#197 Super, Nova !

  • dim 19.05 > 19:00

    Cinégénie de la bicyclette   [Conférence]

    Soirées spéciales
    Une échappée de Patrick Leboutte, historien du cinéma et du vélo, précédée d’un court prologue tatiesque

    Cinématographe et premières courses cyclistes sont exactement contemporains : nouveaux moyens de transport. Il ne s’agit pas là d’un hasard, ces deux arts étant régis par la même loi de Joule : tout corps en travail suscite une énergie et celle-ci en retour fait tourner la machine. Tel est le principe du cyclisme, tel est aussi celui du cinéma. Dans les deux cas, il s’agit de mettre du vivant sur du mécanique.

    J’ai compris le hors-champ le 13 juillet 1975 quand Eddy Merckx disparut de l’écran de mon téléviseur, le caméraman français ayant décidé de suivre un grimpeur bourguignon qui le distançait alors dans les Alpes. Plus aucune image d’Eddy, plus aucune nouvelle de lui : était-il tombé dans le ravin ? Ce jour-là, 9 millions de Belges s’étaient fait tout un film.

    Je ne connais rien de plus rossellinien qu’une retransmission cycliste tant ce qui me touche dans une course est aussi ce qui m’émeut dans un grand film : le parcours, la traversée d’un espace avec ses incidents, le cheminement, la mise à l’épreuve de la réalité, quand entre le début et la fin, tout a bougé.

    Voici deux ans, le PDG d’une grande banque déclarait qu’un « cycliste est un désastre pour l’économie », n’achetant ni voiture, ni carburant « Une personne en bonne santé n’est ni utile, ni nécessaire au Marché ». Un peu comme les habitués du Nova. Deux raisons de plus d’aimer et le cinéma et le vélo.

    → Patrick Leboutte,
    professeur à l’Insas, critique itinérant

  • dim 19.05 > 21:30

    Parpaillon   [Film]

    Soirées spéciales
    Luc Moullet, 1993, FR, DCP, vo st ang, 84'

    Chaque année, 200 cyclistes amateurs montent à l’assaut du col de Parpaillon. Il y a là les vrais sportifs et les faux, les rigolos de service et les forçats de l’entraînement, ceux qui font la course juste pour voir et ceux qui la disputent pour être vus comme le député du coin et l’animateur de télévision. Tandis que certains trichent, d’autres tombent amoureux et s’arrêtent en bord de route pour déguster des huîtres ou débattre de l’évolution des marchés financiers. Pour Luc Moullet, lui-même présent dans le peloton, conscient que faire du cinéma revient toujours à mouiller son maillot, cette ascension est d’abord prétexte à satire sociale, comme souvent chez lui. Si son film présente toutes les apparences d’un vrai-faux documentaire, son approche burlesque des corps en mouvement le situe clairement du côté de Jacques Tati dont j’ai toujours pensé qu’il était l’unique héritier. (Patrick Leboutte)

  •    jeu 23.05 > 20:00

    Open Screen   [Compilation]

    Etc.

    D’accord, notre salle n’accueille que 200 sièges ; sur une plateforme de partage vidéo, les paires d’yeux peuvent être innombrables. Mais, l’accumulateur de vues en ligne ne peut rien face à 200 personnes (ou moins, soyons francs, ça arrive aussi), qui s’exclament, vibrent ou sont transies de silence à la découverte des films des cinéastes du soir. En bonus, nous n’avons aucune clause d’exclusivité, nous pouvons même rester muets comme des carpes et taire la présence d’un film dans notre série peu importe la raison invoquée. Films de vacances, production indépendante, tentative de salto à la caméra super8 ou poésie depuis un téléphone de dealer, tout ce qui peut être projeté et qui fait maximum 15 minutes est bienvenu. Une voie royale : l’envoi d’un mail à l’adresse suivante : openscreen@nova-cinema.org

  • jeu 23.05 > 22:00

    Michel Vay

    Michel Vay & co
    Patricia Gélise & Nicolas Deschuyteneer, 2023, BE, DCP, vo fr st nl, 60'

