"Quand tu ouvriras les yeux, ce ne sera pas le jour, pas la nuit, pas l’eau, pas la terre." C’est par cette citation de l’Apocalypse que s’ouvre "La chamelle blanche", qui nous fait vivre l’expérience de ce que signifie être étranger au monde, à travers le journal d’un cosmonaute revenant sur une terre désertée. Solitaire et privé de mémoire, peu de choses viendront à son secours. Un camion s’enfonce dans le paysage comme un bateau dans la mer. Une femme en robe à fleurs se baigne dans une mer de sang. Un enfant nous regarde de ses yeux étonnés. Il y a sur le sol, la carcasse tordue d’une étrange machine soviétique. Xavier Christiaens aura inventé là une nouvelle façon de se souvenir, de remonter le temps par à-coups singuliers, ravalant le passé comme une chanson que l’on dirait à l’envers. Les images, fantomatiques, presque effacées, surviennent par lames de fond, comme revenant à la surface d’une mer gelée. "La chamelle blanche" ne laisse pas le spectateur en repos, mais quelle récompense lorsque au détour de ce chemin abrupt apparaissent régulièrement des moments d’une grâce dont on n’aurait pas même osé rêver, des "apparitions" comme on en voit peu au cinéma.
La chamelle blanche
P.-S.
En présence de Xavier Christiaens.
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Séances
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21.05.2016
> 20:00
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3,5€ / 2,5€
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