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Indoor

Prima Nova

A Sea Change

Nina de Vroome, 2016, BE, DCP, vo nl st fr, 61'

"A Sea Change" nous immerge dans un internat d’Ostende où vivent une centaines de garçons âgés de 6 à 16 ans. L’école IBIS existe depuis 1906, sa vocation première était d’accueillir les orphelins qui avaient perdu leur père en mer. Aujourd’hui, elle offre une formation maritime à des enfants provenant de familles en difficultés. Comment apprend-on à devenir marin-pêcheur ? La mer se lit d’abord sur des cartes, elle se vit ensuite dans des simulateurs aux allures de jeux vidéo, elle s’incarne aussi à travers les récits du journal de bord d’anciens marins, car peu importe l’époque et la technologie, lire la mer est une affaire de sensibilité aux éléments qui la côtoient. Il faut être à l’écoute face à l’immensité. Nina de Vroome impose son regard dans cet univers qui mêle l’obsolète au questionnement écologique. Elle capte subtilement la poétique du devenir de ces gamins profondément liés aux états (changeants) de la mer, un indomptable vent de liberté. Une cinéaste à ne pas perdre de (longue) vue…

→ En présence de Nina de Vroome qui répondra aux questions du public.

17.06 > 20:00
Gratis


Film + rencontre

Shift

Pauline Beugnies, 2020, BE, DCP, vo fr st ang, 61'

“Je n’ai pas eu le choix”, dit Jean-Bernard. Un loyer à payer, pas de boulot, pas d’allocations de chômage, et voilà comment, à près de 40 ans, on se retrouve happé dans l’univers impitoyable des “flexi jobs” : Jean-Bernard est devenu coursier pour Deliveroo. “Shift”, c’est un peu le journal filmé de cet ex-coursier à vélo avec plus de 20.000 km au compteur, qui s’est débattu quotidiennement pendant deux ans, à raison de 35 heures par semaine, contre un algorithme. Plus de 5000 courses par an, ça n’use pas que les mollets quand on est travailleur précaire, et même quand votre entreprise vous nomme “meilleur coursier de l’année”. Un jour, Deliveroo a décidé que la rémunération de ses travailleurs se payerait à la tâche et Jean-Bernard a dit non. A l’image de son protagoniste, le film de Pauline Beugnies est haletant. Il retrace son histoire, celle d’une transformation personnelle, d’un combat face aux conditions de travail dans le capitalisme de plateformes, cette machine à détruire les droits sociaux, qui a pris une ampleur phénoménale en temps de pandémie.

→ Projection suivie d’une discussion avec Pauline Beugnies (réalisatrice), Jean-Bernard Robillard (protagoniste du documentaire) et Anne Dufresne (sociologue, membre du GRESEA, co-auteure de “Travailleurs de plateforme : la lutte pour les droits dans l’économie numérique”…).

→ Réservations : https://tickets.nova-cinema.org/prevente/shift-rencontre/

23.06 > 20:00
6€ / 4€


Courts métrages

Open Screen

Depuis le début du cinéma Nova, l’Open Screen vous invite à venir montrer librement vos films sur grand écran. Que ce soit votre première œuvre cinématographique ou le fruit de longues années d’expérience, tous les films proposés seront projetés, quels que soient leur genre et format, à la condition de ne pas dépasser 15 minutes. Déjà 24 ans que cette opportunité existe et est accessible gratuitement, pour un public souvent nombreux qu’il ne tient qu’à vous de surprendre ! Alors n’hésitez plus, et envoyez vos films accompagnés d’une fiche technique au moins une semaine à l’avance.

→ Films à envoyer à : openscreen@nova-cinema.org

24.06 > 20:00 + 22.07 > 20:00
Gratis


Film

Avoir lieu

Laurent d'Ursel & Marco Zagaglia, 2020, BE, DCP, vo fr st ang, 94'

