prog: 2334
squelettes/rubrique-3.html

Moussem Cities : Damascus

Damascus Skies / Damascus Underground

سماوات دمشق / دمشق تحت الأرض

Damas. Dimashq. Sham. Damascus. Damast. Une ville, des noms, des images, des films, des imaginaires. On dit qu’elle est une des plus anciennes villes de l’humanité, qu’il en existe 27 autres enfouies sous la ville d’aujourd’hui. Antique et belle, à la fois fantasmée et sainte, la capitale de la Syrie est aussi le bastion du régime, une ville grise, polluée, et surpeuplée. Une ville en guerre. Fascinante, ambiguë, et terrifiante, à force d’expositions médiatiques, elle est aujourd’hui presque figée dans l’imaginaire du drame syrien, ensevelie sous les images de destructions qui repassent en boucle dans les journaux télévisés. Alors cette programmation sous le signe du Moussem Cites, cherche d’autres chemins pour aller à sa rencontre. Dans un premier temps, en remontant le cours du temps à travers trois films, la ville vu du ciel se montre, s’expose, s’ouvre aux regards, aux trajets, aux histoires. Et dans ses métamorphoses, la catastrophe à venir s’annonce. Et puis il y a Damas des bas-fonds, c’est-à-dire celle des parias, des artistes indépendants, avant-gardistes, militants, résistants, et pour certains exilés. Ces regards sont forcément parcellaires mais eux aussi multiplient facettes et couches archéologiques. Et offrent quelques pas de côtés.

De nombreux films sont bloqués à Damas. Dès lors, la qualité de certains, fichiers basse résolution ou copie de copie, est tout à fait médiocre. On ne s’en excusera pas. Vous comprendrez pourquoi.

Dans le cadre de « Moussem Cities : Damascus »
En collaboration avec Moussem & Jumana Al-Yasiri



Six histoires ordinaires

ست قصص عادية

Meyar Al Roumi, 2007, SY, video, vo st ang, 60'

Figure du cinéma syrien indépendant, Meyar Al Roumi est sorti diplômé de la FEMIS en photographie avant de se lancer dans la réalisation de courts et de longs métrages de fiction et documentaires. Avec "Six histoires ordinaires", il nous ouvre les portes de Damas à travers une balade dans les rues de la ville, emmenée par six chauffeurs de taxis qui partagent leur itinéraire, leurs préoccupations, leurs quotidiens. Héros éphémères et spontanés, ils font état de leurs difficultés et de leurs visions des choses. Tourné en 2006, le film raconte, avec légèreté et sarcasme, la réalité de ceux qui vivent sans trop savoir de quoi demain sera fait. Portraits d’hommes, portrait d’une ville.

+ An Ordinary Syrian Day [يوم سوري عادي]

Nassouh Zaghlouleh, 2016, SY, video, sans dial, , 29'

Successions de plans fixes qui s’échelonnent du matin jusqu’au soir, cette journée syrienne ordinaire serait banale s’il n’y avait la bande-son. Depuis le toit d’une maison, le film découpe, sur l’horizon composé de terrasses, des scènes où les enfants jouent, les femmes ramassent le linge et les hommes construisent des étages. Mais le ciel est sans cesse strié de fumée et d’éclats. Toute la force de ce court métrage repose sur cette bande-son terrible où le bruit des armes et des tirs échangés ne cessent jamais, régissant un quotidien qu’on ne peut plus habiter qu’en haut. Depuis son toit, Nassouh Zaghlouleh, un des photographes syriens les plus importants de notre époque, Doyen de la Faculté des Beaux-Arts à l’Université arabe internationale de Damas se fait le chroniqueur de cette vie ordinaire, entre effroi et ennui.

6€ / 4€


Live Soundtrack

Sous le ciel de Damas / تحت سماء دمشق

Music : Kinan Azmeh

Ismail Hakki & Rachid Jalal, 1932, SY, video, fr , 60'

L’histoire du cinéma syrien commence en 1928 avec "L’Accusé innocent" réalisé par Rachid Jalal. Suite au succès du film, des hommes d’affaires décident d’investir dans la production d’un deuxième film, "Sous le Ciel de Damas", réalisé par Ismail Anzour (Hakki, au générique) et Rachid Jalal en 1932. Ce thriller amoureux aux influences surréalistes sort officiellement en 1934, un retard dû à l’opposition des autorités françaises à la sortie du film sous prétexte que les droits des morceaux de musique qui devaient accompagner la projection n’avaient été obtenus. Mais la sortie du film coïncide avec celle du premier film parlant égyptien, achevant ainsi l’histoire courte du cinéma muet syrien. Si le premier film est perdu, "Sous le Ciel de Damas" sort aujourd’hui de la Syrie pour être accompagné de compositions originales du clarinettiste syrien, Kinan Azmeh, figure montante de la scène musicale jazz de New York, et plus largement, de la scène musicale internationale.

22.02 > 21:00
6€ / 4€


Les étoiles du jour

نجوم النهار

Ossama Mohammed, 1988, SY, video, vo ar st ang, 100'

Présenté à la Quinzaine des Réalisateurs à Cannes, et primé dans dans de nombreux festival, "Les Étoiles du Jour" est le premier long métrage du cinéaste emblématique Ossama Mohammed ("Sacrifices" - 2002, "Eau argentée" - 2014) que nous avions accueilli au Nova à l’occasion d’un hommage au cinéaste Omar Amiralay dont il était le collaborateur et l’ami. Banni en Syrie dès sa sortie, le film est une farce qui explore les effets toxiques du totalitarisme à travers le portrait d’une famille dysfonctionnelle dans un village syrien sous le régime de Hafez Al Assad. Drôle, cru, violent, parfois au bord du kitsch, celui qu’on aime, rythmé par un dialogue en feu et servi par des acteurs qui se donnent pleinement à ce portrait de l’absurdité du pouvoir en place et de ses symboles, ce film est incontestablement une des œuvres cinématographiques syriennes les plus importantes.

