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Capture d’écrans

“Netflix and chill” est sans doute l’expression à la mode la plus glaçante : elle nous rappelle que le cinéma migre de la salle vers l’écran d’ordinateur. Certains films proposent une drôle de résistance à ce mouvement en imaginant de faire l’extrême inverse : déployer sur le grand écran les interfaces du PC et les vidéos de YouTube. Depuis plus de dix ans, des artistes réutilisent ce flux numérique ininterrompu d’images pour questionner nos usages et exposer de nouveaux points de vue sur le XXIème siècle. La pratique prend de l’ampleur : il était temps que nous nous y intéressions. Nous planifions une vaste programmation en septembre-octobre 2021 sur ces films qui piochent leurs images sur Internet et recréent les interfaces numériques. Elle sera accompagnée – c’est une première au Nova ! - de la publication d’un livre collectif aux éditions Yellow Now. En apéritif, nous organisons deux jours de rencontres pour faire émerger avec vous les questions que posent ce cinéma si particulier. Au-delà de rencontres où se croiseront des spécialistes de tous horizons, se succéderont des séances de courts-métrages en forme de panorama et deux long-métrages, le tout avec pas moins de deux avant-première mondiales et plusieurs premières belges.

En collaboration avec le Cineclub de l’Insas



Les courts-métrages de cette séance ont un point commun : ils mettent à jour ce que certaines images en ligne tentent de cacher. Par exemple, ces femmes qui se filment en train de nettoyer avec enthousiasme leur intérieur dans “Clean with Me (After Dark)” : sont-elles si heureuses de leur condition ? Pour le reste de la séance, les films nous proposeront de voir : le consumérisme par le biais d’une séance d’ASMR sur cuisse de poulet, notre soif de catastrophe encapsulée dans les caméras de surveillance, un enfant syrien blessé combler le besoin d’icône des médias, le droit à l’image d’un viking technophile ou encore la société de contrôle que prépare Google Street-View. Pour terminer, Emmanuel van der Auwera mêlera tous les types d’images connectées, pour poser un regard panoptique sur la mort d’un chien policier, et constater qu’on n’y voit rien.

+ Love Goes Through the Stomach

Neozoon, 2017, HD, st fr, 15'

+ Technoviking // 20 Years

Matthias Fritsch, 2019, HD, , 5'

+ Nunca é noite no mapa

Ernesto de Carvalho, 2016, BR|BRéSIL, , 6'

+ Humanité année zéro

Florence Gatineau-Saillant Bex, 2013, FR|FRANCE, , 6'

+ Cinépoème#43

Justine Dely, 2017, video, , 6'

+ Clean with Me (After Dark)

Gabrielle Stemmer, 2019, FR|FRANCE, DCP, , 21'

+ Bodycam

Stéphane Myczkowski, 2017, FR|FRANCE, DCP, , 17'

+ The Death of K9 Cigo

Emmanuel Van der Auwera, 2019, BE|BELGIQUE, video, , 23'

11.12 > 14:00
6€ / 4€


Au-delà des questions habituelles que posent tous les films de réemploi, les films qui réutilisent des images prises sur Internet et des interfaces numériques font face à des problèmes qui leur sont spécifiques : Internet est une zone de flou, autant en ce qui concerne l’extraction de données que le droit d’auteur, ou le caractère public de ce qui est publié. Productrice, juriste, historien et cinéastes discutent ensemble pour identifier les questions concrètes que se posent, ou que devraient se poser, les différentes personnes impliquées dans la fabrication de tels films.

Invités : Nicolas Bailleul (cinéaste, réalisateur du film “Les Survivants”), André Gunthert (maître de conférence à l’EHESS), Gaëlle Jones (productrice chez Perspective Films), Denis Parrot (cinéaste et monteur, réalisateur du film “Coming Out”) et Tanguy Roosen (directeur juridique de la Scam-SACD)

11.12 > 16:00
Gratis


Dominic Gagnon, 2020, CA, HD, vo ang st fr, 74'

Jeune français expatrié en Chine, Georges aime taquiner sa terre d’accueil. À mi-chemin entre Mister Bean et Pierre Richard, il s’exerce au coussin péteur en pleine rue, balade sa longue silhouette aux inaugurations de Fast Food ou se déguise en musicien de fanfare occidentale. Créateur de la chaîne Youtube "China Non Stop", Georges partage ses impressions et ses conseils de consommation au rythme d’une vidéo par jour. Mais, plus le temps passe, plus Georges a l’impression que les chinois le cantonnent au rôle du grand singe blanc. Sa culture française reprend le dessus alors qu’il jette le peuple chinois dans les catacombes de son estime, jusqu’à ce que l’administration lui rende son désamour...
Dominic Gagnon clôt avec ce film sa cartographie personnelle du partage de vidéo, entamée il y a dix ans par l’Ouest ("R.I.P in Pieces America" entre autre) et continuée par le Nord ("of the North") et le Sud ("Going South"). Pour l’Est, il s’attache autant à la France qu’à la Chine et, en remontant les vidéos de "China Non Stop", propose un double portrait : celui d’un français bousculé par un violent choc culturel et celui d’un pays qui trace, cote et classe ses habitants.

