+ Le monde du schizophrène
"Comment imaginer le monde dans lequel le schizophrène se meut…" Avec ce préambule, nous sommes invités dès les premières secondes à entrer dans un monde étrange où la métaphore symbolique emprunte au surréalisme des motifs convoqués par mille et un trucages visuels et sonores. Avec ce premier grand succès de la cinémathèque Sandoz, Duvivier élabore un style qui lui permet de côtoyer l’avant-garde cinématographique.
+ Concerto mécanique pour la folie ou la Folle mécamorphose
Un couple (Jacques Higelin et Dominique Grange) se retrouve au prise d’une machinerie totalement aliénante qui commence, ironie de notre présent, par la rencontre avec un téléphone géant. Pour produire ce petit bijou étincelant d’ingénierie mécanique et de sonorité postmoderne, Eric Duvivier collabore avec l’artiste Erró (Ferro au générique) initiateur du mouvement de la figuration narrative.
+ L’ordre
"Ne me regarde pas dans les yeux parce qu’on l’attrape par le regard". Raimondakis, avocat érudit, porte-parole des lépreux confinés pendant 50 ans sur l’île de Spinalongas s’adresse à nous et dénonce les mesures d’exclusion que notre société a prises contre les lépreux des siècles durant. Qui sont les monstres ? Les malades, les lépreux, les déformés ? Ou bien la société des gens sains qui met en place la ségrégation sociale pour se protéger de la maladie ? Au fil du récit, les yeux aveugles de Raimondakis nous fixent et deviennent le miroir qui reflète notre propre monstruosité. Personne ne sortira indemne de la projection de "L’ordre", film radical qui attira les foudres du corps médical et remis en cause l’existence même de la cinémathèque Sandoz. Ce film questionne la santé totalitaire et résonne étrangement avec notre actualité.
"L’ordre" sera projeté à nouveau le 16 octobre avec un autre film de Jean-Daniel Pollet "Le Horla".