#187

  •    ven 30.09 > 20:00

    Jef Klak : Feu follet   [Micro Evening]

    Varia

    Le collectif Jef Klak, que la Microboutiek du Nova avait déjà accueilli en décembre 2019, vient nous présenter sa dernière revue papier : "Feu follet", qui explore les relations multiples qu’entretiennent les vivants et les morts – des plus intimes du deuil aux éclatants enterrements politiques qui marquent les luttes et les mouvements sociaux. À rebours des récits majoritaires qui effacent certaines mémoires, le huitième numéro de la revue fait place aux morts niées, maltraitées, jugées peu dignes d’être pleurées. À l’occasion de cette soirée, Jef Klak invite la réalisatrice Fatima Kaci.

    + Terre d’ombres
    Fatima Kaci, 2021, FR, HD, vo fr & ar st fr, 38'
  • ven 30.09 > 22:00

    The other

    Guattari chaosmik
    Robert Mulligan, 1972, US, DCP, vo ang st fr, 108'

    Été 1935, les couleurs sont vives dans le petit hameau bucolique du Connecticut qui abrite la ferme de la famille Perry. Miles et Holland, deux jumeaux fusionnels débordant d’énergie, passent leur temps à jouer ensemble même si leur personnalité les oppose. Miles, toujours avenant et candide, est sous l’influence de son frère, sarcastique et sournois. Ida, leur vénérable grand-mère, pressentant la clairvoyance médiumnique de Miles, l’initie "au grand jeu" qui consiste à le faire entrer dans la peau d’un autre, humain ou animal et à décrire ce qu’il vaut. Quand les drames à répétition frappent la famille et son voisinage, le cours de l’histoire prend une tournure glaçante et nihiliste… Mené par une mise en scène et un jeu d’acteur magistral, "The Other" a été largement sous-estimé à l’époque où il est sorti, sauf peut-être par Félix Guattari, littéralement fasciné par ce film. Sur grand écran au Nova, une occasion à ne pas manquer !

  •    sam 01.10 > 20:00

    Texas Trip   [Film]

    Films + concerts
    A Carnival of Ghosts
    Steve Balestreri & Maxime Lachaud, 2020, FR, DCP, vo ang st fr, 79'

    Débutant sur des images de Drive-in à l’abandon, ces temples à ciel ouvert du cinéma bis que les spectateurs regardaient de leur voiture, “Texas Trip” nous embarque dans un voyage crépusculaire où les monstres et les peurs ont quitté les écrans pour survivre dans les interstices d’une Amérique consumériste agonisante. Avec comme fil conducteur, le processus créatif d’artistes mutants issus de la scène underground du Lone Star State, parmi lesquels Giless “Mother Fakir”, musicien performeur se jouant de la douleur, et Grady Roper alias Attic Ted, songwriter au “freakshow” exubérant et ses personnages masqués qui contamineront petit à petit les espaces fantomatiques de banlieues post-apocalyptiques. Plus qu’un documentaire sur des artistes marginaux du Sud profond des États-Unis, de par sa forme maîtrisée, jalonnée d’extraits de films B ou Z, “Texas Trip” se regarde telle une expérience hallucinée !

  •    sam 01.10 > 22:00

    Attic Ted   [Concert]

    Films + concerts
    US,

    Issu de l’underground texan, Attic Ted tourne régulièrement depuis une dizaine d’années en Europe. Accompagné parfois d’acolytes musiciens, il se produira cette fois en solo, comme sorti de l’écran du Nova encore embué des fantômes de “Texas Trip”, pour une performance post-punk avec clarinnette, guitare électrique, synthé Casio et effets low-fi. Songwriter compulsif aux ballades déjantées, Attic Ted dissèque la psyché tordue de l’Amérique profonde, en passant par la sienne, non sans humour et énergie. Campant à tour de rôle des personnages grotesques aux masques bariolés qu’il confectionne à partir de packs de bières, son univers psycho-burlesque semble issu d’un carnaval gothique célébrant la tragi-comédie humaine sur laquelle nous sommes invités à danser !

  •    dim 02.10 > 18:00

    Vidéographie : clap #1   [Compilation]

    Vidéographie
    1976-1979, BE, DCP, vo fr st nl, 60'

    Quelques extraits et moments emblématiques des débuts de l’émission TV "Vidéographie" : une présentation de ce qu’est la vidéo légère, une introduction au fonctionnement d’une caméra "paluche" et d’un synthétiseur image, et quelques considérations de l’époque autour de l’art vidéo. Pour compléter le programme, quatre courts métrages réalisés par des artistes/cinéastes devenus incontournables dans l’histoire du cinéma et de la vidéo-art belges.

    → En présence de Jacques Delcuvellerie, Dick Tomasovic, Boris Lehman,

    + Aile 4 neige
    Jacques Louis Nyst, 1978, BE, video, vo fr , 19'
    + Le Tombeau des Nains
    Jacques Louis Nyst, 1975, BE, video, sans dial, 2'
    + Quelques séquences d’art sans talent
    Jacques Lizène, 1979, BE, video, vo fr , 11'
    + Marcher ou la fin des temps modernes
    Michel Blondeel & Boris Lehman, 1979, BE, video, vo fr , 27'
    + ...
  •    dim 02.10 > 21:00

    Vidéographie : clap #2   [Compilation]

    Vidéographie
    1976-1979, BE, DCP, vo fr st nl, 60'

    "La télévision ne doit pas être que du spectacle". Tout au long de ses 10 années d’existence, "Vidéographie" n’a cessé de démontrer que la vidéo légère était non seulement un outil de création mais aussi d’expression à la portée de tous. L’émission s’est toujours intéressée à des expériences socio-politiques où la caméra vidéo était un outil de sensibilisation et de revendication. Elle a régulièrement programmé des courts documentaires réalisés par des groupes militants, proposé des reportages sur les premières expériences de télévisions communautaires, organisé des tables rondes… À travers un "medley" d’extraits de 1976 à 1979, cette deuxième séance mettra en exergue l’aspect engagé de "Vidéographie".

