Vente des tickets et ouverture du bar : 30 minutes avant la première séance.

#170 A Fábrica de Nada

  • mer 16.01 > 20:00

    NO HOPE, NO DREAMS, MY ONLY ESCAPE IS UNDERGROUND

    Varia
    REST IN LOVE AND RAGE. THUNDERDOM 1966-2018
    Une soirée en hommage à Dominique Lohlé, parti bien trop tôt après s’être frotté à la philosophie, la production de films (à l’AJC ! notamment), l’enseignement de la dramaturgie et de la vidéo (à l’ERG), l’archivage des films les plus rares et improbables, et la réalisation de multiples films (produits par l’Observatoire des Musiques Électroniques, créé avec Guy-Marc Hinant) consacrés à la musique expérimentale en général et électronique en particulier... Love and rage. 20:00 - Performance musicale : GET95 - found contact / nitric acid for 2 players 20:30 - Premiers films de Dominique Lohlé : · Ainsi naquit le cinématographe (1992, 16mm, 2’) · La part du feu (1992, 16mm, 4’) · Le paysagiste (1993, vidéo, 6’) · Temps réel (1994, vidéo, 11’) · La dernière vision de Hugo van der Goes (1995, 35mm, 15’) · La trajectoire oblique (1997, 35mm, 14’) · Document F98 (2000, vidéo, 8’) 22:00 - Performance musicale : Géographique (reformation exceptionnelle) 22:30 - Film : Luc Ferrari face à sa tautologie : 2 jours avant la fin OME #9 (Dominique Lohlé & Guy-Marc Hinant, 2005-2006), DCP, 52’ 23:30 - Performance musicale : Rob(u)rang - Caustiquement vôtre (acid music) Depuis 20 ans Gabriel Séverin aka Rob(u)rang dispense sous ce nom différentes façons d’aborder la transe, en se rapprochant soit de la techno, des percussions tribales ou ici de l’acid music, comme un rappel des virées épiques avec l’ami Thunderdom durant les années 90. On retrouve également G. Séverin derrière d’autres projets musicaux (Silk Saw, Jardin d’Usure ou (...+)
  • jeu 17.01 > 20:00

    Soirée AJC !

    Varia
    Depuis plus de quarante ans maintenant, l’Atelier Jeunes Cinéastes (AJC !) soutient une production cinématographique sans budget mais gorgés d’envie qui s’émancipe des canons de l’industrie. L’atelier se définit comme un lieu d’accueil pour toutes formes d’expérimentations : qu’importe la longueur ou le type de propositions (expérimental, documentaire, animation, etc.), si l’horizon est à défricher et que le cinéaste démarre, c’est parti, c’est soutenu ! (après passage en commission interne évidemment) Ce n’est pas la première fois que l’AJC ! (ou d’autres ateliers de production) sont ainsi mis à l’honneur au Nova. Lors de cette soirée, vous aurez l’occasion de découvrir une sélection de courts et moyens métrages variés issus des cuvées 2017 et 2018. Pas de thème ou de cahier des charges précis à l’inverse du programme "AJC ! : Atelier argentique" de 2015 mais une grande variété qui donne à la soirée de faux airs d’Open Screen d’atelier.
    + Ka
    Claudio Capanna, 2017, BE, DCP, sans dial, 10'
    + La musique des sphères
    Cécile Ibarra, 2017, BE, DCP, vo ru st fr, 15'
    + Fait de peau
    Guilhaume Thrill, 2018, BE, DCP, vo st ang, 22'
    + Babines
    Emilie Praneuf, 2018, BE, DCP, sans dial, 8'
  • jeu 17.01 > 22:00

    AJC ! "Common Grounds"

    Varia
    Audrey Coeckelberghs, 2018, BE, DCP, vo bs & sr st fr & ang, 53'
    Dans le nord de la Bosnie-Herzégovine subsiste Brčko, un étonnant îlot de diversité de l’ex-Yougoslavie. Des serbes, des bosniaques et des croates y vivent dans une atmosphère particulièrement paisible par rapport aux standards de la région. C’est sans doute la seule ville du pays où des enfants de ces trois communautés grandissent ensemble. Dans ce cadre particulier, Audrey Coeckelberghs part à la rencontre de la génération de jeunes adultes qui n’ont pas connu la guerre. Tags et maisons de jeunes forment un quotidien émancipateur et autant d’espaces d’expression pour mieux saisir leur passé et dessiner leur avenir. "Common Grounds" ouvre la voie vers ce bout de territoire, métaphore du cœur de l’ex-Yougoslavie qui peine encore et toujours à trouver un sens commun à la guerre passée.
  • ven 18.01 > 20:00

    A Fábrica de Nada

    A Fábrica de Nada (L’usine de rien)
    L’usine de rien / The Nothing Factory
    Pedro Pinho, 2017, PT, DCP, vo st fr & ang, 178'
    Une nuit, un groupe de travailleurs se rend compte que la direction de l’entreprise a organisé le vol de machines dans l’atelier de leur fabrique d’ascenseurs, située dans la banlieue industrielle de Lisbonne. C’est le premier signal d’un licenciement massif. La plupart des ouvriers refusent de participer à l’hypocrisie des négociations individuelles, et tentent d’empêcher la délocalisation de la production. Ils ont à peine le temps de passer de la perplexité à la révolte, que leur direction s’est volatilisée, laissant derrière elle une usine à moitié vide. Dans ces conditions, à quoi bon faire grève et contre qui se battre ? Si "L’usine de rien" démarre sur ce constat d’impuissance, c’est pour mieux nous inviter à le dépasser. Issu d’un processus de gestation long de six ans, le film s’intéresse moins au récit de la fermeture d’une usine qu’à la question de l’après, aux nouveaux désirs qui émergent parmi les ouvriers, lesquels se mettent à discuter, débattre, s’engueuler, réfléchir… Un processus collectif qui donne lieu à une tentative d’autogestion, à de nouvelles formes d’occupation du lieu et du temps. Dans un contexte où le capital volatile rend caducs les rapports de force habituels, de nouveaux possibles sont à inventer. Tourné avec des acteurs amateurs (en majorité de véritables ouvriers), dans une usine qui connut elle-même une expérience d’autogestion pendant une vingtaine d’années suite à la révolution des Œillets, Pedro Pinho donne à son film ce mouvement inventif et jouissif, se risquant à voyager entre des registres aussi variés qu’inattendus. Partant d’une réalité sociale précise, il se déploye comme une fresque à pistes multiples, ne cessant de surprendre, d’ouvrir des questionnements et des voies parfois discordantes, sans jamais se complaire dans un dispositif. Dans ce propos et cette forme ouverte, on retrouve quelque chose des films de Robert Kramer, Jean-Luc Godard ou Miguel Gomes. Les plans montrant les ouvriers désœuvrés face à leurs machines inutiles deviennent de véritables tableaux, la fiction se mêle (...+)
  • sam 19.01 > 19:00

    Revoluçao industrial

    Pedro Pinho & Terratreme
    Industrial Revolution
    Tiago Hespanha & Frederico Lobo, 2014, PT, DCP, vo st fr, 73'
    De belles images d’archives sur plaques de verre témoignent du rêve industriel de la fin du XIXe siècle, marques du passé contrastant avec la réalité actuelle. Le son de l’industrie devient rock. Dans un petit bateau, on descend lentement les rives de la rivière Ave, envahies de végétation luxuriante. La vallée, l’une des plus industrialisées du Portugal, a connu tant l’exploitation de la nature que celle des hommes. Progressivement, on devine des bâtiments en ruine. On entre dans une usine encore en activité. On rencontre ceux qui continuent d’habiter les bords de la rivière. L’histoire commence à se raconter entre incendie, fermeture et abandon. Les plus modestes sont restés et ont reconstruit un mode de vie rural. Des jeunes explorent les friches, construisent des rampes de skate improvisées, créent de nouveaux terrains de jeux... Les promesses de prospérité de la révolution industrielle sont démenties par la situation de désordre social, environnemental, économique, culturel, paysager. L’avenir est incertain. Le présent aussi.
    + Provas, exorcismos
    Susana Nobre, 2015, PT, DCP, vo st fr, 25'
  • sam 19.01 > 21:00

    Era Umha vez Brasilia

    Pedro Pinho & Terratreme
    Once there was Brasilia
    Adirley Queirós, 2017, BR, DCP, vo st ang, 99'
    Réalisé en l’An 0 P.C. (Post-Coup d’État), ce documentaire repose sur un scénario de série Z futuriste. En 1959, l’agent intergalactique WA14 reçoit une mission : aller sur la planète Terre et tuer le président de la république, Juscelino Kubitschek, le jour de l’inauguration de Brasilia. Mais son vaisseau spatial atterrit à Ceilândia, la plus grande ville satellite de Brasilia et capitale de ses prisons. Seule Andreia, la reine de l’après-guerre, peut aider à réunir une armée capable de tuer les monstres qui occupent désormais le Congrès national… Ces deux solitaires n’aiment pas parler, mais discutent sans s’arrêter de sujets surréalistes. Décors dépouillés, terrain vague intersidéral, dialogues improbables, acteurs amateurs costumés avec des chambres à air, guerrier intergalactique voyageant sans se déplacer dans l’épave délabrée d’un vaisseau spatial, grillant un barbecue brésilien traditionnel et fumant clope sur clope… Loin du réalisme, ce troisième long métrage d’Adirley Queiróz (un ancien joueur de football professionnel) tend un principe narratif absurde comme miroir à l’absurdité politique qui sévit au Brésil.
  • dim 20.01 > 15:00

