> Yamagata

Dans une ville-béton des montagnes du nord du Japon où les grenades – les fruits – côtoient les hivers rigoureux, se tient depuis 1989 le festival international du film documentaire d’Asie.
La légende raconte que le festival fut amorcé par un discours mobilisateur d’Ogawa Shinsuke qui, après avoir épuisé les réseaux militants et parcouru le pays bobines sous le bras, sut qu’il fallait réinventer la diffusion des films. Après l’entreprise folle du "Cinéma vieux de mille ans" – un cinéma éphémère construit en bois et en terre sur un terrain vague de Kyoto, exclusivement dédié à la projection du film sur le village de Magino (cf ci-dessous) –, d’autres expériences étaient à créer et, surtout, il fallait fédérer et stimuler la production de cinéma documentaire de création en Asie, très maigre à l’époque. Un nouveau festival devait permettre cette effervescence, être une extension de cette vision de l’énergie collective à l’échelle internationale.

Aujourd’hui, le festival s’est érigé comme l’une des références mondiales tout en maintenant cette vision activiste et cohérente. L’équipe ne se laisse pas guider par les impératifs de l’industrie et sa course aux avant-premières. Cette philosophie rayonne de chacune des projections et le public y est composé de professionnels du secteur comme d’habitants de Yamagata. On y retrouve évidemment une compétition internationale, une autre continentale et une sélection de films japonais. Mais aussi des séances spéciales et des programmations thématiques.

Le festival de Yamagata s’est aussi organisé en centre d’archives du cinéma documentaire. Un rôle de gardien de la mémoire et d’aide à la production et à la diffusion, comme avec leur programme "Cinema With Us". Il apporte un soutien concret et direct aux réalisateurs qui filment "l’après 11 mars 2011" sous toutes ses fissures. C’est par ce biais que nous avons travaillé avec eux, sur deux modules thématiques organisés en nos murs en 2014 puis 2016, et c’est suite à cette collaboration qu’ils nous ont fait l’honneur de nous inviter. Nous en ramenons des films récents d’Inde, de Chine et du Japon, mais aussi un hommage aux anciens, Ogawa et Matsumoto, qui révèle l’ADN complexe et cohérent du festival.

"Fiction et documentaire sont deux faces d’une même pièce – l’un n’existerait pas sans l’autre. Toute période qui voit sa population ne jouir que de fictions ne peut être considérée comme saine. (…) Aujourd’hui, ne laissons pas passer cette chance de créer notre propre festival international du film documentaire. Ne la laissons pas au gouvernement ou à qui que ce soit d’autre !"
– Ogawa Shinsuke, inspiré notamment du manifeste d’Oberhausen

https://www.yidff.jp
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In een betonnen stad in de bergen in het noorden van Japan, waar het seizoen met granaatappels afwisselt met strenge winters, wordt sinds 1989 het internationale festival van de Aziatische documentaire gehouden. De legende zegt dat het festival werd ingezet met een bevlogen speech van Ogawa Shinsuke die -nadat hij alle militante middelen had uitgeput- het land afschuimde met filmrollen onder de arm om de filmdistributie opnieuw uit te vinden. Na de waanzinnige onderneming van de “Duizend jaar oude cinema”, een tijdelijke cinema in hout en klei op een braakland van Kyoto enkel en alleen voor de vertoning van de film over Magino (zie verder), werden andere experimenten uit de grond gestampt om de productie van Aziatische documentaire films – in die tijd een mager beestje- te stimuleren. Een nieuw festival moest hierop het antwoord zijn als verlengde van deze collectieve energie op internationale schaal.

Vandaag is het festival uitgegroeid tot een referentie op wereldvlak terwijl het zijn activistische en coherente visie behoudt. Het team laat zich niet betuttelen door de industrie bij zijn keuzes van avant-premières. Die filosofie straalt af op elke vertoning en het publiek bestaat uit zowel professionelen uit de sector als uit inwoners van Yamagata. Er is zowel een internationale als regionale competitie en een selectie van Japanse films, maar ook speciale vertoningen en thematische programmaties.