    Michel Vay part en cavale après avoir emporté le butin qu’il convoyait pour la société Apollo Security. Cueilli par une muse qui lui ouvre la portière de sa Mazda 818 coupé vert absinthe, à la lisière d’un champ de monoculture, à bout de souffle, trainant un sac plein de billets, le fugitif est bien forcé de changer de perspective quand des drones de la police lui demandent d’ouvrir son sac et que des champignons ont remplacé les billets de 500 euros. À partir de là, Michel Vay devient spectateur de sa propre vie, frappé par son destin comme si son acte de désobéissance ouvrait la voie à un autre monde plus authentique et plus sensible. Ici, ce n’est pas dans un parking crasseux que va se planquer le délinquant mais dans une forêt entre les mousses et les étangs, les routes abandonnées et les vaisseaux fantômes que nous offrent la campagne wallone. Le monde enchanté de Michel Vay s’ouvre à nous, un monde où la muse, le cowboy solitaire, le pêcheur et l’hôtesse de l’air chantent leur banalité. Road-movie pur vintage, polar electropop, western ou poème surréaliste, cette fiction pourrait se situer dans le courant réaliste magique, à la façon d’André Delvaux, où d’Harry Kümel dans "Les Lèvres rouges". Un film belge musical et débridé, qui au-delà des apparences nous parle subtilement de notre rapport au monde quand la mort nous guette.

    Projection suivie d’une rencontre avec les cinéastes le 04.04, et le 25.04 où ce seront les membres de Kinoféroce qui, à l’invitation du Nova, animeront la discussion et composeront un avant-programme* en écho à "Michel Vay" / * En l’occurrence, "DRAME 71" de Guillaume Lion (BE, 2022, VO FR ST ANG, 25’ ), aussi en sa présence.

  •    ven 24.05 > 20:00

    Ici Brazza – chronique d’un terrain vague   [Plan B]

    Films + Rencontres
    Antoine Boutet, 2024, FR, fr , 86'

    Être en terre inconnue constitue le point de départ de chacun des films d’Antoine Bouttet, réalisateur notamment du "Plein pays" et de "Sud Eau Nord Déplacer". Il arpente ici un territoire situé à côté de chez lui, dans une grande ville française : une vaste zone en friche qui vit ses dernières heures avant de servir de terrain à un vaste projet immobilier dans l’air du temps. Tourné dans le temps long, le film documente la transformation d’un espace passant d’un supposé "rien" à un prétendu "tout", et interroge ses usages actuels et passés au fur et à mesure que se dessine l’image de la ville de demain.

    - Projection suivie d’une discussion avec des membres du collectif Asphalte qui vient de publier "Tenir la ville - Luttes et résistances contre le capitalisme urbain" (Les Étaques, 2023), un ouvrage français qui combine analyses, témoignages et récits de luttes pour contribuer à repolitiser la question urbaine et à en faire un enjeu majeur des luttes pour l’émancipation et l’autonomie.

  •    sam 25.05 > 20:00

    Izkor, slaves of memory   [Film + rencontre]

    A Land For All
    Izkor, les esclaves de la mémoire
    Eyal Sivan, 1991, FR-IL, DCP, vo he st fr, 97'

    Avril 1991. Eyal Sivan plante sa caméra en Israël, où fêtes et commémorations se succèdent traditionnellement en cette période de l’anné : la célébration de Pessa’h fait place à la commémoration des victimes des crimes nazis puis à la journée de commémoration nationale pour les soldats israéliens, pour terminer par le Jour de l’Indépendance nationale. "Izkor" signifie "souviens-toi" en hébreu, et c’est sur ce commandement biblique dicté aux enfants d’Israël que s’interroge Eyal Sivan en analysant la mémoire collective comme processus de formation identitaire, et la place qu’on lui donne à travers des jours du calendrier pour construire un narratif. Son film accompagne des élèves dans le système d’éducation en Israël, de la crèche jusqu’à leur recrutement au service militaire, et leur obligation à porter une mémoire définie et orientée. Quelle place est alors laissée à l’enfant pour choisir ou interpréter la réalité ? Et dans quel état d’esprit cette société évolue ?

