. -
jeu 28.02.2008
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Switchblade Sisters
Des nanas costaudes en blousons de cuir terrorisent la ville dans le classique grindhouse "Switchblade Sisters". Lace est la meneuse incontestée du gang The Dagger Debs, le pendant féminin des Silver Daggers. Jusqu’à ce qu’elle trouve une rivale en Maggie, une nouvelle recrue. Dans une baraque à hamburgers, la confrontation entre elles dégénère violemment. Le film vire ensuite au genre "women in prison" (cf "The Big Doll House"). En cellule, les voici sous l’emprise d’une virago hargneuse, Moms Smackley. Novice, Maggie bénéficie d’une libération anticipée. Elle drague le petit ami de Lace, le meneur des Silver Daggers… Un film d’exploitation de gangs de filles — satirique et kitsch avec ses combats de rue, catfights, guérillas urbaines black et des tonnes de nanas sexy avec des M-16. Il n’est dès lors pas surprenant que l’on doive à Quentin Tarantino une ressortie en salle de ce classique grindhouse au cours de sa brève aventure de distributeur avec la Rolling Thunder Pictures. Le caméraman de ce film n’est autre que Tak Fujimoto qui signa notamment par la suite la photographie de "Silence of The Lambs" et "The Sixth Sense". -
Pit Stop
"Pit Stop" dépeint les "Figure Eight shows", une nouvelle combinaison extrême et spectaculaire de "demolition derby’s" et "buggyraces". Quand Rick Bowman se lance contre son concurrent téméraire Hawk (Sid Haig), la compétition atteint son paroxysme sur les pistes. Mais ce n’est pas tant l’histoire, mais son style éblouissant qui rend "Pit Stop" tellement inoubliable. "Days of Thunder" semble bien fade en regard de ce film référence. Soyez attentif à Ellen McRae, la jolie jeune femme qui changera par la suite son nom en Ellen Burstyn. Cette équipée enragée boostée par l’obsession américaine de la vitesse et des voitures est une hallucinante réflexion anti-héroïque sur l’American Dream. Avec sa magnifique photographie en noir et blanc, c’est le chef d’oeuvre absolu de Hill. C’est toutefois à cause de ce noir et blanc que les cinémas refusèrent le film à l’époque. Une occasion unique d’admirer cette perle rare sur grand écran. -
ven 29.02.2008
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Brothers of the Head
Au début des années 70, Zak Bedderwick, producteur anglais au flair affuté, monta un groupe rock autour des frères siamois Tom et Barry Howe. Relookés et dirigés dans un esprit punk avant l’heure, ils se servirent de leur image de freaks pour choquer et attirer les curieux comme dans un spectacle de foire. The Bang Bang allait devenir un succès. Mais après un premier album rageur, le groupe se "déchire" et sombre dans l’oubli. K. Fulton et L. Pepe (réalisateurs de "Lost in La Mancha", film sur le tournage désastreux du "Don Quichotte" de Terry Gilliam), reconstituent ici la vie intime du groupe au travers d’images d’archives et d’interviews dont celle du cinéaste Ken Russell ("Tommy", "The Devils"). Ce dernier envisageait un film avec les frères Howe comme en témoignent quelques rushs d’époque. "Brothers of the Head" nous plonge ainsi dans l’univers tortueux des jumeaux conjoints, aux limites du malsain. Une curiosité qui n’a malheureusement plus été montrée en Belgique depuis son avant-première... au Nova ! Et cette fois c’est exceptionnellement sous-titré en français ! -
Forbidden Zone
La famille Hercules emménage dans une maison dont la cave recèle une porte secrète. La bimbo de la maisonnée ne peut évidemment s’empêcher de la pousser et se perd ainsi dans la "zone interdite", la sixième dimension ! Alice au Pays des Freaks, elle suscite le courroux de la reine de l’endroit. Le fils dégénéré de la famille va partir à sa recherche avec l’aide d’un géant de foire. Ils croisent dans ce bas monde une noria de loufs, un majordome à tête de grenouille, des enseignants lourdement armés, des princesses aux seins nus, des détenus aux oreilles de Mickey Mouse, des candélabres humains, toute une monstrueuse parade emmenée par le roi Fausto et sa tendre moitié Doris. Le compositeur et réalisateur Richard Elfman s’est inspiré, pour cette galerie de portraits, des sketches du Grand Magic Circus auquel il avait participé en tant que musicien de jazz, en compagnie de son frère, Danny (qui y interprète un diable pastichant une chanson de Cab Calloway), futur compositeur de Tim Burton. Plus déjanté que les Marx Brothers, plus équivoque que le Rocky Horror Picture Show, cet hommage fauché et trashy aux séries B de science-fiction et aux "musicals" (...) -
