> Alternatives

Les alternatives à la psychiatrie

La psychiatrie institutionnelle a produit de nombreux insatisfaits et révoltés. En 1975 est né à Bruxelles le réseau international "Alternative à la Psychiatrie", lié à Guattari et à La Borde, et qui avait pour vocation de rassembler des individus et des groupes qui souhaitaient rompre avec l’organisation bureaucratique et centralisée de la médecine mentale. En Belgique, c’est à cette époque que plusieurs associations et services de santé mentale ont vu le jour, notamment la Gerbe, toujours active, dont le but est de permettre à des personnes perturbées psychiquement de recréer des liens sociaux dans leur milieu de vie. De cette époque subsiste également, la communauté thérapeutique "la Devinière" et l’asbl "l’Autre lieu" en perpétuel requestionnement... A l’étranger, précisément au Québec, se sont développés depuis plusieurs années, des groupes d’entraide d’usagers de la psychiatrie qui proposent une alternative en pratiquant une gestion autonome des médicaments et en permettant au personnes de se réapproprier leur vie dans la cité. Aujourd’hui, la psychiatrie institutionnelle n’a-t-elle pas récupéré le terme "alternatif" en le réduisant à un simple label vidé de sa substance critique et novatrice ? 


Ce gamin-là

"A TROP se pencher sur eux, c’est la meilleure position pour recevoir un coup de pied au derrière". Fernand Deligny, c’est une ligne, des lignes, ces remarquables "lignes d’erres" (transcriptions des déplacements et des agirs des enfants mutiques) qui ont fait rêver Gilles Deleuze et Félix Guattari. C’est aussi, dés 1945, son livre "Graine de crapule. Conseils aux éducateurs qui voudraient la cultiver". C’est être inlassablement avec les incurables, les invivables. En 1967, il s’installe définitivement dans une petite maison dans les Cévennes et crée un réseau de "présences proches". Il était une fois un NOUS et c’est justement là que nous mènent ce film-carnet-notes. Là, LOIN. Loin de ces "lieux prévus pour", "lieux exprès", "lieux tout à fait pour"... LOIN de la "loi du langage" oppressante. En plein milieu des Cévennes, en plein milieu d’une "tentative" : tracer des lignes "afin de voir ce qui (ne) nous regarde pas", "afin de voir ce que notre regard aveugle de parlant à bien du mal à voir". Ce film prend son temps, prend le rythme des "tentatives" et laisse tout s’entremêler, une vieille cafetière, quatre pierres plates, la nourriture qui cuit, l’eau, le feu, l’abri, le territoire, les trajets... Quiétude. "Personne ne cherche à savoir de quoi ils sont atteints, nous sommes à la recherche de ce qui nous manque pour être existant à leurs yeux"... Film-hommage aussi, à ce gamin-là, Janmari.

12.11 > 22:00 + 04.12 > 22:00
Léolo

Il s’appelle Léolo Lozone et vit entouré d’une famille quelque peu dérangée. Sa mère a la force d’un grand bateau qui vogue sur un océan malade. Son père est convaincu que la santé vient en chiant. Il y a aussi ses soeurs Rita et Nanette, son frère Fernand, qu’il aime pour la tendresse de son ignorance et son grand-père, qui n’est pas un homme méchant, mais qui a quand même essayé de le tuer deux fois. C’est comme si l’hérédité de ce grand-père avait frappé la famille de plein fouet et qu’une petite cellule de trop s’était déposée dans le cerveau de tout le monde. Pour ne pas devenir fou, il lit et écrit beaucoup et s’envole sur les chansons de sa jolie voisine sicilienne. Ce film nous pose la question de l’hérédité. Peut-on vraiment y échapper ? Quels sont les moyens de résistances individuels d’un enfant dans un univers familial malade de la misère sociale et psychique ?

20.11 > 22:00
Alternatives #1

+ La forteresse sentimentale

Thierry Le Merre, 1997, FR, video, vo fr , 52'

En 45 ans d’exil en psychiatrie, Louis Marie connaîtra, de placement en placement, la lobotomie, les viols, les passage à tabac, le cabanon, la faim, la camisole et l’abrutissement médicamenteux pour finalement conquérir sa liberté en construisant lentement "son histoire" de cet "enchaînement infernal" dans des entretiens filmés avec l’aide de médecins pendant dix ans. Pas à pas, Thierry Le Merre suit Louis qui réexplore les lieux de son errance psychiatrique et dont les mots dessinent l’inhumanité d’une psychiatrie asilaire. Thierry Le Merre prend soin de confronter le récit de Louis avec des rapports médicaux, des photographies d’archives et ponctue ce documentaire d’extraits d’entretiens filmés de Louis, comme autant de fragments d’une vie égarés en psychiatrie.