    + To Break Up With I’
    Performance de Naama Shoshana Fogiel Lewin, ENG, 10’

    Fogiel Lewin est née en Israël quelques années après la sortie d’"Izkor, les esclaves de la mémoire", dans l’escalade de cette réalité politique entre la rivière et la mer. Dans une performance qui prend la forme d’une lettre de rupture à un bien-aimé, elle tente de déconstruire l’identité sioniste contemporaine dans laquelle sa génération a été éduquée.

    Projection suivie d’une discussion avec Eyal Sivan.

  •    dim 26.05 > 18:00

    Common State, Potential Conversation   [Film + salon de discussion / praatsalon]

    A Land For All
    État commun, conversation potentielle
    Eyal Sivan, 2012, DCP, vo he st fr, 123'

    Deux peuples vivent sur une terre et se sentent appartenir à celle-ci, “from the river to the sea”. Les tentatives d’accords de paix entamées jusqu’à présent ont abouti à un fiasco, et ont été souvent suivies par des vagues de violences qui ne cessent d’augmenter avec les années. Et si on réfléchissait à la question autrement ? Le concept d’État commun est d’abandonner la notion de partition du territoire pour embrasser celle du partage. Par le truchement du montage et de la division de l’écran en deux parties égales, Eyal Sivan provoque une rencontre entre Arabes palestiniens et Juifs israéliens. Vingt entretiens parallèles sur le thème d’un État commun avec des responsables politiques et des colons, des juristes et des artistes, des vieux et des jeunes, des juifs israéliens séfarades et ashkénazes, des Arabes palestiniens d’Israël et des territoires occupés…

    Après une pause, où l’on pourra se restaurer au bar, nous nous retrouverons dans le cadre d’un salon, en présence d’Eyal Sivan et en compagnie de Rula Hardal et Lily Eilan, représentantes palestinienne et israélienne de l’initiative "A Land For All" (Une terre pour tous). Cette organisation, composée de membres des deux peuples, développe depuis 2012 une vision politique pour une terre partagée. Depuis le 7 octobre 2023, ce mouvement a connu une forte croissance et son appel à un changement de paradigme reçoit beaucoup d’attention.

    Au cours du salon, "A Land For All" présentera une proposition pragmatique qui vise à modifier le paradigme de la séparation en faveur d’un avenir fondé sur le partage du pouvoir et des intérêts communs. Il s’agit d’envisager un avenir dans lequel les deux peuples pourraient coexister sur le même territoire sans nier leur souhait d’autodétermination, tout en respectant l’égalité des droits individuels et nationaux de chacun pour tous les habitants de la patrie. Rula et Lily présenteront cette proposition élaborée basée sur l’expérience et la connaissance de la vie en Palestine-Israël, ainsi que des questions et des idées parfois incomplètes inhérentes à leur vision en cours de développement. La présentation sera suivie par une discussion avec le public, animée par Frank Barat, en anglais.

  •    jeu 30.05 > 20:00

    Focus Graphoui 1983 > 1991   [Compil + rencontre / ontmoeting]

    Films + Rencontres
    Films d’animation, collectifs, par et avec des enfants

    Depuis sa création, l’Atelier Graphoui développe en parallèle une approche professionnelle du cinéma d’animation et un travail avec des publics amateurs (enfants, habitants, associations...). En partageant leurs compétences et leurs infrastructures, les membres de l’Atelier Graphoui sont guidés par trois intentions : démystifier la technique, décloisonner les différentes étapes de travail et déhiérarchiser les productions. Les interactions entre ces différentes pratiques peuvent s’avérer particulièrement stimulantes autant pour les professionnels que pour les amateurs. De 1983 à 1991, tout en réalisant des pubs et des séries animées pour la télévision, l’Atelier Graphoui expérimentait des méthodologies, des références artistiques singulières et des supports particuliers qui ont permis la réalisation de films collectifs par et avec des enfants. Cette séance est l’occasion de revenir sur le contexte et les conditions de création de ces petits bijoux qu’on redécouvre avec plaisir !

    - Projection suivie d’une rencontre entre des protagonistes des ateliers et de l’équipe de l’Atelier Graphoui.