    A Fábrica de Nada

    A Fábrica de Nada (L’usine de rien)
    L’usine de rien / The Nothing Factory
    Pedro Pinho, 2017, PT, DCP, vo st fr & ang, 178'
    Une nuit, un groupe de travailleurs se rend compte que la direction de l’entreprise a organisé le vol de machines dans l’atelier de leur fabrique d’ascenseurs, située dans la banlieue industrielle de Lisbonne. C’est le premier signal d’un licenciement massif. La plupart des ouvriers refusent de participer à l’hypocrisie des négociations individuelles, et tentent d’empêcher la délocalisation de la production. Ils ont à peine le temps de passer de la perplexité à la révolte, que leur direction s’est volatilisée, laissant derrière elle une usine à moitié vide. Dans ces conditions, à quoi bon faire grève et contre qui se battre ? Si "L’usine de rien" démarre sur ce constat d’impuissance, c’est pour mieux nous inviter à le dépasser. Issu d’un processus de gestation long de six ans, le film s’intéresse moins au récit de la fermeture d’une usine qu’à la question de l’après, aux nouveaux désirs qui émergent parmi les ouvriers, lesquels se mettent à discuter, débattre, s’engueuler, réfléchir… Un processus collectif qui donne lieu à une tentative d’autogestion, à de nouvelles formes d’occupation du lieu et du temps. Dans un contexte où le capital volatile rend caducs les rapports de force habituels, de nouveaux possibles sont à inventer. Tourné avec des acteurs amateurs (en majorité de véritables ouvriers), dans une usine qui connut elle-même une expérience d’autogestion pendant une vingtaine d’années suite à la révolution des Œillets, Pedro Pinho donne à son film ce mouvement inventif et jouissif, se risquant à voyager entre des registres aussi variés qu’inattendus. Partant d’une réalité sociale précise, il se déploye comme une fresque à pistes multiples, ne cessant de surprendre, d’ouvrir des questionnements et des voies parfois discordantes, sans jamais se complaire dans un dispositif. Dans ce propos et cette forme ouverte, on retrouve quelque chose des films de Robert Kramer, Jean-Luc Godard ou Miguel Gomes. Les plans montrant les ouvriers désœuvrés face à leurs machines inutiles deviennent de véritables tableaux, la fiction se mêle (...+)
  • dim 20.01 > 18:30

    The insect woman

    Shōhei Imamura
    にっぽん昆虫記 / Nippon konchūki
    Shōhei Imamura, 1963, JP, 35mm > video, vo st fr, 123'
    Après avoir réalisé "Cochons et cuirassés", violente satire contre l’occupation américaine, Imamura est mis à pied pendant deux ans par la Nikkatsu, sa maison de production. Qu’à cela ne tienne ! Le voilà reparti dans une enquête autour du monde paysan qui donnera trois ans plus tard "La Femme insecte" ou "Chroniques entomologiques du Japon". Étude implacable réalisée à partir de longs entretiens et de notes minutieuses, "La Femme insecte" retrace le parcours d’une petite paysanne, depuis sa relation ambiguë avec son père jusqu’à la ville et la prostitution. A la manière donc, des insectes mus par le seul instinct de survie et de conservation, la vie de Tome avance, coûte que coûte. Elle grimpe les seuls échelons qui se présentent : servante violée, ouvrière exploitée, bonne, prostituée, patronne de bordel. Sur fond de Japon en pleine modernisation, construit autour de moments clés et décisifs qui jalonnent la vie de Tome et qui laissent tomber dans les ellipses la ritournelle du quotidien, cette chronique implacable avance au fil de ses victoires et de ses revers, entre misère morale, rapports de dominations, exploitations des êtres sans cesse reconduits. Frontal, filmé dans un noir et blanc acerbe, "La Femme insecte" n’épargne rien ni personne, et ne se permet aucun atermoiement. Dans cette tourmente banalisée, il finit par devenir le portrait d’une femme que rien n’abat, loin des mélodrames servis par le cinéma japonais à cette époque et tout autre "Rue de la honte". C’est qu’il n’y a pas de honte chez Imamura. Il n’y a qu’un milieu, des conditions et des corps qui avancent. Brut, noir, (...+)
  • dim 20.01 > 21:00

    Linha vermelha

    Pedro Pinho & Terratreme
    Red Line
    José Filipe Costa, 2011, PT, DCP, vo st fr, 83'
    En 1975, l’équipe de l’écrivain et cinéaste militant Thomas Harlan filme, plusieurs mois durant, l’occupation des propriétés terriennes du Duc de Bragance, au centre du Portugal, par des paysans sans terre qui y mènent une expérience de communauté alternative, autogérée et égalitaire. Trois décennies plus tard, "Linha vermelha" revient sur "Torre Bela", le film de Harlan (dont on voit plusieurs extraits), devenu emblématique de la période de liberté et d’utopie révolutionnaire qui a gagné le Portugal après la Révolution des Œillets. Des protagonistes reviennent sur cette aventure politique marquante. De quelle manière Harlan s’est-il mêlé des événements qui semblent se dérouler naturellement devant la caméra ? Quel a été l’impact du film sur la vie des occupants et sur la mémoire de cette période ? Le film, à partir notamment de bandes son enregistrées au moment du tournage, n’évite pas d’aborder les aspects troublants de l’approche de Harlan (qui, de ce point de vue, a inspiré le personnage du cinéaste argentin dans "L’usine de rien"), et plus largement l’ambiguïté des rapports entre l’intelligentsia et les classes populaires, devenant ainsi une réflexion sur le cinéma militant, sur la légitimité et le rôle politique du documentariste.
  • jeu 24.01 > 20:00

    The profond desire of the Gods

    Shōhei Imamura
    神々の深き欲望 - Kamigami no fukaki yokubō
    Shōhei Imamura, 1968, JP, DCP, vo st fr, 172'
    Désir : maître mot du cinéma d’Imamura, titre de plusieurs de ses films et thème de toute son œuvre. Mais ce "Profonds désirs des Dieux" est peut-être l’une de ses œuvres les plus ambitieuses, une sorte de programme cinématographique où s’exposent chronique ethnographique, farce burlesque et tragédie antique. Un ingénieur débarqué de Tokyo vient faire tourner une usine puis construire un aéroport puis développer le tourisme (on ne sait pas trop, cela dépend des ambitieux au pouvoir) sur une petite île du Sud, isolée, primitive, pleine d’interdits, de rituels et de dieux païens. Mais le voilà qui se casse les dents sur les arbres, les femmes et le bonheur au point de perdre, comme son prédécesseur, la tête et ses repères. Et tandis que la corruption se généralise au grès des projets sur l’île, que les alliances se font et se défont, ceux qui résistent, parce qu’« on ne vend pas ce qui appartient aux Dieux » sont les mêmes qui sont mis au ban de cette communauté pour avoir commis l’impensable. Par un retournement tragique, les exclus s’avéreront les âmes les plus proches des dieux, sacrifiés sur l’autel des désirs artificiels. A travers cette grande fresque d’un monde qui s’ouvre à la modernité, "The profond desire of the Gods" construit lentement la confrontation entre la civilisation urbaine avec ses dieux argent/rentabilité/modernité et le monde païen avec son rapport à la vie animale, ses croyances profondes et sa soif d’absolu. Dans cette parabole écrasée de nuit et de soleil, Imamura façonne l’amplitude lyrique qui traversera ses films plus (...+)
  • ven 25.01 > 20:00

    A Fábrica de Nada

    A Fábrica de Nada (L’usine de rien)
    L’usine de rien / The Nothing Factory
    Pedro Pinho, 2017, PT, DCP, vo st fr & ang, 178'
    Une nuit, un groupe de travailleurs se rend compte que la direction de l’entreprise a organisé le vol de machines dans l’atelier de leur fabrique d’ascenseurs, située dans la banlieue industrielle de Lisbonne. C’est le premier signal d’un licenciement massif. La plupart des ouvriers refusent de participer à l’hypocrisie des négociations individuelles, et tentent d’empêcher la délocalisation de la production. Ils ont à peine le temps de passer de la perplexité à la révolte, que leur direction s’est volatilisée, laissant derrière elle une usine à moitié vide. Dans ces conditions, à quoi bon faire grève et contre qui se battre ? Si "L’usine de rien" démarre sur ce constat d’impuissance, c’est pour mieux nous inviter à le dépasser. Issu d’un processus de gestation long de six ans, le film s’intéresse moins au récit de la fermeture d’une usine qu’à la question de l’après, aux nouveaux désirs qui émergent parmi les ouvriers, lesquels se mettent à discuter, débattre, s’engueuler, réfléchir… Un processus collectif qui donne lieu à une tentative d’autogestion, à de nouvelles formes d’occupation du lieu et du temps. Dans un contexte où le capital volatile rend caducs les rapports de force habituels, de nouveaux possibles sont à inventer. Tourné avec des acteurs amateurs (en majorité de véritables ouvriers), dans une usine qui connut elle-même une expérience d’autogestion pendant une vingtaine d’années suite à la révolution des Œillets, Pedro Pinho donne à son film ce mouvement inventif et jouissif, se risquant à voyager entre des registres aussi variés qu’inattendus. Partant d’une réalité sociale précise, il se déploye comme une fresque à pistes multiples, ne cessant de surprendre, d’ouvrir des questionnements et des voies parfois discordantes, sans jamais se complaire dans un dispositif. Dans ce propos et cette forme ouverte, on retrouve quelque chose des films de Robert Kramer, Jean-Luc Godard ou Miguel Gomes. Les plans montrant les ouvriers désœuvrés face à leurs machines inutiles deviennent de véritables tableaux, la fiction se mêle (...+)
  • sam 26.01 > 19:00

    Terratreme curtas-metragens

    Pedro Pinho & Terratreme
    + Ascensão
    Pedro Peralta, 2016, PT, DCP, vo st fr, 17'
    + A Cidade e o Sol
    Leonor Noivo, 2012, PT, DCP, vo st ang, 19'
    + Num País Estrangeiro
    Miguel Seabra Lopes & Karen Akerman, 2018, PT, vo st fr, 25'
    + Altas Cidades de Ossadas
    João Salaviza, 2017, PT, DCP, vo st ang, 19'
    + Nyo Vweta Nafta
    Ico Costa, 2017, PT, DCP, vo st fr, 21'
  • sam 26.01 > 21:00

