Dès le premier jour du confinement, jusqu’au 7 juin, les habitants des vastes ateliers autogérés de La Senne, organisèrent chaque soir à 20h un concert différent à la frontière de leur garage, égayant leur rue le temps d’un morceau unique. Une manière festive de résister à l’ambiance mortifère qui s’était abattue alors sur la moitié de l’humanité. Un pied de nez aussi à la galère qui reprendra dès septembre, celle de retrouver un nouvel espace de liberté, la convention d’occupation précaire actuelle touchant à sa fin. Le cycle reprend ainsi, 8 ans après une autre fin d’occupation d’un bâtiment le long du canal, La Compilothèque dont l’association de même nom a continué avec La Senne ses activités axées principalement à l’organisation de concerts, et autres résidences d’artistes, transformant rapidement ces anciens ateliers qui fabriquaient des meubles, en l’un des épicentres de la scène alternative bruxelloise. Pour la petite histoire, c’est aussi de la première éviction/renaissance qu’est né le Carnaval Sauvage de Bruxelles, avec qui le Nova a encore collaboré début 2020, et qui s’est fait aussi entendre dans les rues de Bruxelles confinée… Que la fête continue !
ps : les 77 concerts "minute" de La Senne sont visibles sur TV Senne
ACCÈS : 80 rue de la Senne - Tram 51, 82 + Bus 46 / arrêt porte d’Anderlecht
- 19:00 : Ouverture porte > bar, table d’hôtes végétarienne
- 20:00 : Concert > Le Renard
- 21:30 : Présentation de La Senne
- 22:00 : Projections > "Attendre ou provoquer" & "Homo Sapiens"
+ Le Renard
Duo tout droit sorti des bois de la scène alternative strasbourgeoise, Le Renard nous chante sa fête de la bière pour les morts, une procession pour des poupées télécommandées, un chant à l’amour par la taxidermie et les entrées de tunnel au ralenti.
+ Attendre ou provoquer
A partir du texte "Chroniques du Pied de biche / Quelques éclats de vie par effraction ", une lettre filmée relate l’expérience d’une quinzaine d’années de vie collective en squats, en un vade-mecum auto-critique et offensif.
+ Homo Sapiens
A quoi ressemblerait la planète Terre après la disparition de l’espèce humaine ? C’est ce que la caméra de Nikolaus Geyrhalter dans "Homo Sapiens" capte imperturbablement en parcourant les innombrables lieux laissés à l’abandon de par le monde. Un documentaire d’anticipation post-apocalyptique, radical dans sa forme comme dans son propos. Composé exclusivement de plans-séquences fixes, d’une beauté plastique subjuguante, aux émotions ambivalentes tant se dégage de chaque plan la sombre catastrophe à venir, notre mort futur, mais aussi la réjouissance de voir la nature sauvage reprendre ses droits sur les ruines de notre civilisation dévastatrice. Un film contemplatif sans artifices dont on ne ressort pas indemne, ou alors stimulé à l’instar des habitants de la Senne qui y voient aussi "des images de bâtiments et espaces vides à investir, à fantasmer, c’est bien ce qui nous fait rêver en ce moment."