The Freakmaker
Après une introduction sous la forme d’une bien belle leçon de biologie, on comprend de quoi il s’agit : "Nous sommes tous des freaks, l’évolution de l’espèce humaine se fait par mutations successives... qu’il doit bien avoir moyen de provoquer !" Ces paroles sont celles d’un savant fou joué par Donald Pleasance, qui a dû voir "The Day of the Triffids" plus d’une fois... Évidemment, les techniques de l’apprenti démiurge ne sont pas très au point, et les expériences qui tournent parfois mal sont recyclées en monstres de foire dans le freak show du coin - aux côtés d’une belle brochette de "bizarreries humaines" - où l’on retrouve d’ailleurs une atmosphère familiale proche de celle de "Freaks". Jack Cardiff réalise ici l’un des films les plus curieux des années 70, entre horreur (à tendance grotesque), science-fiction, psychédélisme et transhumanisme ! -
sam 01.03.2008
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The Island
Un jeune marin russe, nerveux et angoissé, trahit son capitaine : forcé par les nazis, il l’abbat pour sauver sa peau. Après avoir dérivé, il est receuilli par des moines sur une île. Anatoli, devenu vieux est un "starets", homme saint et guérisseur. Il vit dans cette communauté monacale orthodoxe, isolé sur un archipel glacé. Retirés du monde et de la Russie soviétique des 80’s, les moines ne savent plus quoi penser de ce "fol de christ" qui vit sur un tas de charbon, ne respecte pas les rêgles monastiques et conseille les gens de manière bien étrange. Le dernier film de Pavel Lounguine ("Taxie blues", "Luna Park", ...) traite de la culpabilité et de la rédemption, dans une certaine tradition russe. Le temps suspendu, la beauté froide des images, la mise en scène fluide et pertinente, le poids des situations, l’humour particulier, l’aspect romanesque... tout fait de ce film, à la frontière entre mystique et fantastique, un grand film, ici proposé en ouverture du festival. -
Sick : The Life and Death of Bob Flanagan, Supermasochist
Un portait visionnaire et déconcertant d’un homme atteint de mucoviscidose. En l’occurrence, un artiste performeur qui explore avec un masochisme extrême les frontières de la douleur, de la sexualité et de la mort. Le film est pour le moins polémique, les scènes crûment explicites ne sont pas vraiment une partie de plaisir. Etonnamment, le réalisateur Kirby Dick a réalisé un documentaire drôle et émouvant pour lequel il bénéficia de la complicité totale de Flanagan et de sa compagne Sheree Rose (qui modifie certains préjugés sur les "dominatrix"). En dépit des pronostics des docteurs, Bob Flanagan vivra des décennies avec la maladie. Lorsque le tournage débute, il était déjà à bout de forces. Il mourut en janvier 1996, pratiquement devant la caméra. Le film en devient un testament choc - le combat d’un homme avec son corps qui le lâche sans cesse. Précéde d’une performance de Kuriakin] -
Spider Baby
Ce classique freak influent raconte l’histoire de la famille Merrye, recluse de ce monde car en proie à une tare génétique rare. Celle-ci les fait régresser dans des cruautés perverses et les pousse au cannibalisme. Quand leur oncle et tante trendy venus de la grande ville leur rendent visite, attirés par la fortune familiale, un choc frontal et sanglant des civilisations est inéluctable. Avec le légendaire Lon Chaney dans l’un de ses derniers et meilleurs rôles, ce chef d’œuvre reste inégalé et largement en avance sur son époque. Connu aussi sous le nom de "The Maddest Story Ever Told", ce film freak est truffé d’humour diabolique, de dialogues acides et de nombreux clins d’œil à d’autres films d’horreur de cette période. Indispensable pour les amateurs de cinéma de minuit authentique. Précédé d’un performance de Mademoiselle Jean -
