James Benning est principalement connu pour ses landscape films (ou films paysages), qui sont pour la plupart faits de successions de plans fixes à travers le temps, soit en un même lieu, soit en plusieurs lieux où le sujet est similaire. Cela donne des films méditatifs très beaux, aux titres souvent annonciateurs du nombre de plans qui les composent (“Ten Skies”, “13 Lakes”). Pour ces films-là, qu’il s’acharne à faire depuis plus de 40 ans, Benning utilise des images qui sont le fruit de sa propre composition, et c’est justement pourquoi nous n’en programmons pas ici. En revanche, depuis 2011 et sa “YouTube Trilogy”, Benning a emprunté un autre chemin pour faire ses films, un chemin qui nous intéresse ici tout particulièrement, celui d’Internet. Benning s’est rendu compte que sa caméra ne lui était plus essentielle, et qu’il pouvait faire tout ce qu’il voulait en s’appropriant des images du net. Très rapidement, il est devenu accro à cette pratique et s’est retrouvé à faire un film par semaine (d’où le titre de ce film fleuve). Après avoir découvert cette nouvelle manière de faire du cinéma, dont il est loin d’être un des précurseurs, Benning jubile de pouvoir un jour s’improviser cinéaste ethnographique, et le lendemain réaliser des remakes de ses propres films (comme "13 Lakes", "RR" ou encore "Stemple Pass"). Ces 52 films que nous vous proposons de découvrir, c’est tout un programme, parmi lequel des films très courts (d’à peine 40 secondes) et des films aux titres aussi intrigants que "found film #1", "FUCK ME (orange)" ou encore "mudd club". Ce film, c’est un voyage à travers les archives de notre temps. C’est un pêle-mêle de questions et d’émotions. C’est YouTube vu par James Benning.
52 Films Project
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Séances
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28.05.2022
> 19:00
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6€ / 4€
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