    → En présence de Jacques Delcuvellerie, Dick Tomasovic, Boris Lehman

  •    jeu 06.10 > 19:00

    Basile Richon   [Expo]

    Guattari chaosmik
    Vernissage

    Basile Richon est un artiste travaillant à la conception de machines, de dispositifs et d’installations modulaires évolutives. Nous avons la joie d’accueillir quelques-uns de ses prototypes au Nova durant nos festivités guattariennes. Ces appareillages peuvent devenir producteurs de traces et d’enregistrements qui traduisent les interactions et les mouvements avec le milieu dans lequel ils évoluent. Si ces dispositifs nous apparaissent autonomes, ils n’en demeurent pas moins machiniques, branchés sur les machines sociales, animales, désirantes et immatérielles.

    → Du 06.10 au 23.10. Vernissage le 06.10 à 19:00 en présence de Basile Richon

  •    jeu 06.10 > 20:00

    Terra in Vista   [Prima Nova]

    Guattari chaosmik
    Giulia Angrisani & Mattia Petullà, 2022, BE, DCP, vo st fr & ang, 88'

    Cecilia, Armelle, Gibbo et Sisco mènent une vie libre et imprévisible, rythmée par le travail saisonnier. Affranchis de l’angoisse générée par une routine systémique, par l’uniformisation de nos sociétés du profit, les protagonistes de "Terra in vista" réinventent un quotidien nomade. Ils naviguent à vue, oui, et ne passent pas à côté de l’occasion de jouer avec la vie, cette vie douce-amère, qu’il faut tordre pour rendre belle, dans de courts moments de création, à petite échelle mais à grande envergure, à l’échelle de la révolution moléculaire de Félix Guattari. Ainsi, tout au long de ce film on assiste à un déploiement théâtral, où le réel et l’imaginaire font coalescence, simplement, magnifiquement. Cecilia chante une chanson maudite à Gibbo, elle nous lit sa poésie "Je veux juste guérir…". Et Sisco nous réveille avec une radio libre qu’il anime, "radio intime". Captée par une photographie remarquable, une image-pensée, cette vie en périphérie qui fait de la précarité une recherche, se trouve en réalité au centre de l’action pour faire changer l’état du monde.

    → Projection précédée d’une introduction à Félix Guattari par Anne Querrien, et suivie d’une discussion en présence des réalisateurs.

    → Après le film et la discussion, Happening avec Ramuntcho Matta artiste pluridisciplinaire : "Quand mon frère s’est suicidé, mon père m’a emmené chez un psy. Ce psy m’a invité à aller passer l’été dans sa clinique pour y donner des ateliers, j’avais 16 ans et ce psy s’appelait Félix Guattari". Quelques années plus tard on apercevra le philosophe danser dans le clip d’une chanson composée par Ramuntcho avec Elli Médeiros "Toi mon toit"…

  • ven 07.10 > 19:00

    Ice

    Guattari chaosmik
    Robert Kramer, 1969, US, 16mm, vo ang st fr, 130'

    Un des premiers films de Robert Kramer, bien que produit avec les membres du collectif Newsreel qui s’étaient rencontrés lors de la manifestation du Pentagone contre la guerre du Vietnam en 1967. Dans cette fiction d’anticipation politique, nous suivons les tribulations d’un groupe engagé dans un processus révolutionnaire de lutte armée, au niveau régional d’abord (New York) puis national. À la fois extrêmement incisif et quelque peu glaçant, on reste ébahi par la maîtrise de la caméra et de la mise en scène. Par ailleurs, on ne peut s’empêcher de penser ici aux circonstances des Années de plomb en Italie et en Allemagne, dans le sillage des années 60, avec lesquelles Guattari était aux prises. Que Kramer et lui deviennent amis et écrivent un scénario ensemble s’impose comme une évidence lorsqu’on aperçoit dans le film ce mantra constructiviste  : "Personne ne vous donne l’avenir, nous le faisons ensemble. Il n’y a pas de plans ou de modèles."

    + Goldman crash
    Etienne Caire, 2018, FR, 16mm, sans dial, 8'
  • ven 07.10 > 22:00

    Land of Warm Waters

    Land of Warm Waters
    Igor & Ivan Buharov, 2021, HU, super8 > video, vo hu st fr & ang, 82'

