A Beyrouth, Maher Abi Samra a posé sa caméra dans un bureau un peu particulier. A l’agence Al Raed que dirige Zein, on fait venir des femmes des Philippines, du Sri Lanka, d’Ethiopie, pour les placer dans des familles libanaises. Choisies sur catalogue, exploitées jusqu’au trognon, dépossédées de toute identité, elles se suicident de plus en plus souvent. La justice, la police, la publicité, participent tous activement à ce business de chair et de sang. Analysant minutieusement les maillons de cette chaîne qui fabrique cet esclavage moderne, Abi Samra prend le parti de ne pas quitter ce bureau et d’y filmer le quotidien. Le hors-champ du film se construit dès lors sur le mode tantôt ludique de la mise en scène, tantôt rêveur de l’introspection pour élargir cette question à toute la société libanaise. Sans concession, la force de "Chacun sa bonne" est de ne se désolidariser de personne, pour mieux dévoiler la violence d’un système global qui traverse chacun d’entre nous et nous transforme, lentement mais sûrement, en bourreau.
Chacun sa bonne
P.-S.
Rencontre avec le réalisateur Maher Abi Samra le jeudi 24 mai
Réalisation
Année
2016
Pays
Liban
Version originale
ar
Sous-titrage
fr
&
ang
Durée
67 min.
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Séances
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24.05.2018
> 20:00
03.06.2018 > 20:00 15.06.2018 > 20:00 |
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6€ / 4€
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