#189 Animal Alienation

  •    jeu 09.02 > 20:00

    À l’aube du Vulvolithique   [Prima Nova]

    Varia
    Fabrice Leroy, 2021, FR, DCP, vo st ang, 87'

    Pour son premier film, Fabrice Leroy a voulu réaliser le double portrait d’un artiste animé par la volonté de réintroduire du sacré dans l’art, Claudius de Cap Blanc, et de son lieu de création : L’Affabuloscope. Dans cette ancienne usine en Ariège, Claudius construisait d’étonnantes machines telles que le retardateur d’échéance, la balance à peser le pour et le contre, ou encore la machine à tourner les sangs… Mais c’est dans la montagne qu’il écrivait un singulier livre à ciel ouvert, gravant dans les roches le signe de la vulve, vieux d’un million d’années, pour revendiquer la cause féminine et célébrer la fécondité de la Terre. Cela déplaisait à certains, qui n’y voyaient que perversion sexuelle et dégradation du bien d’autrui, et qui accablèrent l’artiste de menaces et tracasseries diverses. C’est là que l’intention initiale de ce très beau film a été dépassée par les événements. D’abord, Claudius a dû vendre L’Affabuloscope, devenu un musée en 2018. Puis, il a fini par se donner la mort au milieu de ses totems, en novembre dernier, épuisé par le harcèlement de ses contradicteurs. Cette séance est une occasion de lui rendre hommage.

    ➞ Projection suivie d’une rencontre avec Fabrice Leroy.

  • ven 10.02 > 19:00

    Zoo

    Animal alienation
    Robinson Devor, 2007, US, DCP, vo st fr, 80'

    En 2005, non loin de Seattle, un homme de 35 ans du nom de Kenneth Pinyan décède d’une hémorragie interne suite à une relation sexuelle avec un cheval. Retentissement national, circulation virale de la vidéo : ce fait divers prend une ampleur telle qu’il aboutira à la condamnation de la zoophilie dans l’État de Washington. En partant à la rencontre de la communauté à laquelle a appartenu Pinyan, ce documentaire aborde un sujet tabou mais évite tout sensationnalisme en empruntant le chemin de la méditation et de l’allégorie pour mieux sonder la psyché de ces individus mis au ban de la société. D’une puissance formelle rare, "Zoo" a également pour lui cette vertu du trouble, dévoilant une part de nous que nous ne voulons voir, étouffée par nos sociétés rongées par l’anthropocentrisme et des préceptes moraux fondés sur la différenciation et l’infériorisation des animaux.

  • ven 10.02 > 21:00

    Monkey Shines   [Nocturne]

    Nocturnes Animal
    George A. Romero, 1988, US, DCP, vo st fr, 113'

    Suite à un accident, Allan, grand sportif, devient paraplégique. L’un de ses amis lui offre alors un singe dressé spécialement pour venir en aide aux personnes en situation d’handicap. Seulement, le capucin, prénommé Ella, reçoit des injections régulières d’un produit contenant des cellules nerveuses humaines, déclenchant un lien télépathique entre l’animal et Allan. Ella devient alors l’instrument de ses désirs et de sa colère refoulée. À la lecture d’un tel synopsis, n’importe quel individu relativement sain d’esprit enfoncerait directement le bouton d’alarme nanar. Et pourtant… Extrêmement efficace et prenant, glissant progressivement du drame au fantastique avec une maitrise confondante, et abordant le thème de la solitude autant humaine qu’animale, Romero prouve une nouvelle fois qu’on ne peut définitivement pas l’assimiler uniquement à la figure du zombie.

