Une fois de plus, le Nova a la joie d’accueillir Gaëlle Rouard, alchimiste de la pellicule argentique dont nous suivons attentivement le travail au fil du temps. Filmé et projeté en 16 mm, son dernier Opus se présente en deux actes. D’abord Prélude, où l’intrigue s’ancre dans un paysage en ombres chinoises, irisées, pleine de sensations. Foisonnement d’herbes hirsutes, parmi elles, la touche rose d’un chardon se détache et se goûte comme un bonbon acidulé, tel le papillon qui le butine. Chaque plan se contemple comme un tableau vivant, clair-obscur, Rembrandtesque. La vie s’incarne dans l’émulsion tel un commencement. Pourtant ce sont les ténèbres et la mort qui invitent à la méditation, comme nous l’indique Oraison, le titre du deuxième acte. Le prisme du celluloïd révèle les perceptions, il donne à voir la poésie et la force narrative de l’abstraction. Une belle métaphore du cinéma argentique que Gaëlle Rouard, cinéaste artisan, élabore dans son propre laboratoire. Elle y expérimente depuis de longues années des techniques particulières qui rendent son travail unique.
→ Film interprété en direct par Gaëlle Rouard