    + Mômimages, le monde des Spoks
    Patrick Van Antwerpen , 1988, BE, DCP, vo fr , 23'
    + Pas de panique, les cromagnons sont là
    Collectif, 1986, BE, DCP, vo fr , 12'
    + Rocky Two
    Collectif, 1985, BE, vo fr , 8'
    + L’usine de Bazouqa
    Collectif, 1986, BE, DCP, vo fr st ang, 5'
    + Rue de la Perle
    Collectif, 1991, BE, DCP, vo fr , 5'
    + Kinshasa Septembre Noir
    Collectif, 1992, BE, DCP, vo fr st ang, 7'
  •    ven 31.05 > 20:00

    Cash - Cut to the Quick   [Film + rencontre]

    Films + Rencontres
    Éric Gauthier, 2024, FR, DCP, fr , 52'

    Éric Gauthier gère la Galerie du Moineau écarlate à Paris, qui réunit des créations spontanées, hors normes, voix non éduquées, fruits de destins visionnaires… Il réalise aussi de petites vidéos dans lesquelles il interroge des artistes dits "bruts" sur leur rapport à l’argent. "Cash - Cut to the Quick" est le résultat filmique de cette démarche. Devant sa caméra, une dizaine d’artistes français et belges parlent, de manière cash, de leurs œuvres et de leurs conditions matérielles de création. Ces entretiens sont accompagnés des propos de Céline Delavaux, autrice de "L’Art brut, un fantasme de peintre".

    - Cette séance est proposée en résonance avec l’exposition "Cash" présentée au Art et marges musée. Projection suivie d’une rencontre avec Éric Gauthier et Céline Delavaux.

  • ven 31.05 > 22:00

    Michel Vay

    Michel Vay & co
    Patricia Gélise & Nicolas Deschuyteneer, 2023, BE, DCP, vo fr st nl, 60'

    Michel Vay part en cavale après avoir emporté le butin qu’il convoyait pour la société Apollo Security. Cueilli par une muse qui lui ouvre la portière de sa Mazda 818 coupé vert absinthe, à la lisière d’un champ de monoculture, à bout de souffle, trainant un sac plein de billets, le fugitif est bien forcé de changer de perspective quand des drones de la police lui demandent d’ouvrir son sac et que des champignons ont remplacé les billets de 500 euros. À partir de là, Michel Vay devient spectateur de sa propre vie, frappé par son destin comme si son acte de désobéissance ouvrait la voie à un autre monde plus authentique et plus sensible. Ici, ce n’est pas dans un parking crasseux que va se planquer le délinquant mais dans une forêt entre les mousses et les étangs, les routes abandonnées et les vaisseaux fantômes que nous offrent la campagne wallone. Le monde enchanté de Michel Vay s’ouvre à nous, un monde où la muse, le cowboy solitaire, le pêcheur et l’hôtesse de l’air chantent leur banalité. Road-movie pur vintage, polar electropop, western ou poème surréaliste, cette fiction pourrait se situer dans le courant réaliste magique, à la façon d’André Delvaux, où d’Harry Kümel dans "Les Lèvres rouges". Un film belge musical et débridé, qui au-delà des apparences nous parle subtilement de notre rapport au monde quand la mort nous guette.

    Projection suivie d’une rencontre avec les cinéastes le 04.04, et le 25.04 où ce seront les membres de Kinoféroce qui, à l’invitation du Nova, animeront la discussion et composeront un avant-programme* en écho à "Michel Vay" / * En l’occurrence, "DRAME 71" de Guillaume Lion (BE, 2022, VO FR ST ANG, 25’ ), aussi en sa présence.

  • sam 01.06 > 18:00

    Chaque début est une fin...   [Compil AJC !]

    A peu près 50 ans pour l’AJC !

