• Substanz
Trois semaines après la catastrophe de Fukushima, Sebastian Mez se rend au Japon et filme ce qu’il y trouve. Trois années de réflexion, et le tournage de "Metamorphosen", seront nécessaires pour faire mûrir le projet et aboutir au montage de cette fresque visuelle et sonore opposant les images chaotiques de la catastrophe nucléaire de Fukushima à l’imperturbable vie tokyoïte. Cet univers graphique n’aurait rien à envier à un Bosch revisité par un Mondrian apocalyptique.
• Machine to Machine
La production d’informations et de savoirs se distancie d’une approche sensible, suite à l’accaparement progressif de ces domaines par les machines. Ce film est fait d’images produites par des drones, grues et autres robots mandatés par Tepco, et puisées dans les entrailles ravagées de la centrale de Fukushima Daiichi. Montées par Philippe Rouy, elles ouvrent une brèche dans le mur inébranlable du scientisme, pour laisser place à une poésie proprement cyborg, une subjectivité non-humaine sillonnée par le doute, l’imprécision et des images chatouillées par de coquins atomes.
• Slow Action
Dans un futur sans âge, des ethnologues recensent diverses civilisations à la demande d’un conservateur de musée. Ce film atypique de Ben Rivers nous plonge dans un univers où les évidences contemporaines se troublent comme les reflets dans une marée noire. Le Progrès et la Réussite Sociale se fissurent, et la quête de la vie éternelle s’étouffe dans ses propres cellules souches. La production de Vérité s’étiole dans la description d’une voix off démentie par l’image. Cet essai, entre documentaire et science-fiction, résonne de rires annonciateurs de la fin d’un monde.