The Big Doll House
Un petit groupe de détenues planifie une évasion. Mais il y a une moucharde parmi elles — jouée par Pam Grier. En échange de drogue pour sa maîtresse lesbienne, elle informe les surveillants et la méchante directrice Ms. Dietrich. Grâce à la complicité du gardien Sid Haig, les filles réussissent malgré tout à s’échapper, non sans violence et effusion de sang. Avec ce film, Jack Hill initia le sous-genre "women in prison" avec tous ses ingrédients : scènes de viol, lesbiennes garces, monologues hystériques, bagarres et scène de nus sous la douche. Et en prime, un mémorable combat de boue entre Pam Grier et Roberta Collins ! -
dim 02.03.2008
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Cineketje : Le cirque animé et les "freaks"
Cineketje vous convie tous, petits et grands, à ce florilège de petites histoires animées et tendres sur le cirque. "Le cirque joyeux" du maître tchèque Jiri Trnka ouvrira la séance. Atmosphère plus fellinienne, ensuite, avec "Le lion à la barbe blanche", pour lequel le réalisateur russe Andreï Khrjanovsky fait appel à Tonino Guerra pour le script et à Nino Rota pour la musique, deux figures emblématiques de l’univers du maestro italien. Ou l’histoire d’un lion de cirque vieillissant qui tire sa révérence à un monde lui aussi en train de disparaître... Nostalgique mais superbe. Autant que l’univers qu’a réussi à créer le Français Jean-Rémy Girerd, dont nous vous présentons deux courts, "Les deux petits noctambules" et "Frankenstein Circus", dans lesquels les créatures de foire sont plus affectueuses que vraiment terrifiantes. Et ce ne sera pas la seule surprise de notre parade qui sera tout sauf monstrueuse... -
Animal Love
"Animal Love" traite des rapports entre des marginaux et leurs animaux domestiques. Composé d’une série de tableaux frontaux - formellement hypermaîtrisés pour du documentaire, laissant d’ailleurs supposer une complicité du réalisateur avec ses "sujets" d’étude - "Animal Love" nous embarque dans l’arrière cour de l’Autriche contemporaine, celle des laissés pour compte généralement entassés dans de sordides HLM des banlieues crasses de cités dites "civilisées", voire dans des pavillons luxueux où règne une solitude tout aussi désespérante. Pourtant, ces cas sociaux tiennent pour la plupart le coup grâce à l’amour qu’ils ou elles portent à leurs compagnons à quatre pattes. Dérangeant, sarcastique, à la limite du malsain, le film n’en reste pas moins fascinant et même attachant de par certains de ses personnages atypiques, parfois proches du burlesque... Il se dégage d’ailleurs à chaque séquence une atmosphère surréaliste captée habilement par Ulrich Seidl dont le Nova avait déjà présenté son percutant "Dog Days". Au point que certaines scènes vous hanteront encore longtemps... -
Vase de noces
L’occasion était trop belle de remontrer au Nova ce monument du cinéma belge en marge. Poème abyssal où un homme solitaire (Dominique Garny) aime tendrement une truie jusqu’à lui faire des petits, "Vase de noces" fût admiré par des personnalités telle qu’Henri Michaux, récompensé tant chez nous qu’à l’étranger et ce malgré de nombreux détracteurs. "Je comprends très bien que l’on puisse détester ce film, non tant pour y avoir vu une histoire scandaleuse de zoophile coprophage, que pour son maniérisme et son perfectionnisme formels, son traitement allégorique quasi mystique. Mais ce n’est en tout cas pas un film vulgaire et réaliste" (dixit Boris Lehman). On l’aura compris, l’unique fiction de Thierry Zéno, notre invité, reste à ce jour une expérience cinématographique à la fois éprouvante et subjuguante... En présence de Thierry Zéno -
Viva
