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Hashtag Fake

Les films de cette soirée fonctionnent en partie sur la surprise, ou tout du moins, sur l’incertitude. Pour ceux qui voudraient jouer le jeu, contentez-vous de cette information : il est question de malaise contemporain, dépression et surconsommation, traité avec humour et de façon étonnante. Pour ceux qui n’ont pas peur de se divulgacher : tous les films détournent des vidéos trouvées en ligne pour écrire une fiction. Guillaume Lillo nous fait l’amitié de venir présenter ses trois courts-métrages, tous fondés sur ce même principe, où la voix-off crée des personnages plus ou moins perdus et marginaux. Pour terminer la soirée, "Fraud" nous emmène aux Etats-Unis où une famille endettée décide d’arnaquer l’assurance.

Guillaume Lillo sera parmi nous pour présenter ses films et en discuter avec le public.



Films

Perchés

Guillaume Lillo, 2021, FR, DCP, fr 34'

Les héros de "Perchés" et de "Rémy" se ressemblent. Dans "Perchés", un homme raconte sa vie aux conducteurs qui le prennent en stop : une dépression l’a mené dans un centre médico-psychologique où il a rencontré d’autres gens perchés. Le film voyage, au sens propre, entre une passion pour les voitures et les oiseaux, comme autant de symboles d’un rapport au monde particulier. Dans "Rémy", le héros s’isole volontairement dans la maison secondaire de ses parents. Lui aussi aspire au calme, parmi les bêtes, mais la dureté du monde, sous forme de dettes, le rattrape. Les deux héros ont l’air de filmer leur quotidien étrange avec humour et captent la bizarrerie de la société qui les a mis dans ce drôle d’état. Mais le générique de fin révèle le piège (attention spoiler) : les images ne sont pas celles de Rémy ni de l’autostoppeur, mais un ensemble de plans trouvées sur Internet. Le syndrome qui hante les personnages est bien plutôt celui du monde que celui d’un jeune homme aisé un peu perdu. Si la détresse qui traverse les films de Lillo peut paraître un peu cliché, c’est justement parce qu’elle est constituée d’une imagerie globale : ses films montrent avant tout l’image que la société donne d’elle-même et, du coup, a d’elle-même, avec d’un côté les photos des magazines et, de l’autre, les kilomètres de route pluvieuse.

+ Rémy

Guillaume Lillo, 2018, FR, DCP, fr st ang, 30'

18.06 > 20:00
6€ / 4€


Films

Pôle Nord

Guillaume Lillo, 2015, FR, DCP, fr 26'

Guillaume Lillo vient présenter son premier film, d’ordinaire invisible. Ce court-métrage, réalisé durant ses études, est le laboratoire de la forme qu’il a ensuite développé dans ses deux autres œuvres, présentées plus tôt dans la soirée. Dans Pôle Nord, un garçon raconte sa famille, avec un frère parti en Syrie et une sœur partie sur L’île des quatre vérités, une émission de télé-réalité. Il regarde les images qui hantent les classes populaires françaises, des publicités de voiture aux VHS de l’enfance.

+ Fraud

Dean Fleischer-Camp, 2016, US, DCP, ang 55'

Avec "Fraud", Dean Fleischer-Camp documente la vie d’une famille américaine qui aime à consommer, au point de s’être un peu trop endettée. Pour se sortir de la spirale des crédits, le couple décide d’arnaquer leur assurance : ils mettent le feu à leur maison. L’argent touché va permettre de partir en road-trip, d’offrir à nouveau des cadeaux aux enfants et des nuits dans de beaux hôtels. Mais la loi leur court après et ce voyage un peu fou ressemble de plus en plus à un aller simple. Sauf que… et, ceux qui lisent cette page depuis le début sont habitués, spoiler alert… tout est faux, et la Fraud est autant celle à l’assurance que celle du récit.
Les images que nous voyons viennent de la chaîne YouTube d’une famille qui, si elle aime dépenser son argent, n’a jamais commis le moindre crime. Alimentée constamment par la passion du père pour filmer sa famille, la chaîne n’avait même pas pour but d’être vue : elle était plus une façon de sauvegarder les images, et personne n’avait vraiment conscience de son caractère public. En découvrant par hasard cette chaîne très intime et extrêmement fournie en vidéos, Dean Fleischer-Camp décide d’en faire un film de fiction où le récit imaginaire sert de révélateur à une surconsommation déjà présente dans les images, et qui marque en général les États-Unis. La famille a découvert le film : étonnée que quelqu’un leur accorde autant d’intérêt, elle a rigolé du portrait qui était fait d’elle. Et elle a passé sa chaîne en privé.

18.06 > 22:00
6€ / 4€


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prog: 2573
pos: aval