Comment lutter contre le fascisme quand il imprègne toutes les strates de la société ? L’histoire récente du cinéma de genre espagnol nous enseigne l’évolution du 7è Art sous Franco et après sa mort. Au début des années 60, le régime fasciste, désireux de redynamiser une économie espagnole en difficulté, ouvre la porte au cinéma d’horreur en autorisant de nouvelles productions internationales. Le projet rencontre un franc succès. Des succès commerciaux, comme le bijoux gothique "The House That Screamed" de Narciso Ibáñez Serrador, ont inauguré l’âge d’or du "fantaterror" : une période du cinéma espagnol peuplée de vampires et de loups-garous, déjà remis à la mode par les studios Hammer au Royaume-Uni. Mais un autre genre de films, plus réaliste, vient canaliser les frustrations et la violence de la société espagnole. Ainsi, "The Cannibal Man" s’attaque (à l’arme blanche) à la répression sexuelle et homophobe du régime franquiste, qui lui a bien rendu la pareille en lui infligeant plus de 60 coupes. Dès la mort de Franco le 20 Novembre 1975, cette censure entreprend de s’estomper progressivement. On appelle Transición cette période qui trouva le chemin vers la démocratie semé d’embûches, marqué par des complots d’extrême droite et des coups d’État manqués. Malgré tout, la parole se libéra significativement : en témoigne des films comme "The People Who Own the Dark" et "The Creature". L’introduction de la classification "S" en 1978 entraîne une avalanche de films de sexploitation, d’ovnis inclassables (Dimorfo) et des chefs-d’œuvres sombres (Arrebato).
Plongez dans ce chapitre de l’histoire du cinéma espagnol le 14 Mars au Nova avec la conférence sur le Fantaterror dispensée par Antonio Lázaro-Reboll, suivie du documentaire "Exorcismo : The Transgressive Legacy of Clasificada ’S ’" d’Alberto Sedano.