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Edito

La revue de cinéma "Sight and Sound" publiait récemment un article sur la disparition des "repertory cinemas", littéralement "cinémas de répertoire". Il s’agit de ces cinémas qui ont émergé dans les années 60, surtout dans des pays anglo-saxons, dont la programmation consistait en de savants mélanges de films culte, de films de genre, de classiques incontournables et ponctuellement de films plus récents. Pour le prix d’un ticket on pouvait voir deux ou même trois films. De quoi se faire un vrai bagage cinématographique, sans pour autant être un cinéphile invétéré. Au début des années ’90, avec l’arrivée des multiplexes et la révolution apportée par la vidéo, les "rep cinemas" ont commencé à disparaître. Actuellement, on n’en compte plus qu’une poignée. Certaines programmations du Nova ont peut-être quelque chose en commun avec ces cinémas en voie de disparition ; surtout quand, comme ce mois-ci, nous programmons quelques films méconnus et pourtant considérés déjà comme des classiques. Les films que nous vous invitons à découvrir (dont quelques-uns programmés au Nova dans le passé) proviennent tous du Royaume-Uni. Pourtant ne vous attendez pas à des films "pudding, tea, fish & chips" ! Les films ici présentés ont sans doute pour point commun le fait d’être en marge du cinéma dit "commercial", d’un cinéma conservateur et consensuel. Ils affichent un état d’esprit qui n’a rien d’insulaire, tout au contraire. Mais de leur origine "british", ils gardent tous le sens de l’humour, ce qui n’est pas rien. Six longs métrages, un week-end consacré à des courts, trois invités, une leçon de cinéma... Plus une soirée pakistano-lollywoodienne et d’autres rendez-vous encore. Vous avez de quoi remplir vos soirées de septembre ! Et attention aux tarifs : il sera possible d’acheter un ticket pour deux, voire trois séances, comme au bon vieux temps...


Radio On

"Radio On" est un objet bizarre, et c’est bien pour cela qu’au fil des années il a atteint un statut de "film culte". Son réalisateur, romancier et critique de cinéma, travaillait à "Time Out" lorsqu’il rencontre Wim Wenders. Celui-ci va produire ce premier film, qui reste une oeuvre à part dans la filmographie de Christopher Petit. Un (anti) road-movie urbain et existentialiste où, on vous le dit d’emblée, tout se joue davantage dans les atmosphères que dans l’action.
"Radio On" se passe en Angleterre à la fin des années ’70 et nous conte la vague histoire d’un jeune Londonien qui se rend à Bristol pour enquêter sur la mort de son frère. L’histoire tient en une ligne, mais elle se déploie à l’écran dans une succession de situations et de paysages qui vont nous livrer un portrait assez rare de l’Angleterre pré-thatcherienne. Tourné dans un noir et blanc très dense, le film a une dimension spatio-temporelle qui fait immanquablement plus penser à l’écrivain de SF J.G. Ballard qu’au documentaire social anglais de l’époque. Des chansons de Bowie, Kraftwerk, Ian Dury, Robert Fripp, Wreckless Eric ou Devo ponctuent une bande-son qui semble sortir tout droit d’un magnéto 4 pistes. En bonus : "Radio On" nous offre aussi le premier rôle au cinéma de Sting. Oui oui, le chanteur !

11.09 > 20:00 + 14.09 > 18:00 + 18.09 > 22:00 + 28.09 > 22:00
Revengers Tragedy

"Revengers Tragedy" se déroule en 2011, dans une Angleterre post-apocalyptique ravagée par une guerre de gangs permanente. Un homme retourne à Liverpool après dix ans d’absence ; il veut se venger du meurtre de sa femme par "le Duc", le parrain d’une famille aristocratique décadente devenue bande criminelle. Alex Cox ("Repo Man", "Sid & Nancy") réalise une version énergique et anachronique de la tragédie classique de Thomas Middleton, qui posa les jalons modernes de ce qui deviendra un genre, notamment cinématographique : la tragédie de vengeance.
Cox transpose le drame en une comédie punk noire hyperstylisée, versant, comme souvent, dans l’exagération pour appuyer un propos pourtant réaliste. Comme dans "Walker" notamment, il se sert de parallèles entre les temps passés ou futurs et la société contemporaine pour critiquer la civilisation obsédée par le pouvoir, l’argent, le désir superficiel et immédiat. La vulgarité flamboyante et l’hystérie qui se déploient dans "Revengers Tragedy" ne sont que des reflets pas si lointains de l’Angleterre, et du monde, contemporains. Pour symboliser cette civilisation au bord de l’effondrement, Cox voulait terminer le film sur les images de la chute des Twin Towers (ce qui lui fut refusé par les producteurs). Cette fin aurait sans doute signifié le commencement du monde que ce film étonnant nous fait découvrir.

