> Art-therapy

Art et/ou thérapie

L’application de l’art à des fins thérapeutiques n’est pas un concept nouveau. La Grèce antique, tout comme la plupart des cultures traditionnelles, considérait que les arts avaient un effet cathartique et thérapeutique. Au début du XXe siècle, le psychiatre suisse Carl G. Jung avait déjà lui-même expérimenté les bienfaits de s’exprimer par le dessin. Il a ensuite intégré cette approche dans sa pratique. Hans Prinzhorn, médecin psychiatre à Heidelberg, collectionna des oeuvres de malades mentaux et publia à leur propos une étude fondatrice, dans les années 20. Toutefois, l’art-thérapie n’a fait son entrée officielle dans notre société contemporaine que vers les années 30. Elle s’est d’abord introduite en Angleterre et aux États-Unis grâce à Margaret Naumburg, enseignante et psychothérapeute reconnue comme l’une des pionnières dans le domaine. La plupart des structures psychiatriques ont aujourd’hui un atelier artistique en leurs murs et orientent leurs usagers vers une démarche créatrice, qu’elle soit plastique, littéraire, musicale ou autre. Selon le psychanalyste belge Jean Florence, les démarches thérapeutique et artisque ont des objectifs différents. Le thérapeute vise le mieux-être du participant, par la médiation d’un atelier artistique ; l’artiste vise à produire une oeuvre, à mettre en branle une recherche dont l’art est son propre objet. Dans la pratique psychiatrique actuelle, les deux démarches semblent se côtoyer. Par ailleurs, il est intéressant de faire un parallèle entre l’art-thérapie et l’art brut, un mouvement lancé en 1945 par le peintre français Jean Dubuffet, à cause de la similarité du processus créatif qui vise essentiellement l’expression spontanée et personnelle.


Edvard Munch, la danse de la vie

"La maladie, la folie et la mort sont les anges noirs qui ont veillé sur mon berceau à ma naissance", disait Edvard Munch (1863-1944). Très tôt marqué par la mort et la folie, ces thèmes sont récurrents dans l’art du peintre norvégien. Sa mère et une de ses soeurs meurent alors qu’il est encore enfant. Sa deuxième soeur sera atteinte de folie. Munch vit alors dans l’angoisse de ce lourd destin familial et prendra le pinceau pour exprimer son tourment. Son art est intimement lié à son histoire personnelle. Evitant les normes de représentation et de montage des films biographiques, Peter Watkins a ajouté des éléments très personnels et subjectifs à cette biographie des jeunes années de Munch, aux prises avec les conventions et le puritanisme de son époque. Par un montage audacieux, revisitant les techniques documentaires et narratives, Watkins pousse un "cri" personnel autant qu’il dresse le portrait de l’artiste et de son milieu. Considéré par beaucoup comme un des très rares films autobiographiques de qualité, "Edvard Munch" est sans doute la meilleure oeuvre jamais consacrée à l’acte créatif et à la peinture. Un chef-d’oeuvre, réalisé à l’époque pour la télévision suédoise et projeté en avant-première dans sa version cinéma.

Le film sera introduit par Patrick Watkins, le fils du réalisateur.

11.11 > 20:00
Art-thérapie #1

+ André Robillard, à coup de fusils !

Henri-François Imbert, 1993, FR, video, vo fr , 16'

Depuis 1964, André Robillard fabrique des fusils avec des matériaux de récupération. Le docteur Renard a envoyé un de ceux-ci à Jean Dubuffet, collectionneur d’art brut. À son tour, celui-ci fit exposer plusieurs de ces fusils au musée de l’Art Brut à Lausanne. Cette reconnaissance l’a bouleversé et stimulé à en créer des dizaines d’autres. Dans ce film tourné dans un style très "direct", l’artiste nous fait part de son enthousiasme d’être bientôt exposé à Cologne. Ce film témoigne de l’importance d’être connu, voire reconnu, en tout cas accepté comme artiste.

+ Ik ben een psychopaat [Je suis un psychopathe]

Steven Batselier & Gust Dierickx, 1970, BE, 16mm, vt fr , 40'

Le psychologue et criminologue flamand Steven De Batselier, lié à l’époque au projet thérapeutique non-conventionnel "Passage 144" à Louvain, a co-signé ce travail autour de l’univers torturé d’un psychopathe criminel. Le film est construit au moyen, d’une part de textes poético-autobiographiques du détenu, que l’on ne verra jamais, et d’autre part de ses hallucinants dessins, qui nous mettent en contact avec des pensées et sentiments d’un sinistre accompli.

