+ Bernard
Le décor est très simple, une grande planche inclinée vers le public, une chaise en bois et Bernard seul sur scène avec son casque et sa moto-bécane pour uniques accessoires. Pendant 11 ans, Alain le filme juste avant et après sa montée sur scène, captant sa mutation en Victor et ce terrible trac, son meilleur ennemi depuis toujours. Nous ne verrons rien de cette pièce mis à part lorsque Bernard se transforme pour la caméra de Cavalier en ce motard picard qu’il interprète si bien. Acteur dans "Le Plein de super", ils connaissent tous deux très bien cette étrange relation entre le filmeur et le filmé. Pleins de malice et de complicité, ils partagent un humour et une passion pour les histoires. Malgré une période compliquée qui a forcé Bernard et Catherine à hypothéquer leur maison, le dernier spectacle qu’il a écrit est un franc succès. Les théâtres sont de plus en plus grands, de plus en plus pleins. Alain Cavalier le suit dans ce tour de France et reste fidèle au rendez-vous qu’il s’est fixé avec son acteur.
+ 6.Léon
Léon Maghazadjan, cordonnier dans le XVIe arrondissement de Paris, arrive à l’âge fatidique de la retraite et se doit de faire tomber le rideau, définitivement. Alain Cavalier, qui habite non loin de sa boutique, sent arriver le jour qui peinera tout le quartier et décide de filmer le dernier épisode de la longue carrière de Léon. Une petite communauté, composée de fidèles clients et de gens du coin, se forme alors autour de son départ. Muni d’une petite caméra numérique, Alain Cavalier filme tout, commente parfois. Il dresse le portrait d’un homme bienveillant, sensible, dont la fonction dans le quartier aura été bien plus que de réparer des chaussures. La boutique devient alors le théâtre dans lequel se joue la fin de toute une époque. Celle du XXe siècle d’abord (le film a été tourné en 2006), celle de l’artisanat ensuite (et du bon sens qui consistait à donner une deuxième vie à une paire de chaussures, deuxième vie à laquelle notre planète n’aura pas droit), et puis enfin, et surtout, celle des petits commerçants, qui avaient la force d’amener les habitants d’un même quartier à se côtoyer, tout simplement.