Gaza, territoire palestinien occupé depuis 1967 et vivant sous blocus depuis 2007, est quasiment coupé du monde depuis le 8 octobre 2023. Ce jour-là, Israël a démarré son opération de représailles contre les meurtres et les prises d’otages organisés la veille par le Hamas et d’autres groupes palestiniens. Mais il s’est rapidement avéré que l’opération israélienne poursuivait un objectif beaucoup plus dévastateur : détruire méthodiquement un peuple, une culture, un territoire. La "guerre" de Gaza constitue un paradoxe dans un monde globalisé, où l’image est omniprésente. Depuis le 8 octobre 2023, la presse n’est plus autorisée à entrer dans l’enclave. Les journalistes, caméramans et youtubeurs restés sur place en sont souvent pour leurs frais : à l’heure d’écrire ces lignes, 210 d’entre eux ont été tués par l’armée israélienne. Pourtant, nous recevons quotidiennement des images en provenance de Gaza, le plus souvent prises au téléphone portable. Elles témoignent, comme celles que Catherine Libert a rassemblées dans son film "À Gaza", d’un monde disparu sous les bombes et les bulldozers. Un monde que "Voyage à Gaza", tourné quelques années plus tôt par Piero Usberti, nous permet de redécouvrir.