+ Rencontre
Jean Florence, psychocritique, et Tanguy de Foy, animateur d’un atelier thérapeutique au Centre Chapelle-aux-Champs, débattront des diverses tendances thérapeutique ou artistique existantes dans les ateliers d’art-thérapie, ainsi que du rôle de l’animateur dans ces ateliers et de la nécessité de porter aux cimaises les oeuvres des principaux intéressés.

12.11 > 20:00
André Robillard, à coup de fusils !
Ik ben een psychopaat Je suis un psychopathe
Englar Alheimsins Les anges de l’univers

Paul est schizophrène et semble intégré dans sa famille, jusqu’au jour où, suite à une déception amoureuse, il pète un câble. Ses parents le conduisent à l’hôpital psychiatrique où il rencontre Oli Beatle qui pense être l’auteur des chansons des Beatles qu’il leur aurait envoyées par télépathie, Victor qui se prend pour Hitler et Pierre qui pense avoir écrit une thèse sur Schiller. Au bout d’un certain temps, Paul va mieux. Il retourne chez ses parents. Mais peu après, il rechute et, comme au Monopoly : retour case départ, ou plutôt en "prison". Devenus de plus en plus dociles, Paul et ses amis de l’hôpital ont l’autorisation de sortir. Ils décident de se rendre dans un restaurant de haut standing afin d’y faire un somptueux repas. Au moment de l’addition, l’un d’entre eux demande au garçon de téléphoner à la police pour les ramener à l’hôpital psychiatrique. La fin est beaucoup moins drôle (mais on ne vous la donne pas)... Cette fiction met le doigt sur l’absence de suivi post-psychiatrique.

13.11 > 22:00 + 19.11 > 22:00
Art-thérapie #2

+ Bouche sans fond ouverte sur les horizons

Thierry Zéno, 1971, BE, 16mm, vo fr , 26'

Le peintre et écrivain belge Serge Moinet a passé douze années d’internement dans un asile psychiatrique, et s’est réfugié pendant dix ans dans un mutisme complet. Devant la caméra de Thierry Zéno, dont c’est la première réalisation avant le sulfureux "Vase de noces", il parle, parle beaucoup, lit des papiers, explique ses tableaux et sa conception du monde qu’ils illustrent, une cosmogonie personnelle liée au fonctionnement du cerveau et de la cellule, à la réverbération de la pensée. A son discours, à peine audible, cohérent dans la logique "folle", fait écho, à l’arrière plan, le brouhaha d’une salle d’hôpital. Thierry Zéno a choisi de filmer le visage du peintre comme ses tableaux, en gros plan. Il se rapproche des yeux, de la bouche, de la barbe, du menton, comme il capte un fragment de tableau. Dans l’art brut, plus encore qu’ailleurs, la personnalité et la création sont liées.

En présence de Thierry Zéno.

+ Les dents du singe

René Laloux, 1961, FR, video, vo fr , 12'

En 1960, René Laloux organise un atelier à La Borde avec l’aide de Félix Guattari. Dix malades inventent les dialogues et le scénario de son premier film. Un dentiste vole les dents des pauvres pour les revendre aux riches. Heureusement, un singe à vélo passait par là...

+ Swimming in a Sick Head

Victoria Hung, 1999, GB, video, vo ang , 3'

Film d’animation mêlant diverses techniques (dessins, photos, modelage, film traditionnel) réalisé à l’occasion d’un atelier d’art-thérapie par des patients anorexiques ou boulémiques.

+ Rencontre et débat
Quand la psychiatrie s’intéresse à l’art, deux démarches semblent se côtoyer : d’une part, l’art-thérapie et d’autre part des ateliers artistiques animés par des créateurs qui se revendiquent comme non-thérapeutes. Pour interroger ces deux pratiques, nous avons invité à débattre le centre de jour "Den Teirling" de Bruxelles ainsi que l’artiste-thérapeute Jan Vandromme et l’analyste et philosophe des arts Joannes Késenne qui travaillent tous deux au "Centre Bruno Renson" de Genk.

18.11 > 20:00
Bouche sans fond ouverte sur les horizons
Les dents du singe
Swimming in a Sick Head
Compilation ateliers vidéo

+ La trilogie psychoactive

Xavier Ameller, 2000-2003, FR, video, vo fr , 18'

Cette trilogie fictionnelle de courts métrages basés sur l’expérience personnelle du réalisateur raconte l’histoire de Yann, qui confie ses visions "angéliques" à un psychiatre. Interné, il témoigne depuis sa chambre d’hôpital grâce à un caméscope de sa vie en psychiatrie. Après une fugue, sans médicaments, Yann se retrouve seul face à ses visions...