11.09 > 22:00 + 18.09 > 20:00 + 21.09 > 18:00 + 26.09 > 22:00
Alan Clarke

Alan Clarke était, avec Ken Loach et Mike Leigh, l’un des précurseurs du cinéma britannique des années 70-80, spécialisé dans ce qu’on appelle le "réalisme social". Né en 1935, fils de maçon, il a travaillé quelques temps comme ouvrier avant de débuter comme scénariste et réalisateur à la BBC. En 1977, il réalise l’explosif et fort controversé téléfilm "Scum", qui traite de la brutalité et de la corruption dans le système carcéral pour mineurs en Grande-Bretagne. La chaîne publique BBC en a rapidement interdit la diffusion en raison de ses images trop violentes (et aussi probablement en raison de sa critique sur le système pénal britannique). Furieux, Clarke décide alors de refaire ce film avec ses propres moyens, avec les mêmes acteurs et de le présenter dans les salles en 1979. Cette persévérance et cette énergie inépuisable sont typiques de Clarke, qui fait le choix récurrent d’histoires traitants de la violence domestique ou institutionnelle. Il s’attaque à tous les sujets de l’actualité sociale qui dérangent : un skinhead paumé dans le film "Made in Britain" ou encore un père de famille, supporteur hooligan à ses heures perdues, superbement interprété par Gary Oldman, dans le film "The Firm" en1988. Au vu de sa filmographie, Clarke était l’un des grands défenseurs d’un authentique "cinéma d’urgence". Alan Clarke est mort d’un cancer à l’âge de 55 ans en 1990. Son influence sur toute une génération d’acteurs britanniques tels que : Tim Roth, Gary Oldman et Ray Winstone, ainsi que sur des réalisateurs contemporains tels que Danny Boyle ou Harmony Korine, n’est pas à sous-estimer. Avec son film "Elephant", Gus Van Sant s’est directement inspiré du court métrage du même titre réalisé par Alan Clarke et qu’on pourrait décrire comme un exercice de style presque surréaliste sur les assassinats et les attentats dans l’Irlande du Nord.


Scum

La version cinéma du téléfilm dramatique, bannie par la BBC, est encore plus violente que la version originale. C’est l’exemple-type du film réalisé sur le fil du rasoir : un regard dur et choquant sur "Borstal", l’ancien institut britannique de rééducation pour les jeunes délinquants. Ray Winstone nous offre une interprétation poignante d’un jeune criminel qui se retrouve dans un régime où l’éducation, l’assistance psychologique et la correction ne sont pas de mise. Au contraire, il apprend rapidement que seul la loi du plus fort prévaut et que la direction tout autant que les assistants encouragent et profitent de ces luttes de pouvoir entre les détenus.

13.09 > 22:00 + 20.09 > 22:00 + 21.09 > 20:00
Made in Britain

Un skinhead intelligent et agressif est en prise avec à peu près tout et tout le monde. Cette incroyable grande gueule déclenche autour de lui un cycle de haine, de destruction et d’autodestruction qu’aucun assistant social bien intentionné ne peut briser. Dans ce remarquable début en tant qu’acteur, Tim Roth (Reservoir Dog, Pulp Fiction), campe un personnage inoubliable, aussi détestable que fascinant. Alan Clarke nous livre avec ce film brillant une étude approfondie de la jeunesse désorientée et destructive dans la “jolly old England” de Margaret Thatcher.

14.09 > 20:00 + 19.09 > 22:00 + 21.09 > 22:00
Patrick Keiller

*Patrick Keiller est certainement l’un des réalisateurs les plus surprenants et stimulants à avoir émergé dans le cinéma anglais des deux dernières décennies. Architecte de formation, il crée dans les années ’80 des installations où la photographie d’architecture se confronte à des structures fictives. Début ’90, il s’ouvre au cinéma et réalise ses premiers films qui continuent à développer un mélange de documentaire et fiction. Influencé par les premiers films de Chris Marker et de J.-L. Godard, c’est souvent au Peter Greenaway "première cuvée" que Keiller est comparé.
Jamais projetés en Belgique, les deux films que nous vous présentons, "London" et "Robinson in Space", constituent en quelque sorte les deux opus d’un même film. Un narrateur fictionnel (Paul Scofield, acteur anglais mort récemment, qui a souvent été comparé à Laurence Olivier) nous conte en voix off ses promenades, déambulations, sa vie et surtout celle de son ami et ex-amant, Paul Robinson, dans un Londres et une Angleterre en pleine mutation économique, politique et sociale.
Architecture, géographie, histoire, politique, économie, sociologie, art, littérature, influences françaises, surréalisme... autant d’éléments qui se mélangent dans un pot-pourri cinématographique savant, humoristique et léger.*