Het festival van Yamagata is ondertussen ook een archief van de documentaire film : een rol als behoeder van de herinnering aan het verleden en als ondersteuning voor productie en distributie, zoals met hun programma “Cinema With Us”. Zij steunden rechtstreeks de makers van post-11 maart 2011-films. Via deze weg hebben we met hen gewerkt tijdens twee thematische modules in Nova in 2014 en 2016. Dankzij deze samenwerking bedachten ze ons met een uitnodiging voor Yamagata 2017 ! We tonen recente films uit India, China en Japan maar we brengen ook hommage aan de anciens, zoals Ogawa en Matsumoto, die het complexe en coherente DNA van het festival demonstreren.


The Sundial Carved with a Thousand Years of Notches – The Magino Village Story 1000年刻みの日時計 牧野村物語

Il est difficile de présenter une œuvre aussi importante et monumentale que celle du collectif évoluant autour d’Ogawa en en extrayant un seul film, tout comme il est difficile d’être bref en écrivant sur leur démarche radicale et sur un cinéma si riche et d’une telle ampleur, un cinéma qui n’a pas peur de prendre son temps.
On va donc tricher et d’emblée renvoyer, pour le contexte, à notre programme de mai 2014, Japanese Red Cinema et aux diverses présentations des films d’Ogawa montrés en 2017 au festival gentois Courtisane, lors d’une rare rétrospective de ce travail !

Dans la mouvance des protestations de la fin des années 1960, un groupe fluctuant se forme autour du charismatique Ogawa Shinsuke, attirant plusieurs dizaines de cinéastes, étudiants, militants et sympathisants en tous genres. Ils font leurs armes en filmant et en participant à différentes luttes étudiantes, puis rejoignent le combat des agriculteurs expropriés en vue de la construction de l’aéroport de Narita. Refusant le rôle de documentariste-observateur, ils s’installent dans un village proche et sont de tous les combats, pendant plusieurs années. La lutte est violemment réprimée et le mouvement finit par s’estomper. La troupe se disloque, il est temps pour les plus motivés de se trouver un autre chantier. Ils s’installent en 1975 dans le petit village de Magino, dans la préfecture de Yamagata, où ils vivront ensemble 13 ans ! Après la frénésie des luttes, c’est au rythme de la vie rurale qu’ils devront s’adapter. Leur cinéma se vit, et c’est donc avec résolution que la petite communauté se lance dans la riziculture, pour connaître ce qu’ils filment et accessoirement produire leur propre nourriture... La vie est dure et austère, l’expérience collective est totale, certains la quitteront en cours de route.

À Magino, le premier enjeux est donc de comprendre comment faire pousser du riz. Les nouveaux venus développent une approche scientifique de l’agriculture qui leur vaudra le respect des villageois, après une phase de consternation. Quand le travail agricole leur laisse un peu de temps, tout cela est filmé puis pédagogiquement expliqué par Ogawa, maquettes et schémas à l’appui, donnant au début du film des airs de film scientifique assez décalé.
La communauté est de plus en plus intégrée et la caméra glisse progressivement des champs aux maisons. Le village, son histoire, son folklore et ses habitants passent au premier plan. Tout est richement et consciencieusement exploré, dans le moindre détail. Mais le film reste organique, guidé par la vie : au détour d’une conversation, on évoque une vieille légende, Ogawa rebondit et en fait une reconstitution qui devient tout un segment du film.
Ces élément mis en scène prennent, au fil du film, de plus en plus d’ampleur, les villageois y rejouent leur vécu de jeunesse ou celui de leurs ancêtres, aux côté de personnalités du monde artistique, conviées pour l’occasion (le fondateur du Butô Tatsumi Hijikata, l’actrice de roman porno Junko Miyashita...). L’apothéose est une reconstitution d’une insurrection paysanne historique, à laquelle tout le village participe.

"L’histoire du village de Magino" est le dernier film signé par le collectif Ogawa Productions et le sommet d’une œuvre, considérée comme majeure en Asie, mais peu connue en Occident. C’est un film sur le temps, le souvenir de toutes ces saisons passées, de toutes ces vies. La mémoire d’un monde appelé à disparaître, qui doit aussi servir à justifier les luttes pour sauver les terres agricoles. Chaque village qui disparaît est un pan d’histoire qui s’efface. Et pour Ogawa et ses acolytes, il n’y a pas d’Histoire mineure, chaque personne, chaque village, mérite une monographie. En s’attachant aux détails, on fait aussi de la grande Histoire et de la politique, il faut lire dans les films du collectif de grands questionnements sur les luttes et la résistance, sur la vie rurale, la modernisation...
Ogawa sait aussi qu’il arrive au bout d’une démarche et qu’il faut un renouveau, il s’impliquera donc activement dans la création de ce qui deviendra le festival de Yamagata...