+ Mentale Machine

Daniel Simonnet, 2002, FR, video, vo , 50'

Basé sur un texte qui tente de traduire le délire de persécution d’un psychotique qui s’adresse le plus souvent à son psychiatre, le film tente par le biais d’ images de type expérimentales de figurer hallucinations, souvenirs, rêves.

+ Mary-Ann

Isabel Prémand, 2002, CH, video, vo fr , 20'

Pendant une année, Isabel Prémand anime un atelier vidéo dont le projet est la réalisation de ce film-(auto)portrait avec Mary-Ann et Nicole du Foyer pour femmes souffrant de troubles psychiques.

20.11 > 20:00
La trilogie psychoactive

Cette trilogie fictionnelle de courts métrages basés sur l’expérience personnelle du réalisateur raconte l’histoire de Yann, qui confie ses visions "angéliques" à un psychiatre. Interné, il témoigne depuis sa chambre d’hôpital grâce à un caméscope de sa vie en psychiatrie. Après une fugue, sans médicaments, Yann se retrouve seul face à ses visions...


Mentale Machine

Basé sur un texte qui tente de traduire le délire de persécution d’un psychotique qui s’adresse le plus souvent à son psychiatre, le film tente par le biais d’ images de type expérimentales de figurer hallucinations, souvenirs, rêves.


Mary-Ann

Pendant une année, Isabel Prémand anime un atelier vidéo dont le projet est la réalisation de ce film-(auto)portrait avec Mary-Ann et Nicole du Foyer pour femmes souffrant de troubles psychiques.


An Angel at my Table

Ce film est l’adaptation de 3 autobiographies rédigées en 1983, 1984, 1985 par l’écrivaine néo-zélandaise, Janet Frame (1924-2004). Présenté à Venise, il reçoit le prix spécial du Jury en 1990. L’histoire évoque la vie tragique de la romancière, issue du milieu ouvrier et intéressée très jeune par l’écriture. Solitaire et incomprise, sa différence recevra le nom de "schizophrénie" et sera internée pendant 8 ans dans un asile psychiatrique. Elle devra sa libération à la notoriété que lui apportèrent ses récits. Jamais prix littéraire n’aura sauvé une vie au sens premier du terme. A travers ce vécu, on traverse le quotidien des institutions psychiatriques tel qu’il existait dans les années 40-50, découvrant l’inhumanité de certains traitements et les nombreuses erreurs commises par le personnel médical. Les derniers passages du film laissent entrevoir la révolution du secteur asilaire survenu dans les années 70 laissant plus de place à la parole et à l’écoute du patient.

21.11 > 21:00
La moindre des choses

A La Borde, la clinique fondée par Jean Oury et Felix Guattari au début des années soixante, premier lieu de la psychothérapie dite "institutionelle", Nicolas Philibert filme la préparation et la représentation d’une pièce de Witold Gombrowicz par les résident(e)s et les intervenant(e)s. En s’attardant sur des presque-riens lors des répétitions, l’approche permet de percevoir comment des personnes souffrant de névroses ou de psychoses investissent le quotidien, créant des ponts entre eux-mêmes et le monde extérieur et où la moindre des choses peut être signifiante et délivrer un potentiel bienfaisant ; un geste, une attention, une atmosphère... La moindre des choses étant aussi, de la part des thérapeutes, d’être le moins nocifs possibles : être là, dans l’écoute et la connivence, ni juge, ni admiratif.

26.11 > 20:00 + 04.12 > 18:00
Compil XPRMTL

+ Camouflage

Jonathan Hodgson, 2001, GB, video, vo ang , 8'

Un judicieux mélange de séquences filmées et animées qui illustre le témoignage poignant d’un enfant de schizophrène.

+ In Absentia

Stephen & Timothy Quay, 2000, GB, 35mm, sans dial, , 20'

Une femme, seule, dans une pièce, écrit de manière répétitive une lettre avec des morceaux de mine de plomb. Dehors, la lumière toujours changeante enregistre ses moindres gestes. Création graphique qui évoque avec une précision surprenante l’internement d’une patiente dans un hôpital psychiatrique, "In Absentia" fait partie d’une série de quatre films commandités par la BBC. La partition originale de Karlheinz Stockhausen, qui aurait déclaré, en voyant le film, qu’il était comme un de ses rêves, emporte le récit et libère le grain de la folie.

