+ Guillaume
Guillaume Delcourt, chef boulanger, décide de quitter sa boutique parisienne pour ouvrir une nouvelle boulangerie-pâtisserie à Rueil-Malmaison, dans les Hauts-de-Seine. Cet événement passionne Alain Cavalier, une forte complicité s’établit en dépit de la différence d’âge entre les deux hommes. On suit les différents préparatifs, de l’aube à la nuit, qui jalonnent désormais la vie de Guillaume jusqu’au grand jour, celui de l’ouverture. Ce qui semble intéresser le cinéaste, c’est l’énergie débordante que Guillaume déploie pour porter son projet jusqu’au bout, son incessant talent de bâtisseur et d’alchimiste, qu’il s’attelle aux pâtisseries ou qu’il construise son espace et rêve son avenir. Petit à petit, les choses se mettent en place, de nouvelles habitudes se créent, et une nouvelle vie peut commencer. Grâce à son regard qu’il dit "en constante alerte cinématographique", Cavalier nous plonge dans le quotidien plein de beauté d’une famille, qui traverse un épisode unique et précieux de son histoire.
+ Philippe
"Philippe", c’est Labro. Le journaliste, l’écrivain, l’homme des médias. Cavalier dresse ici le portrait d’un portraitiste. Labro dont la silhouette évoque celle du réalisateur, est filmé alors qu’il prépare son émission de télévision où il s’entretient longuement avec une série de personnalités que l’actualité lui amène sur le plateau. Les méthodes des deux hommes sont diamétralement opposées : "Philippe" travaille ses questions et ses fiches, dirige son équipe d’une main de maître paternaliste, et répète ses interviews dont on ne verra que quelques éclats, qui font la saveur de ce portrait. Quand des bouts de plâtre tombent, lorsque les murs se lézardent… Quelques coups de téléphone viennent parler de fragilités cachées. L’une des vedettes reçues les émeut. Une autre les empêche, à trop jouer son rôle, et "Philippe" est enfin déconcerté… Quand Cavalier retourne filmer Labro quelques années plus tard, ils ont vieillis. La maîtrise s’effiloche, reste la nostalgie des premières œuvres, la tentative de continuer à faire comme avant, des photos sur les murs. Et les livres...
En présence d’Emmanuel Manzano, monteur des Portraits XL