+ Maboul Palace

Atelier Vidéo du Code de l'Equipe, 2003, BE, video, vo fr , 20'

Au départ de ce projet, il y a le désir des participants à l’atelier vidéo de réaliser une comédie sur le sujet de l’hospitalisation en psychiatrie. Partant des principes narratifs utilisés dans les films tels que "Jumanji", "The Cube" ou "Le prisonnier", le travail s’est effectué au départ des impressions, sentiments et souvenirs de patients du Code ayant raconté un séjour en hôpital psychiatrique. Ensuite, il a consisté à imaginer un univers ludique. Paul Cambier, un homme comme les autres, est soudain éjecté de son univers quotidien et "atterrit" brutalement dans le Maboul Palace dont il va progressivement découvrir les règles.

+ Rencontre
Luc Vigneault, ex-usager de la psychiatrie, consultant en santé mentale, viendra nous présenter le réseau d’entraide formé au Québec par des usagers et des professionnels de la santé mentale, et nous parlera de la gestion autonome des médicaments.

http://www.cam.org/~agidd/presentation.html

21.11 > 18:00
La forteresse sentimentale

En 45 ans d’exil en psychiatrie, Louis Marie connaîtra, de placement en placement, la lobotomie, les viols, les passage à tabac, le cabanon, la faim, la camisole et l’abrutissement médicamenteux pour finalement conquérir sa liberté en construisant lentement "son histoire" de cet "enchaînement infernal" dans des entretiens filmés avec l’aide de médecins pendant dix ans. Pas à pas, Thierry Le Merre suit Louis qui réexplore les lieux de son errance psychiatrique et dont les mots dessinent l’inhumanité d’une psychiatrie asilaire. Thierry Le Merre prend soin de confronter le récit de Louis avec des rapports médicaux, des photographies d’archives et ponctue ce documentaire d’extraits d’entretiens filmés de Louis, comme autant de fragments d’une vie égarés en psychiatrie.


Maboul Palace

Au départ de ce projet, il y a le désir des participants à l’atelier vidéo de réaliser une comédie sur le sujet de l’hospitalisation en psychiatrie. Partant des principes narratifs utilisés dans les films tels que "Jumanji", "The Cube" ou "Le prisonnier", le travail s’est effectué au départ des impressions, sentiments et souvenirs de patients du Code ayant raconté un séjour en hôpital psychiatrique. Ensuite, il a consisté à imaginer un univers ludique. Paul Cambier, un homme comme les autres, est soudain éjecté de son univers quotidien et "atterrit" brutalement dans le Maboul Palace dont il va progressivement découvrir les règles.


Alternatives #2

+ Des grilles dans la tête

Guy Lejeune, 1980, BE, video, vo fr , 50'

Filmé près de vingt ans avant "La Devinière" de Benoît Dervaux (1999), "Des grilles dans la tête" nous montre, du moins pour certains d’entre eux, les mêmes résidents, mais enfants ou adolescents. Guy Lejeune a tenté d’être au plus près de cette expérience nouvelle en Belgique. Il s’est adapté à l’univers de ces êtres fragilisés, les invitant à nous parler, les filmant comme ils sont, avec énormément de pudeur et de tendresse. Ils créent des cabanes, inventent des jeux, dessinent, tissent entre eux de nouveaux liens... Il n’y a pas de soins, non plus de médicaments. Pas d’ateliers ni d’activités organisées. Souvent, la famille a rompu les liens. Cet endroit autre permet à ces enfants de ne pas subir les mauvais traitements de l’hôpital. Selon Michel Hock, ce n’est probablement pas ce qu’il y a de mieux, mais c’est mieux que l’asile qui les a détruits. Le film a reçu en son temps la "Clé d’or" du film psychiatrique au Festival international de Lorquin.

+ Rencontre
Notre invité, Michel Hock, psychologue de formation, créa la Devinière en 1976, un lieu de d’accueil et de thérapie, ouvrant ses portes à des enfants dits incurables, refusés par tous. Pour lui, la psychiatrie est aujourd’hui influencée par les firmes pharmaceutiques, elle est devenue un enfermement chimique.