+ Love Is a Treasure

Eija-Liisa Ahtila, 2002, FI, 35mm, vo st ang, 57'

Eija-Liisa Ahtila dépeint ici l’imaginaire de cinq femmes sous l’emprise de leurs obsessions. Le film recourt à des situations extrêmes ainsi qu’à des orchestrations de logiques parallèles, le tout teinté de fantaisie grâce aux animations digitales. Jouant sur nos différents états de conscience face à la réalité, "Love is a Treasure" est aussi une intervention sur le traitement psychiatrique en Finlande, et comment l’histoire sociale y pèse sur l’individu.

+ Revolution Nr 9

Philippe Auliac, 2004, FR, video, vo fr , 9'

Ces images d’archives privées très rares nous présentent une succession de portraits et scènes du quotidien de pensionnaires de l’hôpital Sainte-Anne à Paris, au début des années cinquante. A cette époque asile d’aliénés, l’institut participe à la fabrication et au dosage des premiers neuroleptiques. Au travers d’un collage visuel sur une bande-son expérimentale de John Lennon et Paul Mac Cartney, le réalisateur compare discrètement l’arrivée de ces traitements à la consommation de LSD par les tenants de la beat génération.

04.12 > 20:00
Camouflage

Un judicieux mélange de séquences filmées et animées qui illustre le témoignage poignant d’un enfant de schizophrène.


In Absentia

Une femme, seule, dans une pièce, écrit de manière répétitive une lettre avec des morceaux de mine de plomb. Dehors, la lumière toujours changeante enregistre ses moindres gestes. Création graphique qui évoque avec une précision surprenante l’internement d’une patiente dans un hôpital psychiatrique, "In Absentia" fait partie d’une série de quatre films commandités par la BBC. La partition originale de Karlheinz Stockhausen, qui aurait déclaré, en voyant le film, qu’il était comme un de ses rêves, emporte le récit et libère le grain de la folie.


Love Is a Treasure

Eija-Liisa Ahtila dépeint ici l’imaginaire de cinq femmes sous l’emprise de leurs obsessions. Le film recourt à des situations extrêmes ainsi qu’à des orchestrations de logiques parallèles, le tout teinté de fantaisie grâce aux animations digitales. Jouant sur nos différents états de conscience face à la réalité, "Love is a Treasure" est aussi une intervention sur le traitement psychiatrique en Finlande, et comment l’histoire sociale y pèse sur l’individu.


Revolution Nr 9

Ces images d’archives privées très rares nous présentent une succession de portraits et scènes du quotidien de pensionnaires de l’hôpital Sainte-Anne à Paris, au début des années cinquante. A cette époque asile d’aliénés, l’institut participe à la fabrication et au dosage des premiers neuroleptiques. Au travers d’un collage visuel sur une bande-son expérimentale de John Lennon et Paul Mac Cartney, le réalisateur compare discrètement l’arrivée de ces traitements à la consommation de LSD par les tenants de la beat génération.


Radio La Colifata

Colifata, en espagnol, signifie foldingue. Depuis une dizaine d’années résonne dans les rues de Buenos Aires et de toute l’Amérique latine, les voix des colifatitos, les résidents et résidentes de la clinique psychiatrique de la Borda. La radio des fous permet d’entendre tous ceux qu’on n’écoute plus. Animée par un psychothérapeute, les fous s’y expriment, parlent de leur vie, chantent, débatent, lisent leurs poèmes ou nous entretiennent de leur passion. L’auditeur est ainsi à nouveau confronté à cette folie que l’on veut nous cacher, rappellé dans sa différence et son étrangeté, et le fou relie avec le lien social qui fait défaut.

+ Vigade ? [Comment ça va ?]

François Pirotte, 2001, BE, video, vo fr , 50'

Un groupe de neuf adolescents psychotiques partent pour la première fois en vacances avec l’idée de faire un film. Ils racontent leur séjour en camp de vacances au Luxembourg. "Ca" parle autrement, chacun trouve son rythme, ses vacances. Quatre d’entre eux réalisent chacun un court-métrage qui sera repris dans ce documentaire. La vidéo est mise au service d’un traitement de l’image de soi, du miroir, de l’imaginaire, du symbolique et du réel. Sur une idée d’Alessandro Damazzio, un des enfant et Frédéric Bourlez, animateur de l’asbl "La Porte Ouverte", qui viendra présenter son film.

05.12 > 20:00
Vigade ? Comment ça va ?

Un groupe de neuf adolescents psychotiques partent pour la première fois en vacances avec l’idée de faire un film. Ils racontent leur séjour en camp de vacances au Luxembourg. "Ca" parle autrement, chacun trouve son rythme, ses vacances. Quatre d’entre eux réalisent chacun un court-métrage qui sera repris dans ce documentaire. La vidéo est mise au service d’un traitement de l’image de soi, du miroir, de l’imaginaire, du symbolique et du réel. Sur une idée d’Alessandro Damazzio, un des enfant et Frédéric Bourlez, animateur de l’asbl "La Porte Ouverte", qui viendra présenter son film.