    La révolution des plantes est proche ! La chlorophylle est passée à l’offensive et s’attaque à la corruption, elle exerce un pouvoir envoutant sur les militaires qui jettent leur fusil pour aller embrasser une reine-des-prés ou étreindre une fougère. Bienvenue dans le monde des frères Buharov ! Un monde qui se rêve, vous l’aurez compris, à partir d’un activisme ferme contre l’ordre établi et qui déploie avec beaucoup d’humour et de fantaisie un récit fourmillant touchant à des questions politiques bien contemporaines. Mentaliste, prêtre, chaman, espion s’y côtoient joyeusement en répandant leur bio-énergie : "Le savoir cosmique n’est pas le résultat d’une entreprise secrète, c’est plutôt un savoir familial, accessible à tous". "Land of Warm Waters" est un film de terroir aux couleurs éclatantes, tourné en super 8 comme toujours chez les Buharov, une fable éco-futuriste pourvue d’une pléiade de personnages hauts en couleur magnifiquement interprétés, notamment par le cinéaste-acteur engagé Hajdu Szabolcs et son épouse Orsolya Török-Illyés. Les paysages, les décors urbains, les comédiens fantasques, la bande son, les dialogues, tout y est savoureux. Leur style unique, soutenu par presque 30 ans d’une pratique qui s’étend de l’art plastique à la création musicale, en passant par la performance et le théâtre, s’est forgé dans un esprit de déconnade qui refuse de se prendre au sérieux. À propos de leur dernier opus, Igor et Ivan affirment ainsi volontiers avoir tenter de construire un labyrinthe post-hongrois, dans lequel ils seraient par la suite eux-mêmes tombés.

    → Le 23 et le 25.09 à 20:00, le film sera présenté et suivi d’une discussion avec les cinéastes.

  •    sam 08.10 > 17:00

    Dans les traces de Barbara Glowczewski   [Ciné-conférence]

    Guattari chaosmik
    Écosophie

    "La crise écologique renvoie à une crise plus générale du social, du politique et de l’existentiel. Ce qui se trouve mis en cause ici, c’est une sorte de révolution des mentalités, afin qu’elles cessent de cautionner un certain type de développement fondé sur un productivisme ayant perdu toute finalité humaine". C’est à partir de ce constat que Félix Guattari élabore en 1989 le concept d’écosophie dans "Les trois écologies". Cette séance se donne pour objectif de mettre en lumière la force actuelle de ce concept qui nous invite à relier l’écologie environnementale aux champs plus vastes du social et du mental. Elle puise l’inspiration dans des initiatives et des expériences qui nous relient à la terre, que ce soit en terme de lutte autochtone ou de réactualisation de savoirs. Nous cheminerons avec Barbara Glowczewski, complice de ce programme consacré à l’écosophie. Ethnologue, chercheuse en anthropologie sociale et activiste, autrice de nombreux ouvrages dont le dernier en date "Réveiller les esprits de la Terre", elle évoquera sa rencontre avec le philosophe, leurs échanges à partir de sa thèse sur les aborigènes Warlpiri d’Australie, et comment ses travaux furent incorporés dans l’élaboration de cartographies schizo-analytiques. Avec des films de jeunesse de facture expérimentale, nous plongerons dans le parcours insolite de celle qui pratique une anthropologie indisciplinée et réticulaire. Des lignes d’erre de Deligny aux territoires existentiels qui s’incarnent dans les ZAD, en passant par les archives Warlpiri de Barbara, les rituels thérapeutiques de N’Doep, et quelques surprises visuelles et sonores, cette séance participera, on l’espère, à régénérer notre subjectivité pour mieux défendre tout ce qui vit sur Terre.

  •    sam 08.10 > 20:00

    La caméra bigle   [Film + rencontre]

    Guattari chaosmik
    Montage d’archives du réseau Deligny
    Martín Molina & Marina Vidal-Naquet, 2021, FR, super8 > video, sans dial, 42'

    Entre Félix Guattari et Fernand Deligny, les liens sont étroits depuis l’arrivée à La Borde de ce dernier en 1965. Ensemble, ils organisent des projections et militent contre la guerre du Vietnam. C’est là qu’est confié à Deligny par ses parents, Janmari, un enfant autiste-mutique. En 1968, Deligny quitte la Clinique et descend dans les Cévennes par l’entremise de Guattari qui venait d’y acheter une grande maison investie par des militant.es. C’est le point de départ d’un réseau d’accueil d’enfants mutiques hors des balises institutionnelles. Les images en super 8 présentées ici se faisaient à destination des parents pour leur donner à voir les conditions d’existence qui avaient cours dans le réseau. Dans l’immense poésie des gestes, des trajets et de l’émoi, nous retrouvons la pensée foisonnante de Deligny à propos du cinéma. Notons que trois numéros de la revue "Recherches" sont dédiés à la "tentative des Cévennes" et au travail des cartes de lignes d’erre inspiratrices du fameux "rhizome", c’est dire les branchements entre ces deux-là.

    → Projection suivie d’une rencontre avec Martín Molina.

  •    sam 08.10 > 22:00

    La Lande

    Guattari chaosmik
    Michel D, 2022, FR, video, vo fr , 90'

    "La Lande" est un objet étrange, drôlatique et surprenant, d’autant plus qu’il fut tourné entre 2017 et 2022 sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes avec pour seule fin une certaine dose de plaisir. Le synopsis – comme une énigme à la David Lynch, d’ailleurs cité en référence – est le suivant  : "Très peu de gens connaissent l’existence de la Lande. Encore moins la trouvent… Et pourtant, elle n’est pas cachée". Son réalisateur nous avertit que le film est "une fiction qui ne cherche pas à représenter la ZAD. Il ne porte pas de propos politiques particuliers". L’intrigue nous tiendra néanmoins sur ces lieux aujourd’hui considérés comme le théâtre d’une des grandes "victoires" politiques et populaires de ces dernières décennies, à savoir le soulèvement contre la construction d’un aéroport international. Guattari parlait de "prise de terre" à propos des luttes à venir. Nous sillonnerons donc ces landes marécageuses où s’agite un peuple mutant et insolite.

