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Cartographie et territoires

Des cartes géographiques du Moyen Âge à l’imagerie de Google Earth, chaque outil de représentation du monde impose une conception des usages de la terre. L’instrument précède le regard, il implique des formes de récits, alimente un imaginaire, et ceux-ci conduisent à des façons d’être au monde. Notre époque troublée exige ainsi de nous questionner sur les manières de documenter les alliances, les conflits et les bifurcations pouvant déboucher sur de nouveaux modes de perception.
Par les régimes d’attention qu’il suggère et cultive, par les conceptions de l’image et techniques qu’il mobilise, le cinéma documentaire est un instrument crucial dans la grande entreprise en cours de documentation des « zones critiques » où interagissent les vivants, les activités humaines et leurs ressources.
Pour ces quatre journées, le CVB et le GSARA proposent d’envisager le cinéma du réel comme un type d’enquête orienté par quatre pôles : Espaces, Contaminations, Cohabitations et Potentialités. Rencontres avec chercheurs.euses et réalisateurs.trices, conférences et projections alterneront chaque jour autour de ces axes thématiques afin de cerner au mieux ce que c’est que "composer avec les vivants".

Ce cycle constitue le cinquième opus de la résidence Conversation mise en place par le CVB et le GSARA et s’inscrit dans le cadre du Festival En Ville !



Le SOC se concentre sur de longues enquêtes issues de pratiques de terrain, en impliquant un réseau d’acteurs de différentes disciplines. Son objectif est de favoriser les échanges entre les arts, les sciences et l’architecture. À partir du manuel de cartographies potentielles "Terra Forma" (réalisé en collaboration avec Frédérique Aït-Touati aux éditions B42), cette séance propose de découvrir autrement notre Terre et offre un manifeste pour la fondation d’un nouvel imaginaire géographique et politique. Alexandra Arènes et Axelle Grégoire nous présentent leurs expériences de cartographies alternatives dans lesquelles l’intérieur se trouve projeté à l’extérieur, et où nos habitudes de nous repérer par rapport à notre "point de vue" sont déstabilisées par le repérage de divers "points de vie".

17.12 > 18:00
Gratis


Isabelle Tollenaere, Liesbeth Deceulaer & Sofie Benoot, 2019, BE, HD, vo , 71'

Dans le désert de la Californie du Sud se trouve une ville qui n’a jamais été achevée : California City. Élaborée dans les moindres détails, cette ville était censée être aussi grande que Los Angeles, mais elle est aujourd’hui déserte, inachevée et poussiéreuse. C’est un territoire propice aux plus grands rêves, aux personnes qui sont en quête d’une vie nouvelle et meilleure. Lashay T. Warren est l’une d’entre elles. Il a fui un passé tumultueux à L.A. pour prendre un nouveau départ... dans cette zone de rues désertes. Avec finesse mais aussi avec humour, il nous décrit son nouvel environnement. Il est toujours à la recherche d’un moyen d’échapper au passé et tente de se réinventer sans cesse, tout comme la ville qui sortira peut-être un jour de terre. "Victoria" est une promenade visuelle où la réalité et l’imaginaire se rencontrent et durant laquelle Lashay T. Warren, tel un pionnier contemporain, trace son propre chemin et laisse sa marque.

Projection suivie d’une rencontre avec les réalisatrices.

17.12 > 21:00
6€ / 4€


Conférence

Brouillards toxiques

Alexis Zimmer

Le biologiste et philosophe des sciences Alexis Zimmer s’intéresse aux processus de contamination des corps et des paysages dans le contexte de l’Europe industrialisée. A la frontière entre histoire environnementale et sanitaire, il met en scène, comme dans son ouvrage "Brouillards toxiques. Vallée de la Meuse, 1930. Contre-enquête" (Zones sensibles, 2016), des acteurs aussi divers que le charbon, des "experts" des nuages toxiques, ainsi que les hommes et les bêtes qui en sont les victimes. Cette approche narrative de l’essai rend sensible au surgissement d’images, de discours instrumentalisés, de résistances et de savoirs populaires. Un passé dont nous sommes plus que jamais les dépositaires.

18.12 > 19:00
Gratis


Chloé Malcotti, 2020, BE, HD, vo st fr, 72'

En 1913, l’entreprise Solvay installe en Italie, à Rosignano (qui deviendra quelques années plus tard Rosignano-Solvay) une usine de bicarbonate de soude. Pendant plus de 100 ans, les activités de la production de ce produit ont marqué, transformé, affecté les corps humains et non humains, les dunes, le sable, les nappes phréatiques, et les esprits des habitants. Au fur et à mesure des années, elles ont recouvert le lieu et ses habitants par une étrange couleur, intensément blanche, stérilisante, corrosive, oxydante et blanchissante. Aujourd’hui, nous voyons les traces et les empreintes de son action, sur tout le territoire.