    ... Ou plutôt la fin est toujours un retour au début. "La fin d’un jour" est le premier court de fiction de l’AJC (1977), réalisé entre techniciens et cinéastes débutants à Watermael-Boitsfort. Il raconte l’évasion d’un ainé des mouroirs que sont les homes. Presque 50 ans plus tard, "20 ans c’est quelques jours", réalisé en collectif lors d’un Kino de l’AJC. Dans "un bistrot", telle une séance d’hypnose, les client.e.s sont invités à imaginer le monde dans 20 ans. Plus intime, "Coserelle", autour de l’absence, dont l’écriture filmique passe par des choses aussi petites qu’un pot de moutarde. "Montréal ville tiède", court réalisé en solitaire avec une caméra légère. Avec humour, le film nous ouvre ses coulisses, et se construit au rythme de l’eau, de la poésie, pour clore à Bruxelles.

    + La fin d’un jour
    MIRKO POPOVITCH, 1977, BE, 16 MM, fr st nl & en, 14'
    + 20 ans c’est quelques jours
    SYLVAIN DUFAYARD, 2022, BE, DCP, fr st ang, 8'
    + Montréal ville tiède
    LIONEL MWE-DI-MALILA, 1998, BE, DCP, fr , 15'
    + Coserelle
    DANIELA DE FELICE, 1998, BE, DCP, fr st ang, 10'
  • sam 01.06 > 20:00

    Traverser le temps   [Compilation]

    A peu près 50 ans pour l’AJC !

    On ne saisit pas le temps qui passe. "Moments" s’y est essayé en étirant un geste banal jusqu’au vertige métaphysique. Dans La Chute des Heures, en 1990, Boris Lehman filme à Lausanne le temps d’une demi-journée, toutes les 15 minutes... des horloges. Un exercice d’errance dans le temps minuté… C’est cette ‘’conscience du temps qui passe’’ que Léo Liotard fait ressurgir en exhumant les bandes-vidéos de sa jeunesse archivée. Avec ‘’C’est la fête’’, il redécouvre, 20 ans plus tard, les soirées avec ses amis, filmées au camescope entre 1995 et 2000. Pétards, musique, grandes discussions. Que revivent les années 90, comme par l’effet d’une transmission à travers les âges de Boris à Léo.

    + Moments
    KEVIN DOSCH, 2003, BE, DCP, sans dial, 3'
    + La chute des heures
    BORIS LEHMAN, 1990, BE, sans dial, 8'
    + C’est la fête
    LÉO LIOTARD, 2020, BE, DCP, fr st ang, 68'
    + ...
  • sam 01.06 > 23:00

    Live Soundtrack : Just Say « No »   [Compilation]

    A peu près 50 ans pour l’AJC !

    "No. No Future. No pasaran. No budget. Comment faire sans rien face à ce qui est trop grand ? Avec des objets trouvés, comme ready-made. Ou presque. C’est un signal extra-terrestre décrypté, dernière mémoire du plus célèbre des groupes bruxellois, ou un bout de vieille pellicule gratté à l’ennui dans les rues de New-York. Just say No : donc Paul Schillings, qui crédite ses films de la mention « sans argent », véritable exercice de liberté. Là, c’est la ville au milieu de son vacarme, là un monde végétal suspendu à nos angoisses, là encore, l’institution qui inonde nos peurs. La rage. Ça sera un remix à défaut de remake, un clip d’amour. Permettons-nous en guise d’hommage, de repartir sur d’autres bases : on garde les images, on refait le son, en direct live. Live Soundtrack. No. No limit. So, what’s next ? DJ set !"

    + Sur les traces des CoolCoolBite
    ALEXIS GROLMANN, 2020, BE, fr st ang, 15'
    + A Picture
    JEAN DELAFONTAINE, 1999, BE, DCP, sans dial, 10'
    + Extazia
    PAUL SCHILINGS, 2001, BE, DCP, ang st fr, 6'
    + Green Stress
    PAUL SCHILINGS, 2000, BE, DCP, sans dial, 8'
    + La minute de silence
    PAUL SCHILINGS, 1998, BE, DCP, sans dial, 3'
    + ...
  • dim 02.06 > 16:00

    Résister à ce qui nous recouvre   [Compilation]

    A peu près 50 ans pour l’AJC !