08.04 > 16:00
The Sundial Carved with a Thousand Years of Notches – The Magino Village Story 1000年刻みの日時計 牧野村物語

Tijdens de protestbeweging van eind jaren ’60 verzamelt zich een wisselende groep rond de charismatische Ogawa Shinsuke, die tientallen regisseurs, studenten, militanten en sympathisanten uit alle genres aantrekt. Hun wapens zijn hun films en hun deelname aan verschillende studentenrevoltes, waarna ze toetreden tot de strijd van de landbouwers die onteigend zijn door de bouw van de luchthaven van Narita.
Ze willen zich niet beperken tot de rol van documentairemaker-observator en vestigen zich in een dorp in de buurt om deel te nemen aan de strijd.
Het conflict wordt brutaal onderdrukt en de beweging verslapt. De groep verhuist, het is tijd voor de hardliners een andere uitvalbasis uit te kiezen. In 1975 installeren ze zich in het dorp Magino, in de prefectuur van Yamagata, waar ze 13 jaar zullen verblijven. Na de hectische strijd, moeten ze zich aanpassen aan het ritme van het landelijke leven. Hun cinema wordt “beleefd” en het is dus met vastberadenheid dat de kleine gemeenschap zich stort op de rijstteelt, om te begrijpen wat ze filmen en zich tegelijkertijd van voedsel te voorzien… Het leven is hard en streng, de ervaring collectief en intens, sommigen geven het onderweg op.

Al filmend in Magino ontwikkelen de nieuwkomers een wetenschappelijke visie op landbouw die hen het respect van de dorpelingen oplevert, na een eerste fase van verbijstering. De gemeenschap raakt meer en meer geïntegreerd en de camera beweegt geleidelijk van het kamp naar de huizen. Het dorp, zijn geschiedenis, folklore en bewoners komen op de voorgrond.

“De geschiedenis van het dorp Magino” is de laatste film van het collectief Ogawa Productions en het hoogtepunt van hun oeuvre, heel bekend in Azië, maar weinig in het Westen. Het is een film over de tijd, de herinnering aan al die vervlogen seizoenen, aan al die levens. De herinnering aan een wereld die verdwijnt en tevens de strijd voor de redding van de landbouwgronden rechtvaardigt. Met elk verloren dorp verdwijnt een stuk geschiedenis en door de details te belichten, schrijft men ook Grote Geschiedenis en politiek. In de films van dit collectief worden de grote vragen rond strijd en verzet, rond het rurale leven en de modernisatie gesteld. Ogawa weet ook dat zijn thema uitgeput raakt en dat hij zich moet heruitvinden. Hij engageert zich dan ook actief in wat het festival van Yamagata zal worden.

Voor meer informatie verwijzen we graag naar de mooie retrospectieve op Courtisane 2017.

08.04 > 16:00
Lone Existence 獨自存在

Sha Qing interprète, de manière autobiographique, un cinéaste solitaire, presque ascétique, qui ne sort de chez lui que pour filmer des scènes de la vie quotidienne dans une petite ville chinoise. En capturant les images des autres, un peu de leur existence, il se projette à l’extérieur et affronte ses douleurs internes et ses questionnements existentiels. Mais filmer les autres, est-ce une manière de se cacher, ou au contraire de s’exprimer ? En cherchant des lueurs dans la vie de ses voisins, il se donne un peu de courage dans son processus de rémission. Le film aborde des questionnement profonds et intimes et, comme son précédent, "Wellspring" (montré en 2004 au Nova), il dévoile la grande sensibilité de Sha Qing.
Ce réalisateur est issu d’une génération de cinéastes indépendants qui émergea dans les années 1990, renouvelant le cinéma chinois en exprimant la diversité de leurs réalités, grâce aux nouvelles libertés permises par des outils devenus accessibles et bien entendu grâce à des festivals comme celui de Yamagata, dont l’une des vocations était de devenir une plate-forme pour les nouvelles voix du documentaire asiatique.