Kunst en / of therapie

De kunstbeleving als therapie is geen nieuw concept. Reeds in de Griekse Oudheid, evenals in vele traditionele culturen, meende men dat kunst een catharsisch en therapeutisch effect heeft. Begin XXste eeuw ondervond ook Carl G. Jung, een Zwitsers psychiater, de weldoening die het tekenen verschaft, een bevinding die hij nadien integreerde in zijn praktijk. Hans Prinzhorn, psychiatrisch dokter in Heidelberg, publiceerde in de jaren 20 een studie over zijn verzamelde kunstwerken van mentaal gestoorden. Desondanks vond de kunst-therapie haar intrede in onze moderne samenleving pas in de jaren 30. Ze heeft zich eerst in Engeland en Amerika ontwikkeld dankzij Margaret Naumburg, onderwijzeres en psychotyerapeute die bekend staat als één van de grondleggers binnen dit domein. De meeste psychiatrische netwerken hebben vandaag een eigen atelier binnen hun muren en sporen hun patiënten aan tot creatieve aktiviteiten, gaande van plastische en theatrale kunsten tot literaire expressie. Volgens de Belgische psycho-analist, Jean Florence, hebben de kunstzinnige en therapeutische benaderingen verschillende doelstellingen : de therapeut mikt op het betere welzijn van zijn patiënt door middel van het artistiek atelier ; de patiënt beoogt een kunstwerk te vervaardigen, een onderzoekproces waar het kunstwerk zelf tot onderwerp dient. In de huidige psychiatrische praktijk lijken deze twee benaderingswijzen te versmelten. Bovendien is het interessant om een parallel te trekken tussen de kunst-therapie en "l’art brut", een kunstbeweging die sinds 1945 door de Franse schilder Jean Dubuffet in gang gezet is, juist omwille van het gelijkaardige realisatieproces dat zich afspeelt, een proces dat in essentie een heel spontane en persoonlijke zelf-expressie is.


Edvard Munch, de dans van het leven

“Ziekte, waanzin en dood zijn zwarte engelen die waakten bij mijn geboortewieg." zei Edvard Munch (1863 -1944). Dood en waanzin, die Munch jong tekenden, zijn voortdurend aanwezig in het oeuvre van deze Noorse schilder. Zijn moeder en één van zijn zussen stierven toen hij nog een kind was. Zijn tweede zus werd gek. Munch leefde in permanente angst voor dit zware familiala noodlot en greep het penseel om die angst uit te drukken. Zijn kunst is op een intieme manier verbonden met zijn persoonlijke geschiedenis.

Peter Watkins vermijdt de typische schema’s voor montage en realisatie van autobiografische films. Hij voegt persoonlijke en subjectieve elementen toe aan deze biografie van de jonge Munch die wordt geschetst in de context van het puritanisme en de conventies eigen aan zijn tijd. Door middel van een gedurfde montage, herziet Watkins de verteltechnieken van de documentaire. Hij voegt een persoonlijke schreeuw’ toe en schetst tegelijkertijd het portret van een kunstenaar en zijn milieu.

Door velen beschouwd als een zeldzame, autobiografische kwaliteitsfilm, is Edvard Munch’ zonder twijfel het beste filmwerk ooit dat gewijd werd aan creatieprocessen. Een meesterwerk, indertijd gerealiseerd voor de Zweedse televisie, en nu in avant-première in bioscoopversie.

Zal voorgesteld worden door Patrick Watkins, zoon van de filmmaker.

11.11 > 20:00
Art-therapie #1

+ André Robillard, À coup de fusils !

Henri-François Imbert, 1993, FR, video, vo fr , 16'

André Robillard knutselt sinds 1964 geweren uit recuperatiematerialen. Dokter Renard stuurde er een voorbeeld van naar Jean Dubuffet, verzamelaar van Art Brut. Hij stelde enkele van deze geweren tentoon in het museum voor Art Brut in Lausanne, een gebaar van erkenning dat Robillard enorm stimuleerde. In deze film, gedraaid in een erg directe stijl, maakt de kunstenaar ons deelgenoot van zijn enthousiasme over zijn komende tentoonstelling in Keulen. Een getuigenis over het belang van bekend te zijn, erkend ook, en geapprecieerd te zijn als artiest.