25.11 > 20:00
Des grilles dans la tête

Filmé près de vingt ans avant "La Devinière" de Benoît Dervaux (1999), "Des grilles dans la tête" nous montre, du moins pour certains d’entre eux, les mêmes résidents, mais enfants ou adolescents. Guy Lejeune a tenté d’être au plus près de cette expérience nouvelle en Belgique. Il s’est adapté à l’univers de ces êtres fragilisés, les invitant à nous parler, les filmant comme ils sont, avec énormément de pudeur et de tendresse. Ils créent des cabanes, inventent des jeux, dessinent, tissent entre eux de nouveaux liens... Il n’y a pas de soins, non plus de médicaments. Pas d’ateliers ni d’activités organisées. Souvent, la famille a rompu les liens. Cet endroit autre permet à ces enfants de ne pas subir les mauvais traitements de l’hôpital. Selon Michel Hock, ce n’est probablement pas ce qu’il y a de mieux, mais c’est mieux que l’asile qui les a détruits. Le film a reçu en son temps la "Clé d’or" du film psychiatrique au Festival international de Lorquin.


Das Weisse Rauschen Le bruit blanc

"Pour les médecins, j’étais schizophrène, mais pour la plupart du monde, j’étais seulement un idiot. En fait, je n’accordais pas d’importance à la façon dont les gens m’appelaient. Je cherchais simplement une vie qui me conviendrait". Lukas (Daniel Brühl, monsieur "Goodbye Lenin") cherche une vie qui pourrait lui convenir. En route vers Cologne pour rejoindre sa soeur, serveuse dans un bar, il fuit sa morne existence en province. Suite à la prise de substances hallucinogènes, les choses semblent changer radicalement et son cauchemar commence. Il entend des voix et devient obsédé par l’idée que ses proches, puis le monde entier, se sont ligués contre lui. La particularité de "White Sound" est de jouer sur la correspondance entre la perception de Lukas et les effets visuels et sonores. Au lieu d’en rester au huis clos familial, le film, conçu dans une logique de "road movie", le suit dans sa recherche du "son vierge". Premier long métrage, ce film rend compte de la difficulté de communiquer et traite avec sensibilité de la schizophrénie et tire parti de ses faiblesses pour rendre avec justesse la fragilité de cet état.

27.11 > 18:00 + 05.12 > 22:00
Geel

A la fin des années 70, Vincent Blanchet et André Van In ont planté leur caméra durant seize mois à Geel, à 45 kilomètres d’Anvers, une bourgade où des malades mentaux partagent la vie quotidienne des familles, sans contraintes ni préjugés. Là, depuis le XIIIè siècle, s’est poursuivie une tradition d’accueil des aliénés, à l’origine religieuse (sainte Dymphne ou Dympna, patronne du village, est la protectrice des aliénés), une forme de placement thérapeutique, l’"open door" (dans le jargon des spécialistes). En 1978, le village vit encore au rythme de ces pensionnaires, qui sont souvent devenus au fil des ans les enfants, les amis, les ouvriers agricoles, voire les nounous de leurs hôtes. Ils participent aux travaux de la ferme et semblent faire partie du paysage. Les habitants de Geel ne s’étonnent plus de leurs comportements parfois étranges. "Geel" tord le cou à tous ceux qui ne croient pas possible le placement en famille. Il s’agit d’une véritable alternative à l’asile, qui fait écho à la politique de réinsertion sociale des malades mentaux initiée en Italie par Franco Basaglia, ou, chez nous, à l’expérience des maisons communautaires des Peuls.

27.11 > 20:00
La forteresse vide : Marcia

Daniel Karlin, 1974-1975, FR, video, vo st fr, 60'

Cette émission télévisée fait partie d’un ensemble de 4 documentaires dressant un portrait de Bruno Bettelheim (1903-1990), psychanalyste américain, d’origine autrichienne. La série a été diffusée sous le titre "Un autre regard sur la folie". Avec Marcia, nous découvrons la réalité d’une petite fille autiste enfermée dans son mutisme et le processus thérapeutique de l’équipe de Bettelheim à l’Ecole orthogénique de Chicago pour entrer en communication avec elle. Et de façon plus spécifique, le rapport affectif privilégié que Marcia entretiendra avec son éducatrice. L’Ecole orthogénique est née en 1947 et offre aux enfants autistes un "milieu thérapeutique total", dont le cadre de vie et la solidarité qui unit soignants et patients constituent l’esprit et le "ciment". Le traitement repose sur un principe essentiel : procurer à l’enfant un environnement à tout instant favorable. La vie quotidienne de l’institution n’est soumise à aucune règle disciplinaire, le personnel devant respecter tout ce que fait l’enfant. Les seules interventions visent à protéger l’enfant, à le rassurer, et les seules interdictions posées sont celles dont on pense qu’elles auront un effet thérapeutique.