    The insect woman

    Shōhei Imamura
    にっぽん昆虫記 / Nippon konchūki
    Shōhei Imamura, 1963, JP, 35mm > video, vo st fr, 123'
    Après avoir réalisé "Cochons et cuirassés", violente satire contre l’occupation américaine, Imamura est mis à pied pendant deux ans par la Nikkatsu, sa maison de production. Qu’à cela ne tienne ! Le voilà reparti dans une enquête autour du monde paysan qui donnera trois ans plus tard "La Femme insecte" ou "Chroniques entomologiques du Japon". Étude implacable réalisée à partir de longs entretiens et de notes minutieuses, "La Femme insecte" retrace le parcours d’une petite paysanne, depuis sa relation ambiguë avec son père jusqu’à la ville et la prostitution. A la manière donc, des insectes mus par le seul instinct de survie et de conservation, la vie de Tome avance, coûte que coûte. Elle grimpe les seuls échelons qui se présentent : servante violée, ouvrière exploitée, bonne, prostituée, patronne de bordel. Sur fond de Japon en pleine modernisation, construit autour de moments clés et décisifs qui jalonnent la vie de Tome et qui laissent tomber dans les ellipses la ritournelle du quotidien, cette chronique implacable avance au fil de ses victoires et de ses revers, entre misère morale, rapports de dominations, exploitations des êtres sans cesse reconduits. Frontal, filmé dans un noir et blanc acerbe, "La Femme insecte" n’épargne rien ni personne, et ne se permet aucun atermoiement. Dans cette tourmente banalisée, il finit par devenir le portrait d’une femme que rien n’abat, loin des mélodrames servis par le cinéma japonais à cette époque et tout autre "Rue de la honte". C’est qu’il n’y a pas de honte chez Imamura. Il n’y a qu’un milieu, des conditions et des corps qui avancent. Brut, noir, (...+)
  • dim 27.01 > 15:00

    A Fábrica de Nada

    A Fábrica de Nada (L’usine de rien)
    L’usine de rien / The Nothing Factory
    Pedro Pinho, 2017, PT, DCP, vo st fr & ang, 178'
    Une nuit, un groupe de travailleurs se rend compte que la direction de l’entreprise a organisé le vol de machines dans l’atelier de leur fabrique d’ascenseurs, située dans la banlieue industrielle de Lisbonne. C’est le premier signal d’un licenciement massif. La plupart des ouvriers refusent de participer à l’hypocrisie des négociations individuelles, et tentent d’empêcher la délocalisation de la production. Ils ont à peine le temps de passer de la perplexité à la révolte, que leur direction s’est volatilisée, laissant derrière elle une usine à moitié vide. Dans ces conditions, à quoi bon faire grève et contre qui se battre ? Si "L’usine de rien" démarre sur ce constat d’impuissance, c’est pour mieux nous inviter à le dépasser. Issu d’un processus de gestation long de six ans, le film s’intéresse moins au récit de la fermeture d’une usine qu’à la question de l’après, aux nouveaux désirs qui émergent parmi les ouvriers, lesquels se mettent à discuter, débattre, s’engueuler, réfléchir… Un processus collectif qui donne lieu à une tentative d’autogestion, à de nouvelles formes d’occupation du lieu et du temps. Dans un contexte où le capital volatile rend caducs les rapports de force habituels, de nouveaux possibles sont à inventer. Tourné avec des acteurs amateurs (en majorité de véritables ouvriers), dans une usine qui connut elle-même une expérience d’autogestion pendant une vingtaine d’années suite à la révolution des Œillets, Pedro Pinho donne à son film ce mouvement inventif et jouissif, se risquant à voyager entre des registres aussi variés qu’inattendus. Partant d’une réalité sociale précise, il se déploye comme une fresque à pistes multiples, ne cessant de surprendre, d’ouvrir des questionnements et des voies parfois discordantes, sans jamais se complaire dans un dispositif. Dans ce propos et cette forme ouverte, on retrouve quelque chose des films de Robert Kramer, Jean-Luc Godard ou Miguel Gomes. Les plans montrant les ouvriers désœuvrés face à leurs machines inutiles deviennent de véritables tableaux, la fiction se mêle (...+)
  • dim 27.01 > 18:30

    As cidades e as trocas

    Pedro Pinho & Terratreme
    Cities and Trade
    Luisa Homem & Pedro Pinho, 2014, PT, DCP, vo st fr, 138'
    En 2008, l’industrie touristique en pleine croissance est gelée au Cap-Vert. La construction de nombreux hôtels et complexes hôteliers par des sociétés étrangères est interrompue en raison d’une pénurie de sable. L’industrie du sable, principale ressource pour la production de béton, a atteint un niveau dramatique mettant en danger les plages. Du coup, le sable s’importe par cargos et camions de l’étranger. Pedro Pinho et Luísa Homem reconstituent ces voyages quotidiens, afin de mettre en évidence les transformations physiques et sociales dans le paysage que ces échanges produisent. Un chantier naval, une marche dans le désert pour parler d’une route en devenir vers la mer, une carrière de pierres, une fabrique de parpaings, de superbes forêts d’étais et des nappes de maisons en construction… Puis un préparatif de fête, où l’on assiste à la métamorphose des danseurs qui s’enduisent d’un mélange d’huile et de sable pour devenir entièrement noirs avant de partir dans une procession festive et joyeuse. Et un retour à la réalité occidentale, sa folie immobilière et l’arrivée massive des touristes. Un film presque sans parole et aux images puissantes.
  • dim 27.01 > 21:00

    The pornagraphers

    Shōhei Imamura
    エロ事師たちより 人類学入門 - Erogotoshitachi yori Jinruigaku nyumon
    Shōhei Imamura, 1966, JP, 35mm > video, vo st fr, 128'
    Poussé à réaliser des films de « Pinku Eiga » (films érotiques à petit budget), dont certains disent qu’il en a inventé le genre grâce à l’érotisme noir de "La Femme insecte", en froid avec sa maison de production qui en produit à la pelle, Imamura décide de fonder sa propre maison de production et contre-attaque avec "Le Pornographe". Le titre original "Introduction à l’Anthropologie au travers des Pornographes" se veut tout un programme, l’étude au vitriol d’un milieu où l’argent et les pulsions régissent tous les rapports. Dans la tourmente d’un quotidien fait d’arnaques et de débrouilles, Monsieur Ogata vend ses films et autres gadgets érotiques aux puissants. Mais les temps sont durs, la mafia s’en mêle, et les catastrophes pleuvent. Racketté, tabassé, floué, il rebondit en tous les sens comme une balle de flipper, brisant au passage tous les tabous, rendant fous ceux qui l’entourent, rendu dingue par les autres, tout en se récriant régulièrement comme un goret offensé. Très découpé dans sa forme et son récit, tissés d’ellipses, d’arrêts sur images, de scènes surréalistes, de flash-backs sortis de nul part et de rebondissements tout azimut, "Le Pornographe" slalome à toute vitesse entre humour noir grinçant jusqu’au burlesque et sordide glaçant, dans une société où rien ni personne n’échappe à la corruption. Et multipliant les plans obstrués de fenêtres, portes et autres barreaux, il nous rincent l’oeil. Bam ! Retour à l’envoyeur : l’offre et la demande, comme le martèle Monsieur Ogata. Sauf qu’Ogata se fait finalement la malle, privilégiant son rêve d’absolu à la compagnie des hommes, tandis que nous, hein, (...+)
  • jeu 31.01 > 20:00

    A Fábrica de Nada

    A Fábrica de Nada (L’usine de rien)
    L’usine de rien / The Nothing Factory
    Pedro Pinho, 2017, PT, DCP, vo st fr & ang, 178'
    Une nuit, un groupe de travailleurs se rend compte que la direction de l’entreprise a organisé le vol de machines dans l’atelier de leur fabrique d’ascenseurs, située dans la banlieue industrielle de Lisbonne. C’est le premier signal d’un licenciement massif. La plupart des ouvriers refusent de participer à l’hypocrisie des négociations individuelles, et tentent d’empêcher la délocalisation de la production. Ils ont à peine le temps de passer de la perplexité à la révolte, que leur direction s’est volatilisée, laissant derrière elle une usine à moitié vide. Dans ces conditions, à quoi bon faire grève et contre qui se battre ? Si "L’usine de rien" démarre sur ce constat d’impuissance, c’est pour mieux nous inviter à le dépasser. Issu d’un processus de gestation long de six ans, le film s’intéresse moins au récit de la fermeture d’une usine qu’à la question de l’après, aux nouveaux désirs qui émergent parmi les ouvriers, lesquels se mettent à discuter, débattre, s’engueuler, réfléchir… Un processus collectif qui donne lieu à une tentative d’autogestion, à de nouvelles formes d’occupation du lieu et du temps. Dans un contexte où le capital volatile rend caducs les rapports de force habituels, de nouveaux possibles sont à inventer. Tourné avec des acteurs amateurs (en majorité de véritables ouvriers), dans une usine qui connut elle-même une expérience d’autogestion pendant une vingtaine d’années suite à la révolution des Œillets, Pedro Pinho donne à son film ce mouvement inventif et jouissif, se risquant à voyager entre des registres aussi variés qu’inattendus. Partant d’une réalité sociale précise, il se déploye comme une fresque à pistes multiples, ne cessant de surprendre, d’ouvrir des questionnements et des voies parfois discordantes, sans jamais se complaire dans un dispositif. Dans ce propos et cette forme ouverte, on retrouve quelque chose des films de Robert Kramer, Jean-Luc Godard ou Miguel Gomes. Les plans montrant les ouvriers désœuvrés face à leurs machines inutiles deviennent de véritables tableaux, la fiction se mêle (...+)
  • ven 01.02 > 20:30

    Focolitus + Duas semi colcheias invertidas   [Concert]

