#186 Screenshot

  • ven 27.05 > 20:00

    Coming Out   [Films]

    Screenshot
    Denis Parrot, 2018, FR, DCP, fr , 63'

    Denis Parrot rassemble des vidéos de Coming Out, trouvées sur Internet, où des gens se filment en train d’annoncer leur homosexualité ou leur transexualité. Ils s’affirment devant leurs proches, leur famille, ou simplement pour un potentiel spectateur, comme un message envoyé sur le réseau sans véritable destinataire apparent. De prime abord, toutes les vidéos relèvent de la sphère privée, mais le montage de Denis Parrot révèle le sens de leur mise en ligne : elles ne sont pas des aveux adressés aux parents mais des affirmations lancées pour les autres, ceux qui ont honte, ceux qui ont peur. A partir des spécificités de chacun, le film fabrique une communauté politique et protectrice.

    + Testaments Chapter 1-3
    Natalie Bookchin, 2017, US, DCP, ang st fr, 8'
  • ven 27.05 > 22:00

    A Self-induced Hallucination   [Films]

    Serie B to Mème
    Jane Schoenbrun, 2018, US, ang , 67'

    En 2009, à l’occasion d’un concours Photoshop autour du paranormal, Eric Knudsen invente Slender Man : un homme en costume noir, anormalement grand et fin, au visage blanc et vide, qui hante de vieilles photos d’enfants. Entre le croque-mitaine, la Mort et le pédophile, cette figure devient en quelques années le plus populaire des mème horrifiques. Comme un mythe collaboratif, le Slender Man est au centre de fanfiction, de plusieurs web-série, de jeux vidéos et d’un film hollywoodien. Il envahit le réel : en 2014, deux enfants poignardent une amie en son nom. Pour retracer l’histoire du monstre, le documentaire de Jane Schoenbrun adopte la forme qui a vu naître et grandir le Slender : un collage de sources diverses, toutes issues d’Internet.

    + Transformers the Premake
    Kevin B. Lee, 2014, US, DCP, ang , 26'
  • sam 28.05 > 19:00

    52 Films Project   [Films]

    Screenshot
    James Benning, 2015, US, DCP, ang , 300'

    James Benning est principalement connu pour ses landscape films (ou films paysages), qui sont pour la plupart faits de successions de plans fixes à travers le temps, soit en un même lieu, soit en plusieurs lieux où le sujet est similaire. Cela donne des films méditatifs très beaux, aux titres souvent annonciateurs du nombre de plans qui les composent (“Ten Skies”, “13 Lakes”). Pour ces films-là, qu’il s’acharne à faire depuis plus de 40 ans, Benning utilise des images qui sont le fruit de sa propre composition, et c’est justement pourquoi nous n’en programmons pas ici. En revanche, depuis 2011 et sa “YouTube Trilogy”, Benning a emprunté un autre chemin pour faire ses films, un chemin qui nous intéresse ici tout particulièrement, celui d’Internet. Benning s’est rendu compte que sa caméra ne lui était plus essentielle, et qu’il pouvait faire tout ce qu’il voulait en s’appropriant des images du net. Très rapidement, il est devenu accro à cette pratique et s’est retrouvé à faire un film par semaine (d’où le titre de ce film fleuve). Après avoir découvert cette nouvelle manière de faire du cinéma, dont il est loin d’être un des précurseurs, Benning jubile de pouvoir un jour s’improviser cinéaste ethnographique, et le lendemain réaliser des remakes de ses propres films (comme "13 Lakes", "RR" ou encore "Stemple Pass"). Ces 52 films que nous vous proposons de découvrir, c’est tout un programme, parmi lequel des films très courts (d’à peine 40 secondes) et des films aux titres aussi intrigants que "found film #1", "FUCK ME (orange)" ou encore "mudd club". Ce film, c’est un voyage à travers les archives de notre temps. C’est un pêle-mêle de questions et d’émotions. C’est YouTube vu par James Benning.

  • dim 29.05 > 17:00

    Sex Work Shorts   [Films]

    SNAP

    En partenariat avec le Berlin Porn Film Festival et le Bruxelles Porn Film Festival. Sélection de 6 courts-métrages dressant des portraits engagés de travailleurs.ses du sexe, exposant tour à tour leur analyse féministe et queer de leur activité, la fabrique des images pornographiques ou les dessous de leurs rapports aux clients.

    + All of Me
    Morgana Muses & Josie Hess, 2020, AU, ang st fr, 15'
    + Vaginette Club
    Jordan Brandao Rodrigues, FR, fr st ang, 28'
    + A Cyborg Manifesto
    Four Chambers, 2020, GB, ang st fr, 5'
    + Rated X
    Nadia Louis-Desmarchais, 2019, GB, ang st fr, 16'
    + Hello Sir
    Jet Moon, 2021, GB, ang st fr, 7'
    + Les Collègues
    La Grande Horizontale, FR, fr st ang, 16'
  • dim 29.05 > 18:00

    Microboutiek

    Varia

    La Microboutiek propose de manière régulière une sélection de sa collection de micro-éditions (livres, CD, Vinyles, fanzines, DVD, etc) en vente dans le bar. Stand de diffusion alternatif d’une scène indépendante bruxelloise mais pas que, la Microboutiek est alimentée par son propre public et s’enrichit au gré des événements organisés par le Nova. La collection entière est inventoriée sur le site de la Microboutiek. Dans le cadre de la programmation "Screenshot", nous mettrons en lumière l’ouvrage "Quand le cinéma affronte les flux numériques" fraichement sorti de l’imprimerie. Le 12 juin, la Microboutiek soutiendra également la programmation du week-end consacrée aux violences policières et aux révoltes populaires. Enfin, notre stand se joindra également au festival SNAP en promouvant des œuvres liées au travail du sexe.

  •    dim 29.05 > 19:00

    Représentations des travailleurs·ses du sexe au cinéma   [Conférence]

    SNAP
    Conférence-Projection
    Sam Cockeye, fr ,

    Comment analyser les représentations des travailleuses et travailleurs du sexe dans les films ? A travers les genres, les regards ou les contextes politiques, l’image de la prostituée revient perpétuellement dans les œuvres de fiction et de plus en plus dans les documentaires. Ce personnage, mis en opposition à l’épouse, symbolise tantôt une sexualité libérée, voire dangereuse, tantôt une personne vulnérable et dépendante. Le cinéma a transmis au public de nombreuses représentations, souvent malhonnêtes, qui marquent les imaginaires et finissent par influencer la politique.Sarah Foriel - Sam Cockeye sur Internet -, qui développe une émission tournée en stop motion traitant de cinéma et de sciences sociales sur la chaîne youtube Vidéodrome, décortique la façon dont se fabriquent ces constructions cinématographiques.

