Projeté à Cannes et à la Mostra de Venise à une époque où le cinéma iranien n’existait pas aux yeux du monde, “La Vache” est considérée comme une œuvre pionnière de la Nouvelle vague du cinéma iranien. Influencé par le néoréalisme italien, Dariush Mehrjui l’a réalisée dans un noir et blanc magnifique, avec des acteurs pour la plupart non professionnels. Le film propose un récit universel, d’une grande simplicité, qui produit encore ses effets aujourd’hui. C’est l’histoire d’un animal qui tend un miroir au monde des humains. C’est l’histoire d’un village pauvre. Un village sans électricité, perdu au milieu de collines arides, où Dariush Mehrjui s’intéresse à la relation singulière qu’un villageois entretient avec sa vache. Ce villageois, c’est Hassan. Il n’a pas d’enfants. Sa vache est tout pour lui, et il la soigne d’autant plus qu’elle s’apprête à mettre bas. Mais à son retour d’un voyage à la capitale, la vache n’est plus là. Elle est morte. Les villageois, craignant la réaction d’Hassan, tentent cependant de faire croire qu’elle s’est enfuie. L’homme refuse à la fois de les croire et d’accepter cette situation. Fou de douleur, il s’isole, s’enferme dans sa solitude et, s’identifiant de plus en plus à son animal disparu, subit une sorte de métamorphose. À présent, il est la vache.
→ La séance du 22.09 sera présentée par Talheh Daryanavard, fin connaisseur du cinéma iranien, lui-même réalisateur.