+ Ik ben een psychopaat

Steven Batselier & Gust Dierickx, 1970, BE, 16mm, vo , 40'

De psycholoog en criminoloog Steven De Batselier was vroeger betrokken bij een onconventioneel therapeutisch project "Passage 144" in Leuven. Hij is coauteur van deze film over het verwrongen universum van een criminele psychopaat. De film is opgebouwd rond enerzijds poëtische autobiografische teksten van de gedetineerde (die nooit in beeld komt) en anderzijds zijn hallucinante tekeningen, die ons in contact brengen met gedachten en gevoelens over een begaan onheil.

+ Ontmoeting
Jean Florence, psychocriticus en Tanguy de Foy, begeleider van een therapieworkshop debatteren over de diverse bestaande therapeutische of artistieke tendensen in de kunsttherapie, over de rol van de begeleider en de noodzaak van het tonen van de kunstwerken.

12.11 > 20:00
André Robillard, À coup de fusils !
Ik ben een psychopaat
Englar Alheimsins Angels of the Universe

Paul is schizofreen maar lijkt goed geïntegreerd in zijn familie, tot op de dag dat een amoureuze teleurstelling hem tilt doet slaan. In de psychiatrische instelling ontmoet hij Oli Beatle die beweert auteur te zijn van de liedjes van The Beatles, Victor die zich voor Hitler neemt en Pierre die denkt dat hij een thesis heeft geschreven over Schiller. Na enige tijd mag Paul terug naar huis. Maar weinig later hervalt hij, en is hij terug naar af.Deze fictie legt de vinger op de zere plek van de afwezigheid van een post-psychiatrische nabehandeling. Een bijzondere film.

13.11 > 22:00 + 19.11 > 22:00
Art-therapy #2

+ Bouche sans fond ouverte sur les horizons

Thierry Zeno, 1971, BE, 16mm, vo fr , 26'

De Belgische schilder en schrijver Serge Moinet bracht twaalf jaar internering door in een psychiatrisch instituut. Gedurende tien jaar hulde hij zich in absoluut stilzwijgen. Voor de camera van Thierry Zeno (die hiermee zijn eerste film maakte voor het ontvlambare "Vase de noces") is hij een spraakwaterval, hij leest, hij licht zijn schilderijen toe en zijn visie op de wereld die hij illustreert, een persoonlijke kosmos die verband houdt met de werking van zijn hersenen, met de nagalm van zijn gedachten. Zijn nauwelijks hoorbare discours, met het geroezemoes van het ziekenhuis op de achtergrond, is coherent in al z’n waanzin. Thierry Zeno koos om Moinet in beeld te brengen zoals zijn schilderijen. Hij zoomt in op het gezicht en al z’n onderdelen : ogen, mond, baard, kin als waren het fragmenten van een schilderij. In de Art Brut, meer nog dan elders, zijn persoonlijkheid en creatie nauw verweven. Zal voorgesteld worden door Thierry Zeno.

+ Les dents du singe

René Laloux, 1961, FR, video, vo fr , 12'

In 1960 organiseert René Laloux met Felix Guattari een atelier in " La Borde ". Tien "zieken" verzinnen de dialogen en het scenario van zijn eerste film. Een tandarts steelt de tanden van de armen om ze aan de rijken door te verkopen ; gelukkig komt er een aap op een fiets langs...

+ Swimming in a Sick Head

Victoria Hung, 1999, GB, video, vo , 3'

Animatiefilm die verschillende technieken mengt (tekening, foto, film) en die gerealiseerd werd n.a.v. een creatieve workshop met anorexia- en boulimiepatiënten.

+ Ontmoeting en debat
Wanneer psychiatrie bij de kunst aanknoopt lijken twee benaderingswijzen parallel te lopen : enerzijds kunsttherapie en anderzijds artistieke niet-therapeutische workshops.

Om deze twee praktijken te ondervragen, werden dagcentrum "Den Teirling" uit Brussel en artiest-therapeut Jan Vandromme en analyticus-kunstfilosoof Joannes Kesenne, beiden werkzaam in "Centrum Bruno Renson" in Genk uitgenodigd.

18.11 > 20:00
Bouche sans fond ouverte sur les horizons
Les dents du singe
Swimming in a Sick Head
Compilatie video ateliers

+ De psychoactieve trilogie

Xavier Ameller, 2000-2003, FR, video, vo fr , 18'

"Ce que j’ai vu", "Comme une fée", en "A l’ombre" vormen een fictief drieluik van kortfilms gebaseerd op de persoonlijke ervaringen van de regisseur. Yann Le Berre vertrouwt aan zijn psychiater "engelachtige" visioenen toe.