08.04 > 21:00
Lone Existence 獨自存在

Sha Qing vertolkt quasi autobiografisch een solitaire cineast, bijna een asceet, die niet buitenkomt behalve dan voor het filmen van scènes uit het dagelijks leven in een klein Chinees stadje. Door het maken van beelden van anderen, van hun bestaan, projecteert hij zich naar de buitenwereld en biedt hij het hoofd aan zijn interne beslommeringen en zijn existentiële vragen. Maar is filmen van anderen een manier om zich te verbergen of integendeel om zich uit te drukken ? Al zoekende naar een sprankeltje hoop in het leven van zijn buren geeft hij zichzelf wat moed door dit surrogaatproces. De film gaat van start met diepe en intieme vragen, en zoals in zijn vorige “Wellspring” (vertoond in 2004 in Nova) geeft Sha Qing blijk van een grote gevoeligheid.
Deze filmmaker komt uit een generatie van onafhankelijke regisseurs die opdoken in de jaren 1990, die de Chinese cinema vernieuwden door de diversiteit van de realiteit weer te geven, dankzij de nieuwe mogelijkheden van toegankelijke tools en zeker door een festival als dat van Yamagata, waarvan één van de doelstellingen was een platform te bieden aan nieuwe stemmen in de Aziatische documentaire wereld.

08.04 > 21:00
Sennan Asbestos Disaster ニッポン国VS泉南石綿村

Connu pour ses documentaires engagés comme "Goodbye CP" (1972) ou encore "The Emperor’s Naked Army Marches On" (1987), Hara Kazuo est un homme en colère, un réalisateur qui part en cinéma comme on part en guerre. Et comme on ne va jamais seul à la guerre, le cinéma de Hara est celui du dialogue, du groupe, avec ses éclats, ses disputes, ses rencontres et surtout, ses affrontements. Porté par une rage froide et méthodique, son dernier film suit, pendant presque dix ans, le procès intenté par un groupe de plaignant et leurs avocats à l’État Japonais. Tous sont pratiquement à l’agonie, victimes d’années de travail dans l’industrie de l’amiante à Sennan, près d’Osaka. Au-delà des péripéties dramatiques d’un procès qui met David aux mains de Goliath et ne cesse de rebondir, le film de Hara, en enregistrant la parole, les voix et les douleurs de chacun au fil des années, se fait peu à peu le tombeau de ces hommes et de ces femmes à qui il rend un hommage vibrant, portant haut et fort leurs voix qui ne furent jamais assez écoutées.

13.04 > 20:00 + 29.04 > 16:00
Sennan Asbestos Disaster ニッポン国VS泉南石綿村

Bekend van zijn geëngageerde documentaires zoals "Goodbye CP" (1972) en "The Emperor’s Naked Army Marches On" (1987), is Hara Kazuo een man van woede, een filmmaker die zich in de cinema begeeft als naar het slagveld. En zoals men nooit alleen ten oorlog trekt, is de cinema van Hara er één van dialoog, van mensen in groep, van hels lawaai, ruzie, ontmoetingen en vooral van confrontatie. Gedragen door een koude en methodische woede, volgt zijn laatste film gedurende bijna tien jaar het proces dat werd aangespannen tegen de Japanse staat. De aanklagers zijn allemaal praktisch ten dode opgeschreven, als slachtoffers van jarenlange arbeid in de asbestindustrie van Sennan, bij Osaka. We zien de dramatische lotgevallen van een proces dat David in de handen van Goliath drijft en waarin Hara keer op keer de woorden, de stem en het verdriet van elk van registreert tijdens die jaren. Zo richt hij gestaag het grafmonument op voor die mannen en vrouwen aan wie een bewogen hommage wordt gebracht, en laat hij hun stemmen die nooit genoeg gehoord werden krachtig en doordringend weerklinken.

13.04 > 20:00 + 29.04 > 16:00
I Want To Run for Office 選挙に出たい

Arrivé de Chine pour ses études, Lee Komaki pose ses bagages dans le quartier nocturne de Kabukichô à Tôkyô. Néons, gogo dancers et autres Love Hotels caractérisent ce bout de Shinjuku considéré comme la jungle urbaine tokyoïte. Pionnier du genre, il y organise des safaris urbains pour touristes étrangers. Après plus de 25 ans à Kabukichô, il connaît comme nul autre la vie du lieu, ses besoins, ses revendications. Opportunisme ou réel intérêt ? Une chose est sûre, Komaki se présente aujourd’hui aux élections locales pour défendre les intérêts des nocturnes du quartier et devenir le premier japonais d’origine chinoise élu au Japon.
Racisme administratif, commun et endémique hantent ce documentaire filmé caméra à l’épaule par Fei Xing, elle aussi sino-tokyoïte. Auto-produit et réalisé sur une période de deux ans, "I Want to Run for Office" s’inscrit dans la veine d’un cinéma du quotidien qui démystifie Tôkyô et nous donne à voir les rouages d’une vie politique différente de la nôtre mais peuplée des mêmes démons depuis les logiques de parti jusqu’à un racisme – celui-ci anti-chinois – virulent.