London

Tourné sur une période de douze mois, "London" est une déambulation psycho-géographique dans le Londres du début des années ’90. Un photographe, qui sera notre narrateur durant tout le film, est appelé par son ami et ex-amant Paul Robinson, pour l’aider dans une investigation qui doit dévoiler l’essence-même de la ville. Le film se compose ainsi d’une suite de tableaux photo-cinématographiques où l’on découvre, au gré des commentaires, une ville sans cesse grandissante, phagocytaire et en même temps fascinante. Le quotidien peut y receler des facettes absurdes et surréalistes. Les références au présent et au passé s’entremêlent. C’est la période des bombes de l’IRA, de l’élection de John Major, de la crise du système monétaire européen... Des citations tirées de Rimbaud, Baudelaire, Apollinaire nous plongent dans un utopisme visionnaire comme il pouvait encore exister au XIXe siècle. Car Londres, qui comptait déjà 6,5 millions d’habitants en 1900 et souffrait avant l’heure des affres de la sur-urbanisation, fut certainement la première vraie métropole au monde...

13.09 > 20:00 + 19.09 > 20:00
Robinson in Space

Le narrateur de "London" et son ami Paul Robinson sont recrutés par une agence de pub internationale pour effectuer des recherches et comprendre quels sont les maux qui taraudent l’Angleterre. Inspirés par des écrits de Daniel Defoe, ils entreprennent ainsi sept itinéraires au travers de l’île. Une réflexion de l’écrivain situationniste belge Raoul Vaneigem donne dès le départ le ton : il y a nécessité à créer un pont entre l’imaginaire et la réalité qu’on vit...
Comme "London", "Robinson in Space" est composé d’une suite de tableaux. Il nous transporte dans un voyage aux allures philosophiques. Nous nous y retrouvons plongés dans une Angleterre en apparence anodine et folklorique. Mais très vite, grâce à l’imagination fertile et lucide de notre narrateur-photographe, nous découvrons les facettes insoupçonnées d’un quotidien en apparence ennuyeux. Nous découvrons un pays à deux visages : celui des nantis, qui se cache, et celui des démunis, qui s’étale. Et c’est avec un humour pince-sans-rire que Keiller nous donne à voir du "beau", là où il y a du laid !

14.09 > 22:00 + 20.09 > 20:00
John Smith

Depuis plusieurs années, nous programmons régulièrement les courts métrages de John Smith. En 2001, nous lui consacrions même une petite rétrospective. Il a certainement son petit fan club au Nova, et c’est avec plaisir que nous le réinvitons. Petite intro pour qui ne le connaît pas encore. C’est dans les années ’70 que John Smith réalise ses premiers courts métrages. Il se "frotte" au mouvement structuraliste de l’époque. Mais très vite, il s’en détache. Il s’oriente alors vers une forme de cinéma plus ludique qui rompt avec le sérieux dont le mouvement faisait alors preuve. L’humour pince-sans-rire est d’ailleurs devenu un signe distinctif de l’oeuvre de John Smith. Ses courts métrages explorent et interrogent aussi bien les différents aspects du langage cinématographique que nos façons de "voir", de regarder la réalité. Au fil du temps, ses films semblent de plus en plus se focaliser sur un quotidien proche, qui nous est dévoilé sous des angles curieux, surprenants et attachants. Souvent, c’est John Smith lui-même qui commente en voix-off les images, avec un humour subtil, imparable. Au programme, trois séances. Une première pour revoir ou découvrir quelques-uns des "classiques" de la filmographie de John Smith. Une deuxième sera consacrée à ses "Hotel Diaries", un journal filmé de ses séjours en hôtels. Et puis ne ratez surtout pas sa leçon de cinéma à la fin du week-end.

JOHN SMITH (1)

+ Associations

John Smith, 1975, GB, 16mm, , 7'

+ The Girl Chewing Gum

John Smith, 1976, GB, 16mm, , 12'

+ The Black Tower

John Smith, 1985, GB, 16mm, , 24'

+ Om

John Smith, 1986, GB, 16mm, , 4'

+ Blight

John Smith, 1994, GB, 16mm, , 14'

+ Worst Case Scenario

John Smith, 2003, GB, video, , 18'

JOHN SMITH (2)

HOTEL DIARIES
John Smith, UK, 2001-2007, video, vo / ov,
FROZEN WAR 11’/ MUSEUM PIECE 12’/ THROWING STONES 11’/ B&B 6’/ PYRAMIDS 7’/ DIRTY PICTURES 14’/ SIX YEARS LATER 9’