+ Mentale Machine

Daniel Simonnet, 2002, FR, video, vo , 50'

Deze film evoqueert door middel van experimenteel beeldmateriaal hallucinaties, herinneringen en dromen van een gekwelde psychoot. De film is gebaseerd op een tekst die de waanbeelden en wartaal in proza en poëzie hertaalt.

+ Mary-Ann

Isabel Prémand, 2002, CH, video, vo fr , 20'

Gedurende een jaar is Isabel Prémand de drijvende kracht achter een video-atelier dat deze film realiseert met Mary-Ann en Nicole in de hoofdrol, twee bewoners van het tehuis voor vrouwen met psychische stoornissen. Het is een zelfportret van Mary-Ann gezien door de ogen van haar naasten.

20.11 > 20:00
De psychoactieve trilogie

"Ce que j’ai vu", "Comme une fée", en "A l’ombre" vormen een fictief drieluik van kortfilms gebaseerd op de persoonlijke ervaringen van de regisseur. Yann Le Berre vertrouwt aan zijn psychiater "engelachtige" visioenen toe.


Mentale Machine

Deze film evoqueert door middel van experimenteel beeldmateriaal hallucinaties, herinneringen en dromen van een gekwelde psychoot. De film is gebaseerd op een tekst die de waanbeelden en wartaal in proza en poëzie hertaalt.


Mary-Ann

Gedurende een jaar is Isabel Prémand de drijvende kracht achter een video-atelier dat deze film realiseert met Mary-Ann en Nicole in de hoofdrol, twee bewoners van het tehuis voor vrouwen met psychische stoornissen. Het is een zelfportret van Mary-Ann gezien door de ogen van haar naasten.


An Angel at my Table

Een meer dan geslaagde verfilming van de driedelige autobiografie van de Nieuw-Zeelandse schrijfster Janet Frame (1924 - 2004) die op het festival van Venetië in 1990 de speciale prijs van de jury ontving. Het verhaal gaat over het tragische leven van de schrijfster, en wat haar zo speciaal maakt wordt bedacht met het etiket "schizofrenie". Gedurende acht jaar verblijft ze in een psychiatrische instelling. Haar bevrijding dankt ze aan haar verhalen. Of hoe een literaire prijs een leven redt... Frames belevenissen werpen licht op het dagelijkse leven in de psychiatrische instellingen van de jaren ’40 en ’50, de onmenselijkheid van enkele behandelingsmethoden en de vergissingen die het medische personeel maakt. De laatste beelden geven een voorsmaak van de revolutie van de psychiatrie in de jaren ’70 waar plaats werd gemaakt voor het woord van de patiënt.

21.11 > 21:00
La moindre des choses

In La Borde, een hospitaal opgericht door Jean Oury en Felix Guattari bij het begin van de jaren ’60 als één van de eerste psychotherapeutische instellingen, filmt Nicolas Philibert de voorbereidingen en de opvoering van een theaterstuk van Witold Gombrowicz door bewoners en verzorgers. De aanpak beperkt zich tot kleine, quasi nietszeggende anekdotes die zich afspelen tijdens de repetities en registreert personen die lijden aan neuroses en psychoses. Ze trachten dagelijks bruggen te slaan tussen de buitenwereld en zichzelf. Het geringste, het kleinste detail kan betekenisvol zijn en heeft mogelijks een potentieel weldadige invloed : een gebaar, een attentie, een bepaalde sfeer...

Ook de therapeuten ervaren de enorme rijkdom van het simpele feit er aanwezig te zijn, samen met de residenten : naar hen luisteren in goede verstanding, zonder oordeel te vellen, noch in bewondering te vervallen.

26.11 > 20:00 + 04.12 > 18:00
Compil XPRMTL

+ Camouflage

Jonathan Hodgson, 2001, GB, video, vo ang , 8'

Een schrandere mengeling van animatiefilm met gefilmde sequenties : een priemende getuigenis van ouderlijke schizofrenie.

+ In Absentia

Stephen & Timothy Quay, 2000, GB, 35mm, sans dial, , 20'

Een vrouw, alleen in een kamer, schrijft op repetitieve wijze een brief met een gebroken stukje lood. Buiten, het immer veranderende licht, dat het minste van haar bewegingen vastlegt. Een grafisch werk, intens triest en in zwart-wit, die met verbazende precisie de internering van een patiënte oproept. "In Absentia" maakt deel uit van een vierdelige BBC-reeks. De muziekscore werd gecomponeerd door Karlheinz Stockhausen, die pas na de avant-première aan de regisseurs vertelde dat zijn moeder door de Nazi’s geïnterneerd werd in een asiel alwaar ze overleed.