    Faire ressurgir un passé cinématographique chargé de luttes, d’expérimentations sociales et formelles, c’est ce qui nous a guidé pour cette séance. Dans ‘’Errance Wandering’’, Yeung-Fun Yuen suit à Hong-Kong un vieux monsieur qui pratique une poésie calligraphique en déambulant dans la ville moderne. En captant la beauté d’un geste éphémère, le réalisateur réussit à nous dévoiler comment la précision de la tradition continue de flotter dans un monde prêt à la noyer. D’autres lettres qui tentent de résister à tout recouvrement, ce sont celles de l’usine RHODIACETA à Besançon, haut lieu des luttes ouvrières dans les années 60, où furent réalisé les films militants du groupe Medvedkine. C’est la mémoire de ces luttes qu’un plan d’urbanisme se prépare en 2017 à honorer… ou à recouvrir. Puissante réflexion sur la trace, de la terre au pixel, qui sculpte notre passé et définit notre monde.

    + Errance, Wandering
    YEUNG-FUN YUEN, 2005, BE, DCP, sans dial, 18'
    + H.H.
    CHLOÉ MALCOTTI, 2017, BE, fr st ang, 52'
    + ...
  • dim 02.06 > 18:00

    C’est ici et c’est maintenant   [Compilation]

    A peu près 50 ans pour l’AJC !

    Par urgence ou par désir, là et tout de suite, ces films racontent comment la mise en retrait subie ou revendiquée est une place fertile d’où regarder et raconter notre monde, ses violences et ses incohérences. Dans "Cissé 1x ce n’est pas moi, (Cissé)2 c’est moi-même", deux personnages se confrontent avec l’étranger. Une femme occidentale rentre d’un pays lointain et ressasse souvenirs et pensées fugitives. Cissé, qui n’a pas de papiers, nous parle avec humour et tranchant de son odyssée. Dans Le ski, la vraie nature, le vide, une jeune youtubeuse insupportable nous donne un aperçu de la vie après la fin du monde. Elle nous guide joyeusement à travers une histoire dystopique d’une gaieté morbide. Dans "Back from Cambrai", 48 heures avant sa convocation, Ben essaie à tout prix d’échapper à son service militaire et cherche à être déclaré inapte. Enfin, la performeuse queer et travailleuse du sexe Poison nous plonge dans l’intimité de sa loge avant d’exploser ses sucs, sa sève, sa quintessence sur scène.

    + Cissé 1x ce n’est pas moi, (Cissé)2 c’est moi-même
    CHRISTOPHE VAN COLLIE, 2001, BE, DCP, fr st ang, 22'
    + Le ski, la vraie nature, le vide
    CLARA THOMINE, 2021, BE, DCP, fr st ang, 16'
    + Back From Cambrai
    ANTOINE PAROUTY, 1998, BE, DCP, fr st ang, 19'
    + Poison
    LOUVE DUBUC-BABINET, 2020, BE, DCP, fr st ang, 20'
    + ...
  • dim 02.06 > 21:00

    Sous le même toi   [Compilation]

    A peu près 50 ans pour l’AJC !

    Sous la forme de portraits, deux réalisateur.ices tentent de renouer avec leur frère. Dans Eau douce, eau salée (2012), Aya Tanaka, revient dans la maison familiale où habite son frère qui a fait de sa chambre exigüe une forteresse imprenable. Avec "Et toi ?", en avant-première et dernier film né à l’AJC, Olivier Praet visite son frère qui s’est isolé dans la forêt pour faire face à son état mental. Cette confrontation avec leur proche fait resurgir cette difficulté d’habiter un monde sans y trouver sa place... en même temps que le reflet de leur propre identité.

    + Et toi ?
    OLIVIER PRAET, 2024, BE, DCP, fr st ang, 36'
    + Eau douce, eau salée
    AYA TANAKA, 2012, BE, DCP, ja st fr, 50'
    + ...
  • jeu 06.06 > 19:30
  • jeu 06.06 > 20:00

    Vase de noces   [Rencontre + écoute sonore + film]

    Micro Evenings
    Thierry Zéno, 1974, BE, 35mm, sans dial, 82'

    Poème abyssal, fascinant et répugnant, où un homme solitaire aime tendrement une truie jusqu’à lui faire des petits, "Vase de noces" suscita autant le scandale que l’admiration, par exemple celle d’Henri Michaux. Expérience cinématographique à la fois éprouvante et subjuguante, l’unique film de fiction de Thierry Zéno s’appuie sur trois solides piliers : l’alchimie visuelle de Thierry Zéno, la performance viscérale de Dominique Garny et une bande-son mêlant les compositions de Pérotin et Monteverdi aux fascinants travaux sonores du compositeur Alain Pierre. De cette materia prima naît une indescriptible symphonie sensorielle et mystique.

