Living Still Life
En complément de la projection de "Boro in the Box", on retrouve Elina Löwensohn dans le court métrage "Living Still Life", portrait d’une collectionneuse d’animaux morts, qui s’obstine à vouloir leur redonner vie à travers la photographie image par image. Une poétique allégorie délicatement macabre. Anecdotique mais non dépourvue de sens, le film et la peinture de Salvador Dali ont en commun la présence essentielle d’une table servant à l’artiste pour ses opérations de mise en mouvement.
Boro in the Box
Boro, c’est le surnom de Borowczyk (prénom Walerian), rare cinéaste (disparu en 2006) à avoir honoré l’érotisme surréaliste ("La Bête", notamment). Dans "Boro in the Box", Bertrand Mandico lui rend hommage sous la forme d’un abécédaire propice au portrait en noir et blanc, lubrique et poétique. Répertoriant les grands thèmes qui ont rythmé sa vie et ont déterminé sa carrière d’artiste, il s’inspire de ses obsessions en tant que cinéaste tel que les mondes clos, l’infanticide et l’érotisme macabre le tout noué d’une histoire personnelle. Boro grandit à l’intérieur d’une boîte avec un simple trou en guise d’ouverture sur le monde extérieur. Enfermé dans un corps, lui-même emprisonné dans un cocon familial, le jeune homme n’est d’abord qu’un témoin passif des vices d’une famille aux mœurs douteuses, avant de quitter cet univers asphyxiant et de s’exercer comme créateur, non plus en Pologne mais en France. Le récit prend la forme d’un témoignage d’outre-tombe d’un artiste oublié, auquel l’actrice roumaine Elina Löwensohn prête sa voix douce et profonde, ainsi que sa présence de mère et sa silhouette.