    → Projection suivie d’une rencontre avec le réalisateur.

  • dim 09.10 > 15:00

    De quelques évènements sans signification

    De quelques évènements sans signification
    About Some Meaningless Events
    Mostafa Derkaoui, 1974, MA, 35mm > video, vo ar st fr & ang, 76'

    Que pensez-vous du cinéma marocain ? "De quelques évènements sans signification" s’ouvre sur cette question. Une équipe de tournage interroge les gens dans les rues de Casablanca : quel sujet devrait aborder le jeune cinéma marocain en cette année 1973 ? Les réponses sont aussi variées que les personnes rencontrées. Les membres de l’équipe, eux aussi, débattent : ambitionnant de "créer un cinéma marocain" indépendant, ils expérimentent et cherchent à bousculer les codes et le langage cinématographiques. Puis tout dérape au son du free-jazz lorsqu’ils se mettent à suivre un jeune homme qui les fascine, tant celui-ci semble contenir en lui toutes les questions sociales, tous les rapports de force et d’exploitation qui agitent le Maroc. L’homme finit par leur échapper dans une impressionnante séquence de bar, et leur rappelle qu’il connaît vraiment la misère, tandis qu’eux ne seront jamais qu’une bande d’intellectuels, toujours en surplomb malgré leurs bonnes intentions. Avec ce premier long métrage, Derkaoui a voulu proposer "une expérience qui soit propre à nous, qui ne reprenne ni les autres expériences faites dans les pays capitalistes, ni celles connues au Tiers-monde". On ne saurait mieux dire, tant ce film est unique : bien que nourri par le néo-réalisme et la Nouvelle Vague, Derkaoui impressionne par sa lucidité sur le prétendu pouvoir du cinéma. Il fait un cinéma d’auteur, et non de hauteur, questionnant les logiques de domination et l’histoire coloniale qui va avec. La censure ne s’y est pas trompé : elle a interdit le film avant même sa sortie. On l’a longtemps cru perdu. Il est retrouvé en 2016, restauré par la Filmoteca de Catalunya et ressorti lors de la 69ème édition de la Berlinale. Le voici pendant 6 semaines sur l’écran du Nova.

    → Le 16.10 à 17:00, le film sera présenté et suivi d’une discussion avec Léa Morin.

  •    dim 09.10 > 17:00

    La Machine Félix   [Films + rencontre]

    Guattari chaosmik

    Pour cette séance singulière nous aurons la chance d’être en présence d’Anne Querrien, Isabelle Stengers (philosophe), Barbara Glowczewski (anthropologue) et François Pain (cinéaste), tous·tes ayant côtoyé la personne et la pensée de Guattari en grande proximité. Nous tenterons de revenir sur la transversalité de son itinéraire avec une panoplie de courts métrages et d’extraits sonores et vidéos où nous pourrons sentir sa pratique, sa parole et ses analyses aussi bien à Vincennes, à La Borde, à la radio ou auprès de son entourage. Nous discuterons de ses multiples expériences de groupes, que ce soit par la Psychothérapie Institutionnelle, avec Gilles Deleuze, ainsi qu’avec la revue "Recherches" et le Centre d’études, de recherches et de formation institutionnelles (CERFI) qui fut essentiel après 1968 pour lui et bien d’autres. Dans un film de François Pain, il confie sur le divan  : "je me suis guéri par mes histoires de groupes ... enfin pas totalement".

    → Anne Querrien est en grande partie à l’initiative des festivités guattariennes de cet automne. Elle sera présente tout au long de cette programmation. Sociologue et urbaniste de formation, elle devient au début des années 70 secrétaire général du CERFI (créé par Guattari). Elle enseigne à Paris VIII et Paris I, et participe à la rédaction des revues "Les Annales de la recherche urbaine", "Chimères" et "Multitudes".

    + D’une machine à l’autre, un même flux
    François Pain, 2019, video, vo fr st ang, 18'
  •    dim 09.10 > 20:00

    Min Tanaka, La Borde - Tokyo   [Films + rencontre]

    Guattari chaosmik
    Joséphine Guattari & François Pain, 2002, FR, video, vo ja st fr, 38'

    En 1986, Guattari rencontre Min Tanaka initié au butô, cette danse du "corps obscur" qu’il proposera aux pensionnaires de la Clinique de La Borde. Quinze ans plus tard, François Pain donne la parole au Japonais qui relate cette expérience chaosmique où se mêlent devenir-humain, -animal, -minéral -végétal, -enfant, -vieillard, -fou, -mendiant ; ainsi que son contact avec Félix qui "en réalité n’existe plus, mais le danseur redonne vie aux gens disparus".

    → Discussion après les films en présence du cinéaste François Pain co-fondateur de la Fédération des Radios Libres non commerciales (1978), il travaille à la Clinique de La Borde de 1965 à 1972 où il rencontre Deligny, Guattari et les causes défendues là-bas : le Vietnam, le droit à l’avortement. Il est aussi un proche de Jean-Pierre Beauviala, inventeur, entre autres, de la caméra La Paluche.