Rencontre avec la réalisatrice par vidéoconférence après la séance

14.04 > 21:00
I Want To Run for Office 選挙に出たい

Eens aangekomen uit China voor zijn studies, zet Lee Komaki zijn bagage neer in de nachtelijke wijk Kabukichô in Tokio. Met zijn neonlichten, gogo dansers en Love Hotels wordt dit deel van Shinjuku beschouwd als een stadsjungle. Als pionier in het genre, organiseert hij er stedelijke safari’s voor buitenlandse toeristen. Na meer dan 25 jaar kent hij Kabukichô, het lokale leven, de noden en vragen beter dan wie ook. Opportunisme of reëel belang ? Eén zaak is zeker : Komaki stelt zich vandaag kandidaat voor de lokale verkiezingen om de belangen van de nachtwijk te verdedigen en als eerste japanner van Chinese afkomst verkozen te worden in Japan.
Alledaags, administratief en chronisch racisme alom in deze documentaire, gefilmd door Fei Xing, die zelf een Chinese immigrant is in Tokio. Zelf geproduceerd en gemaakt in een periode van twee jaar, loopt “I Want to Run for Office” in hetzelfde spoor van de cinema van het dagelijks leven die Tokio demystifieert en ons de raderen van een politiek leven laat zien, verschillend van het onze maar bevolkt door dezelfde demonen met dezelfde partijlogica en hetzelfde hevige –zij het anti-Chinees- racisme.

14.04 > 21:00
Machines

Enfant, Jain a passé du temps dans une fabrique textile où travaillait son grand-père, côté patron. Cette expérience sensorielle marquante, son premier film, "Machines", l’évoque avec beaucoup de force, pour passer cette fois du côté des ouvriers. Ce documentaire immersif donne à éprouver ce qu’endurent les travailleurs dans cette immense usine textile du sud de l’Inde. Grâce à de longs travellings, il déambule dans l’usine, derrière les hommes en prise avec les immenses machines qui imposent leurs rythmes mécaniques. L’image très soignée, le travail sur le son et l’absence de commentaire pourraient faire croire à un énième film plein de bonnes intentions, mais distant et un peu trop léché. Sauf qu’il est ponctué de prises de parole qui interpellent autant le réalisateur que le spectateur, devançant les réactions qu’un occidental normalement constitué se fera en regardant ce spectacle. Personne n’ignore cette réalité, sautons vite l’étape informative. Pourquoi est-on là, alors, à filmer, à regarder ? C’est dans sa dimension réflexive que le film devient réellement intéressant, Jain osant laisser place au constat de son impuissance.

15.04 > 18:00 + 22.04 > 20:00
Machines

Jain bracht als kind heel wat tijd door in de textielfabriek van zijn grootvader die er directeur was. Zijn eerste film “Machines” roept deze zintuiglijke herinneringen met verve op, maar dit keer staat hij aan de kant van de werknemers. Deze immersieve documentaire geeft een idee wat het werk in deze immense fabriek in het zuiden van India inhoudt. Met lange indrukwekkende travellings dwalen we rond in de fabriek, dicht bij de mannen die de indrukwekkende machines bedienen en hun mechanisch ritme in bedwang proberen te houden. De beeldvoering is uiterst verzorgd, en samen met de intrigerende geluidsband en de afwezigheid van voice over, zouden we de zoveelste afstandelijke en esthetiserende film vol nobele intenties en afgelikte beelden kunnen vermoeden, ware het niet dat de regisseur het woord geeft aan de werkers zelf. Deze woorden bruuskeren zowel de regisseur als de kijker en overtreffen wat de kijker verwacht van deze moeizame symbiose van mens en machine. Iedereen kent deze harde realiteit, dus waarom er nog filmen en observeren ? En toch is het net in deze dimensie van reflectie dat de film echt interessant wordt omdat Jain plaats geeft aan de vaststelling van zijn onmacht.

