Depuis près de 30 ans que le Nova trimbale son écran durant l’été, il a été le témoin de nombreuses transformations de la ville, dénonçant ici l’arrivée de grands projets écrasants, valorisant là la richesse invisible d’espaces présentés comme vides.

Le vide peut prendre de nombreuses formes : une usine qui ferme ses portes et laisse vacant un territoire de 53 hectares, un stade abandonné lentement reconquis par la végétation et par des habitantes, une brasserie ou une usine de décoration désertées et réoccupées de façon précaire et collective. Car le vide n’est jamais réellement vide. Il ouvre un espace de projection, de conflit, de désir et d’invention. Les intérêts économiques, écologiques et sociaux s’y confrontent. Les usages s’y négocient. Les possibles s’y dessinent.

Le vide stimule les initiatives. Dans ces lieux où quelque chose s’est arrêté, sans que l’après soit encore imaginé, il reste une place pour l’expérimentation, les rencontres imprévues, les manières d’habiter la ville autrement. Ces lieux constituent parfois l’un des derniers espaces où la vie peut encore surgir sans avoir été entièrement planifiée, cadenassée ou aseptisée. C’est pourquoi le vide mérite aussi d’être défendu.

Cette année encore, le PleinOPENair interrogera les coulisses de ces transformations urbaines dans cinq lieux de Bruxelles, lors de deux week-ends en plein air et trois mercredis en intérieur. Fidèle à cette attention portée aux mutations urbaines, l’équipe du cinéma Nova vous invite une fois de plus à partager des moments de cinéma, de concert, des balades et des discussions,… autant d’occasions de réfléchir ensemble et de manière conviviale à une ville pensée à partir de ses usages et non de sa valeur marchande !