+ Seuls

Olivier Smolders & Thierry Knauff, 1989, BE, 35mn, sans dial, , 12'

L’impermanence des choses, ici niée par le balancement compulsif des enfants autistes de la Petite Maison de Chastre, comme ultime pied de nez à la mort.

05.12 > 18:00

Cette émission télévisée fait partie d’un ensemble de 4 documentaires dressant un portrait de Bruno Bettelheim (1903-1990), psychanalyste américain, d’origine autrichienne. La série a été diffusée sous le titre "Un autre regard sur la folie". Avec Marcia, nous découvrons la réalité d’une petite fille autiste enfermée dans son mutisme et le processus thérapeutique de l’équipe de Bettelheim à l’Ecole orthogénique de Chicago pour entrer en communication avec elle. Et de façon plus spécifique, le rapport affectif privilégié que Marcia entretiendra avec son éducatrice. L’Ecole orthogénique est née en 1947 et offre aux enfants autistes un "milieu thérapeutique total", dont le cadre de vie et la solidarité qui unit soignants et patients constituent l’esprit et le "ciment". Le traitement repose sur un principe essentiel : procurer à l’enfant un environnement à tout instant favorable. La vie quotidienne de l’institution n’est soumise à aucune règle disciplinaire, le personnel devant respecter tout ce que fait l’enfant. Les seules interventions visent à protéger l’enfant, à le rassurer, et les seules interdictions posées sont celles dont on pense qu’elles auront un effet thérapeutique.


Seuls

L’impermanence des choses, ici niée par le balancement compulsif des enfants autistes de la Petite Maison de Chastre, comme ultime pied de nez à la mort.


Radio La Colifata

Colifata, en espagnol, signifie foldingue. Depuis une dizaine d’années résonne dans les rues de Buenos Aires et de toute l’Amérique latine, les voix des colifatitos, les résidents et résidentes de la clinique psychiatrique de la Borda. La radio des fous permet d’entendre tous ceux qu’on n’écoute plus. Animée par un psychothérapeute, les fous s’y expriment, parlent de leur vie, chantent, débatent, lisent leurs poèmes ou nous entretiennent de leur passion. L’auditeur est ainsi à nouveau confronté à cette folie que l’on veut nous cacher, rappellé dans sa différence et son étrangeté, et le fou relie avec le lien social qui fait défaut.

+ Vigade ? [Comment ça va ?]

François Pirotte, 2001, BE, video, vo fr , 50'

Un groupe de neuf adolescents psychotiques partent pour la première fois en vacances avec l’idée de faire un film. Ils racontent leur séjour en camp de vacances au Luxembourg. "Ca" parle autrement, chacun trouve son rythme, ses vacances. Quatre d’entre eux réalisent chacun un court-métrage qui sera repris dans ce documentaire. La vidéo est mise au service d’un traitement de l’image de soi, du miroir, de l’imaginaire, du symbolique et du réel. Sur une idée d’Alessandro Damazzio, un des enfant et Frédéric Bourlez, animateur de l’asbl "La Porte Ouverte", qui viendra présenter son film.

05.12 > 20:00
Vigade ? Comment ça va ?

Un groupe de neuf adolescents psychotiques partent pour la première fois en vacances avec l’idée de faire un film. Ils racontent leur séjour en camp de vacances au Luxembourg. "Ca" parle autrement, chacun trouve son rythme, ses vacances. Quatre d’entre eux réalisent chacun un court-métrage qui sera repris dans ce documentaire. La vidéo est mise au service d’un traitement de l’image de soi, du miroir, de l’imaginaire, du symbolique et du réel. Sur une idée d’Alessandro Damazzio, un des enfant et Frédéric Bourlez, animateur de l’asbl "La Porte Ouverte", qui viendra présenter son film.