1972. Barbie (Anna Biller) s’ennuie. Son mari Rick est un drogué du travail et ne lui accorde pas d’attention. Au début, elle se distrait avec ses joyeux voisins Mark et Sheila. Mais quand ceux-ci se séparent et que son mari part au ski sans elle, les deux femmes décident de partir à la découverte de leur âme sauvage. Commence alors le périple de Barbie avec en toile de fond, moralement minée, les swinguantes Seventies. Anna Biller a non seulement signé le scénario et la réalisation de "Viva". Mais elle l’a aussi produit, en a créé les costumes, joué le rôle principal, écrit les chansons, peint les œuvres d’art aperçues et conçu les séquences d’animation de pop art warholiennes psychédéliques que l’on voit durant une scène d’orgie. "Viva" est bien plus qu’un hommage aux films de "sexploitation" des années ’70. Sans rien perdre de son regard critique, "Viva" est une fête de styles, de couleurs, de drogue et lingerie baby doll. -
jeu 06.03.2008
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Dolina
Bogdanski Dolina est un village perdu dans l’est des Carpates. Isolés du reste du monde par des frontières gardées, et dirigés par le "Vicarage" - un ordre sectaire dont les membres portent ostensiblement des barbichettes postiches - les villageois se préparent à acceuillir l’Archevèque du Régime. C’est alors qu’un jeune exilé revient au bercail afin d’y déterrer son père et l’enterrer hors de ce lieu maudit... Dolina est dans la veine de ces films allégoriques en provenance de l’Est, qui critiquent toute société totalitaire. D’ailleurs ici avec beaucoup de fantaisie et de brio, faisant même penser de loin à certains délires d’un Terry Gilliam ! Fruit d’une adaptation de "La visite de l’Archiduque" d’Ádám Bodor, doté d’une belle photographie, Dolina possède un univers très particulier qui, bien que pourvu d’un humour grinçant et de scènes cocasses, n’en dénonce pas moins de manière virulente tout gouvernement basé sur la terreur. Une histoire absurde qui nous prévient peut-être que la nôtre ne devrait pas l’être... -
Animal Love
"Animal Love" traite des rapports entre des marginaux et leurs animaux domestiques. Composé d’une série de tableaux frontaux - formellement hypermaîtrisés pour du documentaire, laissant d’ailleurs supposer une complicité du réalisateur avec ses "sujets" d’étude - "Animal Love" nous embarque dans l’arrière cour de l’Autriche contemporaine, celle des laissés pour compte généralement entassés dans de sordides HLM des banlieues crasses de cités dites "civilisées", voire dans des pavillons luxueux où règne une solitude tout aussi désespérante. Pourtant, ces cas sociaux tiennent pour la plupart le coup grâce à l’amour qu’ils ou elles portent à leurs compagnons à quatre pattes. Dérangeant, sarcastique, à la limite du malsain, le film n’en reste pas moins fascinant et même attachant de par certains de ses personnages atypiques, parfois proches du burlesque... Il se dégage d’ailleurs à chaque séquence une atmosphère surréaliste captée habilement par Ulrich Seidl dont le Nova avait déjà présenté son percutant "Dog Days". Au point que certaines scènes vous hanteront encore longtemps... -
ven 07.03.2008
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Brothers of the Head
Au début des années 70, Zak Bedderwick, producteur anglais au flair affuté, monta un groupe rock autour des frères siamois Tom et Barry Howe. Relookés et dirigés dans un esprit punk avant l’heure, ils se servirent de leur image de freaks pour choquer et attirer les curieux comme dans un spectacle de foire. The Bang Bang allait devenir un succès. Mais après un premier album rageur, le groupe se "déchire" et sombre dans l’oubli. K. Fulton et L. Pepe (réalisateurs de "Lost in La Mancha", film sur le tournage désastreux du "Don Quichotte" de Terry Gilliam), reconstituent ici la vie intime du groupe au travers d’images d’archives et d’interviews dont celle du cinéaste Ken Russell ("Tommy", "The Devils"). Ce dernier envisageait un film avec les frères Howe comme en témoignent quelques rushs d’époque. "Brothers of the Head" nous plonge ainsi dans l’univers tortueux des jumeaux conjoints, aux limites du malsain. Une curiosité qui n’a malheureusement plus été montrée en Belgique depuis son avant-première... au Nova ! Et cette fois c’est exceptionnellement sous-titré en français ! -