JOHN SMITH (3)
Leçon de cinéma

27.09 > 19:00 + 27.09 > 22:00 + 28.09 > 20:00
Associations
The Girl Chewing Gum
The Black Tower
Om
Blight
Worst Case Scenario
Matt Hulse

C’est en 2001, dans le cadre d’une programmation autour du cinéma d’animation, que nous invitions Matt Hulse pour la première fois. Depuis, son travail s’est éloigné du cinéma d’animation en tant que tel, mais reste aussi débridé, incisif et hétéroclite qu’auparavant. Extravagance, dérision, humour, impertinence : autant de termes qui pourraient être employés pour décrire le cinéma de Matt Hulse. La plupart de ses films affichent une vraie jouissance dans la réappropriation du réel et une telle liberté de créativité, dans le langage et dans la forme, qu’on peut facilement le considérer en héritier direct des mouvements dadaïste et surréaliste. Sa soif d’exploration et d’expérimentation semble ne pas avoir de limite et, avec lui, tout peut devenir prétexte pour un film : un fait divers, un accident, un rêve, un hasard, une chanson, un son, une photo... Par ailleurs, Matt Hulse est aussi l’initiateur d’un projet cinématographique hors norme, "The Audible Picture Show" : une collection en devenir de courts métrages sonores réalisés par une flopée de cinéastes.
Ne ratez donc pas les deux séances qui lui sont consacrées : une pour découvrir une série de ses courts réalisés entre 1988 et 2008 ; l’autre pour vous plonger dans l’obscurité de la salle et vous laisser conter des histoires.

Nyheter

MATT HULSE (1)

+ Sine Die

Matt Hulse, 1994, GB, super8 > video, , 4'

+ That Kilty Feelin

Matt Hulse, 1995, GB, video, , 1'

+ Take Me Home

Matt Hulse, 1997, GB, 16mm, , 7'

+ Wee Three

Matt Hulse, 1998, GB, 16mm, , 5'

+ Hotel Central

Matt Hulse, 2000, GB, 35mn, , 10'

+ Purple Rinse

Matt Hulse, 1988, GB, video, , 4'

+ Deja vu

Matt Hulse, 1988, GB, video, , 4'

LOSLASSEN
Matt Hulse, UK, 2002, film on video 6’

GOD SAVE THE QUEEN
Matt Hulse, UK, 2002, film on video 4’

THERE IS ONLY LIGHT
Matt Hulse, UK, 2004, film on video 4’

REPLAY
Matt Hulse, UK, 2005, film on video 9’

MATT HULSE (2)
"The Audible Picture show", séance de courts métrages sonores ; en anglais

+
SEE NOISE HEAR LIGHT
Matt Hulse, UK, 2007, film on video 30’
Avec/met : Keiji Haino/Tony Conrad. Nmperign/Jason Lescalleet. Jazkamer. Sachiko. Maryanne Amacher. Blood Stereo/Ludo Mich. Ellen Fullman/Sean Meehan. Oshiri Penpenz. Bohman Brothers. Eye Contact. Steve Baczkowski/Ravi Padmanabha. Arrington de Dionyso. Lee Paterson. Kuwayama/Kijima.Tetsuya Umeda. Lethe.

26.09 > 20:00 + 28.09 > 18:00
Sine Die
That Kilty Feelin
Take Me Home
Wee Three
Hotel Central
Purple Rinse
Deja vu
Miranda Pennell

A l’origine, Miranda Pennell a une formation de danseuse et chorégraphe, mais depuis plusieurs années, elle s’est également tournée vers le cinéma. Ses films sont loin d’être passés inaperçus, puisqu’ils ont raflé un nombre incroyable de prix dans des festivals du monde entier. Ne vous attendez pas à des films de danse à proprement parler. L’oeuvre de Miranda Pennel s’articule plutôt autour d’une observation très attentive et subtile du comportement des gens, isolés ou en groupe. Des jeunes rockeurs, des danseuses, des skateurs, des soldats, .... Que l’on fasse partie d’un groupe uni ou pas, tous d’une manière ou d’une autre nous sommes conditionnés par l’environnement qui nous entoure et par les activités que nous menons. Et c’est cela que Miranda Pennell nous fait découvrir : que ce conditionnement se révèle dans nos gestes et mouvements même les plus intimes. Elle le fait avec ironie, car c’est certain : en découvrant ses films vous ne manquerez pas de sourire !