15.04 > 18:00 + 22.04 > 20:00
Cinema With Us : Documentaries After 2011.03.11

Dans la droite ligne de son soutien affirmé au cinéma de terrain, le festival de Yamagata a directement réagi au triple désastre du 11 mars 2011 dans la région de Fukushima. L’équipe s’est organisée pour soutenir la production et la diffusion de films documentaires, pour donner à voir et à ressentir d’autres facettes de cette période trouble et accompagner le besoin de témoigner du traumatisme. Organisé six mois après la catastrophe, le festival d’octobre 2011 voyait la création de la section "Cinema With Us" aussi nommée Great East Japan Earthquake Recovery Support Screening Project. Pas moins de 29 films y étaient déjà programmés, tous accompagnés de rencontres avec les intervenants. Depuis lors, cette dynamique ne s’est pas interrompue. Ethnographiques, militants, poétiques ou portraits au plus près de l’exil, les films de toute forme et de toute qualité y sont présentés.
Aujourd’hui, ce travail de compilation se concrétise autant dans la projection de films lors du festival que dans la mise en place d’une archive générale de tous les films réalisés à ce sujet. Lors de la dernière édition (2017), les films présentés portaient une attention toute particulière à la vie et à la survie des communautés confrontées aux retombées radioactives et aux reflux des vagues. "On To the Next Step" est l’un d’eux.

http://www.yidff311docs.jp/?lng=eng
http://www.yidff311docs.jp/?lng=eng


Cinema With Us : Documentaries After 2011.03.11

Omdat het festival van Yamagata altijd al een hart heeft gehad voor militante cinema, reageerde het team onmiddellijk op de ramp van 11 maart 2011 door de productie en spreiding van documentaire films erover te ondersteunen. Dit om een stem te geven aan andere facetten van deze moeilijke periode en om de nood aan getuigenissen van dit trauma te ondersteunen. Zes maanden na de ramp, op het festival van oktober 2011, zag de module "Cinema With Us", ook genoemd Great East Japan Earthquake Recovery Support Screening Project, het licht. Niet minder dan 29 films waren er geprogrammeerd gekoppeld aan ontmoetingen. Sedertdien werd deze dynamiek verdergezet. Allerlei films van diverse genres en kwaliteit, van etnografisch en militant tot poëtisch en intiem, passeren er de revue.
Op dit moment worden al deze films gecompileerd voor vertoningen tijdens het festival en voor een algemeen archief. Tijdens de meest recente editie in 2017 hadden de vertoonde films veel aandacht voor het (over)leven van gemeenschappen die geconfronteerd worden met de gevolgen van de radioactiviteit en de golven. "On To the Next Step" is er daar één van.


On to the Next Step : Lives After 3.11 風のたより

Comment vivre après la tragédie du 11 mars 2011 ? Cette triple tragédie du grand tremblement de terre, du tsunami ravageur qui s’en suivit et de la catastrophe de Fukushima ? Pour répondre à cette question, la réalisatrice Tashiro Yoko s’empare de sa caméra pour aller vivre avec trois familles : un couple de fermiers et leurs enfants dans la campagne, de jeunes trentenaires qui créent leur boulangerie et une famille traditionnelle de pêcheurs, vivant tous dans le sud de l’île d’Hokkaido, l’île du nord du pays. Chacun à leur manière, ils luttent contre la construction d’une énième usine nucléaire dans leur voisinage et tentent de réinventer un mode de vie désormais marqué par la perte de l’innocence. Avec délicatesse, Tashiro Yoko nous plonge dans leur intimité. À travers de vastes pans de leur quotidiens, se racontent dans leurs gestes de tous les jours à la fois leurs angoisses et leurs questions mais aussi la vie, tenace, qui continue. Un film tendre et lumineux.