Freakshow Friday
Avec ce programme qui occupera toute une soirée, nous vous emmènerons en chair et en os dans le monde mystérieux des Freaks & Side shows. Au menu : une sélection de rares courts métrages "freak", une projection de "Midori - The Girl in the Freakshow" dans le contexte qu’il mérite et un "midnight screening" de "Crippled Masters" ! Le tout émaillé d’incroyables performances "freak" et d’un "live" du collectif cirQ. Freak Show Flickers Une compilation de courts métrages composée par Jack Stevenson autour de la culture freak et du cirque. Avec entre autres le court métrage de Free Cinema "O’Dreamland" de Lindsay Anderson datant de 1953, le "Tatooed Lady" (1975) de Tom Palazzolo, "A Day in the Life of Bonnie Consolo", un documentaire de 1975 sur une femme sans bras, et l’étrange court métrage underground de Curt McDowell’s : "Siamese Twin Pinheads" (1972). Sans compter d’innombrables surprises qui s’ajouteront encore au programme. Midori voir ci-dessous.+ Crippled Masters -
sam 08.03.2008
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Dolina
Bogdanski Dolina est un village perdu dans l’est des Carpates. Isolés du reste du monde par des frontières gardées, et dirigés par le "Vicarage" - un ordre sectaire dont les membres portent ostensiblement des barbichettes postiches - les villageois se préparent à acceuillir l’Archevèque du Régime. C’est alors qu’un jeune exilé revient au bercail afin d’y déterrer son père et l’enterrer hors de ce lieu maudit... Dolina est dans la veine de ces films allégoriques en provenance de l’Est, qui critiquent toute société totalitaire. D’ailleurs ici avec beaucoup de fantaisie et de brio, faisant même penser de loin à certains délires d’un Terry Gilliam ! Fruit d’une adaptation de "La visite de l’Archiduque" d’Ádám Bodor, doté d’une belle photographie, Dolina possède un univers très particulier qui, bien que pourvu d’un humour grinçant et de scènes cocasses, n’en dénonce pas moins de manière virulente tout gouvernement basé sur la terreur. Une histoire absurde qui nous prévient peut-être que la nôtre ne devrait pas l’être... -
My Winnipeg
Depuis quelques années, Guy Maddin joue avec ses souvenirs et s’amuse à utiliser comme personnage principal de ses films "le jeune Guy Maddin". Après "Brand Upon the Brain !", il se voit confier la réalisation d’un film sur sa ville natale. S’il s’agit bien d’un documentaire, "My Winnipeg" est surtout un film sur le monde "à dormir debout" de Maddin. Il y continue l’exploration burlesque et féérique de sa mémoire, mise en images par un mélange décousu et impressionnant de styles et de techniques. Maddin, le narrateur, envisage de quitter sa ville pour toujours et fait un dernier tour avant de partir : l’occasion de revenir avec lui - et avec l’acteur qui joue son rôle - sur une série d’anecdotes historiques locales. À travers les histoires surréalistes, les images d’archives et les reconstitutions d’évènements invraisemblables, on comprend la paralysie sentimentale qui lie Guy à sa ville depuis 51 ans ! "Une ville d’où les trains ne partent pas, ils ne font que tourner autour et revenir." "My Winnipeg" est un manifeste drôle et personnel qui défend les croyances populaires contre les forces qui veulent effacer le passé des villes, les nettoyer de (...) -
Slow Mirror
