Regards sur l’Algérie Contemporaine

Territoires imaginaires et cartographie cinématographique

Quelles nouvelles du cinéma algérien ? On se souvient de l’extraordinaire jubilation provoquée par la découverte du travail de Tariq Teguia en 2008, avec la sortie de "Rome plutôt que vous". Bonheur : ce désir de liberté cinématographique se retrouve dans les films, récents, de toute une génération de cinéastes documentaristes, femmes et hommes, algériens. Formes singulières qui explosent toute définition fermée du cinéma du réel, les œuvres inventives programmées au cinéma Nova à l’initiative de l’asbl Le P’tit Ciné – Regards sur les Docs dans le cadre du festival Filmer à tout Prix - nous proposent de découvrir les territoires foulés ou imaginaires de leurs auteurs. Portées par des réalisateurs attentifs à dessiner une carte sans cesse renouvelée de l’Algérie contemporaine et de ses fantômes, leur puissance est aussi, surtout, politique, n’ayant de cesse de mettre en lumière l’état de confusion économique et morale de la société algérienne, d’interroger l’identité nationale et le rapport du pays à son histoire. Et les années 90, terribles, présentes dans tous les esprits, dans tous les corps.