    + Le cahier vert
    François Pain, 1980, FR, video, vo fr , 20'
  • dim 09.10 > 22:00

    The other

    Guattari chaosmik
    Robert Mulligan, 1972, US, DCP, vo ang st fr, 108'

    Été 1935, les couleurs sont vives dans le petit hameau bucolique du Connecticut qui abrite la ferme de la famille Perry. Miles et Holland, deux jumeaux fusionnels débordant d’énergie, passent leur temps à jouer ensemble même si leur personnalité les oppose. Miles, toujours avenant et candide, est sous l’influence de son frère, sarcastique et sournois. Ida, leur vénérable grand-mère, pressentant la clairvoyance médiumnique de Miles, l’initie "au grand jeu" qui consiste à le faire entrer dans la peau d’un autre, humain ou animal et à décrire ce qu’il vaut. Quand les drames à répétition frappent la famille et son voisinage, le cours de l’histoire prend une tournure glaçante et nihiliste… Mené par une mise en scène et un jeu d’acteur magistral, "The Other" a été largement sous-estimé à l’époque où il est sorti, sauf peut-être par Félix Guattari, littéralement fasciné par ce film. Sur grand écran au Nova, une occasion à ne pas manquer !

  • jeu 13.10 > 20:00

    Land of Warm Waters

    Land of Warm Waters
    Igor & Ivan Buharov, 2021, HU, super8 > video, vo hu st fr & ang, 82'

    La révolution des plantes est proche ! La chlorophylle est passée à l’offensive et s’attaque à la corruption, elle exerce un pouvoir envoutant sur les militaires qui jettent leur fusil pour aller embrasser une reine-des-prés ou étreindre une fougère. Bienvenue dans le monde des frères Buharov ! Un monde qui se rêve, vous l’aurez compris, à partir d’un activisme ferme contre l’ordre établi et qui déploie avec beaucoup d’humour et de fantaisie un récit fourmillant touchant à des questions politiques bien contemporaines. Mentaliste, prêtre, chaman, espion s’y côtoient joyeusement en répandant leur bio-énergie : "Le savoir cosmique n’est pas le résultat d’une entreprise secrète, c’est plutôt un savoir familial, accessible à tous". "Land of Warm Waters" est un film de terroir aux couleurs éclatantes, tourné en super 8 comme toujours chez les Buharov, une fable éco-futuriste pourvue d’une pléiade de personnages hauts en couleur magnifiquement interprétés, notamment par le cinéaste-acteur engagé Hajdu Szabolcs et son épouse Orsolya Török-Illyés. Les paysages, les décors urbains, les comédiens fantasques, la bande son, les dialogues, tout y est savoureux. Leur style unique, soutenu par presque 30 ans d’une pratique qui s’étend de l’art plastique à la création musicale, en passant par la performance et le théâtre, s’est forgé dans un esprit de déconnade qui refuse de se prendre au sérieux. À propos de leur dernier opus, Igor et Ivan affirment ainsi volontiers avoir tenter de construire un labyrinthe post-hongrois, dans lequel ils seraient par la suite eux-mêmes tombés.

    → Le 23 et le 25.09 à 20:00, le film sera présenté et suivi d’une discussion avec les cinéastes.

  • jeu 13.10 > 22:00

    Texas Trip   [Film]

    Films + concerts
    A Carnival of Ghosts
    Steve Balestreri & Maxime Lachaud, 2020, FR, DCP, vo ang st fr, 79'

    Débutant sur des images de Drive-in à l’abandon, ces temples à ciel ouvert du cinéma bis que les spectateurs regardaient de leur voiture, “Texas Trip” nous embarque dans un voyage crépusculaire où les monstres et les peurs ont quitté les écrans pour survivre dans les interstices d’une Amérique consumériste agonisante. Avec comme fil conducteur, le processus créatif d’artistes mutants issus de la scène underground du Lone Star State, parmi lesquels Giless “Mother Fakir”, musicien performeur se jouant de la douleur, et Grady Roper alias Attic Ted, songwriter au “freakshow” exubérant et ses personnages masqués qui contamineront petit à petit les espaces fantomatiques de banlieues post-apocalyptiques. Plus qu’un documentaire sur des artistes marginaux du Sud profond des États-Unis, de par sa forme maîtrisée, jalonnée d’extraits de films B ou Z, “Texas Trip” se regarde telle une expérience hallucinée !

  • ven 14.10 > 20:00

    3 T(emps)   [Compilation]

    Massimadi Festival
    + She is not a boy - (Transitions)
    Yuhong Pang & Robert Tokanel, 2018, US, DCP, vo ang st fr, 23'
    + Sex Sirens - (Transformations)
    Max Kutschenreuter & Poppy Sanchez, 2019, NL, DCP, vo nl st fr, 25'
    + Zurura, Zurura : le sourire fleurit - (Transmissions)
    Marthe Djilo Kamga, 2019, BE-CM-US, DCP, vo fr st ang, 19'
    + ...
  • ven 14.10 > 22:00

    Our dance of revolution

    Massimadi Festival
    Phillip Pike, 2019, CA, DCP, vo ang st fr, 102'

    "Our Dance of Revolution" est l’histoire inédite de la rébellion militante et passionnée de la communauté queer noire de Toronto sur quatre décennies. Ces pionniers ont exigé une ville où ils pourraient vivre leurs vérités à l’abri des menaces en tous genres et de la violence. Leur créativité transformatrice et leur organisation visionnaire ont rendu Toronto plus habitable pour les générations à venir. "Our Dance of Revolution" célèbre les légendes qui ont rendu visible ce qui était relégué à l’invisible.