Tout commence par ce plan séquence obscure, pris sur le vif, où un vieux médecin entouré par quelques individus tente d’’extraire une écharde plantée à la base de la langue d’un homme assis sur une chaise roulante... Dès cette première scène, le ton est donné. "Slow Mirror" est indubitablement le film le plus difficile à cerner du festival pourtant riche en découvertes extravagantes. Comment raconter une expérience audiovisuelle qui s’apparente à un cauchemard que l’on aurait tout en marchant éveillé dans le rêve d’un autre ? C’est peut-être ce que les hongrois Igor et Ivan Buharov (qui ne sont pas frères) ont voulu représenter malicieusement dans ce film biscornu et granuleux, truffé de scènes absurdes et déconcertantes. On l’avoue de suite, peu de spectateurs seront capables de remettre en place les pièces de ce puzzle cinématographique sans dessus dessous. Par contre, beaucoup sortiront ravis d’avoir assisté à cette amusante fiction expérimentale, manigancée et filmée fébrilement par les Buharov, nos invités ! En présence des réalisateurs.+ Mompelaar -
dim 09.03.2008
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Slow Mirror
Tout commence par ce plan séquence obscure, pris sur le vif, où un vieux médecin entouré par quelques individus tente d’’extraire une écharde plantée à la base de la langue d’un homme assis sur une chaise roulante... Dès cette première scène, le ton est donné. "Slow Mirror" est indubitablement le film le plus difficile à cerner du festival pourtant riche en découvertes extravagantes. Comment raconter une expérience audiovisuelle qui s’apparente à un cauchemard que l’on aurait tout en marchant éveillé dans le rêve d’un autre ? C’est peut-être ce que les hongrois Igor et Ivan Buharov (qui ne sont pas frères) ont voulu représenter malicieusement dans ce film biscornu et granuleux, truffé de scènes absurdes et déconcertantes. On l’avoue de suite, peu de spectateurs seront capables de remettre en place les pièces de ce puzzle cinématographique sans dessus dessous. Par contre, beaucoup sortiront ravis d’avoir assisté à cette amusante fiction expérimentale, manigancée et filmée fébrilement par les Buharov, nos invités ! En présence des réalisateurs.+ Mompelaar -
Midori
Tokyo, dans l’après-guerre. La très jeune orpheline Midori est recueillie par Mr Arashi, tenancier d’un cirque de foire. Elle devient la victime des jeux cruels et pervers des artistes-freaks qui y vivent. Un jour apparaît l’étrange Wonder Masamitsu, un nain aux pouvoirs magiques qui rejoint la troupe et s’éprend de Midori. Il devient son protecteur, et aussi la seule chance pour elle d’échapper à cet enfer. Hiroshi Harada mis 5 ans à adapter et animer image par image le manga culte de Suehiro Maruo, variation sexuée et pervertie de Cendrillon. Une fable cauchemardesque, mais romantique avant tout, dans la tradition japonaise du "eroguro" et avec une bande son de J.A. Seazer ! Conçu comme une expérience à part entière, le film n’avait été présenté à l’époque que dans des endroits reculés transformés en cirque-temple-théâtre, accompagné de toutes sortes de mises en scènes... Espérons que le Freak Show Friday où il sera projeté une première fois sera à la hauteur !+ Lullaby to the Big Sleep -
My Winnipeg
Depuis quelques années, Guy Maddin joue avec ses souvenirs et s’amuse à utiliser comme personnage principal de ses films "le jeune Guy Maddin". Après "Brand Upon the Brain !", il se voit confier la réalisation d’un film sur sa ville natale. S’il s’agit bien d’un documentaire, "My Winnipeg" est surtout un film sur le monde "à dormir debout" de Maddin. Il y continue l’exploration burlesque et féérique de sa mémoire, mise en images par un mélange décousu et impressionnant de styles et de techniques. Maddin, le narrateur, envisage de quitter sa ville pour toujours et fait un dernier tour avant de partir : l’occasion de revenir avec lui - et avec l’acteur qui joue son rôle - sur une série d’anecdotes historiques locales. À travers les histoires surréalistes, les images d’archives et les reconstitutions d’évènements invraisemblables, on comprend la paralysie sentimentale qui lie Guy à sa ville depuis 51 ans ! "Une ville d’où les trains ne partent pas, ils ne font que tourner autour et revenir." "My Winnipeg" est un manifeste drôle et personnel qui défend les croyances populaires contre les forces qui veulent effacer le passé des villes, les nettoyer de (...)