    A Fábrica de Nada (L’usine de rien)
    Amis de l’ethno-folko-punk, voici la version portugaise de cette internationale ! Dans "L’usine de rien", Focolitus est le groupe dans lequel chante Zé, jeune ouvrier de banlieue et personnage principal de ce film qui passe de la fiction néoréaliste au documentaire, et de la comédie musicale… au punk, musique de révolte de la génération du réalisateur Pedro Pinho. "Focolitos" désigne en un seul terme : politique, histoire et idéologie, c’est-à-dire quelque chose qui se situe entre l’individu et la procédure politique. Dans la vraie vie, Focolitus, c’est un groupe qui fait de l’insoumission un art de vie. Formé à la fin des années 1990 à Lisbonne, il est aujourd’hui le groupe punk du proletarock le plus éclectique et le plus bizarre du Portugal (au moins). "L’amour a fait de moi un anarchiste", chantent-ils. Et comme de l’écran à la scène du Nova, il n’y a qu’un pas, nous le franchirons allègrement ce soir pour fêter l’énergie et la pensée de ce beau film subversif. Avec en première partie, le punk futuriste de Duas semi colcheias invertidas ("deux demi-notes inversées"), des camarades lisboètes de Focolitus. www.focolitus.com www.duassemicolcheiasinvertidas.bandcamp.com
  • sam 02.02 > 19:00

    Bab Sebta

    Pedro Pinho & Terratreme
    Pedro Pinho, 2008, PT, vo st ang, 110'
    Marqués par les images sur-médiatisées de ces grappes humaines d’émigrants d’Afrique noire qui tentent de rejoindre l’Europe, Pedro Pinho et Frederico Lobo en ont pris le contre-pied : prendre le temps de la rencontre, remonter le fil de Tanger à Oujda, de Nouhadibou à Nouakchott, autant de lieux qui voient affluer des personnes voulant franchir cette frontière via Bab Sebta ("la porte de Ceuta" en arabe), une des deux enclaves espagnoles situées au nord du Maroc. S’y croisent, des bateaux très convoités pour aller vers le nord, et d’autres qui ramènent des poissons plutôt que des noyés. De longs moments où l’on s’attache aux parcours de quelques-uns. Les portraits d’hommes et de femmes sont filmés dans leur quotidien, sans pathos, dramatisation ni emphase. Les nombreux témoignages racontent les passeurs, le mur, la sécurité, la traversée en zodiac, les rêves d’autres pays, les stratégies pour éviter la police, les déportations dans des conditions hivernales, la dureté du voyage notamment pour les femmes, les astuces pour dormir dans le désert sans perdre sa route… L’attente. Et l’espoir.
  • sam 02.02 > 21:00

    The pornagraphers

    Shōhei Imamura
    エロ事師たちより 人類学入門 - Erogotoshitachi yori Jinruigaku nyumon
    Shōhei Imamura, 1966, JP, 35mm > video, vo st fr, 128'
    Poussé à réaliser des films de « Pinku Eiga » (films érotiques à petit budget), dont certains disent qu’il en a inventé le genre grâce à l’érotisme noir de "La Femme insecte", en froid avec sa maison de production qui en produit à la pelle, Imamura décide de fonder sa propre maison de production et contre-attaque avec "Le Pornographe". Le titre original "Introduction à l’Anthropologie au travers des Pornographes" se veut tout un programme, l’étude au vitriol d’un milieu où l’argent et les pulsions régissent tous les rapports. Dans la tourmente d’un quotidien fait d’arnaques et de débrouilles, Monsieur Ogata vend ses films et autres gadgets érotiques aux puissants. Mais les temps sont durs, la mafia s’en mêle, et les catastrophes pleuvent. Racketté, tabassé, floué, il rebondit en tous les sens comme une balle de flipper, brisant au passage tous les tabous, rendant fous ceux qui l’entourent, rendu dingue par les autres, tout en se récriant régulièrement comme un goret offensé. Très découpé dans sa forme et son récit, tissés d’ellipses, d’arrêts sur images, de scènes surréalistes, de flash-backs sortis de nul part et de rebondissements tout azimut, "Le Pornographe" slalome à toute vitesse entre humour noir grinçant jusqu’au burlesque et sordide glaçant, dans une société où rien ni personne n’échappe à la corruption. Et multipliant les plans obstrués de fenêtres, portes et autres barreaux, il nous rincent l’oeil. Bam ! Retour à l’envoyeur : l’offre et la demande, comme le martèle Monsieur Ogata. Sauf qu’Ogata se fait finalement la malle, privilégiant son rêve d’absolu à la compagnie des hommes, tandis que nous, hein, (...+)
  • dim 03.02 > 17:00

    Um fim do Mundo

    Pedro Pinho & Terratreme
    The End of the World
    Pedro Pinho, 2013, PT, DCP, vo st ang, 64'
    Portrait de la vie quotidienne des jeunes vivant dans un nouvel immeuble en périphérie de Lisbonne. Un paysage marqué par l’école, l’ennui, les petits boulots, la plage, la fête foraine et les concerts. Les chariots de supermarché transforment les rues en terrain de course, l’étrange fille noire intrigue, la tranquille virée à la mer se transforme en bagarre, jeux de séduction et rapports de force… Créé collectivement avec l’aide de Pedro Pinho, dont l’image en noir et blanc très soignée magnifie les personnages, "Um fim do mundo" laisse aux jeunes une grande part d’improvisation où la spontanéité des situations sonne juste. Comme un morceau de cinéma vérité moderne.
    + Estaçao
    Luis Miguel Correia, 2007, PT, 35mm > video, vo st ang, 33'
  • dim 03.02 > 19:00

    Era Umha vez Brasilia

    Pedro Pinho & Terratreme
    Once there was Brasilia
    Adirley Queirós, 2017, BR, DCP, vo st ang, 99'
    Réalisé en l’An 0 P.C. (Post-Coup d’État), ce documentaire repose sur un scénario de série Z futuriste. En 1959, l’agent intergalactique WA14 reçoit une mission : aller sur la planète Terre et tuer le président de la république, Juscelino Kubitschek, le jour de l’inauguration de Brasilia. Mais son vaisseau spatial atterrit à Ceilândia, la plus grande ville satellite de Brasilia et capitale de ses prisons. Seule Andreia, la reine de l’après-guerre, peut aider à réunir une armée capable de tuer les monstres qui occupent désormais le Congrès national… Ces deux solitaires n’aiment pas parler, mais discutent sans s’arrêter de sujets surréalistes. Décors dépouillés, terrain vague intersidéral, dialogues improbables, acteurs amateurs costumés avec des chambres à air, guerrier intergalactique voyageant sans se déplacer dans l’épave délabrée d’un vaisseau spatial, grillant un barbecue brésilien traditionnel et fumant clope sur clope… Loin du réalisme, ce troisième long métrage d’Adirley Queiróz (un ancien joueur de football professionnel) tend un principe narratif absurde comme miroir à l’absurdité politique qui sévit au Brésil.
  • dim 03.02 > 21:00

    Visita Guiada

    Pedro Pinho & Terratreme
    Guided Tour
    Tiago Hespanha, 2009, PT, DCP, vo st ang, 55'
    Un parcours à travers le Portugal en suivant des guides touristiques, en partageant les visites de quelques-uns des millions de touristes venus du monde entier pour découvrir le pays. Italiens, Américains, Japonais, Français, Anglais… sillonnent le pays, qui leur est présenté sous différentes facettes selon la nationalité de leur groupe. Chaque guide fait résonner ses explications avec l’histoire et la culture des touristes. Nous découvrons des portraits variés du Portugal à travers ces yeux étrangers et prenons le bus avec eux, arpentons les châteaux, les sites historiques et les avenues des villes, regardons par la vitre de l’autocar les paysages qui défilent, saisissons l’occasion de prendre des photos avec madame qui pose devant le monument pendant les quelques minutes de temps libre après les explications du guide, et goûtons avec béatitude le fameux coucher de soleil sur l’océan… Même plus besoin de prévoir une visite guidée du Portugal !
    + Lisboa-Provincia
    Susana Nobre, 2010, PT, DCP, vo st ang, 18'
  • jeu 07.02 > 20:00

    The profond desire of the Gods

    Shōhei Imamura
    神々の深き欲望 - Kamigami no fukaki yokubō
    Shōhei Imamura, 1968, JP, DCP, vo st fr, 172'
    Désir : maître mot du cinéma d’Imamura, titre de plusieurs de ses films et thème de toute son œuvre. Mais ce "Profonds désirs des Dieux" est peut-être l’une de ses œuvres les plus ambitieuses, une sorte de programme cinématographique où s’exposent chronique ethnographique, farce burlesque et tragédie antique. Un ingénieur débarqué de Tokyo vient faire tourner une usine puis construire un aéroport puis développer le tourisme (on ne sait pas trop, cela dépend des ambitieux au pouvoir) sur une petite île du Sud, isolée, primitive, pleine d’interdits, de rituels et de dieux païens. Mais le voilà qui se casse les dents sur les arbres, les femmes et le bonheur au point de perdre, comme son prédécesseur, la tête et ses repères. Et tandis que la corruption se généralise au grès des projets sur l’île, que les alliances se font et se défont, ceux qui résistent, parce qu’« on ne vend pas ce qui appartient aux Dieux » sont les mêmes qui sont mis au ban de cette communauté pour avoir commis l’impensable. Par un retournement tragique, les exclus s’avéreront les âmes les plus proches des dieux, sacrifiés sur l’autel des désirs artificiels. A travers cette grande fresque d’un monde qui s’ouvre à la modernité, "The profond desire of the Gods" construit lentement la confrontation entre la civilisation urbaine avec ses dieux argent/rentabilité/modernité et le monde païen avec son rapport à la vie animale, ses croyances profondes et sa soif d’absolu. Dans cette parabole écrasée de nuit et de soleil, Imamura façonne l’amplitude lyrique qui traversera ses films plus (...+)
  • ven 08.02 > 20:00