  • sam 15.10 > 18:00

    Sidney & Friends

    Massimadi Festival
    Tristan Aitchinson, 2018, GB-KE-GB, DCP, vo ang st fr, 75'

    Pour échapper à la violence familiale, Sidney, personne intersexuée, rejoint Nairobi et y retrouve une association de jeunes trans qui lutte contre les discriminations. "Sidney & Friends" est une plongée dans la réalité kenyane telle que vécue par ses protagonistes qui nous content et partagent leurs histoires. Ce film nous prend aux tripes en nous faisant découvrir les transidentités et les identités intersexuées par des personnes rarement représentées et créant des cultures invisibilisées.

  • sam 15.10 > 20:00

    The Agressives

    Massimadi Festival
    Eric Daniel Peddle, 2005, US, DCP, vo ang st fr, 75'

    "The Agressives" offre un aperçu de la sous-culture des lesbiennes identifiées "agressives" qui font la distinction entre les définitions et les expressions de genre. Cinq ans durant, ce documentaire suit intimement la vie de six "agressives", toutes lesbiennes de couleur vivant à New York. À travers leurs expériences, le film s’attache au genre, à la sexualité, à la race et capture les adversités quotidiennes de l’existence queer, butch. Le film a inspiré Nneka Onuorah pour son film "The Same Difference" (projeté en 2018 par Massimadi).

  • sam 15.10 > 22:00

    Porcelain id   [Concert]

    Massimadi Festival

    Porcelain id est lia rwandais.e Hubert Tuyishime (23, iel). En tant que lauréat.e de Sound Track 2021 – 2022, iel fait partie de nos prodiges musicaux, loué.e par le jury pour ses paroles puissantes, sa voix forte et sa performance unique. Avec un son vocal particulier et poétique, influencé par la musique lo-fi et la pop classique, ses chansons révèlent des émotions brutes : vulnérables, sincères et authentiques. En juin, iel a sorti officiellement un premier morceau chez Unday Records avec le double single "Muschel/Vlaanderen". "Vlaanderen" parle des difficultés de croissance dans la relation entre des parents et un enfant queer, entre une société et ses sans-abris, entre des gens des deux côtés de la marge. La sortie de l’EP est prévue pour le mois de septembre, et sera à découvrir peu après lors du Festival Massimadi – à ne surtout pas rater !

  • sam 15.10 > 24:00

    Soirée de clôture + Dj Set

    Massimadi Festival

    Un festival Massimadi sans soirée de clôture serait inaudible, intransmissible, carrément inconcevable ! Alors préparez-vous à recharger vos batteries musicales ! C’est en effet une équipe de DJ décidés qui sera aux manettes et les vibrations émises risquent bien de vous saisir par tous les sens et par tous les membres ! Les noms des DJ seront dévoilés plus tard. Pour être tenu au courant, consultez notre site et suivez Massimadi sur les réseaux sociaux. Bon festival !

  •    dim 16.10 > 17:00

    De quelques évènements sans signification

    De quelques évènements sans signification
    About Some Meaningless Events
    Mostafa Derkaoui, 1974, MA, 35mm > video, vo ar st fr & ang, 76'

    Que pensez-vous du cinéma marocain ? "De quelques évènements sans signification" s’ouvre sur cette question. Une équipe de tournage interroge les gens dans les rues de Casablanca : quel sujet devrait aborder le jeune cinéma marocain en cette année 1973 ? Les réponses sont aussi variées que les personnes rencontrées. Les membres de l’équipe, eux aussi, débattent : ambitionnant de "créer un cinéma marocain" indépendant, ils expérimentent et cherchent à bousculer les codes et le langage cinématographiques. Puis tout dérape au son du free-jazz lorsqu’ils se mettent à suivre un jeune homme qui les fascine, tant celui-ci semble contenir en lui toutes les questions sociales, tous les rapports de force et d’exploitation qui agitent le Maroc. L’homme finit par leur échapper dans une impressionnante séquence de bar, et leur rappelle qu’il connaît vraiment la misère, tandis qu’eux ne seront jamais qu’une bande d’intellectuels, toujours en surplomb malgré leurs bonnes intentions. Avec ce premier long métrage, Derkaoui a voulu proposer "une expérience qui soit propre à nous, qui ne reprenne ni les autres expériences faites dans les pays capitalistes, ni celles connues au Tiers-monde". On ne saurait mieux dire, tant ce film est unique : bien que nourri par le néo-réalisme et la Nouvelle Vague, Derkaoui impressionne par sa lucidité sur le prétendu pouvoir du cinéma. Il fait un cinéma d’auteur, et non de hauteur, questionnant les logiques de domination et l’histoire coloniale qui va avec. La censure ne s’y est pas trompé : elle a interdit le film avant même sa sortie. On l’a longtemps cru perdu. Il est retrouvé en 2016, restauré par la Filmoteca de Catalunya et ressorti lors de la 69ème édition de la Berlinale. Le voici pendant 6 semaines sur l’écran du Nova.

    → Le 16.10 à 17:00, le film sera présenté et suivi d’une discussion avec Léa Morin.