Acte un : se mouler les deux pieds dans des blocs de béton et aller batifoler au bord du canal. Acte deux : détruire le concept du "White Cube" en brûlant tout nu dans un "White Igloo". Acte trois : se presser le corps à l’aide de serre-joints et de plaques d’imprimerie. "Courage, Fuyez", c’est la devise de ce film époustouflant composé de sept performances de Laurent d’Ursel au meilleur de sa forme. Une forme entretenue par une pratique assidue de l’Art Contemporain Militant, "symptôme le plus démocratique d’une santé excellente", dont on aura le loisir de saisir toute la profondeur puisque nous sommes invité à comprendre de quoi en retourne véritablement cet Art Contemporain Militant. Au-delà de "l’audace enfantine qui glousse" que d’Ursel incarne parfaitement (et quel bonheur de la voir se déployer devant nous cette audace !), c’est un message d’utilité publique que nous délivre sans peur et sans complexe un homme engagé (co-fondateur et force motrice du magnifique projet Douche Flux) qui place le courage au centre du débat. Ça fait du bien par les temps qui courent. Avoir lieu est un film vivifiant, plein d’intrigues, dont on sort nourri. Là où Laurent d’Ursel nous immerge, on nage, on flotte ou on patauge, mais jamais ne coulons. Á voir et revoir sans modération.

→ En présence de Laurent d’Ursel qui répondra aux questions du public.
→ En présence (sous réserve) des 7 destinataires du film : Carine Fol (directrice de La Centrale), Denis Gielen (directeur artistique du MAC’s), Adrien Grimmeau (directeur de l’Iselp), Jérôme Mayer (curateur chez Les Brasseurs), Grégory Thirion (directeur du Botanique), Pierre-Olivier Rollin (directeur du BPS22) et Dirk Snauwaert (directeur du WIELS).

https://doucheflux.be/

01.07 > 20:00  
Gratis


Expo

Candides

Papy Cosmic, BE,

Dès ce 7 juillet dans le foyer, on peut contempler les premiers dessins spontanés par Papy Cosmic, DJ à ses heures perdues, mais aussi bénévole assidu au Nova et au Magasin 4. Néophyte en art plastique, Papy avoua d’emblée à son premier cours de modèle vivant, ne même pas pouvoir dessiner une vache. Son professeur lui rétorqua que c’est un bon début. Un an plus tard, le résultat est plus qu’encourageant. Naïfs, ses dessins de nus n’en sont pas moins d’une expressivité joyeuse et vivante, tels des réminiscences d’œuvres plus illustres. Une cinquantaine d’entre eux tiendront ainsi compagnie à Candide, la vestale de l’érotisme, cette grande peinture qui trône depuis fin juin seule au fond du bar, issue du Studio Ray dont on peut découvrir d’autres affiches ou calicots bariolés au Mima dans le cadre de notre expo sur les archives de l’ABC, "The ABC of Porn Cinema".

07.07 > 19:30
Gratis


Film

Sorcerer

William Friedkin, 1977, US, DCP, vo ang st fr, 121'

On avait envie de vous proposer un peu de cinéma d’évasion. Du cinéma d’été un peu grand spectacle, une belle photo, de l’aventure. Alors ce soir, ça sera "Sorcerer" de Friedkin. Pas tout à fait un remake du "Salaire de la peur" de Clouzot (indépassable) mais une autre adaptation du roman de Georges Arnaud. On connaît la malédiction autour du film, du casting, du tournage et sa sortie une semaine après "La Guerre des étoiles" qui n’arrangea rien et le fit passer pour un film d’un autre temps. Mais d’un certain côté, il en inaugure un autre, le temps des films "en forêt" avec une photo de dingue en pellicule, une sorte d’âge d’or, jusqu’en 86 avec "Gorilles dans la brume" et surtout "Mosquito Coast". On aurait aimé vous le passer aussi ce soir mais les Majors n’ayant rien à faire de leur catalogue, c’est chose impossible... c’est frustrant, comme les annonces de 4ème vague et de reconfinement...
"Apocalypse Now", "Southern Comfort", "La forêt d’émeraude", "Greystoke", plusieurs films à la valeur et aux qualités variées mais qui proposent tous une évasion vient le lointain, vers la matrice forestière et qui se passe mal. On y échappe à la société occidentale bétonnée mais rien ne se passe comme prévu. La frustration existait avant les mesures Covid... Chez Friedkin, qui démarre ce bal vert et moite, la photo est effectivement remarquable et le film impressionnant. Il donne une histoire à chacun des quatre personnages principaux avant de les plonger eux et nous dans cette jungle hostile et si belle à l’écran. De la nitroglycérine, des ponts monstrueux, des trombes d’eaux, tout est périlleux, le prix des choses est immense, et comme dans Chance, c’est par camion que le salut est promis.