  • dim 29.05 > 21:00

    Celluloid Bordello   [Film]

    SNAP
    Juliana Piccillo, GB, ang st fr,

    Depuis l’aube du cinéma, les travailleurs du sexe ont servi de muses aux cinéastes et ont été des éléments essentiels du grand écran. Cependant, iels sont systématiquement utilisés comme caricatures, mis.es dans des situations où iels sont brutalisé.es, tué.es, parfois sauvé.es et presque toujours représenté.es comme s’il n’y avait pas de personnes concernées dans le public. Équilibrant aperçu historique, critiques et hommages, Celluloid Bordello donne la parole à de vraies dominateurs.ices, escortes, stars du porno, qui expliquent leurs rapports aux films, et de quelle façon la perpétuation des stéréotypes dans les médias affecte leur vie.

  •    jeu 02.06 > 20:00

    Les Travailleurs cachés   [Prima Nova]

    Varia
    Annelein Pompe, 2021, BE, vo nl st fr, 47'

    Drôle et fantaisiste, De Schaduwwerkers est une fable existentielle, l’hisoire d’une jeune fille qui cherche à échapper au travail et à l’horizon morne d’une vie entièrement normée. Raconté par un pigeon qui ne vole pas, il s’avère aussi un vrai documentaire sur les pigeons et déploie toute une galerie de personnages inattendus, doucement décalés, que leur passion pour l’oiseau anime. A travers eux, le désir se communique et l’espace se creuse pour se rêver ailleurs. Ce cinéma là, qui se fiche bien de la bienséance des plans léchés, se déborde sans cesse dans ses essais, ses tentatives, ses petits détails qui l’envoie palpiter dans le hors champ où, comme ses personnages et ses oiseaux, il ne cesse de se projeter. Jusqu’à trouver le courage de prendre son envol.

  • ven 03.06 > 20:00

    Profile   [Films]

    Serie B to Mème
    Timur Bekmambetov, 2018, US, ang st fr, 105'

    "Profile" est un Screenlife movie, comme les appelle Timur Bekmambetov. Ce thriller s’inspire d’une histoire vraie : une journaliste utilise Internet pour infiltrer un réseau de recrutement de l’Etat Islamique. D’appels vidéos en messagerie instantanée, nous vivons les échanges entre Amy en Angleterre et Bilel en Syrie depuis l’ordinateur d’Amy. La journaliste se laisse autant séduire par son enquête que par le recruteur, au point de partager un peu trop d’informations. Laissant à d’obscurs réalisateurs la tâche de s’occuper des Screenlife movies pour adolescents, Bekmambetov s’est réservé, avec ce scénario, un film sérieux à réaliser. Il montre ainsi que, derrière l’homme d’affaires, demeure un bon cinéaste.

    + Copier-Cloner
    Louis Rigaud, 2009, FR, DCP, fr , 4'
  • ven 03.06 > 22:00

    A Self-induced Hallucination   [Films]

    Serie B to Mème
    Jane Schoenbrun, 2018, US, ang , 67'

    En 2009, à l’occasion d’un concours Photoshop autour du paranormal, Eric Knudsen invente Slender Man : un homme en costume noir, anormalement grand et fin, au visage blanc et vide, qui hante de vieilles photos d’enfants. Entre le croque-mitaine, la Mort et le pédophile, cette figure devient en quelques années le plus populaire des mème horrifiques. Comme un mythe collaboratif, le Slender Man est au centre de fanfiction, de plusieurs web-série, de jeux vidéos et d’un film hollywoodien. Il envahit le réel : en 2014, deux enfants poignardent une amie en son nom. Pour retracer l’histoire du monstre, le documentaire de Jane Schoenbrun adopte la forme qui a vu naître et grandir le Slender : un collage de sources diverses, toutes issues d’Internet.

    + Transformers the Premake
    Kevin B. Lee, 2014, US, DCP, ang , 26'
  • ven 03.06 > 23:59

    Unfriended   [Films]

    Serie B to Mème
    Levan Gabriadze, 2015, US, DCP, ang st fr, 83'

    Entre tradité et modernition, voici une séance de minuit connectée : "Unfriended" est un Screenlife movie d’horreur, produit par Bekmambetov. Calibré comme un produit pour les adolescents, c’est le premier franc succès du Box Office pour le genre “capture d’écran". Une bande de jeunes fait face au fantôme d’une élève harcelée qui s’est suicidée : sans surprise, le groupe va se faire méthodiquement décimer. Le scénario est convenu, mais comme toute l’action se déroule en un plan-séquence fixe sur le bureau d’un iMac, Gabriadze est obligé d’être inventif dans la mise en scène. Un fantôme qui se manifeste sous forme de bugs vidéos est sa plus belle trouvaille : il massacre visuellement les visages juvéniles avec un datamoshing que ne renierait pas le cinéma expérimental, avant de les défigurer en vrai.

    + Teknoviking 20 years
    Matthias Fritsch, 2019, DE, DCP, sans dial, 5'
  •    sam 04.06 > 20:00

    Il n’y aura plus de nuit   [Films]

    Screenshot
    Éléonore Weber, 2020, BE, DCP, fr st fr, 75'

    Les images qui prêtent leurs formes à ce film n’ont pas été filmées par la cinéaste elle-même, mais par des caméras thermiques depuis des hélicoptères militaires. La technologie dite “thermique” n’enlève rien à la froideur des images, dans lesquelles des humains sont abattus de sang-froid par des soldats les survolant depuis leurs hélicoptères. Les voix des soldats commentent en direct ces images, mais celles-ci, au lieu d’apporter un peu de chaleur humaine, sont aussi distantes par rapport à leurs actes que la distance physique qui les sépare du sol. De leur point de vue, que l’on est amené à partager, c’est comme s’il agissait d’un simple jeu vidéo. La caméra thermique de l’hélicoptère est dirigée par les mouvements de tête du soldat-pilote, et le viseur du canon-mitrailleur s’aligne à l’objectif de celle-ci. Celui qui voit est donc celui qui tue. De quoi interroger quand on apprend qu’il est difficile pour ces soldats de distinguer, à travers leurs caméras thermiques, un paysan qui porte un râteau sur l’épaule d’un combattant avec une kalachnikov. Pour ponctuer ces moments pleins de dureté, Éléonore Weber rapporte le témoignage de Pierre V., un soldat français familier de ce genre d’opérations militaires. Celui-ci, sans condamner pour autant ces pratiques, tente de prendre un certain recul sur ces images, dont ses collègues semblent manquer cruellement dans l’immédiat de leurs opérations. Espérons que ce recul qu’apporte Éléonore Weber à travers son film pourra nous faire revenir enfin sur terre !

