Fasciné par la région frontalière de la forêt privée écossaise d’Ettrick, Jacques Perconte s’y rend à trois reprises pour y capter ce qui l’enchante. Sa flore en parcelles soigneusement maîtrisée, ses vastes pâturages, ses orages et son industrie de la laine. Surtout, cette balade est portée par une technique de réalisation initiée par le réalisateur. Jouant avec les Codec, Jacques Perconte développe depuis vingt ans une esthétique de la compression numérique. Traînées de pixels et autres images superposées créent dans "Ettrick" autant d’instants où s’entremêlent paysages pastoraux et mailles du tweed. Également plasticien, Jacques Perconte a concrétisé la fouille de ce potentiel esthétique par de nombreux courts-métrages souvent présentés au sein de la section ’Fascinations’ du festival de Jihlava. Début 2015, une rétrospective de son travail était par ailleurs présentée à la Cinémathèque Française. Dernier film en date, "Ettrick" surprend dès les premiers instants par la rugosité de sa forme, pour mieux laisser surgir ces instants de grâce où arc-en-ciel et moutons se jouent des pixels et façonnent leurs présences lumineuses.
+ Le pays dévasté
Paysages urbains et naturels inhospitaliers clignotent et se succèdent dans cette interprétation personnelle de l’ère géologique que nous traversons : l’anthropocène. Définie par l’impact incontournable et durable de l’activité humaine sur l’écosystème, cette ère imprègnent ici la matière pelliculaire de ces traces de notre âge urbain, consumériste, chimique et nucléaire.