18.12 > 21:00
6€ / 4€


Conférence

Les formes de vie

Marielle Macé

Depuis son ouvrage "Styles. Critique de nos formes de vie" (Gallimard, 2016), Marielle Macé invite à la construction critique d’une stylistique de l’existence. Cette démarche suppose de décrire, qualifier et considérer les formes de vie, pour définir ce à quoi l’on tient et ce qu’il faut défendre. Avec cette approche, le cinéma documentaire peut être perçu comme un précieux inventaire des formes de vie, comme un dispositif de mise en scène des cohabitations. Pour Marielle Macé, le cinéma documentaire serait ainsi le « plus contemporain des arts contemporains » « parce qu’il vise le présent, un présent vibrant d’histoires, de traces, d’anticipations et d’imaginations ».

19.12 > 17:00
Gratis


Matthieu Dupperex, ,

Le chercheur et artiste Matthieu Duperrex pratique l’art de l’enquête avec une attention soutenue pour les entrelacs des vivants, dans des paysages où se trament des enjeux écologiques, industriels et politiques, humains et non humains. Cette étude des territoires suppose la mise en relief de « voix » hétéroclites qu’il convient de traduire par un travail sur les formes de narration. C’est ainsi que dans son ouvrage « Voyages en sol incertain. Enquête dans les deltas du Rhône et du Mississippi » (Wildproject, 2019), Matthieu Duperrex a écrit 31 récits placés sous le signe d’autant d’espèces animales et végétales, dans le but de proposer une manière de rendre compte de nos milieux de vie problématiques.

19.12 > 19:00
Gratis


Lois Patino, 2020, ES, HD, vo st ang, 84'

Le temps semble s’être arrêté dans un village de la côte galicienne. La nature et les animaux s’épanouissent librement. Les humains semblent paralysés, même si nous pouvons encore entendre leur voix : ils parlent de fantômes, de sorcières, de monstres. Trois femmes apparaissent, elles tentent de retrouver Rubio, un marin qui a récemment disparu dans la mer. Après son premier long métrage "Coast of Death", qui travaillait l’identité du territoire par son histoire, Lois Patino signe un film dans la continuité de son travail sur le paysage galicien, en le peuplant d’une série de mythes surgissant de l’océan.

Suivi d’une rencontre avec le réalisateur.

19.12 > 21:00
6€ / 4€


Conférence

Puissance du végétal et cinéma animiste

La vitalité révélée par la technique

Teresa Castro, ,

Teresa Castro (Université Sorbonne Nouvelle, Paris 3) s’est longtemps intéressée à la "pensée cartographique des images", soit aux atlas, vues aériennes et panoramas qui se donnent pour ambition de traduire une représentation du monde. Cet intérêt pour les formes filmiques de l’espace l’amène également à questionner la notion de "cinéma animiste", qui serait un cinéma attentif à "animer" des éléments (paysages, animaux et plantes) autrement considérés comme de simples éléments de décor. Elle a ainsi codirigé l’ouvrage "Puissance du végétal et cinéma animiste – La vitalité révélée par la technique" (les presses du réel, 2020) dans lequel les plantes sont envisagées comme des sujets cinématographiques à haute potentialité vitaliste.

20.12 > 17:00
Gratis


Conférence

Pour une "polyphonie rythmique des échanges"

Potentialités de l’enregistrement de terrain

Alexandre Galand, ,

Notre époque serait confrontée à une « catastrophe de la résonance », où les choses, êtres et paysages seraient rendus muets suite à l’atrophie de nos attentions, imaginaires et dispositions à considérer l’altérité. Des pratiques aident à revivifier ce rapport au monde. Par l’entraînement de l’écoute qu’il suppose, l’enregistrement de terrain rend en effet sensible à toute une série de présences, mais aussi à des relations, des échanges et des conflits. Depuis la publication d’un ouvrage de synthèse à propos de la pratique du field recording, Alexandre Galand s’interroge sur l’apport de l’écoute et de l’enregistrement dans les « ruines du capitalisme ». Son exposé sera agrémenté de diffusions d’extraits sonores.

20.12 > 19:00
Gratis


Elise Florenty & Marcel Türkowsky, 2019, BE-FR, HD, vo st fr, 40'

Un jeune Athénien exilé sur l’île aride et militarisée de Lemnos se retrouve au cœur de deux complots tragiques qui hantent le territoire : l’un du passé – la trahison de l’Argonaute Filoktitis, l’autre du futur – la guerre dystopique du jeu vidéo Altis.

+ Conversation with a Cactus

Elise Florenty & Marcel Türkowsky, 2017, BE-FR, HD, vo st fr, 45'

Mei, une tokyoïte de 30 ans, vient d’envoyer une lettre à son ami Toshi qui vit à Hambourg. Elle lui parle de haïkus, de souvenirs étranges de leur enfance et des dernières nuits d’été suffocantes où la fièvre dengue menace. Elle lui raconte aussi son dernier rêve, empreint d’une atmosphère de complot d’Etat, qui l’a conduite sur les traces du couple légendaire Hashimoto et de leur curieuse expérience : communiquer avec un cactus, via un détecteur de mensonge, afin qu’il devienne un éventuel témoin de crimes futurs.

20.12 > 21:00


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