    + A Death in Mali : Requiem for Empire
    Jon Jost, 2019, US, DCP, sans dial, 13'
  • sam 04.06 > 22:00

    Havarie   [Films]

    Flux numériques et migratoires
    Philip Scheffner, 2016, DE, DCP, ar , 93'

    En pleine mer Méditerranée, proche des côtes espagnoles, un rafiot usé est repéré par un paquebot de croisière. Les touristes entassés sur le pont observe de loin ce petit point qui se rapproche, un homme filme la scène. "Havarie" arrête le temps par le biais de cette vidéo de quelques minutes qui est ralentie à l’extrême pour atteindre les 93 minutes qu’il a fallut pour l’opération de sauvetage. Le temps de la prise de vue finit par rejoindre celui de l’observation réelle. Si nous somme hypnotisés par la lenteur du défilement des images nous sommes aussi submergés par les histoires qui composent un paysage sonore riche d’accents et de langues diverses. Des femmes et des hommes partagent leurs souvenirs et déplient le passé, le présent et l’avenir sans que l’on quitte des yeux ce radeau à la dérive. Des confessions d’amour, de guerre, d’exil, comme un éternel début qui éclaire l’Histoire. Un film d’une actualité et d’une force absolue, sur les destins de celles et ceux qui se croisent en Méditerranée.

    + Les Antilopes
    Maxime Martinot, 2021, FR, 8'
  • dim 05.06 > 17:00

    Big in China, Georges and the Vision Machines   [Films]

    Dominic Gagnon - The Man Who Saved Footage
    Dominic Gagnon, 2020, CA, DCP, ang st fr, 77'

    2019, Georges est rentré en France. Ses dernières années, il les a passées en Chine dans la désormais fameuse province de Wuhan. Il y enseignait l’anglais, y vivaient de petits boulots taillés sur mesure pour les blancs et, surtout, chaque jour, il alimentait sa chaîne YouTube de vidéos comme un journal intime partagé avec celles et ceux qui ont trouvé leur chemin jusqu’à la chaîne Georges Non Stop. Au début, c’est blagues potaches et conseils consommation. Pourtant, l’amour flou s’étiole et alors qu’il se croyait héritier de l’indépassable pensée des lumières et de l’universalité de ses valeurs, Georges déchante après plusieurs années passées en Chine. Entre réflexes paranoïaques et racisme mutuel, sa situation dégringole à la défaveur d’un désamour d’Etat pour le contenu de ses vidéos. Pendant deux ans, Dominic Gagnon aura ingurgité les plus de deux mille vidéos publiées par Georges pour concevoir ce portrait détonnant d’une personnalité qui, par delà sa confusion manifeste, sera le témoin involontaire de l’extension du domaine du contrôle de tout un chacun par les technologies numériques. Et tandis que Georges narre ses déboires, on se surprend à porter le regard autour de son omniprésent visage et ainsi percevoir les paysages d’une ville de campagne chinoise en pleine mutation.

    + Love Goes Through the Stomach
    Neozoon, 2017, DE, DCP, ang , 15'
  •    dim 05.06 > 19:00

    The Story of Technoviking   [Films]

    Serie B to Mème
    Matthias Fritsch, 2015, DE, DCP, de , 90'

    En l’an 2000, Matthias Fritsch réalise "Kneecam#1". Sur cette vidéo qu’il publie en ligne sur son site Internet, on voit un grand homme musclé, torse nu, cheveux longs et barbe fournie. Cet homme rappelle à l’ordre fermement un festivalier saoul, puis se met à danser avec passion. Le plan est étonnant, tellement étonnant que, en 2006, il est repéré par d’autres internautes. La vidéo circule de mail en mail et devient virale : l’homme barbu est nommé “Technoviking” et se transforme en mème. Mais le danseur n’apprécie pas cette soudaine célébrité mondiale, et assigne en justice le filmeur pour avoir diffusé cette séquence sans son accord. Dans ce documentaire, Mathias Fritsch raconte comment ce mème a changé sa vie : il est tout à la fois l’auteur de la vidéo originale et la seule personne au monde à ne pas pouvoir diffuser l’image du Technoviking. Que deviennent droit d’auteur et droit à l’image sur Internet ?

    + Unboxing Eden
    Neozoon, 2013, DE, DCP, ang , 5'
  • dim 05.06 > 22:00

    Spree   [Films]

    Screenshot
    Eugene Kotlyarenko, 2020, US, DCP, ang st fr, 93'

    Kurt est un perdant du monde numérique : chauffeur VTC sur l’application Spree, il enchaîne les vidéos et story qui atteignent difficilement la dizaine de vues. Pour enfin augmenter son audience, il prépare une soirée spéciale : filmé dans sa voiture par plusieurs caméras diffusées en direct sur Internet, Kurt assassine tous ses passagers les uns après les autres. Nous sommes témoins de sa folie meurtrière comme un internaute spectateur du live, avec interface et commentaires. Eugene Kotlyarenko avait commencé sa carrière par deux films en capture d’écran ("0’s &1’s" et "Skydiver") : après des films plus classiques, il revient aux images d’Internet pour une fiction gore et moqueuse, critique de l’usage des réseaux, et fortement inspirée d’Elliot Rodger, considéré comme le premier meurtrier de la mouvance incel, Célibataires Involontaires.

    + Women on Tik Tok
    Gabrielle Stemmer, 2020, FR, DCP, ang , 4'
  •    jeu 09.06 > 20:00

    Vie et mort d’Oscar Perez   [Films]

    Images révoltantes, Images de révoltes
    Romain Champalaune, 2018, FR, DCP, es st fr, 45'

    Oscar Perez est un paramilitaire vénézuélien. Il est aussi instructeur de police et surtout, il s’exhibe sur Internet. Clip de sensibilisation, démonstration de force et saut en parachute avec un chien font partie de sa panoplie de séducteur en ligne. Puis un jour, il retourne sa veste et planifie un coup d’état contre le président Nicolas Maduro. Romain Champalaune compile une somme considérable de ses images qui retracent le parcours romanesque d’Oscar Perez jusque dans ses derniers instants.