En présence de Georges et de Dominic Gagnon par visioconférence

11.12 > 20:00
6€ / 4€


Film + rencontre

Les survivants + Labo

Nicolas Bailleul, 2018, FR, HD, vo st fr, 27'

Après la projection de son film "Les Survivants", où il rencontre et discute avec des joueurs à l’intérieur du jeu en ligne "Public Unknown Battleground", Nicolas Bailleul propose de nous ouvrir son laboratoire. Sur sa table de travail se mêlent ses travaux passés - allant d’un casting sur Chat Roulette à une performance sur Twitch -, son projet de film “dehors en ligne” - qui a pour point de départ une rencontre faite dans "Les Survivants" - et sa recherche universitaire sur la chambre comme lieu de consommation et de création. Entre ses disques durs remplis de captures d’écran et ses carnets de note, il nous donnera à voir le processus créatif, de l’errance sur la toile à la construction d’un récit.

12.12 > 10:00


Compilation

Hijacking meme

Pour cette séance, le cinéma s’empare de nos pratiques quotidiennes ou virales d’Internet. Nos apéros skype du confinement deviennent un mariage virtuel, les adolescents qui se filment en train de réagir à une vidéo violente finissent par composer un polar du hors-champ, les caméras de surveillance sont transférées sur pellicule 35mm, pour une expérience contemplative, et les nombreuses images de martyrs syriens se transforment en une tragédie grecque. Comme un ultime pied-de-nez, Emilie Brout et Maxime Marion remettent en scène les séquences marquantes de l’Histoire du cinéma dans Google Earth. Entre hacking et détournement situationniste, le cinéma joue avec le réseau pour mieux le mettre à distance.

+ Elements

Dariusz Kowalski, 2005, 35mm, , 8'

+ Google Earth Movie

Emilie Brout & Maxime Marion, FR|FRANCE, , 5'

+ Achille n’est pas mort

Tessa Namias, 2016, BE|BELGIQUE, video, , 8'

+ Et de l’herbe, et des fleurs, et de l’eau

Joseph Minster & Clement Schneider, FR|FRANCE, , 35'

+ A Certain Amount of Clarity

Emmanuel Van der Auwera, 2014, BE|BELGIQUE, , 29'

+ Images d’un volcan

Alice Godart, 2019, BE, HD, vo fr , 10'

12.12 > 14:00
6€ / 4€


Internet a popularisé des modèles esthétiques : talking heads devant la webcam, caméra grand angle attachée sur la tête, point de vue surplombant de la caméra de surveillance ou encore superpositions d’images et de textes. Cette nouvelle rhétorique audiovisuelle limite autant qu’elle ouvre de nouvelles perspectives : comment la mise en scène cinématographique s’empare-t-elle de ces nouvelles figures de style ?

Invités : Emmanuel van der Auwera (artiste, réalisateur de plusieurs films à partir d’images tirées d’Internet), Joseph Minster (cinéaste, réalisateur de “Et de l’herbe, et des fleurs, et de l’eau”), Frédéric Fichefet (monteur, professeur encadrant un exercice de found footage numérique sur la Syrie), Alice Godart (monteuse, réalisatrice de “Images d’un volcan”) et Paul Sztulman (Historien de l’Art)

12.12 > 16:00
Gratis


Eleonore Weber, 2020, FR, HD, vo st ang, 75'

Il n’y aura dans ce film que les images que les armées américaine ou française enregistrent depuis leurs hélicoptères à l’aide d’une caméra infrarouge, plutôt faite pour viser que pour filmer. Comment distinguer ce que l’œil perçoit à travers un viseur de ce qu’il perçoit sans ? Comment habituer son œil à voir à travers une caméra qui défie la nuit ?
Éléonore Weber nous emmène dans ces images récupérées en compagnie de Pierre V, pilote d’hélicoptère de l’armée française. Ensemble, ils les décortiquent. Pierre les justifie parfois, ou les condamne de temps en temps. Il résume en disant : « la guerre pourrait être racontée intégralement dans l’œil du viseur, rien ne manquerait (…) mais ce serait faux ». A la manière de Farocki, Eleonore Weber signe ici un film important à l’heure où les flux numériques servent aussi, et peut-être même avant tout, à faire la guerre.

En présence d’Éléonore Weber

12.12 > 20:00
6€ / 4€


DJ set

DJ Alg0

DJ Alg0

Si le Covid est clément et les décrets gouvernementaux encourageants, nous nous permettrons d’esquisser quelques pas de danse pour clôturer ces deux jours de rencontre. L’algorithme de YouTube prend les platines pour la soirée : on tire une musique de départ au hasard, et on laisse le site de partage de vidéos choisir la suite. Entre hits mondiaux et bizarreries de la lecture automatique, les GAFAM mettent l’ambiance.

12.12 > 23:00


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