En 2003, Gus Van Sant s’inspire d’ "Elephant" d’Alan Clarke, projeté en deuxième partie de soirée, pour réaliser un film autour de la tuerie du lycée de Columbine. Outre le titre d’Alan Clarke, Van Sant se saisit de l’esthétique du film, faite de travelling accompagnant les personnages et de boucles temporelles. C’est que le but de Van Sant est le même que celui de Clarke : comprendre cet "éléphant dans notre salon", selon l’expression anglaise, c’est à dire dévoiler les soubassements sociologiques d’un problème que personne ne veut voir, aussi gros soit-il, qu’il s’agisse du conflit nord-irlandais dans un cas, ou du malaise contemporain des adolescents américains dans l’autre. Comme les commentateurs de faits divers, Van Sant égrène les possibles explications : famille démissionnaire, environnement hostile du lycée ou encore… le jeu vidéo, évoqué également par son traitement de l’image inspiré des jeux en first person shooter. Mais aucune explication ne suffit : quelque chose, dans cette soudaine violence, résiste. Rien n’obéit à une chaîne causale simple. Comment alors mettre à jour un système qui fonctionne comme une algorithme complexe insaisissable ? Ici, Van Sant touche aussi le jeu vidéo, au-delà de son évocation : tourner inlassablement en rond dans un monde pour en comprendre les règles sous-jacentes, et pouvoir enfin régler son compte au boss de fin : l’Elephant.
Réalisation
Année
2003
Pays
États-Unis
Format
35mm
Version originale
Sous-titrage
fr
Durée
81 min.
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Séances
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05.05.2019
> 19:00
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6€ / 4€
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