Alternatieven voor de psychiatrie

De geïnstitutionaliseerde psychiatrie liet velen ontevreden achter. In 1972 ontstond in België een internationaal netwerk "Alternatief voor de Psychiatrie", verbonden met Guattari en La Borde. Dit netwerk brengt individuen en groepen samen die willen breken met de bureaucratische, gecentraliseerde organisatie van geestelijke gezondheidszorg. In die periode ontstonden in België verschillende verenigingen en diensten voor geestelijke gezondheidszorg, waaronder La Gerbe, dat nog steeds actief is. Gemeenschappelijk doel was psychisch wankele mensen opnieuw sociale banden te laten aangaan met en in de maatschappij. Uit die tijd dateert ook de therapeutische gemeenschap "La Devinière" en de vzw "l’Autre lieu" die er niet voor terug schrokken zichzelf voortdurend in vraag te stellen. In het buitenland, meer bepaald in Québec, ontwikkelden zich gedurende jaren zelfhulpgroepen voor gebruikers van psychiatrie die een alternatief zochten via een eigen beheer van medicatie en via rehabilitatie in de samenleving. Vandaag heeft de geïnstitutionaliseerde psychiatrie de term "alternatief" gerecupereerd en gereduceerd tot een simpel label, ontdaan van de kritische en vernieuwende aspecten.


Ce gamin-là

"Als je je te lang met hen inlaat, dan kan je ervan op aan een schop onder je achterste te krijgen" (F.D). Fernand Deligny dat is een lijn, lijnen, die opmerkelijke "lignes d’erres" (transcripties van de verplaatsingen en de handelingen van spraakgestoorde kinderen) die Gilles Deleuze en Felix Guattari deden dromen. Het is ook in 1945, zijn boek "Lastige zaadkorrels. Raadgevingen aan opvoeders die er iets mee zouden willen doen" ("Graine de crapule. Conseils aux éducateurs qui voudraient la cultiver").

In 1969 installeert hij zich definitief in een klein huisje in de Franse Cevennen en creëert daar een netwerk van "nabije aanwezigheden" ("présences proches"). Er was eens een WIJ en het is net daar dat die film-blocnote-aantekeningen ons brengt. Daar, VER. Ver van die "plaatsen voorzien voor", "expressplaatsen", "plaatsen helemaal gemaakt om". VER van de onderdrukkende "wet van de taal". Middenin de Cevennen, middenin een "poging" : lijnen trekken "teneinde te zien wat ons niet aangaat" ; "teneinde dat te zien wat onzetalige blinde vlek zo moeilijk kan zien". Deze film-neemt-zijn-tijd, volgt het ritme van de "pogingen" en vermengt : een oude koffiekan, vier platte stenen, het voedsel op het vuur, het water, het vuur, de beschutting, het territorium, de trajecten.... Gemoedsrust. "Niemand probeert te achterhalen wat hen mankeert, wij zijn op zoek naar wat ons ontbeert om te bestaan in hun ogen". Een film-hommage ook, aan ce gamin-là, Janmari.

12.11 > 22:00 + 04.12 > 22:00
Léolo

Hij heet Léolo. Léolo Lozone. Hij leeft omringd door een licht gestoorde familie. Zijn moeder bezat de kracht van een boot drijvende op een zieke oceaan. Zijn vader was ervan overtuigd dat gezondheid samenhing met de stoelgang. Dan waren er nog zijn zussen, Rita en Nanette, en zijn broer, Fernand, waarvan hij hield omwille van zijn tedere onwetendheid. En zijn grootvader, toch de kwaadste niet, had tot twee keer toe geprobeerd hem te vermoorden. Het leek alsof de erfenis van de grootvader deze op hol geslagen familie had aangestoken en dat een kleine, overbodige cel in ieders hersenen was gedrongen. Om niet gek te worden, leest en schrijft Léolo en hij vlucht in de liedjes van zijn mooie Siciliaanse buurvrouw.

Deze film confronteert ons met erfelijkheid. Kunnen we er werkelijk aan ontsnappen ? Welke individuele verzetsmogelijkheden kan een kind inbrengen tegen het universum van een sociaal en psychisch zieke familie ?

