De 1968 à 1982, les composantes de l’OLP (Fatah, Front populaire et Front démocratique) ont utilisé la caméra pour documenter la lutte de libération, diffuser leur projet politique et affirmer le droit au retour. Ce week-end sera dédié aux archives comme enjeu central de la mémoire face à la perte du territoire et à l’effacement des traces.
Vendredi 12 décembre, Mohanad Yaqubi, réalisateur et producteur originaire de Ramallah, présentera "R21", un film qui abrite une collection de films, comme pour pallier à l’absence de bâtiment abritant les archives palestiniennes. Les solidarités internationales seront à l’honneur : au Japon dans le cas "R21", puis en Suède avec "Gaza Ghetto", co-réalisé en 1985 par le Suédois Per-Åke Holmquist, que Mohanad Yaqubi présentera.
Samedi 13 décembre, Jihane Sfeir, historienne du monde arabe contemporain à l’Université libre de Bruxelles, abordera la politique systématique de confiscation, de destruction et de réécriture des archives palestiniennes menée par Israël depuis 1948. Nous exhumerons en sa compagnie quelques films réalisés pendant les premières années de la Palestine Film Unit, puis "Sous les décombres" de Jean Chamoun et Mai Masri sur le siège de Beyrouth en 1982 — qui marque la fin de la Palestine Film Unit et la disparition des archives de l’OLP.
Dimanche 14 décembre, Elena Aoun, professeure et chercheure en relations internationales à l’UCL, spécialisée sur les crises du Moyen-Orient et la politique étrangère de l’Union européenne à leur égard, nous apportera sa réflexion sur le lien entre mémoire et histoire présente des Palestiniens. Nous en parlerons autour de la projection de deux documentaires réalisés dans les années 1980 par l’Allemande Monica Maurer, d’un court métrage sur l’occupation de Gaza dans les années 1970, et de deux courts métrages récents de Mahmoud Al-Haj qui illustrent les évolutions technologiques du contrôle israélien sur l’espace palestinien.
Mohanad Yaqubi, Reem Shilleh et Michel Khleifi nous accompagnerons également au long de ce week-end.