    C’est à l’occasion de la parution sur le label Sub Rosa de la bande-son de "Vase de noces" (LP édition limitée) et de "L’enfant grandit", une œuvre inédite d’Alain Pierre, récemment décédé, que nous proposons cette soirée hommage. La projection sera accompagnée d’une évocation des parcours de Thierry Zéno et d’Alain Pierre, et d’une écoute des deux vinyls.

  •    ven 07.06 > 20:00

    Black is Beltza I   [Film + rencontre]

    Fermin Muguruza
    Fermin Muguruza, 2018, ES-FR, DCP, vo st fr & ang, 86'

    Octobre 1965. La troupe de géants de Pampelune est conviée à défiler sur la Cinquième Avenue de New-York. Mais la ségrégation raciale bat son plein : les autorités américaines interdisent aux deux géants noirs de participer au cortège. Basé sur cette histoire vraie, "Black is Beltza" raconte l’histoire de Manex, porteur d’un des deux géants. De groupuscules en réseaux, il découvre New-York comme carrefour de luttes et de contre-culture : les émeutes déclenchées par l’assassinat de Malcom X, l’excentrisme de la Factory, le festival hippie de Monterrey, "La Bataille d’Alger"… Mélange de pirate et de justicier romantique, Manex tombe amoureux d’une révolutionnaire cubaine avec qui il plonge plus encore dans l’effervescence de l’époque. Espionnage, révolution et amour, guerres, guérilla et mouvements de libération se mettent à virevolter comme un géant autour du récit. Pour son premier film d’animation, Muguruza donne aussi une grande place à la musique, du punk-rock britannique à Cheikha Rimitti, en passant par Otis Redding !

    Projection suivie d’une discussion avec Fermin Muguruza.

  •    sam 08.06 > 19:00

    Bidasoa 2018-2023   [Film + rencontre]

    Fermin Muguruza
    Fermin Muguruza, 2023, ES, DCP, vo st fr, 71'

    Pour son dixième film, Fermin Muguruza revient sur la tragédie qui se joue sur le fleuve Bidasoa, frontière à la fois naturelle et administrative entre les Pays basques espagnol et français. Depuis l’été 2018 et la fermeture par la France de points de passage le long du fleuve, une dizaine de personnes a trouvé la mort en tentant de le traverser. Sept s’y sont noyées entre Irun et Hendaye, trois autres ont été heurtées par un train à Ziburu. À ceux qui parlent du "fleuve assassin", Muguruza répond avec ce documentaire que ce n’est pas le Bidasoa qui tue, mais la politique migratoire. Fruit d’un travail minutieux de récolte de témoignages, il donne la parole à plusieurs militants actifs au sein d’associations comme Harrera Sarea (Réseau d’accueil) et Bidasoa Etorkinekin (Bidasoa avec les migrants), reconstitue le périple de ceux qui ont perdu leur vie à travers la géographie ubuesque de l’exil, et leur redonne une voix, un visage, une humanité.

    Projection suivie d’une discussion avec Fermin Muguruza.