23.02 > 21:00
6€ / 4€


+ Diaries

Reem Al-Ghazzi, 2012-2014, SY, HD, vo st ang, 15'

Entre 2012 et 2014, la réalisatrice de documentaires, Reem Al-Ghazzi, tient un journal intime constitué de très courts métrages qu’elle réalise depuis l’intérieur de Damas. Voici une sélection de ces parfois très courts essais filmiques d’une grande poésie réalisés au moment où des vagues d’arrestations secouent le pays et où les bombardements commencent à s’acharner sur les villes et les régions qui sortent du contrôle du régime. Les gens quittent la Syrie par centaines de milliers, fuyant la violence, mais aussi les coupures d’eau et d’électricité, et la rupture des vivres. Ces « journaux » témoignent de cette tragédie.

  • Music Box/علبة الموسيقى, sans dialogue, 1’, 2013
  • Waiting For You/بانتظارك, sans dialogue, 2’, 2013
  • Dewdrops/قطرات الندى, sans dialogue, 1’, 2014
  • Sound and Fury/صوت وغضب, sans dialogue, 3’, 2013
  • Fragile and Brittle/هش جاف, sans dialogue, 2’, 2012
  • One Year Ago – Tsunami of Freedom/قبل عام - تسونامي الحرية, VO ARA st EN, 6’, 2013

+ 2000 Watt, Light in the Rear

Peace Lens, 2018, SY, HD, vo st ang, 13'

Le collectif Peace Lens tente depuis 2015 de contribuer à la reconstruction de l’identité visuelle syrienne à travers des ateliers autour du cinéma documentaire. Après avoir participé à une série d’ateliers, dix réalisateurs en herbe racontent ce que signifie faire un film en Syrie aujourd’hui. N’ayant pas pu réaliser le film de fin d’ateliers, ils deviennent eux-mêmes l’objet du film. Face à la caméra, ils témoignent des obstacles du quotidien et de leurs rêves avortés. Des témoignages pleins de désespoir et de l’urgence de vivre et de créer.

+ La Dolce Siria [سوريا الحلوة]

Ammar al-Beik, 2015, SY, HD, vo st ang, 20'

Ammar al-Beik, figure de l’artiste conceptuel inclassable et autodidacte aujourd’hui résident à Berlin, est surtout un grand cinéphile. Une grande partie de son travail rend souvent hommage aux cinéastes et aux œuvres qui ont contribué à forger son imaginaire et sa conscience du monde. Une façon aussi de créer un effet miroir entre la réalité et l’art, dont il fait un outil de transgression et de critique majeur, le seul, peut-être le seul qui puisse encore engendrer un véritable changement. Dans "La Dolce Siria", c’est avec le grand maître Fellini qu’il dialogue pour dénoncer ce cirque barbare qu’est devenue la Syrie.

+ My Ear Can See [أذني تسمع]

Ammar al-Beik, 2012, SY, HD, vo st ang, 8'

Voir avec ses oreilles. Matériel vidéo, clips, visages, sons, et bruits disent pour l’artiste notre impossibilité d’entendre la lumière. Cet appel à des voix et des images qui ressemblent à nos êtres fracturés, n’est autre qu’un appel à la liberté. Ammar al-Beik crée ici une métaphore hallucinée du recours des artistes et intellectuels syriens à des codes et symboles obscurs pour cacher la vraie signification de leurs œuvres sous la dictature.

+ identity : other

Anna Bannout, 2016, SY, HD, vo st ang, 2'

Montage de vidéos de famille accompagné d’une voix masculine qui dit un monologue poétique constitué à partir de plusieurs textes et propos recueillis par l’artiste, "identity : other" explore les thèmes de l’identité en capturant la fragilité de moments de vie à priori anodins. Anna Banout est artiste et vidéaste conceptuelle, elle vit et travaille à Berlin.

+ Syria 2087

Anna Bannout, 2017, SY, HD, vo st ang, 4'

« En 1987, le premier astronaute syrien est allé dans l’espace, 100 ans plus tard, Syria 2087 retournera au étoiles ». Alors que l’humanité se prépare à explorer la planète Mars, la Syrie entre dans sa 7ème année de conflit armée, ôtant ainsi la vie à des centaines de milliers, tout en détruisant le patrimoine historique du pays. Conçu comme un projet au long court, "Syria 2087" fait partie d’une démarche qui œuvre à la sauvegarde du patrimoine syrien à travers une collection d’objets créés à cette fin.

+ The Boot [البسطار]

Waw Al Wassel, 2013, SY, HD, , 7'

Créée en 2013 par le collectif anonyme, Waw Al Wassel, à partir de vidéos amateurs postées sur YouTube, "The Boot" un montage d’images de guerre au moment où ces dernières sont venues noyer celle de la révolution. Cette vidéo partagée des milliers de fois au moment de sa réalisation, cache sous ses faux airs de clip un portrait de l’absurdité, voire du surréalisme, de la guerre et de ses symboles.

23.02 > 21:00
6€ / 4€


squelettes/rubrique-3.html
lang: fr
id_rubrique: 2339
prog: 2334
pos: aval