    Revoluçao industrial

    Pedro Pinho & Terratreme
    Industrial Revolution
    Tiago Hespanha & Frederico Lobo, 2014, PT, DCP, vo st fr, 73'
    De belles images d’archives sur plaques de verre témoignent du rêve industriel de la fin du XIXe siècle, marques du passé contrastant avec la réalité actuelle. Le son de l’industrie devient rock. Dans un petit bateau, on descend lentement les rives de la rivière Ave, envahies de végétation luxuriante. La vallée, l’une des plus industrialisées du Portugal, a connu tant l’exploitation de la nature que celle des hommes. Progressivement, on devine des bâtiments en ruine. On entre dans une usine encore en activité. On rencontre ceux qui continuent d’habiter les bords de la rivière. L’histoire commence à se raconter entre incendie, fermeture et abandon. Les plus modestes sont restés et ont reconstruit un mode de vie rural. Des jeunes explorent les friches, construisent des rampes de skate improvisées, créent de nouveaux terrains de jeux... Les promesses de prospérité de la révolution industrielle sont démenties par la situation de désordre social, environnemental, économique, culturel, paysager. L’avenir est incertain. Le présent aussi.
    + Provas, exorcismos
    Susana Nobre, 2015, PT, DCP, vo st fr, 25'
  • ven 08.02 > 22:00

    Linha vermelha

    Pedro Pinho & Terratreme
    Red Line
    José Filipe Costa, 2011, PT, DCP, vo st fr, 83'
    En 1975, l’équipe de l’écrivain et cinéaste militant Thomas Harlan filme, plusieurs mois durant, l’occupation des propriétés terriennes du Duc de Bragance, au centre du Portugal, par des paysans sans terre qui y mènent une expérience de communauté alternative, autogérée et égalitaire. Trois décennies plus tard, "Linha vermelha" revient sur "Torre Bela", le film de Harlan (dont on voit plusieurs extraits), devenu emblématique de la période de liberté et d’utopie révolutionnaire qui a gagné le Portugal après la Révolution des Œillets. Des protagonistes reviennent sur cette aventure politique marquante. De quelle manière Harlan s’est-il mêlé des événements qui semblent se dérouler naturellement devant la caméra ? Quel a été l’impact du film sur la vie des occupants et sur la mémoire de cette période ? Le film, à partir notamment de bandes son enregistrées au moment du tournage, n’évite pas d’aborder les aspects troublants de l’approche de Harlan (qui, de ce point de vue, a inspiré le personnage du cinéaste argentin dans "L’usine de rien"), et plus largement l’ambiguïté des rapports entre l’intelligentsia et les classes populaires, devenant ainsi une réflexion sur le cinéma militant, sur la légitimité et le rôle politique du documentariste.
  • sam 09.02 > 19:00

    Angel City

    Jon Jost
    Jon Jost, 1976, US, 16mm, vo ang st ang, 75'
    Frank Goya, personnage principal du film, est un détective privé embauché par le président d’un consortium international, Pierce del Rue, pour enquêter sur l’assassinat de sa femme. Avec ce deuxième long métrage, qui est à la fois une fiction et un essai sur Los Angeles, Jon Jost s’attaque de plein fouet à la machine Hollywood. Bien que ses films n’ont rien à voir avec ceux produits par cette industrie ("Angel City" avait été entièrement réalisé avec la modique somme de 6000 $), Jon Jost en connaît néanmoins les codes qu’il moque ici non sans humour. Frank Goya circule à travers le film, qui est structuré sous forme d’un compte à rebours allant de 12 à 1, s’adressant parfois face caméra, pour prendre le spectateur à témoin de ses progrès dans ses investigations. En résolvant l’enquête, c’est toute la face d’un monde véreux que Goya finira par découvrir. Avec ce film, idéal pour découvrir son univers, Jon Jost confirme son attrait pour un cinéma politique et totalement indépendant. Un puzzle cinématographique pour tous, de 9 à 99 ans.
  • sam 09.02 > 21:00

    Nas Correntes de Luz da Ria Formosa

    Jon Jost
    Jon Jost, 1999, US, video, sans dial, 112'
    Depuis maintenant presqu’un siècle, le cinéma est en couleurs. Mais combien de films ont-ils été réalisés avec la couleur comme sujet principal ? C’est avec une caméra SONY DX700, modèle retiré du marché par Sony car défectueux au niveau de son système de mise au point, que Jon Jost s’y est attelé. En plus de sa manière unique d’aborder la couleur, le film est aussi un très beau témoignage de ce à quoi ressemble la vie humaine sur terre. C’est pourquoi, si l’on devait un jour ajouter des films au Voyager Golden Record, celui-ci y aurait certainement sa place. Le point de vue adopté à travers le film pourrait être celui d’un extra-terrestre venu d’une planète noir et blanc et qui, en venant sur terre, découvrirait la couleur pour la première fois. Tourné pendant l’été 1997 à Cabanas, Portugal, "Nas Correntes de Luz da Ria Formosa" (en français, "Dans les rayons de lumières de Ria Formosa") est un film qui nous amène à méditer sur la vie et sur notre place sur terre et dans l’univers. Le bar de la planète Nova sera bien évidemment ouvert pour ceux qui souhaiteront prolonger leur méditation en partageant autour d’une bière les lumières que le film aura su percer en eux.
  • dim 10.02 > 15:00

    A Fábrica de Nada

    A Fábrica de Nada (L’usine de rien)
    L’usine de rien / The Nothing Factory
    Pedro Pinho, 2017, PT, DCP, vo st fr & ang, 178'
    Une nuit, un groupe de travailleurs se rend compte que la direction de l’entreprise a organisé le vol de machines dans l’atelier de leur fabrique d’ascenseurs, située dans la banlieue industrielle de Lisbonne. C’est le premier signal d’un licenciement massif. La plupart des ouvriers refusent de participer à l’hypocrisie des négociations individuelles, et tentent d’empêcher la délocalisation de la production. Ils ont à peine le temps de passer de la perplexité à la révolte, que leur direction s’est volatilisée, laissant derrière elle une usine à moitié vide. Dans ces conditions, à quoi bon faire grève et contre qui se battre ? Si "L’usine de rien" démarre sur ce constat d’impuissance, c’est pour mieux nous inviter à le dépasser. Issu d’un processus de gestation long de six ans, le film s’intéresse moins au récit de la fermeture d’une usine qu’à la question de l’après, aux nouveaux désirs qui émergent parmi les ouvriers, lesquels se mettent à discuter, débattre, s’engueuler, réfléchir… Un processus collectif qui donne lieu à une tentative d’autogestion, à de nouvelles formes d’occupation du lieu et du temps. Dans un contexte où le capital volatile rend caducs les rapports de force habituels, de nouveaux possibles sont à inventer. Tourné avec des acteurs amateurs (en majorité de véritables ouvriers), dans une usine qui connut elle-même une expérience d’autogestion pendant une vingtaine d’années suite à la révolution des Œillets, Pedro Pinho donne à son film ce mouvement inventif et jouissif, se risquant à voyager entre des registres aussi variés qu’inattendus. Partant d’une réalité sociale précise, il se déploye comme une fresque à pistes multiples, ne cessant de surprendre, d’ouvrir des questionnements et des voies parfois discordantes, sans jamais se complaire dans un dispositif. Dans ce propos et cette forme ouverte, on retrouve quelque chose des films de Robert Kramer, Jean-Luc Godard ou Miguel Gomes. Les plans montrant les ouvriers désœuvrés face à leurs machines inutiles deviennent de véritables tableaux, la fiction se mêle (...+)
  • dim 10.02 > 19:00

    Last Chants for a Slow Dance

    Jon Jost
    Jon Jost, 1977, US, 16mm, vo ang st fr, 90'
    Ce film (au titre au jeu de mot si appréciable) est une sorte de road-movie qui raconte l’histoire d’un jeune américain, Tom Bates, qui est, selon les mots de Jon Jost, « just an asshole ». Parti de chez lui après une dispute avec sa femme, il se retrouve à errer de bar en bar, avant de finir par prendre la route et de conclure le film en Dead End (titre alternatif du film). Avec cette fiction, Jost s’attaque à la société américaine à travers les comportements déviants que celle-ci peut entraîner. Il met en scène cet homme dans une série de plans-séquences virtuoses, dont les dialogues ont été à moitié improvisés, et donne à voir un road-movie d’un style unique, qui s’affirme via une économie et une esthétique radicale, sans pour autant que celle-ci puisse être considérée comme élitiste. Ce film est d’ailleurs le premier d’une trilogie qui se prolongera avec "Sure Fire" (1990) et "The Bed You Sleep In" (1993), avec toujours au centre le personnage de Tom Bates (interprété par Tom Blair). Sachez aussi que ce film fait partie de la célèbre liste des « 1001 films à voir avant de mourir ». Alors foncez, car rare seront les opportunités que vous aurez de le voir avant de mourir, surtout au cinéma et, qui plus est, dans son format pellicule.
  • dim 10.02 > 21:00

    Coming to Terms

    Jon Jost
    Jon Jost, 2013, US, HD, vo ang st fr, 89'
    Un homme âgé (interprété ici par James Benning, par ailleurs cinéaste et ami de Jon Jost), habitant seul depuis plusieurs années, décide de convoquer chez lui ses deux fils ainsi que leurs deux mères (fils et ex-femmes avec lesquelles il avait coupé les ponts). Il leur fait part de sa décision de mettre fin à ses jours, et ira jusqu’à leur demander de l’aider à passer à l’acte. Entre les séquences les plus narratives, Jon Jost nous offre des passages méditatifs jouant avec maîtrise avec notre sens de la vue, à l’aide notamment de fondus enchaînés les uns plus hypnotisants que les autres. Un film poétique et audacieux dans les choix de mise en scène, qui propose une méditation sur la mort (assistée) et son impact sur ceux qui restent. La structure narrative est pour le moins inhabituelle tant elle est épurée grâce aux choix de cadres et au montage radicaux. Le jeu d’acteur est lui aussi dépouillé et frôle un naturel quasi "documentaire". L’alternance entre la majestuosité des paysages du Montana et les dialogues volontairement intimes secoueront quelque peu le spectateur, mais ce formalisme radical et assumé ne laissera personne indifférent.
  • jeu 14.02 > 20:00