  •    sam 08.06 > 21:00

    Black is Beltza II : Ainhoa   [Film + rencontre]

    Fermin Muguruza
    Fermin Muguruza, 2022, US, DCP, vo st fr & ang, 80'

    Tout comme "Black is Beltza", ce second opus est un voyage initiatique porté par un souffle révolutionnaire, dessiné dans un style réaliste, hyper rythmé et documenté. Mais ce ne sont pas les aventures de Manex qu’on retrouve ici : c’est sa fille, Ainhoa, qu’on suit après une ellipse de 21 ans, chevauchant les années 70. Une nouvelle génération d’activistes basques fait face à la répression policière espagnole. De nouveaux conflits ont émergé. Le narcotrafic prospère et va décimer une génération rebelle et combative, notamment celle d’une scène musicale indépendante à laquelle rend hommage la bande originale du film. Le regard d’Ainhoa observe le résultat des derniers souffles de la guerre froide, le crépuscule d’une décennie en ébullition que certains ont appelé "la fin de l’histoire". De Marseille à Beyrouth en passant par le Nicaragua, Muguruza met en perspective la cruauté de ces années où l’expression de "mondialisation" a commencé à être utilisée, en 1988, au moment précis où se déroule son récit.

    Projection suivie d’une discussion avec Fermin Muguruza.

  • dim 09.06 > 20:00

    Michel Vay

    Michel Vay & co
    Patricia Gélise & Nicolas Deschuyteneer, 2023, BE, DCP, vo fr st nl, 60'

    Michel Vay part en cavale après avoir emporté le butin qu’il convoyait pour la société Apollo Security. Cueilli par une muse qui lui ouvre la portière de sa Mazda 818 coupé vert absinthe, à la lisière d’un champ de monoculture, à bout de souffle, trainant un sac plein de billets, le fugitif est bien forcé de changer de perspective quand des drones de la police lui demandent d’ouvrir son sac et que des champignons ont remplacé les billets de 500 euros. À partir de là, Michel Vay devient spectateur de sa propre vie, frappé par son destin comme si son acte de désobéissance ouvrait la voie à un autre monde plus authentique et plus sensible. Ici, ce n’est pas dans un parking crasseux que va se planquer le délinquant mais dans une forêt entre les mousses et les étangs, les routes abandonnées et les vaisseaux fantômes que nous offrent la campagne wallone. Le monde enchanté de Michel Vay s’ouvre à nous, un monde où la muse, le cowboy solitaire, le pêcheur et l’hôtesse de l’air chantent leur banalité. Road-movie pur vintage, polar electropop, western ou poème surréaliste, cette fiction pourrait se situer dans le courant réaliste magique, à la façon d’André Delvaux, où d’Harry Kümel dans "Les Lèvres rouges". Un film belge musical et débridé, qui au-delà des apparences nous parle subtilement de notre rapport au monde quand la mort nous guette.

    Projection suivie d’une rencontre avec les cinéastes le 04.04, et le 25.04 où ce seront les membres de Kinoféroce qui, à l’invitation du Nova, animeront la discussion et composeront un avant-programme* en écho à "Michel Vay" / * En l’occurrence, "DRAME 71" de Guillaume Lion (BE, 2022, VO FR ST ANG, 25’ ), aussi en sa présence.

  • dim 09.06 > 21:30

    Je reviens dans cinq minutes

    Autres sorties & co
    Fantazio & Frédéric Mainçon, 2023, FR, DCP, vo fr , 87'

    Ivan est professeur à la retraite. Il a connu la lutte armée dès l’âge de 13 ans. Il n’en parle jamais. "Seule sa mère disait qu’il était viril parce qu’il avait su tuer un officier allemand." Fabrice, son fils, est musicien et poète improvisateur connu sous le nom de Fantazio. Un gouffre semble séparer les deux hommes, mais lorsqu’ils montent ensemble sur scène, tandis que l’un joue de la contrebasse, l’autre retrouve ses talents d’orateur et le plaisir qu’il a connu au lycée de parler en public. Une caméra s’invite entre eux, comme pour mieux résoudre des énigmes enfouies. "J’aimerais lui faire sortir de son crâne tout ce qu’il sait, enregistrer la fumée de tout ce qu’il pense, l’entendre rire très doucement, petit souffle, de choses très subtiles qu’il ne pourrait pas dire lui-même." Mais Fantazio butte sur son projet : emmener Ivan à Bruxelles pour y visiter l’un de ses vieux compagnons de résistance. Le voyage échoue. Mais le film réussit, tel un dialogue avec l’éternité.

    Le 19.04, projection suivie d’une rencontre avec Fantazio & Frédéric Mainçon.

squelettes/seances.html
lang: fr
id_rubrique:
prog: