"Le dernier mort de la première guerre mondiale n’est pas encore né". Les obus qui déchirèrent l’Europe au siècle dernier n’ont pas tous explosé, et certains continuent de faire des victimes dans ces paysages du Nord Est de la France, autrefois transformés en champ de bataille. Le film-enquête d’Isabelle Masson-Loodts prend cette question à bras le corps dès la séquence d’ouverture, où l’on voit un agriculteur empiler le nouveau "fruit" de son labour, sur un tas d’obus au bord d’une route. D’Ostende à Verdun, elle explore la (perte de) mémoire autour de la Grande Guerre. Loin des commémorations consensuelles, le film prend une tournure tout à fait actuelle et militante quand la journaliste namuroise articule brillamment la question de l’oubli en à peine cent ans de ces "déchets" mortels avec celle des déchets nucléaires que l’État français souhaite enfouir à Bure et qui resteront dangereux pour les cent milles prochaines années (au minimum). On comprend alors, petit-à-petit, pourquoi la Meuse a été à nouveau choisie pour y creuser des galeries... Spoiler alert : aucune raison géologique valable.
En présence de la réalisatrice
+ Enfants dans 10 000 ans
Laurence Vielle, poète et comédienne, avait déjà enregistré "Enfants dans 10 000 ans" quand elle assiste à une projection d’ "Un héritage empoisonné". Émue par le film et les liens avec son propre travail, elle offre son poème à Isabelle Masson-Loodts pour qu’elle puisse le diffuser en avant-programme, ce que nous ne manquerons pas de faire au Nova !