  •    sam 11.02 > 19:00

    La grande triple alliance internationale de l’est   [Film + rencontre]

    La Triple Alliance de l’Est
    Nicolas Drolc & Guillaume Marietta, 2022, FR, DCP, vo st ang, 92'

    Où l’on suit pas à pas l’émergence de la nébuleuse Triple Alliance de l’Est. Soit la formation de groupes affiliés rock dans les bars, squats, apparts de Nancy, Metz et Strasbourg à l’orée du XXIème siècle. Dans ce docu aux nombreuses archives, on s’y raconte comme on y vit, avec une bière et des clopes, sur un vieux canap en attendant d’organiser le prochain concert sous un pont d’autoroute ou dans un ancien kebab. Mine de rien, cette Triple Alliance et son omniprésent logo ont animé tout un pan de la scène undeground française mais pas que. Il serait étonnant que vous n’ayez jamais vu un de ces groupes quelque part à Bruxelles : A.H. Kraken, Crack und Ultra Eczema, Junkie Brewster, Noir Boy George, The Feeling of Love, Mr Marcaille, Headwar, The Dreams, Usé, Delacave… Nicolas Drolc continue avec ce film co-réalisé avec Guillaume Marietta de dessiner une carte tripante des pratiques musicales DIY. Ça donne à voir si on ne connaît pas, ça fait marrer si on connaît, ça dit des choses d’une culture urbaine post-industrielle récente et contemporaine, ça donne envie de faire des trucs !

    → Projection suivie d’une rencontre avec Nicolas Drolc & Guillaume Marietta.

  • sam 11.02 > 21:30

    Delacave + Tune Zitoune   [Concerts]

    La Triple Alliance de l’Est

    Souvent, dans la Triple Alliance de l’Est, peu de gens formaient beaucoup de groupes. Et comme souvent aussi, des fois c’est l’inverse. Ce soir donc, un duo et un solo. Deux façons de décliner le glauque en tentant de le rendre partageable immédiatement. Tout en langueur et en intensité pour Delacave (Seb Normal et Lily Pourrie), chantres de la "gloomy wave", ou en dansant avec l’émir de la tajine-synthwave, Tune Zitoune (Amine Kadi), du punk électronique d’une nouvelle génération qui se soule au thé à la menthe pour oublier ses chagrins d’amour. Du désespoir et du bordel, de la sueur post-plein de trucs. C’est pas de la musique à décrire, mais à partager sur le moment. Deux groupes déjà bien remarqués, à l’humour trash et mordant, comme on dit dans les journaux qui parlent d’eux.

    ps : merci à Tune Zitoune de remplacer au pied levé Usé qui a dû annuler sa venue juste après l’impression de notre programme papier.

  • sam 11.02 > 23:30

    DJ set - Kania Tieffer

    La Triple Alliance de l’Est

    Kania Tieffer, échappée de Strasbourg au moment de la fusion de la A4 Metz Strasbourg, en trouvant asile à Bruxelles, sera aux platines dans le bar jusque tard pour le faire vibrer aux sons de Strasbourg 2004 !

  • dim 12.02 > 17:00

    Her Name was Europa

    Animal alienation
    Anja Dornieden & Juan David González Monroy, 2020, DE, 16mm, vo st fr & ang, 75'

    Ancêtre du bœuf, l’auroch est le premier cas documenté d’extinction d’une espèce. La chasse et l’introduction du bétail domestique ont conduit à sa disparition. Le dernier auroch est mort en 1627 dans une forêt polonaise. Les tentatives de ressusciter cette espèce mythique pour repeupler la forêt germanique, datent du XXe siècle. En suivant les démarches scientifiques qui poursuivent cet objectif, les réalisateurs interrogent avec méticulosité et ironie les enjeux et les problématiques pratiques et théoriques d’une tâche aussi absurde. Reliant passé et avenir, cette fascinante méditation en pellicule (autre espèce en voie de disparition) questionne les dynamiques capitalistes et colonialistes de l’Occident, ainsi que les rapports entre mythe, réalité et survivance des formes.

    → Le 21.01, projection suivie d’une rencontre avec Anja Dornieden et Juan David González Monroy.