+ Lounge

Miranda Pennell, 1995, GB, video, , 7'

+ Night work

Miranda Pennell, 1998, GB, video, , 14'

(en collaboration avec le musicien Barry Adamson)

+ Tattoo

Miranda Pennell, 2001, GB, video, , 9'

+ Human Radio

Miranda Pennell, 2002, GB, video, , 9'

+ Magnetic North

Miranda Pennell, 2003, GB, video, , 9'

+ Fisticuffs

Miranda Pennell, 2004, GB, video, , 11'

+ You made me love you

Miranda Pennell, 2005, GB, video, , 4'

+ Drum Room

Miranda Pennell, 2007, GB, video, , 15'

27.09 > 20:30
Lounge
Night work

(en collaboration avec le musicien Barry Adamson)


Tattoo
Human Radio
Magnetic North
Fisticuffs
You made me love you
Drum Room
Edito

Vorige maand verscheen in het engelse filmblad "Sight & Sound" een artikel over het verdwijnen van de "repertory cinemas". Dit zijn bioscopen die vanaf de jaren 60, vooral dan in de Angelsaksische landen, hun ingang vonden en uitblonken in een uitgekiende programma mix van cult films, genre films, klassiekers en af en toe een meer recente productie. Bovendien kon je er voor de prijs van één ticket 2 tot zelfs 3 films meepikken. Met de komst van de multiplexen en de video & DVD revolutie kregen deze alternatieve "rep cinemas" rake klappen.
Met het Home Made programma willen we niet alleen een hommage brengen aan deze bioscopen, maar ook aan een aantal vaak miskende Britse filmmakers die in de marge van de puur commerciële en conservatieve filmwereld opereren. Op het programma : 6 langspeelfilms, een weekend vol korte films, drie gasten en een filmles. Verwacht echter geen traditioneel "pudding, tea and fish & chips" gedoe, geen gehypte British new wave, maar een authentiek en van humor gespeend non-conformisme dat -wars van enigerlei eilandmentaliteit dan ook- met open ogen naar de wereld kijkt.


Radio On

"Radio On" is een vreemd object en heeft daarom in de loop der jaren de status van cultfilm bereikt. Schrijver en “Time Out” filmjournalist Christopher Petit ontmoet Wim Wenders en strikt hem als producent van zijn eerste film. Het wordt een existentiële (anti) road movie zonder al te veel actie maar met een overvloed aan atmosfeer.
De film speelt zich af aan het eind van de jaren 70 in Engeland en vertelt het vage verhaal van een jonge Londenaar die naar Bristol vertrekt om er de dood van zijn broer te onderzoeken. In hypnotiserend lange opnames en langzame travelling shots glijden situaties en landschappen aan de kijker voorbij die samen een uitzonderlijk portret schetsen van een pre-thatcheriaans Groot-Brittannië. Gefilmd in een intens zwart-wit, construeert de film een eigen ruimtetijdsdimensie die eerder doet denken aan het werk van een J.G. Ballard, dan aan de toenmalige Engelse sociaal realistische cinema. De muziek doet de rest : Bowie, Kraftwerk, Ian Dury, Robert Fripp, Wreckless Eric, Devo en als bonus het acteursdebuut van zanger Sting.

11.09 > 20:00 + 14.09 > 18:00 + 18.09 > 22:00 + 28.09 > 22:00
Revengers Tragedy

De setting is een dystopisch en post-apocalyptisch Engeland in het jaar 2011. Na 10 jaar keert een man terug naar Liverpool op zoek naar wraak voor de moord op zijn vrouw door de Hertog, de pater familias van een decadente en criminele aristocratische familie.
Revengers Tragedy is een energieke, anachronistische bewerking van de bloederige klassieke 17de eeuwse tragedie van Thomas Middleton, een tijdgenoot van Shakespeare. Regisseur en iconoclast Alex Cox (Repo Man, Sid And Nancy, Three Businessmen) verpakt dit Jacobijns drama over incest, chaos en wraak in een supergestileerde zwarte punk komedie vol gepiercte en getatoeëerde schurken in gevederde pruiken. Hij trekt bewust parallellen naar het Engeland van nu, een Engeland geobsedeerd door oppervlakkige schoonheid, geld, lust, privileges en macht. De scherpe tweedeling tussen superrijken en straatarmen, de corruptie en rechteloosheid, de vulgaire en sensatiebeluste media : de film is een vivisectie van een maatschappij aan de rand van de ondergang. Op flamboyante wijze rekent hij o.a. af met de hysterie rond de dood van prinses Diana en het verraad van Tony Blair’s New Labour aan zijn arbeiders principes. Oorspronkelijk wou Cox zijn prent eindigen met beelden van de Twin Towers maar hij werd hierin tegengehouden door de financiers van de film. Hoe dan ook, het resultaat is pure camp en één van de beste Britse films van de laatste jaren.