14.07 > 20:00


En marge de l’exposition sur les archives du cinéma ABC au Mima, nous avons choisi de programmer quelques films issus de la collection et dont des traces sont à voir sur les murs du musée. Ces séances sont à considérer avec un recul critique, comme le sont les documents exposés et mis en contexte dans l’exposition.

Lorsque nous avons présenté des films sortis du fonds ABC dans le passé, c’était toujours avec une réflexion sur ce qu’ils pouvaient véhiculer et avec un effort de contextualisation, bien souvent avec un·e invité·e qui pouvait en parler.
Ces séances ont été assez rares depuis l’acquisition de cette collection, notamment parce qu’il ne nous parait pas évident de montrer ces films et de les accompagner. On nous a d’ailleurs parfois reproché de ne pas en montrer plus souvent et de ne pas "mieux exploiter ce trésor".
Les choix se sont en général portés sur des titres devenus classiques ou sur des films ayant certaines qualités les faisant sortir du lot. Nous avons ainsi, involontairement, contribué à donner une image biaisée de ce qui se trouve dans la collection et à entretenir le mythe d’un porno "vintage" léger et joyeux.

Il nous a paru intéressant, en marge de l’exposition, où l’on cherche notamment à casser cette image, d’organiser quelques séances pour montrer l’archive telle qu’elle est et donner l’occasion de voir ce qui passait tous les jours, de midi à minuit, sur l’écran de l’ABC, sans le filtre nostalgique. Les quatre films présentés ici cet été sont ainsi assez critiquables, chacun à leur manière, et à voir, avec un certain malaise sans doute, sans oublier qu’il s’agit de documents historiques.



Double Bill

Burke & Hare

Vernon Sewell, 1972, GB, 35mm, vo st fr & nl, 91'

Tout comme les autres cinémas pornos, l’ABC proposait, dans les années 70, des films de genre non porno, mais toujours avec une dimension sexuelle qui les excluait des circuits de salles plus conventionnelles. Nous l’illustrons lors de cette soirée consacrée à deux films dont le matériel promotionnel est affiché dans l’expo ABC au MIMA. Vernon Sewell, réalisateur anglais spécialiste du thriller, du film d’horreur dans des productions du type Hammer, livre ici son dernier film. Burke et Hare, pourvoyeurs de cadavres à Édimbourg au XIXe siècle, sont des personnages bien connus outre Manche. Ils ont inspiré nombre de livres ou de films, dont celui-ci qui semble vouloir passer à la postérité en affichant son Zeitgeist, car tout dans ce film hurle 1972. Sa chanson-titre populaire lourdingue, son humour grossier, ses changements de ton, son aspect macabre et sexy que le cinéma permettait depuis peu. Le film insiste donc sur le bordel où traînent les protagonistes et où ils rencontrent de possibles proies. En 2021, tout cela paraît bien sage mais il reste néanmoins amusant d’observer le cabotinage british des acteurs qui en font beaucoup dans leurs faux accents irlandais et écossais, ou l’inénarrable Harry Andrews qui joue le chirurgien avec un patch sur l’œil. Le film est passé au Nova lors d’une nuit du cinéma bis dans sa toute première année ! Un pan peut-être "non essentiel" de l’histoire du cinéma mais qui, vu en pellicule, en double bill et en salle, permettra de remonter dans le temps et de proposer une belle soirée d’été au cinéma !

07.07 > 20:00
6€ / 4€ (soirée / avond)


Franz Josef Gottlieb, 1978, DE, 35mm, vo de st fr & nl, 84'

À la fin des années 70, l’Allemagne produit plusieurs films mêlant le "Heimat film" avec la comédie sexy. C’est poussif et lourdingue mais c’est pas piqué des vers ! Là aussi, toute une époque crie ses limites avec les alpes en arrière plan. Les scénarios sont souvent très proches : un hôtel de Bavière à sauver, de séduisantes suédoises (enfin, des actrices blondes, quoi, par exemple la française Brigitte Lahaie qui joue dans l’un d’eux...) sauvent la mise, les villageois sont ridicules mais sympathiques, il y a une chanson ridicule discoïde et des musiciens traditionnels à la fin. Bien sûr, des poursuites en images accélérés, des combats de nourriture, de l’humour scato, bref, de la lourdeur 70’s. L’aspect sexy est assez maigre, et repose essentiellement sur de la nudité féminine (mais avec des full frontal masculins étonnants !) bien que se mêlant étrangement au comique par des blagues osées qu’on n’oserait plus... "Hurra, die Schwedinnen sind da", est aussi intitulé "Drei Schwedinnen in Tyrol teil 2" et peut être, à ce titre, vu comme une suite. On retrouve d’ailleurs quelques acteurs secondaires dans les différentes productions.
Une Double Bill éprouvante mais qui donne à voir l’autre aspect de ces cinémas interlopes et des curiosités que l’ont pouvait y voir. Les pellicules ont été sans doute beaucoup manipulées et seront dans un état "vintage" pour un vrai voyage dans le temps aux débuts du cinéma ABC.