  •    dim 16.10 > 20:00

    Łódź–Casablanca : la Pologne pour devenir cinéaste marocain   [Compilation]

    De quelques évènements sans signification

    En pleine période des “indépendances”, les jeunes cinéastes marocains étudiants à l’École de cinéma de Łódź vivent, avec leurs camarades venus du monde entier (Asie, Afrique, Amérique Latine…), des années de militantisme politique et de lutte en exil, d’apprentissage de la langue et de la culture polonaise, de combats collectifs en solidarité aux peuples opprimés, d’accès aux cinématographies du monde entier, de découverte et d’exploration de nouveaux milieux artistiques, notamment du free-jazz, de l’art conceptuel et du cinéma politique radical, mais aussi de rencontres avec les marges et les réalités politiques et sociales de la Pologne communiste. Ce programme concoté par Léa Morin retrace les années polonaises d’étudiants marocains à l’École de cinéma de Łódź, entre 1966 et 1973, du cinéma politique à l’expérimental, et notamment les 4 courts métrages réalisés par Mostafa Derkaoui.

    → Compilation présentée et suivie d’une discussion avec Léa Morin.

    + Leçon 41
    Abdellah Drissi, 1966, MA-PL, HD, vo st fr, 7'
    + Adoption
    Mostafa Derkaoui, 1968, MA-PL, HD, vo st fr, 4'
    + Les gens du caveau
    Mostafa Derkaoui, 1969, MA-PL, HD, vo st fr, 13'
    + Un jour, quelque part
    Mostafa Derkaoui, 1971, MA-PL, HD, vo st fr, 21'
    + Amghar
    Mostafa Derkaoui, 1968, MA-PL, sans dial, 4'
    + ...
  • jeu 20.10 > 20:00

    Open Screen

    Varia

    Depuis le début du cinéma Nova, l’Open Screen vous invite à venir montrer librement vos films sur grand écran. Quels que soient leur genre et format, que ce soit votre première œuvre cinématographique ou le fruit de longues années d’expérience, tous les films proposés seront projetés, à la seule condition de ne pas dépasser 15 minutes. Vingt-cinq ans que cette opportunité existe et est accessible gratuitement, pour un public souvent nombreux qu’il ne tient qu’à vous de surprendre ! Alors n’hésitez plus, et envoyez vos films accompagnés d’une fiche technique au moins une semaine à l’avance.

  •    ven 21.10 > 20:00

    Extinction   [Film + rencontre]

    SoundImageCulture (SIC)
    Salomé Lamas, 2018, DE-PT, DCP, vo ru st ang, 80'

    "Extinction" médite sur les controverses qui entourent la nation autoproclamée de Transnistrie, l’État communiste qui s’est détaché de l’ancienne République socialiste soviétique de Moldavie et qui n’est toujours pas reconnu par la communauté internationale aujourd’hui. Le film suit Kolya, un jeune Moldave qui se considère comme un citoyen de Transnistrie, à travers des rencontres réelles et des reconstitutions fictives avec des gardes-frontières et des monuments soviétiques. Kolya est interrogé par la cinéaste, entreprend un voyage dans des rues vides et travaille dans une usine d’armement locale. En parallèle, le film documente les anciennes cathédrales catholiques et les forêts denses
    d’Europe de l’Est. "Extinction" construit lentement une histoire associative, non linéaire, dans laquelle les frontières entre le passé et le présent, le documentaire et la fiction semblent incertaines.

    → Le film sera précédé d’un drink à 19h et d’une table d’hôte organisée par SIC
    → Projection suivie d’un débat avec Salomé Lamas.

  • sam 22.10 > 18:00

    Titre provisoire

    De quelques évènements sans signification
    Mostafa Derkaoui, 1984, MA, 35mm > video, vo ar st fr, 107'

    "Titre Provisoire" est le troisième film signé par Derkaoui, après "De quelques évènements sans signification" (1974) et "Les beaux jours de Shéhérazade" (1982). Chacun des trois films met en scène une équipe de cinéma. En 1974, Derkaoui interprétait un assistant-réalisateur. Cette fois, il joue son propre rôle de cinéaste. Les scènes sur le plateau de tournage s’alternent avec les scènes de vie, parfois de rêve, dessinant le portrait d’un être qui, harcelé par l’idée de la mort, doit apprendre à souffrir. Le tout crée un brassage d’atmosphères et de réflexions sur le désarroi dans lequel est plongé la génération de jeunes Marocains vivant dans les années 80. À l’inverse du premier film de Derkaoui, "Titre Provisoire" n’a jamais disparu : il circule, dans des copies pas toujours de bonne qualité, et dans sa langue originale. Le voici enfin présenté dans sa version numérisée par le Centre cinématographique marocain, et avec des sous-titres français fraîchement réalisés grâce au travail de Léa Morin.

  •    sam 22.10 > 20:00

    Tales of two who dreamt   [Film + rencontre]

    SoundImageCulture (SIC)
    Nicolas Pereda & Andrea Bussmann, 2016, CA-MX, DCP, vo hu st ang, 85'

    "Tales of Two Who Dreamt" nous emmène au domicile d’une famille de réfugiés Rom hongrois : un grand immeuble d’habitation délabré dans la banlieue de Toronto. Alors que le film observe attentivement leur quotidien et leur attente - apparemment sans fin - du verdict de leur demande d’asile, différentes histoires aux échos kafkaiens nous sont contées : une mère perd la tête après la mort tragique de son enfant, un énorme serpent disparait suite à l’incendie d’un appartement et un garçon se transforme en oiseau. La famille travaille à réinventer et à développer ces récits, tout en discutant du rôle qu’ils pourraient jouer dans le film lui-même. Comme pour d’autres films de Pereda, nous nous retrouvons en terrain incertain, ne sachant pas très bien où s’arrête une interview et où commence un rêve.