+ *Love Is a Treasure
Eija-Liisa Ahtila, Finland, 2002, 35 mm, ov eng ond, 57’*
Eija-Liisa Ahtila toont de verbeeldingswereld van vijf vrouwen in de greep van hun obsessies. De film gaat over naar extreme situaties en naar parallelle logica ; dit alles ingebed in fantasie dankzij digitale beeldtechnieken. "Love is a Treasure" is een reactie op psychiatrische behandeling in Finland, en toont hoe sociale geschiedenis weegt op een individu.

+ Revolution Nr 9

Philippe Auliac, 2004, FR, video, vo fr , 9'

Deze zelden vertoonde privé-archiefbeelden tonen een opeenvolging van portretten van patiënten van het Sint-Anna ziekenhuis in Parijs begin jaren ’50. In deze periode neemt het instituut deel aan de aanmaak van de eerste neuroleptica. Met een visuele collage op een experimentele klankband van John Lennon en Paul MacCartney legt de regisseur discreet de link tussen deze toen nieuwe behandelingsmethodes en het LSD-gebruik van de Beatgeneratie.

04.12 > 20:00
Camouflage

Een schrandere mengeling van animatiefilm met gefilmde sequenties : een priemende getuigenis van ouderlijke schizofrenie.


In Absentia

Een vrouw, alleen in een kamer, schrijft op repetitieve wijze een brief met een gebroken stukje lood. Buiten, het immer veranderende licht, dat het minste van haar bewegingen vastlegt. Een grafisch werk, intens triest en in zwart-wit, die met verbazende precisie de internering van een patiënte oproept. "In Absentia" maakt deel uit van een vierdelige BBC-reeks. De muziekscore werd gecomponeerd door Karlheinz Stockhausen, die pas na de avant-première aan de regisseurs vertelde dat zijn moeder door de Nazi’s geïnterneerd werd in een asiel alwaar ze overleed.


Revolution Nr 9

Deze zelden vertoonde privé-archiefbeelden tonen een opeenvolging van portretten van patiënten van het Sint-Anna ziekenhuis in Parijs begin jaren ’50. In deze periode neemt het instituut deel aan de aanmaak van de eerste neuroleptica. Met een visuele collage op een experimentele klankband van John Lennon en Paul MacCartney legt de regisseur discreet de link tussen deze toen nieuwe behandelingsmethodes en het LSD-gebruik van de Beatgeneratie.


Radio La Colifata

Het Spaanse Colifata betekent kierewiet. Sinds een tiental jaren weerklinken in de straten van Buenos Aires en heel Latijns-Amerika de stemmen van de colifatitas en colifatitos, van de mannen en vrouwen die in de psychiatrische kliniek van la Borda, in het hartje van Argentinië, verblijven. De radio der gekken geeft een stem aan degenen naar wie men niet meer luistert. Geanimeerd door een psychotherapeut vertellen de krankzinnigen over hun leven, over wat hen bezighoudt, ze zingen, debatteren, lezen hun gedichten voor... De uizending is minstens even belangrijk voor de makers als voor het publiek. De luisteraar wordt geconfronteerd met verborgen waanzin en de gek hervindt sociale banden waar het hem zo vaak aan ontbreekt.

+ Vigade ? [Hoe gaat het ?]

François Pirotte, 2001, BE, video, vo fr , 50'

Een groep van 9 psychotische adolescenten vertellen over hun gezamenlijk vakantieverblijf in Luxemburg, voor de eerste keer ver weg van hun gewone leven. Ze zijn anders, praten anders, en elk vindt zijn of haar ritme, zijn of haar vakantie. Film, muziek en fotografie staan ten dienste van de therapie rond zelf- en spiegelbeeld, verbeelding, het symbolische en het reële. Naar een idee van Alessandro Damazzio en Frédéric Bourlez van de vzw "La Porte Ouverte", die zijn film zal komen voorstellen.

05.12 > 20:00
Vigade ? Hoe gaat het ?

Een groep van 9 psychotische adolescenten vertellen over hun gezamenlijk vakantieverblijf in Luxemburg, voor de eerste keer ver weg van hun gewone leven. Ze zijn anders, praten anders, en elk vindt zijn of haar ritme, zijn of haar vakantie. Film, muziek en fotografie staan ten dienste van de therapie rond zelf- en spiegelbeeld, verbeelding, het symbolische en het reële. Naar een idee van Alessandro Damazzio en Frédéric Bourlez van de vzw "La Porte Ouverte", die zijn film zal komen voorstellen.


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