Tout commence dans une cuisine. Prise de vertiges pastoraux, la bouche pluvieuse, une jeune femme tente de préparer un repas... "J’avais pensé à quelque chose comme une fricassée de tripes en sauce blanche ou une joyeuse marinade de fleurs sauvages aux champignons cuite... à l’étouffée ou à sec… suivant les humeurs du soir. (…) Je suis restée un long moment stoïque, les bras ballants, à rêvasser... le frigidaire ouvert. Jusqu’au moment où les paysages de ton corps ont fait irruption dans ma rêverie." L’eau déborde, les pamplemousses éclaboussent, les coquilles d’œufs craquent, une montagne de farine vole en éclat, l’inassouvissement exprimé tel un live païen, où les mots écrits avec le ventre et les tripes, parlent d’appétit, un appétit des corps – des flâneries - des plaisirs et des paysages…
CABANE.MURMURE est un rugissement. Une forme entre deux âges - entre deux sexes - entre deux rives - qui brouille les pistes et erre sans jamais vraiment chercher à se fixer. Ici on fait du sexe comme les enfants jouent à chat. Tout se mélange, on ne sait plus ce qui est à qui, combien de mains baladeuses et qui est dans qui… CABANE.MURMURE ce sont les textes érotiques d’Olga Mathey qu’elle énonce sur une nappe sonore électro-bruitée, toute en vents et marées, en écumes et remous interprétée par Frédéric Becker et Anne Collet. Ensemble ils créent des paysages sonores et anatomiques qui font rougir le silence.