    → Projection suivie d’un débat avec Nicolás Pereda
    → A 19h, table d’hôte organisée par SIC

  • dim 23.10 > 17:00

    Ice

    Guattari chaosmik
    Robert Kramer, 1969, US, 16mm, vo ang st fr, 130'

    Un des premiers films de Robert Kramer, bien que produit avec les membres du collectif Newsreel qui s’étaient rencontrés lors de la manifestation du Pentagone contre la guerre du Vietnam en 1967. Dans cette fiction d’anticipation politique, nous suivons les tribulations d’un groupe engagé dans un processus révolutionnaire de lutte armée, au niveau régional d’abord (New York) puis national. À la fois extrêmement incisif et quelque peu glaçant, on reste ébahi par la maîtrise de la caméra et de la mise en scène. Par ailleurs, on ne peut s’empêcher de penser ici aux circonstances des Années de plomb en Italie et en Allemagne, dans le sillage des années 60, avec lesquelles Guattari était aux prises. Que Kramer et lui deviennent amis et écrivent un scénario ensemble s’impose comme une évidence lorsqu’on aperçoit dans le film ce mantra constructiviste  : "Personne ne vous donne l’avenir, nous le faisons ensemble. Il n’y a pas de plans ou de modèles."

    + Goldman crash
    Etienne Caire, 2018, FR, 16mm, sans dial, 8'
  • dim 23.10 > 20:00

    De quelques évènements sans signification

    De quelques évènements sans signification
    About Some Meaningless Events
    Mostafa Derkaoui, 1974, MA, 35mm > video, vo ar st fr & ang, 76'

    Que pensez-vous du cinéma marocain ? "De quelques évènements sans signification" s’ouvre sur cette question. Une équipe de tournage interroge les gens dans les rues de Casablanca : quel sujet devrait aborder le jeune cinéma marocain en cette année 1973 ? Les réponses sont aussi variées que les personnes rencontrées. Les membres de l’équipe, eux aussi, débattent : ambitionnant de "créer un cinéma marocain" indépendant, ils expérimentent et cherchent à bousculer les codes et le langage cinématographiques. Puis tout dérape au son du free-jazz lorsqu’ils se mettent à suivre un jeune homme qui les fascine, tant celui-ci semble contenir en lui toutes les questions sociales, tous les rapports de force et d’exploitation qui agitent le Maroc. L’homme finit par leur échapper dans une impressionnante séquence de bar, et leur rappelle qu’il connaît vraiment la misère, tandis qu’eux ne seront jamais qu’une bande d’intellectuels, toujours en surplomb malgré leurs bonnes intentions. Avec ce premier long métrage, Derkaoui a voulu proposer "une expérience qui soit propre à nous, qui ne reprenne ni les autres expériences faites dans les pays capitalistes, ni celles connues au Tiers-monde". On ne saurait mieux dire, tant ce film est unique : bien que nourri par le néo-réalisme et la Nouvelle Vague, Derkaoui impressionne par sa lucidité sur le prétendu pouvoir du cinéma. Il fait un cinéma d’auteur, et non de hauteur, questionnant les logiques de domination et l’histoire coloniale qui va avec. La censure ne s’y est pas trompé : elle a interdit le film avant même sa sortie. On l’a longtemps cru perdu. Il est retrouvé en 2016, restauré par la Filmoteca de Catalunya et ressorti lors de la 69ème édition de la Berlinale. Le voici pendant 6 semaines sur l’écran du Nova.

    → Le 16.10 à 17:00, le film sera présenté et suivi d’une discussion avec Léa Morin.

  • dim 23.10 > 22:00

    Land of Warm Waters

    Land of Warm Waters
    Igor & Ivan Buharov, 2021, HU, super8 > video, vo hu st fr & ang, 82'

    La révolution des plantes est proche ! La chlorophylle est passée à l’offensive et s’attaque à la corruption, elle exerce un pouvoir envoutant sur les militaires qui jettent leur fusil pour aller embrasser une reine-des-prés ou étreindre une fougère. Bienvenue dans le monde des frères Buharov ! Un monde qui se rêve, vous l’aurez compris, à partir d’un activisme ferme contre l’ordre établi et qui déploie avec beaucoup d’humour et de fantaisie un récit fourmillant touchant à des questions politiques bien contemporaines. Mentaliste, prêtre, chaman, espion s’y côtoient joyeusement en répandant leur bio-énergie : "Le savoir cosmique n’est pas le résultat d’une entreprise secrète, c’est plutôt un savoir familial, accessible à tous". "Land of Warm Waters" est un film de terroir aux couleurs éclatantes, tourné en super 8 comme toujours chez les Buharov, une fable éco-futuriste pourvue d’une pléiade de personnages hauts en couleur magnifiquement interprétés, notamment par le cinéaste-acteur engagé Hajdu Szabolcs et son épouse Orsolya Török-Illyés. Les paysages, les décors urbains, les comédiens fantasques, la bande son, les dialogues, tout y est savoureux. Leur style unique, soutenu par presque 30 ans d’une pratique qui s’étend de l’art plastique à la création musicale, en passant par la performance et le théâtre, s’est forgé dans un esprit de déconnade qui refuse de se prendre au sérieux. À propos de leur dernier opus, Igor et Ivan affirment ainsi volontiers avoir tenter de construire un labyrinthe post-hongrois, dans lequel ils seraient par la suite eux-mêmes tombés.

    → Le 23 et le 25.09 à 20:00, le film sera présenté et suivi d’une discussion avec les cinéastes.


Prochain programme bientôt en ligne

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