11.09 > 22:00 + 18.09 > 20:00 + 21.09 > 18:00 + 26.09 > 22:00
Alan Clarke

Samen met Ken Loach en Mike Leigh was Alan Clarke één van de voortrekkers van de Britse televisie en film producenten/regisseurs uit de jaren 70 en 80, gespecialiseerd in het zogenaamde “sociale realisme”.
Geboren in 1935 als zoon van een metselaar werkte Clarke zelf een tijdje als arbeider alvorens hij als scenarist en regisseur voor de BBC aan de slag ging. In 1977 regisseerde hij er de explosieve en controversiële televisiefilm, “Scum”, over het corrupte en brutale Britse jeugdgevangenissysteem. De film werd prompt door de BBC in de ban geslagen omwille van het grafische geweld (en, zo mogen we veronderstellen, de kritiek op het rechtssysteem). Woedend besloot Clarke om het verhaal in eigen beheer en met dezelfde cast te herfilmen en in 1979 uit te brengen als bioscoopfilm. Dit doorzettingsvermogen, gekoppeld aan een ongebreidelde energie, was kenmerkend voor Clarke, evenals zijn keuze voor verhalen over institutioneel en privaat geweld. Hij liefste van al tackelde hij de maatschappelijke en sociale hete hangijzers van zijn tijd. Zo volgde hij in “Made in Britain” een losgeslagen skinhead en castte hij voor het televisiedrama “The Firm” uit 1988 Gary Oldman in de rol van een huisvader annex voetbal hooligan. Alles bij elkaar genomen was Clarke één van de grootste pleitbezorgers voor een authentieke “cinema d’urgence”.
Alan Clarke overleed in 1990 op slechts 55-jarige leeftijd aan kanker. Zijn invloed op een hele generatie Britse acteurs -Tim Roth, Gary Oldman en Ray Winstone- en hedendaagse regisseurs als Danny Boyle, Harmony Korine en Gus Van Sant (wiens film Elephant geïnspireerd werd door de gelijknamige korte televisiefilm van Alan Clarke, een woordeloos en haast surreëel experiment over moorden en aanslagen), is nauwelijks te onderschatten.


Scum

De bioscoopversie van het verboden BBC televisie drama is zo mogelijk nog brutaler. Dit is filmmaken op het scherp van de snee : een harde en confronterende inkijk in het toenmalige Britse Borstal heropvoedinginstituut voor jeugddelinquenten. Ray Winstone geeft een intense vertolking als een jonge crimineel die terechtkomt in een regime waar er van educatie, begeleiding en verbetering geen sprake is. Integendeel, hij leert al gauw dat enkel de wet van de sterkste geldt en dat de directie en begeleiders de interne machtsstrijd tussen de gedetineerden actief aanmoedigt.

13.09 > 22:00 + 20.09 > 22:00 + 21.09 > 20:00
Made in Britain

Een intelligente en gewelddadige skinhead zit op ramkoers met zowat alles en iedereen. Met een ongelooflijke grote bek maakt hij alom amok en ontketent een cyclus van haat, vernieling en zelfvernietiging dat geen enkele goedbedoelende sociale werker kan doorbreken. In zijn opmerkelijke debuut als acteur zet Tim Roth (Reservoir Dogs, Pulp Fiction) een onvergetelijk personage neer dat zowel fascineert als afschuw opwekt. Alan Clarke levert met deze briljante film een doordachte studie af van de gedesoriënteerde en destructieve jeugd in Margaret Thatcher’s "jolly old England".

14.09 > 20:00 + 19.09 > 22:00 + 21.09 > 22:00
Patrick Keiller

Patrick Keiller is zeker en vast een van de meest verrassende en stimulerende regisseurs die de Engelse cinema de twee laatste decennia heeft voortgebracht. Hij is van opleiding architect en maakt in de jaren ’80 installaties waar architectuurfotografie geconfronteerd wordt met fictieve structuren. Begin jaren ’90 richt hij zich op cinema. Zijn eerste films bouwen voort op deze mengeling van documentaire en fictie. Hij wordt beïnvloed door de eerste films van Chris Marker en Jean-Luc Godard, maar het is met Peter Greenaway van de eerste “persing” dat Keiller vaak wordt vergeleken.
De twee films die we voorstellen zijn nog nooit vertoond in België en vormen op een bepaalde manier twee opussen van dezelfde film. Een fictieve verteller (Paul Scofield, een Engelse acteur die onlangs is overleden en die vaak werd vergeleken met Laurence Olivier) vertelt ons offscreen over zijn wandelingen, dwaaltochten, zijn leven en vooral dat van zijn vriend en ex-geliefde Paul Robinson, in een Londen en Engeland in volle economische, politieke en sociale omwenteling.
Architectuur, aardrijkskunde, geschiedenis, politiek, economie, sociologie, kunst, literatuur, Franse invloeden, surrealisme... al deze elementen vermengen zich in een erudiete, humoristische en lichtvoetige cinematografische potpourri.