07.07 > 22:00
6€ / 4€ (soirée / avond)


Après une première Double Bill soft, nous proposons, pour ce double programme, deux films hard du début des années 80. Deux films, somme toute assez banals dans la production européenne de l’époque, mais présents dans le catalogue d’Atlantic Films (la société de distribution de l’exploitant de l’ABC) et dont un élément ou l’autre est à voir dans l’exposition au Mima.
Dans ces deux films, apparaît Catherine Ringer, dont il est de notoriété publique qu’elle fut actrice de porno avant sa carrière de chanteuse au sein des Rita Mitsouko. Des films lambda prennent évidemment un sens particulier lorsqu’y apparaît quelqu’un qu’on "connaît" dans d’autres contextes. Et spécialement quelqu’un qui a eu l’occasion de s’exprimer sur son vécu, après une reconversion réussie malgré les difficultés de se faire accepter, socialement, dans une autre "rôle". Elle soulignait à quel point ces tournages furent dégradants, comme une sorte d’entraînement militaire humiliant et formateur. Bref, une mise en perspective assez directe de ce qui est donné à voir comme sexy et l’est somme toute assez peu.

Il peut paraître paradoxal de montrer des films tout en soulignant leur caractère critiquable. Mais, comme écrit plus haut, nous pensons qu’il est plus juste de présenter, exceptionnellement, ces films, en les mettant en perspective, que de ne pas aborder ce pan de l’histoire et de laisser se construire une vision "romantisée" des films de cette époque, dudit "âge d’or" du porno et de la programmation de l’ABC.
Nous trouvons plus paradoxale l’idée que des séances de ce type passent sans doute plus inaperçues si nous en taisions le caractère glauque et si nous ne soulignions pas, dans notre présentation, comment les tournages pouvaient être mal vécus.
Des soirées "vintage porno" s’amusant d’un cinéma kitsch sans rien en dire, sur fond de DJ-set de musique seventies, nous paraissent autrement plus problématiques.

Connaître le point de vue d’une actrice sur son vécu crée certes un malaise, mais le malaise nous paraît dans une certaine mesure nécessaire pour ne pas gommer cette dimension en racontant cette histoire et ne pas oublier que c’est sans doute une expérience partagée par beaucoup d’anonymes n’ayant jamais eu l’occasion d’en parler publiquement, voire par des personnalités plus connues ayant fuit le métier.

Une projection de ce type au Nova restera exceptionnelle, et à voir comme un petit aperçu d’une archive au contenu délicat, à aborder, certainement, avec un regard critique.

Nous nous excusons par ailleurs de la première annonce de cette soirée. Sa maladresse et le manque d’explication sur notre démarche pouvait laisser penser à une intention racoleuse exploitant le nom d’une personnalité apparaissant dans ces films. Notre volonté n’était pas de proposer de contenter un voyeurisme par rapport à cette actrice, mais de la citer puisqu’elle a eu, en tant que personnage public, l’occasion de s’exprimer sur son expérience et d’offrir un regard critique de première main sur ces films.

· 20:00 :

+ Marathon Love [aka "The Porno Race"]

Andrei Feher alias Andrew White, 1985, SE, 35mm, vo fr , 90'

Étonnante compétition sportive avec Catherine Ringer en maîtresse de cérémonie enjouée.

· 22:00 :

+ Angela et ses amies [aka "Quella porcacciona di mia moglie", aka "Sexual Penetrations", aka "Teenager Emmanuelle", aka "Emy la minorenne dell’Hostess Club"]

Lorenzo Onorati, 1981, IT, 35mm, vo fr ,

La bande-annonce est à découvrir dans l’installation de Gogolplex au Mima.

16.07 > 20:00
6€ / 4€


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