Dès la fin des années 60, comme en France, des chanteurs et des musiciens se lancent dans une réappropriation du répertoire et des pratiques du folklore musical wallon. Des groupes naissent et les stages d’apprentissage se multiplient. Il est autant touchant que cocasse de voir comment les années ‘70 redécouvraient ces musiques traditionnelles avec passion et parfois, beaucoup d’à peu près.
La RTB (assez décentralisée) à cette époque) produit alors des émissions de radio régulières provenant de chaque centre (Bruxelles, Namur, Liège, Mons, Luxembourg…), des retransmissions de concerts, mais aussi des productions télévisuelles comme ce film de 90 min sur pellicule, sans commentaires, qui laisse le temps au téléspectateur de s’immerger dans un sujet sans s’y noyer. S’ensuit évidemment un peu de confusion mais toujours est-il que nous verrons ici Henry Schmidt, l’un des dernier violoneux ardennais, dans une mise en scène le faisant voyager de chez lui à un festival lui rendant hommage.
On y retrouve Claude Flagel, la manivelle de sa vielle dans le creux de la main, dirigeant un ensemble hétéroclite d’épinettes, violons, vielles, tandis que dansent un peu n’importe comment, de jeunes branchés aux looks revenus de nos jours à la mode…
C’est aussi la découverte de jeux de villages, dont un génial jeu de quilles avec boules asymétriques, de chansons wallonnes ou picardes du cru, de revivalistes qui vivent en communauté et animent les processions traditionnelles, une présentation par Jean-Pierre Van Hees de la cornemuse wallonne, etc.
La dernière partie du film se concentre sur "Le Temps des cerises ", première édition des trois festivals de ce nom à l’abbaye de Floreffe. On y croise Aguigui Mouna, l’inénarrable parigo-annecien en harangueur tous azimuts, Julos Beaucarne sur la scène, de bien étranges approches de l’épinette, moult groupes folks wallons et même un trio vocal flamand qui déboîte.
En présence de Bernard Gillain