London

Gedraaid over een periode van 12 maanden, is "London" een psycho-geografische dwaaltocht door het Londen van begin jaren ’90. Een fotograaf, die onze verteller zal zijn tijdens de hele film, wordt gevraagd door zijn vriend en ex-geliefde Paul Robinson hem te helpen in zijn onderzoek naar de essentie van Londen. Via een reeks opeenvolgende becommentarieerde foto-cinematografische tableaus ontdekken we een stad die onstuitbaar uitdeint, een fagocyt en tegelijkertijd een fascinerend organisme, waar achter het alledaagse absurde en surrealistische facetten kunnen schuilgaan. Verwijzingen naar het heden en het verleden lopen door elkaar heen. Het is de tijd van de IRA-bombardementen, de verkiezing van John Major, de Europese monetaire crisis, ... . Citaten uit Rimbaud, Baudelaire, Apollinaire dompelen ons onder in een utopisch visionarisme dat in de 19de eeuw nog kon bestaan. Want Londen, dat in 1900 al 6,5 miljoen inwoners telde en toen al gebukt ging onder de kwellingen van overurbanisatie, was ongetwijfeld de eerste echte metropool ter wereld...

13.09 > 20:00 + 19.09 > 20:00
Robinson in Space

Onze verteller (zie "London") en zijn vriend Paul Robinson zijn gerekruteerd door een internationaal reclamebureau om te onderzoeken wat voor kwaads aan Engeland vreet. Geïnspireerd door de geschriften van Daniel Defoe ondernemen ze daarop zeven reizen doorheen het eiland. Een overpeinzing van de situationistische Belgische schrijver Raoul Vaneigem geeft al van in het begin de toon aan : er moet een brug worden geslagen tussen de verbeelding en de realiteit waarin we leven...
Opgebouwd uit een reeks tableaus, voert "Robinson in Space" ons mee op een reis met filosofische trekjes en dompelt ons onder in een banaal en folkloristisch Engeland. De heldere verbeelding van de verteller-fotograaf ontwaart echter al snel onverhoedse facetten in de schijnbaar saaie alledaagsheid. We ontdekken een land met twee gezichten : dat van de haves, dat goed verborgen is, en dat van de have-nots, dat zich voor iedereen etaleert. Net als in "London" laat Keiller ons de schoonheid in het lelijke zien.

14.09 > 22:00 + 20.09 > 20:00
John Smith

Sinds enkele jaren vertonen wij regelmatig werk van John Smith, zo ondermeer een kleine retrospectieve in 2001. Met veel plezier nodigen wij hem opnieuw uit in het kader van de Home Made programmering. Met zijn eerste korte films in de jaren’70 flirt John Smith met de structuralistische beweging, maar hij laat deze al snel achter zich. Hij oriënteert zich naar een meer ludieke vorm van cinema die breekt met de ernst van de beweging. Smith onderzoekt en bevraagt zowel de verschillende aspecten van de cinematografische taal als de manier waarop wij de realiteit "zien". In later werk verlegt hij de focus naar het alledaagse die hij vanuit vreemde en verrassende perspectieven toont. Het zijn beklijvende beelden die hij vaak zelf offscreen becommentarieerd met zijn karakteristieke, subtiele en "stiff upper lip" humor.
Op het programma staan 3 vertoningen. Een eerste met enkele "klassiekers" uit het uitgebreide oeuvre. Een tweede gewijd aan de "Hotel Diaries", dagboeken van zijn vele hotelverblijven. Om dan te eindigen met een niet te missen filmles.

JOHN SMITH (1)

+ Associations

John Smith, 1975, GB, 16mm, , 7'

+ The Girl Chewing Gum

John Smith, 1976, GB, 16mm, , 12'

+ The Black Tower

John Smith, 1985, GB, 16mm, , 24'

+ Om

John Smith, 1986, GB, 16mm, , 4'

+ Blight

John Smith, 1994, GB, 16mm, , 14'

+ Worst Case Scenario

John Smith, 2003, GB, video, , 18'

JOHN SMITH (2)

HOTEL DIARIES
John Smith, UK, 2001-2007, video, vo / ov,
FROZEN WAR 11’/ MUSEUM PIECE 12’/ THROWING STONES 11’/ B&B 6’/ PYRAMIDS 7’/ DIRTY PICTURES 14’/ SIX YEARS LATER 9’

JOHN SMITH (3)
Filmles

27.09 > 19:00 + 27.09 > 22:00 + 28.09 > 20:00
Associations
The Girl Chewing Gum
The Black Tower
Om
Blight
Worst Case Scenario
Matt Hulse