    As cidades e as trocas

    Pedro Pinho & Terratreme
    Cities and Trade
    Luisa Homem & Pedro Pinho, 2014, PT, DCP, vo st fr, 138'
    En 2008, l’industrie touristique en pleine croissance est gelée au Cap-Vert. La construction de nombreux hôtels et complexes hôteliers par des sociétés étrangères est interrompue en raison d’une pénurie de sable. L’industrie du sable, principale ressource pour la production de béton, a atteint un niveau dramatique mettant en danger les plages. Du coup, le sable s’importe par cargos et camions de l’étranger. Pedro Pinho et Luísa Homem reconstituent ces voyages quotidiens, afin de mettre en évidence les transformations physiques et sociales dans le paysage que ces échanges produisent. Un chantier naval, une marche dans le désert pour parler d’une route en devenir vers la mer, une carrière de pierres, une fabrique de parpaings, de superbes forêts d’étais et des nappes de maisons en construction… Puis un préparatif de fête, où l’on assiste à la métamorphose des danseurs qui s’enduisent d’un mélange d’huile et de sable pour devenir entièrement noirs avant de partir dans une procession festive et joyeuse. Et un retour à la réalité occidentale, sa folie immobilière et l’arrivée massive des touristes. Un film presque sans parole et aux images puissantes.
  • ven 15.02 > 20:00

    Obsevando el cielo   [Performance + courts métrages]

    Observando el cielo
    + Refurinn Kitsune
    Cha! Cayron, BE, 30'
    + Satellites du soleil
    Sidney Goldsmith, 1975, CA, 16mm, vo fr , 12'
    + Observando el cielo
    Jeanne Liotta, 2007, US, 16mm, sans dial, 19'
    + Energie !
    Thorsten Fleish, 2007, DE, video, 5'
    + 26 Pulse Wrought - Vol. I - Windows for Recursive Triangulation
    Andrew Busti, 2014, US, 16mm, sans dial, 3'
    + Impressions en haute atmosphère
    José Antonio Sistiaga, 1989, ES, 35mm, sans dial, 7'
    + Hyborian Witch
    Alex Mackenzie, 2013, CA, 16mm > video, sans dial, 3'
    + Positiv auf positiv kosmos
    Peter-Conrad Beyer & Hauke Gerdes & Klaus Weingarten, 2003, DE, 16mm > video, sans dial, 6'
    + Black Rain
    Semiconductor, 2009, GB-GB, video, sans dial, 3'
    + Moon Walk
    Greg Pope, 2001, GB-GB, video, sans dial, 1'
  • sam 16.02 > 19:00

    Terratreme curtas-metragens

    Pedro Pinho & Terratreme
    + Ascensão
    Pedro Peralta, 2016, PT, DCP, vo st fr, 17'
    + A Cidade e o Sol
    Leonor Noivo, 2012, PT, DCP, vo st ang, 19'
    + Num País Estrangeiro
    Miguel Seabra Lopes & Karen Akerman, 2018, PT, vo st fr, 25'
    + Altas Cidades de Ossadas
    João Salaviza, 2017, PT, DCP, vo st ang, 19'
    + Nyo Vweta Nafta
    Ico Costa, 2017, PT, DCP, vo st fr, 21'
  • sam 16.02 > 21:00

    A Fábrica de Nada

    A Fábrica de Nada (L’usine de rien)
    L’usine de rien / The Nothing Factory
    Pedro Pinho, 2017, PT, DCP, vo st fr & ang, 178'
    Une nuit, un groupe de travailleurs se rend compte que la direction de l’entreprise a organisé le vol de machines dans l’atelier de leur fabrique d’ascenseurs, située dans la banlieue industrielle de Lisbonne. C’est le premier signal d’un licenciement massif. La plupart des ouvriers refusent de participer à l’hypocrisie des négociations individuelles, et tentent d’empêcher la délocalisation de la production. Ils ont à peine le temps de passer de la perplexité à la révolte, que leur direction s’est volatilisée, laissant derrière elle une usine à moitié vide. Dans ces conditions, à quoi bon faire grève et contre qui se battre ? Si "L’usine de rien" démarre sur ce constat d’impuissance, c’est pour mieux nous inviter à le dépasser. Issu d’un processus de gestation long de six ans, le film s’intéresse moins au récit de la fermeture d’une usine qu’à la question de l’après, aux nouveaux désirs qui émergent parmi les ouvriers, lesquels se mettent à discuter, débattre, s’engueuler, réfléchir… Un processus collectif qui donne lieu à une tentative d’autogestion, à de nouvelles formes d’occupation du lieu et du temps. Dans un contexte où le capital volatile rend caducs les rapports de force habituels, de nouveaux possibles sont à inventer. Tourné avec des acteurs amateurs (en majorité de véritables ouvriers), dans une usine qui connut elle-même une expérience d’autogestion pendant une vingtaine d’années suite à la révolution des Œillets, Pedro Pinho donne à son film ce mouvement inventif et jouissif, se risquant à voyager entre des registres aussi variés qu’inattendus. Partant d’une réalité sociale précise, il se déploye comme une fresque à pistes multiples, ne cessant de surprendre, d’ouvrir des questionnements et des voies parfois discordantes, sans jamais se complaire dans un dispositif. Dans ce propos et cette forme ouverte, on retrouve quelque chose des films de Robert Kramer, Jean-Luc Godard ou Miguel Gomes. Les plans montrant les ouvriers désœuvrés face à leurs machines inutiles deviennent de véritables tableaux, la fiction se mêle (...+)
  • dim 17.02 > 17:00

    Visita Guiada

    Pedro Pinho & Terratreme
    Guided Tour
    Tiago Hespanha, 2009, PT, DCP, vo st ang, 55'
    Un parcours à travers le Portugal en suivant des guides touristiques, en partageant les visites de quelques-uns des millions de touristes venus du monde entier pour découvrir le pays. Italiens, Américains, Japonais, Français, Anglais… sillonnent le pays, qui leur est présenté sous différentes facettes selon la nationalité de leur groupe. Chaque guide fait résonner ses explications avec l’histoire et la culture des touristes. Nous découvrons des portraits variés du Portugal à travers ces yeux étrangers et prenons le bus avec eux, arpentons les châteaux, les sites historiques et les avenues des villes, regardons par la vitre de l’autocar les paysages qui défilent, saisissons l’occasion de prendre des photos avec madame qui pose devant le monument pendant les quelques minutes de temps libre après les explications du guide, et goûtons avec béatitude le fameux coucher de soleil sur l’océan… Même plus besoin de prévoir une visite guidée du Portugal !
    + Lisboa-Provincia
    Susana Nobre, 2010, PT, DCP, vo st ang, 18'
  • dim 17.02 > 18:30

    André Robillard, en compagnie

    Varia
    Henri-François Imbert, 2018, FR, DCP, vo 92'
    En 1964, André Robillard s’est mis à fabriquer des fusils avec des matériaux de récupération, ramassés au hasard de ses promenades dans l’hôpital psychiatrique où il vivait près d’Orléans. Aujourd’hui, à 87 ans, André demeure toujours dans cet hôpital, où il est entré à l’âge de neuf ans. Entretemps, il est devenu un artiste internationalement reconnu du champ de l’Art Brut, et accessoirement un des plus anciens patients d’un hôpital psychiatrique en France. En 1993, la caméra d’Henri-François Imbert (le cinéaste de "Sur la plage de Belfast", vous vous rappelez ?) est l’une des premières à croiser sa route pour la réalisation d’un court métrage présentant l’artiste et son œuvre. Vingt ans plus tard, ils font ensemble un second film qui explore son passé et sa vie à l’hôpital. Ce troisième film s’intéresse cette fois à la carrière théâtrale dans laquelle André s’est lancé il y a quelques années. Et tout se relie enfin : l’Art Brut, la Résistance, et l’invention de la Psychothérapie Institutionnelle, véritable révolution du regard sur la folie, incarnée par l’hôpital de Saint-Alban (Lozère).
  • dim 17.02 > 21:00

    The insect woman

    Shōhei Imamura
    にっぽん昆虫記 / Nippon konchūki
    Shōhei Imamura, 1963, JP, 35mm > video, vo st fr, 123'
    Après avoir réalisé "Cochons et cuirassés", violente satire contre l’occupation américaine, Imamura est mis à pied pendant deux ans par la Nikkatsu, sa maison de production. Qu’à cela ne tienne ! Le voilà reparti dans une enquête autour du monde paysan qui donnera trois ans plus tard "La Femme insecte" ou "Chroniques entomologiques du Japon". Étude implacable réalisée à partir de longs entretiens et de notes minutieuses, "La Femme insecte" retrace le parcours d’une petite paysanne, depuis sa relation ambiguë avec son père jusqu’à la ville et la prostitution. A la manière donc, des insectes mus par le seul instinct de survie et de conservation, la vie de Tome avance, coûte que coûte. Elle grimpe les seuls échelons qui se présentent : servante violée, ouvrière exploitée, bonne, prostituée, patronne de bordel. Sur fond de Japon en pleine modernisation, construit autour de moments clés et décisifs qui jalonnent la vie de Tome et qui laissent tomber dans les ellipses la ritournelle du quotidien, cette chronique implacable avance au fil de ses victoires et de ses revers, entre misère morale, rapports de dominations, exploitations des êtres sans cesse reconduits. Frontal, filmé dans un noir et blanc acerbe, "La Femme insecte" n’épargne rien ni personne, et ne se permet aucun atermoiement. Dans cette tourmente banalisée, il finit par devenir le portrait d’une femme que rien n’abat, loin des mélodrames servis par le cinéma japonais à cette époque et tout autre "Rue de la honte". C’est qu’il n’y a pas de honte chez Imamura. Il n’y a qu’un milieu, des conditions et des corps qui avancent. Brut, noir, (...+)
  • jeu 21.02 > 20:00