Projection en présence de la réalisatrice

21.04 > 20:00
On to the Next Step : Lives After 3.11 風のたより

Hoe te leven na de tragedie van 11 maart 2011 ? Deze drievoudige ramp van de grote aardbeving, de verwoestende tsunami die daarop volgde en de ramp in Fukushima ? Om deze vraag te beantwoorden nam de regisseuse Tashiro Yoko haar camera om te gaan leven met drie families : een boerenechtpaar en hun kinderen in de provincie, jonge dertigers die hun bakkerij opstarten en een traditionele vissersfamilie. Allen wonen ze in het zuiden van het eiland Hokkaido, het noordelijke eiland van het land. Elk op hun eigen manier strijden ze tegen de bouw van nog een andere kerncentrale in hun buurt en nemen ze de draad van hun leven op dat voorgoed gemarkeerd is door het verlies van onschuld. Met finesse dompelt Tashiro Yoko ons onder in hun intimiteit. Doorheen de flarden uit hun dagelijkse leven ondervinden we hun angsten en vragen, maar zien we ook hoe het leven koppig verder gaat. Een tedere en lichte film ondanks alles.

Vertoning in de uitzonderlijke aanwezigheid van de regisseuse

21.04 > 20:00
Up, Down & Sideways Kho ki pa lü

À l’origine du premier long métrage d’Iswar Srikumar et Anushka Meenakshi, il y a un projet : enregistrer les chants traditionnels des travailleurs en Inde, car ces chants sont une mémoire collective qui réinventent autant qu’ils portent la communauté. Sous des allures de film ethnologique, "Up Down and Sideways" enregistre longuement, dans un village de riziculteurs du Nagaland, au Nord de l’Inde, ces chants qu’on appelle "Li" et qui se tissent à tous les gestes de la vie quotidienne. Cultiver, repiquer, ramasser le riz, mais aussi séduire une femme, résister à la répression de l’État Indien, construire une maison, tout s’y fait en chanson. Entrecoupée de récits à plusieurs voix face caméra, la matière du film se compose principalement de larges et longs plans fixes et paisibles, où se déploient les groupes qui travaillent en chantant. S’éprouve alors cette expérience du chant qui permet que les souffles, les gestes et les corps tous ensemble s’harmonisent. C’est que le "Li" toujours doit être chanté à plusieurs voix pour aller "en haut, en bas et sur les côtés".

En présence des réalisateurs (sous réserve. En cas d’absence, la rencontre se fera par vidéoconférence)

28.04 > 20:00
Up, Down & Sideways Kho ki pa lü

Aan de basis van deze eerste film van Iswar Srikumar en Anushka Meenakshi lag een project : de traditionele gezangen van de werkers in India opnemen, want deze gezangen vormen een collectief geheugen dat de gemeenschap zowel verbeeldt als ondersteunt. Met de allures van een etnologische film maakt "Up Down and Sideways" lange opnamen in een dorp van rijstboeren in Nagaland in Noord-India. Deze gezangen die “Li” worden genoemd gaan over alledaagse handelingen. Rijst verbouwen, uitpoten en oogsten, maar ook vrouwen verleiden, verzet tegen de repressie van de Indische staat, een huis bouwen.... alles kan een lied worden. Met af en toe een verhaal voor de camera, bestaat de film voornamelijk uit lange vaste en kalme breedbeelden, waarin groepen zingen en werken. Een ervaring waarin adem, gebaren en lichaam harmoniseren. Want “Li” wordt steeds meerstemmig gezongen om naar “boven, beneden en opzij” te gaan.

28.04 > 20:00
In the Eyes, the Ears and Around

"Up, Down & Sideways" est la première étape du projet Uramili. La réalisation de films, dont "Up, Down & Sideways" est le premier, est un aspect de cette dynamique mais l’idée est de l’élargir. Par la réalisation de courts métrages ou la création d’une bibliothèque sonore pour les habitants de ce village du Nagaland par exemple. Iswar Shrikumar & Anushka Meenakshi enrichiront cette soirée d’une séance d’écoute et de visions de ces chants de travail indiens qui ont enchantés la séance et de ceux qui préfigurent leurs films et collections sonores à venir.

28.04 > 22:00
In the Eyes, the Ears and Around

"Up, Down & Sideways" is de eerste etappe in het project Uramili dat werkliederen uit India wil opnemen en vereeuwigen. Deze dynamiek gaat verder dan louter de film want het idee is bijvoorbeeld ook om een klankbibliotheek op ze zetten voor de inwoners van dit dorp in Nagaland. We zullen het met Iswar Shrikumar & Anushka Meenakshi niet alleen hebben over hun film en hun project, zij laten ook beeld- en geluidsfragmenten horen van Indische werkliederen uit hun vorige en hun toekomstige films.

28.04 > 22:00
http://www.nova-cinema.org/spip.php?page=print&id_rubrique=2289&lang=fr