    + Enthusiasm
    Anja Dornieden & Juan David González Monroy, 2022, DE, 35mm, vo ang , 8'
  •    dim 12.02 > 19:00

    Une si longue marche

    Animal alienation
    Dominique Loreau, 2022, BE, DCP, vo fr & nl st fr & nl, 60'

    Depuis leur arrivée en 1932 par le port d’Anvers avec les cargos venant d’Orient, les crabes chinois ont pris une place notable dans les rivières belges. Ils y sont pratiquement invisibles, sauf au moment des migrations où, par milliers, ils remontent fleuves et rivières jusqu’à ce que, devenus adultes, ils fassent le chemin inverse pour se reproduire dans la mer. De cette si longue marche, Dominique Loreau a tiré une monographie poétique et éco-féministe de ce que l’on nomme le crabe poilu de Shangaï. Partie du fait divers faisant état de la présence des "nuisibles" dans les pompes à eau de la centrale nucléaire de Doel, la réalisatrice-écrivaine nous entraîne avec douceur vers les territoires imaginaires du "monde crabe".

    → Les projections du 15.01, du 5 et 12.02 seront suivies d’une rencontre avec la réalisatrice. Le 15.01, nous aurons également le plaisir d’accueillir Benedikte Zitouni, sociologue et Lionel Devlieger, architecte et co-fondateur de Rotor.

    + A Perfect Storm
    Karel Doing, 2023, GB-GB, 16mm, sans dial, 3'
  • dim 12.02 > 21:00

    Everything Will be OK

    Animal alienation
    Rithy Panh, 2022, FR-KH, DCP, vo fr st ang, 98'

    Sur une série de dioramas post-apocalyptiques mettant en scène des figurines de glaise, une voix féminine, "l’archive", nous conte une dystopie du XXIème siècle où les animaux prennent le pouvoir et asservissent les humains. La diffusion omniprésente dans ce décor miniature d’une masse d’archives du patrimoine cinématographique, dont d’imposants split screen, rappelle constamment aux "nouveaux sujets" les ravages d‘Homo sapiens. Mais voilà que le récit aux fulgurances littéraires se transforme en farce crépusculaire… Croisement hybride de "La Planète des singes", "La Ferme des animaux", "1984" et "L’Île du Dr Moreau", "Everything Will Be Ok" est un essai audio et visuel singulier sur la mémoire des atrocités du XXème siècle (credo d’un réalisateur rescapé du génocide cambodgien), au travers une puissante allégorie sans tomber dans le fatalisme, à condition de résister et "vouloir la joie contre tout système". Ours d’argent de la meilleure contribution artistique à la Berlinale 2022.

  • jeu 16.02 > 19:00

    Ali au pays des merveilles

    Varia
    Djouhra Abouda & Alain Bonnamy, 1975, FR, DCP, vo fr & ar st fr & ang, 59'

    Avec ce film rare, récemment restauré, Djouhra Abouda et Alain Bonnamy ont posé une loupe sur la condition des travailleurs émigrés dans la France des années 1970, et notamment en donnant voix aux plus oubliées : les femmes, grandes absentes des films et documents sur les luttes de l’époque. L’intention des deux cinéastes était de sortir le cinéma expérimental de son "ghetto" souvent formaliste, en alliant des problématiques politiques et sociales avec une puissance formelle et esthétique. Loin de toute contemplation ou représentation de la misère, leurs images et leur montage permettent l’émergence d’une violence esthétique et politique, à la fois dénonciatrice et libératrice. C’est un cri de colère contre l’exploitation et le racisme, soulevant sans concessions le rôle de l’état français, des médias, du capitalisme et de la colonisation, dans ce système de domination qui vient broyer celles et ceux qui le subissent. Avec la musique de Djamel Allam.

  • jeu 16.02 > 21:00

    Maudit !

    Varia
    Emmanuel Parraud, 2021, FR, DCP, vo rc st fr, 77'

    Des ombres planent sur la belle Île de la Réunion et ses paysages somptueux, toujours un peu masqués par la brume. Parfois ces présences se densifient et prennent les armes. Les mémoires et les morts sont à vif, prêts à en découdre. Entre fiction sociale historique et thriller fantastique, nous sommes emportés au cœur des questions taboues de l’héritage de la colonisation et de l’esclavagisme dans ce territoire français où les jeunes peinent souvent à trouver leur place. Avec ce deuxième long métrage entièrement tourné à la Réunion, Emmanuel Parraud poursuit l’exploration de ces sujets brûlants dans notre société contemporaine. Il arpente l’île depuis plus de vingt ans, rencontre ses habitants et se nourrit de cette culture de l’autre, sans condescendance ni distance. Immersif, énigmatique et interpelant, ce film tourné en créole avec des acteurs amateurs nous plonge dans une réalité réunionnaise loin des stéréotypes.

    → Le 02.02, projection suivie d’une rencontre avec Emmanuel Parraud.

  • ven 17.02 > 19:00

    Animus Animalis

    Animal alienation
    A Story about People, Animals and Things
    Aistė Žegulytė, 2019, LT, DCP, vo st fr & ang, 69'

    "Honorez les animaux, animaux que vous êtes !" Pour son premier long métrage, Aistė Žegulytė a choisi d’observer sans moralisme les mondes mystérieux de la taxidermie, de l’élevage et de la chasse. La cinéaste lituanienne parcourt ces univers en déambulant entre différents lieux, tels un musée, une forêt ou une église, où s’opèrent des rites étranges. Avançant à un rythme quasi méditatif, "Animus Animalis" ("esprit animal") est composé de séquences tantôt absurdes, graves ou humoristiques, toujours filmées avec sensibilité, un sens acéré du son et du cadrage, mais sans tape à l’œil. Tel un cabinet de curiosités où les frontières, entre la vie et la mort, entre les humains et les animaux, seraient si poreuses et ambigües qu’on aurait du mal à savoir qui regarde qui. Grand Prix au Festival International du Film de Bruxelles en 2019, c’est un film qui infuse en nous longtemps après l’avoir vu.

    → Le 28.01, projection suivie d’une rencontre avec Aistė Žegulytė.

  • ven 17.02 > 21:00

    Schlock   [Nocturne]

    Nocturnes Animal
    John Landis, 1973, US, HD, vo st fr, 80'

    La ville de Canyon Valley est le théâtre d’une série de meurtres sanglants. Le dangereux criminel est en réalité un gorille âgé de vingt millions d’années, le Schlockthropus, qui ne mange que des bananes, tue sans raison apparente, et ne donne son amitié qu’aux enfants. Pourchassé par la police, Schlock va découvrir l’amour en la personne de Mindy, une jeune aveugle qui le prend pour un chien… Quelque part entre "King Kong" et "La Belle et la Bête", "Schlock" est un régal de références cinématographiques, de trouvailles fauchées et d’incohérences scénaristiques. Burlesque de bout en bout, ce premier film du tout jeune John Landis a été tourné en 11 jours avec un budget minimal. C’est Rick Baker, maquilleur légendaire d’Hollywood que Landis retrouvera plus tard pour "Le loup-garou de Londres" et "Thriller", qui a conçu le costume du gorille sous lequel se cache… le réalisateur lui-même. Du pur cinéma bis !

  • sam 18.02 > 18:30

    Une si longue marche

    Animal alienation
    Dominique Loreau, 2022, BE, DCP, vo fr & nl st fr & nl, 60'

    Depuis leur arrivée en 1932 par le port d’Anvers avec les cargos venant d’Orient, les crabes chinois ont pris une place notable dans les rivières belges. Ils y sont pratiquement invisibles, sauf au moment des migrations où, par milliers, ils remontent fleuves et rivières jusqu’à ce que, devenus adultes, ils fassent le chemin inverse pour se reproduire dans la mer. De cette si longue marche, Dominique Loreau a tiré une monographie poétique et éco-féministe de ce que l’on nomme le crabe poilu de Shangaï. Partie du fait divers faisant état de la présence des "nuisibles" dans les pompes à eau de la centrale nucléaire de Doel, la réalisatrice-écrivaine nous entraîne avec douceur vers les territoires imaginaires du "monde crabe".

    → Les projections du 15.01, du 5 et 12.02 seront suivies d’une rencontre avec la réalisatrice. Le 15.01, nous aurons également le plaisir d’accueillir Benedikte Zitouni, sociologue et Lionel Devlieger, architecte et co-fondateur de Rotor.

    + A Perfect Storm
    Karel Doing, 2023, GB-GB, 16mm, sans dial, 3'
  •    sam 18.02 > 20:00

    Cochon qui s’en dédit

    Animal alienation
    Jean-louis Le Tacon, 1979, FR, 16mm, vo 37'

    Filmé à l’ouvrage, complice de la caméra, Maximilien raconte d’une voix réfléchie et posée le calvaire de ses trois années d’éleveur porcin industriel, un travail dur et ingrat qui ne s’arrête jamais et le poursuit même dans ses rêves. Au bout du compte, ruiné, endetté, il n’a pas gagné un centime. La peste qui le hantait a fini par ravager son élevage. Une tragédie plus que jamais contemporaine, qui nous imprègne des corps des bêtes, de leur odeur et des pensées de l’humain producteur de cet espace concentrationnaire. Thèse de doctorat sous la direction de Jean Rouch, cette œuvre magistrale est le fruit de trois années d’observation dans la porcherie aux côtés de Maximilien. Ce projet a conduit Jean-Louis Le Tacon à se libérer de tout à priori sociologique pour mener une expérience "d’anthropologie partagée".

    → Le 22.01, projection suivie d’une rencontre avec Gil Bartholeyns, historien, écrivain, auteur des livres "Deux kilos deux" et "Le hantement du monde".

    → Le 18.02, projection suivie d’une rencontre avec le cinéaste Jean-Louis Le Tacon.

    + Tuerie chez Pauline
    Jean-louis Le Tacon, 2014, FR, video, vo 38'
    + Trilogie carnassière (1)
    Carole Thibaud, 2018, FR, 16mm, sans dial, 3'
  • dim 19.02 > 15:00

    La Prophétie des grenouilles   [Cineketje]

    Animal alienation
    Jacques-Rémy Girerd, 2003, FR, 35mm, vo 90'

    Une petite ferme perchée sur une colline. Tom y vit heureux, entouré de ses parents adoptifs, Ferdinand et Juliette. Mais les grenouilles de toute la région se livrent à d’étranges réunions. Un beau jour, la doyenne vient leur annoncer qu’un nouveau déluge va s’abattre sur Terre. Il va pleuvoir pendant 40 jours et 40 nuits et tout le pays sera noyé sous les eaux. La tour du poulailler devient alors le refuge pour les animaux de la ferme et du zoo voisin. Flottant sur la chambre à air du tracteur de Ferdinand, comment tout ce petit monde va-t-il parvenir à vivre ensemble ? Entre carnivores et herbivores, la tension monte et les frites qui les nourrissent ne suffisent plus… Cette fable revisitant l’Arche de Noé, raconte comment cette petite société doit faire face au défi du vivre-ensemble, en donnant la parole à des animaux aussi malicieux que leurs bouilles sont cocasses.

  • dim 19.02 > 17:00

    Tiere

    Animal alienation
    Animals
    Jonas Spriestersbach, 2019, DE, DCP, vo st ang, 73'

    Un groupe de personnes isolé en pleine forêt essaye de se reconnecter aux animaux en pratiquant la pleine conscience. Une femme reçoit d’une spirite un message d’adieu de son animal décédé. Des ouvrières s’occupent d’un élevage aseptisé de sauterelles. Une assemblée de seniors écoute un imitateur de chants d’oiseaux… C’est le début d’une série de séquences frontales, souvent sans paroles, dressant le portrait terrible d’une société qui a perdu tout rapport à l’animalité. Un documentaire grinçant, levant le voile sur des pratiques révélatrices de la civilisation occidentale et son rapport biaisé au vivant, allant des concours hallucinants de races canines, jusqu’au travail d’équarrissage mécanisé, en passant par d’étranges zoothérapies, jusqu’au grotesque.

    + Untitled (Human Mask)
    Pierre Huyghe, 2014, FR, video, sans dial, fr , 19'
  • dim 19.02 > 19:00

    Everything Will be OK

    Animal alienation
    Rithy Panh, 2022, FR-KH, DCP, vo fr st ang, 98'

    Sur une série de dioramas post-apocalyptiques mettant en scène des figurines de glaise, une voix féminine, "l’archive", nous conte une dystopie du XXIème siècle où les animaux prennent le pouvoir et asservissent les humains. La diffusion omniprésente dans ce décor miniature d’une masse d’archives du patrimoine cinématographique, dont d’imposants split screen, rappelle constamment aux "nouveaux sujets" les ravages d‘Homo sapiens. Mais voilà que le récit aux fulgurances littéraires se transforme en farce crépusculaire… Croisement hybride de "La Planète des singes", "La Ferme des animaux", "1984" et "L’Île du Dr Moreau", "Everything Will Be Ok" est un essai audio et visuel singulier sur la mémoire des atrocités du XXème siècle (credo d’un réalisateur rescapé du génocide cambodgien), au travers une puissante allégorie sans tomber dans le fatalisme, à condition de résister et "vouloir la joie contre tout système". Ours d’argent de la meilleure contribution artistique à la Berlinale 2022.

  • dim 19.02 > 21:00

    Der Rechte Weg

    Animal alienation
    The Right Way / Le droit chemin
    Peter Fischli & David Weiss, 1983, CH, HD, vo de st fr & ang, 55'

    Les artistes zurichois Fischli & Weiss endossent les costumes d’un rat fainéant et d’un ours bluffeur. Ces deux animaux de même taille, dotés de parole et d’un cœur pur, entreprennent une randonnée dans la nature sauvage des Alpes suisses, à la merci des éléments… et surtout d’eux-mêmes. Au fil de ce voyage initiatique qui va mettre leur amitié à l’épreuve, ils vont traverser une série d’épreuves, de sentiments et d’émotions allant de la solidarité à la trahison, de l’amitié à la vengeance, de la puissance à la compassion, du crime au châtiment… S’amusant à brouiller nos repères, cet OVNI cinématographique s’attaque ainsi avec philosophie, humour et mélancolie aux tabous et aux valeurs de la société humaine.

    + Taxidermisez-moi
    Marie Losier, 2021, FR, DCP, vo fr st ang, 11'
  •    jeu 23.02 > 19:00

    La Buissonnière

    Varia
    Jean Baptiste Alazard, 2013, FR, DCP, vo fr st ang, 68'

    En plein été, Martin et Julien se lancent sur les routes de France dans une petite Peugeot bleu azur. Ils arpentent les paysages d’une autre planète où le nomadisme fait la norme. Le pilote et le copilote traversent les villages, les campagnes et les champs de pavot, qu’ils récoltent et fument. Ce road trip ébouriffant est un voyage dans une France sauvage, questionnant la fuite du temps présent, notre dépendance au foyer et notre relation à la nature. Ce premier volet de la "Tierce des paumés" résonne comme une invitation à avoir confiance en l’existence et en l’errance, comme les terreaux d’une vie meilleure.

    → Projection suivie d’une rencontre avec Jean Baptiste Alazard.

  •    jeu 23.02 > 21:30

    L’âge d’or

    Varia
    Jean Baptiste Alazard, 2020, FR, DCP, vo fr st ang, 59'

    Titou et Soledad habitent dans une caravane perchée non loin des falaises de la Corbière, sans eau courante ni électricité. Tous deux cultivent du raisin pour en faire du vin biodynamique, en rupture totale avec le monde de progrès et de consommation qui les entoure. Jean-Baptiste Alazard a filmé sur un an, s’imprégnant du rythme des saisons et des récoltes, adoptant un mode de narration automatique, telle la caméra stylo de Mekas. Par le biais de son regard, nous sommes les témoins privilégiés de cette vie d’amour et d’eau fraîche aux odeurs de résistance. Sans chercher à expliquer ces choix de vie, le filmeur est plutôt en quête d’un mode d’existence ou le temps qui passe et le silence ne sont pas des ennemis. 

    → Projection suivie d’une rencontre avec Jean Baptiste Alazard.

  • ven 24.02 > 19:00

    Cochon qui s’en dédit

    Animal alienation
    Jean-louis Le Tacon, 1979, FR, 16mm, vo 37'

    Filmé à l’ouvrage, complice de la caméra, Maximilien raconte d’une voix réfléchie et posée le calvaire de ses trois années d’éleveur porcin industriel, un travail dur et ingrat qui ne s’arrête jamais et le poursuit même dans ses rêves. Au bout du compte, ruiné, endetté, il n’a pas gagné un centime. La peste qui le hantait a fini par ravager son élevage. Une tragédie plus que jamais contemporaine, qui nous imprègne des corps des bêtes, de leur odeur et des pensées de l’humain producteur de cet espace concentrationnaire. Thèse de doctorat sous la direction de Jean Rouch, cette œuvre magistrale est le fruit de trois années d’observation dans la porcherie aux côtés de Maximilien. Ce projet a conduit Jean-Louis Le Tacon à se libérer de tout à priori sociologique pour mener une expérience "d’anthropologie partagée".

    → Le 22.01, projection suivie d’une rencontre avec Gil Bartholeyns, historien, écrivain, auteur des livres "Deux kilos deux" et "Le hantement du monde".

    → Le 18.02, projection suivie d’une rencontre avec le cinéaste Jean-Louis Le Tacon.

    + Tuerie chez Pauline
    Jean-louis Le Tacon, 2014, FR, video, vo 38'
    + Trilogie carnassière (1)
    Carole Thibaud, 2018, FR, 16mm, sans dial, 3'
  • ven 24.02 > 21:00

    White Dog

    Animal alienation
    Samuel Fuller, 1982, US, HD, vo st fr, 84'

    Adapté librement du roman de Romain Gary "Chien Blanc", basé sur des faits réels – installés à Los Angeles fin des années 60, l’écrivain et sa femme Jean Seberg vivront une expérience confrontante suite à l’adoption d’un chien errant –, "White Dog" ausculte la violence et la dialectique du racisme ordinaire à travers celle du conditionnement animal. Le dressage peut-il corrompre entièrement la psyché d’un animal ? Jusqu’à quel point s’ancre l’endoctrinement chez les animaux ou les humains ? La haine de l’autre est-elle irréversible ou peut-elle être "guérie", désapprise ? Film philosophique et commentaire social jouant avec les codes du film d’horreur – fondamentalement, celui de la peur de l’inconnu – "White Dog" sonde les concepts d’altérité et de xénophobie en interrogeant notre volonté de contrôle sur les animaux domestiques.

    + Sir Bailey
    Matthew Ripplinger, 2018, CA, 16mm, sans dial, 8'
  •    sam 25.02 > 17:30

    Petit traité d’écologie sauvage   [Expo]

    Animal alienation

    Les mésanges anarcho-autonomes de l’illustrateur et chercheur Alessandro Pignocchi envahissent le Nova. Ces facétieux oiseaux émanent entre autre de la trilogie politico-humoristique "Petit traité d’écologie sauvage" où l’animisme des indiens jivaro domine le monde, une BD inspirée de la pensée de Philippe Descola, anthropologue pour qui "la nature n’existe pas".

    → Le 25.02 : dédicaces d’Alessandro Pignocchi, qui présentera "Ethnographies des mondes à venir", un récent dialogue illustré avec Philippe Descola.

  • sam 25.02 > 18:00

    Animus Animalis

    Animal alienation
    A Story about People, Animals and Things
    Aistė Žegulytė, 2019, LT, DCP, vo st fr & ang, 69'

    "Honorez les animaux, animaux que vous êtes !" Pour son premier long métrage, Aistė Žegulytė a choisi d’observer sans moralisme les mondes mystérieux de la taxidermie, de l’élevage et de la chasse. La cinéaste lituanienne parcourt ces univers en déambulant entre différents lieux, tels un musée, une forêt ou une église, où s’opèrent des rites étranges. Avançant à un rythme quasi méditatif, "Animus Animalis" ("esprit animal") est composé de séquences tantôt absurdes, graves ou humoristiques, toujours filmées avec sensibilité, un sens acéré du son et du cadrage, mais sans tape à l’œil. Tel un cabinet de curiosités où les frontières, entre la vie et la mort, entre les humains et les animaux, seraient si poreuses et ambigües qu’on aurait du mal à savoir qui regarde qui. Grand Prix au Festival International du Film de Bruxelles en 2019, c’est un film qui infuse en nous longtemps après l’avoir vu.

    → Le 28.01, projection suivie d’une rencontre avec Aistė Žegulytė.

  •    sam 25.02 > 20:00

    Composer les mondes   [Film + rencontre]

    Animal alienation
    Eliza Levy, 2021, FR, DCP, vo st ang, 69'

    En vivant de 1976 à 1979 avec les Jivaros Achuar d’Amazonie équatorienne, Philippe Descola comprend que la nature est une invention propre aux européens de la modernité, qui la considèrent telle une totalité dont l’humain serait séparé, nous dédouanant ainsi de notre responsabilité vis-à-vis d’elle. En suivant l’anthropologue à la rencontre des nouveaux habitants de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes en France – bocage défendu depuis 1968 et sauvé définitivement en 2018 de la bétonisation d’un projet d’aéroport écocide –, "Composer les mondes" entrevoit tout en finesse comment à nouveau entrer en dialogue avec les non-humains, en gardant à l’esprit qu’"on n’invente pas des mondes, on les compose."

    ➞ projection suivie d’une rencontre avec Alessandro Pignocchi, complice de Philippe Descola et proche de la ZAD.

  • dim 26.02 > 17:00

    The Old Man Movie

    Animal alienation
    Vanamehe film
    Mikk Mägi & Oskar Lehemaa, 2019, EE, DCP, vo st fr & ang, 88'

    Trois bambins urbains sont mis au vert pour l’été chez leur grand-père. Joie du bon air, calme et beauté ? Ce film en stop-motion ne recule devant aucun mauvais goût : cochons aérophages, Old Man ressuscité et obsédé par la traite, addiction démesurée au lait... Touchés par les mauvais traitements de la vache prolifique, les enfants la laissent s’échapper par mégarde. Ils ont moins de 24 heures pour la retrouver avant qu’elle n’explose et crée une apocalypse lactique. Si si. L’histoire va alors prendre des directions imprévisibles avec le mystérieux Milk Man (qui n’est pas sans rappeler Dr Folamour), des bûcherons peu scrupuleux, un arbre pervers, un ours caverneux, une machine infernale pour traire animaux et humains... Ce film rythmé fait suite à des courts métrages célèbres en Estonie, mettant en scène le fameux Old Man. Préparez-vous à voir exploser et dégouliner des hectolitres de lait !

    + Biòu
    Sylvère Petit, 2016, FR, DCP, sans dial, 8'
  • dim 26.02 > 20:00

    Simiskina + Xavier Quérel   [Concert-performance]

    Varia

    Issu de la scène improvisée norvégienne, Simiskina est un duo composé de Adrian Myhr et Jonas Cambien. Alors que son seul album est entièrement acoustique avec piano préparé et contrebasse, Simiskina travaille désormais principalement avec des synthétiseurs analogiques et la basse électrique. Sa rencontre avec Xavier Quérel est une rencontre entre la musique électronique improvisée et le cinéma expérimental. Réalisateur et artiste visuel, membre de la Cellule d’Intervention Métamkine que le public du Nova connaît bien, Xavier Quérel improvise avec la même spontanéité qu’un musicien (mais au moyen d’un projecteur 16mm et de quelques techniques appropriées), un film projeté en direct sur petit écran, 100% analogique, sans ordinateurs ni projecteurs numériques. Pour la dernière soirée de ce programme hivernal du Nova, leur concert/performance sera une expérience sensorielle à vivre dans l’éphémère de l’instant donné !

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