Matt Hulse hebben we voor het eerst uitgenodigd in 2001, toen er een programmering liep rond animatiefilm. Sindsdien richt hij zich niet meer zo op echte animatie pur sang, maar zijn werk blijft net zo ongebonden, scherp en eclectisch als ervoor. Extravagant, spottend, grappig, brutaal : de cinema van Matt Hulse kan op heel wat manieren beschreven worden. De meeste van zijn films geven blijk van een onverholen plezier om zich de werkelijkheid toe te eigenen. Hij doet dit met zo’n vrije creativiteit, zowel qua taal als qua vorm, dat we hem makkelijk kunnen beschouwen als een directe erfgenaam van het dadaïsme en het surrealisme. Zijn honger naar exploreren en experimenteren lijkt grenzeloos en in zijn handen kan alles aanleiding geven tot een film : een fait divers, een ongeluk, een droom, een toevallige gebeurtenis, een liedje, een geluid, een foto... Zo is Matt Hulse ook de bezieler van een cinematografisch project dat in geen enkel hokje kan geplaatst worden, "The Audible Picture Show" : een verzameling in wording van korte geluidsfilms, geregisseerd door een hele sleep regisseurs.
Twee niet te missen vertoningen : een reeks korte films gemaakt tussen 1988 en 2008, plus een experiment met beeld én geluid.

Nyheter

MATT HULSE (1)

+ Sine Die

Matt Hulse, 1994, GB, super8 > video, , 4'

+ That Kilty Feelin

Matt Hulse, 1995, GB, video, , 1'

+ Take Me Home

Matt Hulse, 1997, GB, 16mm, , 7'

+ Wee Three

Matt Hulse, 1998, GB, 16mm, , 5'

+ Hotel Central

Matt Hulse, 2000, GB, 35mn, , 10'

+ Purple Rinse

Matt Hulse, 1988, GB, video, , 4'

+ Deja Vu

Matt Hulse, 1988, GB, video, , 4'

LOSLASSEN
Matt Hulse, UK, 2002, film on video 6’

GOD SAVE THE QUEEN
Matt Hulse, UK, 2002, film on video 4’

THERE IS ONLY LIGHT
Matt Hulse, UK, 2004, film on video 4’

REPLAY
Matt Hulse, UK, 2005, film on video 9’

MATT HULSE (2)
"The Audible Picture show", voorstelling van korte geluidsfilms ; in het Engels

+
SEE NOISE HEAR LIGHT
Matt Hulse, UK, 2007, film on video 30’
Avec/met : Keiji Haino/Tony Conrad. Nmperign/Jason Lescalleet. Jazkamer. Sachiko. Maryanne Amacher. Blood Stereo/Ludo Mich. Ellen Fullman/Sean Meehan. Oshiri Penpenz. Bohman Brothers. Eye Contact. Steve Baczkowski/Ravi Padmanabha. Arrington de Dionyso. Lee Paterson. Kuwayama/Kijima.Tetsuya Umeda. Lethe.

26.09 > 20:00 + 28.09 > 18:00
Sine Die
That Kilty Feelin
Take Me Home
Wee Three
Hotel Central
Purple Rinse
Deja Vu
Miranda Pennel

Van opleiding is Miranda Pennell danseres en choreografe, maar sinds enkele jaren draait ze ook korte films die vele prijzen op festivals wereldwijd wegkapen. Verwacht geen geijkte dansfilms maar veeleer subtiele observaties van menselijk gedrag, geïsoleerd of in groep : jonge rockers, dansers, skaters, soldaten, ...
We zijn allen geconditioneerd door onze omgeving en onze activiteiten, een conditionering die zich openbaart in onze gebaren en bewegingen, zelfs de meest intieme. Ze maakt dit statement met veel gevoel voor ironie en tovert daarbij een glimlach op de lippen van de kijker.

+ Lounge

Miranda Pennell, 1995, GB, video, , 7'

+ Night work

Miranda Pennell, 1998, GB, video, , 14'

(in samenwerking met muzikant Barry Adamson)

+ Tattoo

Miranda Pennell, 2001, GB, video, , 9'

+ Human Radio

Miranda Pennell, 2002, GB, video, , 9'

+ Magnetic North

Miranda Pennell, 2003, GB, video, , 9'

+ Fisticuffs

Miranda Pennell, 2004, GB, video, , 11'

+ You made me love you

Miranda Pennell, 2005, GB, video, , 4'

+ Drum Room

Miranda Pennell, 2007, GB, video, , 15'

27.09 > 20:30
Lounge
Night work

(in samenwerking met muzikant Barry Adamson)


Tattoo
Human Radio
Magnetic North
Fisticuffs
You made me love you
Drum Room
http://www.nova-cinema.org/spip.php?page=print&id_rubrique=1135&lang=fr