    A Fábrica de Nada

    A Fábrica de Nada (L’usine de rien)
    L’usine de rien / The Nothing Factory
    Pedro Pinho, 2017, PT, DCP, vo st fr & ang, 178'
    Une nuit, un groupe de travailleurs se rend compte que la direction de l’entreprise a organisé le vol de machines dans l’atelier de leur fabrique d’ascenseurs, située dans la banlieue industrielle de Lisbonne. C’est le premier signal d’un licenciement massif. La plupart des ouvriers refusent de participer à l’hypocrisie des négociations individuelles, et tentent d’empêcher la délocalisation de la production. Ils ont à peine le temps de passer de la perplexité à la révolte, que leur direction s’est volatilisée, laissant derrière elle une usine à moitié vide. Dans ces conditions, à quoi bon faire grève et contre qui se battre ? Si "L’usine de rien" démarre sur ce constat d’impuissance, c’est pour mieux nous inviter à le dépasser. Issu d’un processus de gestation long de six ans, le film s’intéresse moins au récit de la fermeture d’une usine qu’à la question de l’après, aux nouveaux désirs qui émergent parmi les ouvriers, lesquels se mettent à discuter, débattre, s’engueuler, réfléchir… Un processus collectif qui donne lieu à une tentative d’autogestion, à de nouvelles formes d’occupation du lieu et du temps. Dans un contexte où le capital volatile rend caducs les rapports de force habituels, de nouveaux possibles sont à inventer. Tourné avec des acteurs amateurs (en majorité de véritables ouvriers), dans une usine qui connut elle-même une expérience d’autogestion pendant une vingtaine d’années suite à la révolution des Œillets, Pedro Pinho donne à son film ce mouvement inventif et jouissif, se risquant à voyager entre des registres aussi variés qu’inattendus. Partant d’une réalité sociale précise, il se déploye comme une fresque à pistes multiples, ne cessant de surprendre, d’ouvrir des questionnements et des voies parfois discordantes, sans jamais se complaire dans un dispositif. Dans ce propos et cette forme ouverte, on retrouve quelque chose des films de Robert Kramer, Jean-Luc Godard ou Miguel Gomes. Les plans montrant les ouvriers désœuvrés face à leurs machines inutiles deviennent de véritables tableaux, la fiction se mêle (...+)
  • ven 22.02 > 19:00

    An Ordinary Syrian Day

    Moussem Cities : Damascus
    يوم سوري عادي
    Nassouh Zaghlouleh, 2016, SY, video, sans dial, 29'
    Successions de plans fixes qui s’échelonnent du matin jusqu’au soir, cette journée syrienne ordinaire serait banale s’il n’y avait la bande-son. Depuis le toit d’une maison, le film découpe, sur l’horizon composé de terrasses, des scènes où les enfants jouent, les femmes ramassent le linge et les hommes construisent des étages. Mais le ciel est sans cesse strié de fumée et d’éclats. Toute la force de ce court métrage repose sur cette bande-son terrible où le bruit des armes et des tirs échangés ne cessent jamais, régissant un quotidien qu’on ne peut plus habiter qu’en haut. Depuis son toit, Nassouh Zaghlouleh, un des photographes syriens les plus importants de notre époque, Doyen de la Faculté des Beaux-Arts à l’Université arabe internationale de Damas se fait le chroniqueur de cette vie ordinaire, entre effroi et ennui.
    + Six histoires ordinaires
    Meyar Al Roumi, 2007, SY, video, vo st ang, 60'
  • ven 22.02 > 21:00

    Sous le ciel de Damas / تحت سماء دمشق   [Live Soundtrack]

    Moussem Cities : Damascus
    Music : Kinan Azmeh
    Ismail Hakki & Rachid Jalal, 1932, SY, video, fr st ang, 60'
    L’histoire du cinéma syrien commence en 1928 avec "L’Accusé innocent" réalisé par Rachid Jalal. Suite au succès du film, des hommes d’affaires décident d’investir dans la production d’un deuxième film, "Sous le ciel de Damas", réalisé par Ismail Anzour (Hakki, au générique) et Rachid Jalal en 1932. Ce thriller amoureux aux influences surréalistes sort officiellement en 1934, un retard dû à l’opposition des autorités françaises à la sortie du film sous prétexte que les droits des morceaux de musique qui devaient accompagner la projection n’avaient été obtenus. Mais la sortie du film coïncide avec celle du premier film parlant égyptien, achevant ainsi l’histoire courte du cinéma muet syrien. Si le premier film est perdu, "Sous le ciel de Damas" sort aujourd’hui de la Syrie pour être accompagné de compositions originales du clarinettiste syrien, Kinan Azmeh, figure montante de la scène musicale jazz de New York, et plus largement, de la scène musicale internationale.
  • sam 23.02 > 19:00

    Les étoiles du jour

    Moussem Cities : Damascus
    نجوم النهار
    Ossama Mohammed, 1988, SY, video, vo ar st ang, 100'
    Présenté à la Quinzaine des Réalisateurs à Cannes, et primé dans de nombreux festival, "Les Étoiles du Jour" est le premier long métrage du cinéaste emblématique Ossama Mohammed ("Sacrifices", "Eau argentée") que nous avions accueilli au Nova à l’occasion d’un hommage au cinéaste Omar Amiralay dont il était le collaborateur et l’ami. Banni en Syrie dès sa sortie, le film est une farce qui explore les effets toxiques du totalitarisme à travers le portrait d’une famille dysfonctionnelle dans un village syrien sous le régime de Hafez Al Assad. Drôle, cru, violent, parfois au bord du kitsch, celui qu’on aime, rythmé par un dialogue en feu et servi par des acteurs qui se donnent pleinement à ce portrait de l’absurdité du pouvoir en place et de ses symboles, ce film est incontestablement une des œuvres cinématographiques syriennes les plus importantes.
  • sam 23.02 > 21:00

    Short movies Underground

    Moussem Cities : Damascus
    + Diaries
    Reem Al-Ghazzi, 2012-2014, SY, HD, vo st ang, 15'
    + 2000 Watt, Light in the Rear
    Peace Lens, 2018, SY, HD, vo st ang, 13'
    + La Dolce Siria
    Ammar al-Beik, 2015, SY, HD, vo st ang, 20'
    + My Ear Can See
    Ammar al-Beik, 2012, SY, HD, vo st ang, 8'
    + identity : other
    Anna Bannout, 2016, SY, HD, vo st ang, 2'
    + Syria 2087
    Anna Bannout, 2017, SY, HD, vo st ang, 4'
    + The Boot
    Waw Al Wassel, 2013, SY, HD, sans dial, 7'
  • dim 24.02 > 15:00

    A Fábrica de Nada

    A Fábrica de Nada (L’usine de rien)
    L’usine de rien / The Nothing Factory
    Pedro Pinho, 2017, PT, DCP, vo st fr & ang, 178'
    Une nuit, un groupe de travailleurs se rend compte que la direction de l’entreprise a organisé le vol de machines dans l’atelier de leur fabrique d’ascenseurs, située dans la banlieue industrielle de Lisbonne. C’est le premier signal d’un licenciement massif. La plupart des ouvriers refusent de participer à l’hypocrisie des négociations individuelles, et tentent d’empêcher la délocalisation de la production. Ils ont à peine le temps de passer de la perplexité à la révolte, que leur direction s’est volatilisée, laissant derrière elle une usine à moitié vide. Dans ces conditions, à quoi bon faire grève et contre qui se battre ? Si "L’usine de rien" démarre sur ce constat d’impuissance, c’est pour mieux nous inviter à le dépasser. Issu d’un processus de gestation long de six ans, le film s’intéresse moins au récit de la fermeture d’une usine qu’à la question de l’après, aux nouveaux désirs qui émergent parmi les ouvriers, lesquels se mettent à discuter, débattre, s’engueuler, réfléchir… Un processus collectif qui donne lieu à une tentative d’autogestion, à de nouvelles formes d’occupation du lieu et du temps. Dans un contexte où le capital volatile rend caducs les rapports de force habituels, de nouveaux possibles sont à inventer. Tourné avec des acteurs amateurs (en majorité de véritables ouvriers), dans une usine qui connut elle-même une expérience d’autogestion pendant une vingtaine d’années suite à la révolution des Œillets, Pedro Pinho donne à son film ce mouvement inventif et jouissif, se risquant à voyager entre des registres aussi variés qu’inattendus. Partant d’une réalité sociale précise, il se déploye comme une fresque à pistes multiples, ne cessant de surprendre, d’ouvrir des questionnements et des voies parfois discordantes, sans jamais se complaire dans un dispositif. Dans ce propos et cette forme ouverte, on retrouve quelque chose des films de Robert Kramer, Jean-Luc Godard ou Miguel Gomes. Les plans montrant les ouvriers désœuvrés face à leurs machines inutiles deviennent de véritables tableaux, la fiction se mêle (...+)
  • dim 24.02 > 19:00

    The profond desire of the Gods

    Shōhei Imamura
    神々の深き欲望 - Kamigami no fukaki yokubō
    Shōhei Imamura, 1968, JP, DCP, vo st fr, 172'
    Désir : maître mot du cinéma d’Imamura, titre de plusieurs de ses films et thème de toute son œuvre. Mais ce "Profonds désirs des Dieux" est peut-être l’une de ses œuvres les plus ambitieuses, une sorte de programme cinématographique où s’exposent chronique ethnographique, farce burlesque et tragédie antique. Un ingénieur débarqué de Tokyo vient faire tourner une usine puis construire un aéroport puis développer le tourisme (on ne sait pas trop, cela dépend des ambitieux au pouvoir) sur une petite île du Sud, isolée, primitive, pleine d’interdits, de rituels et de dieux païens. Mais le voilà qui se casse les dents sur les arbres, les femmes et le bonheur au point de perdre, comme son prédécesseur, la tête et ses repères. Et tandis que la corruption se généralise au grès des projets sur l’île, que les alliances se font et se défont, ceux qui résistent, parce qu’« on ne vend pas ce qui appartient aux Dieux » sont les mêmes qui sont mis au ban de cette communauté pour avoir commis l’impensable. Par un retournement tragique, les exclus s’avéreront les âmes les plus proches des dieux, sacrifiés sur l’autel des désirs artificiels. A travers cette grande fresque d’un monde qui s’ouvre à la modernité, "The profond desire of the Gods" construit lentement la confrontation entre la civilisation urbaine avec ses dieux argent/rentabilité/modernité et le monde païen avec son rapport à la vie animale, ses croyances profondes et sa soif d’absolu. Dans cette parabole écrasée de nuit et de soleil, Imamura façonne l’amplitude lyrique qui traversera ses films plus (...+)
  • jeu 28.02 > 20:00