    + A Certain Amount of Clarity
    Emmanuel Van der Auwera, 2014, BE, ang st fr, 29'
    + The Killing of Oscar Perez
    Forensic Architecture, 2018, GB-GB, DCP, ang , 2'
  • jeu 09.06 > 22:00

    Il n’y aura plus de nuit   [Films]

    Screenshot
    Éléonore Weber, 2020, BE, DCP, fr st fr, 75'

    Les images qui prêtent leurs formes à ce film n’ont pas été filmées par la cinéaste elle-même, mais par des caméras thermiques depuis des hélicoptères militaires. La technologie dite “thermique” n’enlève rien à la froideur des images, dans lesquelles des humains sont abattus de sang-froid par des soldats les survolant depuis leurs hélicoptères. Les voix des soldats commentent en direct ces images, mais celles-ci, au lieu d’apporter un peu de chaleur humaine, sont aussi distantes par rapport à leurs actes que la distance physique qui les sépare du sol. De leur point de vue, que l’on est amené à partager, c’est comme s’il agissait d’un simple jeu vidéo. La caméra thermique de l’hélicoptère est dirigée par les mouvements de tête du soldat-pilote, et le viseur du canon-mitrailleur s’aligne à l’objectif de celle-ci. Celui qui voit est donc celui qui tue. De quoi interroger quand on apprend qu’il est difficile pour ces soldats de distinguer, à travers leurs caméras thermiques, un paysan qui porte un râteau sur l’épaule d’un combattant avec une kalachnikov. Pour ponctuer ces moments pleins de dureté, Éléonore Weber rapporte le témoignage de Pierre V., un soldat français familier de ce genre d’opérations militaires. Celui-ci, sans condamner pour autant ces pratiques, tente de prendre un certain recul sur ces images, dont ses collègues semblent manquer cruellement dans l’immédiat de leurs opérations. Espérons que ce recul qu’apporte Éléonore Weber à travers son film pourra nous faire revenir enfin sur terre !

    + A Death in Mali : Requiem for Empire
    Jon Jost, 2019, US, DCP, sans dial, 13'
  •    ven 10.06 > 20:00

    Tous citoyens, artistes, experts et journalistes   [Films]

    Images révoltantes, Images de révoltes

    Dans le programme de ce soir, les catégories que la logique capitaliste voudrait séparer se retrouvent mêlées sur les réseaux. Des Palestiniens, qu’ils soient photographes, fixers ou simples habitants, font les images que nous connaissons tous de la guerre ("When Things Occur"). Un collectif oscille entre les prétoires et les galeries d’art en utilisant les images en ligne comme preuve et indice (Cloud studies). Un simple citoyen décortique à l’extrême une image de violence policière et finit témoin au procès ("Frame 394"). Antoine Schirer, motion designer devenu journaliste vidéo, est invité pour nous éclairer sur ces pratiques, et nous présente une vidéo où une application de jogging révèle les adresses des militaires et leur situation sur le terrain (Réseaux sociaux : une faille dans l’armée)

    + When Things Occur
    Oraib Toukan, 2016, PS, DCP, ar st fr, 28'
    + Cloud Studies
    Forensic Architecture, 2020, GB-GB, DCP, ang , 26'
    + Frame 394
    Rich Williamson, 2016, DCP, ang , 30'
    + Gilets jaunes
    Antoine Schirer, 2019, FR, DCP, vo ang , 15'
  • ven 10.06 > 22:00

    Profile   [Films]

    Serie B to Mème
    Timur Bekmambetov, 2018, US, ang st fr, 105'

    "Profile" est un Screenlife movie, comme les appelle Timur Bekmambetov. Ce thriller s’inspire d’une histoire vraie : une journaliste utilise Internet pour infiltrer un réseau de recrutement de l’Etat Islamique. D’appels vidéos en messagerie instantanée, nous vivons les échanges entre Amy en Angleterre et Bilel en Syrie depuis l’ordinateur d’Amy. La journaliste se laisse autant séduire par son enquête que par le recruteur, au point de partager un peu trop d’informations. Laissant à d’obscurs réalisateurs la tâche de s’occuper des Screenlife movies pour adolescents, Bekmambetov s’est réservé, avec ce scénario, un film sérieux à réaliser. Il montre ainsi que, derrière l’homme d’affaires, demeure un bon cinéaste.

    + Copier-Cloner
    Louis Rigaud, 2009, FR, DCP, fr , 4'
  •    sam 11.06 > 19:00

    The Uprising : version déconstruite   [Film]

    Images révoltantes, Images de révoltes
    Peter Snowdon, 2021, BE, DCP, ar ,

    Peter Snowdon le dit régulièrement : si il a conçu le film "The Uprising" à partir des images prises par les révoltés des printemps arabes, c’est avant tout pour que les spectateurs regardent ces vidéos dans le rouge du pixel. Pour ce faire, il lui a fallu les articuler et les remettre en scène pour, finalement, assumer une place d’auteur. C’était sans doute inévitable. N’empêche que l’une de ses frustrations est que, systématiquement, lors des projections de ce film considéré par certains comme l’un des chefs d’œuvre du cinéma de capture d’écran, c’est de son processus dont on parle, plutôt que des images elles-mêmes. Au lieu de projeter "The Uprising" pendant ce week-end, Peter Snowdon nous a donc proposé de revenir plutôt aux racines originelles de cette aventure, en projetant et en accompagnant une sélection des vidéos qu’il a découvert en direct en 2011 et dont il nous retracera l’histoire. Parmi elles, des vidéos tournées par des amis à lui, ou des amis d’amis. Les regarder pour ce qu’elles sont sera aussi l’occasion de reconstruire autrement un processus de création.

  •    sam 11.06 > 21:00

    Fragments d’une révolution   [Film]

    Images révoltantes, Images de révoltes
    Anonyme, 2011, FR, DCP, fr st fr, 57'

    En 2009, suite à l’élection présidentielle, l’Iran se soulève. C’est le mouvement vert, que certains appellent “Révolution Twitter” tant les réseaux y ont joué un rôle prééminent. La réalisatrice de ce film est iranienne, mais elle habite en France. Elle reçoit depuis Téhéran les traces de la révolte : des vidéos, que ses amis lui envoient par mail, qui sont partagées sur des forums, qui sont postées sur YouTube. Le film retrace les différentes étapes du soulèvement populaire, mais raconte aussi la sensation de vivre cela par procuration, en craignant pour sa famille et pour ceux qui, illégalement, font sortir des images du pays. La réalisatrice ne se contente pas des vidéos reçues, elle filme l’écran de son ordinateur où les fichiers s’entassent ainsi que la France vue depuis sa fenêtre, autre écran, autre reflet. Après "The Uprising" déconstruit, la soirée continue autour des révoltes vécues à distance, et de l’ombre qu’elle projette sur notre quotidien.

  •    dim 12.06 > 16:00

    Outils de l’enquête

    Images révoltantes, Images de révoltes

    Antoine Schirer est un motion designer devenu réalisateur et journaliste. Il utilise le design, l’imagerie 3D, des timelines et l’analyse d’image et de ses métadonnées pour réaliser des enquêtes audiovisuelles. Il collabore avec Médiapart, le Monde et la BBC. Au cours d’une séance interactive, il nous présentera les outils qu’il utilise en disséquant une de ses vidéos où les images tournées par des smartphones sont la matière de base pour mener une contre-investigation. Il sera accompagné par Émile Costard, réalisateur, qui a travaillé avec lui.

  • dim 12.06 > 17:30

    Microboutiek

    Varia

    La Microboutiek propose de manière régulière une sélection de sa collection de micro-éditions (livres, CD, Vinyles, fanzines, DVD, etc) en vente dans le bar. Stand de diffusion alternatif d’une scène indépendante bruxelloise mais pas que, la Microboutiek est alimentée par son propre public et s’enrichit au gré des événements organisés par le Nova. La collection entière est inventoriée sur le site de la Microboutiek. Dans le cadre de la programmation "Screenshot", nous mettrons en lumière l’ouvrage "Quand le cinéma affronte les flux numériques" fraichement sorti de l’imprimerie. Le 12 juin, la Microboutiek soutiendra également la programmation du week-end consacrée aux violences policières et aux révoltes populaires. Enfin, notre stand se joindra également au festival SNAP en promouvant des œuvres liées au travail du sexe.

  •    dim 12.06 > 18:00

    Histoire d’une image de violence policière   [Conférence]

    Images révoltantes, Images de révoltes
    st ang,

    Rencontre avec Matteo (militant JOC, possesseur d’un smartphone), Antoine Schirer (réalisateur et journaliste indépendant), Joke Callewaert (avocate) et le comité de soutien Justice pour Lamine Bangoura. Quels impacts une image peut-elle avoir sur le réel ? Pour éclairer cette question, chacun des intervenants reviendra sur son expérience. Ensemble, ils retraceront la vie des images de violence policière, celles filmées aux smartphones, celles des caméras de surveillances, celles des bodycams. De leur prise de vue à leur utilisation dans une procédure judiciaire, en passant par leur diffusion sur les réseaux sociaux et dans les enquêtes journalistiques, chaque étape a ses enjeux, tantôt concret comme le stockage des vidéos, tantôt légal comme le droit de filmer, tantôt sociologique, comme nos biais quand nous regardons une vidéo. A chaque étape ces images sont réinterprétées : c’est une guerre des récits qui se joue à travers elles.

  • dim 12.06 > 21:00

    Le Rond-point de la colère   [Films]

    Images révoltantes, Images de révoltes
    Pierre Carles, Olivier Guérin, Bérénice Meinsohn, Clara Menais, Laure Pradal, Ludovic Raynaud, 2019, FR, DCP, vo 60'

    Au tout début des occupations de rond-point un peu partout en France il y en a sûrement une qui restera dans les anales, et non pas grâce à ce film mais parce que les gens qui l’ont filmé en parlent encore aujourd’hui. Une page de l’histoire des gilets jaunes retracée dans cette chronologie du rond-point d’Aimargues dans le Gard. Appels vidéo, lives Facebook, clips avec images de drone, les voix s’élèvent et appellent à rejoindre le mouvement. Dans la cacophonie organisationnelle des bords confondus, les palettes brûlent et les sommations s’enchaînent.

    + Sedated Army Crazy Mirror
    Miquel Martí Freixas, Joan Tisminetzky, 2014, ES, DCP, vo st ang, 28'
  •    jeu 16.06 > 20:00

    Open Screen   [Films]

    Varia

    Depuis le début du cinéma Nova, l’Open Screen vous invite à venir montrer librement vos films sur grand écran. Que ce soit votre première œuvre cinématographique ou le fruit de longues années d’expérience, tous les films proposés seront projetés, quels que soient leur genre et format, à la condition de ne pas dépasser 15 minutes. Vingt cinq ans que cette opportunité existe et est accessible gratuitement, pour un public souvent nombreux qu’il ne tient qu’à vous de surprendre ! Alors n’hésitez plus, et envoyez vos films accompagnés d’une fiche technique au moins une semaine à l’avance.

  • ven 17.06 > 20:00

    Sand and Blood   [Film]

    Images révoltantes, Images de révoltes
    Matthias Krepp et Angelika Spangel, 2017, AT, DCP, ang st fr, 90'

    "Sand and Blood" propose à des réfugiés irakiens et syriens de regarder des vidéos de leur pays et de les commenter en voix-off. Avec les images pixelisées et les discours des protagonistes, le film retrace l’histoire de la région, depuis la chute de Saddam Hussein jusqu’à l’Etat Islamique, en passant par les manifestations syriennes et la guerre de Bachar el Assad contre son peuple. Fait lui aussi à partir d’images trouvées en ligne, "Sand and Blood" est l’extrême opposé de "The Uprising". Au romantisme de la révolte il oppose les soubassements géopolitiques des manifestations et les lendemains de guerre civile. Au lieu de vidéos utilisées sans contexte, les réfugiés situent chacune des images qu’ils connaissent bien. Loin du tourbillon de la révolte, Matthias Krepp et Angelika Spangel proposent un film net et précis. La soirée fait se regarder deux grands films dans les yeux.

  • ven 17.06 > 22:00

    The Uprising   [Films]

    Images révoltantes, Images de révoltes
    Peter Snowdon, 2013, BE, DCP, ar st fr, 78'

    En 2014, nous projetions "The Uprising" alors qu’il venait d’être primé au festival Ji.hlava, lors d’une séance aux discussions animées. Depuis, cette ode romantique aux Printemps Arabes, pensée autant comme un hommage aux amis de là-bas que comme une incitation à brûler notre ville, est devenue une pierre angulaire du cinéma de révolte et des films de capture d’écran. En 2020, encore, le New-York Times publiait un article sur le film pour le qualifier de "chef-d’œuvre du cinéma Iphone”. Il était impensable de faire cette programmation sans Peter Snowdon. Impensable, aussi, de projeter "The Uprising" tout seul, comme huit ans auparavant. Après sa version déconstruite (voir ci-contre) et accompagné par des films en écho, le film s’offre une séance de rattrapage pour ceux qui l’auraient raté et ceux qui l’ont oublié.

    + October
    Jon Thomson & Alison Craighead, 2012, GB-GB, DCP, ang , 14'
  •    sam 18.06 > 20:00

    Perchés   [Films]

    Hashtag Fake
    Guillaume Lillo, 2021, FR, DCP, fr , 34'

    Les héros de "Perchés" et de "Rémy" se ressemblent. Dans "Perchés", un homme raconte sa vie aux conducteurs qui le prennent en stop : une dépression l’a mené dans un centre médico-psychologique où il a rencontré d’autres gens perchés. Le film voyage, au sens propre, entre une passion pour les voitures et les oiseaux, comme autant de symboles d’un rapport au monde particulier. Dans "Rémy", le héros s’isole volontairement dans la maison secondaire de ses parents. Lui aussi aspire au calme, parmi les bêtes, mais la dureté du monde, sous forme de dettes, le rattrape. Les deux héros ont l’air de filmer leur quotidien étrange avec humour et captent la bizarrerie de la société qui les a mis dans ce drôle d’état. Mais le générique de fin révèle le piège (attention spoiler) : les images ne sont pas celles de Rémy ni de l’autostoppeur, mais un ensemble de plans trouvées sur Internet. Le syndrome qui hante les personnages est bien plutôt celui du monde que celui d’un jeune homme aisé un peu perdu. Si la détresse qui traverse les films de Lillo peut paraître un peu cliché, c’est justement parce qu’elle est constituée d’une imagerie globale : ses films montrent avant tout l’image que la société donne d’elle-même et, du coup, a d’elle-même, avec d’un côté les photos des magazines et, de l’autre, les kilomètres de route pluvieuse.

    + Rémy
    Guillaume Lillo, 2018, FR, DCP, fr st ang, 30'
  •    sam 18.06 > 22:00

    Pôle Nord   [Films]

    Hashtag Fake
    Guillaume Lillo, 2015, FR, DCP, fr , 26'

    Guillaume Lillo vient présenter son premier film, d’ordinaire invisible. Ce court-métrage, réalisé durant ses études, est le laboratoire de la forme qu’il a ensuite développé dans ses deux autres œuvres, présentées plus tôt dans la soirée. Dans Pôle Nord, un garçon raconte sa famille, avec un frère parti en Syrie et une sœur partie sur L’île des quatre vérités, une émission de télé-réalité. Il regarde les images qui hantent les classes populaires françaises, des publicités de voiture aux VHS de l’enfance.

    + Fraud
    Dean Fleischer-Camp, 2016, US, DCP, ang , 55'
  • dim 19.06 > 17:00

    Viva Voz

    Viva Margarida Guia
    Regina Guimarães, 2022, PT, HD, pt st fr, 35'

    “J’ai collecté des images et des sons pour mettre en lumière l’audace, l’impact, le poids et la légèreté incomparables des travaux poétiques, vocaux, sonores, musicaux de Margarida.” (Regina Guimarães)

    + Portrait audacieux, Margarida Guia
    Damien Bourniquel, 2015, FR, HD, fr , 2'
    + J’appelais l’écho à mon retour
    Margarida Guia, 2009, FR, audio, fr , 40'
  • dim 19.06 > 19:00

    La Femme sans nom, l’histoire de Jeanne et Baudelaire

    Viva Margarida Guia
    Régine Abadia, 2021, FR, DCP, fr , 54'

    Ce film est devenu une double histoire de fantôme : le fantôme de Jeanne Duval, compagne de Baudelaire dénigrée par le monde de l’art, et le fantôme de Margarida Guia, dont la bande son, composée la dernière année de sa vie, hante littéralement le film. Sa voix — chants, souffle, soupirs, lectures — y est infiniment troublante.

    + Fleur de feu
    Performance : Dominique Van Cappellen, BE, 20'
  • dim 19.06 > 21:00

    Viva Dada

    Viva Margarida Guia
    Régine Abadia, 2016, ES, HD, 52'

    Le mouvement Dada est né en 1916 comme révolte iconoclaste face à la boucherie de la Première Guerre mondiale. Pour ce film, Margarida Guia a créé une bande son dans l’esprit des dadaïstes, qui ont pulvérisé les formes, mais aussi le langage.

    + Thozée
    Anne-Sophie Costenoble & Margarida Guia,
  •    jeu 23.06 > 20:00

    Par monts et villages   [Prima Nova]

    Varia
    Lisa Sallustio, 2020, BE, fr , 38'

    Une femme italienne, un homme grec, le Borinage, cette petite région du sud de la Belgique, ancien site minier. Ils n’ont pas de langue commune mais ils comprennent qu’ils s’aiment, qu’ils veulent vivre ensemble et avoir des enfants. Par Monts et Villages est une invitation au voyage dans le temps avec comme capitaine Nicolas Antoniadis le grand père de la réalisatrice. De ses 84 ans Nicolas nous propose de le suivre des terrils du Borinage à la mer d’Italie en passant par les montagnes de Grèce. Les paysages se parlent et dessinent une chronique endurante du passé, du présent et du future de ces trois générations lié par des histoires et des valeurs communes.

    + AOC
    Samy Sidall, 2021, FR, fr , 18'
  • jeu 23.06 > 22:00

    Il n’y aura plus de nuit   [Films]

    Screenshot
    Éléonore Weber, 2020, BE, DCP, fr st fr, 75'

    Les images qui prêtent leurs formes à ce film n’ont pas été filmées par la cinéaste elle-même, mais par des caméras thermiques depuis des hélicoptères militaires. La technologie dite “thermique” n’enlève rien à la froideur des images, dans lesquelles des humains sont abattus de sang-froid par des soldats les survolant depuis leurs hélicoptères. Les voix des soldats commentent en direct ces images, mais celles-ci, au lieu d’apporter un peu de chaleur humaine, sont aussi distantes par rapport à leurs actes que la distance physique qui les sépare du sol. De leur point de vue, que l’on est amené à partager, c’est comme s’il agissait d’un simple jeu vidéo. La caméra thermique de l’hélicoptère est dirigée par les mouvements de tête du soldat-pilote, et le viseur du canon-mitrailleur s’aligne à l’objectif de celle-ci. Celui qui voit est donc celui qui tue. De quoi interroger quand on apprend qu’il est difficile pour ces soldats de distinguer, à travers leurs caméras thermiques, un paysan qui porte un râteau sur l’épaule d’un combattant avec une kalachnikov. Pour ponctuer ces moments pleins de dureté, Éléonore Weber rapporte le témoignage de Pierre V., un soldat français familier de ce genre d’opérations militaires. Celui-ci, sans condamner pour autant ces pratiques, tente de prendre un certain recul sur ces images, dont ses collègues semblent manquer cruellement dans l’immédiat de leurs opérations. Espérons que ce recul qu’apporte Éléonore Weber à travers son film pourra nous faire revenir enfin sur terre !

    + A Death in Mali : Requiem for Empire
    Jon Jost, 2019, US, DCP, sans dial, 13'
  • ven 24.06 > 20:00

    In My Room   [Films]

    Screenshot
    Ayelet Albenda, 2017, IL, DCP, ang , 70'

    La chambre comme lieu d’expression, par son importance, par sa densité narrative ou par la simple raison de son existence, ne devait pas être autre à l’ère de YouTube. "In My Room" nous fait pénétrer dans l’intimité consensuellement dévoilée de 6 adolescents occidentaux. Chaque récit unique et particulier, est relié aux autres par deux données : l’adolescence et la chambre. Que ce soit pour raconter sa transition de genre et de sexe, pour parler des injonctions à la beauté ou à l’appartenance normé de genre, ces adolescents racontent maquillage, musique, harcèlement, amour ou grossesse à partir de cet endroit de leur personne dans le temps et dans l’espace de leur chambre. Rendant visible et accessible un récit qui permet l’interaction du fait d’être partagé sur une plateforme en ligne.

    + My Immortal Singers
    Ayelet Albenda, 2014, IL, DCP, ang , 3'
    + True Colors
    Ayelet Albenda, 2014, IL, DCP, ang , 17'
  • ven 24.06 > 22:00

    Parning   [Films]

    Screenshot
    Mating
    Lina Mannheimer, 2019, SE, DCP, sv st fr, 93'

    Lina Mannheimer décide de faire un documentaire sur des vingtenaires, mais se fixe une règle : elle ne les rencontrera jamais. Elle aura accès à leurs réseaux sociaux, les interrogera par appel vidéo et récupérera les images qu’ils voudront bien filmer. Par un heureux hasard, deux jeunes se rencontrent, et le désir naît : le film passe de l’étude sociologique à l’histoire d’amour. Rarement l’intimité n’a été filmée avec une telle simplicité : issu d’une génération habituée à se mettre en scène et se documenter, le couple, à la fois filmeur et filmé, intègre la caméra dans leur marivaudage. Leur histoire emmène le film entre comédie romantique et chronique réaliste, dans cet entre-deux dont les aventures sont faites. Dans "Parning" (“s’accoupler”, en français), les envies vont et viennent, la complicité n’implique pas de se mettre en couple et l’amitié n’est pas un échec.

    + I’m Not the Only One
    Mishka Henner, 2015, BE, DCP, ang , 4'
  •    sam 25.06 > 19:00

    Total Neozoon   [Films]

    Screenshot

    Les courts-métrages de Neozoon ont rythmé la programmation, disséminés dans les avant-programme durant les deux mois. Souvenez-vous : le duo d’artistes berlinoises moque les pratiques d’Internet en compilant des vidéos aussi bizarres que de l’ASMR sur barquette de poulet, écrasage de gâteau en talons aiguilles, caressage de sac en cuir et unboxing de gros serpents. Voici un moment qui s’adresse à tous ceux qui, assez logiquement, seraient tombés amoureux de leur style en se laissant surprendre au début d’une séance : nous repassons tous les courts de Neozoon projetés depuis deux mois, avec quelques vidéos en bonus. Mis bout-à-bout, il apparaît clairement que leur ton ironique sert un regard acerbe sur notre rapport à la consommation et, plus particulièrement, aux animaux que nous consommons en les caressant, en les chassant, en les mangeant. Pour cette soirée de clôture, allons jusqu’au bout du monde de Neozoon, dans les tréfonds du web et de notre animalité, là où les caniches tètent des blondes et où les adolescents miaulent et coassent.

    + My BBY 8L3W
    Neozoon, 2014, DE, DCP, 3'
    + Buck Fever
    Neozoon, 2012, DE, DCP, sans dial, ang , 6'
    + Love Goes Through the Stomach
    Neozoon, 2017, DE, DCP, ang , 15'
    + Unboxing Eden
    Neozoon, 2013, DE, DCP, ang , 5'
    + Fragmants
    Neozoon, 2019, DE, DCP, ang , 6'
    + Shake Shake Shake
    Neozoon, 2016, DE, DCP, sans dial, 4'
    + Little Lower than Angels
    Neozoon, 2019, DE, DCP, vo 15'
    + Call of the Wild
    Neozoon, 2018, DE, DCP, sans dial, 6'
  • sam 25.06 > 19:30

    Microboutiek

    Varia

    La Microboutiek propose de manière régulière une sélection de sa collection de micro-éditions (livres, CD, Vinyles, fanzines, DVD, etc) en vente dans le bar. Stand de diffusion alternatif d’une scène indépendante bruxelloise mais pas que, la Microboutiek est alimentée par son propre public et s’enrichit au gré des événements organisés par le Nova. La collection entière est inventoriée sur le site de la Microboutiek. Dans le cadre de la programmation "Screenshot", nous mettrons en lumière l’ouvrage "Quand le cinéma affronte les flux numériques" fraichement sorti de l’imprimerie. Le 12 juin, la Microboutiek soutiendra également la programmation du week-end consacrée aux violences policières et aux révoltes populaires. Enfin, notre stand se joindra également au festival SNAP en promouvant des œuvres liées au travail du sexe.

  •    sam 25.06 > 21:00

    Séance de clôture   [Films]

    Screenshot

    FUUUUUUUCK ! Il y a une raison pour que la dernière soirée s’appelle la R@ge_qu1TTE night : nous voulions mettre le court-métrage qui lui donne son titre à la fin de chaque séance. Il mettra un point final à deux mois de flots de pixels dans un grand cri. STOOOOOOOP ! Tout s’arrête, tout quitte, tout se suspend ce soir. Dans "Six Years of Mondays", un homme diffuse chaque jour le passage du jour depuis sa fenêtre. NOOOOOOOOOOO ! Le mythe d’un Mickey joyeux se termine dans "Lost Episode", avec la légende urbaine d’un cartoon qui pousse au suicide. AAAAAAAAAAAAAARGH ! "Temps mort" pour un échange de bons procédés par téléphones interposés entre Mohamed Bourouissa et un prisonnier. IN DA CLUUUUUUUUB ! "50/50" reconstitue un chœur amateur sur une chanson de 50 Cent. AND I BREAK MY MONITOR ! Gabrielle Stemmer révèle le cauchemar de la condition féminine derrière les vidéos de "Clean with Me". Et partir avec la RAAAAAAGEEEEEE.

    + Six Years of Mondays
    Alison Craighead & Jon Thomson, 2014, GB, DCP, 11'
    + Lost Episode
    Christopher Radcliff, 2019, US, DCP, vo 8'
    + Temps mort
    Mohammed Bourouissa, 2019, FR, DCP, 18'
    + Clean with Me (After Dark)
    Gabrielle Stemmer, 2019, FR, DCP, vo ang st fr, 21'
    + R@ge_qU1TTE
    jAROD Unofisal, 2019, FR, DCP, sans dial, vo 7'
  • sam 25.06 > 23:00

    R@g3_Qu1TTe NIGHT   [Party]

    Screenshot

    MEEEEERRDEEEE. Velours vient foutre le bordel dans les enceintes pendant que Maxime dézingue les images qu’il a chopées à grands coups de filtres VLC. La R@g3 continue et nous termine, brise les pixels et brûle les GoogleCam : l’écran capturé est relâché. Ça va glitcher et guincher jusqu’au bout de la N8 dans le bar déééééé-cccoconn###ecté du Nova.

  • dim 26.06 > 17:00

    Il n’y aura plus de nuit   [Films]

    Screenshot
    Éléonore Weber, 2020, BE, DCP, fr st fr, 75'

    Les images qui prêtent leurs formes à ce film n’ont pas été filmées par la cinéaste elle-même, mais par des caméras thermiques depuis des hélicoptères militaires. La technologie dite “thermique” n’enlève rien à la froideur des images, dans lesquelles des humains sont abattus de sang-froid par des soldats les survolant depuis leurs hélicoptères. Les voix des soldats commentent en direct ces images, mais celles-ci, au lieu d’apporter un peu de chaleur humaine, sont aussi distantes par rapport à leurs actes que la distance physique qui les sépare du sol. De leur point de vue, que l’on est amené à partager, c’est comme s’il agissait d’un simple jeu vidéo. La caméra thermique de l’hélicoptère est dirigée par les mouvements de tête du soldat-pilote, et le viseur du canon-mitrailleur s’aligne à l’objectif de celle-ci. Celui qui voit est donc celui qui tue. De quoi interroger quand on apprend qu’il est difficile pour ces soldats de distinguer, à travers leurs caméras thermiques, un paysan qui porte un râteau sur l’épaule d’un combattant avec une kalachnikov. Pour ponctuer ces moments pleins de dureté, Éléonore Weber rapporte le témoignage de Pierre V., un soldat français familier de ce genre d’opérations militaires. Celui-ci, sans condamner pour autant ces pratiques, tente de prendre un certain recul sur ces images, dont ses collègues semblent manquer cruellement dans l’immédiat de leurs opérations. Espérons que ce recul qu’apporte Éléonore Weber à travers son film pourra nous faire revenir enfin sur terre !

    + A Death in Mali : Requiem for Empire
    Jon Jost, 2019, US, DCP, sans dial, 13'
  • dim 26.06 > 18:00

    Comment les chatons mignons vont détruire l’humanité   [Performance]

    Screenshot
    Maxime, 2022, BE,

    Ça n’échappe plus à grand monde : loin de l’injonction à utiliser son matériel informatique plutôt que du papier pour préserver l’environnement, l’omniprésence gloutonne d’Internet est un gouffre sans fond en matière de consommation d’électricité. Certains aspects se discutent mais quand, au début de la pandémie, les grandes plateformes de streaming légales interdisent la HD pour cause d’encombrement de la bande passante, on perçoit quelque chose que la notion perverse de cloud - de nuage - interdit d’imaginer. Depuis quelques années, Maxime, novaïste et cinéaste, a pour projet de fabriquer un film sur la matérialité d’Internet avec la matière produite par Internet. C’est l’occasion et, pour la peine, il va très matériellement s’installer dans le bokaal à l’entrée du cinéma pendant les sept semaines de la programmation pour créer son film et, surtout, partager son processus de création avec les spectateurs, les passants et toute personne qui désire échanger avec lui.
    Le résultat de ce processus de création sera projeté lors de la soirée de clôture le samedi 25 juin.

  • dim 26.06 > 19:00

    Big in China, Georges and the Vision Machines   [Films]

    Dominic Gagnon - The Man Who Saved Footage
    Dominic Gagnon, 2020, CA, DCP, ang st fr, 77'

    2019, Georges est rentré en France. Ses dernières années, il les a passées en Chine dans la désormais fameuse province de Wuhan. Il y enseignait l’anglais, y vivaient de petits boulots taillés sur mesure pour les blancs et, surtout, chaque jour, il alimentait sa chaîne YouTube de vidéos comme un journal intime partagé avec celles et ceux qui ont trouvé leur chemin jusqu’à la chaîne Georges Non Stop. Au début, c’est blagues potaches et conseils consommation. Pourtant, l’amour flou s’étiole et alors qu’il se croyait héritier de l’indépassable pensée des lumières et de l’universalité de ses valeurs, Georges déchante après plusieurs années passées en Chine. Entre réflexes paranoïaques et racisme mutuel, sa situation dégringole à la défaveur d’un désamour d’Etat pour le contenu de ses vidéos. Pendant deux ans, Dominic Gagnon aura ingurgité les plus de deux mille vidéos publiées par Georges pour concevoir ce portrait détonnant d’une personnalité qui, par delà sa confusion manifeste, sera le témoin involontaire de l’extension du domaine du contrôle de tout un chacun par les technologies numériques. Et tandis que Georges narre ses déboires, on se surprend à porter le regard autour de son omniprésent visage et ainsi percevoir les paysages d’une ville de campagne chinoise en pleine mutation.

    + Love Goes Through the Stomach
    Neozoon, 2017, DE, DCP, ang , 15'
  • dim 26.06 > 21:00

    Present. Perfect.   [Films]

    Screenshot
    Shengze Zhu, 2019, UA, DCP, cmm , 124'

    En Chine, 2016 marque l’essor des livestreams avec plus de 400 millions d’usagers. En 2017, l’état central met en application une loi pour endiguer ce phénomène joyeusement incontrôlable. C’est qu’à travers ces micros chaînes de télévision, on revendique le droit d’exister et surtout, depuis les quatre coins du pays, des paroles rares s’élèvent animés du désir simple de s’exhiber et de vivre. À l’image de bon nombre des films de capture d’écrans, la réalisatrice s’est intéressée aux streamers de l’ombre, celles et ceux qui, bien que bénéficiant d’une poignée seulement de suiveurs, révèlent des pans invisibles de la vie sociale sur place. Une ouvrière textile discute de ses conditions de travail et de sa vie de jeune femme en passant des culottes à la chaîne, un danseur désynchronisé avec la musique se déhanche dans les rues les plus anonymes ou encore, par exemple, un homme nain aux membres atrophiés raconte son quotidien fait de mendicité, d’une grande maîtrise du cadre et d’une absence totale de misérabilisme. Plongée rare dans les entrailles de la Chine, "Present. Perfect." a gagné le grand prix du festival international du film de Rotterdam (IFFR) en 2019.

    + Artist Looking at Camera
    Guthrie Lonergan, 2006, US, DCP, sans dial, 3'
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