C’est grâce à la volonté et à l’énergie de Marcos Uzal (associé au début à Fabrice Revault) qu’a pu renaître, en 2006, sous le titre Côté films, l’anthologie du cinéma film par film initiée en 1988 par Patrick Leboutte. Après un premier essai sur Vaudou de Jacques Tourneur (Côté films n°3, 2006), il travaille actuellement – quand ses activités de critique de cinéma au quotidien Libération et de programmateur au musée d’Orsay, lui en laissent le loisir – à la rédaction d’un ouvrage sur la trilogie de Bill Douglas dont il nous présente ici les deux premiers volets. Bill Douglas fait partie de ces cinéastes que l’histoire n’a pas retenu. Les difficultés qu’il a rencontrées pour tourner expliquent pourquoi sa filmographie ne comporte que 4 moyens et longs métrages, accompagnés de quelques courts métrages.
Bill Douglas naît en 1934 à Newcraighall en Ecosse, un petit village touché de plein fouet par la crise minière. De son enfance marquée par le labeur et la pauvreté, il tirera la matière pour sa Trilogie, véritable joyaux cinématographique à des années lumières du cinéma britannique contemporain.
+ My Childhood
En 1945, dans un village minier d’Ecosse, un garçon de 8 ans vit avec sa grand-mère et son frère. Passant le plus clair de son temps seul, il noue une amitié forte avec un militaire allemand retenu prisonnier dans un camp. Mais le soldat doit bientôt quitter le village. Cet épisode relate la première étape de la vie d’enfant de Bill Douglas, organisée autour de sa grand-mère maternelle.
+ My Ain Folk
A la mort de leur grand-mère, les deux frères sont séparés de force. Tommy, le plus âgé, est emmené à l’orphelinat. Démarre alors cette seconde période de l’enfance du cinéaste, où Jamie est recueilli par sa grand-mère paternelle et son oncle. Il continue de vivre dans la solitude, subit la violence et le rejet des adultes. Un regard d’enfant sur le monde, où tout est sensations et immédiateté, filmé avec la conscience du cinéaste adulte.