    Open Screen

    Varia
    Depuis le début du cinéma Nova, l’Open Screen vous invite à venir montrer librement vos films sur grand écran. Que ce soit votre première œuvre cinématographique ou le fruit de longues années d’expérience, tous les films proposés, quelque soient leur genre et format, seront projetés à condition que leur durée ne dépasse 15 minutes. Vingt deux ans que cette opportunité existe et qu’elle est accessible gratuitement pour un public souvent nombreux qu’il ne tient qu’à vous de surprendre ! Alors n’hésitez plus, et envoyez vos films accompagnés d’une fiche technique au moins une semaine à l’avance.
  • ven 01.03 > 20:00

    A Fábrica de Nada

    A Fábrica de Nada (L’usine de rien)
    L’usine de rien / The Nothing Factory
    Pedro Pinho, 2017, PT, DCP, vo st fr & ang, 178'
    Une nuit, un groupe de travailleurs se rend compte que la direction de l’entreprise a organisé le vol de machines dans l’atelier de leur fabrique d’ascenseurs, située dans la banlieue industrielle de Lisbonne. C’est le premier signal d’un licenciement massif. La plupart des ouvriers refusent de participer à l’hypocrisie des négociations individuelles, et tentent d’empêcher la délocalisation de la production. Ils ont à peine le temps de passer de la perplexité à la révolte, que leur direction s’est volatilisée, laissant derrière elle une usine à moitié vide. Dans ces conditions, à quoi bon faire grève et contre qui se battre ? Si "L’usine de rien" démarre sur ce constat d’impuissance, c’est pour mieux nous inviter à le dépasser. Issu d’un processus de gestation long de six ans, le film s’intéresse moins au récit de la fermeture d’une usine qu’à la question de l’après, aux nouveaux désirs qui émergent parmi les ouvriers, lesquels se mettent à discuter, débattre, s’engueuler, réfléchir… Un processus collectif qui donne lieu à une tentative d’autogestion, à de nouvelles formes d’occupation du lieu et du temps. Dans un contexte où le capital volatile rend caducs les rapports de force habituels, de nouveaux possibles sont à inventer. Tourné avec des acteurs amateurs (en majorité de véritables ouvriers), dans une usine qui connut elle-même une expérience d’autogestion pendant une vingtaine d’années suite à la révolution des Œillets, Pedro Pinho donne à son film ce mouvement inventif et jouissif, se risquant à voyager entre des registres aussi variés qu’inattendus. Partant d’une réalité sociale précise, il se déploye comme une fresque à pistes multiples, ne cessant de surprendre, d’ouvrir des questionnements et des voies parfois discordantes, sans jamais se complaire dans un dispositif. Dans ce propos et cette forme ouverte, on retrouve quelque chose des films de Robert Kramer, Jean-Luc Godard ou Miguel Gomes. Les plans montrant les ouvriers désœuvrés face à leurs machines inutiles deviennent de véritables tableaux, la fiction se mêle (...+)
  • sam 02.03 > 19:00

    Linha vermelha

    Pedro Pinho & Terratreme
    Red Line
    José Filipe Costa, 2011, PT, DCP, vo st fr, 83'
    En 1975, l’équipe de l’écrivain et cinéaste militant Thomas Harlan filme, plusieurs mois durant, l’occupation des propriétés terriennes du Duc de Bragance, au centre du Portugal, par des paysans sans terre qui y mènent une expérience de communauté alternative, autogérée et égalitaire. Trois décennies plus tard, "Linha vermelha" revient sur "Torre Bela", le film de Harlan (dont on voit plusieurs extraits), devenu emblématique de la période de liberté et d’utopie révolutionnaire qui a gagné le Portugal après la Révolution des Œillets. Des protagonistes reviennent sur cette aventure politique marquante. De quelle manière Harlan s’est-il mêlé des événements qui semblent se dérouler naturellement devant la caméra ? Quel a été l’impact du film sur la vie des occupants et sur la mémoire de cette période ? Le film, à partir notamment de bandes son enregistrées au moment du tournage, n’évite pas d’aborder les aspects troublants de l’approche de Harlan (qui, de ce point de vue, a inspiré le personnage du cinéaste argentin dans "L’usine de rien"), et plus largement l’ambiguïté des rapports entre l’intelligentsia et les classes populaires, devenant ainsi une réflexion sur le cinéma militant, sur la légitimité et le rôle politique du documentariste.
  • sam 02.03 > 21:00

    The pornagraphers

    Shōhei Imamura
    エロ事師たちより 人類学入門 - Erogotoshitachi yori Jinruigaku nyumon
    Shōhei Imamura, 1966, JP, 35mm > video, vo st fr, 128'
    Poussé à réaliser des films de « Pinku Eiga » (films érotiques à petit budget), dont certains disent qu’il en a inventé le genre grâce à l’érotisme noir de "La Femme insecte", en froid avec sa maison de production qui en produit à la pelle, Imamura décide de fonder sa propre maison de production et contre-attaque avec "Le Pornographe". Le titre original "Introduction à l’Anthropologie au travers des Pornographes" se veut tout un programme, l’étude au vitriol d’un milieu où l’argent et les pulsions régissent tous les rapports. Dans la tourmente d’un quotidien fait d’arnaques et de débrouilles, Monsieur Ogata vend ses films et autres gadgets érotiques aux puissants. Mais les temps sont durs, la mafia s’en mêle, et les catastrophes pleuvent. Racketté, tabassé, floué, il rebondit en tous les sens comme une balle de flipper, brisant au passage tous les tabous, rendant fous ceux qui l’entourent, rendu dingue par les autres, tout en se récriant régulièrement comme un goret offensé. Très découpé dans sa forme et son récit, tissés d’ellipses, d’arrêts sur images, de scènes surréalistes, de flash-backs sortis de nul part et de rebondissements tout azimut, "Le Pornographe" slalome à toute vitesse entre humour noir grinçant jusqu’au burlesque et sordide glaçant, dans une société où rien ni personne n’échappe à la corruption. Et multipliant les plans obstrués de fenêtres, portes et autres barreaux, il nous rincent l’oeil. Bam ! Retour à l’envoyeur : l’offre et la demande, comme le martèle Monsieur Ogata. Sauf qu’Ogata se fait finalement la malle, privilégiant son rêve d’absolu à la compagnie des hommes, tandis que nous, hein, (...+)
  • dim 03.03 > 17:00

    Revoluçao industrial

    Pedro Pinho & Terratreme
    Industrial Revolution
    Tiago Hespanha & Frederico Lobo, 2014, PT, DCP, vo st fr, 73'
    De belles images d’archives sur plaques de verre témoignent du rêve industriel de la fin du XIXe siècle, marques du passé contrastant avec la réalité actuelle. Le son de l’industrie devient rock. Dans un petit bateau, on descend lentement les rives de la rivière Ave, envahies de végétation luxuriante. La vallée, l’une des plus industrialisées du Portugal, a connu tant l’exploitation de la nature que celle des hommes. Progressivement, on devine des bâtiments en ruine. On entre dans une usine encore en activité. On rencontre ceux qui continuent d’habiter les bords de la rivière. L’histoire commence à se raconter entre incendie, fermeture et abandon. Les plus modestes sont restés et ont reconstruit un mode de vie rural. Des jeunes explorent les friches, construisent des rampes de skate improvisées, créent de nouveaux terrains de jeux... Les promesses de prospérité de la révolution industrielle sont démenties par la situation de désordre social, environnemental, économique, culturel, paysager. L’avenir est incertain. Le présent aussi.
    + Provas, exorcismos
    Susana Nobre, 2015, PT, DCP, vo st fr, 25'
  • dim 03.03 > 19:00

    A Fábrica de Nada

    A Fábrica de Nada (L’usine de rien)
    L’usine de rien / The Nothing Factory
    Pedro Pinho, 2017, PT, DCP, vo st fr & ang, 178'
    Une nuit, un groupe de travailleurs se rend compte que la direction de l’entreprise a organisé le vol de machines dans l’atelier de leur fabrique d’ascenseurs, située dans la banlieue industrielle de Lisbonne. C’est le premier signal d’un licenciement massif. La plupart des ouvriers refusent de participer à l’hypocrisie des négociations individuelles, et tentent d’empêcher la délocalisation de la production. Ils ont à peine le temps de passer de la perplexité à la révolte, que leur direction s’est volatilisée, laissant derrière elle une usine à moitié vide. Dans ces conditions, à quoi bon faire grève et contre qui se battre ? Si "L’usine de rien" démarre sur ce constat d’impuissance, c’est pour mieux nous inviter à le dépasser. Issu d’un processus de gestation long de six ans, le film s’intéresse moins au récit de la fermeture d’une usine qu’à la question de l’après, aux nouveaux désirs qui émergent parmi les ouvriers, lesquels se mettent à discuter, débattre, s’engueuler, réfléchir… Un processus collectif qui donne lieu à une tentative d’autogestion, à de nouvelles formes d’occupation du lieu et du temps. Dans un contexte où le capital volatile rend caducs les rapports de force habituels, de nouveaux possibles sont à inventer. Tourné avec des acteurs amateurs (en majorité de véritables ouvriers), dans une usine qui connut elle-même une expérience d’autogestion pendant une vingtaine d’années suite à la révolution des Œillets, Pedro Pinho donne à son film ce mouvement inventif et jouissif, se risquant à voyager entre des registres aussi variés qu’inattendus. Partant d’une réalité sociale précise, il se déploye comme une fresque à pistes multiples, ne cessant de surprendre, d’ouvrir des questionnements et des voies parfois discordantes, sans jamais se complaire dans un dispositif. Dans ce propos et cette forme ouverte, on retrouve quelque chose des films de Robert Kramer, Jean-Luc Godard ou Miguel Gomes. Les plans montrant les ouvriers désœuvrés face à leurs machines inutiles deviennent de véritables tableaux, la fiction se mêle (...+)
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