20.11 > 22:00
Alternatieven #1

+ La forteresse sentimentale

Thierry Le Merre, 1997, FR, video, vo fr , 52'

Vijvenveertig jaar duurde de psychiatrische ballingschap van Louis Marie, van de ene instelling naar de andere, gecofronteerd met lobotomie, verkrachtingen, de isoleercel, honger, de dwangbuis, de door medicatie veroorzaakte afstomping. Tenslotte zal hij zijn vrijheid herwinnen, door langzaam in gefilmde interviews die hij met de hulp van artsen maakt, de geschiedenis van deze helse ketening te construeren. Stap voor stap volgt Thierry de Merre Louis, die de plaatsen van zijn psychiatrische dooltocht opnieuw bezoekt - en wiens woorden de onmenselijkheid van een gestichtspsychiatrie schetsen. Thierry le Merre draagt er zorg voor Louis’ verhaal met geneeskundige rapporten en archieffoto’s te confronteren en zet deze documentaire kracht bij met uittreksels uit Louis’ gefilmde interviews, evenzoveel fragmenten van een verdwaald leven in de psychiatrie.

+ Maboul Palace

Video-atelier van «Code de l'Equipe», 2003, BE, video, vo fr , 20'

De wens van de deelnemers om een komedie te maken over hospitalisatie in de psychiatrie ligt aan de basis van dit project. Gebruik makend van de vertelstructuur knoopt dez film aan bij de indrukken zoals gebruikt zijn in films als "Jumanji", "The Cube" of "The Prisoner", van indrukken, gevoelens en herinneringen van patiënten van de Code die hun verblijf in een instelling vertellen. Vervolgens werd een speels universum ingebeeld : Paul Cambier, een mens zoals zoveel anderen, wordt plots uit zijn bekende omgeving gekatapulteerd en belandt in Maboul Palace waar hij geleidelijk aan kennis maakt met de regels.

+ Ontmoeting :
Luc Vigneault is ex-patiënt en mentaal gezondheidsconsultant. Hij spreekt over het bijstandsnetwerk van gebruikers en professionelen in Quebec, en over zelfbeheer van medicatie.

http://www.cam.org/~agidd/presentation.html

21.11 > 18:00
La forteresse sentimentale

Vijvenveertig jaar duurde de psychiatrische ballingschap van Louis Marie, van de ene instelling naar de andere, gecofronteerd met lobotomie, verkrachtingen, de isoleercel, honger, de dwangbuis, de door medicatie veroorzaakte afstomping. Tenslotte zal hij zijn vrijheid herwinnen, door langzaam in gefilmde interviews die hij met de hulp van artsen maakt, de geschiedenis van deze helse ketening te construeren. Stap voor stap volgt Thierry de Merre Louis, die de plaatsen van zijn psychiatrische dooltocht opnieuw bezoekt - en wiens woorden de onmenselijkheid van een gestichtspsychiatrie schetsen. Thierry le Merre draagt er zorg voor Louis’ verhaal met geneeskundige rapporten en archieffoto’s te confronteren en zet deze documentaire kracht bij met uittreksels uit Louis’ gefilmde interviews, evenzoveel fragmenten van een verdwaald leven in de psychiatrie.


Maboul Palace

De wens van de deelnemers om een komedie te maken over hospitalisatie in de psychiatrie ligt aan de basis van dit project. Gebruik makend van de vertelstructuur knoopt dez film aan bij de indrukken zoals gebruikt zijn in films als "Jumanji", "The Cube" of "The Prisoner", van indrukken, gevoelens en herinneringen van patiënten van de Code die hun verblijf in een instelling vertellen. Vervolgens werd een speels universum ingebeeld : Paul Cambier, een mens zoals zoveel anderen, wordt plots uit zijn bekende omgeving gekatapulteerd en belandt in Maboul Palace waar hij geleidelijk aan kennis maakt met de regels.


Alternatieven #2

+ Des grilles dans la tête

Guy Lejeune, 1980, BE, video, vo fr , 50'

"Des grilles dans la tête" werd 20 jaar voor Benoit Dervaux’ "La Devinière" (1999) gedraaid en toont dezelfde bewoners, maar dan als kind of adolescent. Guy Lejeune trachtte zo dicht mogelijk bij dit in België nieuwe experiment te blijven. Hij gaat geheel op in het universum van deze kwetsbare wezens die zogezegd verloren zijn voor de psychiatrische instelling. Lejeune nodigt de protagonisten uit tot spreken en filmt hen "natuurlijk", met veel tederheid en omzichtigheid. De bewoners maken hutten, vinden spelletjes uit, tekenen, smeden onderlinge banden... Er is verzorging noch medicatie. Er worden geen workshops of activiteiten georganiseerd. Dikwijls heeft de familie de banden verbroken. In deze omgeving ontsnappen de bewoners aan de slechte behandeling van een instelling. Toch is het niet de beste optie, aldus Michel Hock, maar het is wel beter dan het asiel dat hen om zeep hielp. De film kreeg indertijd de Gouden Sleutel op het Internationaal Filmfestival van de Psychiatrie van Lorquin.

+ Ontmoeting :
Onze genodigde, Michel Hock, psycholoog van opleiding, opende La Devinière in 1974. Het werd een therapeutisch oord dat ongeneeslijk verklaarde en door iedereen afgewezen kinderen onthaalt. Psychiatrie noch pedagogie reikten hen de hand. Michel Hock accepteert hen, zonder enig vooroordeel. Volgens de oprichter van La Devinière staat de psychiatrie vandaag onder invloed van de farmaceutische industrie. Het is een "chemische" opsluiting geworden. La Devinière tracht het leed te beperken en is een eerbetoon aan menselijkheid.

25.11 > 20:00
Des grilles dans la tête

"Des grilles dans la tête" werd 20 jaar voor Benoit Dervaux’ "La Devinière" (1999) gedraaid en toont dezelfde bewoners, maar dan als kind of adolescent. Guy Lejeune trachtte zo dicht mogelijk bij dit in België nieuwe experiment te blijven. Hij gaat geheel op in het universum van deze kwetsbare wezens die zogezegd verloren zijn voor de psychiatrische instelling. Lejeune nodigt de protagonisten uit tot spreken en filmt hen "natuurlijk", met veel tederheid en omzichtigheid. De bewoners maken hutten, vinden spelletjes uit, tekenen, smeden onderlinge banden... Er is verzorging noch medicatie. Er worden geen workshops of activiteiten georganiseerd. Dikwijls heeft de familie de banden verbroken. In deze omgeving ontsnappen de bewoners aan de slechte behandeling van een instelling. Toch is het niet de beste optie, aldus Michel Hock, maar het is wel beter dan het asiel dat hen om zeep hielp. De film kreeg indertijd de Gouden Sleutel op het Internationaal Filmfestival van de Psychiatrie van Lorquin.


Das Weisse Rauschen The White Sound

"Voor de dokters was ik een schizofreen, maar voor het merendeel van de wereld was ik gewoon een idioot. Eigenlijk vond ik het niet belangrijk hoe de mensen me noemden. Ik zocht simpelweg naar een leven dat bij me paste." Lukas (Daniel Bruhl, meneer "Goodbye Lenin") zoekt een leven dat hem bevalt. Hij gaat op weg naar Keulen om zijn zus terug te zien die serveerster is in een bar. Zo ontvlucht hij zijn kleurloos bestaan in de provincie. Wanneer hij hallucinerende middelen heeft genomen, lijkt alles radicaal te veranderen, en zijn nachtmerrie begint. Hij hoort stemmen en raakt geobsedeerd door het idee dat zijn familie, en vervolgens de hele wereld, zich tegen hem keert. Het bijzondere van "White Sound" is de connectie tussen de perceptie van Lukas en de visuele- en geluidseffecten. In plaats van in gesloten familiekring te blijven, volgt de film, als een road-movie opgebouwd, Lukas op zoek naar "maagdelijk geluid".

Deze debuutfilm gaat over de moeilijkheid om te communiceren en behandelt het onderwerp schizofrenie op een gevoelige manier door de kwetsbaarheid van deze aandoening op een juiste manier te tonen.

27.11 > 18:00 + 05.12 > 22:00
Geel

Eind jaren 70 gaan Vincent Blanchet en André Van In gedurende een 16-tal maanden filmen in Geel, een gemeente op 45 km van Antwerpen, waar een aantal geesteszieken zonder verplichting in gezinnen geïntegreerd zijn en er onbevooroordeeld hun dagdagelijks leven delen. Sinds de 13e eeuw is het een traditie van religieuze oorsprong (Sint-Dympna is de patroonheilige van de krankzinnigen) om zwakzinnigen te onthalen. Dit onthaal neemt de vorm aan van een therapeutische ontmoetingsplaats, de "open door" zoals dat heet in het jargon. In 1978 leeft Geel nog steeds op het ritme van deze mensen, die in de loop der jaren een beetje zoals de kinderen van de bewoners geworden zijn, hun vrienden, boerderijhulp of oppas. Ze steken een handje toe op de boerderij en nemen hun plaats in binnen het landschap. De inwoners van Geel staan niet meer verbaasd van de soms bizarre streken die ze uithalen. Geel slaat groen uit van al wie niet gelooft in het opnemen van mentaal zieken in familieverband, als volwaardig alternatief op de psychiatrische instellingen. Het fenomeen vond trouwens ook elders weerklank : in Italië maakte Franco Basaglia werk van een beleid voor maatschappelijke herintegratie van krankzinnigen, en dichter bij ons passen ook de gemeenschapshuizen van Peuls in het rijtje.

27.11 > 20:00
La forteresse vide : Marcia

Deze televisie-uitzending is een deel uit een reeks van 4 documentaires die een portret schetsen van Bruno Bettelheim (1903-1990), Amerikaans psychoanalyticus van Oostenrijkse afkomst. De reeks werd uitgezonden onder de titel "Een andere blik op de waanzin" ("Un autre regard sur la folie"). Met Marcia ontdekken we de wereld van een klein autistisch meisje, opgesloten in haar stilzwijgen, en van het therapeutische proces van de ploeg rond Bettelheim, de "orthogenetische school van (de universiteit van) Chicago" - een poging om met haar in contact te treden. We komen meer te weten over de geprivilegieerde affectieve relatie die Marcia met haar pedagoge zal onderhouden. De orthogenetische school van Chicago zag in 1947 het licht. Ze biedt autistische kinderen een "totaal therapeutisch milieu", waarvan het levenskader en de solidariteit die verzorgers en patiënten verenigt, de geest en het "cement" uitmaken. De behandeling berust op een basisprincipe : het kind een op elk moment gunstige omgeving verschaffen. Het dagelijkse leven van het instituut is aan geen enkele disciplinaire maatregel onderworpen, waarbij het personeel alles wat het kind doet, moet respecteren. De zeldzame tussenkomsten hebben tot doel het kind te beschermen en gerust te stellen, en de enige verboden die worden ingesteld, zijn die waarvan men denkt dat ze een therapeutisch effect zullen hebben.

+ Seuls

Olivier Smolders & Thierry Knauff, 1989, BE, 35mn, sans dial, , 12'

De onbestendigheid der dingen, hier ontkend door de dwangbewegingen van autistische kinderen, als ultieme bekkentrekkerij naar de dood.

05.12 > 18:00
Seuls

De onbestendigheid der dingen, hier ontkend door de dwangbewegingen van autistische kinderen, als ultieme bekkentrekkerij naar de dood.


Radio La Colifata

Het Spaanse Colifata betekent kierewiet. Sinds een tiental jaren weerklinken in de straten van Buenos Aires en heel Latijns-Amerika de stemmen van de colifatitas en colifatitos, van de mannen en vrouwen die in de psychiatrische kliniek van la Borda, in het hartje van Argentinië, verblijven. De radio der gekken geeft een stem aan degenen naar wie men niet meer luistert. Geanimeerd door een psychotherapeut vertellen de krankzinnigen over hun leven, over wat hen bezighoudt, ze zingen, debatteren, lezen hun gedichten voor... De uizending is minstens even belangrijk voor de makers als voor het publiek. De luisteraar wordt geconfronteerd met verborgen waanzin en de gek hervindt sociale banden waar het hem zo vaak aan ontbreekt.

+ Vigade ? [Hoe gaat het ?]

François Pirotte, 2001, BE, video, vo fr , 50'

Een groep van 9 psychotische adolescenten vertellen over hun gezamenlijk vakantieverblijf in Luxemburg, voor de eerste keer ver weg van hun gewone leven. Ze zijn anders, praten anders, en elk vindt zijn of haar ritme, zijn of haar vakantie. Film, muziek en fotografie staan ten dienste van de therapie rond zelf- en spiegelbeeld, verbeelding, het symbolische en het reële. Naar een idee van Alessandro Damazzio en Frédéric Bourlez van de vzw "La Porte Ouverte", die zijn film zal komen voorstellen.

05.12 > 20:00
Vigade ? Hoe gaat het ?

Een groep van 9 psychotische adolescenten vertellen over hun gezamenlijk vakantieverblijf in Luxemburg, voor de eerste keer ver weg van hun gewone leven. Ze zijn anders, praten anders, en elk vindt zijn of haar ritme, zijn of haar vakantie. Film, muziek en fotografie staan ten dienste van de therapie rond zelf- en spiegelbeeld, verbeelding, het symbolische en het reële. Naar een idee van Alessandro Damazzio en Frédéric Bourlez van de vzw "La Porte Ouverte", die zijn film zal komen voorstellen.


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