Beaucoup de choses se sont passées depuis la publication de ce texte, il y a 17 ans : le franc a fait place à l’euro, la Communauté française a été timidement refinancée et est devenue Fédération Wallonie-Bruxelles (FWB), le Théâtre National est installé boulevard Jacqmain depuis 2004, et le Cinéma Variétés est toujours à l’abandon (il vient d’être revendu). Le Palace, lui, est resté inoccupé pendant 14 ans ! Entièrement rénové comme cinéma en 1999, il a été acheté par la Communauté française (4,98 millions d’euros) qui l’a transformé en théâtre provisoire (1,6 million d’euros) puis retransformé en cinéma (12,26 millions d’euros), pour un total de 18.860.000 euros.
Mais le voilà enfin ouvert ! La création de quatre écrans de cinéma à Bruxelles est plutôt réjouissante… à condition qu’ils permettent d’apporter des choses nouvelles et de prendre des risques, tout en jouant la complémentarité plutôt que la concurrence avec l’existant. Car au-delà des bonnes intentions affichées, n’oublions pas que le Palace, en bénéficiant d’un soutien très important de la FWB et en comptant parmi sa direction un des principaux distributeurs belges d’art et essai (Cinéart), ne joue pas à armes égales avec les autres cinémas d’exploitation. En tous les cas, c’est avant tout la politique de programmation du Palace qui nous dira si ce coûteux cocorico en aura valu la chandelle et réussira à élargir le cercle des spectateurs… ou s’il n’aboutira qu’à fragiliser les autres cinémas bruxellois qui n’ont pas attendu le Palace pour "rendre les gens curieux" (sic) et "réapprendre à voir un film en salle" (re-sic) !